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3 novembre 2016 4 03 /11 /novembre /2016 17:54
bonnes lectures

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3 novembre 2016 4 03 /11 /novembre /2016 17:45
LA VIE DU PARTIUne candidature communiste pour faire évoluer le rapport de forces

Nous vivons une période difficile et extrêmement dangereuse. L’extrême-droite, dans une période de crise, est à deux doigts du pouvoir. La présidente du FN est actuellement donnée par les sondages entre 28 et 30%. Le discrédit des forces politiques traditionnelles, la droite représentée par les Républicains et le parti socialiste qui prétend incarner la gauche à lui seul, peut permettre une victoire du Front national au second tour de la présidentielle si sa candidate se trouve face à un représentant de l’une de ces deux formations. Et, disons le nettement, un deuxième tour Sarkozy/Le Pen ou Valls/Le Pen favoriserait l’abstention et ouvrirait la porte de l’Elysée au Front national.

Les institutions de la Ve République qui corsètent le débat politique ont été aggravées par la mise en place du quinquennat et le couplage de fait de l’élection présidentielle et des législatives. Aggravation due à Lionel Jospin qui s’est décidément trompé sur pas mal de choses. N’oublions pas que c’est le rejet du gouvernement Jospin et de la gauche plurielle qui a donné le résultat que l’on connaît lors de la présidentielle de 2002. Cet échec de Lionel Jospin, et la participation communiste à son gouvernement, n’a pas été assez analysé comme cause des reculs de la conscience de classe.

Les primaires, sous couvert de démocratie, referment encore plus le piège autour de l’ électorat populaire. Dans une vie politique marquée par un fort taux d’abstention –masqué en partie par l’ampleur de la non-inscription sur les listes électorales- ajouter des étapes incompréhensibles pour arriver au vote final ne peut qu’accroître l’abstention, notamment dans les quartiers populaires. (C’est pourquoi ceux qui pensent que Hollande ou Valls peuvent être battus lors de ces primaires minimisent la force des appareils d’Etat et du PS et ne tiennent pas compte de la réalité politique et sociale des quartiers populaires.)

Les médias, les directions politiques du PS ou des Républicains font comme si les primaires étaient déjà institutionnalisées. Débats télévisés entre les postulants, hautes autorités de contrôle, tout est fait pour singer les Etats-Unis dans un Etat, la France, qui n’est pas fédéral.

Les pré candidats se réclamant de la gauche socialiste (Lienemann, Hamon, Filoche et par raccroc Montebourg*) en se pliant aux règles de la primaire de Cambadélis, brouillent encore plus les cartes et reconnaissent, de fait, qu’ils sont dans le même camp que les Valls, Hollande, Rebsamen et compagnie.

Dans ces conditions, et avec la candidature de Jean-Luc Mélenchon, qui jusqu’à aujourd’hui refuse toute perspective d’alliance politique- les idées, les propositions, les actions des communistes, et plus généralement de l’ensemble du mouvement social, sont passées par pertes et profits.

Du vaste mouvement contre la loi travail, il ne reste plus qu’un débat électoral biaisé (on ne sait pas, évidemment qui sera réellement candidat).

Chercher jusqu’au bout l’union pour empêcher la droite et l’extrême droite d’arriver au pouvoir, et les socialistes d’y rester, est bien sur une nécessité. Pour le moment, force est de constater que les choses ne bougent pas. Présenter maintenant une candidature communiste permettrait de lever bien des obstacles. D’abord, elle serait l’affirmation de la politique communiste, liée au monde du travail et permettrait d’ouvrir une perspective politique. Cette candidature serait à la disposition du mouvement social et permettrait de continuer la discussion avec les uns et les autres jusqu’au bout. En clair, elle contribuerait à modifier le rapport de force.

Une candidature présentée par les communistes ne signifierait pas que notre candidate ou candidat soit obligatoirement membre du PCF, mais il y a une différence entre présenter une candidature ou soutenir une candidature. Le parti communiste n’a vocation à exister que s’il est un point d’appui pour transformer la société au profit des classes populaires.

On peut comprendre les arguments d’une partie des communistes qui pensent que la candidature de Jean-Luc Mélenchon doit être soutenue dès maintenant mais elle repose sur des illusions. Que Jean-Luc Mélenchon ait décidé seul de sa candidature, pourquoi pas ? qu’autour de lui se forme un nouvel objet politique : la France insoumise, pourquoi pas ?° Mais il faut alors qu’il accepte la discussion avec toutes les forces politiques qui pourraient le soutenir ou partager une partie de son programme et ainsi de transformer une candidature de ralliement en une candidature d’alliance politique.

Pour le moment France insoumise n’en prend pas le chemin. Et sur son blog*, Jean-Luc Mélenchon va plus loin. Ce mercredi, il a indiqué -en relevant le fait que c’était une première- que la délégation de la France insoumise qui rencontrait le PCF a « été composée (…) des partis et organisations qui constituent "l’espace politique" du mouvement. Cet espace est composé de divers groupes communistes du PCF qui se sont nommés "Communistes insoumis", de "la nouvelle gauche socialiste", du Parti de gauche et des militants de "Ensemble insoumis». Comment se sont autoreprésentés ces différents courants ? Mystère. Faudra-t-il désormais en conclure que la démarche initiée par France insoumise aboutisse au fait qu’il y aurait désormais deux PCF (l’un officiel, l’autre insoumis), deux Ensemble (l’un officiel, l’autre insoumis) et 1 PG (officiel et insoumis tout à la fois…) ? Ironie de la chose, cette décision valide a contrario ce que disent les communistes depuis des mois : à savoir qu’une alliance politique se construit avec des forces politiques. Mais dans ce cas-là, elle doit se construire avec les forces politiques telles qu’elles sont...

