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CHANTS REVOLUTIONNAIRES

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27 juin 2013 4 27 /06 /juin /2013 16:33

 

                                                                            MARE NOSTRUM-copie-1

 

Entretien avec Georges CORM http://www.lesclesdumoyenorient.com/
PANORAMA DU MOYEN-ORIENT 

Propos recueillis par Sixtine de Thé, à Beyrouth

 

georges-Corm.jpgGeorge Corm, économiste libanais, est un des éminents spécialistes du Moyen-Orient et de la Méditerranée. Outre son statut de consultant économique et financier international, il est professeur depuis 2001 à l’Université Saint-Joseph de Beyrouth, dans le cursus des sciences politiques. Ses ouvrages les plus célèbres sont L’Europe et l’Orient (La Découverte) ; Orient-Occident, la fracture imaginaire (La Découverte) ; La question religieuse au XXIè siècle (La Découverte) ; Le nouveau gouvernement du monde, idéologie, structures, contre-pouvoirs (La Découverte) ; Pour une lecture profane des conflits (La Découverte) ; Le Proche-Orient éclaté 1956-2012, 2 volumes (Folio/histoire). Ils sont traduits en plusieurs langues.

 

Le Moyen-Orient est en pleine recomposition. Comment expliquez-vous cette évolution ? Etait-elle en germe, et depuis quand ?

Il y a beaucoup d’observateurs qui pensent en effet que nous sommes dans l’ère de la fin des accords franco-britanniques dits Sykes-Picot (1916) qui ont balkanisé ce qu’on appelait, au début du siècle passé, les provinces arabes de l’Empire ottoman. Ou d’autres qui parlent de période de transition de régimes autoritaires vers des régimes de type démocratique. Je pense que dans les deux cas, nous sommes loin de tels scénarios. En effet, la remise en cause des Etats existants paraît quand même assez difficile, sauf à généraliser des situations de chaos partout. Si nous prenons le modèle syrien, ou éventuellement le modèle libyen où il y a emploi massif d’armes venues de l’extérieur, à la limite on peut dire qu’il y a des zones d’influences qui se mettent en place sous l’égide des grands acteurs régionaux et internationaux. Mais enfin je ne vois pas d’Etats disparaître de la carte et de nouveaux Etats être créés et reconnus, comme cela a pu être le cas avec l’ex-Yougoslavie. Probablement si nous étions en contact géographique direct avec l’Europe, ceci aurait pu arriver, mais sur l’autre rive de la Méditerranée cela paraît quand même nettement plus difficile. D’un autre côté, pour ce qui est de la transition vers la démocratie, le problème qui se pose aujourd’hui est essentiellement celui de la nature des mouvances islamiques sur lesquelles les milieux européens et américains ont misé depuis bien des années. Ces mouvances, trop souvent idéalisées, ont désormais montré leur vrai visage, celui d’un autoritarisme et d’un désir de contrôle des libertés individuelles.

 


Nous avons donc un problème aigu, important, qui va déterminer l’avenir : est-ce que les mouvances de type modernistes, laïques ou attachées aux libertés individuelles et qui refusent le référent religieux dans le fonctionnement d’un système politique vont pouvoir s’affirmer face aux mouvances islamiques ? On peut être inquiet si l’on prend en compte le fait que ces dernières jouissent jusqu’ici de l’appui total de l’Occident et qu’elles bénéficient en outre de très importants financements en pétrodollars, en provenance des royautés et émirats pétroliers alliés des Etats-Unis et de l’Europe. Ce sera donc une très longue bataille, très intéressante. C’est cette bataille qui va décider du sort du monde arabe et de la possibilité pour ces pays arabes d’établir non seulement de véritables règles démocratiques, mais aussi une véritable indépendance par rapport aux forces régionales et internationales.


Concernant la crise syrienne, de nombreux acteurs sont impliqués (Qatar, Arabie Saoudite, Turquie, Israël). Pourquoi ?


