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CHANTS REVOLUTIONNAIRES

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16 août 2014 6 16 /08 /août /2014 11:31

                                                                         MARE NOSTRUM-copie-1

 

 

               En Israël, critiquer la guerre, c'est risquer menaces et intimidations

En Israël, l'opposition à la guerre à Gaza est quasi-inaudible. Les rares militants du "camp de la paix" qui ont osé s'exprimer ont été stigmatisés, harcelés, intimidés et parfois même licenciés.

C'est le conflit le plus meurtrier depuis des années --plus de 1.960 Palestiniens tués, 64 soldats israéliens morts au combat-- et pourtant, la seule manifestation qui a réellement mobilisé a rassemblé des milliers d'Israéliens mécontents du retrait des troupes de Gaza.

Alors que le fragile cessez-le-feu a été prolongé de cinq jours, ces manifestants appelaient jeudi soir à en finir une fois pour toutes avec les tirs de roquettes palestiniennes.

Le Haaretz, un quotidien libéral d'opposition, a dénoncé vendredi une "chasse aux sorcières" contre la gauche et les défenseurs des droits de l'Homme après que l'organisation B'Tselem a été sortie de la liste des institutions accueillant des jeunes pour le "service civil".

Il était jusqu'ici possible pour les jeunes Israéliens, au lieu de passer trois ans --deux pour les filles-- dans l'armée, d'effectuer un "service civil" au sein de cette ONG, qui critique les exactions de l'armée, notamment dans les Territoires occupés.

Dénonçant une "organisation qui travaille contre l'Etat et contre ses soldats qui sacrifient héroïquement leur vie", le directeur de l'administration du service civil, Sar-Shalom Jerbi, a accusé B'Tselem de "propager mensonges et calomnies pour servir les ennemis d'Israël et encourager l'antisémitisme à travers le monde".

L'ONG a, elle, dénoncé une attaque contre la démocratie et lancé une pétition de soutien en ligne.

- 'Israël otage de ses extrémistes' -

Pour Yizhar Beer, du Centre Keshev pour la protection de la démocratie en Israël, exprimer son opposition n'a jamais été aussi difficile qu'aujourd'hui en Israël qui se targue d'être la seule démocratie du Moyen-Orient.

La très vaste majorité de l'opinion est pour la guerre --95% des Juifs israéliens la soutiennent selon un récent sondage-- et dans le pays où le service militaire est obligatoire, tout le monde a un proche ou un ami dans l'armée.

Les tirs de roquettes, qui ont tué trois civils en Israël, ont créé la panique chez des millions d'Israéliens, notamment dans les villages frontaliers de la bande de Gaza, escamotant dans leurs esprits la mort de près de 2.000 Palestiniens tués par le pilonnage des avions, de l'artillerie et des chars sur l'enclave exiguë et surpeuplée.

Et pour ajouter à l'emballement belliqueux, les médias ont allègrement joué sur la corde patriotique, soutenant inlassablement les soldats, leur envoyant des cadeaux et mettant en avant les souffrances côté israélien en minimisant celles côté palestinien.

Au milieu de cette unanimité affichée, dénoncer la guerre, c'est s'exposer aux accusations de "trahison", à la mise au ban, même lorsque l'on s'exprime sur des pages Facebook privées. Plusieurs Arabes-Israéliens affirment ainsi avoir perdu leur travail pour avoir exprimé leur solidarité avec les Gazaouis sur les réseaux sociaux.

Et c'est ainsi, à coup d'"intimidations", que les voix contestataires se sont tues une à une et que ceux qui pensaient les rejoindre ont pris peur, affirme Steven Beck, de l'Association des droits civiques en Israël, quand on l'interroge sur la faible mobilisation anti-guerre.

Lui, voit de grandes similitudes entre aujourd'hui et la période qui a précédé l'assassinat du Premier ministre Yitzhak Rabin, prix Nobel de la paix abattu par un extrémiste juif en 1995.

"Des choses qui choquaient énormément à l'époque sont devenues tout à fait normales. Le curseur est en train d'être élevé à un niveau extrême, la question est de savoir si ça va exploser ou s'évaporer", dit M. Beck.

Les responsables sont connus, assure M. Beer, ce sont la droite religieuse et les communautés ultra-orthodoxes en pleines expansion, tout autant que l'influent mouvement des colons juifs et l'occupation qui se poursuit en Cisjordanie. "L'Etat d'Israël est l'otage de la frange extrémiste de la société israélienne", déplore-t-il.

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16 août 2014 6 16 /08 /août /2014 11:29

 

 

 

Rester un Juste 70 ans après

Publié le 16 Août 2014

Rester un Juste 70 ans après

"Il est particulièrement choquant et tragique aujourd'hui, quatre générations plus tard, que notre famille soit confrontée à l’assassinat de nos proches à Gaza", a écrit Henk Zanoli . Il s'agit d'un "meurtre perpétré par l’État d'Israël""En ce qui me concerne, garder l'honneur accordé par l’État d'Israël, dans ces circonstances, serait à la fois une insulte à la mémoire de ma mère courageuse qui a risqué sa vie et celle de ses enfants (...) tout comme une insulte pour ceux de ma famille, quatre générations plus tard, qui ont perdu pas moins de six de leurs parents à Gaza aux mains de l’État d'Israël."