 

 

  • Un Montebourg qui par ailleurs ne fit pas un score exceptionnel lors de la primaire socialiste de 2012 (17%) et en se ralliant à Hollande permit la victoire de celui-ci. Il fut aussi avec Benoît Hamon un de ceux qui poussèrent le président élu à se débarrasser de Ayrault et à placer Manuel Valls à Matignon…
  • Je n’aborde pas ici le fond du programme de la France Insoumise.
  • Blog de Jean-Luc Mélenchon (http://melenchon.fr/2016/11/02/pendant-vacances-scolaires-de-novembre/)

 

 

 
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3 novembre 2016 4 03 /11 /novembre /2016 16:32
REMUE -MENINGES:Comment les «noirs» sont devenus «blancs:

Comment les «noirs» sont devenus «blancs»
Par Luc Peillon — 2 octobre 2015 à 17:03
Nadine Morano, «française de race blanche», en mai 2014. Photo Stéphane de Sakutin. AFP
L'évolution de la couleur de peau au fil des générations en Europe n'a rien à voir avec la «race».

Comment les «noirs» sont devenus «blancs»

N’en déplaise à Nadine Morano, certains de ses aïeux, notamment transalpins, devaient sûrement avoir la peau un peu plus foncée que sa permanente. Nombre de ses plus lointains ancêtres ont même toutes les chances d’avoir été… noirs. Et pour cause : l’unique foyer d’émigration de l’homo sapiens, seul genre Homo aujourd’hui présent sur la planète, est l’Afrique. Quand, il y a 70 000 ans, celui-ci a quitté le continent africain, il s’est progressivement répandu sur l’ensemble de la Terre, dont l’Europe.

Mais comment donc ces «noirs» sont-ils devenus aussi «blancs» que cette petite-fille d’immigré italien ? Par le simple jeu de la sélection naturelle. «La peau noire empêche de recevoir les rayons du soleil. Or c’est indispensable pour activer la vitamine D, qui elle-même évite le rachitisme, rappelait, mercredi, le généticien Axel Kahn sur France Inter. Donc, peu à peu, l’évolution a sélectionné des gens dont la peau était moins noire, et d’autant moins noire qu’ils étaient plus au nord, de telle sorte qu’ils ne soient pas rachitiques.» Bref, l’ensoleillement étant moins fort en Europe qu’en Afrique, ce sont les individus aux peaux les plus claires qui, au fil du renouvellement des générations et pour une question de vitamine, ont fini par se reproduire davantage. «C’est uniquement cela, et ça n’a rien à voir avec une affaire de race», explique Kahn. Le contact de Sapiens avec Néandertal, qui nous a légué une petite partie de son code génétique, a également pu jouer, selon certains chercheurs, ce qui ne fut pas le cas pour ceux restés en Afrique.

D’autres traits — comme la blondeur des cheveux en Europe du Nord ou les yeux bridés en Asie — ont une explication différente, comme le rappelle le très pédagogique documentaire l’ADN, nos ancêtres et nous (Arte, 2011). Même s’il est toujours question de sélection «naturelle». Il s’agit, cette fois-ci, de «préférence sexuelle». Autrement dit, au sein de ces populations, être blond ou avoir les yeux en amande constituait un critère de beauté qui, chemin faisant, a permis à ceux qui en étaient dotés de se reproduire davantage que les autres. Au point, après des milliers d’années, de devenir quasi hégémoniques dans ces régions. Mais sans aucun rapport, là encore, avec le concept — par ailleurs infondé scientifiquement — de «race».

A noter, enfin, que malgré ces différences d’apparence, le code génétique de l’ensemble des individus est quasiment identique. L’ADN respectif de deux personnes prises au hasard sur la planète ne diffère que de 0,1%. Et pour cause: le groupe qui a quitté l’Afrique pour peupler la Terre était extrêmement restreint — quelque 10 000 personnes — avec une partie seulement de la diversité génétique qui existait alors sur le continent africain. Résultat: les différences génétiques au sein de la population terrestre hors d’Afrique sont plus faibles qu’en Afrique elle-même.
Luc Peillon

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3 novembre 2016 4 03 /11 /novembre /2016 15:40
REMUE-méninges!:Quand les grandes écoles de gestion « s’agenouillent » devant la langue anglaise

Quand les grandes écoles de gestion « s’agenouillent » devant la langue anglaise

img_9297Soyez « in », mettez votre cursus à l’heure du « full english ». Ne parlez plus de « filière », mais de « track ». Ne dites plus « corps professoral », mais « faculty », ni « incubateur », mais « incubator ». Utilisez « maker », bien plus tendance plutôt que « créateur ». Et si vous employez le mot « entrepreneur », au moins prononcez-le avec l’accent – l’accent américain, of course !
Traditionnellement très engagées dans l’usage de la langue anglaise, les grandes écoles de management – pardon, les « business schools » – sont en train, au moins pour certaines d’entre elles, de franchir une étape supplémentaire dans cette voie. C’est EM Lyon qui vient d’ouvrir son campus parisien (superbe, au demeurant) : un peu partout, les inscriptions sont en anglais. C’est l’ESC Dijon-Bourgogne qui se rebaptise « Burgundy School of Business » – visibilité internationale oblige. C’est encore telle école qui publie désormais sa plaquette uniquement en anglais. Idem pour certains sites web, où l’on débarque d’emblée dans le monde anglo-saxon. Plus que le grignotage insidieux en vigueur depuis des années, l’heure est, sur certains campus, au basculement quasi intégral. « Nos écoles s’agenouillent devant la langue anglaise, et je le regrette« , admet Olivier Oger, le directeur général de l’Edhec.
 

