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CHANTS REVOLUTIONNAIRES

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20 mars 2014 4 20 /03 /mars /2014 15:02

 

 

 

 

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20 mars 2014 4 20 /03 /mars /2014 14:29

 

                                                                  cerveau animé

 

 

En vendant Israël comme destination de vacances, Carrefour signe sa complicité active avec l’état d’apartheid

jeudi 20 mars 2014, par La Rédaction

(Le mur d’apartheid, qui sera certainement invisible dans les brochures de la chaîne Carrefour.)

C’est le ministre israélien du tourisme, Uzi Landau en personne qui a annoncé que le géant mondial de la distribution Carrefour allait vendre des vacances en Israël dans ses supermarchés.
C’est dire si l’accord passé est important pour Israël. Dans le contexte de boycott international actuel, la vente des « coffrets-voyages » à destination d’ Israël par Carrefour est doublement bénéfique pour Israël. La campagne internationale de BDS contre Israël porte des coups à Israël sur le terrain économique (Dans la foulée de la liquidation d’Agrexco, les pertes dans le domaine de l’agroalimentaire, notamment dans la Vallée du Jourdain sont significatives et officiellement reconnues par les milieux économiques israéliens).
Mais en révélant la nature de l’état d’Israël et sa politique d’apartheid le BDS s’attaque également à l’ image d’Israël. En quatre ans de Campagne BDS en Europe et dans le monde (depuis la guerre contre Gaza) le « déficit d’image » d’Israël ne cesse de s’aggraver et l’élément de langage : « Israël est le seul état démocratique du moyen orient » ne fait plus recette. Le boycott d’Israël dans les domaines économiques, culturels et universitaires connait un essor inégalé.
D’où l’importance du développement touristique qui pourrait amener des améliorations sur les fronts économique et idéologique. Faire en sorte qu’Israël soit associé à des moments agréables, à des images et des souvenirs de vacance, créer un attachement émotionnel à Israël via un vécu de plaisir chez les touristes, voilà ce qui est attendu dans cette opération commerciaol-idéologique qui est une nouvelle tentative pour combattre les effets de la campagne internationale BDS…
Ainsi en France, le ministre israélien du tourisme annonce une vague de publicités sur le site internet carrefour, une page entière de publicité dans les brochures de la compagnie qui seront distribuées à 18 millions de personnes en France pendant le mois de mars, la publicité en magasins, des dépliants, des autocollants, etc... et la formation de quelque 400 agents de voyage à travers toute la France.
C’est une opération de propagande de grande ampleur qui est mise en place et dans laquelle Carrefour joue un rôle de premier plan pour masquer la nature criminelle de l’état d’Israël, ses violations constantes des droits humains et du droit international…Et cela au moment même où l’opposition à la colonisation israélienne de la Palestine se traduit, conformément à l’appel BDS Palestinien, par des actions de « désinvestissement ».
Alors que plusieurs banques européennes viennent de retirer leurs avoirs de huit banques israéliennes en raison de leur implication dans la construction des colonies israéliennes en Palestine, Carrefour, totalement à contre courant, vole au secours de l’état d’Israël. Par cet acte, Carrefour franchit une limite qui le place désormais dans le camp des partenaires et complices actifs d’Israël.

(12-03-2014 - JLM, Comité BDS France 34)

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20 mars 2014 4 20 /03 /mars /2014 14:21

                                                                    lvres en ligne 1027

 

 

Les gardiens de l’air

jeudi 20 mars 2014, par La Rédaction

de Rosa Yassin Hassan
roman traduit de l’arabe (Syrie) par Emmanuel Varlet
Ed. Acte Sud

5

Anat Ismaïl travaille à l’ambassade du Canada à Damas comme traductrice-interprète de Jonathan Green, représentant du Haut- Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. En attendant la libération de son compagnon, Jawad, jeté en prison pour appartenance à une organisation communiste clandestine, elle s’efforce de lui rester fidèle, en dépit de la solitude et de la frustration sexuelle. Deux de ses amies, Mayyasa et Doha, se trouvent dans la même situation : la première, qui a elle-même vécu l’expérience carcérale, entend bien résister à la tentation de prendre un autre homme ; la seconde n’hésite pas à demander le divorce.

Les histoires intimes de ces femmes s’articulent à celles des demandeurs d’asile dont Anat traduit quotidiennement les témoignages et qui, pour la plupart, appartiennent à des minorités ethniques ou confessionnelles laminées par le despotisme des régimes en place. Dans ce champ de ruines, la sortie de prison des anciens militants, naguère porteurs d’un idéal collectif, est un moment de vérité particulièrement douloureux…

Publié deux ans avant le déclenchement du soulèvement syrien, ce roman est l’un des plus représentatifs d’une nouvelle littérature qui, transgressant tous les tabous, s’est employée à ressusciter la mémoire interdite de deux décennies marquées par l’infinie brutalité de la répression.

Née à Damas en 1974, Rosa Yassin Hassan a fait des études d’architecture avant de travailler comme journaliste. Figure de l’opposition laïque de gauche, elle a animé l’association féministe Des femmes pour la démocratie. Elle est l’auteur d’un recueil de nouvelles (Samâ’un mulawwanatun bi-l-daw’, “Un ciel coloré de lumière”, 2000), de trois romans (Âbanûs, “Ébène”, 2004, Hurrâs al-hawâ’, “Les Gardiens de l’air”, 2009 et Brova, “Épreuve”, 2011) et d’un récit (Négatif, 2008).

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20 mars 2014 4 20 /03 /mars /2014 14:15

                                                                       MARE NOSTRUM-copie-1

 

 

 

Présidentielle en Algérie : Abdelaziz Bouteflika... et les autres

 

Le Conseil constitutionnel a tranché. Ils sont six candidats, dont le président sortant, à avoir été retenus pour briguer la fonction suprême le 17 avril prochain. La campagne présidentielle doit commencer le 23 mars pour s’achever le 13 avril. Si Abdelaziz Bouteflika demeure l’archi-favori de ce scrutin que certains qualifient de "joué d’avance", ses adversaires ne sont pas d’illustres inconnus, certains bénéficiant même d’une relative popularité auprès de la population. Portraits.

