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CHANTS REVOLUTIONNAIRES

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23 janvier 2014 4 23 /01 /janvier /2014 19:21
Suspension des négociations concernant le Marché Transatlantique (Patrick LE HYARIC)

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Le début du mouvement qui se développe en Europe et aux Etats-Unis commence à porter ses fruits. Ainsi, le commissaire européen en charge du commerce, M. Karel De Gucht, qui a toujours refusé de rendre public le mandat de négociation, que s’est elle-même donnée la commission, vient d’être contraint d’annoncer une suspension des discussions avec les dirigeants Nord-Américains jusqu’au mois de juin prochain.

 

En effet, il ne peut justifier la création d’un tribunal arbitral permettant aux entreprises de poursuivre les États si elles considèrent que leurs intérêts financiers sont mis en cause. Ceci peut constituer une manœuvre pour laisser passer les élections européennes. Mais toutes les forces sociales, associatives, syndicales et politiques déjà engagées dans l’action pour mettre en échec le projet de marché unique transatlantique doivent redoubler d’efforts pour gagner définitivement.

 

Les députés européens du groupe de la Gauche Unitaire Européenne (GUE/NGL) ne ménageront aucuns efforts en ce sens.

 

Voir le livre de Patrick Le Hyaric « Grand marché transatlantique : Dracula contre les peuples » aux éditions de l’Humanité.

 

Pour commander le livre vous pouvez téléphoner au 01.49.22.72.18

 

dracula

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23 janvier 2014 4 23 /01 /janvier /2014 16:42

Charte européenne des langues régionales ou minoritaires

 

  

 

Déclaration Nationale du PCF

Oui à la ratification de la charte européenne des langues régionales ou minoritaires

Les langues et cultures de France sont une composante de notre patrimoine national. Le reconnaître officiellement est un impératif démocratique. Il découle de notre attachement aux droits humains.

Il est une manière de dire que la diversité des langues et des cultures est une richesse, à l’échelle de la planète comme à l’intérieur de chaque nation. Aujourd’hui moins que jamais, on ne peut considérer que le déclin des langues régionales mais aussi celles issues des migrations qui ont peuplé notre pays, sert l’indispensable combat pour le rayonnement dans le monde du français, langue de la République. Au contraire la protection et l’épanouissement des langues et des cultures de France sont une condition pour que la France continue de jouer tout son rôle dans le concert des peuples et des nations.

Cette position est conforme à notre conception de l’avenir de la France, de l’Europe et du monde. Elle découle de notre vision du genre humain et de sa liberté. Si nous ne voulons pas d’un monde standardisé, étouffé par les mécanismes appauvrissant de l’argent roi et de l’étatisme centralisateur, il faut favoriser le développement de la personne humaine. Tout ce qui permet à chacune et chacun d’être un acteur autonome et conscient de son destin doit être valorisé par la puissance publique. Le droit à l’apprentissage de la langue nationale comme à celui des autres langues de France est une pièce décisive de l’équilibre démocratique. La France a besoin de valoriser sa diversité. L’Europe aussi à condition qu’elle ne soit pas corsetée par le carcan libéral qui fait primer la finance sur le développement humain. L’Europe de la diversité linguistique est d’ailleurs contradictoire avec le traité de Lisbonne, les politiques d’austérité et le technocratisme antidémocratique rejetant la souveraineté des peuples et des nations qui la composent. Notre soutien à la charte européenne des langues régionales et minoritaires est indissociable de notre combat pour une réorientation progressiste de l’Europe.

Notre position favorable à la ratification de la charte est conforme aux différents projets de loi sur les langues et les cultures de France que nous avons proposée dès les années 80, le dernier en date en 2008, défendu en leur temps par Guy Hermier et Michel Vaxes. Marie-George Buffet l’a rappelé en 2013 lors du débat sur la loi de refondation de l’école.

C’est pourquoi nous approuvons la proposition du Premier Ministre d’engager le processus législatif en vue de la ratification par la France de la charte européenne des langues régionales ou minoritaires même si nous considérons que cette charte est incomplète, en particulier en ce qui concerne les langues issues des immigrations.

La proposition de loi doit venir en débat le 22 janvier. Cette étape constitutionnelle doit à notre sens, être suivie par l’adoption d’une loi-cadre garantissant un statut pour les langues et cultures de France.

Comment revendiquer la diversité culturelle et linguistique dans le monde, face l’hégémonie de l’anglo-américain, et la refuser à l’intérieur des frontières de notre pays. Comment ne pas voir que la valorisation de la richesse linguistique en France et dans le monde participe à la défense de la langue française, langue de la République et de la résistance au rouleau compresseur d’une monoculture liée à un impérialisme économique, culturel et consumériste ?

La question des langues et cultures de France contribue également à l’enrichissement de la dimension du fait régional en permettant une conception différente de la décentralisation. On voudrait nous faire oublier que la seule conception possible de cette décentralisation serait celle qui conduit à réduire l’Etat « au minimum » en transférant une « gouvernance locale » aux collectivités territoriales, qui assumeraient les coûts et les responsabilités politiques, pendant que l’Union Européenne serait chargée de faire respecter par tous, y compris les collectivités territoriales, la loi généralisée de la concurrence.

Nous avions proposé au nom du Front de Gauche lors de la campagne présidentielle qu’une nouvelle loi mette à jour la loi Deixonne de 1951,

« Une nouvelle loi mettra à jour la loi Deixonne de 1951, autorisant l’apprentissage des langues régionales dans l’enseignement public, et le Front de Gauche s’engage d’ores et déjà pour en rédiger le projet, en s’adressant aux différents partenaires et associations linguistiques et culturels.

