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CHANTS REVOLUTIONNAIRES

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18 août 2014 1 18 /08 /août /2014 13:09

 

 

 

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Numéro du jeu. 07 août 2014L'Humanité DimancheNuméro du jeu. 07 août 2014


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18 août 2014 1 18 /08 /août /2014 12:52

                                                                              MARE-NOSTRUM-copie-1

 

 

 

« Israël est la poursuite du colonialisme européen » (Publico.es)
Nurit Peled-Elhanan
La professeure israélienne Nurit Peled interviewée par Alex Anfruns. (Photo : Anna Ferninandsson)

Alex Anfruns : Certaines organisations palestiniennes définissent la situation actuelle comme une « Nakba » en cours, rappelant ainsi la Nakba de 1948 (en arabe, nakba signifie catastrophe), qui n’a en réalité jamais cessé. Comment est-ce que les Israéliens justifient cette attitude, 66 ans après la naissance de leur nation ?

Nurit Peled : Ils la justifient sans cesse, en disant qu’ils empêchent « un plus grand mal ». Selon eux, il vaut mieux faire cela maintenant que de souffrir plus tard. Ce n’est pas typique d’Israël, cela se produit dans tous les pays, opprimer l’autre est toujours un moindre mal. On peut résumer cela ainsi : « C’est regrettable que des personnes doivent mourir, mais nous n’avons pas eu le choix ».

S’agit-il d’une vision théologique ?

Non, pas du tout. C’est totalement politique. Nous entendons cela tout le temps. Ici et ailleurs, en Occident, aux Etats-Unis... « C’est regrettable mais c’est comme ça. Nous devons le faire pour nous protéger ». C’est la raison qu’ils utilisent tout le temps.

Dans la zone de Bethléem, on entend souvent parler de l’agressivité des colons envers les Palestiniens.

C’est une déshumanisation complète. Les Israéliens, surtout les colons, traitent de la même façon toutes les personnes qui ne sont pas juives comme eux.

D’un autre côté, en sortant de Jérusalem et en voyant ces jolies collines, on ne peut s’empêcher de constater qu’il y a beaucoup de terrains disponibles à l’intérieur d’Israël. Donc, pourquoi aller vivre à tout prix dans ces colonies, comme Efrat ?

Parce que l’eau se trouve là. Les grandes réserves pour toute la région. Et ils veulent davantage de terres car ils veulent du pouvoir, obtenir le contrôle. Et ce n’est pas juste une question de terres car ce n’est pas cela qui manque. Il y en a, mais leur intérêt n’est pas de construire quoi que ce soit ici. La pauvreté à l’intérieur d’Israël est horrible. Personne ne s’en occupe. Et, de fait, elle constitue une motivation pour que les gens aillent dans les colonies. Là-bas, ils ne paient rien, tout est gratuit pour eux. Le transport, l’éducation, les magasins, et tout cela sans taxes. C’est un paradis pour eux. Un véritable Etat Providence. Ils obtiennent tout, et avec la meilleure qualité. En plus, ils ne produisent rien. Ces personnes viennent d’Ukraine par exemple, où ils n’avaient rien à manger. Ils arrivent dans les colonies et obtiennent un tas de choses. Pour sortir votre famille de la pauvreté, vous feriez n’importe quoi.

Racontez-nous la situation de la gauche israélienne.

Il ne reste pas grand-chose de cette gauche. Mais les gens restent actifs, il y a beaucoup d’organisations privées qui travaillent énormément, vous avez sans doute entendu parler d’elles, comme Bet’Selem, Breaking the Silence, Machsom Watch, Women’s Coalition, Yesh Din, Les Rabbins pour les Droits de l’Homme... Mais elles sont toutes privées, c’est-à-dire non financées par l’Etat. Ce sont grosso modo les mêmes personnes, quelques milliers. Il n’y a pas de forces politiques, sauf un parti. C’est insuffisant pour obtenir des voix. La situation en Israël n’est pas au beau fixe, l’économie est un désastre, la pauvreté est horrible, le chômage aussi... mais les gens ne font pas le lien logique. Personne ne relie cela à l’occupation et les colonies.

Ne croyez-vous pas que beaucoup d’Israéliens soient au courant de la situation ?

Non. La majorité de la population israélienne n’est pas consciente de ce qui se passe. Pas du tout. La plupart des habitants de la planète ne veulent rien savoir, qu’il s’agisse d’Israël ou de la Suède. Les livres en Suède par exemple reproduisent l’opinion sioniste, et c’est tout. On assiste à la même chose dans le monde entier.

Pourriez-vous commenter la citation de Heneen Asharawi, membre du conseil législatif palestinien : « Nous sommes le seul peuple au monde auquel on demande de garantir la sécurité de son occupant, tandis qu’Israël est le seul pays au monde qui prétend se défendre de ses victimes »

C’est la typique inversion des rôles, c’est toujours pareil. En Corée, en Turquie, c’est toujours le même topo. Les Américains se défendent ... de qui ? De l’Afghanistan en passant par l’Irak, c’est toujours la même histoire. Ils doivent présenter les choses de cette façon afin d’obtenir, au final, plus d’argent, de munitions, que la population rejoigne l’armée, qu’elle soit motivée... je ne crois pas que cela soit typique d’Israël. Souvenons-nous que les Allemands avaient peur des Juifs. Cette propagande n’a rien d’original.

Il y a quelques années, des informations circulaient sur les manuels scolaires palestiniens, dans lesquels les Juifs seraient diabolisés, une propagande de ce genre. Mais lorsque l’on les examine, et qu’on se rend compte d’où provient ce matériel scolaire, on voit qu’en réalité ils sont produits dans un centre dont le siège se situe dans la colonie d’Efrat, qui s’appelle « Centre de Vigilance sur l’Impact de la Paix »...

C’est horrible. Horrible. Ces études ont été présentées au Congrès des Etats-Unis. Ce Centre a obtenu un demi million de dollars pour chaque livre et Hillary Clinton a engagé le directeur de cette organisation comme conseiller personnel. Ce sont des fascistes, ils n’ont rien d’académique en plus, il n’y a aucun travail de recherche. En France, ce directeur, le professeur Yohanan Manor, est reçu partout. Ils racontent des bêtises. En revanche, les Palestiniens ne pourraient aucunement affirmer de telles choses même s’ils le voulaient. Ils sont tellement contrôlés et censurés par le Parlement Européen, le Ministre de l’Education Israélienne, l’armée israélienne, le Danemark, et par la Banque Mondiale qui lui donne de l’argent, par le Japon... que les Palestiniens ne pourraient pas, même s’ils le voulaient, être offensants ou racistes. C’est un mensonge, car on ne leur permet même pas d’écrire au sujet de leur propre nation, de leur propre Nakba, de leur propre culture. On ne leur permet même pas d’écrire quelque chose sur eux-mêmes dans leurs livres.

Mais la plupart des gens sont encore vulnérables face à ce type de discours, surtout dans les pays occidentaux. Du fait de cette inversion des rôles, ils ne savent pas quelle est la vérité sur la Palestine. Et ces « études » faites sur les colonies israéliennes affirment grosso modo que les Palestiniens apprennent à leurs enfants à détester les Juifs...

Il n’y a pas besoin d’enseigner quoi que ce soit lorsqu’on vit dans le camp de réfugiés d’Aida... De toute façon, ce n’est pas vrai car c’est impossible. Les Palestiniens ne pourraient pas le faire, même s’ils le voulaient (par contre, les livres scolaires israéliens, eux, le font). C’est intéressant, ce qui est raconté dans les livres palestiniens car les Israéliens n’y sont même pas vus comme des ennemis. Les ennemis sont les Britanniques, l’Europe, parce que ce sont eux qui ont commencé le colonialisme, et Israël est très marginal pour eux, ce n’est que la poursuite du colonialisme. Ils ne présentent pas Israël comme « la grande force », du tout. C’est l’Europe. C’est cela qui leur est enseigné : « Ils ont offert une terre qui ne leur appartenait pas à des gens qui ne la méritaient pas, et ils ont choisi la Palestine ». Dans ces livres, Israël occupe une place marginale.

Pouvez-vous nous dire comment votre livre « Palestine dans les livres israéliens : idéologie et propagande dans l’éducation » a été reçu dans la société israélienne ?

Les Israéliens ne l’ont pas lu. En dehors du pays, il a reçu d’excellentes critiques, tandis qu’ici, peut-être une seule, mais sans le moindre impact, il n’y a pas d’universitaires qui le prennent en compte, au contraire. Mes collègues ne s’y intéressent absolument pas. En fait, ils font ce qu’ils peuvent pour faire interdire ce livre et me réduire au silence.

Que pensez-vous de l’omniprésence du discours religieux en Israël ?

C’est une manipulation, cela a toujours été le cas. Les Allemands l’ont fait, ainsi que les Espagnols en particulier. L’utilisation de la religion s’explique par son énorme pouvoir de persuasion, puisqu’on peut utiliser la religion pour quoi que ce soit, on peut tout y trouver, afin de justifier le meilleur et le pire. Cela n’a rien d’original. Mais le sionisme a très bien appris de ses prédécesseurs.

Il semble que les leaders politiques et les grands médias font en sorte de présenter chaque conflit au Moyen Orient sous une approche de type religieux car cela sert à consolider leurs projets et l’idée d’un « choc de civilisations »...

Oui, car cela sert à recruter le peuple juif de par le monde, affirmant que l’ensemble des nations arabes est contre l’ensemble de la population juive... ce qui est faux, parce que les Juifs présents dans les pays arabes vivaient très bien avec les musulmans. Mais tout cela est politique, vous le savez. C’est de la manipulation. Cela se passe en Iran, en Arabie Saoudite, en Malaisie, où que vous alliez. Qu’il s’agisse d’Islam, de Chrétienté, ou de Judaïsme, c’est toujours la même chose. En Inde, au Pakistan, c’est pareil. C’est une arme excellente, très efficace.

Cela a toujours été comme ça en Israël ? Ou avant c’était une société laïque ?

C’était une société plutôt laïque. La vie est difficile et les gens se réfugient dans la religion, c’est quelque chose qu’on observe partout dans le monde. Lorsque la vie est dure, que faire ? Se réfugier dans la religion. C’est un très bon abri face aux problèmes.

Historiquement, la religion a fait l’objet d’un autre usage également. Surtout dans le cadre de la théologie de la libération en Amérique Latine, où les curés n’étaient pas d’accord avec les aspects rituels de l’église, comme la messe, mais ils voulaient récupérer le message originel de la défense des pauvres, y compris aux moyens d’une lutte armée.

