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CHANTS REVOLUTIONNAIRES

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16 juillet 2017 7 16 /07 /juillet /2017 16:32

Cet article est reposté depuis Les communistes de Pierre Bénite et leurs amis !.

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16 juillet 2017 7 16 /07 /juillet /2017 14:54
MARE NOSTRU:Dans l'Algérie de 2017, les femmes se battent pour se baigner librement  Le Matin 14-07-2017 126552

Dans Algérie de 2017, les femmes se battent pour se baigner librement

 
 
Dans l'Algérie de 2017, les femmes se battent pour se baigner librement
 
 
 
 

Aller sur la plage est devenu un calvaire quand on est Algérienne. C'est pour cela qu'un groupe de près de 3 200 femmes a vu le jour il y a deux semaines sur Facebook, à Annaba. Objectif : se baigner en nombre pour ne plus craindre les regards.Floriane Valdayron, de l'hebdomadaire Marianne, les a rencontrées.

 

"J'ai toujours refusé de restreindre mes libertés à cause de certains hommes, mais beaucoup de femmes n'ont pas ce 'courage'". Lorsqu'elle va à la plage, Randa est mal à l'aise. Pourtant, malgré les regards insistants, les remarques et les insultes, la jeune Algérienne de 22 ans n'hésite pas à porter son maillot de bain deux pièces. "Je suis victime de harcèlement sexuel depuis que j'ai des formes féminines. Je sais que c'est universel mais j'ai l'impression que ça sévit plus chez nous", raconte cette habitante d'Annaba, une ville côtière du nord-est de l'Algérie comptant près de 258 000 habitants.

"Ici, nous devons composer avec le harcèlement, que ça touche à nos tenues vestimentaires ou aux lieux que nous fréquentons. C'est extrêmement frustrant". Il y a une dizaine de jours, la bônoise a été ajoutée par sa voisine à un groupe "secret" – dont nous ne citerons donc pas le nom – sur Facebook. Créée le 1er juillet, la page a rassemblé 1 500 femmes en une semaine. Elle en compte désormais près de 3 200, vivant toutes à Annaba. Objectif : leur permettre de se baigner sans être gênées, et de la manière dont elles l'entendent.

Le fonctionnement est simple. L'administratrice du groupe propose des dates, les membres choisissent celle qui les arrange le plus via un sondage, puis elles se donnent rendez-vous dans la semaine, à une plage de la ville. Deux sorties ont déjà été organisées, le 5 et le 8 juillet, et une autre a lieu ce jeudi 13. Randa a participé à la première. "C'était très agréable car on se sentait bien, à l'aise, épanouies au milieu de beaucoup de femmes. On se sentait supérieures numériquement donc c'était très rassurant", raconte la bônoise. Si les premières sorties ne comptaient que quelques dizaines de membres, 100 sont déjà attendues pour la prochaine.

"Chez nous, être seule en bikini au milieu d'une dizaine d'hommes, ce n'est pas agréable", confie Randa. En venant en nombre, en se baignant à plusieurs, les femmes montrent qu'elles existent au même titre que les hommes. Car c'est de cela qu'il est question : se réapproprier l'espace public. "Si on ne fait pas ça, on risque d'être bannies des plages comme on l'est de certains cafés. La rue est envahie par les hommes", assure Randa. Les femmes, elles, se font de plus en plus discrètes, victimes de harcèlement sexuel et moral, "au quotidien".

Par mesure de sécurité, une des règles régissant le groupe Facebook est son caractère secret. Ainsi, les dates et lieux de rendez-vous ne sont connus que par les femmes qui en sont membres. Motif : éviter une riposte d'hommes désapprouvant l'initiative, qui pourraient venir aussi nombreux que les femmes. "Je ne pense pas que l'on en soit à l'agression physique. Mais, pour moi, le harcèlement moral et sexuel est une agression, et ce n'est pas normal de subir ça", déplore Randa.

Le groupe est parvenu à maintenir ses informations confidentielles, bien qu'il fasse parler de lui sur les réseaux sociaux algériens. En cause : un article, publié dans Le Provincial ce lundi 10 juillet. La jeune femme qui l'a rédigé, Lilia, 24 ans, fait elle-même partie du groupe. C'est une anecdote qui s'est déroulée le week-end du 8 qui lui a donné envie de relater l'initiative.

Alors qu'elle est sur une plage payante à Skikda, à environ 80 km à l'ouest d'Annaba, une équipe de handball féminine arrive. Les joueuses sont en maillot de bain. Sur la plage, un homme s'énerve en les voyant et dit à sa femme, en burkini : "Viens, on rentre !". Elle tente de le convaincre de rester, mais il s'emporte et renverse les affaires posées sur la table à côté de lui. Lorsque son épouse lui demande de les ramasser, il lui répond : "Non. Le personnel ne me respecte pas en laissant entrer des filles nues sur la plage, donc je ne le respecte pas non plus".