La langue des pauvres

Les arguments avancés sont bien connus – et d’ailleurs, pour une part, tout à fait recevables : hégémonie de fait de la langue anglaise sur le « business » et le management, domination sans partage de l’anglais sur la recherche, demande des entreprises, impératif d’accueillir davantage d’étudiants internationaux et de profs non francophones, nécessité de s’ouvrir au monde…
Or cette évolution silencieuse n’a rien d’anodin. En optant de plus en plus pour le « tout anglais », ces écoles tournent le dos à notre culture commune, à notre héritage commun. Ce faisant, elles contribuent à accentuer encore la coupure déjà profonde entre les élites et le reste de la population.
Car la langue, faut-il le rappeler, c’est bien plus qu’un véhicule pratique pour des échanges commerciaux ou techniques. Ce sont aussi des idées, le reflet d’un mode de vie, une façon de penser le monde. Tout cela n’est pas neutre. Et on le brade, sans même y penser, sans que cela fasse débat ! Même les Belges, les Suisses ou les Québécois se disent effarés par notre propension à abandonner le français.
Qui plus est, les écoles de management sont, qu’on le veuille ou non, à l’avant-garde des évolutions de notre enseignement supérieur. Plus ouvertes sur le monde que d’autres filières, plus confrontées à la concurrence, elles préfigurent donc les changements à venir dans le reste de notre système éducatif. Elles risquent d’entraîner demain, dans leur sillage, les formations d’ingénieurs, de droit, de sciences humaines… A l’heure où les lycées et collèges délaissent déjà l’enseignement du latin – qui est aussi, d’une certaine façon, notre langue maternelle -, si les futurs cadres abandonnent peu à peu l’usage le français, que va-t-il advenir de celui-ci ? Ne va-t-il subsister que comme la langue des pauvres, des sans-grade, des déshérités ?

Entre protectionnisme et renoncement

Entendons-nous bien : il ne s’agit pas de se replier sur le village gaulois, de tourner le dos à la mondialisation. Pas question d’instaurer un usage exclusif du français dans les amphis. La mondialisation est une réalité, la domination de l’anglais (d’un anglais au rabais, bien souvent) un fait avéré – au moins pour le moment. Prenons-en acte. Donc, oui, il faut multiplier les enseignement en anglais ou bilingues – voire proposer des cursus complets en anglais.
Mais il faut aussi être capable de promouvoir, dans le même temps, la diversité linguistique, et notamment l’usage du français. D’autant que, contrairement à une opinion répandue, la francophonie progresse dans le monde. On compte aujourd’hui 700 millions de francophones. C’est un atout culturel et économique considérable, dont nous pouvons tirer avantage. Non, la francophonie n’a pas dit son dernier mot. Oui, il est possible de lui redonner sa place dans le monde.
Reconnaissons-le : entre l’impératif d’ouverture au monde et le souci de promouvoir le français, entre protectionnisme linguistique et renoncement pur et simple, la voie est étroite. Comment procéder ? Il n’est pas question, bien sûr, d’imposer à tous les étudiants étrangers de l’Hexagone des cours de grammaire et d’orthographe, de les faire plancher sur les règles d’accord du participe passé. En revanche, il est possible de leur offrir en sus une initiation à la langue et à la culture de notre pays – histoire, littérature, tourisme, « art de vivre », gastronomie, œnologie… Après tout, ceux qui ont fait le choix de venir étudier à Paris ou dans une école française à Shanghai ou au Brésil ne cherchent pas forcément à retrouver la même atmosphère, les mêmes usages et la même langue qu’à Londres ou à Boston. Ils ne rêvent pas forcément d’une sorte de ghetto anglophone. Il est probable qu’ils soient aussi intéressés par notre culture, notre mode de vie et notre langue.

Culture et petits restaurants

Photo Vaughan Leiberum/Flickr
Photo Vaughan Leiberum/Flickr
C’est d’ailleurs, peu ou prou, ce que tentent de faire un certain nombre d’établissements. « Notre maître mot, sur ce sujet, est le pragmatisme, indique François Bonvalet, directeur général de Toulouse Business School. Lorsque les circonstances l’imposent, nous enseignons en anglais. C’est le cas pour notre Aerospace MBA, qui accueille une majorité de non francophones. Mais notre ‘Executive MBA’, lui, est enseigné entièrement en français. Et sur notre campus de Casablanca, la plupart de nos cours sont en français, car il s’agit d’un public francophone et arabophone. En règle générale, nous proposons à nos élèves étrangers une approche de la langue et de la culture françaises. »
Même tonalité pour Virginie de Barnier, directrice de l’IAE d’Aix-en-Provence : « Nous sommes clairement favorables au bilinguisme. Il existe des métiers pour lesquels l’anglais est incontournable. Un tiers de nos étudiants suivent d’ailleurs leur cursus entièrement en anglais. Mais pour d’autres métiers comme l’audit ou le contrôle de gestion, le français a toute sa place. Et si nous enseignons en anglais, le même cours doit pouvoir être suivi aussi en français. » L’IAE utilise en outre ses liens avec la faculté de lettres d’Aix : les étudiants peuvent y suivre les conférences données à la fac. Les élèves étrangers bénéficient également de deux semaines de séminaire d’accueil, en août. Au programme, initiation à la culture, cours de français, et petits restaurants…
Jean-Guy Bernard, directeur général d'EM Normandie
Jean-Guy Bernard, directeur général d’EM Normandie
Même logique encore à EM Normandie, qui collabore avec l’université pour offrir des cours de « français langue étrangère », et où les élèves internationaux peuvent choisir entre deux filières, en anglais et en français. « Nous sommes une école française à vocation internationale, souligne Jean-Guy Bernard, le directeur général. La francophonie est un sujet que nous n’avons pas abandonné. »
 