 

Le père de Henk Zanoli avait été envoyé en 1945 dans le camp de concentration de Mauthausen, après avoir critiqué à plusieurs reprises en public le régime nazi. Une déportation qui n'avait pas empêcher le jeune homme, laissé seul avec sa mère, de cacher à son domicile un enfant juif dont les parents avaient été tués.

 

Henk Zanoli et sa mère se voient décerner en 2011 le titre de Juste parmi les nations par le mémorial de la Shoah Yad Vashem à Jérusalem.

 

Aujourd'hui âgé de 91 ans, il rend public sa décision de renoncer à cette distinction honorifique, la plus prestigieuse délivrée par l’État d'Israël à des civils,relate Haaretz. Selon le quotidien israélien, lors d'un bombardement de Tsahal dans la bande de Gaza, une des cousines de H. Zanoli a été tuée, avec son mari et ses trois enfants,.

L'armée israélienne, contactée par Haaretz, n'a pas souhaité commenter l'information.

Post Scriptum : Voici ce publie l'Agence France presse dans une dépêche du 15 Aout 2014 à propos de ce qu'on nous présente comme la seule démocratie de la région:

 Les rares militants du "camp de la paix" qui ont osé s'exprimer ont été stigmatisés, harcelés, intimidés et parfois même licenciés...

 

... Le directeur de l'administration du service civil, Sar-Shalom Jerbi, a accusé B'Tselem de "propager mensonges et calomnies pour servir les ennemis d'Israël et encourager l'antisémitisme à travers le monde". L'ONG a, elle, dénoncé une attaque contre la démocratie et lancé une pétition de soutien en ligne.

 

...Pour Yizhar Beer, du Centre Keshev pour la protection de la démocratie en Israël, exprimer son opposition n'a jamais été aussi difficile qu'aujourd'hui en Israël qui se targue d'être la seule démocratie du Moyen-Orient.

 

Le Haaretz, un quotidien libéral d'opposition, a dénoncé vendredi une "chasse aux sorcières" contre la gauche et les défenseurs des droits de l'Homme après que l'organisation B'Tselem ONG, qui critique les exactions de l'armée, notamment dans les Territoires occupés, a été sortie de la liste des institutions accueillant des jeunes pour le "service civil".

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15 août 2014 5 15 /08 /août /2014 15:22

                                                                           amis-resistance.jpg

 

 

 

Le 19 août 18 heures :
          Hommage à Dominique Vincetti  à Casta
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15 août 2014 5 15 /08 /août /2014 15:09

                                                              PCF1

 

 

 

Le PCF est favorable à la dissolution de la Ligue de Défense Juive

« Le PCF est favorable à la dissolution de la Ligue de Défense Juive »

Les débordements dont certaines manifestations récentes de soutien à la Palestine ont été le théâtre ces dernières semaines ont été unanimement condamnées, en dépit des interdictions préfectorales qui ont pourtant lourdement contribué à les rendre possible, privant ainsi les manifestations de la sécurité que l'Etat se doit pourtant de leur assurer.

Ces événements ont mis en lumière les agissements de groupuscules organisés se présentant comme « pro-israéliens », parmi lesquels la Ligue de Défense Juive (LDJ).

Le PCF condamne toutes les formes de violence, quelles que soient les revendications politiques dont leurs auteurs se revendiquent.

La LDJ est considérée comme organisation terroriste par de nombreux Etats, que ceux-ci soutiennent ou non la politique étrangère d'Israël, où elle est d'ailleurs elle-même interdite.

La République ne tolère pas seulement la liberté d'expression et d'opinion : elle doit en garantir l'effectivité. Elle ne peut donc tolérer qu'agisse, sur son territoire, des groupes violents et proférant de manière répétée, notamment sur les réseaux sociaux, des incitations à la haine, par ailleurs répréhensibles par la loi.

Le PCF appelle donc le Ministre de l'Intérieur à engager une procédure de dissolution de la LDJ, qui constitue une menace récurrente et particulièrement violente à l'ordre public, tant par son recours à la violence physique que par ses propos racistes.

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15 août 2014 5 15 /08 /août /2014 14:51

 

                                                                  MARE NOSTRUM-copie-1

 

Palestinian children, whom medics said were wounded in an Israeli air strike, lay on a bed at a hospital

Enfants palestiniens blessés dans une frappe aérienne israélienne allongés sur un lit à l’hôpital de Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza, le 8 août.
(Abed Rahim Khatib/APA)

Le cessez-le-feu de 72 heures avait à peine expiré que les frappes aériennes israéliennes sur Gaza reprenaient, vendredi.

Alors qu’Israël prétend cibler les « sites terroristes », sa première victime a été un enfant de 10 ans, à Gaza ville. Ibrahim Dawawsa, 10 ans, est tué pendant qu’il joue avec des copains dans la cour de la mosquée près de sa maison, lorsqu’un missile met fin à sa vie, et blesse ses deux jeunes copains.

Durant l’offensive militaire d’un mois contre la bande de Gaza avant ce court cessez-le-feu, Israël a tué 448 enfants et en a blessé 2502, selon les estimations des Nations-Unies. Au 8 août, le nombre de tués dans Gaza montait à 1922.