À 77 ans, dont 15 au pouvoir, Abdelaziz Bouteflika, apparaît comme le favori pour briguer un quatrième mandat consécutif. Ministre des Sports et du Tourisme à seulement 25 ans, puis chef de la diplomatie algérienne pendant 16 ans, cet ancien officier de l’Armée de libération nationale a été élu à la présidence en 1999. Président d’honneur du Front de libération nationale (FLN), il a partiellement réussi à faire rentrer l’armée dans ses casernes, même si la relève a été assurée par le puissant Département du renseignement et de la sécurité (DRS). Mais son principal fait d’armes reste le plébiscite, par référendum en 1999, de la loi de la Concorde civile, qui permet une amnistie partielle des islamistes n’ayant pas de sang sur les mains, à condition qu’ils renoncent à la lutter armée. Malade depuis 1995, Abdelaziz Bouteflika a été victime en 2013 d’un AVC pour lequel il a été hospitalisé durant 80 jours en France. En dépit de son état de santé, il bénéficie de la machine électorale des deux principaux partis au pouvoir - FLN (présidentiel) et RND (Rassemblement national démocratique du président du Sénat Abdelkader Bensalah).

Ali Benflis est avant tout un homme du sérail. Ancien ministre de la Justice nommé en 1988, ce magistrat de formation a été en 1999 le directeur de campagne d’Abdelaziz Bouteflika. En récompense, le président algérien le nomme en 2000 chef du gouvernement. Quatre ans plus tard, l’élève, devenu secrétaire général du FLN, affronte le maître à la fonction suprême. L’échec est cuisant. Ali Benflis arrive deuxième, en ne recueillant que... 6,42 % des voix. S’ensuit une longue traversée du désert. Dix ans plus tard, il réapparaît à la faveur du scrutin de 2014. Âgé de 69 ans, Ali Benflis bénéficie d’un soutien croissant auprès d’un monde politique lassé par 15 ans de pouvoir du président Bouteflika. Mais cela sera-t-il suffisant ?

Louisa Hanoune est la première femme à s’être présentée à la fonction suprême, en 2004. Féministe et membre d’un parti clandestin d’extrême gauche, l’Organisation socialiste des travailleurs, elle est arrêtée en 1986 et passe six mois en prison, où elle est torturée. L’arrivée du multipartisme en 1989 lui permet de fonder le Parti des travailleurs, qui compte 24 députés à l’Assemblée et dont elle est toujours la secrétaire générale. Défense des travailleurs, des femmes et des Palestiniens, son programme est très marqué à gauche. Très appréciée dans le pays, mais n’ayant jamais dépassé les 5 % des suffrages, Louisa Hanoune brigue la présidence algérienne pour la troisième fois consécutive.

Moussa Touati est le président du Front national algérien, un parti nationaliste conservateur créé en 1999 et qui compte neuf députés (dont trois femmes) à l’Assemblée populaire nationale. À 60 ans, cet ancien fonctionnaire de police a déjà représenté son parti lors de la présidentielle de 2009, obtenant 2,31 % des suffrages.

Il estime le scrutin joué d’avance. À 59 ans, Ali Fawzi Rebaïne se présente à sa troisième présidentielle consécutive. "La participation est ma manière de lutter", déclare néanmoins le président d’Ahd 54, un parti fondé en 1991 se revendiquant des principes de la guerre d’indépendance. Emprisonné à plusieurs reprises dans les années 1980, ce défenseur des droits de l’homme, également opticien, participe en 1988 à la création du Comité national contre la torture.

Personne ne tablait sur sa présence. Pourtant, malgré ses 50 ans, Abdelaziz Belaid a bien été retenu par le Conseil constitutionnel algérien, devenant par là même le cadet des candidats à la présidentielle. En 1986, l’homme devient le plus jeune membre du comité central du FLN. Il a alors 23 ans. Député de 1997 à 2007, cet ancien soutien d’Ali Benflis quitte en 2012 le parti au pouvoir pour fonder le Front El Moustakbal (Front de l’avenir). Relativement inconnu du public, médecin de profession, Abdelaziz Belaïd compte bien tirer son épingle du jeu.

La campagne présidentielle doit commencer le 23 mars pour s’achever le 13 avril.

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20 mars 2014 4 20 /03 /mars /2014 13:59

                                                                           rep._metissee.jpg

 

 

          Laïcité scolaire : une exigence d’émancipation
Mercredi 19 mars 2014
Par Henri Pena-Ruiz
Auteur du Dictionnaire amoureux de la laïcité (Plon, Paris 2014), ancien membre de la Commission Stasi sur la laïcité dans la République

Source Mediapart

Dix ans se sont écoulés depuis le vote de la loi issue des travaux de la Commission Stasi. Cette loi, destinée à mettre les écoles à l’abri des conflits d’appartenance religieuse en y interdisant les signes religieux ostensibles, a été salutaire. De façon efficace elle a dissuadé les divers prosélytismes de prendre l’école en otage. Aujourd’hui, sur le terrain, les revendications communautaristes sont très rares, voire inexistantes. Des collègues enseignants ont récemment publié une tribune dans laquelle ils demandent l’abrogation de cette loi. Ils plaident pour la justice sociale, et sur ce point je ne peux que les suivre. Mais ils s’en prennent à la loi de 2004 de façon à mes yeux non fondée. Ancien membre de la commission Stasi, j’entends leur répondre. Je ne peux les laisser tout mélanger ni alléguer des choses fausses concernant le sens de cette loi laïque et ses effets réels. Il n’y a pas à choisir entre l’émancipation sociale et l’émancipation laïque. Jaurès a montré qu’elles sont solidaires.