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3 novembre 2016 4 03 /11 /novembre /2016 09:55

L’accord top secret qui doit dépecer les services publics

enquête
Bruno Odent
Mercredi, 25 Juin, 2014
L'Humanité

Les États-Unis, les pays de l’UE et une vingtaine d’autres États ont entamé à Genève des négociations sur le commerce des services. Signe particulier : ces tractations devaient rester secrètes pendant cinq ans. WikiLeaks a réussi à lever en partie le voile sur leur contenu.

Tout devait rester entièrement secret. Rien ne devait filtrer des négociations sur l’accord sur le commerce des services (ACS) entamées depuis deux ans à l’ambassade d’Australie à Genève entre les États-Unis, l’Union européenne et une vingtaine de pays. Une vaste entreprise de libéralisation qui touche jusqu’aux services publics fondamentaux. Des mesures assurant une confidentialité totale des discussions ont été prises, dans un langage digne d’un scénario à la James Bond. Les textes établissant l’avancée des pourparlers ont été « classifiés », selon un jargon utilisé généralement pour les dossiers secret-défense. Ils doivent être « protégés de toute diffusion non autorisée » et stockés dans un système d’ordinateurs lui-même classifié et maintenu « dans un building ou un container clos » sous haute surveillance. L’objectif déclaré est que rien ne puisse transpirer du contenu de ces tractations « jusqu’à cinq ans après la conclusion d’un accord » ou la fin des négociations si celles-ci devaient finalement ne pas aboutir.

C’était sans compter sur la dextérité des lanceurs d’alerte de WikiLeaks qui sont parvenus à récupérer une partie des textes surprotégés. Ils ont publié ainsi le 19 juin sur leur site l’annexe du traité en préparation consacré aux services financiers.

https://wikileaks.org/tisa-financial/

Ces révélations soulignent, en fait, l’ampleur de l’offensive engagée par Washington, suivi par les États membres de l’Union européenne, pour permettre aux multinationales de truster, le moment venu, le commerce des produits financiers mais aussi celui de tous les services sur les grands marchés transatlantique et transpacifique, dont les négociations, on le sait, avancent au même moment, dans la plus grande discrétion.

Contourner les résistances populaires et réfractaires de l’OMC

Les pourparlers secrets pour parvenir à un accord sur le commerce des services (ACS) ont démarré en 2012 et leurs initiateurs entendent tout faire pour les conclure avant la fin 2015. Ils sont en fait destinés à contourner l’obstacle que constituaient les résistances de forces progressistes, de mouvements sociaux, de syndicats et de plusieurs pays en développement pour la conclusion d’un accord global sur le commerce des services (AGCS) au sein de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Devant la paralysie du processus multilatéral lancé en 2001 dans le cadre du cycle dit de Doha de l’OMC, un groupe de pays a décidé, sous l’impulsion des États-Unis et des États membres de l’UE, d’entamer, il y a deux ans, une négociation parallèle.

Autrement dit : désavoué démocratiquement et donc sorti par la porte, l’AGCS pouvait ainsi rentrer par la fenêtre sous l’impulsion d’une cinquantaine de gouvernements. Les négociateurs autoproclamés ont l’espoir de définir dans un cadre plurilatéral des normes pour qu’elles s’imposent, à terme, comme unique référence internationale. Ils misent d’évidence sur leur poids économique – ils représentent ensemble près de 70 % du commerce mondial – pour rallier en fin de compte les pays récalcitrants de l’OMC court-circuités. Le lieu géographique des tractations a simplement été transféré de quelques rues à Genève, passant du siège de l’OMC aux locaux de l’ambassade d’Australie, pays opportunément tout acquis à la libéralisation.

Principale source d’inspiration du groupe : les « experts » de la « coalition globale des services » (GSC) au sein de laquelle on retrouve, côté états-unien, les géants du secteur (banque, Internet, énergie) mais aussi, côté européen, le Medef ou le poids lourd français, Veolia (voir ci contre). Le document diffusé par WikiLeaks, qui correspond au relevé de la négociation au 14 avril dernier, révèle le forcing déployé pour banaliser le commerce des produits financiers, comme si rien n’avait été retenu des causes du krach ravageur qui s’est produit seulement sept ans en arrière.

Échanges financiers, 
le retour du délire

Les normes proposées dans l’annexe du texte secret consacré au commerce des produits financiers visent d’abord à restreindre la capacité d’intervention de la puissance publique et se fixent ouvertement comme objectif un modèle « autorégulateur » de la finance. Les États signataires du futur ACS ne seraient quasiment plus autorisés à légiférer pour limiter les transactions financières transfrontalières (article X 3.2.).