Le nombre des morts augmente même quand les bombardements sont arrêtés

Chaque jour du cessez-le-feu, l’estimation par les Nations-Unies du nombre d’enfants tués augmente, leurs agents sur place découvrant des corps de personnes tuées – certains enfouis sous les décombres depuis des semaines. L’une des découvertes les plus graves des Nations-Unies durant les premières 24 heures du cessez-le-feu, fut celle des corps en état de décomposition avancée de huit membres de la famille Wahdan, restés sous une maison détruite à Beit Hanoun.

Ces morts sont trois enfants de moins de 15 ans, quatre femmes et deux personnes de plus de 60 ans, et ils ont probablement été tués par une frappe aérienne peu après l’invasion terrestre israélienne, le 18 juillet.

Le Centre Al Mezan pour les droits de l’homme a recensé les noms des tués : Ghena Younis, 2 ans ; Hussein Hatim, 9 ans ; Ahmed Hatim, 13 ans ; Zeinab Hatim, 22 ans ; Somoud Hatim, 22 ans ; Baghdad Hatim, 51 ans ; Suad Ahmed, 65 ans, et Zaki Abdel, 67 ans.

Défense des Enfants Internationale – Palestine (DCI), organisation indépendante pour les droits de l’enfant, est dans le processus d’identification et de vérification de chaque enfant tué dans Gaza ; à ce jour, l’organisation internationale a confirmé la mort de 241 enfants

Frères et sœurs, tués ensemble

Dans de nombreux cas documentés de DCI-Palestine, les enfants sont tués dans leurs maisons, ou en tentant de fuir vers la sécurité. Souvent, des cas montrent plusieurs jeunes frères et sœurs, ou cousins, tués ensemble au même moment.

Dans un exemple, le 29 juillet, six enfants entre 4 mois et 5 ans, sont tués par un missile israélien dans le camp de réfugiés d’al-Bureij : de la famille Jabr, les frères et sœurs Leen Anwar Mohammad Abu Jabr, 3 ans ; Salma, 1 an ; Tuqa Salah Khalil Abu Isa, 4 mois ; et leur cousin Hala Ahmad Hamdan Abu Jabr, 5 ans, tous sont tués dans la même frappe.

Durant cette même attaque, une femme enceinte fait une fausse couche.

Dans un autre cas, un unique missile israélien tue tout le monde à l’intérieur d’un immeuble de trois étages près de Khan Younis, comprenant dix-neuf enfants entre 1 et 16 ans.

Palestinians inspect the remains of their houses, which witnesses said was hit by an Israeli air strike in Jabalia refugee camp

Un garçon palestinien au milieu de maisons réduites en ruines par des frappes israéliennes dans le camp de réfugiés de Jabalya, dans le nord de la bande de Gaza, le 9 août.
(Ashraf Amra/APA Images)

L’OCHA, organisme des Nations-Unies, a affirmé que le ciblage d’Israël de près de 1000 maisons civiles « soulevait de graves préoccupations au sujet du ciblage des civils et des biens civils, et du lancement d’attaques aveugles. »

C’est pendant qu’ils célèbrent la fête de l’Aïd al-Fitr, le 28 juillet, que Hind Imad Qadoura, 11 ans, son frère Yousef, 10 ans, et leur cousin Mohammad Musa Marzouq Elwan, 4 ans, sont tués quand Israël bombarde leur maison à Jabaliya.

Mais ce n’est pas qu’une seule histoire qui raconte comment Israël tue les enfants.

Hazem Naim Mohammed Aqel, enregistré comme orphelin par DCI-Palestine, est tué par un missile tiré depuis un drone le 23 juillet alors qu’il va avec son cousin à une épicerie dans le quartier Zeitoun de Gaza ville.

Le 29 juillet, Mohammad Abdul-Nasser Mohammad al-Ghandour, 15 ans, est touché par un éclat d’obus lors d’une frappe sur des terres agricoles à Beit Lahia, éclat qui le tue sur le coup.

Ibrahim Moatsem Ibrahim Kloub, 4 ans, est en train de jouer sur son balcon avec sa mère, quand un missile de drone percute sa maison familiale, le tuant et blessant gravement sa mère.

Ce ne sont là que quelques-unes sur des centaines de morts d’enfants qui ont été soigneusement documentés par les organisations des droits de l’homme.

Des dangers pour les femmes enceintes

La situation pour les femmes enceintes est particulièrement terrible. Sur les 46 000 femmes enceintes estimées dans Gaza, 10 000 sont déplacées. Le ministre palestinien de la Santé rapporte que 160 accouchements ont lieu, chaque jour. L’assaut israélien a provoqué une nette augmentation des naissances prématurées :

Les femmes donnent naissance dans des conditions de plus en plus difficiles. Les maternités ont été fermées, comme un certain nombre de centres de maternité privés. Les autres établissements sont engorgés. Dans certains, les lits de maternité sont utilisés pour les blessés. L’hôpital Shifa a indiqué une augmentation de 15 à 20 % des naissances prématurées, liées au stress des hostilités. Les naissances au domicile sont en hausse, augmentant les risques pour les femmes et pour leurs bébés.