Mais vous avez oublié dans cette liste la France, l’Angleterre, les Etats-Unis ! J’ai eu l’occasion d’expliquer dans diverses interviews que dès le départ, il y a une différence fondamentale entre la révolte syrienne et ce qui s’est passé en Tunisie, en Egypte et au Yémen. En Syrie, vous aviez un malaise rural important depuis 2007, du fait d’une série d’années de sècheresse, puis du fait que le gouvernement a voulu faire plaisir au Fonds Monétaire International et aux pays occidentaux, et qui s’est mis à supprimer pas mal des subventions dont jouissait l’agriculture. Les observateurs de terrain en Syrie savaient que le monde rural, autrefois très privilégié par le régime et qui avait longtemps constitué sa base essentielle, commençait vraiment à connaître un état de mécontentement grandissant.


Quand vous regardez où ont eu lieu les manifestations en Syrie, quelle était la composition sociale des manifestants et quel était leur nombre, on voit bien qu’ils étaient des ruraux pauvres dans des régions rurales pauvres périphériques, situées aux frontières avec la Jordanie et la Turquie. Les images parlaient d’ailleurs d’elles-mêmes. Elles contrastaient avec les grandioses manifestations de masse, tunisiennes, yéménites ou égyptiennes, où tous les groupes sociaux et toutes les classes d’âge étaient au rendez-vous. On a très vite assisté à l’arrivée d’armes aux mains des groupes d’opposants qui se sont constitués sur le terrain. De plus, il y a eu le déchaînement d’une guerre médiatique absolument spectaculaire contre le régime syrien. Or, les manifestations de masse en Syrie ont eu lieu en faveur du régime et contre l’opposition armée ; dans ces manifestations on a vu toutes les classes sociales, tous les groupes d’âge et de très nombreuses femmes…


C’est donc une différence absolument fondamentale par rapport aux autres situations de révoltes dans le monde arabe. Par ailleurs, l’armée ne s’est nullement effondrée et elle a fait face avec de plus en plus de détermination et de violence à l’arrivée, de l’international, de combattants qu’on appelle à tort Djihadistes, parce que lorsque des musulmans tuent d’autres musulmans, cela n’est pas un djihad. On a donc eu en Syrie un scénario qui s’est mis en place qui est en train d’aboutir à une destruction systématique de la société syrienne et de sa richesse matérielle (infrastructures, habitations, potentiel industriel). C’est une répétition de ce que la communauté internationale a fait subir à l’Irak et demain nous verrons - comme cela s’est passé en Irak ou auparavant au Liban - que sous prétexte de reconstruction, le pays sera pillé par des grosses entreprises de BTP arabes ou turques ou internationales. On a déjà vu cela au Liban où, au sortir des quinze ans de violence entre 1975 et 1990, le pays a été enfoncé dans une dette invraisemblable et où après vingt-deux ans de reconstruction il n’y a toujours pas d’eau ou d’électricité courantes ! Et en Irak, malgré son énorme richesse pétrolière, les grandes infrastructures d’eau et d’électricité ne sont toujours pas complètement reconstruites. Il faut donc s’attendre à un même scénario en Syrie.


Par ailleurs, il faut bien voir que les données internes syriennes sont tout à fait secondaires dans le conflit, car la Syrie est devenue un champ d’affrontement colossal entre, d’un côté les deux grandes puissances montantes, la Chine et la Russie, ainsi que l’Iran, et de l’autre les pays occidentaux, l’OTAN… dont le but est très clairement de faire sauter les derniers verrous anti-israéliens de la région, ces derniers verrous étant essentiellement constitués de l’axe Iran-Syrie-Hezbollah qu’on appelle, pour le dénigrer et pour donner dans le sensationnel, « l’arc chiite ». Beaucoup d’analyses se font à base de sensationnel communautaire qui est instrumentalisé pour faire croire que le conflit est entre chiites et sunnites à l’échelle régionale, alors qu’il s’agit d’un problème de géopolitique très profane. Il y a aussi des considérations pétrolières et gazières qui entrent en jeu.


Pensez-vous qu’un embrasement régional pourrait avoir lieu dans le contexte de la crise syrienne, notamment au Liban ?