Ici nous avons une organisation, « Rabbins en faveur des droits de l’homme », et ce sont les meilleurs. On peut tout trouver dans la religion, c’est comme une ferronnerie, quelque chose qui peut ennoblir quelque chose d’autre. La laïcité telle quelle n’a jamais rien démontré de grand, elle ne tient pas la route. Pas même en Russie : tout le monde a été à l’église le jour qui a suivi l’éclatement du bloc de l’Union Soviétique. La religion est « la force » et les politiciens l’utilisent, bien entendu. Ils utilisent n’importe quoi. Mais ce que nous avons ici, ce n’est pas un conflit religieux, ce n’est même pas un conflit, car les deux parties ne sont pas à armes égales. C’est une occupation qui se poursuit éternellement. Il n’y a pas de véritable conflit ici. Il y a la Nakba, un « sociocide », un ethnocide, on peut l’appeler comme on veut, mais ce n’est pas un conflit.

L’état d’Israël a tenté de faire passer une loi pour recruter les personnes religieuses, ultra orthodoxes, dans l’armée. Et ils ont également fait quelque chose de similaire afin de recruter les Palestiniens de confession chrétienne en Israël, il y a ces deux initiatives simultanées, qui semblent être une réaction au geste de l’Autorité Palestinienne qui élimine la référence religieuse dans les carnets d’identité...

Ils ne réussiront pas, on ne peut jamais vaincre avec les ultra orthodoxes... c’est une fois de plus une manipulation politique due au fait que certaines personnes sont scandalisées qu’ils ne fassent pas leur service militaire. Et alors ? Ils ne travaillent pas non plus et ne paient pas non plus de taxes.

Il y a beaucoup d’ultra orthodoxes ?

Non. En tout et pour tout, les personnes religieuses forment 30% de la population. Parmi ces 30%, peut-être que les ultra orthodoxes composent 5%. Ce n’est pas un grand problème. Ils veulent utiliser ce sujet pour faire semblant que « tous sont égaux en droits et en devoirs »... C’est très bien, mais les personnes religieuses ne se laissent pas embobiner. Pour elles, l’Etat d’Israël est aussi mauvais que n’importe quel régime, voire pire, puisqu’il est juif. N’importe quel type d’Etat est un crime pour eux, mais ici il faut attendre le Messie, et non avoir un Etat laïc. De toute façon, qu’il s’agisse d’un Etat dominé par les Romains, les Grecs, les Britanniques ou les sionistes, pour eux, ça ne change rien. Ils s’opposent au régime de toute façon.

Donc ils sont plutôt antisystème en réalité...

Oh que oui, bien entendu, ils sont totalement antisionistes. Ils ont plusieurs leitmotiv : « être sioniste ça ne veut pas dire être juif », « un Juif n’est pas un sioniste »... Ils ne ressentent pas d’affiliation particulière avec les personnes d’ici, ils prennent juste ce qu’ils peuvent, ils veulent juste faire exploser ce régime. En ce qui les concerne, nous pouvons aller tous autant que nous sommes en enfer dès demain. Personne ne peut gagner contre eux. Ils n’iront pas à l’armée, ne vous inquiétez pas. Certains l’ont fait et ils reviennent encore plus cruels une fois revenus. C’est pour cela qu’on veut les enrôler, parce qu’ils sont horriblement cruels, parce que, pour eux, un Arabe est un animal, un sacrilège, il devrait mourir. Un Arabe, c’est pire qu’un animal. Pas pour tous, juste pour ceux qui vont à l’armée. C’est très facile de les utiliser pour n’importe quel objectif, tout comme les colons.

Pourriez-vous nous expliquer cette focalisation devenue traditionnelle des Israéliens sur l’antisémitisme ? Comment abordent-ils ce sujet ? C’est une sensation étrange, on dirait que l’augmentation de l’antisémitisme dans un futur proche en Europe, finalement, c’est quelque chose de bon pour Israël.

Bien entendu. C’est très bon pour eux. Enfin, ce sont eux qui le propagent, ils l’amplifient énormément : « Toute personne non juive est antisémite. Pour cette raison, nous n’appliquons pas les décisions internationales et le droit international, car ils ont été créés par des non juifs qui étaient antisémites ». Le droit international, ils n’en ont rien à secouer.

C’est un peu bizarre de voir quelqu’un comme Bernard Henry-Lévy qui soutient les manifestants d’extrême droite en Ukraine, les faisant passer pour des combattants de la liberté, tout comme en Libye...

Ils sont fort racistes, fort antisémites. Mais Israël coopère également avec d’innombrables organisations fascistes.

C’est également intéressant de se souvenir des relations entre Israël et l’Afrique du Sud.

Oui, en effet. Israël a totalement soutenu l’apartheid. Complètement. Il a fourni son soutien à tous les régimes tyranniques : en Afrique du Sud, en Amérique du Sud, en Asie, en Afrique... Idi Amin est venu ici pour apprendre des méthodes de torture et on lui a fourni tout ce dont il avait besoin. Même le Shah d’Iran, qui a fait tout ce qu’il pouvait pour Israël. Toutes ces personnes. Et en Amérique du Sud, Israël a toujours soutenu les tyrans. Toujours. Ils n’ont jamais défendu les droits de l’homme.

Malheureusement, il y a beaucoup d’Etats comme ça, pas seulement Israël. Ils sont surtout intéressés par la vente d’armes...

Oui, bien entendu. L’Angleterre et les Etats-Unis assassinent toujours les gentils. Même en Irak.

Certains leaders locaux de la stratégie de la résistance non-violente affirment qu’à travers la non-violence, l’armée israélienne, avec tout son armement, est incapable de les vaincre.

Les Palestiniens ont énormément d’espoirs, ils sont optimistes, positifs, ils résistent malgré tout. Mais l’armée continue à les opprimer : ils arrêtent des enfants pour des lancers de pierres.

Que peut-on faire ?

Le BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions), surtout. Empêchez que les politiciens et militaires israéliens viennent dans votre pays. Ne laissez pas les artistes jouer, ni les footballeurs. N’achetez pas de produits israéliens. Toutes ces choses effraient beaucoup Israël. Le BDS fait vraiment peur à Israël.

Source : Publico.es (9.8.2014) http://www.publico.es/internacional/537976/nurit-peled-israel-es-la-co...

Interview réalisée par Alex Anfruns https://www.facebook.com/pages/Alex-Anfruns/705802516134871

Traduction : Sanfelice

»» http://www.michelcollon.info/Nurit-Peled-Israel-est-la.html
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18 août 2014 1 18 /08 /août /2014 12:35

 

Clio

 

Clio, la muse de l'Histoire

 

 

 

Lundi 18 Août 2014
Sur ordre direct de Hitler et de Himmler, Ernst Thälmann a été assassiné le 18 août 1944, après plus de onze années d'isolement
Il y a 70 ans, l'assassinat du dirigeant communiste, Ernst Thälmann
                         Il avait auparavant été amené de la prison de Bautzen au camp de concentration de Buchenwald, près de Weimar, où son corps a été brûlé après l'assassinat, afin qu'il n'ait pas de tombe.  Cette action  était si secrète que le journal  nazi    « Völkischer Beobachter » rapporta que Thälmann avait été tué le 24 Août « par des bombes terroristes » des Alliés.

Pourquoi les nazis avaient-il tellement peur de publier la vérité? Parce qu'Ernst Thälmann incarnait une attitude, une action, une culture, une idéologie. Ernst Thälmann, cela voulait dire : sortir du national-socialisme, sortir de la guerre, par le Front populaire, pour la démocratie populaire!

Le national-socialisme a prétendu construire le véritable socialisme, avoir trouvé la ligne juste pour l'Allemagne. Avec comme résultat la guerre, la pauvreté et la destruction, et aussi la faillite morale, tout cela comme produit d'un romantisme anti-capitaliste, où le but était d'unir la société, de supprimer les « parasites », ce qui signifiait en réalité établir « la dictature terroriste ouverte des éléments les plus réactionnaires, les plus chauvins et les plus impérialistes du capital financier ».

Ernst Thälmann avait mis en garde contre la catastrophe imminente. Il était depuis 1924 le dirigeant du Parti communiste de l'Allemagne, un parti qui a été fondé par Rosa Luxembourg et Karl Liebknecht. Il a tout fait pour mobiliser les larges masses, masses qui ont été paralysées par la social-démocratie, parce que les dirigeants du Parti social-démocrate d'Allemagne n'étaient ni pour la révolution socialiste, ni pour la lutte antifasciste authentique.

Le Parti communiste a de son côté tout essayé pour que la lutte contre le capitalisme et contre le fascisme devienne un mouvement de masse ; c'est pourquoi avaient été fondé l'Union des Combattants du Front Rouge, l'Action antifasciste. Ce n'étaient pas les travailleurs de la social-démocratie qui étaient combattus, mais la ligne de capitulation des dirigeants du Parti social-démocrate d'Allemagne. Le Parti communiste d'Allemagne a défendu la ligne du front uni, et a pavé la voie à la ligne du Front populaire, comme en Espagne et en France.

Hervé Poly
Secrétaire fédéral du PCF 62
http://www.hervepolypcf62.com/2014/08/il-y-a-70-ans-l-assassinat-du-dirigeant-communiste-ernst-thalmann.html
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18 août 2014 1 18 /08 /août /2014 05:34

 

 

 

 

Clio

 

Clio, la muse de l'Histoire

 

thorez-time-pcf.jpgMaurice Thorez (1900-1964), l'homme, le militant – le portrait-hommage de Georges Cogniot et Victor Joannès

 

 

En ce 50 ème anniversaire de la mort du dirigeant historique du PCF Maurice Thorez, les hommages se font rares, beaucoup plus rares que ceux pour Jean Jaurès, y compris dans le camp communiste.

 

Surprenant pour une personnalité politique qui a marqué de son empreinte comme nul autre non seulement le communisme français du XX ème siècle comme celle du mouvement communiste international, mais aussi l'ensemble du mouvement ouvrier et de la gauche française, la vie politique nationale comme la conscience de la classe ouvrière de notre pays.

 

Ici, nous retranscrivons des extraits de l'ouvrage « Maurice Thorez, l'homme et le militant » publié en 1970, sous la direction de l'historien Victor Joannès et de l'homme de lettre Georges Cogniot, proche de l'ancien secrétaire-général du Parti, en fait la première partie dans son intégralité. Un témoignage digne d'être rappelé.