Les Nations-Unies estiment qu’environ 373 000 enfants ont besoin d’un soutien psychologique immédiat, observant que les enfants survivant « présentent les symptômes d’une détresse grandissante, notamment l’énurésie, se cramponner aux parents, et les cauchemars. »

A picture taken on August 07, 2014 shows a Palestinian boy who have been displaced due to Israeli bombardments on the Gaza Strip, posing for a photograph in a United Nations school that has been turned into a temporary shelter

Un garçon palestinien, parmi des centaines de milliers d’habitants de Gaza déplacés, pose pour la photo, dans une école des Nations-Unies utilisée comme abri temporaire, dans Gaza ville, le 7 août.
(Ezz Al-Zanoon/APA Images)

Olivia Watson, collaboratrice à DCI-Palestine, a mis en garde contre le coût à long terme pour les enfants survivants de Gaza dans la publication israélienne +972 Magazine (http://972mag.com/how-will-gazas-children-carry-their-scars-into-adulthood/95029/) :

« Pour les enfants qui parviennent à échapper aux blessures physiques, les effets psychologiques de la dernière opération seront cachés, mais graves et lourds. Beaucoup ont perdu l’un de leurs parents, ou les deux, ou d’autres membres de leur famille. Certains ont perdu toute leur famille. Tous ont connu de très près la violence, la peur et l’instabilité.

« Les listes des morts… masquent la réalité qui attend les enfants palestiniens dans la bande de Gaza. Ceux qui survivent émergeront pour découvrir que leur vie d’avant est presque méconnaissable, alors que les familles, les écoles, les hôpitaux et les mosquées qui formaient leur monde ont été systématiquement détruits. »

Pendant que l’agression d’Israël continue, le nombre d’enfants victimes continue de grimper aussi.

Source: Electronic Intifada

Traduction : JPP pour l’Agence Média Palestine

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15 août 2014 5 15 /08 /août /2014 14:33

 

                                                                           MARE NOSTRUM-copie-1

 

 

 

L'historien israélien Zeev Sternhell « ne voit pas la fin » de la guerre à Gaza

Le Monde.fr |


L'historien israélien Zeev Sternhell, en octobre 2008.

Né en Pologne en 1935, Zeev Sternhell a vécu enfant les horreurs de la seconde guerre mondiale, qui l'ont conduit à se réfugier en France. Après-guerre, il a choisi de prendre la nationalité israélienne. Devenu historien, il s'est spécialisé dans l'histoire du fascisme et la montée du nationalisme en France. Considéré comme la « conscience de la gauche d'Israël », il pose un regard désabusé sur la situation politique de son pays. Pour Zeev Sternhell, la guerre en cours à Gaza n'est qu'une conséquence logique de l'échec des accords d'Oslo.

 

LeMonde.fr : Quel est votre sentiment sur le conflit qui oppose actuellement Israël aux factions armées palestiniennes dans la bande de Gaza ?

Zeev Sternhell : Si les choses s'étaient passées normalement, Gaza aurait dû être évacuée au moment des accords d'Oslo en 1993 et devenir une partie intégrale du futur Etat palestinien. C'est ce qui se serait passé si les accords d'Oslo avaient été mis en œuvre tels qu'ils avaient été pensés par Itzhak Rabin [assassiné le 4 novembre 1995 par l'extrémiste de droite Yigal Amir] et Shimon Pérès – bien que ce dernier soit un opportuniste qui, pour des raisons obscures, est considéré comme un grand homme. Si ces accords avaient été appliqués, les colonies juives de Gaza, entre 6 000 et 8 000 âmes à l'époque, auraient été évacuées. Cela aurait été un formidable signal pour mettre fin à la colonisation.

Tout se serait passé différemment car l'évacuation aurait eu lieu dans le cadre d'un accord entre l'Organisation de libération de la Palestine (OLP, de Yasser Arafat) et Israël. Et non pas unilatéralement, comme l'a fait le premier ministre Ariel Sharon en 2005. Le but de son directeur de cabinet de l'époque, Dov Weissglass, était de mettre fin à toute discussion entre Israéliens et Palestiniens : on quitte Gaza parce que c'est une épine dans le pied et qu'il faut une division entière de l'armée pour protéger les colons.

C'est dans ce contexte que le Hamas s'empare de la bande de Gaza par un coup de force en 2007. Ce mouvement, qui ne reconnaît pas Israël, en fait la base de son projet de reconquête palestinienne. A ses yeux, le Fatah et son chef, Yasser Arafat, sont des traîtres pour avoir signé les accords d'Oslo. Depuis ce moment-là, le Hamas est en guerre contre Israël. Celle qui a cours actuellement est désastreuse à tous les égards et on n'en voit pas la fin.

Que faut-il faire ?

Il faut profiter de l'énorme fossé entre nos moyens et ceux du Hamas, qui restent des moyens primitifs par rapport à notre armée hypermoderne et superpuissante, pour lancer l'idée d'un accord global. Pas quelque chose qui nous oblige dans six mois ou deux-trois ans à revenir à Gaza. Mais c'est précisément ce que notre gouvernement, qui est le plus à droite qui ait existé en Israël, ne veut pas. La droite israélienne ferait passer Mme Le Pen et le Front national pour une bande de gauchistes à côté d'elle.

Le gouvernement Nétanyahou n'a pas voulu négocier avec Abou Mazen [le président palestinien, Mahmoud Abbas], alors que, Dieu nous est témoin, lui voulait négocier. Nous avons grandement contribué à l'échec des négociations menées par le secrétaire d'Etat américain John Kerry, entre novembre et avril 2014, et nous retrouvons finalement face à un gouvernement de réconciliation palestinien. Et que fait le premier ministre Benyamin Nétanyahou ? Au lieu de saisir cette occasion, il explique que ce gouvernement palestinien est un nouveau danger et qu'Abou Mazen ne veut rien entendre.