Pour Lilia, c'en est trop. "C'est une plage où j'ai passé mon enfance. J'y ai toujours vu ma mère et mes tantes en maillot de bain, alors j'ai été choquée de voir que même ici il y avait un problème de mentalité. Je suis rentrée chez moi et j'ai écrit le papier". Rapidement, les choses sont devenues virales. Pour Lilia, les commentaires sur les réseaux sociaux reflètent bien une société scindée en deux parties. D'un côté, les jeunes qui trouvent normal qu'une femme se baigne en maillot de bain.

De l'autre, les personnes conservatrices, qui passent à côté du message et militent contre le port du tissu polémique. "Des pages Facebook incitent à la haine, nous insultent et disent qu'on veut dénuder les femmes, en faire des objets. Au contraire, le but de l'article et de notre groupe est de dire 'baignez-vous comme vous voulez, pas forcément en maillot de bain'. C'est important que la plage reflète la richesse et la diversité de notre société", explique Lilia.

Pas pour tous. Alors que le mois du Ramadan prend fin – le 24 juin –, des pages Facebook algériennes voient le jour. Elles appellent à boycotter le maillot de bain. Pire, elles incitent les hommes à photographier, dans l'espace public, les femmes qui en portent pour les "afficher" sur le réseau social. "Les autorités n'interviennent pas. Les pages ne sont pas réglementées, pas surveillées et ça se répercute à l'extérieur", dénonce Lilia.

La lutte contre le port du maillot de bain n'est pas réservée aux hommes. Des campagnes féminines fleurissent également sur les réseaux sociaux. Ici, il est écrit : #Je me baigne avec mon hijab, nous laissons la nudité aux animaux.

A juste titre. Des répercussions violentes ont notamment eu lieu pendant le "mois sacré", alors qu'une campagne sur les réseaux sociaux ciblait les femmes non voilées et celles qui sortaient seules le soir. Un article paru le 24 juin dans Le Provincial fait notamment état d'une agression commise le 22 juin au soir, contre une jeune femme, en plein centre-ville d'El-Bouni, une ville voisine d'Annaba. Après l'avoir insultée, trois hommes déchirent ses vêtements. Motif : sa jupe, "trop courte". La semaine précédente, une jeune fille, également en jupe, est fouettée par un motard avec un câble électrique.

"J'ai peur que Lilia et les autres femmes soient agressées physiquement"

"Alors je vous laisse imaginer ce que les femmes risquent pour un bikini…", regrette le frère* de Lilia, âgé de 22 ans. Quand la jeune femme lui a parlé du groupe Facebook, son cadet s'est inquiété pour elle. "J'ai peur que Lilia et les autres femmes soient agressées physiquement, parce qu'ici la gent féminine est vue comme un bout de viande. Pour moi, une majorité des jeunes n'a pas le niveau pour avoir une réaction intelligente face à l'initiative du groupe", confie-t-il. Malgré ses craintes, il encourage la démarche. "Mais c'est un grand pas ! Je trouve ces femmes héroïques, surtout dans notre société actuelle. Les mentalités doivent évoluer".

Le frère de Lilia n'est pas le seul. Si aucun homme ne peut intégrer le groupe Facebook, ils sont nombreux à le soutenir. Musta, 26 ans, est journaliste et féministe. Pour lui, la religion sert surtout de prétexte à certains hommes pour se comporter de la sorte : "Les motivations religieuses n'ont aucun rapport avec leurs agissements, même si c'est le prétexte principal derrière lequel ils se cachent pour faire marcher leur propagande haineuse". Musta considère qu'il est nécessaire de multiplier les initiatives comme le groupe confidentiel. "La femme algérienne ne pourra s'émanciper qu'à travers des actes comme celui-ci".

S'il est encore trop tôt pour dresser un constat, les membres du groupe sont confiantes, satisfaites de leur mobilisation. "Ce sont les prémices d'un féminisme qui nous est propre, sourit Randa. J'ai confiance en la femme d'ici, qui veut se libérer, s'émanciper de la tradition et de la culture locale, qui nous relègue à un statut de mère au foyer, soumise et domestiquée. Il faut qu'on se donne les moyens de faire évoluer les mœurs."

Floriane Valdayron (Marianne)

*Le jeune homme a souhaité rester anonyme.