Au nom de la libre concurrence les « monopoles d’État en matière de fonds de pension » – traduisez : les systèmes publics de Sécurité sociale – seraient, à terme, démantelés. Même « les assurances pour calamité naturelle » se devraient de ne plus fonctionner sous contrôle public.

L’approbation de l’autorisation de produits financiers innovants est recherchée (article X 2.1.). On sait combien le laxisme organisé à cet égard a nourri la boursouflure financière qui a éclaté, il y a sept ans. « Les CDS (credit defaut swaps), qui furent considérés comme des produits innovants, ont été au cœur de la crise », fait remarquer à juste titre Jane Kelsey, professeure à la faculté d’Auckland, en Nouvelle-Zélande, sur le site de WikiLeaks.

Les firmes Internet états-uniennes font pression pour transmettre sans véritable garde-fou les données de leurs clients. En particulier celles qui sont présentes dans les systèmes dits « clouds » (nuages) qui permettent de stocker des documents hors du disque dur de l’ordinateur. Cette information-là suscite depuis le jour de sa divulgation par WikiLeaks, le 19 juin, une vive réaction dans la presse allemande où les révélations d’un autre lanceur d’alerte, Edward Snowden, sur l’espionnage de masse pratiqué par la NSA (National Security Agency), avec la complicité des géants états-uniens de l’Internet, avaient déjà suscité beaucoup d’inquiétudes dans l’opinion.

Privatisations interdites

Les orientations du texte secret stipulent que les sociétés étrangères ne sauraient être victimes d’un traitement dit « discriminatoire ». Autrement dit : elles doivent avoir accès au marché des pays signataires exactement dans les mêmes conditions que les prestataires locaux, qu’ils fournissent ou non un service public à la population.

Un géant de la fourniture d’eau ou de gaz, comme les français Veolia ou GDF Suez, aurait ainsi non seulement le droit de s’installer sur un marché tiers. Mais il pourrait aussi faire jouer une clause d’engagement au respect de la concurrence pour exiger de bénéficier de subventions d’un montant égal à celui versé par l’État en question au service public de l’eau ou de l’énergie.

Par ailleurs le retour à une nationalisation d’un service public privatisé, fût-il partiel, serait strictement interdit aux États signataires au nom des garanties accordées aux investisseurs afin de favoriser, explique-t-on, la fluidité des échanges. Ainsi deviendrait impossible une remunicipalisation de l’eau décidée en maints endroits en France comme à Paris, après la gabegie et l’explosion des factures des particuliers provoquées par les requins de la Générale et de la Lyonnaise des eaux, qui se sont longtemps partagé le marché de la capitale française.

Éducation, santé, transports, rien n’échapperait à l’appétit du privé

L’ACS doit s’appliquer à tous les domaines capables de fournir un service à l’échelle internationale. Selon l’Internationale des services publics (PSI), qui regroupe quelque 669 syndicats dans le monde entier, il englobe ainsi un champ immense : la fourniture transfrontière (le mode 1 de l’ex-AGCS) – telle que la télé-médecine, la formation à distance ou les paris sur Internet –, le tourisme (mode 2 de l’ex-AGCS), l’investissement étranger direct avec les principes et les conséquences que l’on vient d’exposer (mode 3 de l’ex-AGCS) et le mouvement temporaire des personnes physiques (mode 4 de l’ex-AGCS). L’objectif d’accords comme celui dont la négociation est secrètement engagée, dénonce Rosa Pavanelli, la secrétaire générale de la PSI, est « d’institutionnaliser les droits des investisseurs et d’interdire toute intervention des États dans un large éventail de secteurs ».

Santé, éducation, transports, rien n’échapperait à cette logique qui accélérerait, dans des dimensions inédites, la libéralisation des services publics. Selon une logique d’écrémage par le capital privé en mal d’acquérir de nouvelles ressources dans la phase actuelle de la crise où les débouchés se rabougrissent. Il cherche à s’accaparer les secteurs financièrement les plus prometteurs. Les cheminots français en lutte ont ainsi parfaitement discerné la menace qui pourrait conduire à une polarisation des investissements privés sur les tronçons voyageurs les plus rentables quand des dizaines de voies dites secondaires et donc de gares seraient condamnées à disparaître. Le 4e paquet ferroviaire de la Commission européenne n’est certes pas dans le traité secret en cours de négociation. Il n’en épouse pas moins la ligne dévastatrice pour l’avenir des services publics et, au passage, pour… un certain mode de construction européenne. Comme on devrait le savoir au moins depuis l’élection du 25 mai l’acharnement libéral, prêt à nier la démocratie au point d’agir caché contre les intérêts des citoyens, met pourtant l’Europe en danger. 

À lire également: 
David Boys: "Des pressions inévitables sur les pays émergents"

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3 novembre 2016 4 03 /11 /novembre /2016 09:39

Cet article est reposté depuis Michel Stefani.

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3 novembre 2016 4 03 /11 /novembre /2016 09:29
 le PCF n'intégrera pas la France insoumise de Mélenchon  Jeudi 3 Novembre 2016

Présidentielle: le PCF n'intégrera pas la France insoumise de Mélenchon

Jeudi 3 Novembre 2016

Le PCF, dont des représentants ont rencontré ce mercredi des soutiens de Jean-Luc Mélenchon, n'intégrera pas le cadre de la France insoumise en vue des prochaines élections, mais travaille toujours à un partenariat avec le mouvement, ont indiqué des sources concordantes

 
Présidentielle: le PCF n'intégrera pas la France insoumise de Mélenchon
 
À l'appel de Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, des dirigeants communistes et de la France insoumise se sont réunis mercredi deux heures durant dans un café du Xe arrondissement de Paris, afin d'évoquer la stratégie en vue de la présidentielle et des législatives de 2017.