Quel est l’enjeu majeur du débat ? C’est la fonction émancipatrice de l’école laïque. Une fonction essentielle pour les femmes, les victimes de l’homophobie, du racisme ou de la xénophobie, de la discrimination entre athées et croyants. La loi de 2004 entrait en écho avec une circulaire du ministre du Front Populaire assassiné plus tard par des miliciens pro-nazis, Jean Zay, qui en 1937 interdisait les signes religieux dans l’Ecole après y avoir interdit les signes politiques. L’époque était terrible. Les ligues fascistes battaient le pavé avec leurs slogans antisémites, et certains idéologues hostiles aux conquêtes sociales osaient clamer « Plutôt Hitler que le Front Populaire ». Un tel exemple historique montre que la laïcité a été appliquée alors pour soustraire les écoles aux conflits qui pouvaient surgir des prosélytismes religieux traditionnels de la France, principalement celui d’un catholicisme mal affranchi encore de l’antijudaïsme converti en antisémitisme et manifesté lors de l’affaire Dreyfus. Protéger l’Ecole des prosélytismes religieux quels qu’ils soient, aujourd’hui comme hier, c’est lui permettre de remplir sa fonction émancipatrice, non par une contre-propagande, mais par un travail de fond qui promeut le savoir et l’autonomie de jugement en chaque élève, et lui permet ainsi de résister aux impostures monstrueuses du racisme, du machisme, de la haine de l’autre en tant qu’autre.

Il faut évidemment combattre aujourd’hui ceux qui n’admettent la laïcité que tournée contre les citoyens de confession musulmane, comme l’extrême droite. Mais il faut également réfuter ceux qui feignent de croire qu’elle l’est effectivement, comme une gauche compassionnelle aveuglée par l’idée que toute exigence de discrétion et de neutralité dans la tenue, au sein de l’école, est liberticide.

Il faut aussi rappeler que la liberté de conscience ne peut être réduite à ce qu’on appelle improprement la « liberté religieuse », pas plus d’ailleurs qu’elle ne pourrait l’être à la « liberté athée ». Ces deux notions étranges brouillent un principe général en en privilégiant une version particulière. L’égalité de droits des divers croyants et des athées exclut toute privilège de reconnaissance institutionnelle de la religion. Celle-ci n’a pas à jouir d’un statut public alors que l’athéisme serait maintenu dans la sphère privée. Sauf à promouvoir une discrimination, comme en rêvent les lobbys religieux de la communauté européenne. D’un point de vue laïque, la liberté de conscience doit donc être la même pour tous, et seule l’égalité de traitement des options spirituelles garantit une telle exigence.

Après ce rappel des principes, une mise au point concernant la loi de 2004. Celle-ci n’est pas une « loi sur le voile ». Il faut en finir avec cette appellation fausse qui veut accréditer sa dimension discriminatoire. Ce n’est pas parce que l’extrême droite voudrait la réduire à cela qu’il faut la croire. Trêve de procès d’intention. Il suffit de se reporter au texte même de la loi pour savoir qu’elle concerne tous les types de signes religieux ostensibles. Un jeune homme qui voudrait porter dans l’espace scolaire une kippa ou la grande croix charismatique des Journées Mondiales de la Jeunesse chrétienne se heurterait à la même interdiction qu’une jeune fille voilée. De grâce, ne faussons par le débat par un manque de rigueur, ou par un procès d’intention insultant pour les membres de la commission Stasi qui ne voulaient pas d’une laïcité à géométrie variable. Je rappelle que la même commission a déploré l’absence d’écoles publiques laïques dans de nombreuses communes de France, et proposé de supprimer l’obligation faite aux familles d’Alsace-Moselle qui ne veulent pas de cours de religion pour leurs enfants de solliciter une dérogation. Ce rappel à la laïcité, en l’occurrence, ne visait pas l’Islam, mais les privilèges de la religion chrétienne, tels qu’ils demeurent du fait du concordat napoléonien, survivance injuste qui oblige les contribuables athées ou agnostiques de toute la République à financer les salaires des prêtres, des pasteurs et des rabbins. Un comble en période de vaches maigres pour les services publics. Quelle est la raison d’être de la loi de 2004 ? Nullement d’entraver la liberté d’expression de la foi, mais de la régler en fonction de la finalité de l’Ecole publique et du fait qu’elle est ouverte à tous. Cette finalité est le partage du savoir et de l’autonomie de jugement, en vue de l’émancipation. Cela requiert de la sérénité, incompatible avec le conflit possible des appartenances exhibées. Il s’agit d’organiser au mieux la coexistence harmonieuse d’élèves issus de traditions multiples et cela ne peut se faire si l’école se transforme en un lieu de manifestation. D’où une exigence de neutralité confessionnelle pour les élèves comme pour les professeurs, inséparables dans l’acte d’enseignement.

L’école n’est pas la société civile. Elle doit s’en affranchir dans toute la mesure du possible, pour faire vivre ensemble les élèves en les soustrayant aux conditionnements qui s’y produisent au nom d’identités collectives plus ou moins exacerbées par les dérives communautaristes. Elle doit également tenir à distance tout marquage propre à consacrer la domination d’un sexe. Comment l’Ecole peut-elle remplir son rôle émancipateur si elle est d’emblée soumise aux groupes de pression religieux et aux traditions rétrogrades qui s’exercent d’autant plus aisément que le jeune âge des élèves ne leur permet pas de leur résister ? Par extension, on pourrait faire la même remarque à propos des conditionnements publicitaires qui tentent de s’introduire dans l’espace scolaire pour assujettir les consciences alors que l’instruction publique cherche à les affranchir.

Nul lieu de vie commune ne peut vivre sans règles. Pourquoi l’école serait-elle la seule institution à devoir le faire ? Dans les pays anglo-saxons, l’uniforme est de rigueur dans la plupart des établissements scolaires. Les juge-t-on liberticides pour autant ? Dans la France laïque, le souci de préserver les écoles publiques des conflits d’appartenance s’ordonne à la volonté d’y promouvoir ce qui peut unir tous les élèves dans une perpective d’émancipation. L’école ne saurait consacrer ce qui divise voire suscite l’affrontement. Jean Zay le rappelait : les conflits religieux et politiques des adultes ne sauraient envahir le lieu scolaire et y prendre les élèves en otage par des marquages ostensibles voire passionnels.