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16 juillet 2017 7 16 /07 /juillet /2017 08:08
REMUE-MENINGES:ùn ci si capisce più nunda
 
burkni et plages privées : ùn ci si capisce più nunda
(source u levante)
 

A propos de l’interdiction du burkini par le maire de Siscu.

Si je comprends bien, certains maires veulent interdire le burkini. Mais, rassurez-moi, un maire, si il veut, il peut toujours donner des P.C. (permis de construire) dans une zone inconstructible, cela ce n’est pas interdit tout de même ? Alors, dites-moi pourquoi d’autres maires rejoignent le maire de Siscu et se plaignent, dans Corse-Matin, je les cite : « de la défaillance de l’État à faire appliquer les lois existantes »… Rassurez-moi, ùn ci capiscu più nunda ? Ou alors, peut être veulent-ils dénoncer, à juste titre, lorsqu’ils parlent de « défaillance de l’État », certains préfets qui contre l’avis des juges signent toujours des P.C. dans des zones inconstructibles ? Ùn ci capiscu piu nundà !

Et, vous l’avez certainement remarqué, tous se disent partisans de la « République… Thune et indivisible » et, ajoutent… « de l’importance de « Nos Valeurs ». Moi, je l’avoue, je n’ai pas très bien compris de quoi ils veulent parler quand ils parlent  de « Nos Valeurs ». Je prends un exemple, lorsqu’ils disent qu’ils sont « contre les signes… ostentatoires », est-ce qu’ils veulent parler du voile… carré… d’Hermès par exemple ? Ou de la montre rollex, ou des bateaux luxueux qui mouillent dans des criques privatisées alors que la plage est à tout le monde ?

Rassurez-moi, ils veulent interdire le burkini, mais les luxueuses villas ou murs, illégaux, des Desbrosses, Lefèvre, Martinolle, Lafonta et autre Ferracci… eux ne seront pas interdits ? De toutes façons, la loi « Mac-Ronds » (en 2 mots) est là pour les protéger. On interdit le burkini mais si, par exemple, une « clique », fortunée bien sûr, achète une « crique », cette «  clique » elle est bien « chez elle » et donc, nous, en retour… on n’est plus « chez nous » ? C’est ce que j’ai pu constater lors de l’exposition di U Levante in Corti pour ses 30 ans, avec expo-photos, conférence-débat… La presse était invitée, seul Corse-Matin n’y était pas. Que voulez-vous, il y avait paraît-il  « plus urgent » avec l’actualité… Le burkini, le maire « qui nie »… le préfet « qui nie »… le juge « qui nie »… bref ! tout le monde « nie » ! Non ? Ce n’est pas cela ? J’ai tout faux ?

Ahhh ! Bon, j’ai compris. En fait, le Burkini ça sert à enfumer le peuple et à mettre un « voile » sur les vrais problèmes et que justement, bientôt, « on ne sera plus chez nous » avec ou sans burkini. Mais, attention, acqua in bocca, il ne faut surtout pas le dire.

Alors, écoutez… moi, je propose une solution, toute simple, pour régler définitivement ce problème. On fait réaliser par nos artisans, des « burchini nustrale » en poil de chèvre ; avec obligation pour les 3 millions de touristes de les mettre… ce qui relancera l’économie et surtout ces « burchini » seront « unisexe » comme cela, il n’y aura plus aucun problème sur les plages corses… Ah ! Mais, attendez, je crois, que j’ai oublié quelque chose… à force de lire certains merdia, perdu u capu. Ah ! Oui ! Ah ! È va bè ! Il restera quand même un sacré problème à résoudre, c’est que bientôt on aura partout des « burchini nustrale » mais, malheureusement… on n’aura plus de plage !

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16 juillet 2017 7 16 /07 /juillet /2017 06:50
Conférence-Débat sur la vie du CHE : jeudi 27 juillet 2017 de 18 h à 21h à Paris (siège du PCF)
Conférence-Débat sur la vie du CHE : jeudi 27 juillet 2017 de 18 h à 21h à Paris (siège du PCF)

A l’approche du 50e anniversaire de l’assassinat de Che Guevara, le 9 octobre prochain, rencontre avec Dr Aleida Guevara March, fille aînée d’Ernesto, et Jean Ortiz, ancien correspondant de l’Humanité à La Havane et auteur de « Vive le Che ! » aux éditions Arcane17

En présence de Camille Lainé, secrétaire générale du Mouvement Jeunes communistes de France.