Le Front de Gauche, dans sa volonté de refonder une Europe au service des peuples, intègrera les langues et cultures de France comme moyens d’ouverture sur nos voisins européens, en proposant de réviser tant sa constitution que la charte européenne des langues, pour en permettre sa signature. »

Cet engagement d’hier demeure le fil conducteur de notre engagement, le groupe GUE/NGL au Parlement s’est inscrit positivement dans cette démarche et nos actes au Parlement et au sénat traduiront cette volonté.

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23 janvier 2014 4 23 /01 /janvier /2014 16:04

 

 

 

 

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UN VRAI FAUX AMI DE LA GAUCHE BASTIAISE

     Jean-Charles Orsucci, vice-président de l’Assemblée territoriale, vient de faire une proposition “choc”pour les prochaines échéances électorales: l’union des forces de gauche et des nationalistes dans les grandes villes de Corse. Cette union engloberait “les forces de gauche, PS et radicaux, jusqu’aux nationalistes, au centre droit”. Et, il précise: “quand je dis nationalistes, j’inclus Corsica Libera. En perspective, il y a l’enjeu régional”.

                                                    Pour lui, “les municipales seront déterminantes dans les relations futures avec le gouvernement concernant, notamment, les évolutions institutionnelles”. Aux personnalités de gauche qui refusent les accords avec les nationalistes tant que la question de la violence ne sera pas réglée, il promet “une initiative majeure des mouvements nationalistes dans toutes leurs composantes, y compris clandestine: un processus irlandais ou de type Pays Basque avec un dépôt des armes ad vitam eternam”.

                                                      Jean-Charles Orsucci veut transformer les prochaines élections en simulacre de référendum: “si les municipales vont dans ce sens, Paris ne pourra pas rester sourd”. Il rejoint  les nationalistes de Femu a Corsica  qui ont fait des municipales une bataille politique pour inciter le gouvernement à “changer fondamentalement sa politique en Corse”.

                                                       La première conséquence de cette proposition serait un détournement de sens du scrutin municipal qui est de choisir, dans chaque commune et dans un exercice de démocratie de proximité, un projet et une équipe répondant à la volonté des habitants concernés. De la même manière qu’au plan national la très grande majorité des français ne fait pas de la politique gouvernementale un enjeu des municipales, au plan régional le corps électoral de chaque commune n’est pas appelé à se prononcer sur les débats régionaux mais sur des choix politiques locaux.Il faut refuser cette stratégie de confusion politique où les électrices et les électeurs de Bastia, par exemple, croyant avoir voté uniquement pour les “solutions pour Bastia” de Gilles Simeoni se réveilleraient avec la “gueule de bois” en apprenant qu’il ont demandé, à leur insu, l’inscription de la Corse,en tant que telle, dans la Constitution, eux qui en 2003 ont dit Non à 70% au référendum.

                                                       L’autre conséquence de l’initiative du maire de Bonifacio serait d’inviter la gauche insulaire au bout de la table du “Yalta” corse proposé récemment par François Alfonsi. En déclinant la stratégie nationaliste pour les municipales, le député européen n’a pas hésité à mettre les petits plats dans les grands : conquérir Bastia et Porto-Vecchio, peser sur Ajaccio et Sarténe, une  grande bouffe électorale destinée à faire avaler bien des couleuvres! L’objectif étant, selon François Alfonsi, de dépasser “le plan du débat interne au peuple corse pour faire peser les intérêts de la Corse au plan de la relation de la Corse à la France”. Gilles Simeoni avait dénoncé le “conclave” de Venaco où la gauche avait réparti les responsabilités pour la gouvernance de la Collectivité Territoriale. Là, c’est la Corse qu’on se partagerait !

 

                                                      Pour la conquête de Bastia par les nationalistes (la plus belle prise du tableau), Jean-Charles Orsucci propose de soutenir le ticket Tatti- De Gentili avec lesquels il partage “la même vision de la Corse sur les questions fondamentales concernant notamment les évolutions institutionnelles”. Le ralliement d’Emmanuelle De Gentili à François Tatti a changé le sens de la candidature de ce dernier: d’une primaire voulue par celui-ci pour choisir sur les seules compétences le poste de maire à gauche , Emmanuelle De Gentili l’a transformée en cheval de Troie  pour faire exploser la gauche au premier tour. Le scénario du second tour s’écrirait sur un bulletin de vote où figureraient côte à côte Gilles Simeoni, François Tatti, Emmanuelle De Gentili et Eric Simoni. La primaire ne devant plus servir qu’à départager le leader-ship entre François Tatti et Gilles Simeoni pour le siège de maire.

                                                     Si Jean-Charles Orsucci prend la précaution de souhaiter que “Bastia reste à gauche”, c’est comme un vrai faux ami qui vous assure de sa confiance pour mieux vous tromper. La gauche préférée de Jean-Charles Orsucci serait une gauche alibi, une gauche de renoncement à ses valeurs, une gauche otage de forces politiques de tout temps hostiles aux municipalités de gauche successives et à leurs grandes réalisations.

                                                      Les électrices et les électeurs de gauche sont désormais avertis: voter pour la liste Tatti-De Gentili serait ouvrir la voie à une alliance avec les nationalistes de toutes obédiences pour chasser la gauche de la mairie. Il n’y a donc qu’une seule liste capable de garder Bastia à gauche, de poursuivre l’œuvre entreprise, de proposer de nouveaux progrès, celle qui a reçu le soutien du PRG, du PCF, des socialistes bastiais, de Paul Giacobbi, de Dominique Bucchini et de Joseph Castelli, la liste de la gauche rassemblée autour  de Jean Zuccarelli et de Francis Riolacci.

                                                     Au-delà de la gauche, ce sont tous les bastiais qui doivent refuser  de voir leur ville ravalée au rang de tremplin électoral  pour ceux qui rêvent depuis toujours de rebondir vers un destin régional qui changerait le cours de l’histoire de la relation de la Corse à la France. Les bastiaises et les bastiais aiment leur ville, ils ont pour elle une ambition de capitale. Ils  sauront se rassembler pour confier A Casa Cumuna à une équipe dont l’idéal républicain de liberté, d’égalité et de fraternité sera la meilleure garantie de tous les citoyens de Bastia d’être respectés ,quelles que soient leurs origines sociales ou géographiques, leurs opinions politiques, philosophiques ou religieuses.