L’école laïque n’est ni favorable ni hostile à la religion ou à l’athéisme. Elle s’abstient de prendre parti, ce qui ne lui interdit pas de porter à la connaissance des élèves, dans un souci de simple instruction, le contenu des religions et de l’humanisme athée. Sans prosélytisme, et avec une distance réflexive. Imaginons simplement un jeune croyant qui manifeste sa foi par un signe religieux ostentatoire, et rencontre un jeune athée qui arbore un tee-shirt où l’on peut lire en grosses lettres : « Dieu n’existe pas ». Nous ne sommes pas là dans l’expression dialoguée des différences, mais dans la confrontation provocante des appartenances, souvent réglée par des mimétismes identitaires. Peut-on oublier que dans certains cas la retenue et la discrétion font partie de la civilité, et aussi de l’apprentissage d’une capacité de distance à soi ? Cette forme de liberté intérieure est un facteur de tolérance bien plus sûr que l’apologie de la manifestation débridée sans égard au contexte. Montaigne : il faut distinguer la peau et la chemise. N’exiger aucune distance à soi, c’est risquer de promouvoir le fanatisme. Comprenons-nous bien. Il ne s’agit pas d’aseptiser le lieu scolaire et d’y interdire toute réflexion sur les religions et l’humanisme athée. Mais le rôle de l’école est de promouvoir sans cesse l’approche réflexive et distanciée, le dialogue rationnel. Ce n’est pas de favoriser le choc des opinions et des postures impérieuses. L’école se doit de refuser en son sein toute logique de « choc des civilisations ».

Par ailleurs, il convient de remarquer que les élèves, êtres en devenir, ne sont pas encore citoyens, et que leurs appartenances, mêmes assumées avec vigueur, sont plus souvent des héritages familiaux que des choix personnels réfléchis et pleinement maîtrisés. L’ostentation est alors une expression par procuration, à moins qu’il ne s’agisse d’une provocation plus ou moins réactive. Dans aucun de ces cas de figure, elle n’a à être encouragée sous prétexte de liberté. Pourquoi ? Parce que le rôle de l’école est d’impulser le processus de construction d’une citoyenneté éclairée. Elle ne peut donc créditer les élèves du même régime de liberté que les adultes majeurs. Au lieu de les enfermer ainsi dans leur assujettissement à des postures identitaires et aux manifestations religieuses ostensibles, il importe de leur faire pratiquer par l’étude et la réflexion une mise à distance qui n’a rien d’une négation, mais appelle une façon plus libre de vivre d’éventuelles appartenances. Comme il importe de leur donner accès à la biologie et à l’histoire, à la philosophie et à l’éducation physique et sportive, à rebours de tout obscurantisme au nom des religions.

Professeur de philosophie, il m’est arrivé de demander à un jeune chrétien de ne pas porter en classe la grande croix charismatique qu’il exhibait sur sa poitrine au moment des JMJ. Il m’est arrivé aussi de le faire avec un élève qui se disait nietzschéen et voulait entrer en classe avec sur son tee shirt l’inscription « Dieu est mort ». Il est essentiel de faire comprendre aux uns et aux autres que la liberté ne réside nullement dans l’exhibition spontanée de ce qu’on croit être. La dimension virtuellement conflictuelle ainsi introduite dans l’école devrait suffire à réfuter la légitimité de telles manifestations. Et le souci de ce qui unit en émancipant doit être opposé au spontanéisme qui exalte la différence en restant aveugle aux risques d’enfermement communautariste. Il n’est pas du tout vrai que la loi de 2004 a eu de mauvais effets. Tout au contraire. Un apaisement certain a résulté de la clarté d’une loi nationale non négociable, qui a soustrait les établissements scolaires aux pressions communautaristes locales.

Trop souvent des postures compassionnelles conduisent à fragiliser la laïcité, à faire douter d’elle, ou à en abandonner la défense à une imposture grave. On le voit avec la caricature qu’en donne le Front national en prétendant l’enrôler contre une partie de la population. Il est facile de ne pas être dupe de ce faux ralliement. Malgré son nouveau discours le Front national n’est nullement laïque. Au Parlement européen, récemment, il s’est opposé de toutes ses forces à une proposition de loi d’une députée portugaise qui voulait étendre à toutes les femmes d’Europe le droit à la contraception et à l’avortement. Ainsi, l’hostilité rétrograde des trois monothéismes au découplage entre loi civile et norme religieuse s’est trouvée confortée. Etrange façon de défendre la laïcité que de souscrire à la sacralisation des préjugés patriarcaux ! On n’entend pas le Front national s’indigner des privilèges concordataires d’Alsace-Moselle, ou des subventions publiques à des ostensions religieuses catholiques. Il reste muet concernant le financement public d’écoles privées religieuses, ou le manquement à la neutralité laïque d’élus qui assistent à des cérémonies religieuses dans l’exercice de leur fonction. En revanche, il s’insurge d’abondance contre les prières musulmanes dans certaines rues. Se dire laïque uniquement dans ce dernier cas ne peut tromper personne.

Une chose est claire, qui interdit de confondre la laïcité avec sa caricature : tout usage discriminatoire du recours à la laïcité contredit ce qui fonde et définit sa portée universelle, à savoir l’égalité et la liberté pour tous. On ne saurait donc tirer argument de cette attitude pour invalider la laïcité elle-même.

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20 mars 2014 4 20 /03 /mars /2014 13:49

 

 

 

 

Marre d'être la cible de la fachosphère et du FN : j'ai décidé de répondre par l'humour

Avatar de Pierre Henry

Par 
DG de France terre d'asile

LE PLUS. Cible régulière de nombreuses attaques de la "fachosphère" et du Front national, l'association "France terre d'asile" a choisi de répondre par l'humour, avec une série de dessins incisifs de Camille Besse, qui dénoncent, se moquent et amusent. Pierre Henry, directeur général de l'organisation, explique sa démarche.