Déjà en 2007, dans la revue Futurible, j’avais évoqué un scénario de troisième guerre mondiale éventuelle, déclenchée autour la question du développement de la capacité nucléaire iranienne. Car les passions anti-iraniennes étaient déjà d’une virulence peu commune qui n’a pas baissé de registre. Le reproche fait à l’Iran étant sa rhétorique anti-israélienne et surtout son aide au Hezbollah libanais passant par la Syrie. Aussi, l’axe Iran, Syrie, Hezbollah est-il considéré depuis des années comme à abattre dans les milieux de l’OTAN. Or, il faut bien voir que même si cet axe est réduit ou affaibli ou disparaît, il rebondira ou sera reconstitué différemment, et ceci tant que l’Etat israélien continuera de se comporter comme il se comporte vis-à-vis des Palestiniens qui continuent d’être dépossédés de ce qu’il leur reste de terre, mais aussi vis-à-vis des Libanais qu’ils ont énormément fait souffrir entre 1968 (date du premier bombardement contre le pays) et 2000, lorsque l’armée israélienne est forcée de se retirer du pays après 22 ans d’occupation, puis tente en 2006 de supprimer le Hezbollah par une série de bombardements massifs qui durent 33 jours.


On a déjà assisté, à plusieurs reprises, à l’espoir d’avoir « débarrassé » le Moyen-Orient des forces hostiles à la domination israélo-américaine de la région. Ils ont tous été déçus. Cela a été le cas lors de la seconde invasion du Liban par Israël en 1982, qui a abouti à l’exil de l’OLP en Tunisie et dans d’autres pays loin des frontières israéliennes. Puis, cela a été le cas avec la conférence de Madrid et les accords israélo-palestiniens d’Oslo en 1993. Enfin cela a recommencé avec l’invasion de l’Irak en 2003 qui a fait penser que le Moyen-Orient serait en paix grâce à l’élimination de Saddam Hussein. C’est pour cela que je parle des « passions » américaines et européennes en faveur d’Israël, qui empêchent toute possibilité raisonnable de rendre aux Palestiniens leurs droits. Tant que cette situation n’est pas réglée conformément aux lois internationales, et non pas par la force, le Moyen-Orient va rester en ébullition avec tous ces risques d’affrontements dont nous parlons, et qui peuvent effectivement s’embraser.


Ceci dit, il faut bien voir que dans ces passions, la folie n’est pas totale, c’est-à-dire que les Etats-Unis, après des déploiements militaires qui leur ont coûté énormément (Afghanistan et Irak) et où curieusement ils ne sont pas venus à bout de Al Qaïda, n’ont plus envie d’aventures militaires extérieures. Ce qui est une bonne chose. Maintenant, ils ont trouvé des relais régionaux qui sont notamment la Turquie, qui avait l’air prête à se battre jusqu’au bout contre la Syrie, quatre ans seulement après avoir signé des accords de coopérations, d’amitiés, de fraternité, de libre échange avec ce pays. Ils ont trouvé également les pétrodollars qui financent les armées de combattants venus de l’extérieur.


L’on s’attendait, dans ces Etats intervenants extérieurs, à ce que l’armée syrienne s’effondre rapidement et tout le régime avec. Mais cela n’est pas arrivé, à la surprise générale de tous ceux qui connaissaient très mal le contexte syrien. Et aujourd’hui, l’armée semble reprendre le dessus militairement. Toutefois, tant que le gouvernement syrien ne pourra pas contrôler ses frontières, qui sont très longues avec la Turquie, l’Irak, la Jordanie et le Liban, les combats et la destruction de la Syrie vont continuer. Quant à ce projet de conférence à Genève, ce n’est qu’un mauvais théâtre. Il me rappelle celui d’il y a quarante ans, lorsque les soviétiques réclamaient une conférence internationale sur la Palestine à laquelle ils se seraient associés. Or, il n’y a eu qu’une seule séance orpheline d’apparat, les Américains et les Israéliens ne souhaitant pas accorder de l’influence à l’URSS dans ce conflit. Donc je suis très sceptique face à ce projet de conférence. Jusqu’ici, nous voyons des rencontres américano-russes sur la Syrie pour organiser une conférence entre les parties au conflit, mais sitôt la réunion terminée, les déclarations des parties au conflit contredisent la volonté d’apaisement.