                     Section de Bastia du Parti Communiste Français

Le 20 janvier 2014

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17 janvier 2014 5 17 /01 /janvier /2014 10:11

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    « Quand la bourgeoisie m’applaudit je me demande quelle bêtise j’ai bien pu commettre » 

                           A. Bebel, révolutionnaire allemand.

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17 janvier 2014 5 17 /01 /janvier /2014 09:48

- le 17 Janvier 2014

L’oseille. L'éditorial de Claude Cabanes
 

Le président de la République a donc déclaré :

«Les possédants sont possédés par ce qu’ils possèdent.» Non, non, vous n’y êtes pas, ce n’est pas François Hollande qui a livré cette saisissante formule, mardi dernier à l’Élysée. C’était le général de Gaulle, il y a bien longtemps… Un ange passe…

Et ce n’est pas non plus dans cet état d’esprit – cruel à l’égard des maîtres de la fortune que le premier ministre était, hier matin, devant les micros de France Inter. Au contraire même, puisqu’à l’occasion de la revue de presse, il s’en est pris à une analyse de notre journal, qui s’inquiétait vivement de « la fin des cotisations familiales », à hauteur de plus de 30 milliards d’euros. Nous répondons au fond dans les colonnes voisines à sa remarque, peu fondée. Mais c’est le moment, précisément, d’indiquer à Jean-Marc Ayrault que l’exercice de son esprit critique à notre égard est, certes, parfaitement légitime et sans limites, mais l’est beaucoup moins l’ostracisme dont est victime l’Humanité, qui n’a jamais été autorisée à interroger le chef de l’État au cours de ses conférences de presse. Les micros sont verrouillés. C’est dommage. Car cela donne du grain à moudre à ceux qui estiment qu’en très haut lieu, on s’efforce d’effacer du « paysage » général les communistes et leur journal… On ne peut pas le croire, n’est-ce pas ?

Parce que, de l’autre côté, les encouragements ardents ne manquent pas à la ligne libérale tous azimuts. À droite, les petits capitaines de l’UMP se congratulent en douce ; certes, ils se chamaillent, mais ce n’est pas nouveau, ils se chamaillaient aussi avant, mais pour l’essentiel, c’est leur victoire : le « pacte Hollande » (autrement dit libérer le capital de toutes les entraves), c’est aussi leur « pacte », leur dogme et leur politique, leur dogme et leur politique de fond. Au point qu’un quotidien confidentiel affirme : « Il n’y a plus de gauche en Europe » (ce qui est aller un peu vite en besogne, nous sommes là, Mesdames, Messieurs…). À Bruxelles, on sable le champagne à la Commission européenne après la prestation de mardi. Berlin exulte. Les fantômes de Tony Blair et de Gerhard Schröder reprennent du service. Chez nous, les éditorialistes, chroniqueurs, professeurs et experts en tout genre exultent de cet orage « moderne et postmoderne » qui fait trembler l’Élysée… Évidemment, chacun en vient à admettre une donnée fâcheuse : François Hollande n’aurait pas pu se faire élire sur son programme du 14 janvier. Il s’est fait élire sur une autre ligne, dite désormais « socialiste »… Cette sorte de hiatus porte en lui de nouveaux désastres politiques et électoraux.

Les grands patrons, eux, ne boudent pas leur plaisir et ils s’avancent en rangs serrés pour mettre leurs pas dans les pas de François Hollande. Hier, la fournée a été dense : Henri de Castries, d’Axa ; Serge Papin, de Système U ; François Davy, de Foncia ; Jean-Laurent Bonnafé, de BNP Paribas ; Jean-Paul Agon, de L’Oréal, etc.,ont fait savoir leur enthousiasme. Comme on dit dans les bureaux du Medef : « Une telle baisse des charges, on n’avait jamais vu ça… » Et tout ce joli monde est unanime pour estimer, comme le premier ministre, qu’il ne peut pas y avoir de « machin » bureaucratique pour vérifier les « contreparties » : par exemple, que le nouveau pactole ne servira pas à arroser les actionnaires… L’observatoire des garanties amusera la galerie. Bref, ce ne sera pas « prends l’oseille et tire-toi », comme on disait autrefois au cinéma ? Qui sait ?

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17 janvier 2014 5 17 /01 /janvier /2014 09:24

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nie-wieder-kriegDéclaration de 31 Partis communistes et ouvriers européens sur le centenaire du début de la Première guerre mondiale :

 

 

« une guerre capitaliste d'agression et de conquête »





Déclaration soumise par le Parti communiste d'Allemagne (DKP), le Parti communiste du Luxembourg (KPL) et le Parti du travail de Belgique (PTB) repris par http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Cent ans après de début de la Première Guerre mondiale, nous éprouvons un nouveau débat sur la question de savoir qui a mis le feu. Cette remise en question de la responsabilité principale de l'impérialisme allemand pour le carnage des peuples pendant plus de quatre ans n'a, naturellement, pas pour but de trouver la vérité historique. Elle vise plutôt à légitimer la politique impérialiste actuelle théoriquement et politiquement.



La Première Guerre mondiale fut suscité par les intérêts d'expansion de la part des grandes puissances d'Europe, cherchant à conquérir de nouveaux marchés et ressources, et orientés vers une redistribution des marchés et ressources existants. C'était une « guerre d'agression et conquête capitaliste », comme l'a constaté Karl Liebknecht bien vite. Du même coup, la guerre offrait une opportunité pour les forces dominantes de contaminer la conscience des classes ouvrières dans leurs pays avec le venin de l’opportunisme, du nationalisme, et du chauvinisme.