Puis est arrivé le kidnapping de trois jeunes israéliens. Il a été vite clair que le Hamas n'était pas responsable et qu'une de ses cellules locales a agi de son propre chef. Mais pour Nétanyahou, c'était l'occasion d'incriminer le Hamas, de lancer une opération pour intimider Mahmoud Abbas et la population palestinienne et de montrer ses muscles. Il a fait ratisser la Cisjordanie et arrêter les militants du Hamas libérés en échange de Gilad Shalit. Tout cela au prétexte de retrouver les trois adolescents enlevés alors que, dès le lendemain, la police savait qu'ils n'étaient plus en vie.

De son côté, le Hamas a commencé à tirer des roquettes et ça a été l'escalade vers un conflit dont personne ne voulait. Ce qui se passe est un désastre à tous égards. Il est vrai que le Hamas utilise des écoles, des hôpitaux, des mosquées pour entreposer et lancer ses roquettes. Mais nous répondons par des bombardements qui ne peuvent que toucher la population civile, même si ce n'en est pas l'intention.

Maintenant que le premier ministre Nétanyahou s'est empêtré dans une situation dont il ne sait pas comment sortir, il avance l'idée de démilitarisation [de la bande de Gaza]. Lever le blocus sur la bande de Gaza est une mesure décente et politiquement payante, car cela montrerait à la population de Gaza, qui n'est pas toute gagnée au Hamas, qu'il est payant d'abandonner le terrorisme. Je pense que Nétanyahou pourrait accepter une mesure pareille car cela assurerait sa survie politique jusqu'aux prochaines élections. Il est en mauvaise posture.

Que veut Benyamin Nétanyahou ?

Nétanyahou veut éviter la création d'un Etat palestinien viable. C'est son objectif historique et il le fait de différentes façons. Il refuse de négocier avec Abou Mazen et l'Autorité palestinienne. C'est dans ce cadre que s'inscrit sa demande que les Palestiniens reconnaissent Israël comme Etat juif. En quoi est-ce leur problème ? C'est une exigence que nous n'avons jamais présenté par le passé. On dit bien Etat d'Israël ou Israël. Il n'a jamais été question d'Etat juif. Cela revient à obliger les Palestiniens à reconnaître que les juifs sont propriétaires de cette terre qui leur appartient par l'histoire et à reconnaître leur défaite historique en 1948. Si l'Etat est juif, il n'est donc pas arabe.

Certains, comme le président Reuven Rivlin, pensent qu'on pourrait un jour annexer la Cisjordanie et donner la citoyenneté israélienne à tous les habitants juifs et arabes dans un même Etat. Ils sont très peu nombreux. Mais pour la droite dure, l'annexion n'implique pas l'octroi de la citoyenneté à tous du Jourdain à la mer. Cela revient à un Etat d'apartheid.

Nétanyahou, lui, veut empêcher la création d'un Etat palestinien, sans créer un apartheid mais en gérant une situation coloniale qui ne dit pas son nom. Du fait de son idéologie et du jeu politique interne, il ne peut pas accepter l'idée de deux Etats vivant sur une base égalitaire. Il ne peut pas accepter que les droits de l'homme soient des droits universels qui s'appliquent aux autres. Pour lui et les siens, les droits historiques sont supérieurs aux droits naturels. Même le centre de l'échiquier politique n'est pas vraiment acquis à cette idée.

Pensez-vous que la solution des deux Etats n'est plus envisageable dans le contexte actuel ?

J'ai peur de dire que c'est fichu et que par la force des choses, on va en arriver à un Etat binational. Comment faire pour que ce ne soit ni un Etat d'apartheid, ni une guerre civile permanente ? C'est pour ça que je m'accroche toujours à la solution des deux Etats. La véritable forme de coexistence, ce sont deux Etats voisins, avec une union économique et douanière, et une coopération sur les dossiers importants.

La question est de savoir si nous, Israéliens et Palestiniens, acceptons l'état de fait créé en 1948-1949, et les frontières de 1949 ? Et est-ce que les Palestiniens sont prêts à abandonner tout espoir d'un retour en Israël, car cette revendication signifie la destruction de l'Etat d'Israël ? Après, il ne reste que des problèmes solvables et non existentiels.

Observez-vous une droitisation de l'opinion publique israélienne ?

Au début de la première guerre mondiale, en France et en Allemagne, 95 % de la population était favorable à la guerre. En situation de guerre, les opinions sont patriotiques et soutiennent leur gouvernement. En Israël aussi.

Le phénomène de droitisation remonte toutefois à plusieurs dizaines d'années, depuis 1967 exactement. Le nationalisme exacerbé est le fruit de la colonisation, qui pourrit notre société. Les jeunes hommes qui font la guerre à Gaza sont nés après Oslo. Toute leur expérience en tant que soldat est celle d'une armée dont le but est de contrôler la population des territoires occupés et de favoriser la colonisation juive en Cisjordanie. Quand je compare avec ma génération, c'est terrible.

La droitisation se traduit aussi par une perte de respect pour la vie humaine. Même les pertes israéliennes ont été moins durement ressenties au cours de cette guerre.

On dit souvent que le camp de la paix a disparu en Israël.