 

Introduction et retranscription pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

Une vie de militant et de dirigeant

 

 

Les origines

 

Fils et petit-fils de mineurs du Pas-de-Calais, Maurice Thorez avait passé son enfance dans les corons. Il s'est éveillé à la vie dans une région de grande industrie moderne et d'organisations ouvrières puissantes.

 

A six ans, il avait entendu les cris de douleur des femmes pleurant leurs maris que le puits tragique de Courrières avait ensevelis. Dès l'âge de douze ans, embauché comme trieur à la fosse 4 de Dourges, il avait fait l'expérience du mécanisme impitoyable de l'exploitation de l'homme par l'homme. En novembre 1913, il avait participé pour la première fois à une grande grève, pour la journée de 8 heures.

 

Peu après, c'était le drame de 1914 et l'invasion allemande. La guerre allait chasser Maurice Thorez loin de la mine et le jeter, avec un convoi de réfugiés, dans les campagnes de la Creuse. Il y fit l'apprentissage de la terre, comme si la vie le préparait à connaître non seulement les revendications et les espoirs des ouvriers, mais les besoins et aspirations des paysans.

 

Maurice Thorez a relaté lui-même dans son beau livre, Fils du peuple, toute l'importance de cette initiation à la vie rurale : « Quand je vis de près le paysan français, écrit-il, j'appréciai ses solides vertus, son opiniatreté, son énergie, son solide bon sens. Le paysan était le frère de l'ouvrier, un frère malheureux comme lui, exploité et opprimé comme lui, comme lui victime désignée pour le grand massacre de la guerre ».

 

Depuis ce temps, Maurice Thorez a toujours su élever la voix pour défendre les travailleurs de la glèbe, pour dénoncer le jeu perfide de l'ennemi qui « cherche à diviser et à dresser les uns contre les autres les ouvriers et les paysans », pour insister sur la nécessaire alliance de la classe ouvrière avec la paysannerie et l'ensemble des couches moyennes.

 

La guerre de 1914-1918 n'avait pas seulement familiarisé Maurice Thorez avec la condition paysanne. Au cours des quatre années de déracinement et de souffrances qu'elle lui avait imposées, il s'était préparé à en comprendre le caractère impérialiste et les leçons, à répondre à l'appel lancé par Lénine aux prolétaires de tous les pays.

 

Premières armes

 

De retour au pays natal en janvier 1919, Maurice Thorez, redevenu mineur, va se passionner de plus en plus pour l'action syndicale et politique. En mars 1919, il adhère au Parti socialiste et bientôt il milite pour l'adhésion à la Troisième Internationale.

 

Une période d'intense activité politique, d'âpres controverses, de débats orageux vient de s'ouvrir. Maurice Thorez va s'y faire remarquer à la fois par son ardeur dans la bataille quotidienne et par sa maturité, son intelligence politique.

 

Le soir, après une dure journée de travail à la mine, il discute avec ses camarades de leurs soucis, de leur misère, il leur indique le chemin du salut tracé par Lénine. Dans sa section, sans se laisser impressionner par les titres, les fonctions, la loquacité des partisans de Longuet, de Blum et de Lebas, adversaires de l'adhésion, il s'élève contre l'ancien socialisme réformiste, où il ne trouve que verbiage et déceptions ; il défend avec feu la Révolution russe et les thèses de l'Internationale communiste.

 

Ce que la lampe est pour le mineur : le gage du salut, Maurice Thorez explique que la grande lumière levée à l'est le sera pour toute la classe ouvrière.

 

Appelé à l'armée en mars 1920, il continue à militer, à faire de la propagande contre la guerre et pour l'adhésion à la Troisième Internationale dans les chambrées. Lors d'une permission, sans souci du risque, il monte en uniforme à la tribune et prend, pour la première fois, la parole dans un meeting.

 

Décembre 1920. Le Congrès historique de Tours, à l'appel de Marcel Cachin et de Paul Vaillant-Couturier, inaugure pour la France l'époque de la victoire des grandes idées du communisme. La création du Parti communiste ouvre une nouvelle et décisive étape pour le mouvement ouvrier français. Maurice Thorez, évoquant avec émotion ses souvenirs sur les répercussions du Congrès, sur sa signification, écrit dans son autobiographie :

 

« C'est la victoire de l'internationalisme prolétarien ! La classe ouvrière reprend sa marche en avant. Et nous, les jeunes, nous respirons à pleins poumons cet air vivifiant qui circule. Mais il reste aux communistes un long chemin à parcourir, un dur apprentissage à faire pour connaître et apprécier en hommes politiques la réalité qui les entoure, pour acquérir l'expérience de la lutte, pour apprendre à vaincre dans les conditions spécifiques de la France ! ».

 

Dans cet apprentissage, le rôle de Maurice Thorez sera déterminant.

 

La scission avec la minorité opportuniste et centriste qui s'est faite à Tours, a donné forme à l'avant-garde révolutionnaire de la classe ouvrière, mais ses rangs sont affaiblis, surtout en raison de la défection de cadres nombreux, et sa pensée reste hésitante, grevée de survivances réformistes. Il s'agit maintenant de recruter, de fortifier idéologiquement le Parti, d'augmenter l'influence des idées communistes parmi les travailleurs. Maurice Thorez s'y emploie. Il lutte dans sa section, dans sa fédération pour la mise en pratique des directives lancées en 1921 par le III ème Congrès de l'Internationale communiste : « Allez aux masses ! Faites le front unique ! ».

 

Dans sa section, il est secrétaire. Et trente ans plus tard, il éprouvera une grande joie lorsque des camarades de l'ancien temps lui feront tenir les vieux cahiers de procès-verbaux où l'on trouve, de la main du jeune responsable, les compte-rendus des réunions de 1922 consacrés à débattre du front unique.

 

Au Congrès de Paris, en octobre 1922, la fédération du Pas-de-Calais donne 146 mandats aux adversaires du front unique, contre 40 à ses partisans. Délégué de la minorité au Congrès, Maurice Thorez ne se laisse pas rebuter. Il poursuit avec persévérance son travail de conviction auprès de ses camarades. Il a la satisfaction, quelques mois plus tard, de voir sa fédération se rallier tout entière à son point de vue, aux préceptes de l'Internationale communiste, au drapeau de l'unité prolétarienne.

 

En janvier 1923, contre l'occupation de la Ruhr, contre la politique de violence de Poincaré, qui devait tant contribuer à alimenter la propagande revancharde de Hitler, le jeune Parti communiste français livre sa première grande bataille internationaliste. La répression se déchaîne contre ses militants. C'est le moment que choisit L.O.Frossard, à l'époque secrétaire du Parti, pour déserter ses rangs. Dans ces heures difficiles, Maurice Thorez affirme ses dons d'organisateur, son sens des responsabilités, son esprit d'initiative : au milieu de 1923, il devient secrétaire de la Fédération du Pas-de-Calais. Le voilà permanent du Parti, « révolutionnaire professionnel ».

 

C'est une ligne droite et claire qui a conduit Maurice Thorez de ses premières années passées dans les corons, de ses premières expériences de grèves et de luttes, de la guerre et des leçons qu'il a su en dégager, à l'insertion profonde dans le tissu vivant du Parti communiste, en qui il a reconnu le porte-drapeau de sa classe et de son peuple.

 

Elu à 24 ans membre du Comité central, Maurice Thorez siège à 25 ans au Bureau politique et il assume la responsabilité de secrétaire d'organisation du Parti. Il apparaît ainsi comme l'incarnation même des grandes possibilités d'une jeunesse ardente, généreuse, qui veut vaincre et vivre, comme le type achevé de ces jeunes cadres prolétariens dont le mouvement ouvrier a besoin. Tandis que les arrivistes et les aventuriers petits-bourgeois, qui avaient tenté de précipiter dans l'abîme le Parti encore inexpérimenté, passent ouvertement à l'ennemi ou sont écartés l'un après l'autre, Maurice Thorez grandit et se fortifie avec le Parti, au cours des luttes qui font la trame même de l'histoire du mouvement communiste.

 

Il se familiarise avec les profondes analyses scientifiques de Lénine sur le capitalisme de monopole, sur l'époque de l'impérialisme, « époque où le capitalisme, ayant atteint et dépassé sa maturité, se trouve à la veille de son écroulement, où il est mûr au point de devoir céder la place au socialisme ». La lecture de Lénine et l'observation des faits apprennent au jeune dirigeant que la domination des monopoles est la source du militarisme, de l'agression, de la guerre, qu'à l'époque de l'impérialisme, le militarisme frappe toute la vie de la société.

 

En 1925, Maurice Thorez est président du Comité central d'action contre l'injuste guerre du Maroc. Il s'attache de toutes ses forces à entraîner dans la lutte les ouvriers socialistes aux côtés de leurs frères communistes. Persuadé qu'un peuple qui en opprime un autre ne saurait être un peuple libre, il impulse l'action des masses contre la guerre et forme le jeune Parti communiste dans l'esprit de la solidarité prolétarienne avec l'action anti-impérialiste des peuples coloniaux. La grève nationale du 12 octobre 1925, déclenchée à l'appel du Parti, mobilisa 900 000 travailleurs sur le mot d'ordre de cessation immédiate de la guerre.

 

Ainsi se créait une tradition de lutte qui ne se démentira jamais. Plus tard, avec la même résolution, Maurice Thorez et le Parti communiste combattront pour l'indépendance du Vietnam, pour l'indépendance de l'Algérie ; dans l'esprit de Lénine, ils revendiqueront pour tous les peuples soumis à l' « Empire » le droit de libre disposition.

 

Comme l'écrivait Mikhail Souslov, membre du Présidium et secrétaire du Comité central du P.C.U.S dans son hommage à Maurice Thorez à l'occasion du 65 ème anniversaire de sa naissance, « durant les années difficiles où régnait en France la griserie chauvine, et particulièrement dans la période de la 'sale guerre' du Vietnam et de la guerre coloniale de l'impérialisme française contre le peuple algérien, le Parti communiste fut l'unique parti de France qui élevât résolument la voix pour défendre la juste cause des peuples opprimés. Voilà pourquoi, le 16 juillet 1964, lorsque les travailleurs de France accompagnaient Maurice Thorez à sa dernière demeure, leur douleur était partagée par les travailleurs d'Algérie, du Vietnam, du Maroc et des autres pays pour la libération desquels il avait lutté avec abnégation. »

 

Poursuivi par les gouvernements réactionnaires de son temps, recherché par la police pour son action contre la guerre du Maroc, Maurice Thorez connaît durant deux années la vie difficile du militant illégal. Il n'en continue pas moins, à son poste, à travailler au renforcement du Parti.