En été 1914, deux blocs militaires délibérés se trouvaient face à face : « la Triple Alliance », composé de l'Allemagne, l'Autriche-Hongrie et l'Italie, et « l'Entente » du Royaume-Uni et de la France, auxquels la Russie s'est alliée. En 1915, l'Italie entra en guerre aux côtés de l'Entente.



L'attentat de Sarajevo fut l'occasion bienvenue pour les grands puissances bellicistes de réaliser leurs concepts stratégiques. Ce qui suivait était une guerre qui, pour la première fois dans l'histoire, était menée sur tous les continents. Trente-huit pays participaient, plus leurs colonies de l'époque. Et c'était la première guerre menée aussi industriellement. La tuerie faisait sept millions de victimes, la population civile souffrait une famine et des épidémies d'une ampleur inconnue. Vingt millions étaient blessés ou estropiés, des valeurs matériels incroyables étaient détruits.



Le carnage finissait par une défaite militaire des agresseurs. La Révolution de Novembre en Allemagne, les révolutions en Autriche, en Hongrie et d'autres pays étaient étouffés à cause du rôle que jouaient les leaders social-démocrate de droite au cours de la répression de la révolution. Certes, la monarchie fut détrônée en Allemagne, suivit par l'établissement de la république, mais les généraux et les forces du capital monopolistique demeuraient – leur survie politique a plus tard rendu la Seconde Guerre mondiale possible.



La social-démocratie fut divisée au cours de la Première Guerre mondiale, les forces révolutionnaires se séparèrent de la Première Internationale et fondaient des partis communistes autour du monde. La Grande Révolution Socialiste d'Octobre en Russie a tracé la voie pour le premier État ouvrier et paysan de l'histoire humaine. La Première Guerre mondiale donc suscitait un nouvel espoir pour le monde – l'espoir du socialisme. Les partis signataires y tiennent toujours.



« Et finalement, aucune autre guerre sera possible pour l'Allemagne prussienne qu'une guerre mondiale, et ce sera une guerre mondiale d'une étendue et d'une violence sans précédent. Entre huit ou dix millions de soldats iront s'étrangler entre eux, et ils vont ravager l'Europe comme jamais ne l'a fait une nuée de sauterelles. Les dévastations de la guerre de Trente Ans seront concentré dans trois ou quatre ans, et se répandront sur tout le continent ; la famine, des épidémies, un retour à l'état sauvage général du militaire comme des masses populaires causé par la détresse aiguë ; un désarroi sans issue du fonctionnement artificiel de notre commerce, industrie et crédit, finissant par une banqueroute générale ; un effondrement des vieux états et de leur raison d'état, de la façon à ce que des douzaines de couronnes vont rouler sur les pavés, et on ne trouvera personne à les ramasser ; l'impossibilité de prévoir comment tout ça finira, et qui sera le vainqueur de cette lutte ; seul un résultat est absolument certain : l'épuisement général et la création des conditions pour la victoire finale de la classe ouvrière. »

Friedrich Engels, 1887



Partis qui ont proposé la déclaration :



Parti communiste d'Allemagne

Parti communiste du Luxembourg

Parti du Travail de Belgique



Partis qui soutiennent la déclaration :



Party du Travail d'Autriche

Parti communiste de Bohême-Moravie

Parti communiste de Grande-Bretagne

Parti communiste de Catalogne

Parti socialiste ouvrier de Croatie

AKEL (Chypre)

Parti communiste du Danemark

Parti communiste au Danemark

Parti communiste de Finlande

Parti communiste français

PRCF

Parti communiste unifié de Géorgie

Parti communiste de Grèce

Parti ouvrier hongrois

Parti communiste d'Irlande

Parti des communistes italiens (PdCI)

Parti communiste de Malte

Nouveau parti communiste des Pays-Bas

Parti communiste de Pologne

Parti communiste portugais

Parti communiste de la Fédération de Russie

Nouveau parti communiste de Yougoslavie

Parti des communistes de Serbie

Parti communiste d'Espagne

Parti communiste des peuples d'Espagne

Parti communiste de Suède

Parti suisse du travail

Parti communiste d'Ukraine

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16 janvier 2014 4 16 /01 /janvier /2014 18:49

 

Clio

Clio, la muse de l'Histoire

 

                LENINE, L'HOMME QUI EBRANLA LE MONDE

 

 

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              L'Huma-Dimanche de cette semaine rappelle ce que fut Lénine, le fondateur du premier état socialiste, mort le 21 janvier 1924.


               Les communistes savent ce qu'ils doivent à cet homme d'action qui fut aussi un philosophe et un grand théoricien de la Révolution.

                                                 

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16 janvier 2014 4 16 /01 /janvier /2014 15:02

 

                                                     solidarité internationaliste          

 

 

karl-liebknecht-and-Rosa-Luxemburg-celebrities-who-died-you.pngDes dizaines de milliers de manifestants à Berlin pour rendre hommage à Rosa Luxembourg et Karl Liebknecht, assassinés il y a 95 ans

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net

 

 

Ils étaient plusieurs dizaines de milliers à Berlin ce 12 janvier 2014 pour rendre hommage aux fondateurs du Parti communiste allemand, les révolutionnaires Karl Liebknecht et Rosa Luxembourg, assassinés par les « Frei Korps » sur ordre d'un ministre social-démocrate.

 

Comme chaque année, ce 12 janvier, les militants de gauche, anti-facistes, pacifistes, communistes ont déposé une gerbe sur la tombe de Rosa Luxembourg et Karl Liebknecht. Ils étaient plusieurs dizaines de milliers, venus de toute l'Allemagne, de toute l'Europe, des oeillets rouges à la main.

 

Le dépôt de gerbe s'est poursuivi par un défilé qui a mobilisé, selon les organisateurs, 15 000 manifestants, avec une forte présence des militants du Parti communiste allemand (DKP) ainsi que de divers groupes anti-fascistes.