Soirée animée par Laurent Péréa, responsable adjoint du secteur International-Europe

Entrée libre dans la mesure des places disponibles
inscriptions « Vive le Che! » :

INTERNATIONAL@PCF.FR

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15 juillet 2017 6 15 /07 /juillet /2017 07:10
 MARE NOSTRUM:La difficile définition d’une « doctrine Macron » au Proche-Orient et au Maghreb
La difficile définition d’une « doctrine Macron » au Proche-Orient et au Maghreb

Le 18 juin 2017, la République en marche, le parti d’Emmanuel Macron a remporté une majorité absolue à l’Assemblée nationale. Au moment où il commence réellement à gouverner, le nouveau président français va devoir définir une politique globale envers le Proche-Orient et le Maghreb. Il ne pourra éviter de se concentrer sur des questions vitales pour le pays, en premier lieu le terrorisme.

Dans le système français, la politique étrangère appartient au domaine réservé du président de la République, dont les décisions échappent pratiquement à tout contrôle. Ce pouvoir a été établi par le fondateur de la Ve République, Charles de Gaulle, et exploité par François Mitterrand, même si d’autres présidents ont été moins enclins à exercer complètement une telle autorité.

Pendant sa campagne en vue de l’élection présidentielle, Emmanuel Macron a déclaré qu’il suivrait cette « tradition gaullo-mitterrandienne » dans la forme comme dans le fond, laissant perplexes de nombreux analystes. Jusqu’ici, du moins dans le style, il est devenu évident, vu ses premiers contacts à l’étranger, que le jeune dirigeant cherchera à représenter très activement son pays dans tous les domaines. Toutefois beaucoup de choses restent à définir et à comprendre. C’est particulièrement vrai au Proche-Orient et en Afrique du Nord, où la France, puissance moyenne, conserve une grande influence. Et là, fond et forme vont probablement se rejoindre pour donner un aperçu de ce qui pourrait constituer une « doctrine Macron ». Du Maghreb au Levant et au Golfe, le président a déjà fortement insisté sur une priorité : l’antiterrorisme. Dans ce contexte, il emploie sans hésitation, comme ses collaborateurs, l’expression « extrémisme islamiste », et met l’accent sur les progrès à accomplir en matière de sécurité. Dans son approche de la région, Macron privilégie la stabilité, fondée toutefois sur des solutions politiques inclusives. Vues sous cet angle, ses positions n’ont rien d’original. Pourtant les détails sont révélateurs.

Une politique syrienne ambiguë

Dans ses récentes déclarations, il a eu tendance à employer des termes durs quand il s’agissait des attaques contre la France, affirmant qu’il fallait « éradiquer les terroristes ». Le président préfère utiliser le mot « Daesh » au lieu d’« État islamique » quand il parle des actions du groupe armé dans « l’espace irako-syrien » où l’aviation et les forces spéciales françaises interviennent, à Mossoul et à Rakka. Quand on lui demande s’il a une feuille de route pour un règlement dans ce territoire vu maintenant comme une scène politique unique, Macron répond fréquemment que la priorité est d’affaiblir les réseaux terroristes qui s’y trouvent, puis de s’occuper des aspects politiques des crises syrienne et irakienne dans une étape suivante, dans le cadre de négociations multilatérales conduisant à un « ordre politique stabilisé et inclusif ».

Si en Irak cette séquence est assez claire, en Syrie elle semble vague. En écho à la formule du ministre des affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, « Si Assad est l’ennemi du peuple syrien, [l’État islamique] est l’ennemi du monde ». Macron s’est souvent montré ambigu en ce qui concerne le sort de Bachar Al-Assad. Particulièrement dans une interview donnée à plusieurs quotidiens européens, au cours de laquelle il a déclaré : « Je n’ai pas énoncé que la destitution de Bachar Al-Assad était un préalable à tout. Car personne ne m’a présenté son successeur légitime. » Les cercles de l’opposition syrienne ont été profondément troublés par ces remarques.

Le président français a toutefois donné quelques directions claires pour la Syrie, affirmant par exemple que la France répliquerait militairement contre toute nouvelle attaque chimique dans le pays, unilatéralement s’il le faut. Pour lui, le destin d’Assad est du ressort de la justice internationale, étant donné les crimes commis par son régime, même si cela semble en contradiction avec ses remarques précédentes sur la « légitimité » d’Assad. En outre, sa déclaration jette un doute sur le message que l’on devrait déduire de sa rencontre très médiatisée avec l’opposant syrien Riad Hijab, le lendemain même de l’accueil du président russe Vladimir Poutine à Versailles.