 

Arrêté en juin 1929 à la suite d'une trahison, jeté en prison, Maurice Thorez y donne l'exemple à la fois de la fermeté, de l'intrépidité et de l'étude, du soin de la culture intellectuelle. Il organise des cours pour les jeunes travailleurs qui partagent son sort ; il met à profit les loisirs forcés que lui donne la détention pour approfondir ses connaissances, élargir son horizon.

 

A la tête du Parti communiste

 

Rendu à la liberté, Maurice Thorez se voit confier par le Comité central, en juillet 1930, les fonctions de secrétaire-général. A cette date, le Parti se trouve en bien mauvaise posture par suite de la politique sectaire du groupe Barbé-Célor, des excitations de Doriot aux luttes fratricides entre ouvriers socialistes et communistes, de la négation complète du centralisme démocratique dans la vie intérieure du Parti. « Pas de mannequins dans le Parti ! Que les bouches s'ouvrent ! » C'est par cet appel fameux que débute la bataille de Maurice Thorez contre le groupe sectaire hostile à la défense des revendications immédiates et à la lutte pour l'unité d'action. Le groupe est bientôt démasqué et écarté.

 

Dès lors, la route est libre pour le redressement du Parti, pour le combat sans répit en vue de liquider la scission, de rassembler tous les travailleurs sur un même front, de faire triompher le mot d'ordre que Maurice Thorez lance le 2 décembre 1932, salle Bullier, à Paris : « Une classe ouvrière unie contre la bourgeoisie, un seul syndicat, un seul parti du prolétariat ! » Donner au peuple un parti bien à lui qui soit un parti puissant, soudé aux larges masses et capable de réaliser, grâce à une audacieuse politique unitaire associée à une stricte fidélité aux principes, la démocratie et le socialisme en faisant la France libre, forte et heureuse, tel est l'objectif qui a dominé toute l'action de Maurice Thorez comme secrétaire général puis comme président de notre Parti.

 

Décrivant l'orientation de Maurice Thorez en 1925 comme président du Comité central d'action contre la guerre du Maroc, un historien bourgeois, Jacques Fauvet, écrit : « Il se voue aux propositions d'unité, car il apparaît tel qu'il sera toujours, inlassablement, le partisan du front unique ». La passion de l'unité, en vue du triomphe de la cause ouvrière, ce fut bien, en effet, la ligne directrice de Maurice Thorez.

 

On rappellera dans la suite de cet exposé le rôle déterminant qu'il a joué dans l'élaboration et la réalisation du front unique de la classe ouvrière de 1932 à la signature du pacte d'unité d'action avec la SFIO en 1934, la part qui lui revint dans l'établissement du Front populaire, dans la mobilisation des grandes masses contre le fascisme et la guerre, contre la domination des 200 familles. Le VII ème Congrès de l'Internationale communiste, en 1935, devait proposer en exemple à tous les partis affiliés l'expérience française du Front populaire, grâce auquel, dans notre pays, le fascisme n'a pas pu s'implanter, sinon sur la protection directe des baionettes de Hitler.

 

Dans les années d'avant-guerre, Maurice Thorez, secondé par Jacques Duclos, par Benoît Frachon et ses autres fidèles compagnons, livre une bataille acharnée pour l'application du programme du Front populaire, contre la politique réactionnaire des cercles dirigeants, pour l'organisation pratique de l'aide internationale à l'Espagne républicaine. Sous sa direction, le Parti communiste français condamne hautement la trahison de Munich. Sous sa direction, le Parti communiste relève le drapeau national abandonné par la bourgeoisie régnante et il l'associe dans toutes ses manifestations au drapeau rouge des espérances ouvrières.

 

Maurice Thorez est alors l'éloquent interprète du patriotisme populaire et de l'amour de la liberté. L'histoire n'oubliera pas la passion frémissante de tant de textes pathétiques comme celui du 17 avril 1936 :

 

« Les dirigeants des ligues factieuses méconnaissent et heurtent le sentiment de notre peuple épris de liberté et fier de son indépendance. Ce n'est ni à Rome, ni à Berlin, ni dans aucune autre capitale étrangère, et pas même à Moscou, pour laquelle nous ne dissimulons pas, nous communistes, notre profond attachement, que se déterminera le destin de notre peuple : c'est à Paris ».

 

« Le peuple de France répugne à l'esclavage et à la servitude, à la discipline du troupeau soumis à la dictature d'un seul qui parle au nom des maîtres capitalistes. Car le fascisme, c'est l'avilissement, l'anéantissement de l'individu ; c'est l'impossibilité pour le savoir et le talent de donner leur mesure dans le plein épanouissement de la liberté assurée à chacun et à tous : c'est le refoulement de tout esprit d'initiative et de progrès ».

 

Quand vient en 1939 le cent-cinquantième anniversaire de la Révolution française, la voix de Maurice Thorez s'élève pour proclamer que la France populaire est fière de son passé révolutionnaire, depuis Robespierre et Saint-Just jusqu'à Lafargue et Jaurès. Cette France, dit-il, est toujours animée de l'esprit des Jacobins et des Communards, de Voltaire et de Diderot, de Hugo et de Zola, d'Anatole France et de Romain Rolland. Le Parti communiste est en charge de cet héritage glorieux et il le défendra contre tous ses ennemis.

 

De la trahison de Munich découle la deuxième guerre mondiale. Bien que la direction du Parti communiste français ait proclamé la volonté des communistes de prendre une part active à la défense du pays contre l'agression fasciste, la répression s'abat sur le Parti. Maurice Thorez prend sa place de responsabilité et d'honneur à la tête du Parti traqué par les criminels qui font la guerre au peuple, mais ne la font pas à Hitler.

 

Notre Parti reste, à l'heure de la débâcle, la seule force nationale organisée qui appelle à la lutte contre l'envahisseur et ses complices. Le 10 juillet 1940, le jour même où, à Vichy, Laval obtient l'étranglement de la République d'un Parlement servile, d'où tous les communistes avaient été exclus, Maurice Thorez et Jacques Duclos signent le mémorable appel, qui convie le peuple au combat pour la liberté, l'indépendance et la renaissance de la France. Aucune manipulation des anti-communistes n'a pu réussir ni ne réussira à escamoter de l'histoire ce document glorieux.

 

Pendant quatre ans, la nation allait se battre pour sa libération, communistes en tête. Malgré les dizaines de milliers de camarades tombés dans la bataille, parmi lesquels Louis Thorez, un des frères du secrétaire général du Parti, l'organisation communiste sort de la cruelle épreuve plus forte et mieux trempée.

 

En 1946, cinq millions et demi de Françaises et de Français votent pour le Parti communiste. Cinq communistes entrent au gouvernement, dont Maurice Thorez. Leur œuvre, ce sont les nationalisations, la sécurité sociale, le statut de la fonction publique, c'est aussi l'organisation du grandiose effort de production que la classe ouvrière accomplit pour assurer la renaissance du pays. Au jugement de l'adversaire lui-même, Maurice Thorez, bientôt vice-président du Conseil, déploie les plus rares qualités de l'homme d'Etat.

 

C'est alors aussi que, dans sa célèbre interview auTimes, il met l'accent sur la spécificité des voies françaises du passage au socialisme, sur la possibilité d'une voie pacifique qui résulte du nouveau rapport de forces découlant de la deuxième guerre mondiale.

 

En mai 1947, la réaction, obéissant à Washington et agissant par l'intermédiaire des dirigeants socialistes de droite, écarte les communistes du gouvernement. Mais elle échoue complètement dans sa tentative de saper l'influence de notre Parti dans les masses.

 

Alors commence la période de la guerre froide, la période des grandes campagnes antisoviétiques de la réaction chez nous et dans tous les pays capitalistes. Maurice Thorez rappelle inlassablement que l'amitié de l'Union soviétique a été et reste la meilleure garantie de l'indépendance de la France. On sait quelle importance devait revêtir son affirmation solennelle du 30 septembre 1948 : « Le peuple de France ne fera pas, il ne fera jamais la guerre à l'Union soviétique ».

 

Maurice Thorez montre en même temps qu'une fois encore, devant l'abdication de la bourgeoisie française qui laisse le champ libre à la pénétration du « mode de vie américain » et des idées réactionnaires de l'Amérique, les communistes sont « les gardiens de l'héritage moral et intellectuel de la France ». C'est là un de ses thèmes principaux dans le rapport au XII ème Congrès du Parti (avril 1950), et dans tous les documents de la même période.

 

Le mois même où se tenait le XII ème Congrès, le président Truman annonçait que les Etats-unis commençaient la « campagne de vérité contre le communisme » ; peu après le professeur de l'université de Yale chargé de la théorie de la propagande impérialiste, Harold Lasswell, déclarait dans son livre : Political and psychological warfare, qu'après l'armée de terre, l'armée de l'air et la flotte, la propagande représentait désormais la quatrième arme de la politique américaine : il n'était plus question de « vérité » ! Une immense machine de guerre psychologique se mettait à fonctionner. C'est Maurice Thorez qui relevait le défi, au nom du droit de la France à une pensée libre, à une tradition culturelle autonome, à une politique indépendante. Il marquait fortement qu'un pays avec une vieille histoire et une culture originale comme les nôtres n'était pas disposé à se laisser coloniser.

 

Parallèlement, le Parti communiste accomplit, tout au long de ces années, un énorme travail afin de défendre les revendications immédiates des masses laborieuses, de les mobiliser contre la domination des monopoles, contre les guerres coloniales, pour la paix, la démocratie et le socialisme.

 

Maurice Thorez organise le combat pour toute parcelle des libertés démocratiques, contre l'omnipotence des monopoles dans l'économie et dans la société. Profondément léniniste, il est convaincu que la lutte pour la démocratie est partie intégrante de la lutte pour le socialisme. La lutte pour la démocratie est mise par lui au premier plan dans les années où s'annonce l'instauration du pouvoir personnel gaulliste, dont il sera l'adversaire résolu.

 

Au XV ème Congrès du Parti, en 1959, il souligne que, de notre temps, il n'y a plus un long intervalle historique entre les transformations démocratiques et les transformations socialistes, et il en donne la raison : la direction manifeste, incontestable de tout le mouvement progressiste de la société par la classe ouvrière, représentante de l'idée socialiste, rapproche et soude entre elles les deux étapes.