 

Un défilé où la banderole accolait les noms de Luxembourg, Liebknecht à celui de Lénine. Avec comme mot d'ordre combatif : « On n'oublie rien ni personne … levez-vous et résistez ! »

 

SBZ_1949_229_Karl_Liebknecht_und_Rosa_Luxemburg.jpgRosa et Karl, une passion révolutionnaire face à la trahison social-démocrate

 

Par leur martyr, leur courage héroïque, Rosa et Karl sont devenus deux icônes, aux idées parfois édulcorées, au combat dévoyé par une mémoire sélective, visant à les réduire comme tant d'autres à des « icônes inoffensives ».

 

Liebknecht fut un des premiers à dénoncer le péril de la militarisation de la société allemande qui atteignait même les socialistes. Il est le premier député social-démocrate à rester fidèle au serment de l'Internationale socialiste, à refuser de voter les crédits de guerre

 

« L'aigle » Rosa, comme la surnommait Lénine, fut une inlassable combattante de la révolution, de la paix, dénonçant dès 1914 la trahison de la social-démocratie, ces Kautsky qui transformait l'appel de Marx en temps de guerre en « Prolétaires de tous pays, égorgez-vous ! »

 

Fondateurs du courant spartakiste au sein du Parti social-démocrate – héritier de la tradition marxiste et pacifiste du parti – c'est pénétrés par la pensée et l'action de Lénine, artisan de la Révolution d'octobre qu'ils fondent le 1er janvier 1919 le Parti communiste d'Allemagne (KPD).

 

En dépit des réticences de Lénine, des doutes de Luxembourg, une « insurrection spartakiste » frappe Berlin début janvier 1919.

 

Sans organisation ferme, ni perspective claire, la révolte est réprimée dans le sang avec l'action des « Frei korps », des milices issues des troupes de choc de la Première Guerre mondiale, qui se fonderont plus tard dans les SA du Parti nazi.

 

Ces « frei korps » reçurent lors de la fameuse « Semaine sanglante » le feu vert de la part du Ministre de l'Intérieur social-démocrate Gustav Noske et du Président social-démocrate Friedrich Ebert pour réprimer dans le sang la révolte, assassiner les deux dirigeants communistes.

 

Finalement, les brutaux « frei korps » capturent Liebknecht et Luxembourg, fracassent le crâne de cette dernière avant de la jeter dans le canal qui longeait le lieu de l'exécution (Landwehrkanal).

 

Disons-le haut et fort, l'héritage de Rosa et Karl appartient au mouvement communiste, pas aux forces héritières, continuatrices ou supplétives de la social-démocratie. Ce serait un comble !

 

L'appel à la manifestation de 2014 : « Non à une intervention militaire en Syrie, au Mali, en Iran, non à des soldats allemands à l'étranger ! »

 

lieb-lux.jpgLes diverses organisations locales qui ont appelé à la manifestation – essentiellement de groupes anti-fascistes, de Die Linke et du Parti communiste d'Allemagne (DKP) – ont rendu public l'appel suivant, résolument anti-impérialiste, révolutionnaire et pacifiste :

 

« 'Liebknecht a combattu pour nous tous', c'est ce qu'écrivait Rosa Luxembourg quand il fut arrêté après la fameuse manifestation du 1er mai 1916, sur la Potsdamer Platz (…) Il a montré à tous les habitants de ce pays qu'il y a encore des gens qui ont gardé leurs convictions socialistes »

 

Ces convictions, pour lesquelles Rosa et Karl ont été assassinés par la réaction, ce sont toujours les nôtres. Nous les rappelons lors de cette manifestation lors de cette manifestation, inscrite dans l'hommage à Luxembourg et Liebknecht, ce 12 janvier 2014, en cette année qui marque le centenaire de la Première Guerre mondiale.

 

En 1914, Karl Liebknecht était le seul à avoir voté au Reichstag contre les crédits de guerre. Et Rosa Luxembourg disait la même année que « le fait que les classes dominantes nous conduisent tous vers la catastrophe, l'Allemagne en est désormais un cas classique ».

 

Cette analyse de ce système basé sur la maximisation du profit a trouvé dans le fascisme et l'Allemagne de Hitler, seulement vingt-cins ans plus tard avec l'invasion de la Pologne le 1er septembre 1939 qui a déclenché la Seconde guerre mondiale, elle a trouvé dans le génocide du peuple juif, des Slaves et des Tsiganes une confirmation absolument terrifiante.

 

« Nous n'avons pas besoin de catastrophes », disait Rosa Luxembourg. Aujourd'hui encore, nous n'avons pas besoin de cela, nous n'avons pas besoin d'intervention militaire. Ni en Syrie, ni au Mali, ni en Iran. Nulle part. Nous n'avons pas besoin de soldats de la Bundeswehr en Afghanistan, en Turquie ou ailleurs. Nous n'avons pas besoin de drones tueurs ni d'exportations d'armes. Nous n'avons pas besoin de ces dizaines de millions d'opérations d'espionnage réalisées par la NSA, la BND et d'autres agences de renseignement qui se moquent de la démocratie bourgeoise. Nous n'avons pas besoin des nazis, et de leur démagogie sociale particulièrement dangereuse en temps de crise. Nous n'avons pas besoin du racisme, de l'anti-islam, de l'anti-sémitisme et de l'anti-tziganisme. Nous n'avons pas besoin de ce recul social toujours accéléré, de la situation indigne que vivent des millions de personnes. Nous n'avons pas besoin enfin de ces plans de sauvetage pour les banques ».

 

Conférence « Rosa Luxembourg », débat houleux sur la paix : Die Linke pointée sur ses renoncements dans ce combat



En parallèle à la manifestation était organisée dans le week-end la XIX ème Conférence Rosa Luxembourg, chapeautée par la Fondation Rosa Luxembourg, elle-même liée à Die Linke et surtout au PGE – Parti de la gauche européenne.