Le PCF, qui tiendra sa conférence nationale samedi, explore plusieurs pistes, dont un soutien à la candidature de Jean-Luc Mélenchon, qui a lancé en février son mouvement La France insoumise. "Si on veut pousser l'hypothèse Jean-Luc Mélenchon, il faudra trouver un cadre qui n'est pas celui de La France insoumise", a déclaré Marie-Pierre Vieu, chargée des relations extérieures du PCF. "On est d'accord sur le fait que l'on connaît une crise de la gauche qui appelle des réponses de type nouveau", a-t-elle encore expliqué.

"Mais ce qui nous heurte profondément, c'est que La France insoumise est un moyen de contourner le dialogue nécessaire entre les forces politiques", a-t-elle poursuivi. "On nous demande d'accepter un cadre que l'on n'a pas co-construit", a-t-elle encore déploré, ajoutant que le PCF était "toujours demandeur d'une rencontre avec Jean-Luc Mélenchon", absent comme Pierre Laurent ce mercredi. "Si l'hypothèse Mélenchon est retenue le 5 (samedi, ndlr), on la travaillera", a-t-elle conclu. "Mais le PCF continuera de développer ses propres arguments."

Du côté de la France insoumise, Leïla Chaibi, qui emmenait la délégation, concède avoir eu "du mal à se faire comprendre", pointant que le PCF avait surtout "l'habitude de négociations classiques entre appareils". "On ne propose pas un cartel d'organisations comme le Front de gauche en 2012" et dont le PCF faisait parti, "mais un espace politique où l'on encourage la participation de ceux qui ne sont pas dans le cadre d'un parti", a-t-elle expliqué au sujet de la France insoumise. "Mais le label de la France insoumise n'efface pas l'étiquette du PCF", a-t-elle ajouté, en assurant avoir senti "un éclaircissement" de la position qu'elle défendait en fin de réunion. "On espère que le 5 novembre, on ne présentera pas une caricature de ce que propose La France insoumise", a-t-elle encore pointé.

Source Le Figaro
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2 novembre 2016 3 02 /11 /novembre /2016 16:25

Pour Gramsci, Marx et Lénine ont ouvert un nouvel âge philosophique

2 Novembre 2016 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Antonio Gramsci, #Théorie immédiate, #Front historique

Extrait du Cahier de Prison 7, § 33

(Ilitch : Lénine)

COMMENT POSER LE PROBLEME ?

Production de nouvelles Weltanschauungen12, qui féconde et alimente la culture d'une époque historique et production dont l'orientation philosophique suit les Weltanschauungen originelles. Marx est un créateur de Weltanschauung mais quelle est la position de Ilitch ? Est-elle purement subordonnée et subalterne ? L'explication est dans le marxisme - science et action lui-même.

Le passage de l'utopie à la science et de la science à l'action. La fondation d'une classe dirigeante (c'est-à-dire d'un État) équivaut à la création d'une Weltanschauung. Quant à la formule : le prolétariat allemand est l'héritier de la philosophie classique allemande13, comment faut-il l'entendre ? Marx ne voulait-il pas indiquer le rôle histo­ri­que de sa philosophie devenue théorie d'une classe appelée à devenir État ? Pour Ilitch, la chose est réellement arrivée sur un territoire déterminé. J'ai fait allusion ailleurs à l'importance philosophique du concept et du fait de l'hégémonie, dûs à Ilitch. L'hégémonie réalisée signifie la critique réelle d'une philosophie, sa dialectique réelle. Comparer ce qu'écrit Graziadei14 dans l'introduction à Prezzo e soprap­prezzo15 : il pose Marx comme une unité dans une série de grands savants. Erreur fonda­mentale : aucun des autres n'a produit une conception du monde originale et intégrale. Marx ouvre, sur le plan intellectuel, le début d'un âge qui durera probable­ment des siècles, c'est-à-dire jusqu'à la disparition de la société politique et à l'avè­nement de la Société « réglée ». Ce n'est qu'alors que sa conception du monde sera dépassée (conception de la nécessité, dépassée par la conception de la liberté).

Mettre en parallèle Marx et Ilitch pour établir une hiérarchie est stupide et oiseux : ils expriment deux phases : science-action qui sont homogènes et hétérogènes en même temps.

C'est ainsi qu'historiquement serait absurde un parallèle entre le Christ et saint Paul : le Christ : Weltanschauung; saint Paul, organisateur, action, expansion de la Weltanschauung; ils sont tous les deux nécessaires dans la même mesure et ils sont donc de la même nature historique. Le christianisme pourrait s'appeler historique­ment : christianisme-paulinisme et cette expression serait la plus exacte (c'est seule­ment la croyance dans la divinité du Christ qui en a exclu la possibilité, mais cette croyance n'est elle-même qu'un élément historique et non théorique).

(M.S., pp. 75-76 et G.q. 7, § 33, pp. 881-882.)

 

12 Weltanschauung : mot allemand : conception du monde.

13 Cf. Ludwig Feuerbach et la fin de la philosophie classique allemande (fin), op. cit.

14 Graziadei est en retard par rapport à Mgr Olgiati qui, dans son volume sur Marx, ne trouve pas d'autre comparaison possible qu'avec Jésus, comparaison qui, pour un prélat, est réellement le comble de la concession, car il croit à la nature divine du Christ (Note de Gramsci).