Les gens sont là, mais ne sont pas organisés. Ils sont démoralisés et ont le sentiment de ne servir à rien, de ne pas avoir de véritable influence. C'est la raison pour laquelle les manifestations n'attirent pas plus de quelques milliers de personnes, alors qu'en 1982, après le choc de Sabra et Chatila au Liban, il y avait eu des centaines de milliers de manifestants.

N'y a-t-il pas au sein de la classe politique israélienne une personnalité ou un courant qui puisse apporter une solution politique ?

Personne aujourd'hui n'a la solution et c'est un drame. Nous n'avons pas d'élite politique, pas de leadership. La politique n'attire pas les gens bien. C'est dû en partie au système politique, en partie au fait que les gens qui se présentent aux primaires dépendent des apparatchiks du parti et que le monde offre tellement de possibilités pour les talents de s'exprimer différemment… La politique est une « via dolorosa », qui n'en finit pas. Lors de la création de l'Etat d'Israël, beaucoup de gens bien allaient vers la politique car c'était un cadre où l'on pouvait réussir et avancer...

 Hélène Sallon

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15 août 2014 5 15 /08 /août /2014 14:26

 

                                                                                       MARE NOSTRUM-copie-1

                                                                                       GAZA SANG

 

Gaza et l'économie néolibérale de la violence en Israël

Le Monde.fr | 08.08.2014  •  | Par François-Xavier Plasse-Couture (Doctorant en Science Politique à l'Université d'Hawaii à Manoa, chargé de cours à l'université du Québec à Montréal et à l'Université de Sherbrooke)

 
L'opération "Plomb durci", d'une violence inédite depuis l'ocupation des territoires palestiniens en 1967, vise, selon Israël, à mettre fin aux tirs de roquettes depuis la bande de Gaza sur les localités du sud du pays.

Depuis le « désengagement » de Gaza en septembre 2005, se succèdent, entre les opérations militaires d'envergure contre les Gazaouis, des épisodes de « paix » pendant lesquels la vie des Israéliens ressemble à celle des pays européens voisins. En Cisjordanie, l'occupation va bon train. Entre 2005 et 2011, la population de colons israéliens a augmenté de 22%, passant de 425 000 à 520 000 (excluant Jérusalem-Est).

Israël a gagné en tous points. Devant le non respect du droit international régissant les devoirs de l'occupant, la communauté internationale a baissé les bras. Depuis la signature des Accords d'Oslo en 1993, Israël n'a plus à se soucier des frais relatifs à ses responsabilités de puissance occupante. La logique guidant la partition des territoires palestiniens occupés oscille « entre présence et absence sélective, adressant deux stratégies israéliennes contradictoires : territoriale (qui tente d'annexer le plus de territoires possible) et démographique (excluant les zones fortement peuplées par des Palestiniens).» (Wizman, Hollow Land, 2007) Ainsi, les Accords d'Oslo et le « désengagement » ont assuré la pérennité de l'occupation et la colonisation en abandonnant le plus gros de la population palestinienne tout en gardant le contrôle sur l'ensemble du territoire encore colonisable.

La rentabilité de l'économie de la violence depuis le « désengagement » de Gaza, l'occupation est marquée par une administration de plus en plus dépendante d'une logique de « violence retenue » permettant à Israël d'affirmer sa domination sur les territoires palestiniens et sur la population tout en répondant à l'impératif économique. Comme le soulignent des universitaires israéliens, cette violence retenue « promet un contrôle maximal [...] au plus bas prix. ». Au-delà de la mitigation des répercussions politiques d'une longue occupation, l'administration israélienne, en plus de réduire les coûts économiques, exploite maintenant la violence dans les territoires palestiniens comme stimulus économique. C'est dans ce cadre d'économie de la violence qu'il faut situer la présente opération.

Gaza est ainsi devenu un véritable laboratoire d'expérimentation sur la misère humaine et sur le contrôle des populations « non désirables ». Laboratoire qui sert également à tester les techniques et armes développées par le complexe militaro-industriel. C'est ainsi que le gouvernement israélien relança l'économie propulsée par son secteur des technologies liées à la sécurité et à l'industrie de l'armement. Les Israéliens ont pris conscience de la « valeur » de leur expérience et savoir-faire en matière d'opérations militaires et policières dans un contexte post-9/11. Il en va de même pour l'armement testé sur des cibles humaines. Ainsi, à la question par le journaliste israélien M. Feldman « pourquoi une telle demande pour les armes israéliennes ? », le ministre de l'industrie israélien, M. Ben-Eliezer, affirmait « Si Israël vend des armes, les acheteurs savent qu'elles ont été testées. » Le journaliste demande alors si cette expérience avec la violence est liée à la croissance économique et le ministre répond : « cela génère des milliards de dollars ».

Cette économie de la violence retenue est basée sur un principe de modulation qui vise à éviter les débordements : des seuils à ne pas franchir sont déterminés pour maintenir un contrôle politique et économique efficace. Les dirigeants israéliens nomment « zone élastique de discrétion » cet équilibre dynamique. Des journalistes israéliens ont révélé l'existence d'un document appelé « Lignes rouges » qui établit une liste de ces seuils. Par exemple, le minimum de calories requises pour soutenir une population de 1.8 million de Gazaouis est réglé juste au-dessus de la définition du seuil de famine de l'ONU et la « zone de discrétion » est constamment réévaluée grâce à la surveillance permanente.