Marine Le Pen, présidente du FN, lors d'un meeting à Lyon, le 1er mars 2014 (SIPA).

 

Depuis trois ans, l'organisation que je dirige, "France terre d’asile", à l'instar d'autres associations est la cible régulière de la "fachosphère" et du FN.

 

Cette fois, j’en ai eu assez. Assez de recevoir des lettres anonymes insultantes – et aux termes choisis pour leur fine odeur – me traitant de collabo ou remettant en cause la bonne utilisation de l’argent public à destination des réfugiés et des migrants.

 

J’en ai eu assez de constater qu’à peine tapé "trop d’" sur la barre de recherche du moteur Google, arrivait rapidement "trop d'arabe en France" après "trop d’impôts tue l’impôt".

 

 Capture d'écran Google réalisée le 13 mars 2014.

 

J’en ai eu assez que la toile se laisse tramer d’idées populistes, de rumeurs et de faux chiffres largement propagés par la "fachosphère" : non, la France ne s’apprête pas à accueillir un million d’immigrés en cinq ans. Non, il ne sera pas possible avec le FN à la tête de l’État de réduire à 10.000 entrées le nombre annuel d’étrangers : ce sont déjà 40.000 conjoints étrangers de Français qui entrent légalement chaque année sur le territoire !

 

Non, les régions ne subissent pas "nuitamment", l’invasion – par cars entiers – de demandeurs d’asile venus de Seine-Saint-Denis. Mais oui, "France terre d’asile" réinstalle chaque année dans l’ensemble des régions moins de 100 familles ayant obtenu le statut de réfugié.

 

Et que le FN dorme en paix : avec 0,9 demandeurs d’asile pour 1.000 habitants, la France n’est que le 9e pays d’accueil en Europe, bien loin derrière la réputation de champion de l’asile qu’on lui prête encore dans le monde.

 

J’ai décidé d’en rire et d’en faire rire les autres

 

J’ai longtemps supporté d’être maltraité, d’être appelé à mériter "une balle" ou encore la pendaison "au bout d’une corde de piano accroché à un réverbère", jusqu’à ce que je porte plainte. Contre X. Ces X, ces hors-la-loi républicaine et hors la démocratie. Mais les X sont restés anonymes, alors cette fois, j’ai décidé d’en rire. Et d’en faire rire les autres.

 

Beaucoup prétendent que "face aux slogans, il faut opposer des arguments", sans doute. Mais les mots ne suffisent pas pour décrire les dérives de  

l’extrême droite, pour faire entendre la vérité des chiffres et des faits, car il n’y a pas pire sourd que celui qui refuse d’entendre.

 

Il n’est pas sûr que le sourd décide d’ouvrir les yeux et qu’il ait envie de rire, mais c’est pourtant ce que nous proposons ; car l’immigration est un sujet complexe qui ne se traite pas à coup de discours affolants et de promesses populistes.

 

C’est un sujet qui mérite des multiples éclairages, et celui que nous propose Camille Besse, nous convient parfaitement.

 

Ajouter de l’humour aux arguments de raison

 

Humoristiques et incisifs, ses dessins sont autant d’arguments que d’éditos, qui dénoncent, se moquent et nous amusent.

 

Tandis que les misères se font concurrence et que l’État se montre impuissant – pour l’instant – à les soulager, l’humour peut nous aider à éloigner la violence qui gronde et qu’attisent les extrêmes en trouvant des boucs émissaires faciles : les migrants, mais aussi les femmes – menacées par le FN  d’un déremboursement de  l’avortement – ou encore l’histoire et sa vérité.

 

L’histoire est en effet remise en cause de père en fille et, quand Marine le Pen qualifie de "bobard" le récit officiel de la répression de centaines d’Algériens le 17 octobre 1961 par la police du préfet Papon, c’est la démocratie qui se met à trembler.

 

J’espère qu’en ajoutant de l’humour aux arguments de raison, ils pourraient porter avec plus d’efficacité et plus loin. À vous de nous y aider. 

 

                        la suite sur le site:

 

 

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20 mars 2014 4 20 /03 /mars /2014 12:56

 

                                                                         CERVEAU

 

 En Mauritanie, des milliers d'hommes et de femmes à la peau noire sont toujours traités comme des marchandises. Voyage au cœur de l'un des derniers pays où l'on naît esclave....

Il existe un pays où des êtres humains naissent pour une seule raison : servir leurs maîtres. Comme leurs parents avant eux. Et comme leurs futurs enfants, qui leur seront arrachés en bas âge pour être donnés en héritage ou en cadeau de noces.

 

mauritanie-esclavageDessin de Falco

 

Chada Mint M'Beyrick a des enfants, mais n'a jamais été mère. Elle a été une machine reproductrice. Elle est née il y a trois ou quatre décennies, quelque part entre les dunes du Sahara. Dans cette vaste région désertique aux confins de la Mauritanie, du Mali, de l'Algérie et du Sahara-Occidental, les frontières sont aussi floues que l'âge des hommes. D'aussi loin qu'elle se souvienne, Chada a toujours travaillé. Petite fille, elle gardait des chèvres. Plus tard, des chameaux, qu'elle amenait paître sous un soleil aride. C'était un travail éreintant. Quand elle a eu sa première fille, Teslem, elle ne s'est pas arrêtée. Elle la portait sur son dos, de l'aube au crépuscule.