15 Prezzo e soprapprezzo, nell'economia capitalistica, critica alla teoria del valore di Carlo Marx, Milano, éd. Avanti, 1923 et Torino, Bocca, 1924; trad. française par G. Bourgin : Le Prix et le sur-prix dans l'économie capitaliste, Paris, Rieder, 1923

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2 novembre 2016 3 02 /11 /novembre /2016 16:07
LA VIE DU PARTI:un programme communiste, un candidat communiste, des luttes communistes et basta
Alain Girard 
    un programme communiste,
un candidat communiste,
des luttes communistes et basta
·

RAZ DE MARÉE MÉLENCHON AU PCF...

LE PCF COMPTE AUX ENVIRONS DE 130 000 ADHÉRENTS.

Une pétition appelant les communistes à se rallier à Jean-Luc Mélenchon a recueilli pour le moment plus de trois mille signatures.

Donc les droitiers du PCF pétitionnent pour imposer leur candidat à des dizaines de milliers de communistes, ils auraient pu tenter le débat interne mais manque de caméras et de strapontins,lol.

Alors le nouveau PSU est en gestation, de Rocarlenchon à Marie Georges Poperen et Clémentine Bérégovoy, toute les composantes réformistes et polpotistes sont réunies, pour tailler une croupière au PCF dont la direction valide l'effacement derrière la cohorte d'anti communistes, de gauche,de droite, anti communistes de toujours et de partout.
Que l'on nous dise que celles et ceux qui ont adhéré au PCF sur la thèses de R Hue et qui persévèrent, sont des communistes, peut laisser songeur....

Certains veulent la peau du PS, se tapent comme de leur première dent de lait de combattre le capital, être devant le PS et puis, braire et re braire devant les droites triomphantes et pourquoi pas voter pour elles d'ailleurs comme aux Régionales....

Ils vont jusqu'à prétendre que refuser Mélenchon c'est refuser de se battre, c'est faire un procès avant coup, que le Mélenchonisme est modulable, (en clair l'opportunisme y est la règle et ils s'y rallient bien volontiers).
Etrangement, en 1976, PS disait cela du PCF quand celui-ci condamnait d'avance la politique d'austérité de Raymond Barre qui venait d'être intronisé par Giscard. Il fallait attendre et voir... On a vu !
Attendre, des "révolutionnaires" invitent à voir plus tard, genre visionnaires, genre Tintin et le temple solaire.

Les mêmes passent l'éponge sur le ralliement de Mélenchon à Maastricht arguant que ce dernier dit s'être trompé, bon ben si Hollande dit qu'il s'est trompé pas de souci alors, je me trompe ? Et si c'est Le Pen qui s'est trompé ?
RAPPEL
En 1992, il vote et appelle à voter pour le traité de Maastricht qu'il considère comme un « compromis de gauche ». Dans un discours au Sénat, il considère que la monnaie unique est l'instrument majeur qui permettra à l'Europe d'être « porteuse de civilisation, de culture, de réseaux de solidarité » contre le dollar qui « porte la violence ». Dans cette logique, il regrette le vote des Danois, à la suite du vote négatif du Danemark au traité de Maastricht le 2 juin 1992 : « Si cruel que ce soit à entendre, les peuples peuvent se tromper. Le nôtre s'est déjà trompé et on sait de quel prix il faut payer dans l'histoire le fait d'avoir manqué le train qui passait ».

En 68, avec Rocard et Cohn Bandit, il combat férocement les communistes, il est trotskyste, en 79 là il est mitterrandiste et travaille à prendre deux millions de voix au PCF.

En 88, il n'aime plus Rocard mais cire toujours les pompes à Mitterrand.

Maastricht a été un coup terrible porté au peuple de France et à la Nation, renégocier Maastricht, ben oui t'as raison Mélenchon...

D'autres se sont fait élire sur l'idée de Changer l'Europe, ils ont soutenu Tsipras et le soutiennent encore, aujourd'hui ils sont avec Mélenchon, si c 'est cela la caution de gauche et le plan B, on n'a pas fini d'en baver...

Il y en a également pour avoir une défaillitude de la mémoire car oui , Madame Buffet et le sieur Mélenchon furent du gouvernement Jospin, le plus grand privatisateur de tous les temps en France. On attend toujours l'autocritique de ces braves gens...
Enfin pour tout dire Mélenchon est très fier de ce gouvernement.

D'autres encore sont tout fier de ce Mélenchon qui a voté OUI pour les frappes contre le peuple lybien, ne devrait on pas traduire ces criminels de guerre devant un tribunal plutôt que de les candidatiser ?

Car sur 40 ans de carrière de Mélenchon, c'est bien plus de 30 ans contre la France des travailleurs et, de plus, que voulez-vous, je préfère être un abruti de communiste.

Allez un programme communiste,
un candidat communiste,
des luttes communistes et basta

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2 novembre 2016 3 02 /11 /novembre /2016 15:37
REMUE-MENINGES:Le blog de descartes"Je rends ma carte du Parti tous les soirs, je la reprends tous les matins" (Aragon)
Publié le par Descartes

"Je rends ma carte du Parti tous les soirs, je la reprends tous les matins" (Aragon)

 

Chers ex-camarades

 

Dans quelques jours, vous aurez à voter pour choisir le positionnement du PCF lors des élections présidentielles de 2017. La décision que vous allez prendre est capitale pour la survie du PCF en tant qu’organisation politique autonome, et c’est pourquoi je voudrais avant ce vote vous apporter quelques modestes éléments d’éclairage.