D’autres composantes de la politique syrienne de Macron demandent des explications. Par exemple sa déclaration sur la « nécessité de rassembler toutes les parties autour d’une table, y compris des représentants du président syrien ». Ou quand il affirme que la France est déterminée à préserver un État syrien, tout en restant ambigu sur la relation entre cet État, le régime et l’entourage d’Assad. Macron, comme beaucoup d’autres dirigeants occidentaux, peut paraître obsédé par les « États faillis ». Ce qui n’est pas surprenant, vu le sort de l’Irak après 2003 et de la Libye après 2011. Pourtant l’usage de ce terme à tout propos pose un problème de nuance : en Irak l’effondrement a été provoqué par l’intervention occidentale, mais en Libye, elle était initialement destinée à empêcher un massacre de civils à Benghazi ; tandis qu’en refusant d’agir en Syrie, l’Occident a seulement accéléré son effondrement. Pourtant Macron suppose que ces trois interventions sont semblables, et qu’elles ont favorisé l’émergence de groupes terroristes. Cette analyse uniforme, qui dénonce « une forme de néoconservatisme importée en France » pourrait peser sur la future politique syrienne du président.

Dans l’entourage de Macron, deux visions de la politique étrangère s’affrontent dans la discrétion, mais avec âpreté. D’un côté le réalisme cynique qui a la faveur de certains anciens premiers ministres et ministres, et de prestigieux vétérans de la diplomatie, en désaccord avec la ligne dure anti-Assad des anciens présidents Nicolas Sarkozy et François Hollande. Ceux qui soutiennent cette approche ne reconnaissent que peu d’importance aux dynamiques socio-économiques qui ont produit les révoltes arabes à partir de 2010. Au lieu de cela, leur vision est centrée sur l’État. Ils considèrent les régimes autoritaires du Proche-Orient et du Maghreb comme une partie naturelle du tissu de ces pays, et comme les seules forces capables de contenir des tendances dangereuses pour l’Europe. Plutôt que de regarder la Russie comme un acteur négatif en Syrie, ils pensent que le futur de l’Europe réside dans une collaboration avec Moscou.

L’autre approche est ancrée dans l’atlantisme et s’appuie sur certaines valeurs comme le soutien aux droits humains, à la démocratie et à la société civile, qui fait partie de la « mission » et du « message » de la France. D’un point de vue générationnel, ses partisans sont plus proches de ceux qui ont planté les graines des révolutions dans les sociétés arabes, plus enclins à suivre la voie tracée jusqu’ici par la France dans la région et défendue — parfois avec beaucoup de courage — par François Hollande.

Antiterrorisme et passé colonial

On ne devrait pas oublier le traumatisme engendré par les attentats sanglants qui ont touché la France depuis 2015. Ils ont amplifié un climat de suspicion, nourri par des forces populistes à l’encontre des populations arrivant de Syrie et d’Irak. Ce n’est donc pas une coïncidence si Macron, pendant sa campagne et peu après son élection a promis de concevoir une nouvelle structure, mais au niveau macropolitique. Il a ainsi créé le 7 juin le Centre national du contre-terrorisme, équivalent du National Counterterrorism Center, un Conseil du renseignement dirigé par un coordonnateur national du renseignement et de la lutte contre le terrorisme, équivalent français du Director of national intelligence américain, ainsi que l’embryon potentiel d’un Conseil national de sécurité à l’image du National Security Council. Dans ce nouveau cadre, tous les pontes du renseignement, les hauts fonctionnaires des ministères de la justice et de l’intérieur, ainsi que d’autres agences vont traquer en continu les mouvements radicaux, les activités djihadistes et les menaces terroristes à long terme.

Certaines personnalités de cette nouvelle hiérarchie du renseignement et de la sécurité donnent des pistes sur les centres d’intérêt de Macron. Par exemple, Bernard Emié a été nommé récemment à la tête de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), l’agence du renseignement extérieur français. Il a été ambassadeur pendant les jours sombres, mais riches en événements de 2004-2007 au Liban, l’un des quelques pays visités par le candidat Macron. Emié a supervisé le vote et l’application en 2004 de la résolution 1559 du Conseil de sécurité des Nations unies qui appelait au retrait de la Syrie du Liban et au désarmement du Hezbollah. Il était à Beyrouth quand l’ex-premier ministre Rafik Hariri a été assassiné en février 2005, entraînant le retrait du Liban de la Syrie. Emié a ensuite servi en Turquie puis en Algérie, deux postes-clés. Dans le dernier, il a gardé un œil sur les anciennes colonies françaises en Afrique du Nord, et en particulier sur le Sahel où des forces françaises ont été déployées contre des groupes djihadistes qui menacent l’Europe.

L’Afrique, en particulier le nord du continent, est une région que Macron est très désireux de traiter rapidement. Une semaine après l’élection, son premier voyage en dehors de l’Europe a été pour le Mali, où il a rendu visite aux troupes françaises déployées dans le cadre de la seule opération antiterroriste dirigée par la France. Le symbole était clair : la France n’hésitera pas à mener, et seule, des campagnes militaires audacieuses quand il le faudra.