 

Pendant toute cette période du pouvoir gaulliste, le secrétaire général du Parti rappelle inlassablement cette idée de Lénine que le capitalisme de monopole transforme la démocratie en une illusion, mais en même temps engendre les tendances démocratiques dans les masses ; d'où l'antagonisme croissant entre l'impérialisme qui nie la démocratie et les masses qui y aspirent.

 

La condition fondamentale du succès dans la lutte pour la démocratie et pour le socialisme est aux yeux de Maurice Thorez la large alliance antimonopoliste de la classe ouvrière avec les couches moyennes de la ville et du village, l'unité d'action des communistes et des socialistes. Il avance et justifie la thèse théorique de grande importance d'après laquelle la coopération des communistes avec les socialistes et d'autres formations démocratiques est nécessaire non seulement pour conquérir une démocratie qui mérite son nom, mais pour construire le socialisme.

 

En mai 1964, le XVII ème Congrès de notre Parti mettait l'accent sur la lutte pour l'unité de toutes les forces démocratiques sur la base d'un programme constructif. Maurice Thorez était élu président du Parti, dont le camarade Waldeck Rochet devenait secrétaire-général.

 

Maurice Thorez prononça au congrès un discours capital. Il souligna notamment que l'unité d'action des travailleurs s'obtient grâce à la lutte pour les revendications immédiates, pour les transformations démocratiques, pour la paix entre les peuples. Il appela les communistes à se battre avec fermeté contre le sectarisme stérile et l'étroitesse, d'une part, contre l'opportunisme de droite et le révisionnisme, d'autre part. Ce discours devait être le testament politique de Maurice Thorez.

 

Un dirigeant éminent

 

C'est grâce aux orientations définies dans une large mesure par Maurice Thorez que le Parti communiste français est devenu ce qu'il est aujourd'hui, le premier parti de la démocratie française, la grande force de la nation, un inépuisable réservoir d'énergie. Rien ne saurait désormais l'abattre. Les épreuves qu'il a traversées depuis un demi-siècle – calomnies et trahisons, persécution et illégalité – n'ont fait que le rendre plus fort, même quand elles creusaient des vides cruels dans ses rangs. Il plonge ses racines dans l'histoire de France et il exprime, dans ce pays dont il est le produit authentique, la poussée internationale des forces de progrès : le Parti communiste français s'est formé, comme Maurice Thorez l'a dit lors du quarantième anniversaire du Congrès de Tours, sous la double influence des idées nouvelles léninistes, mises dans tout leur éclat par la Révolution d'Octobre, et de l'essor de la lutte de masses en France même, qui faisait revivre les meilleures traditions de notre classe ouvrière et de notre peuple. Le Parti s'est créé par un retour aux meilleures sources nationales, et non pas, comme le disent les bourgeois, par une greffe artificielle du bolchévisme sur le vieux socialisme français.

 

La personnalité de Maurice Thorez a certes compté pour beaucoup dans l'histoire du Parti et de pays. Mais – contrairement aux conceptions bourgeoises de l' « homme providentiel » selon lesquelles l'homme est grand par ce qui le distingue et l'isole du peuple – l'individu n'agit sur l'histoire que si sa vie fait corps avec les forces sociales progressistes.

 

Le théoricien marxiste Georgi Plekhanov écrit dans son ouvrage sur « le rôle de l'individu dans l'histoire » :

 

« Un grand homme est grand non parce que ses qualités personnelles donnent aux grands événements historiques leur physionomie propre, mais parce qu'il est doué de qualités qui le rendent plus capable que tous les autres de répondre aux grands besoins sociaux de son temps (…) Carlyle, dans son célèbre ouvrage sur les héros, appelle les grands hommes des initiateurs. Le mot est des plus heureux. Oui, le grand homme est un initiateur, parce qu'il voit plus loin et veut plus fortement que les autres. Il résout les problèmes scientifiques que pose à l'ordre du jour la marche antérieure du développement intellectuel de la société ; il signale les nouveaux besoins sociaux créés par le développement antérieur des rapports sociaux et, le premier, il entreprend de les satisfaire. Il est un héros. Non en ce sens qu'il pourrait arrêter ou modifier le cours naturel des choses, mais parce que son action est l'expression consciente et libre de ce cours des choses nécessaire et inconscient. Toute son importance est là, et aussi toute sa force ».

 

Tel a été Maurice Thorez : un initiateur, qui a travaillé à rendre l'idée communiste familière à tous, qui a exprimé de la manière la plus lucide les aspirations des forces montantes et s'est identifié à elles. Il a été un dirigeant éminent, non pas en ce sens qu'il aurait pu changer le cours des choses et former le Parti communiste à partir de rien, mais en ce sens que son activité, ses dons naturels, son dévouement ont fait de lui le militant le plus en vue du parti qui répondait dans la France du XX ème siècle aux besoins du développement social, qui traduisait en action politique les exigences historiques.

 

Dans sa lettre au journal Le populaire sur l'anniversaire de la mort de Jaurès en 1916, Romain Rolland écrivait : « Le seul fait que je veux retenir aujourd'hui, c'est de quelle importance demeure dans le monde moderne une personnalité (…) Bien loin d'annihiler le rôle de l'individu, le socialisme doit en centupler la force ; car il lui faut des hommes qui concentrent en eux toutes les énergies dispersées des peuples et qui les projettent sur leur route en un puissant faisceau de lumière consciente ».

 

Ce que Romain Rolland attribuait aux individualités brillantes, ce rôle d'accumulateur des énergies populaires et de phare éclairant la voie des peuples, nous savons que c'est en réalité la mission historique du parti marxiste-léniniste de la classe ouvrière. Mais la fonction des dirigeants de ce parti n'en reste pas moins capitale et décisive.

 

 

L'activité créatrice de Maurice Thorez pendant près d'un demi-siècle a été une expression et un aspect supérieurs du mouvement logique et nécessaire par lequel l'histoire formait le Parti communiste français et le faisait accéder au rôle de guide reconnu de la nation qui travaille et qui pense.

 

 

Stains (Seine-Saint-Denis) : le collège Maurice Thorez débaptisé !

Brève, vivelepcf, 6 août 2014

Le Conseil général de Seine-Saint-Denis, à présidence PS, a décidé de débaptiser le collège Maurice Thorez de Stains. Il s’appellera dorénavant le collège Barbara. Alors que l’on commémore cette année le 50ème anniversaire de la mort de Maurice Thorez.

L’exécutif départemental a intégré cette décision dans le vote d’une délibération attribuant leur dénomination aux nouveaux collèges ouverts dans le département. Pourtant dans le cas de Stains, il ne s’agit pas d’une création de collège mais du déménagement dans de nouveaux locaux du collège Maurice Thorez.

Trop beau pour s'appeler Maurice Thorez?

La volonté de se saisir de l’opportunité de la relocalisation pour effacer une référence communiste est évidente. On n’imagine pas un instant que le Département aurait débaptisé un collège Léon Blum !  Maurice Thorez a été une figure politique historique de premier plan du 20ème siècle, un grand homme d’Etat : cela n’a pas changé.

Le vice-président PS à l’éducation, le député Mathieu Hanotin, s’est bien gardé de le contester. Il a insisté sur le choix de donner des noms de femmes aux nouveaux équipements en général. Dans le cas de Stains, il a estimé que le changement de nom permettrait de corriger l’image de « collège de relégation » qui serait attachée au collège Maurice Thorez (mais pas au nom de Maurice Thorez ! Demain ce sera pareil avec Barbara !).

Hanotin a pris soin de rappeler que les dénominations étaient proposées après concertation avec la communauté éducative et les municipalités.

Or Stains reste une municipalité à direction communiste. Quelle a été sa position ?

Au Conseil général, une seule voix s’est exprimée contre le changement de nom, celle de l’adjoint au maire d’Aubervilliers, Jean-Jacques Karman.

Le nouveau maire PCF de Stains, Azzedine Taibi siège aussi Conseil général. Dans son intervention le 26 juin, il n’a pas remis en cause la suppression du nom de Maurice Thorez. Il a seulement regretté que le nom de Fatima Bedar, adolescente algérienne résidant à Stains, assassinée par la police lors de la manifestation du 17 octobre 1961 pour l’indépendance de l’Algérie, n’ait pas pu être retenu. Il s’est félicité qu’il le soit pour le nouveau gymnase attenant (nous aussi).

Mais si les communistes, les élus communistes, ne défendent pas la mémoire de Maurice Thorez, qui le fera ? C’est pourtant, dans l’aspect « mémoriel » de la bataille idéologique, un combat tout à fait d’actualité.

A propos, Marie-George Buffet est députée de la circonscription englobant Stains.

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17 août 2014 7 17 /08 /août /2014 09:42

                                                             L'Education à Cuba

 

 

CUBA SI 3 0911974.JPG
                                                photos:septembre 2011
 

                                                

 

 

Le 22 décembre 1961, jour où Cuba a été déclarée libre d’analphabétisme, une nouvelle page de l’histoire de l’éducation dans l’île a été tournée. 707 000 Cubains avaient été alphabétisés, ce qui réduisait le taux d’analphabétisme à 3,9 % et plaçait le pays parmi les nations affichant les taux d’analphabétisme les plus bas au monde.

Les paroles de Fidel résumèrent cet effort : « Aucun moment n’a été plus solennel et émouvant que celui-ci, aucun instant ne nous a procuré autant de fierté légitime et de gloire que celui-ci où a été mis fin à quatre siècles et demi d’ignorance. Nous avons remporté une grande bataille – c’est ainsi qu’il faut l’appeler : « bataille » – parce que la victoire contre l’analphabétisme dans notre pays a été obtenue au moyen d’une grande bataille, menée selon les règles des grandes batailles. »

Seulement 0,2 % de la population cubaine, qui compte 11 241 991 individus, est analphabète, et ce pourcentage représente quasi exclusivement des personnes d’un âge avancé qui n’ont pas pu bénéficier du système d’enseignement dont notre pays dispose aujourd’hui.

Cuba occupe la première place - qui lui a été reconnue par des institutions prestigieuses - en ce qui concerne le niveau de connaissances en mathématiques et en langue des élèves du primaire. 100 % des élèves en âge de le faire vont à l’école et tous atteignent la sixième. 99 % vont jusqu’en troisième et peuvent poursuivre en deuxième cycle du secondaire. Les enfants cubains bénéficient aujourd’hui du meilleur indice de maîtres/classe du primaire : un pour 20, ou 2 au-delà de 20.