Le débat central, qui a attiré plus de 2 000 personnes, était organisé par le journal Junge Welt, modéré par son rédacteur en chef Arnold Schotzel. Il réunissait notamment le co-président de Die Linke, Bernd Reizinger, qui a subi des attaques directes et indirectes sur la position de son parti.



Cela a commencé par les interrogations courtoises de Arnold Schotzel sur le manque de position claire de Die Linke face à au volet militariste de l'accord de coalition SPD-CDU qui marque un pas en avant dans la politique belliciste, néo-impérialiste de l'Etat allemand.



Schotzel mentionne la position du responsable aux questions internationales, le jeune loup et député de Linke Stefan Liebich comme source d'inquiétude, comme une rupture avec la tradition d'opposition aux interventions militaires allemandes à l'étranger.



En effet, Liebich a patronné un rapport publié en octobre dernier intitulé « La politique étrangère de Linke : des perspectives de ré-orientation », ouvre la voie à des soutiens à des interventions militaires, si elles sont sous mandat de l'ONU et sous des prétextes humanitaires.



Si Bernd Reixinger a tenu sur-le-champ à réaffirmer l'engagement de Linke pour la paix, sa réponse a été vite remise en cause par le témoignage de Monty Schädel, secrétaire du Mouvement allemand pour la paix, révélateur de la capitulation symbolique de Die Linke sur la question de la paix.



Monty Schädel rappelle que l'Accord de coalition prévoit une opération séduction de la Bundeswehr vis-à-vis de l'opinion publique, pour préparer la militarisation de la société allemande.



Or, en Mecklembourg-Poméranie occidentale, la Bundeswehr a été appelée pour la première fois aux vœux du Nouvel An par le gouvernement de grande coalition SPD-CDU … onze des douze députés fédéraux de Linke ont voté pour inviter l'armée allemande aux vœux !



En 1914, la social-démocratie promettait d'opposer la « solidarité prolétarienne » à la « guerre impérialiste ». En quelques mois, les dirigeants du SPD joignaient l'union sacrée au nom de la lutte de « la civilisation allemande » contre la « barbarie russe ».



Ils étaient peu les Karl Liebknecht et Rosa Luxembourg pour refuser le carnage de la classe ouvrière européenne qui « ne se connaissait pas » au profit d'industriels, de politiciens, de banquiers qui eux « se connaissaient bien », pour reprendre la fameuse phrase de Paul Valéry.



En 2014, les périls de guerre montent à l'horizon et Die Linke plie sous la machine de guerre néo-impérialiste allemande, sous prétexte de « mission humanitaire » (civilisatrice) ou de la restauration de la place de l'Allemagne sur la scène mondiale. Un refrain bien connu, hélas.



En 2014, comme en 1914, plus que jamais, que vive l'héritage de Rosa Luxembourg et Karl Liebknecht !

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16 janvier 2014 4 16 /01 /janvier /2014 14:53

 

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« Sans ceux qui fournissent le bois, les bûchers ne flamberaient pas »

Proverbe norvégien.

 

PC030782.JPGOn nous dit à présent que l'extrême-droite est civilisée et bien propre. Disparus racisme et menaces? Voire ! En Vaucluse, il existe toujours des supporters dangereux.

À partir d'exemples concrets, Roger Martin, secrétaire de la section Oswald Calvetti du PCF, François Corteggiani scénariste-dessinateur et Laurence Boissier, militante d'Entraigues ont témoigné de leur expérience au cours d'une conférence de presse à laquelle assistait Fabienne Haloui, secrétaire fédérale du PCF. 

 

Les correspondants du Contadin, de La Marseillaise, de La Provence et de Vaucluse Matin avaient répondu présents. Radio France Vaucluse et l'Humanité avaient réalisé une interview de Roger Martin par téléphone. Rouge Cerise reviendra prochainement sur ces différents compte-rendus qui à maints égards ne manquent pas d'intérêt....

 

 

 


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16 janvier 2014 4 16 /01 /janvier /2014 14:27

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Front de Gauche : comment aller de l’'avant ?

jeudi 16 janvier 2014

Front de Gauche : comment aller de l’avant ?

Près de cinq ans après sa création, le Front de Gauche traverse une période de fortes turbulences. Dans un certain nombre de villes – et non des moindres –, le PCF et le Parti de gauche (PG) n’auront pas de listes communes au premier tour des élections municipales de mars 2014. Par ailleurs, mi-décembre, le PG a annoncé qu'’il suspendait pendant quatre mois sa participation au Parti de la Gauche Européenne (PGE), qui regroupe plusieurs partis européens de la « gauche radicale » (dont le PCF) et qui vient de réélire à sa tête Pierre Laurent. Pourquoi cette auto-suspension ? Parce que Pierre Laurent a soutenu l’'option d'’une liste PS-PCF au premier tour des municipales à Paris, nous expliquent les dirigeants du PG. Dans L’Humanité Dimanche du 19 décembre, Cédric Clérin (PCF) réagissait ainsi : « Le Parti de gauche veut-il la peau du Front de Gauche ? On pourrait le croire, tant les actes de rupture envers son allié communiste se multiplient ». De son côté, le PG affirme que les dirigeants du PCF sont responsables de cette situation et mettent en péril le Front de Gauche.

Les militants et sympathisants du Front de Gauche ont parfois du mal à se repérer au milieu de ces tirs croisés de critiques publiques. Ce qui, ces derniers mois, a compliqué la compréhension de la situation interne au Front de Gauche, c’'est l’'enchevêtrement complexe de divergences politiques réelles et de positions qui relevaient, au PCF comme au PG, de logiques d’'appareil, avec ce que cela comporte de manœoeuvres et de postures plus ou moins artificielles. Sur la question des municipales, par exemple, toutes sortes d'arguments politiques et de beaux principes ont été mobilisés (et pas seulement au PCF) pour justifier des choix tactiques essentiellement dictés, en réalité, par la volonté d’obtenir un maximum de positions éligibles – et ce qui vient avec : l'’argent, le prestige, etc.