Quelques semaines plus tard, Macron s’est rendu au Maroc. Une rupture nette avec la tradition qui veut que les présidents français fassent souvent précéder leur déplacement dans le royaume chérifien d’une visite à son rival régional, l’Algérie. Si le choix entre ces deux poids lourds du Maghreb est une question sensible, la décision de Macron pourrait s’expliquer par l’un des temps forts de sa campagne. En visite à Alger, il a évoqué le passé colonial de la France, déclarant qu’elle avait commis pendant cette période des « crimes contre l’humanité ». L’incident a rouvert des blessures profondes dans la société française, et aurait même pu lui coûter la présidence si l’on en croit les sondages effectués à ce moment-là. Ayant pris un tel risque, il est possible que le candidat devenu président ait ensuite pensé qu’il n’avait plus à respecter un équilibre aussi pointilleux entre le Maroc et l’Algérie.

« Je peux faire A, mais au même moment je ferai B »

L’aspect sans doute le plus étonnant de cette politique étrangère française en devenir, c’est que l’on se demande de quel côté la balance va finalement pencher. Du côté des valeurs et de l’éthique en politique, ou de celui du réalisme politique, au détriment de l’exception démocratique que la France revendique d’incarner depuis sa révolution ? Pour y voir clair, les observateurs devraient se rappeler le mantra utilisé par Macron pendant sa campagne. Il a fréquemment employé l’expression « en même temps, » signifiant : « je peux faire A, mais au même moment je ferai B ». L’idée derrière cette proposition dialectique était que la complexité vous oblige souvent à faire une chose et son opposé — de mettre en œuvre une politique économique conservatrice tout en étant socialement à gauche ; d’être conscient de l’identité historique de la France tout en projetant résolument le pays dans le futur à travers une économie mondialisée basée sur le high-tech.

En politique étrangère en général, et au Proche-Orient en particulier, cet exercice d’équilibre va probablement se répéter. On peut imaginer son emploi dans le Golfe, par exemple, où dans la crise récente entre le Qatar et les États du CCG qui le critiquent la France a rapidement cherché à jouer un rôle de médiateur, et pas seulement par opportunisme. Macron a hérité de deux orientations très différentes : le penchant de Sarkozy pour le Qatar, puis celui de Hollande pour l’Arabie saoudite ; aujourd’hui le président voit là l’occasion de rétablir une politique plus impartiale dans la région.

L’exercice d’équilibre sera visible aussi sur le front israélo-palestinien où le candidat Macron avait choisi de prendre ses distances avec la décision de François Hollande, qu’il n’a finalement jamais mise en application, de reconnaître unilatéralement l’État de Palestine. Il a expliqué qu’une telle position n’était pas favorable aux négociations ni au rôle d’arbitre honnête que la France voulait jouer. Ce qui a déçu les cercles propalestiniens en France.

Le nouveau président devra également se couvrir sur d’autres questions où il devra lier idéalisme et réalisme, valeurs et intérêts. Et là, les contradictions vont sûrement fleurir et prêter le flanc à la critique, et probablement engendrer un certain flou. Il ne sera pas facile, par exemple, de garder le silence face à la dérive autoritaire et au terrible dossier, dans le domaine des droits humains du président égyptien Abdel-Fattah Al-Sissi avec qui Paris vit une sorte de lune de miel, tout en assurant aux opposants démocratiques de Recep Tayyip Erdogan que « la France sera toujours à leurs côtés ».

Macron est un personnage astucieux, brillant et ambitieux qui a répété que son but était de rendre à la France sa stature perdue. C’est apparemment ce qu’il veut dire par « gaullo-miterrandisme. » Dans plusieurs déclarations sur la politique étrangère, il a en effet affirmé que les « valeurs fondamentales de la France » étaient « au cœur de la défense des intérêts de la France ». Il sera intéressant de voir si Macron peut réconcilier valeurs et intérêts, et si oui comment. Pendant toute sa campagne, il a soutenu l’ordre libéral (économie de marché) et argumenté que sa génération avait le devoir sacré d’empêcher un certain monde de mourir.

Mais Macron sait aussi que ce monde a été profondément transformé et qu’une poignée de main virile avec Donald Trump n’empêchera pas le président des États-Unis de se retirer de plusieurs traités internationaux. Et ce n’est pas non plus en décrivant publiquement certains médias russes comme des instruments de propagande en présence de Vladimir Poutine qu’il va faire baisser l’agressivité de Moscou envers l’Occident. Autrement dit, le président français est conscient des limites de son pays, et il se rend compte qu’il aura du mal à faire entendre seul sa voix dans le tumulte du Proche-Orient.