Pour l’année scolaire 2008/2009, le nombre d’élèves inscrits dans les établissements d’enseignement de tout le pays – des maternelles aux universités – s’élève à 3 083 700, soit une diminution de 25 800 élèves par rapport à l’année précédente.   

Le nombre d’élèves de maternelle est d’environ 129 800. Depuis 1992, le programme « Eduque ton enfant », une réponse alternative aux besoins croissants du pays en matière d’enseignement préscolaire, est appliquée à l’échelle nationale. Il s’agit d’une modalité d’enseignement non scolaire et qui s’appuie sur la participation des familles et des communautés. Plus de 487 700 enfants suivent actuellement cette voie d’enseignement non formel.    

Le nombre d’élèves de maternelle et du primaire a diminué par rapport à l’année précédente (mois 3 000 et 1 700 élèves, respectivement). Ce chiffre, qui a commencé à diminuer à partir de l’année scolaire 1996/1997, reflète l’évolution démographique de la population cubaine.

Le nombre d’élèves du premier cycle du secondaire a diminué de près de 51 6000 élèves. Le nombre d’élèves du second cycle du secondaire s’élève à 205 100 et celui des instituts de formation des maîtres à 4 000.

À ce niveau d’enseignement, on compte aussi 13 000 instructeurs artistiques qui, une fois diplômés, seront affectés aux établissements d’enseignement et aux communautés pour élever la capacité d’appréciation et de pratique des arts des jeunes.    
 Dans le cadre des programmes de la Révolution, on trouve également les écoles de travailleurs sociaux. Elles comptent plus de mille élèves et ont pour objectif de les former pour qu’ils travaillent directement au sein de la communauté où ils offrent une assistance sociale personnalisée et assurent le lien entre l’Etat et la famille. Au terme de leurs études, ces élèves ont un emploi garanti en tant que travailleurs sociaux et peuvent suivre différentes études universitaires en lettres.

La généralisation et le perfectionnement de l’enseignement pour adultes ont favorisé l’élévation massive du niveau éducatif de la population et, en même temps, ont permis de répondre aux besoins de la société en matière de force de travail. Cet enseignement accueille les jeunes qui souhaitent intégrer l’enseignement normal pour obtenir leur baccalauréat, ainsi que ceux qui ont décroché du système.   

50,5 % des élèves de l’enseignement pour adultes sont des femmes. Les cours où celles-ci sont le plus présentes sont ceux de perfectionnement intégral pour jeunes et de langues, où elles représentent respectivement 57,7 % et 59 % du total des élèves.  

Un des axes de travail stratégiques du système national d’enseignement a été de prioriser l’enseignement spécial, qui garanti la formation de la population handicapée en vue de son intégration dans la société. L’enseignement spécial concerne plus de 42 000 élèves, dont 58,8 % suivent un régime de semi internat et 29,5 % d’internat. 

Pour l’année universitaire 2008/2009, le nombre d’étudiants s’élève à environ 33 710 900, soit une diminution significative d’environ 33 000 étudiants par rapport aux années précédentes - et ce malgré l’extension de l’universalisation à toutes les communes du pays. 

La plus grande partie des élèves est rattachée au ministère de l’Enseignement supérieur (57,5 %), lequel est suivi par le ministère de la Santé publique (26,5 %) et le ministère de l’Education (16 %). 47 des 98 enseignements assurés dans les universités du pays, le sont aussi dans les filières universitaires. 

À ce niveau d’enseignement supérieur, l’enseignement par correspondance accueille environ 89 337 élèves dans le cadre de programmes qui assurent la continuité des études supérieures. 143 700 étudiants suivent des cours de jour (soit 20,2 % des étudiants inscrits aux cours réguliers) et 20,8 % de ceux-ci sont internes.    

En 1999, dans le cadre du programme intégral de la santé, l’Ecole latino-américaine de médecine a été créée afin de former les futurs médecins destinés à remplacer les membres actuels des équipes médicales qui prêtent service dans une vingtaine de pays du tiers-monde. Pour l’année universitaire 2008/2009, elle compte 2 747 étudiants provenant de plus de 25 pays d’Amérique latine et des Antilles, ainsi que des Etats-Unis.

L’Ecole internationale de Culture physique et de sports a été créée afin de disposer d’une université de référence mondiale en matière de formation de professionnels de l’éducation physique et du sport, dont la valeur essentielle soit la solidarité et qui forme les étudiants pour que ceux-ci transmettent cet enseignement dans d’autres pays. Pour l’année universitaire 2008/2009, elle compte 990 étudiants provenant d’Afrique, d’Asie, d’Amérique latine et des Antilles.
 
En septembre 2002, l’Université d’Informatique, née dans l’effervescence de la Batailles d’idées, est inaugurée et accueille 2 008 étudiants. Pour l’année universitaire 2008/2009, elle compte 10 818 étudiants. Depuis avril 2007, elle compte trois facultés régionales situées dans les provinces de La Havane (Occidente), Ciego de Ávila (Centro) et Granma (Oriente). L’UCI est née pour socialiser et répandre comme jamais auparavant les études d’informatique à Cuba.

Le nom de Cuba passera à l’histoire pour ce qu’elle a fait et fera dans les domaines de l’éducation, de la culture et de la santé pour l’humanité à l’époque la plus difficile que celle-ci ait eu à vivre.

                          

                                  source:cuba diplomatique

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17 août 2014 7 17 /08 /août /2014 09:18

 

CERVEAU

 

Appui aux nazis ukrainiens, agressions anti-cubaines et autres en Amérique Latine, justification du massacre de GAZA... et soutien au "calife"(sic) de l'Iraq asservi, au dictateur égyptien Al Sissi , aux très démocratiques Qatar et Arabie Saoudite....

  ....à part ça, la défense de la liberté et de la démocratie....

                                        

          LES MANOEUVRES DES ETATS-UNIS D'AMERIQUE

 

 

                                                                 mc-cain-calife.jpg

 

 

Source de la photo : https://histoireetsociete.wordpress.com/2014/08/14/les-mauvaises-frequentations-du-senateur-mc-cain/

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17 août 2014 7 17 /08 /août /2014 09:10

 

                                                               MARE NOSTRUM-copie-1

 

 

 

L’Algérie livrerait du gaz à Israël via l'Egypte

À première vue, l’information a de quoi surprendre. Mais elle émane du très sérieux Observatoire italien, « La lettre confidentielle de l’Adriatique et de la Baltique ». Autant dire une source sûre,

source:oumma.com
 
 

À première vue, l’information a de quoi surprendre. Mais elle émane du très sérieux Observatoire italien, « La lettre confidentielle de l’Adriatique et de la Baltique ». Autant dire une source sûre, car ce genre de publication économique -dont l’abonnement ou le prix à l’article est conséquent- est avant tout destiné aux experts et aux investisseurs. Les informations qui y sont publiées relèvent en effet de « l’intelligence économique » et, à ce titre, sont passées au crible de la vérification avant d’être diffusées.De quoi s’agit-il donc ? D’après un article publié le 31 juillet dernier par l’Observatoire italien, l’Algérie commencerait à livrer du gaz à Israël à compter du 1er août. Bien sûr, pas directement, mais via l’Égypte dont les gazoducs d’Al-Arish, dans le nord-Sinaï, alimentent Israël. Le contrat prévoit l’importation par l’Égypte d’environ 500 millions de m3 de gaz algérien par jour, grâce à un financement des Émirats Arabes Unis.

Après la visite éclair du maréchal Al-Sissi à Alger, le 25 juin dernier, des fuites concernant ce contrat gazier à des prix préférentiels -la moitié du prix du marché- avaient commencé à circuler. Auparavant, début mai, une source haut placée au ministère égyptien de l’Énergie avait indiqué que l’Algérie avait accepté d’envoyer en urgence six livraisons de gaz naturel liquéfié (GNL) à l’Égypte et qu’un accord entre l’Egyptian Natural Gas Holding Company serait signé avec le groupe public algérien Sonatrach. L’Égypte, dont les relations avec le Qatar sont au plus bas, doit importer 400 millions de mètres cubes de gaz naturel par jour pour faire fonctionner ses centrales électriques durant la délicate période estivale. Le surplus de gaz algérien serait donc livré à Israël, selon différentes sources rapportées par le journal égyptien Al-Osbou’ et le quotidien algérien Al-Chorouk.

Mais pour comprendre la nature réelle de ce contrat, il est nécessaire de se plonger dans les réseaux de corruption qui ont la mainmise sur les contrats gaziers entre l’Égypte et Israël. La convention de livraison de gaz à Israël par l’Égypte remonte à 2005, et avait été suspendue par le président Mohamed Morsi, peu après son élection, dans le cadre d’un programme de lutte contre la corruption.

Ce contrat, unique en son genre, portait sur la livraison de 1,7 milliards de m3 de gaz naturel pendant 20 ans. Et à un prix défiant toute concurrence ! À savoir entre 70 cents et 1,5 dollar par million de BTU (l’unité anglaise de mesure de la quantité de l’élévation de la température de un degré Fahrenheit à pression atmosphérique constante) ; et pour un prix de revient pour la compagnie israélienne de 2,5 dollars exemptés d’impôts de la part de l’Égypte. C’est le contrat de corruption le plus important d’Égypte, le prix le plus bas du marché tournant autour de 8 à 10 dollars le million de BTU ! Avec un manque à gagner pour l’Égypte estimé entre 500 million et 1,8 milliards de dollars, selon des experts internationationaux.

  

Il existait d’ailleurs un précédent à ce type de contrat. En 2000, la société israélienne Egyptian Mediterranean Gas (EMG) avait été créée spécialement, par Hussein Salem et Yossi Maiman, le magnat israélien de l’énergie. Tous deux sont des ex-agents secrets de leurs pays respectifs ! Ce contrat, d’une durée de 25 ans, avait été signé sous la supervision de Sameh Fahmy, ministre égyptien du Pétrole entre 1999 et 2011. Arrêté pour son rôle dans l’affaire peu de temps après le soulèvement de janvier 2011, l’ex-ministre a été condamné à 15 ans de prison en juin 2012 tandis que son comparse égyptien, Hussein Salem, l’a été à la même peine mais par contumace, et n’a jamais été extradé. Ils ont été laissés en liberté et leur procès est actuellement en révision.