Un jour, le maître de Chada est venu chercher Teslem pour l'offrir à son fils. La fillette devait avoir 4 ans, tout au plus. Chada n'a pas protesté. Dans son univers étriqué, cela semblait être dans l'ordre des choses. Puis, Chada a eu une deuxième fille, M'Barka. Le maître l'a donnée en cadeau à sa sœur. "Il a récupéré mes enfants comme ça, un à un, pour les distribuer aux membres de sa famille. Il ne m'a pas demandé mon avis."  Il n'avait pas à le faire. Au fil des ans, Chada en a donné neuf à son maître. Neuf petits esclaves, comme elle. Esclaves d'aujourd'hui

 

Les Noirs sont une marchandise

Aux yeux de son maître, Chada était une marchandise. Elle était née pour le servir, comme ses enfants, comme sa mère avant elle. Cet esclavage héréditaire semble d'un autre âge, mais se pratique toujours, ici. Largement. La Mauritanie se situe en tête des pays esclavagistes, selon un classement de la fondation australienne Walk Free. Nulle part ailleurs une aussi large proportion de la population n'est-elle réduite en esclavage : 4 % des Mauritaniens sont asservis, soit 150 000 des 3,8 millions d'habitants du pays. Ces esclaves des temps modernes sont, pour la plupart, éparpillés dans le désert. Ils n'ont pas droit à l'école, aux terres, à l'héritage. Ils ne peuvent ni se marier ni divorcer sans la (rare) permission de leur maître. Ils sont totalement dépendants. Et soumis.

La nuit tombée sur le désert, Chada se recroquevillait sous des loques, blottie contre l'enfant qui ne lui avait pas encore été arraché, pendant que son maître s'installait avec sa famille sous une large tente bien dressée. Parfois, l'enfant s'approchait de la tente. Le maître le chassait en le traitant de "petit chacal". Chada et les siens ne se sont jamais réunis sous une tente pour partager un repas. "Ce n'est jamais arrivé. Jamais. Je croyais que les fêtes, c'était pour les maîtres. Et je croyais que ma vie était normale. Je n'avais rien connu d'autre."

 

Des viols sans cesse

Les enfants de Chada ont, pour la plupart, hérité de sa peau d'ébène. Mais quelques-uns ont le teint beaucoup plus clair. Bien malgré eux, ces enfants mulâtres lui rappellent sans cesse les viols que son maître lui a fait subir, année après année. En Mauritanie, la couleur de la peau distingue dans une large mesure le maître de l'esclave. Les premiers sont maures, d'origine arabo-berbère, et forment l'élite du pays. Les seconds sont haratines, descendants des Noirs africains qui vivaient le long du fleuve Sénégal avant d'être capturés et asservis, il y a des siècles, par les envahisseurs maures. Quand on interroge Chada sur le père de ses enfants, elle se mure dans le silence. "On ne pose jamais cette question", me sermonnera plus tard Hamady Lehbouss, porte-parole de l'Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), groupe militant.

"L'esclave n'a pas de père. Souvent, c'est le maître, ou alors, c'est un homme de passage." L'important, c'est que l'esclave soit engrossée, explique Salimata Lam, coordonnatrice nationale de l'organisme SOS esclaves ! "Le maître a besoin des enfants. C'est sa main-d'œuvre." Alors, il traite son esclave comme du bétail. "Mon maître me disait que je n'avais pas d'âme. Me tuer, c'était comme tuer un animal", raconte Chada.
Il y a dix ans, son frère Matala a disparu sans laisser de traces. Chada s'est inquiétée auprès de son maître de ne plus jamais l'apercevoir au campement. Le maître lui a répondu que son frère était mort, sans plus d'explications. "Il m'a seulement dit : 'Pourquoi me parles-tu d'un esclave qui n'existe plus ?'" Mais Matala n'était pas mort. Il avait fui.

 

La liberté à tout prix

Quand il était esclave, Matala Ould M'Beyrick a appris qu'ailleurs la vie pouvait être différente. Qu'il existait un endroit où les Maures et les Haratines pouvaient s'asseoir sur le même tapis, sous la même tente, et partager le même repas. D'égal à égal. Matala avait soif de cette vie-là. Il n'en pouvait plus d'être battu, de se nourrir de restes et, surtout, de voir sa mère puis sa sœur Chada se faire violer sans pouvoir intervenir. Matala voulait fuir, à tout prix. Quitte à risquer sa vie. "J'avais vu les dépouilles de deux esclaves, au campement, qui avaient tenté de s'enfuir." Leurs maîtres les avaient rattrapés, à bord de leur Land Rover, dans le Sahara. L'un est mort étouffé sous d'énormes sacs de provisions, dans le coffre arrière du véhicule. L'autre a été pourchassé en plein désert. "Ils l'ont forcé à courir à perdre haleine devant le 4 x 4. Il n'a pas tenu le coup."

Discrètement, Matala a programmé sa fuite. Ça s'est passé un jour de 2003. Il a dirigé son troupeau vers la seule route des environs, qui menait à une base militaire. Et il a attendu. Une patrouille est passée. Par chance, le chef était haratine. Matala a pris son courage à deux mains et lui a tout raconté. La patrouille l'a escorté à la base. Plus tard, les maîtres sont venus le réclamer. "Ils ont voulu arranger les choses à l'amiable avec les militaires. J'ai dit au chef que je préférais qu'on me tire une balle dans la tête plutôt que de retourner vers ces gens." Les militaires ont chassé les maîtres. Pour la première fois de sa vie, Matala était libre.

 

Opération de sauvetage

Libre, enfin. Mais tourmenté. Pendant dix ans, Matala a pensé à sa sœur Chada et aux enfants qu'il avait laissés. Pendant dix ans, il a tenté de les faire libérer. Chaque année, depuis 2003, il a pris un mois de congé pour retourner là-bas, à un millier de kilomètres de la capitale, Nouakchott, afin de plaider sa cause auprès des autorités locales. Longtemps, personne n'a voulu l'aider. On lui a d'abord raconté qu'on ne retrouvait pas les nomades. Puis, on a prétexté que le campement ne se trouvait pas en territoire mauritanien, mais en Algérie. On a même exigé 1,8 million d'ouguiyas (4 600 euros) pour financer l'opération de sauvetage.