Concernant les retombées sur le Liban, elles sont très intéressantes. Le gouvernement libanais a prétendu sagement vouloir rester neutre dans le conflit syrien. Ceci en application du slogan qui existe depuis des années : « le Liban d’abord ». Il s’agit d’ailleurs d’un slogan que même l’OLP avait adopté après sa sortie de Beyrouth en 1982 en vertu duquel « la Palestine d’abord ». On le trouve aussi en Irak après l’invasion américaine et on l’entend dans les milieux de l’opposition syrienne. Or, l’on a vu combien ce slogan a abouti à affaiblir les dirigeants de l’OLP qui sont impuissants devant la colonisation, mais à affaiblir aussi l’Irak.


Au Liban, ceux qui ont porté ce slogan ne l’appliquent pas, puisqu’ils sont les premiers à s’impliquer militairement par l’envoi de combattants dans la situation syrienne, de même que le Hezbollah le fait, l’arrivée de son armement dépendant largement de la survie du régime syrien, et donc aussi à terme sa propre survie. C’est pourquoi je pense que l’insécurité va demeurer sur toutes les zones géographiques libanaises limitrophes à la Syrie, puisque les combattants vont et viennent. Tout cela alors que l’armée israélienne est toujours surpuissante et a vraisemblablement des velléités d’intervenir à nouveau au Liban dans l’espoir de réussir à faire disparaître le Hezbollah. Cependant, je ne pense pas que l’insécurité va se propager sur tout le territoire. Certes, il y a à Saïda ce cheikh salafiste, radical et anti-Hezbollah qui veut faire le coup de feu contre ce parti. Il est brusquement apparu sur la scène libanaise depuis un an, vraisemblablement financé par les pétrodollars saoudien ou Qatari. La ville de Saïda connaît donc une période troublée, mais dans l’ensemble, la population de la ville est calme, à l’inverse de la ville de Tripoli, qui peut se laisser gagner par le radicalisme islamique. Par contre, plus inquiétant est le délitement des institutions de l’Etat. Mais le Liban sait s’autogérer.


Que pensez-vous de la situation du pouvoir hachémite en Jordanie ?

Je crois que les Israéliens doivent continuer à se gratter la tête : faut-il essayer de faire un Etat palestinien en Transjordanie, ce qui est un vieille idée d’Ariel Sharon pour régler le problème palestinien, et ce qui permettrait du même coup d’expulser les Palestiniens restés dans ce qui est devenu le territoire d’Israël. Ou bien faut-il mieux conserver cet allié fidèle des Etats-Unis qu’est la monarchie jordanienne, qui garantit la sécurité de la frontière avec Israël. Mais comme je ne suis pas dans le secret de la pensée stratégique israélienne, je n’ai pas de réponse.


Après le deuxième mandat de Barack Obama, voit-on un repositionnement de la politique américaine concernant le Moyen-Orient ?


Non, quand on regarde les Etats-Unis et qu’on cherche à déterminer leurs objectifs principaux, on constate ceci : un, la sécurité d’Israël, et donc qu’Israël puisse continuer de coloniser comme elle le fait depuis 1967. Deux, empêcher l’Iran d’avoir l’armement nucléaire. Dans le sillage évidemment, démanteler l’axe Iran-Syrie-Hezbollah, et ce toujours pour la sécurité d’Israël. Et puis, le contrôle des routes d’approvisionnement pétrolier, et le maintien de l’hégémonie que l’Europe a eu puis que les Etats-Unis ont de concert avec l’Europe sur toute cette zone hautement stratégique pour l’économie et la géopolitique mondiales. C’est très simple à décrypter. Quand Barack Obama a fait son célèbre discours au Caire en 2009, il était dans la droite ligne de la politique américaine traditionnelle, il n’en a pas bougé d’un iota. Ce n’est pas le fait d’inclure la citation de deux versets du Coran dans le texte du discours qui exprime un changement de politique, ce que peut être certains ont naïvement pensé ! Mais simplement les Etats-Unis, comme je disais, sont aujourd’hui beaucoup plus prudents, et cet Etat n’a pas envie de nouvelles aventures militaires extérieures, ce qui est le facteur qui calme le jeu. En tous cas, entre la politique du président George W. Bush et celle de Barack Obama, les mêmes constantes sont affirmées. Lors de son récent voyage en Israël, ce dernier a prononcé des paroles inconditionnellement favorables à l’Etat d’Israël et à sa politique, comme l’ont fait tous les présidents successifs, à l’exception d’Eisenhower et plus accessoirement George Bush père et son ministre des Affaires étrangères, James Baker, qui a protesté énergiquement contre la continuation de la colonisation et a même annulé des aides américaines à l’Etat d’Israël.