LA « PAIX », CETTE GUERRE SANS FIN

Alors qu'Israël se retire de Gaza, le compte de l'opération « Bordure Protectrice » s'élève à 1817 tués et plus de 9000 blessés du côté palestinien. Ces chiffres révèlent l'ampleur du drame qui se déroule sous nos yeux, qui n'est qu'une montée en intensité de la violence quotidienne de l'occupation.

Destitués via une politique raciale et identifiés comme un « problème démographique », les Palestiniens, entre deux opérations militaires, rencontrent constamment les obstacles de l'occupation qui les dirigent graduellement vers une mort beaucoup moins spectaculaire que les scènes télévisées actuelles. Cette forme de « mort en douceur » prend la forme d'un non-événement où les implications politiques et éthiques de l'État Israélien sont dissipées dans la matrice d'occupation qui implique la taxation, la séquestration de revenus, la violence quotidienne des colons israéliens, un blocus aérien, naval et terrestre, un réseau de « checkpoints », la multiplication des permis, des cartes magnétiques, etc.

Le politologue Achille Mbembe écrivait au sujet de la Palestine : « Les villages et villes assiégés sont enfermés et coupés du monde. La vie quotidienne est militarisée. Liberté est donnée aux commandants militaires locaux de tuer quand et qui bon leur semble. Les mouvements entre cellules territoriales nécessitent des permis officiels. Les institutions civiles locales sont systématiquement détruites. La population assiégée est privée de ses sources de revenus. Tuer de façon invisible s'ajoute aux exécutions ouvertes. » L'odeur des eaux usées suite au bombardement de l'usine de traitement, les coupures d'électricité, le vrombissement des drones, le blocus, les assassinats ciblés, les restrictions de déplacement, le manque de nourriture, les tirs sporadiques venant de la barrière de sécurité qui sert de cage aux Gazaouis sont autant de signes quotidiens qui rappellent que la « paix », de leur côté du mur, prend la forme d'une guerre sans fin.

François-Xavier Plasse-Couture (Doctorant en Science Politique à l'Université d'Hawaii à Manoa, chargé de cours à l'université du Québec à Montréal et à l'Université de Sherbrooke)

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15 août 2014 5 15 /08 /août /2014 13:56

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source: la gauche cactus

PEU DE PALESTINE RESTE : PAS A PAS ISRAËL L’EFFACE DE LA CARTE
vendredi 8 août 2014
par  Eduardo Galeano


Pour se justifier, le terrorisme de l’État fabrique des terroristes : il sème de la haine et récolte des alibis. Tout indique que cette boucherie de Gaza, qui selon ses auteurs veut en finir avec les terroristes, réussira à les multiplier. Depuis 1948, les palestiniens vivent condamnés à l’humiliation perpétuelle. Ils ne peuvent même respirer sans permission. Ils ont perdu leur patrie, leurs terres, leur eau, leur liberté, leur tout. Ils n’ont même pas le droit de choisir leurs gouvernants. Quand ils votent pour celui pour lequel ils ne doivent pas voter, ils sont punis. Gaza est punie. C’est devenu une souricière sans sortie, depuis que le Hamas a proprement gagné les élections en 2006. Quelque chose de semblable était arrivée en 1932, quand le Parti Communiste a triomphé aux élections d’El Salvador.

Baignés dans le sang, les habitants du Salvador ont expié leur mauvaise conduite et depuis ce temps-là ont vécu soumis à des dictatures militaires. La démocratie est un luxe que tous ne méritent pas . Enfants de l’impuissance sont les roquettes « maison » que les militants du Hamas, parqués à Gaza, lancent maladroitement sur les terres qui avaient été palestiniennes et que l’occupation israélienne a usurpées. Et le désespoir, au bord de la folie suicidaire est la mère des bravades qui nient le droit à l’existence d’Israël, des cris sans aucune efficacité, tandis que la guerre très efficace d’extermination nie, depuis des années, le droit à l’existence de la Palestine. Peu reste de la Palestine. Pas à pas, Israël l’efface de la carte.

Les colons envahissent, et après eux les soldats corrigent la frontière. Les balles sacralisent la spoliation, en légitime défense. Il n’y a pas de guerre agressive qui ne dit pas être une guerre défensive. Hitler a envahi la Pologne pour éviter que la Pologne envahisse l’Allemagne. Bush a envahi l’Irak pour éviter que l’Irak envahisse le monde. Dans chacune de ses guerres défensives, Israël a avalé un autre morceau de la Palestine, et les déjeuners suivent. La dévoration se justifie par les titres de la propriété que la Bible a octroyée, par les deux mille ans de persécution dont le peuple juif a souffert, et par la panique que les palestiniens génèrent au guet. Israël est le pays qui ne tient jamais les recommandations ni les résolutions des Nations Unies, celui qui ne respecte jamais les sentences des tribunaux internationaux, celui qui se moque des lois internationales, et est aussi l’unique pays qui a légalisé la torture de prisonniers.