Alors, chaque année, pendant 10 ans, Matala est rentré à Nouakchott, la capitale, les mains vides et le coeur gros. Mais il n'a jamais lâché. Il a harcelé les gendarmes et les militaires. En mars 2013, alors qu'il n'y croyait presque plus, sa ténacité a enfin été récompensée. Ils sont partis en pleine nuit. Un convoi militaire de 15 véhicules armés. Pas de risques à prendre ; ce coin du désert pullule de membres d'Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi). En 2005, une centaine de djihadistes avaient pris d'assaut une caserne alentour, tuant 15 soldats et s'emparant de tout un arsenal.
Ils sont arrivés au campement aux premières lueurs de l'aube. Quand elle a aperçu son frère, en tête du convoi, Chada a pleuré de joie. Il a fallu des heures pour tous les réunir, mais ils sont repartis ensemble, Chada, ses neuf enfants et ses deux petits-enfants. Les maîtres ont été embarqués. Ils ont passé trois mois en prison avant d'être libérés – et de se volatiliser dans le désert.

L'esclavage est pourtant, depuis 2007, un crime qui peut entraîner de cinq à dix ans de prison en Mauritanie. Matala espère obtenir justice, mais n'attend rien d'un gouvernement qui s'obstine, malgré la nouvelle loi, à nier l'existence même de l'esclavage. En effet, les autorités se bornent à évoquer les "séquelles" d'une pratique ancestrale, désormais éradiquée, assurent-elles, de la Mauritanie moderne. "Les Maures s'en tirent toujours, soupire Matala. L'Etat ne reconnaît pas l'esclavage, alors sa justice ne condamnera jamais un esclavagiste."

Déjà, Matala a pratiquement réussi l'impossible. En mars 2013, quand Chada et les enfants sont entrés dans la petite ville de Zouerate, à 530 km du campement, ils ont été abasourdis. Cramponnée à son oncle, M'Barka posait un tas de questions : c'est quoi ? Un frigo. C'est quoi ? Un mur. C'est quoi ? Des lumières. Oui, ça brille, mais la nuit est bien tombée, je t'assure. Ils n'avaient jamais vu une ville.

 

Les affranchis

Matala vient d'égorger le mouton. Il le dépèce d'une main experte. Sa soeur Chada, allongée sous la tente, a revêtu ses plus beaux vêtements. Il l'interpelle: "Hé, Chada, tu veux la tête ?" Ils éclatent de rire. "Donne-moi ça et je t'étripe !" C'est jour de Tabaski (ou Aïd-el-Kébir, fête musulmane commémorant le sacrifice d'Abraham). L'équivalent de Noël, pour les catholiques.
En ce 15 octobre 2013, Chada s'apprête à la célébrer pour la toute première fois de sa vie.

Pendant ses années d'esclavage, elle avait bien vu ses maîtres préparer le Tabaski, acheter des habits, des bijoux, un mouton pour le traditionnel méchoui. Mais pour elle, c'était une journée comme les autres – mis à part le fait qu'après avoir festoyé ses maîtres lui donnaient la tête de l'animal. Aujourd'hui, elle s'offrira les morceaux les plus tendres. M'Barka prépare le thé. Les enfants s'amusent à faire éclater des pétards. Faute de mieux, la famille s'est installée dans un bidonville de Nouakchott, planté sur la dune. Sous ces tentes élimées, on manque de tout. Mais l'heure est à la fête. Assis à l'écart, Matala s'offre une pause. Le regard bienveillant, il contemple les siens, enfin réunis. Tout ça, c'est son œuvre, mais aussi sa charge. "C'est une énorme responsabilité d'entraîner des gens dans un univers qu'ils ne connaissent pas."  Matala sait que beaucoup d'affranchis se résignent à retourner chez leur maître parce qu'ils ne trouvent pas d'autres moyens de subsistance. "Je m'inquiète pour l'avenir, avoue-t-il. Les enfants me demandent à manger. Parfois, je n'ai rien à leur donner. Il y a des jours où je ne mets pas de marmite sur le feu." Chada, pourtant, semble prête à bien des sacrifices. Il y a tant de choses à rattraper. "Vous savez, je commence à peine à faire connaissance avec mes propres enfants."

 

 source:

                          courrier-international-2   le 04/03/2014.

 

 

  La Mauritanie, ce  n'est pas Cuba, où les enfants sont obligés d'aller à l'école et où on ne peut, ni les faire travailler ni en user comme des jouets sexuels, ni le Vénézuela qui s'emploie  à  s'émanciper de notre  maitre  états-unien ! 

    dieu soit loué, la Mauritanie fait partie du monde libre !

Et ni nos maitres, les Etats-Unis, ni Fabius qui n'a pas vu d'antisémites à Kiev, ni BHL qui entre deux poses avantageuses  sur les barricades(sic), n'a pas aperçu le moindre fasciste,   ne sauraient exiger, en Mauritanie, le simple respect des droits de l'homme! (encore faudrait-il qu'il soit blanc, l'homme!)

                                                        
                                                                                                    u-cursinu-rossu.jpg  U Cursinu Rossu 

 

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19 mars 2014 3 19 /03 /mars /2014 17:38

 

Paco de Lucía, maître de la guitare flamenco, est mort

Le Monde.fr | 26.02.2014 à 09h39 •

Le guitariste espagnol de flamenco Paco de Lucía a été victime d'une crise cardiaque au Mexique. Il avait 66 ans.

Le guitariste flamenco Paco de Lucía a été pris d'un malaise, mardi 25 février, alors qu'il jouait avec ses enfants sur une plage de Cancún (Mexique), où il possédait une maison. Son cœur, qu'il avait profondément gitan, sans en être un lui-même, a lâché sur le chemin de l'hôpital. Né le 21 décembre 1947 à Algésiras (province de Cadix), Francisco Sánchez Gómez de son vrai nom, virtuose qui a su mélanger le flamenco sans le dénaturer, vivait à Palma de Majorque mais vagabondait de Tolède à Cuba.

                                                       

                  

 

 

 

                                               

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19 mars 2014 3 19 /03 /mars /2014 17:08

 

                                                                    cerveau animé

 

 

 

Ukraine : Pour Fabius, le parti antisémite Svoboda n’est pas d’extrême droite

19 mar

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Interrogé mardi par nos confrères de Radio France Inter sur la situation en Ukraine, le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a rejeté les accusations portées contre le parti antisémite Svoboda (Liberté), qualifié d’extrême droite, représenté dans le nouveau gouvernement ukrainien.