 

Le 21 juin 2013

 

 

Source : Les clés du Moyen-Orient

 

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27 juin 2013 4 27 /06 /juin /2013 16:14

                                                                          MARE NOSTRUM-copie-1

 

Nouvelles de la Libye libérée :  flambée de violences
Merci qui ?....

jeudi 27 juin 2013

 La Libye libérée du régime de Kaddafi, connaît une nouvelle flambée de violences meurtrières entre milices armées dont on ne sait pas bien pour qui elles tuent...

                                                                         Libye

Mercredi, ,à Tripoli, au lendemain de violents affrontements ont opposé deux groupes armés dans le quartier d’Abou Slim près du centre de la capitale.
Selon un nouveau bilan du ministère de la Santé, cinq personnes ont été tuées et 97 autres blessées dans ces violences.
Au même moment, dans le sud du pays, trois voitures piégées ont explosé mercredi soir à une demi heure d’intervalle à Sebha (700 km au sud de Tripoli), faisant 2 morts et 17 blessés, de source officielle.
A Benghazi, bastion de la révolution(sic) de 2011, un officier de l’armée a été tué mercredi par l’explosion d’une bombe placée dans son véhicule, dernier épisode d’une série d’assassinats et d’attaques contre les forces de sécurité dans cette ville de l’est libyen.
Benghazi a connu en juin des combats meurtriers dans le cadre d’une lutte d’influence entre milices et forces de sécurité.
La bataille semble désormais s’être déplacée dans la capitale où sont installées des milices aux idéologies et motivations diverses.

Les divergences d’intérêts conduisent à ces affrontements : Mardi, un groupe armé originaire de Zenten avait attaqué le siège de la Garde des installations pétrolières à Tripoli, après avoir dû abandonner la surveillance d’un champ de pétrole dans le sud du pays au profit d’une brigade d’une tribu locale.
Les combats ont fait au moins cinq morts, selon des sources officielles.
En représailles mercredi, les Zentanis, militairement très bien équipés, ont chassé ces brigades, pro-islamistes, de leur QG dans le quartier populaire d’Abou Slim à Tripoli, saccageant les lieux et libérant les prisonniers, selon des témoins.
Officiellement, les assaillants dépendent du ministère de la Défense. Mais dans la soirée, le Chef d’état-major par intérim Salem al-Konidi a indiqué que "les forces qui n’obéissent pas aux ordres ne nous appartiennent pas".

« Ainsi, ces "révolutionnaires", qui étaient des héros en 2011, sont devenus la source de tous les maux du pays et n’hésitent pas à recourir aux armes pour défendre leur existence ou leurs intérêts. »( Assawra)

 

             Lorsque la situation en Syrie sera mûre, nous ouvrirons aussi des "nouvelles de la Syrie libérée".

 

                                                                                                  U Cursinu Rossuu-cursinu-rossu.jpg

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27 juin 2013 4 27 /06 /juin /2013 12:57

                                                                     CERVEAU.gif

 

 

 
 

 

 par  René Naba, journaliste.

 

Ancien responsable du monde arabo-musulman au service diplomatique de l’Agence France Presse, ancien conseiller du Directeur Général de RMC/Moyen orient, chargé de l’information.