 

Certains parmi vous pourraient se demander pourquoi, n’étant plus membre du PCF depuis de longues années, je m’intéresse encore à ses affaires au point de vous adresser cette lettre. A ceux-là je répondrai que je n’ai jamais quitté le Parti. C’est mon Parti qui m’a quitté au début des années 2000, sous le règne d’UbHue Ier, lorsqu’il a décidé que le sort des LGBT et autres minorités agissantes était plus important que celui de la classe ouvrière, que les questions sociétales passaient avant les questions sociales. Mais j’ai toujours conservé l’espoir que mon Parti me revienne, et même dans l’état de déliquescence où il est aujourd’hui je verrais sa disparition comme un recul dans la capacité des couches populaires de notre pays à faire valoir leurs droits.

 

Au-delà des « trois options » qui vous sont offertes, l’alternative est à mon sens simple : soit le PCF est capable de s’insérer dans une logique qui lui permette de faire valoir sa spécificité lors du choix du candidat, du projet, du programme, des thèmes de campagne ; soit il ne lui reste plus qu’à disparaître dans une logique de ralliement inconditionnel à un mouvement où ces choix seront faits par d’autres et en dehors de lui. C’est aussi simple que ça.

 

Vous trouvez que j’y vais fort en parlant de « ralliement inconditionnel » ? Et bien, regardons les choses en face. Supposons que les militants du PCF choisissent de rejoindre la campagne des « insoumis » de Jean-Luc Mélenchon. Ils n’auront pas leur mot à dire ni sur le choix du candidat, ni sur le projet, ni sur le programme, ni sur les thèmes ou le matériel de campagne. Toutes les décisions seront prises – comme elles l’ont été jusqu’à maintenant – par le candidat et le petit groupe de fidèles qui tourne autour de lui dans la plus grande opacité. Il ne restera plus aux militants communistes qu’à coller les affiches et distribuer les tracts – rédigées par d’autres et qui bien entendu ne porteront que le logo du candidat – et à remplir les salles et les caisses, pendant que les décisions sont prises en dehors d’eux, par les « grandes personnes ».

 

Quant aux candidats aux législatives, ce sera le même tonneau. Désignés eux aussi par une « commission des investitures » dont on ne sait pas grande chose, ou par Mélenchon lui-même – comme l’ont été les 20 premiers candidats présentés il y a quinze jours – ils auront à signer une « charte » par laquelle ils s’engagent là encore à faire campagne sur les thèmes qui auront été choisis par Mélenchon et son équipe et en cachant dans leur matériel de campagne leur appartenance partisane.

 

En 2012, Mélenchon a raté l’OPA sur le PCF lorsque Marie-George Buffet n’a pas réussi à vendre aux militants du PCF la transformation du Front de Gauche en parti politique par fusion de ses composantes. Aujourd’hui, il essaye plutôt d’absorber le PCF en le privant de visibilité et surtout en montrant son inutilité. Car comment une organisation politique incapable non seulement de mettre sur pied une candidature portant son projet, mais incapable même de négocier ses alliances d’égal à égal, dans le cadre de concessions mutuelles pourrait prétendre à la moindre utilité ? A qui ira-t-on raconter après que cela a un sens d’accorder son soutien et sa voix à une telle organisation ?

 

Je sais que certains au PCF sont tentés de rejoindre les « insoumis ». Faut-il les blâmer ? On a tous besoin de croire, et l’église mélenchonienne avec ses rituels collectifs, les discours enflammés des ses grands prêtres et ses promesses d’un paradis à portée de main répondent à cette demande. Seulement, faites attention, camarades. Parce que – comme c’est le cas pour toutes les églises – derrière la façade gentillette se cache la lutte pour le pouvoir. Pour les plus anciens d’entre nous, le souvenir de la campagne mitterrandienne de destruction du PCF au début des années 1980 est toujours cuisant. Et la tactique choisie par Mélenchon aujourd’hui ressemble un peu trop à celle là pour qu’il s’agisse d’une simple coïncidence.

 

Bien sur, cela ne réduit en rien les responsabilités des directions du PCF, dont le carriérisme et la bêtise – appelons les choses par leur nom – ont affaibli le Parti au point qu’il est devenu une proie facile. Il y aurait beaucoup à dire sur la « fédéralisation » de facto du Parti qui a donné le pouvoir aux « notables », sur l’incapacité de penser la politique autrement qu’en termes de sauvegarde de réseau d’élus et de démagogie envers les « communautés », sur la pratique d’un « politiquement correct » étouffant. Mais le choix aujourd’hui n’est pas entre un mode de direction et un autre, c’est le choix entre existence ou disparition. Choisir les « insoumis », c’est disparaître. Et ceux qui voteront pour rejoindre les « insoumis » doivent en être bien conscients.

 

Alors, présenter un candidat communiste ? Pourquoi pas. Soutenir un candidat qui accepte de discuter avec le PCF d’égal à égal dans le cadre de concessions mutuelles ? C’est possible aussi. Je n’ai pas de préférence, même si je ne vois pas la deuxième option praticable à courte échéance. On m’objectera qu’un candidat communiste fera 2-3% à tout casser ? Ce n’est pas grave : mieux vaut faire 3% en défendant son projet que permettre à quelqu’un d’autre qui refuse de discuter avec vous de faire 10%... surtout quand cet autre veut votre disparition.

 

Descartes

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