“Quand on accuse ce gouvernement d’être d’extrême droite, c’est faux”, a affirmé M. Fabius. “Il y a trois membres du parti Svoboda qui est un parti plus à droite que les autres, mais l’extrême droite n’est pas au sein du gouvernement”, a-t-il ajouté.

Ces propos ont irrité la diplomatie russe qui accuse M. Fabius d’indulgence à l’égard du parti Svoboda.

“Il est connu que l’activité de ce parti a un caractère ouvertement nationaliste. De plus, il soutient des points de vue racistes, antisémites et xénophobes”, a déclaré jeudi le ministère russe à ce propos. “Il est incompréhensible de voir avec quelle facilité certains de nos partenaires en Occident adaptent leurs positions pour tirer des avantages géopolitiques immédiats”, a-t-il ajouté.

“Nous considérons comme dangereuse une telle érosion de la ligne de principe consistant à condamner toute manifestation de nationalisme, de xénophobie et d’antisémitisme”, a-t-il encore écrit.

Dans une interview accordée jeudi à La Voix de la Russie, Viatcheslav Kantor, président du Congrès juif européen (CJE), accuse également le nouveau gouvernement ukrainien de fermer les yeux sur la dangerosité du parti Svoboda.

“Au plus fort des Jeux olympiques de Sotchi, des forces d’extrême droite, totalement nationalistes, je dirais même néonazies, ont fait leur apparition sur le Maïdan. C’est une minorité, peut-être deux mille individus dans toute l’Ukraine. Mais les militants sont armés, très agressifs et le pouvoir en place les laisse faire sous nos yeux. Cet exemple de comportement des autorités et des extrémistes est représentatif de l’Europe dans son ensemble. C’est inadmissible pour n’importe quel pays, qu’il veuille intégrer l’UE ou non.”, a-t-il déclaré.

Mardi, le président du Front de Gauche, Jean-Luc Melenchon, a fustigé les chancelleries occidentales de “nier la réalité de ce qui est en train d’avoir lieu en Ukraine”.

“La preuve ? Il y a bel et bien au gouvernement quatre ministres néo-nazis et non des moindres : le vice-Premier ministre, le ministre de la Défense et de la Sécurité nationale, celui des Ressources naturelles et de l’énergie et le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation. A quoi l’on peut rajouter le nouveau Procureur général du pays et le secrétaire du Conseil national de sécurité et de défense, lui-même fondateur de Svoboda dont le discours antisémite reste un fondement non masqué de sa culture politique. “, a-t-il écrit sur son site internet.

“Cette façon de nier la réalité de ce qui est en train d’avoir lieu en Ukraine crée des zones d’ombres dont les conséquences pourraient devenir terribles.”, a-t-il ajouté.

“En 2012, la Ligue Anti-diffamation (ADL), une des principales organisations juives américaines, a dénoncé l’alliance parlementaire signée par Yulia Tymoshenko avec le parti d’extrême-droite Svoboda. Oubliée !”, a dénoncé M. Melenchon, s’appuyant sur l’article du Monde Juif .info “Ukraine : les liens antisémites et antisionistes de Yulia Timochenko“.

Yohann Taïeb – © Le Monde Juif .info

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19 mars 2014 3 19 /03 /mars /2014 16:59

 

                                                                                                          Panneau_municipales.png

 

19 mars 2014

Dernier meeting de campagne pour la liste UMP CNI, conduite à Bastia par Jean Louis Milani, conseiller général du premier canton, donné en difficulté dans les sondages, en raison d'une perméabilité des électorats, « le sien » étant siphonné par la liste du nationaliste Gilles Simeoni.

Et si plus rien ne nous surprend dans la façon de faire de France 3 Corse Via Stella dès qu’il s’agit de Bastia, on retiendra ici dans un florilège de reportages, consacrés à l’élection dans cette ville, celui relatant ce meeting (vidéo en ligne sur le site le 18 mars et mise à jour le 19). Deux interviews sont réalisées une avec Jean Louis Milani, l’autre avec Jean Yves Bonifay, attaché parlementaire, à la suite d’un commentaire d’images précisant que Jean Baggioni, assis aux côtés de Sauveur Gandolfi Scheit, déplore la division dont le camp libéral pâti. La remarque incrimine-t-elle Sylvain Fanti ? Personne ne peut le dire.

Les deux interviewés sont critiques à l’égard de la gauche « à la fois sur le bilan municipal et la politique gouvernementale » ce qui, de prime abord, venant du candidat de la droite est logique. Le PS n’a pas donné d’investiture à la liste PRG – PCF mais peu importe le téléspectateur n’en sera pas informé. C’est ici que le journaliste vient conclure le reportage avec cette analyse : « faut-il entendre que pour faire barrage à la gauche, il faudrait voter Gilles Simeoni ? Beaucoup de militants présents hier le pensaient ».

Dès lors on s’attendait à un témoignage, un seul. Il n’en sera rien. Le reportage est terminé et la droite bastiaise dans sa totalité convertie à cette option d’un ralliement à Gille Simeoni par le bon génie désintéressé de la chaine régionale publique. Gaullistes, sarkozystes, fillonistes, lepenistes, autonomistes, indépendantistes, tattistes, socialistes ouverts... se retrouveraient au second tour dans « le monde politique merveilleux » imaginé du côté des studios de Fr3 Corse.

Plus sérieusement, cette obstination rédactionnelle est certes conforme aux manipulations de sondages auxquelles nous avons assisté. Néanmoins elle se distingue de l’information de service publique, pluraliste et objective, pour devenir du journalisme engagé voire militant.

Le 23 mars, un seul bulletin vous permettra de refuser cette «pulenda per Bastia» celui de la liste conduite par Jean Zuccarelli et Francis Riolacci.

                                         Michel Stefani

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