De même, en suspendant provisoirement son adhésion au PGE, la direction du PG a adopté une simple posture qui ne fait pas avancer notre combat d'’un centimètre. Les travailleurs ne connaissent pas le PGE ou ne s'’y intéressent pas le moins du monde. Cette initiative du PG ne leur apprend rien sur ses idées et son programme. Elle est à mille lieues de leurs problèmes et de leurs aspirations.

L’attitude à l’égard du gouvernement

Reste que tout ceci exprimait – même de façon confuse – des divergences politiques réelles entre les directions du PCF et du PG. Et la principale divergence portait sur l’'attitude à adopter à l’égard du gouvernement. Nous écrivons « portait » et non « porte », car comme nous le verrons plus loin, la position de la direction du PCF sur cette question semble évoluer, ces dernières semaines.

Le PCF comme le PG critiquent la politique d’austérité du gouvernement, mais le PG l’a fait plus sévèrement que le PCF, en général. Cette différence de ton n’'est déjà pas un détail, dans la mesure où la plupart des travailleurs, eux, ne mâchent pas leurs mots contre François Hollande et ses ministres. Le Front de Gauche doit être au diapason de cette colère. Mais jusqu'’en décembre 2013, il y avait aussi une différence d’'approche sensible dans la façon de concevoir le rôle et les objectifs politiques du Front de Gauche face au gouvernement.

Dès les toutes premières mesures du gouvernement Hollande, en 2012, la direction du PCF a demandé qu'’il « change de cap » et « mène une véritable politique de gauche ». Cette formule est revenue sans cesse dans la propagande publique du parti. Elle n’était pas mauvaise en soi. Mais compte tenu de la politique du gouvernement, elle était complètement déconnectée de l'’humeur réelle de la masse des travailleurs, qui ont rapidement compris que François Hollande les abandonnait, ne s'’occupait que des riches et poursuivait, au fond, la politique de Nicolas Sarkozy. Ils ne croient plus – depuis longtemps – à un virage à gauche du gouvernement. De fait, sa trajectoire politique n'’a pas viré vers la gauche, mais vers la droite. Les travailleurs ne se faisaient donc aucune illusion sur l'’efficacité des « appels » que le PCF adressait au gouvernement. En cela, ils avaient bien raison.

Conscients de ce problème, les dirigeants du parti ont régulièrement expliqué qu’'il s’agissait en réalité d’'imposer au gouvernement ce « changement de cap » au moyen de mobilisations des travailleurs. Le Front de Gauche était alors présenté comme un instrument de la pression que le mouvement ouvrier doit exercer sur le gouvernement socialiste en vue d'’infléchir sa politique vers la gauche. Mais même cette perspective était bien trop abstraite. Toute l'’expérience des gouvernements de gauche en Europe, ces dernières années, montre que du fait de la profonde crise du capitalisme et de la complète dégénérescence pro-capitaliste des dirigeants « socialistes », des manifestations de masse et des grèves générales de 24 heures, même très suivies, ne permettent pas d'’infléchir un tant soit peu la politique de gouvernements « de gauche ». Ce fait a été enregistré par de nombreux travailleurs français.

Les dirigeants du PS ne diffèrent en rien de leurs homologues grecs, espagnols et portugais, qui au pouvoir ont fermement maintenu le cap de la rigueur face à de puissantes mobilisations de jeunes et de travailleurs. Complètement soumis à l’'économie de marché, Hollande et ses ministres sont déterminés à en boire le calice jusqu’à la lie, quitte à le payer lourdement sur le plan électoral. Un gouvernement qui accepte le système capitaliste doit en accepter les lois. Dans le contexte de crise actuel, cela signifie qu''’il doit mener la politique d’'austérité que lui dicte la classe dirigeante. Hollande, Ayrault et compagnie s’exécutent avec enthousiasme.

Le Front de Gauche doit donc se présenter aux travailleurs comme une alternative de gauche au gouvernement Hollande, c'’est-à-dire comme une force politique qui veut disputer le pouvoir au PS – et non comme le simple relais d'’une « pression » qui s'’exercerait sur sa gauche. C'’est la position, formellement correcte, des dirigeants du PG depuis pratiquement le début du mandat de François Hollande. Ceci étant dit, il faut noter l’inflexion de la position des dirigeants du PCF depuis les « vœoeux » que François Hollande a adressés « aux Français » (et surtout aux grands patrons), le 31 décembre dernier. Par exemple, lors des « voeœux » de Pierre Laurent, le 13 janvier, il a renoncé à demander au gouvernement de « changer de cap », déclarant : « l’'heure n’'est plus à attendre ce qui ne viendra pas ». Il a également appelé à « tracer les grandes lignes d’'une politique alternative de gauche ». D’autres formulations sont plus ambigües. Mais l’'inflexion est notable – et bienvenue, à condition qu’elle soit consolidée.

La position du PG

Même si cela reste à confirmer, la position du PCF semble donc se rapprocher de celle du PG sur cette question. Reste que la position des dirigeants du PG est loin d’être satisfaisante. Ils reprochent (à juste titre) aux dirigeants du PCF de discréditer le Front de Gauche en multipliant les alliances au premier tour avec le PS aux municipales. Mais dans le même temps, les dirigeants du PG se tournent vers Europe-Ecologie-Les-Verts (EELV) et multiplient les alliances avec ce parti ! C’est une grave erreur. Les Verts sont au gouvernement. Leurs députés se sont abstenus lors du vote sur la dernière contre-réforme des retraites (entre autres lâchetés). L'’alliance du Front de Gauche avec un parti gouvernemental ne peut que semer le doute et la confusion parmi les jeunes et les travailleurs écœurés par la politique pro-capitaliste du gouvernement. Cela vaut pour le PS comme pour EELV.