Qui lui a offert le droit de nier tous les droits ? D’où vient l’impunité avec laquelle Israël exécute le massacre de Gaza ? Le gouvernement espagnol n’aurait pas pu impunément bombarder le Pays Basque pour en finir avec l’ETA, ni le gouvernement britannique aurait pu raser l’Irlande pour liquider l’IRA. Est-ce que la tragédie de l’Holocauste implique une assurance d’impunité éternelle ? Ou ce feu vert provient-il de la puissance, le grand manitou qui a en Israël le plus inconditionnel de ses vassaux ? L’armée israélienne, la plus moderne et sophistiquée du monde, sait qui elle tue. Elle ne tue pas par erreur. Elle tue par horreur. Les victimes civiles s’appellent dommages collatéraux, selon le dictionnaire d’autres guerres impériales.

A Gaza, sur chaque dix dommages collatéraux, trois sont enfants. Et s’ajoutent par milliers, les mutilés, les victimes de la technologie de l’écartèlement humain que l’industrie militaire essaie avec réussite dans cette opération de purification ethnique. Et comme toujours, toujours la même chose : à Gaza, cent pour un. Par chaque cent palestiniens morts, un Israélien. Des gens dangereux, avertit l’autre bombardement, pour le compte des médias de masse de manipulation, qui nous invitent à croire qu’une vie israélienne vaut autant que cent vies palestiniennes. Et ces médias nous invitent à croire aussi que sont humanitaires les deux cents bombes atomiques d’Israël, et qu’une puissance nucléaire appelée Iran a été celle qui a anéanti Hiroshima et Nagasaki.

La soi-disant communauté internationale : existe-t-elle ? Est-elle quelque chose de plus qu’un club de marchands, de banquiers et de guerriers ? Est-elle quelque chose de plus que le nom scène que prennent les États-Unis quand ils font du théâtre ? Devant la tragédie de Gaza, l’hypocrisie mondiale brille encore une fois. Comme toujours, l’indifférence, les discours vides, les déclarations creuses, les déclamations ronflantes, les postures ambiguës, rendent un tribut à l’impunité sacrée. Devant la tragédie de la Gaza, les pays arabes se lavent les mains. Comme toujours. Et comme toujours, les pays européens se frottent les mains.

La vieille Europe, si capable de beauté et de perversité, répand quelque larme tandis qu’elle célèbre secrètement ce coup de maître. Parce que la partie de chasse aux Juifs a toujours été une coutume européenne, mais depuis un demi-siècle cette dette historique est demandée aux palestiniens, qui sont aussi sémites et qui n’ont jamais été, ni ne sont, antisémites. Ils paient, par le sang comptant et trébuchant, un compte des autres. (Cet article est consacré à mes amis juifs assassinés par les dictatures latino-américaines qu’Israël avaient conseillées).

Eduardo Galeano, est un écrivain et journaliste uruguayen. Traduit de l’espagnol pour El Correo par : Estelle et Carlos Debiasi. Paru dans : http://www.elcorreo.eu.org

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15 août 2014 5 15 /08 /août /2014 13:28

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Martin Niemöller "Quand ils sont venus chercher les communistes...

“Quand ils sont venus chercher

les communistes”

Poème de Martin Niemöller

 

 

 

Quand ils sont venus chercher les communistes,
Je n'ai rien dit,
Je n'étais pas communiste.

Quand ils sont venus chercher les syndicalistes,
Je n'ai rien dit,
Je n'étais pas syndicaliste.

Quand ils sont venus chercher les juifs,
Je n'ai pas protesté,
Je n'étais pas juif.

Quand ils sont venus chercher les catholiques,
Je n'ai pas protesté,
Je n'étais pas catholique.

 

Puis ils sont venus me chercher,
Et il ne restait personne pour protester
 

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15 août 2014 5 15 /08 /août /2014 13:11

                                                                            cerveau animé

 

 

 

 

HUMA.fr

                                                                          golem.jpg

 

 

Les djihadistes de « l’Etat islamique en Irak et au Levant » sont des monstres. Personne ou presque ne le conteste. Mais s’en tenir à ce constat et à la compassion pour les populations martyrisées relève de l’escroquerie. Ces monstres ont été enfantés par le prix Nobel de la paix Obama, Hollande et la plupart des dirigeants occidentaux.

 

D’ou vient l’argent ? D’où viennent les armes ?

L’organisation terroriste dispose de moyens financiers considérables. L’argent provient de plusieurs pays du Golfe alliés de Washington et bien en vu à Paris, de braquages comme celui de la succursale de la banque centrale irakienne à Mossoul au début du mois de juin avec un butin de 425 millions de dollars, du commerce du pétrole avec la production de plusieurs raffineries comme celles de Tikrīt et Baiji et … du pillage d’antiquités vendus au prix fort en Occident par des réseaux mafieux.

 

D’où viennent les armes ? Un grand merci au grand Sam et à ses copains de Londres et de Paris. Le matériel fourni aux opposants à Bachar el Assad est passé à 90% entre les mains des Djihadistes avec en prime les reliquats des arsenaux libyens ainsi que des blindés, des tanks et de l’armement lourd de fabrication US pris à l’armée irakienne en déroute.

 

Les talibans en Afghanistan avaient été armés par Reagan au nom de la défense du « monde libre » avec les résultats que l’on connaît. Les « contras » au Nicaragua avaient bénéficié des mêmes largesses.

Du temps du dictateur nicaraguayen Somoza, à Washington les officiels avaient pour habitude de dire : « Somoza est peut-être un fils de pute, mais c’est notre fils de pute. » Les dirigeants occidentaux pourront désormais dire eux aussi à propos des djihadistes: « ce sont des monstres, mais ce sont nos monstres. »

 

José Fort

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