 

 

Le dégagement politique de l’émir du Qatar, par voie de l’évacuation sanitaire, a été programmé, contraignant le souverain à céder son trône, en pleine gloire, en pleine force de l’âge, à son fils cadet, le prince Tamim, une transmission de pouvoir inédite dans les annales des pétromonarchies gérontocratiques du Golfe.

 L’émir, né en 1952, a réuni lundi 24 juin 2013 la famille régnante au lendemain de la «conférence des amis de la Syrie», en compagnie des «sages» de la principauté, pour une mise au point final du dispositif d’abdication. Présentée par ses nombreux communicants comme répondant au souci du souverain de procéder à un rajeunissement du pouvoir dans les gérontocraties du Golfe, cette transition inhabituelle du pouvoir au Qatar, dans un pays théâtre de deux coups d’états dynastiques au cours de ses 40 ans d’indépendance, devrait, dans la foulée du «printemps arabe», servir d’exemple pour les générations futures en matière de transfert de pouvoir dans les monarchies arabes.

 Une destitution comparable à celle décrétée par les Anglais dans la décennie 1950 à l’encontre du Roi Talal de Jordanie, en faveur de son fils Hussein, plus sensible aux intérêts de la couronne britannique; comparable à celle décrétée par les Anglais en 1970 à l’encontre du Sultan Saïd d’Oman oncle du Sultan Qabous. Une opération d’exfiltration perçue dans de larges couches de l’opinion internationale, quoiqu’on en dise, comme un dommage collatéral majeur du conflit de Syrie. Plus précisément, la sanction de l’échec d’un trublion qui aura plus que quiconque assuré la promotion du djihadisme erratique, exacerbé l’antagonisme religieux inter- musulman (sunnite-chiite), accentué la défragmentation du monde arabe et sa soumission à l’impérium atlantiste, tout en plaçant le monde au bord d‘une conflagration régionale. Au même titre que l’Arabie saoudite, sauf que la dynastie wahhabite dispose d’un coupe-feu absolu, la Mecque et Médine, à valeur dissuasive absolue qui explique le fait que l’Irak, -et non le royaume saoudien-, a payé le prix de la participation de quinze saoudiens au raid contre l’hyperpuissance américaine, le 11 septembre 2011.

 Selon les indiscrétions de la presse arabe, l’éviction de l’émir constituerait la sanction de ses trop graves dérives tant en ce qui concerne son ferme soutien au djihadisme que sa boulimie affairiste dans ses investissements occidentaux. Le souverain se serait en effet vu notifier son ordre d’évacuation du pouvoir par un haut responsable de la CIA, dépêché spécialement par Barack Obama pour lui signifier l’ordre présidentiel américain après la découverte dans la cache d’Oussama Ben Laden de documents attestant que le financier du chef d’Al Qaida serait un citoyen du Qatar, cousin du ministre de la culture, Hamad Al Kawari (1).

Sous la plume de son directeur Oussama Fawzi, ancien haut fonctionnaire du ministère de l’information du Qatar, Arab Times en date du 24 juin, précise que «la cellule qataritote proche de Ben Laden était composée de Salim Hassan Khalifa Rached al Kawari, qui a déjà été livré aux Américains, ainsi que du koweitien Hasan Ali Ajami, un djihadiste combattant en Syrie, du syrien Ezzdine Abdel Aziz Khalil ainsi que d’Omid Mohamad Abdallah. Les transferts d’argent se faisaient via des institutions financières qatariotes. Les soupçons sur le Qatar pesaient depuis l’invasion de l’Irak au point que le président Georges Bush jr n’a pas hésité à bombarder le siège d’Al Jazira à Bagdad et s’apprêtait à en faire de même sur le siège central de la chaîne transfrontière arabe à Doha».