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14 juillet 2017 5 14 /07 /juillet /2017 16:41
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13 juillet 2017 4 13 /07 /juillet /2017 14:47
REMUE- MENINGES  Macron ou la politique africaine rétrograde en marche.!

 

Macron ou la politique africaine rétrograde en marche !

 

Les propos lors du Sommet du G20 du président de la République concernant les pays africains sont inadmissibles. Dans un relent de malthusianisme archaïque, le chef de l’État qui se pique d'une soi-disant modernité rend notamment responsables les femmes africaines de l’absence de développement dans leurs pays et sur le continent. Cela relève d'une idée non seulement fausse mais méprisante.

Emmanuel  Macron, en évoquant un "aspect civilisationnel" dans les problèmes que rencontrent les pays africains, s’inscrit dans la droite ligne des propos de sinistre mémoire tenus par Nicolas Sarkozy.

Alors qu'il dénonce les États africains faillis et les nombreux conflits sur le continent, son mouvement « En Marche » fait de l’Ivoirien Guillaume Soro un invité d’honneur à son congrès constitutif. 

Il faut savoir que Guillaume Soro est un ancien chef « rebelle » qui a déstabilisé la Côte d'ivoire. Il est actuellement président de l'Assemblée nationale de ce pays marqué par la répression, les arrestations arbitraires et la détention illégale de plusieurs centaines de prisonniers politiques. Le nom de Soro est associé à différentes déstabilisations, y compris au Burkina Faso. Il a d’ailleurs été concerné par des procédures judiciaires en France pour des violences envers un de nos ressortissants et au Burkina Faso en relation avec la récente tentative de putsch visant la restauration du système Compaoré. guillaume Soro a également été mis en cause dans des rapports onusiens pour avoir acquis illégalement des centaines de tonnes d’armes !

Les progressistes des pays africains et européens sont appelés à construire des alternatives et des propositions politiques mutuellement avantageuses pour leurs peuples afin de rompre ainsi avec les politiques défendant les seuls intérêts privés qui s'accaparent les rênes du pouvoir, ici comme là-bas. Ce sera la meilleure réponse face aux propos méprisants d'Emmanuel Macron annonciateurs d'une politique africaine rétrograde et dangereuse.

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13 juillet 2017 4 13 /07 /juillet /2017 14:43
 PCF Plan Migrants: La poursuite d'une logique d'exclusion sans une once d'humanité

 

Plan Migrants: La poursuite d'une logique d'exclusion sans une once d'humanité

 

Le gouvernement a discuté en Conseil des ministres du 12 juillet son Plan Migrant en vue d'un projet de loi en septembre 2017. L'annonce de la création de 4000 places d'hébergement pour les demandeurs d'asile en 2018, et 3500 en 2019,  reste bien en-deçà des besoins réels urgents et de moyen terme des réfugiés et migrants dont les droits élémentaires sont bafoués dans notre pays. Les situations actuelles à Calais et à Grande-Synthe que le ministre de l'Intérieur laisse se détériorer constituent la réalité d'une politique inacceptable de la part des autorités française.

 

Le gouvernement se félicite de l'impact de l'infâme accord UE-Turquie de mars 2016 sur la « perception » de la crise migratoire en Europe alors qu'il s'agirait d'en évaluer concrètement la mise en œuvre et l'efficience. Les migrants et candidats au droit d'asile sont pris entre le marteau des filières de passeurs qui tirent profit d'un marché lucratif grâce à la fermeture des frontières et l'enclume des politiques discriminatoires et des conditions invivables qu'imposent les gouvernements britannique, turc ou hongrois.

 

La logique de fond de ce plan est une logique de tri – entre réfugiés et migrants économiques – et de sélection, selon la politique dite « d'immigration choisie » mais par les pays d'accueil et non les migrants, mise en place en France en particulier sous le mandat de Nicolas Sarkozy. Le Parti communiste français joint sa voix à celles des organisations et associations qui dénoncent l'insuffisance des mesures d'accueil annoncées, et se déclaré opposé à l'orientation prise par Emmanuel Macron et Édouard Philippe.

 

Le PCF soutient la proposition, formulée par les élus de Paris, d'une loi d'orientation et de programmation pour l'accueil des migrants dont la philosophie doit être fondée sur le plein respect des droits humains fondamentaux et du droit international. Dans l'immédiat, il est urgent que les instances européennes et les pays membres ouvrent des voies d'accès légales et sécurisées qui mettront un coup d'arrêt au commerce des trafiquants et des passeurs. La « chasse aux migrants » et les poursuites engagées contre les militants de la solidarité doivent cesser.