Certains militants du PG nous répondent, non sans embarras : « oui, mais les Verts ne sont qu’une petite force du gouvernement… ». Mais l'’opportunisme ne se juge pas au poids et à la taille ! On ne peut pas être « un peu » opportuniste, de même qu’on ne peut pas être « un peu » enceinte.

Mélenchon a beau préciser, sur son blog, que le PG travaille à des alliances « avec les structures de base d'’EELV », cela ne change rien. Suivant cette logique, le PCF pourrait répondre aux critiques du PG : « Eh bien, nous autres, nous faisons alliance avec des structures de base du PS » ! Par ailleurs, il n’'est pas surprenant que des « structures de base » d’EELV concluent des alliances avec le Front de Gauche : ce parti saturé de carriéristes petits-bourgeois a toujours été prêt à s’allier avec n'’importe qui, pourvu qu’il y ait des positions éligibles en jeu. Les Verts cultivent de longue date une image d’« indépendance » à l’'égard du PS, auquel cependant ils finissent toujours par se soumettre – contre des postes. Pour construire une alternative de gauche à l’'actuel gouvernement, le Front de Gauche ne doit pas chercher à s’'accrocher à la branche vermoulue des Verts ; il doit résolument se tourner vers la masse des travailleurs, des jeunes et des chômeurs qui cherchent une issue à la crise du capitalisme.

Rompre avec le capitalisme !

En menant une politique pro-capitaliste, le PS se condamne au déclin. En Grèce, le PASOK s’'est effondré au profit de Syriza. Le même processus peut s’engager, en France, au profit du Front de Gauche. Mais rien ne le garantit d’avance. La division et l’'opportunisme des dirigeants du PCF et du PG, à l’occasion des élections municipales, ont pour effet de ralentir la croissance du Front de Gauche – aussi bien sur le plan électoral qu'’en termes d’effectifs militants. L’'enthousiasme soulevé par la campagne de Mélenchon, en 2012, illustrait la radicalisation d'’une fraction de la jeunesse et du salariat. Si le Front de Gauche marque le pas, depuis, ce n'’est pas parce que cette radicalisation a disparu ; c’'est parce que les directions du PCF et du PG ne lui ont pas donné une expression adéquate.

La question des mots d’ordre et du programme du Front de Gauche est ici décisive. La « 6e République » et la « révolution fiscale » ne vont pas assez loin. Face à l’'actuel désastre économique et social, ces mots d’ordre ne répondent pas clairement aux préoccupations les plus brûlantes des travailleurs, à commencer par la flambée du chômage et l’'épidémie de plans sociaux. Le Front de Gauche doit passer à l’'offensive et défendre un programme qui vise à briser le pouvoir économique des capitalistes(Souligné par U cursinu Rossu). C’'est le seul moyen d’'en finir avec l’'austérité, le chômage de masse et la régression sociale. Or ni le PG, ni le PCF, ni « Ensemble » (la troisième force du Front de gauche) ne défendent un tel programme. C’'est la carence fondamentale du Front de Gauche. Si elles veulent donner une expression adéquate à l’'exaspération des masses, les organisations du Front de Gauche doivent ouvrir la perspective d'’une rupture révolutionnaire avec le système capitaliste et d'’une transformation socialiste de la société, dans laquelle l’'économie sera fermement sous le contrôle des travailleurs eux-mêmes.(id)

Dans le Manifeste du Parti Communiste, Marx écrivait : « En somme, les communistes appuient en tous pays tout mouvement révolutionnaire contre l’ordre social et politique existant. Dans tous ces mouvements, ils mettent en avant la question de la propriété, à quelque degré d’évolution qu’'elle ait pu arriver, comme la question fondamentale du mouvement. » Les occasions de « mettre en avant la question de la propriété » ne manquent pas, en France, chaque mois apportant son lot de fermetures d'’entreprises et de plans sociaux. Le Front de Gauche devrait prendre la tête d’une vaste campagne visant à mobiliser les travailleurs autour du mot d’ordre d'’expropriation – sans indemnité pour les grands actionnaires – des grands capitalistes qui ferment et licencient, dans le seul but de sauvegarder leurs marges de profits.

Jean-Luc Mélenchon écrivait récemment sur son blog : « Nous traçons un chemin sur le futur qui va à la racine des problèmes que rencontre le pays : la question de la répartition des richesses et du système fiscal qui l’'organise ». Or les racines de nos problèmes plongent encore plus profondément que « la répartition des richesses » ; elles plongent dans la propriété capitaliste des moyens de produire ces richesses. Celle-ci détermine et limite nécessairement celle-là. C’est pour cela que Marx désignait la question de la propriété comme « la question fondamentale » de notre mouvement. Nous pourrons d’'autant mieux partager les richesses équitablement, rationnellement, conformément au progrès social, que nous serons devenus maîtres, collectivement, des moyens de les produire. Telle est la grande idée socialiste que la crise actuelle remet à l’ordre du jour – et dont le mouvement ouvrier doit à nouveau se saisir.

Lorsque les militants de La Riposte défendent ces idées, dans les sections du PCF, ils suscitent parfois la perplexité de camarades, qui disent : « ce sont des idées trop radicales ; les gens ne les comprendront pas ». Mais les gens les comprendront d'’autant moins que personne ne les leur explique ! S’il est exact que tous les travailleurs n'’accepteront pas d’emblée le programme de la révolution socialiste, une section décisive de jeunes et de salariés finira par y adhérer sur la base de leur expérience collective, qui leur prouvera que c’est le seul programme susceptible d’apporter une solution définitive à leurs problèmes.

Jérôme Métellus (PCF Paris 18e)

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