Après le coup d’État du maréchal Al-Sissi, en juillet 2013, et son élection à la présidence de la République un an après, il semblerait donc que les autorités égyptiennes aient décidé de reprendre les livraisons de gaz naturel en direction d’Israël. Mais elles se sont retrouvées confrontée à un problème de taille : l’insuffisance de la production de gaz égyptien, doublée de l’arrêt des livraisons du Qatar pour cause de cessation de paiement, a plongé l’Égypte dans la pénurie énergétique. Résultat : de graves difficultés à approvisionner son marché interne. Depuis 2011, les Égyptiens sont en effet quotidiennement plongés dans le noir. Et cette année, les entreprises de production se voient même dans l’obligation de stopper une fois par jour leurs machines durant cinq heures. C’est dire l’urgence !

Autre difficulté de taille : des plaintes ont été déposées contre l’Égypte devant la Banque Mondiale et des tribunaux internationaux pour rupture de contrat. EMG réclame 8 milliards de dollars et le géant espagnol de l’énergie, Union Fenosa demande 6 milliards de dollars. Par-dessus le marché, l’Égypte s’est déjà endettée à hauteur de 6 milliards pour le gaz qu’elle a acheté à des compagnies pour son usage intérieur. Au total, la dette et les engagements de l’Égypte pourraient se monter à 20 milliards de dollars. Ce qui pourrait potentiellement entraîner la banqueroute de l’Égypte, selon l’analyste des énergies Mika Minio-Paluello.

Bref, une sérieuse épée de Damoclès qui explique pourquoi l’Égypte cherche aujourd’hui à se tirer de ce « mauvais pas » en tentant de poursuivre ses livraisons. Précisons qu’à l’époque de sa signature, ce contrat avait été supervisé par les USA qui le considèrent comme une garantie de l’arrimage de l’Égypte à Israël. Interviewé par Al-Jazeera, Edward Walker, l’ex-ambassadeur US en Égypte, expliquait : « C’est le genre d’accord qui aidait à cimenter le traité [de paix] israélo-égyptien et c’est pourquoi nous avons toujours été très positifs à son sujet sans entrer dans le côté corruption de la chose ». Et d’ajouter, concernant justement l’aspect corruption du contrat : « Cela se ramène toujours à ceci : est-ce que ça suffit au bénéficiaire pour arroser tout le monde ? Et je pense que la réponse est oui, et c’est pour cela que tout a commencé et qu’on a pu surmonter les problèmes politiques ».

En clair, cela signifie que ce sont les réseaux de corruption présents au sein des États - appelés « l’État profond »- qui déterminent l’orientation politique et économique de ces derniers. En l’occurrence, la nature de leurs relations avec Israël. Il ne faut donc pas s’étonner du manque de fermeté de la plupart des pays arabes concernant l’agression israélienne de Gaza !

Dès lors, même si l’Algérie officielle se défend de livrer du gaz à Israël, il n’est pas exclu que des « hommes de l’ombre » activent pour une normalisation des relations économiques entre les deux pays, à défaut d’une normalisation diplomatique au grand jour. Avec, évidemment, la bénédiction du nouvel allié régional, à savoir les USA !

  

Fraternellement réunis à la 166ème session du Comité militaire de l'OTAN à Bruxelles, des généraux algériens, égyptiens et israéliens côte à côte (janvier 2012)

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17 août 2014 7 17 /08 /août /2014 08:59

                                                                   CERVEAU

 

 

Faire taire la haine « djihadiste »

Le « djihadisme » est une pathologie dont nous connaissons toutes les phases de sa monstrueuse diffusion : embrigadement des plus jeunes sur internet, constitution de troupes de mercenaires sur le terrain, mépris de l’être

 
 

Le « djihadisme » est une pathologie dont nous connaissons toutes les phases de sa monstrueuse diffusion : embrigadement des plus jeunes sur internet, constitution de troupes de mercenaires sur le terrain, mépris de l’être humain faisant litière de la tolérance religieuse. Au lendemain de la prise de pouvoir du « calife » autoproclamé Ibrahim de l'Etat islamique exhortant les musulmans du monde à lui obéir, après les arrestations en chaîne de très jeunes candidats au « djihad » et notamment celle de Mehdi Nemmouche, auteur présumé de l'assaut criminel et antisémite du 24 mai dernier, la déferlante d’idées-reçues qui sévit en ce moment dans l’espace médiatique appelle impérieusement la mesure de certains enjeux.

Dépasser le bruit médiatique

La confusion du sens des mots qui renvoient à l’islam et aux musulmans dans les médias semble en effet prévaloir ces dernières semaines, comme après chaque fait-divers dramatique impliquant un fou se réclamant de l’islam. Ceci est de nature à brouiller - plus qu’il ne l’éclaire - le débat sur l’islam en France car nous serions portés à penser le « djihadisme » comme objet de critique, en constatant qu’au fil du discours médiatique, le propos de certains « observateurs » n’est pas de stigmatiser le « djihadisme » mais de mettre en accusation l’islam en tant que tel… toujours avec le même soin de ne pas définir les termes. Il en résulte un paysage de formes (islamisme, intégrisme, fondamentalisme, radicalisme, etc.) aux contours pointillistes, qui sont en fin de compte des non-concepts, contrairement à ce qu’on veut en faire accroire aux téléspectateurs, auditeurs et internautes.

Faire entendre sa désapprobation

Au milieu de ce bruit médiatique, je saisis ici l’occasion de faire entendre ma voix en tant que citoyen de mon pays et du monde, ainsi qu’en tant que musulman ayant fait l’effort d’acquérir une culture religieuse modeste mais suffisamment poussée pour me permettre d’analyser les choses à l’aune véritable de ma religion. Je voudrais faire entendre ma désapprobation totale et ferme des attentats sur les personnes et les biens ainsi que la violence des discours des prédicateurs appelant à de tels comportements qui n’a aucun fondement dans l’esprit ou la loi de l’islam. Or, en lisant un article du Figaro daté du 22 avril intitulé "le double langage des musulmans de France sur le djihad en Syrie", il me revient clairement à l'esprit cette méconnaissance de l’islam dont témoigne l’opinion du fait notamment de l’inaudibilité dont fait l’objet la masse musulmane française. Il serait pourtant vital et urgent que les musulmans de France fassent clairement entendre leur voix en condamnant avec force et arguments les discours de certains prédicateurs qui versent sans vergogne dans la démagogie, la haine et la folie en ce moment sur les ondes bourdonnant des tweets d’internet.

Déconstruire les discours de haine

Au premier rang de ces prêcheurs se place Ilias Azaouaj, de par le mélange hautement vénéneux d’ignorance, d’incompétence et d’irresponsabilité qui forme la matière de ses discours. Le seul talent de ce personnage, s’il en est un, c'est effectivement d'enrober ses opinions les plus immorales et exogènes à l’islam d’un habillage fallacieux de pseudo-traditionnisme, ce dont l’efficacité ne peut être opérée qu’à la mesure de l’ignorance de son auditoire. Quand j'entends gloser certains autres tribuns autoproclamés, tels que Mohammed Achamlane ou Jean-Louis Denis sur ce qu’ils osent appeler le « djihad », je ne sais de quoi être le plus étonné entre le contenu de leurs propos et l’absence totale de références à la tradition islamique dans ce qu’ils disent. La facilité frauduleuse avec laquelle sont tissés ces discours me conforte dans la nécessité d’en dénoncer la fausseté et la folie. Par ailleurs, une comparaison terrifiante m’est venue à l’esprit.

Conjurer le péril « djihadiste »

Cette volonté d’endoctrinement au pseudo « djihad » n’est elle pas de nature a nous rappeler les années brunes d’avant la Seconde Guerre mondiale ? La comparaison n’est pas impropre si l’on considère les paramètres en présence. D’un côté, une population en nombre important de personnes n’ayant reçu de la vie que frustration, mépris et marginalisation de la vie sociale et économique… d’un autre côté, des tribuns charismatiques dont le message martèle sous toutes ses possibilités ce que la rancœur et la haine peuvent suggérer à ces populations. La formule réduite à ses moindres termes en serait que « dans l’impossibilité pour toi de vivre et d’être heureux, tu peux encore atténuer ta douleur en l’affligeant aux autres ». N’est-ce pas là le même dictionnaire de négation et de destruction qui a séduit certains dans les années où les vents de la guerre se déchaînaient ? En 1945, quand enfin est arrivée l’armistice de Berlin et de Tokyo, le bilan de ces folies n’avait t-il pas coûté la vie et l’honneur à des millions de gens ? N’avait t-il pas réduit des villes et des pays en cendres ?

Je me réjouis néanmoins de ce que la réputation de ces fourriers de la haine soit dès aujourd’hui en sérieuse perte de vitesse, malgré le déploiement de toutes les manipulations, contre-vérités et falsifications des références musulmanes que ces gens ont jeté sur la blogosphère et dans les médias. Cependant, beaucoup de jeunes désœuvrés (et surtout non formés tant en religion qu’en géopolitique) accordent encore malgré tout une crédibilité prétendument religieuse à ces discours. Témoin, cette jeune lycéenne française de 16 ans appréhendée récemment en Allemagne avant qu'elle n'embarque pour la Syrie.

Je ne sais si ces lignes seront lues ou transmises aux familles endeuillées par l’attentat de Bruxelles, mais je voudrais du plus profond de mon âme qu’elles sachent ce que sont ma peine et ma honte devant l’abjection de cet acte. Ma religion, comme toutes celles qui méritent ce nom, condamnent sans appel l’injustice et le meurtre des innocents. Nul n’est besoin ici d’arguments pesants, rappelons toutefois que par sources de hadith qudsi Dieu déclare s’être interdit à lui-même l’injustice, et l’a ainsi prohibée à ses serviteurs :

«  Ô mes serviteurs, Je Me suis interdit l’injustice à Moi-même et Je l’ai rendue interdite entre vous. Ne soyez donc pas injustes»

Que tous mes concitoyens, musulmans ou non, manifestent en toutes circonstances leur indignation ainsi que le refus de tout amalgame. Qu’ils fassent œuvre de pédagogie et de dialogue au bénéfice du vivre-ensemble.

 
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17 août 2014 7 17 /08 /août /2014 08:43

 

                                                     solidarité internationaliste  

 

 

NATIONS UNIES.- Cuba a demandé au secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, de publier en tant que documents officiels de cette organisation les révélations sur de nouvelles actions subversives menées par les États-Unis contre l’Île, ont rapporté plusieurs sources diplomatiques.