 

Dans le Nord comme dans les Alpes Maritimes, les migrants doivent trouver les moyens réels de déposer leur demande d'asile ou de poursuivre leur chemin si leur projet de vie est de rejoindre le nord de l'Europe ou la Grande Bretagne. Et qu’en est-il d’ailleurs de l’engagement du candidat Macron de « renégocier » les accords du Touquet ?

 

L’État et les pouvoirs publics doivent protection et assistance aux milliers de mineurs isolés arrivés dans notre pays ; et plein soutien aux maires et collectivités locales des villes et départements confrontés au besoin d'accueil des migrants. Le PCF tient à la disposition du gouvernement et de ses services une série de propositions concrètes en matière de refonte des politiques migratoires française et européennes (http://international.pcf.fr/96886).

 

 

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13 juillet 2017 4 13 /07 /juillet /2017 14:39

 

Henri Malberg, une figure du Paris populaire et du combat communiste (Pierre Laurent)

 

 

Henri Malberg nous a quittés ce matin du 13 juillet dans sa 87ème année. A la tristesse qui nous envahit, se mêlent aussitôt toutes les joies que nous avons partagées et qui ont fait sa vie militante. Lui, l'enfant de Belleville, le militant du bonheur, est donc parti un jour de bal populaire du 14 juillet et nous danserons ce soir avec son souvenir au coeur. 

Henri Malberg a grandi dans le XXème arrondissement de Paris, un quartier populaire qu'il n'a jamais quitté et dont il a été un élu communiste respecté de tous pendant plus de trente cinq ans. Voilà un homme qui aurait été un grand maire du XXème arondissement ! 

Issu d'une famille immigrée juive, il a 12 ans quand il échappe de justesse avec les siens à la rafle du Vel d'Hiv en se cachant. Ces vingt dernières années, il a beaucoup oeuvré à transmettre la mémoire de ces événements tragiques, notamment depuis 2001 aux côtés de Catherine Vieu-Charier à la mairie de Paris. A la Libération, il rejoint la Jeunesse Communiste où il milite aux côtés d'Henri Krasucki, de Paul Laurent et tant d'autres, qui resteront des amis et des camarades de combat pour toujours. C'est là aussi qu'il rencontre Francine avec laquelle il se marie. Ils auront deux filles, Joëlle et Christine. 

Jeune ouvrier, Henri devient très vite un dirigeant reconnu d'abord de la Jeunesse Communiste, puis du Parti communiste. Au début des années soixante, il devient le secrétaire de Waldeck Rochet qui va succéder à Maurice Thorez au secrétariat général du Parti. A la fédération de Paris, il est responsable du travail en direction des intellectuels et est le secrétaire de la section du Vème arrondissement dans le Quartier Latin au coeur des évènements de mai-juin 68. Elu au Comité central en 1972, il devient secrétaire de la fédération de Paris après la crise que traverse cette fédération en 1978 et qui voit le départ d'un de ses proches, Henri Fiszbin. Il sera de nombreuses années le président du groupe communiste à l'Hôtel de Ville et dirigera les revues France nouvelle puis Regard. 

Tout au long de sa vie, Henri aura été un homme d'ouverture, inséparablement ouvrier et intellectuel, oeuvrant activement aux transformations de son parti à partir des années 70, mais toujours attaché à l'existence et au développement de son parti, auquel il tenait plus que tout, de manière « incorrigible » comme il l'a écrit dans son dernier livre.

Henri Malberg a été pour moi plus qu'un dirigeant. Nous étions proches dans la vie et nous partagions l'amour du Paris populaire. Il aimait parler politique et je ne manquais jamais d'écouter ses conseils politiques avisés, toujours plein de bon sens et d'optimisme, même quand nous n'étions pas d'accord. Henri savait faire confiance, singulièrement à la jeunesse, et il croyait avec raison à l'avenir de nos idées communistes. 

Nous perdons un grand homme, un communiste qui restera gravé dans nos mémoires et auquel nous devons le serment de continuer le combat auquel il a tant donné. J'aimais Henri pour tout ce qu'il était, pour sa joie de vivre et sa profonde humanité, pour son intelligence et sa culture, pour ses idées et ses combats, pour son désir de toujours avancer. 

J'adresse à Marine et Zoé, ses deux petites-filles, toutes mes condoléances et mon affection la plus chère.

 

Paris, le 13 juillet 2017

 

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13 juillet 2017 4 13 /07 /juillet /2017 13:46
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