Selon le communiqué de presse de la Mission permanente cubaine auprès des Nations Unies, la demande contient une déclaration de la directrice générale de la section États-Unis du ministère des Relations extérieures, ainsi qu’un communiqué spécial de l’Alliance bolivarienne pour les peuples de Notre Amérique-Traité de commerce des peuples (ALBA-TCP).

Récemment, plusieurs médias nord-américains ont fait des révélations sur un nouveau plan financé par l’Agence des États-Unis (USAID) destiné à encourager la déstabilisation interne à Cuba.

Ce programme consistait dans l’utilisation de citoyens Latino-américains recrutés depuis 2009 pour inciter des secteurs de la jeunesse cubaine à agir contre l’ordre constitutionnel choisi par le peuple cubain.

Dans le document, qui a été remis au secrétaire général Ban Ki-moon, la diplomate et l’ALBA-TCP condamnent l’hostilité anticubaine de Washington et exigent la cessation des actions d’ingérence et subversives contre la grande Île de la Caraïbe, soumise depuis plus d’un demi-siècle au blocus économique, commercial et financier des États-Unis.

La Mission permanente de Cuba à l’ONU précise que les autorités nord-américaines ont reconnu avoir lancé ce plan de déstabilisation dans une nouvelle tentative pour créer des conditions visant à renverser l’ordre politique, économique et social choisi par le peuple cubain. (PL)

http://www.granma.cu/idiomas/frances/internationales/15agosto-34cubaonu.html

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16 août 2014 6 16 /08 /août /2014 11:36

 

                                                                         MARE NOSTRUM-copie-1

 

 

La guerre d’Israël contre les femmes de Gaza et leur corps (Muftah)
David Sheen

Attention : Cet article contient des mots et des images sexuellement explicites

Alors que la dernière attaque d’Israël sur Gaza est entrée dans sa troisième semaine, les forces destructrices déchaînées sur la Bande de Gaza ont engendré un bilan de morts massif, avec plus de 650 morts palestiniens (l’article a été écrit le 23 juillet 2014 - NDT), environ 4 200 blessés –la plupart des civils– et environ une centaine de milliers de sans-abri. Tandis que Gaza est matraqué, le niveau des appels aux incitations racistes anti-Palestiniens de personnalités israéliennes politiques, religieuses et culturelles se poursuit à un degré maximal et a pris un ton misogyne dangereux.

Promouvoir le viol de Gaza et de ses femmes

Le 21 juillet, les médias israéliens ont rapporté que Dov Lior, grand rabbin de la colonie de Kiryat Arba en Cisjordanie, a publié un décret religieux sur les règles d’engagement en temps de guerre, qu’il a envoyé au ministre de la Défense du pays. L’édit stipule que, selon la loi religieuse juive, il est permis de bombarder des civils palestinniens innocents et "d’exterminer l’ennemi."

Alors que Lior est tenu en haute estime, il est également associé à l’"aile conservatrice" du sionisme religieux. En revanche, David Stav, Grand Rabbin de la ville de Shoham, est considéré comme un chef de file du courant « libéral » du sionisme religieux. Dans un éditorial publié le même jour que la nouvelle de l’édit de Lior est sortie, Stav a caractérisé l’assaut sur Gaza de guerre sainte, qui est mandatée par la Torah elle-même et doit être sans pitié.

Tandis que ces personnalités religieuses ont appelé à des guerres d’extermination, certains Israéliens laïques ont suggéré de mener des attaques de nature plus perverse.

Le lendemain après que Lior et Stav ont fait les manchettes, des nouvelles sont apparues que le Conseil de la ville de Or Yehuda, située dans la région côtière d’Israël, a imprimé et accroché une banderole soutenant les soldats israéliens. L’affiche comprenait un langage suggérant le viol des femmes palestiniennes. Le texte de la banderole dit : « Les soldats israéliens, les résidents de Or Yehuda sont avec vous ! Frappez leur mère et revenez à la maison en toute sécurité chez votre mère ».

Cette traduction de l’hébreu « Kansu » comme « pound » [battre, frapper, cogner - ndt] (ou son synonyme « bang ») signifie littéralement battre, mais il a aussi un sens familier connotant la pénétration sexuelle. Dans l’original hébreu, le double-sens est inversé : "Kansu B" a le sens familier d’attaquer physiquement quelqu’un, mais signifie littéralement entrer, sexuellement ou autrement - cette connotation sexuelle peut être trouvée sur plusieurs blogs sur le sexe en langue hébreu.

L’expression « leur mère », « ima shelahem » en hébreu, a aussi le sens familier de "avec une grande intensité." L’idiome est précisément développé parce que, pour beaucoup de gens, témoigner sur l’agression de leur mère est plus douloureux que de recevoir un coup pour leur propre personne. Concernant la banderole de la ville, le langage de la violence sexuelle est emprunté afin d’articuler l’assujettissement impitoyable de la population palestinienne de Gaza.

L’intention du Conseil municipal d’Or Yehuda était de montrer clairement son soutien à l’armée israélienne avec ce qu’il considérait comme des jeux de mots intelligents. En choisissant l’expression grossière "Kansu ba-ima shelahem" - qui signifie « les battre avec une grande intensité » et aussi « pénétrer leur mère » - le conseil municipal encourageait à la fois la violence envers les Palestiniennes et exploitait subtilement la culture du viol, qui est très répandue en Israël.

La bannière à Or Yehuda est apparue quelques jours après qu’une image composite suggérant des abus sexuels de la bande de Gaza a été largement partagée par des Israéliens qui utilisent régulièrement l’application de réseautage social populaire, WhatsApp.

Sur l’image, une femme, portant la mention « Gaza », est revêtue de la robe musulmane traditionnelle à hauteur de la taille et presque rien en-dessous, tout en prenant une pose lascive lançant au spectateur un regard aguicheur. Il se lit sur le texte hébreu l’accompagnant : « Bibi, fini l’intérieur cette fois ! Signé, les citoyens en faveur d’un assaut terrestre. » (“Bibi, finish inside this time ! Signed, citizens in favor of a ground assault.”). Encore une fois, un double sens a été utilisé pour promouvoir la guerre tout en parlant de viol. En hébreu, le sens familier de "finir" (“finish” ) est éjaculer.

Si la banderole à Or Yehuda ne procède qu’à une allusion au viol et si l’image de WhatsApp en joue timidement, un universitaire israélien de premier plan a ouvertement lancé l’idée d’utiliser le viol contre les Palestiniennes au tout début du cycle actuel des hostilités.

Le 1er juillet, juste après que les corps de trois adolescents israéliens qui avaient disparu en Cisjordanie ont été trouvés, le professeur de l’Université Bar Ilan, Dr Mordechai Kedar, a parlé à la radio israélienne de violer des femmes palestiniennes afin de dissuader le "terrorisme", disant que savoir simplement qu’Israël puisse envoyer des agents violer la mère ou la soeur d’un militant palestinien, en guise de représailles pour ses crimes, pourrait le dissuader de mener à bien ces actions.

Aucune de ces récentes références au viol ne devrait surprendre après que l’armée israélienne a promu Eyal Qarim comme le deuxième aumônier le plus puissant dans ses rangs, des années après qu’il a déclaré que le viol des Palestiniennes était acceptable en temps de guerre. Le rabbin est revenu sur son ignoble verdict, seulement après que le célèbre blogueur israélien Yossi Gurvitz a exposé publiquement sa déclaration répugnante en mars 2012.

Le “Slut-Shaming” des femmes juives israéliennes qui soutiennent la Palestine

Le mois dernier, les femmes palestiniennes n’ont pas été les seules à être menacées de violences sexuelles par des personnalités publiques d’Israël. Le même jour où Kedar a donné son odieux entretien, le rabbin Noam Perel, leader mondial des Bnei Akiva, le plus grand groupe de jeunes Juifs religieux dans le monde, a posté un message sur Facebook appelant au meurtre de masse des Palestiniens et à la prise de leurs prépuces comme trophées. Perel n’a subi aucune censure pour ses horribles commentaires.

Comme dans la plupart des sociétés machistes, ce sont les femmes qui payent de leur personne la violence sexuelle masculine et les femmes juives israéliennes n’ont pas été épargnées. Les femmes qui proclament publiquement leur soutien aux Palestiniens, aux demandeurs d’asile africains, ou à tout autre groupe non-juif en Israël subissent les intimidations et les humiliations du « slut-shaming » (littéralement « humiliation des salopes » - NDT) et sont les cibles persistantes des ultra-nationalistes qui les menacent de diverses formes d’agressions sexuelles, y compris le viol collectif.

Les violences sexuelles contre les femmes juives israéliennes ne sont pas seulement commises par des voyous chahuteurs de droite. Aujourd’hui est le dernier jour où Shimon Peres portera le titre de président d’Israël. Son prédécesseur immédiat, Moshe Katsav, est actuellement en prison, purgeant une peine pour viol et autres crimes sexuels. Demain à Jérusalem, Peres sera remplacé par Reuven Rivlin. Rivlin a largement remporté le poste parce que ses deux principaux rivaux, Silvan Shalom et Meir Shitrit , étaient tous deux accusés de manière certaine de crimes sexuels graves au cours de la campagne de l’élection présidentielle. De même, l’actuel chef de la police de Jérusalem a été choisi pour remplacer Nisso Shaham, après qu’il a été inculpé pour avoir commis une série de crimes sexuels.

Les provocations anti-palestiniennes dans la société israélienne atteignent des niveaux vraiment terrifiants, elles se sont mêlées avec la misogynie pour créer un cocktail de haine d’une puissance inconnue. Peut-être que, comme beaucoup de sionistes le prétendent, tous ces discours relèvent juste de fanfaronnades et les Israéliens juifs sont pour la plupart incapables de commettre des viols comme actes de guerre. Il convient de rappeler, cependant, que ces mêmes personnes ont présenté des demandes identiques de torture et de meurtre, il y a un mois encore, quand un groupe de Juifs a enlevé un adolescent palestinien, Mohammed Abu Khodeir, et l’a forcé à ingurgiter de l’essence, et l’a immolé par le feu de l’intérieur.

David Sheen

Traduction : Romane

EN COMPLEMENT

Le discours israélien sur les violences sexuelles dans l’assaut sur ​​Gaza
http://blogs.mediapart.fr/edition/palestine/article/110814/le-discours...

La souffrance des femmes de Gaza pendant leur "Journée"
http://www.legrandsoir.info/la-souffrance-des-femmes-de-gaza-pendant-l...

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