 L’oukaze américain, «non négociable», aurait prescrit un dégagement simultané de l’émir et de son Premier ministre, Hamad Ben Jassem. Le processus de transition devrait commencer l’été 2013 de manière à coïncider avec le début de la période du jeûne du mois de Ramadan et s’achever fin août, date de la reprise des activités du calendrier diplomatique international. Selon la version de la presse arabe, le délégué de la CIA aurait offert le choix suivant à l‘émir, soit le gel des avoirs financiers de l’émirat dans le monde, soit sa destitution. Autrement dit, la mort financière de l’émirat ou la mort politique de l’émir, motivant cette sanction par le fait que le tandem avait «outrepassé son rôle en Syrie et dans son soutien au djihadisme», de même que son soutien tonitruant aux néo-islamistes au pouvoir en Tunisie et en Egypte.

  Sans surprise, la manœuvre d’étranglement de l’émir avait été engagée, dès l’été 2012, avec les indiscrétions fuitées dans la presse française sur le rôle déstabilisateur du Qatar dans le pré carré africain de la France, particulièrement le Mali, via la filière caritative du djihadisme qatariote «Ansar Eddine», contraignant Paris, en pleine tourmente financière, à engager une coûteuse opération de reconquête du septentrion malien en janvier 2013. Ce  qui explique l’absence de visite officielle de François Hollande au Qatar, pendant la première année de sa mandature, en dépit du volumineux portefeuille financier qatariote en France.

Le président français a programmé sa visite pour coïncider avec la conférence des «amis de la Syrie», en un pâle remake de la cérémonie d’adieu de Fontainebleau, sauf que le «Field and Air Marshall» du Qatar ne dispose pas, loin s’en faut, du génie militaire du vainqueur d’Austerlitz et de son prestige. Un enterrement en grande pompe, un égard que l’Otan réserve généralement à ses plus fidèles serviteurs (2). Groupant onze membres, dont les trois membres permanents occidentaux du conseil de sécurité (Etats-Unis, Royaume Uni, France) et l’Allemagne, les six pétromonarchies du golfe (Arabie saoudite, Bahreïn, Emirats Arabes Unis, Koweït, Qatar et Oman) ainsi que les puissances régionales sunnites, la conférence a annoncé avoir décidé « une aide urgente en matériel et en équipements » à la rébellion afin de lui permettre de faire face aux « attaques brutales du régime, indiquant que « toute aide militaire sera canalisée » par le Haut Conseil militaire syrien relevant de l’Armée syrienne libre (ASL), principale faction de l’opposition armée. Selon l’AFP, le chef de la diplomatie du Qatar, Cheikh Hamad Ben Jassem Al-Thani, soutenant activement l’opposition, a en outre affirmé que les participants avaient pris « des décisions secrètes » pour renverser l’équilibre sur le terrain.

 En d’autres termes, remettre en selle l’opposition syrienne après ses revers militaires et la propulser à une posture crédible en prévision d’éventuelles négociations de paix. Quoi qu’il en soit, selon toute vraisemblance, le chef de la diplomatie qatariote ne serait plus en poste «le jour de gloire arrivé». Par sa présence au Qatar, le 22 juin 2013, François Hollande aura ainsi scellé, dans l’ordre symbolique, un discret passage de témoin entre l’émir et son fils, au cours d’un dîner privé dont il espère, à terme, des retombées en matière commerciale à l’effet de compenser les coûts de l’opération Serval au Mali.

Le coup de semonce contre le duo du Qatar avait précédé ces péripéties protocolaires destinées à sauver la face. Intervenu très exactement, en avril 2013, en plein débat de l’opposition syrienne atlantiste en Turquie, visant à la constitution d’une délégation commune de l’opposition à la conférence de Genève II. Ulcérée par la cacophonie qui régnait au sein des diverses factions de l’opposition, l’Arabie Saoudite, chef de file de la confédération des pétromonarchies arabes, se serait livrée à une action d’éclat contre les opposants islamistes émargeant sur le budget du Qatar, en les plaçant sous la coupe du grand wahhabite.

 Un acte d’autorité qui est apparu comme un geste d’exaspération à l’égard des turbulences qatariotes et de l’impuissance de l’opposition pro- atlantiste. Il s’est accompagné d’une surprenante déclaration du prédicateur de l’Otan, le milliardaire égypto-qatariote, Youssef al Qaradawi, sur la chaîne saoudienne «Al Arabyia» reconnaissant la prééminence de la hiérarchie cléricale saoudienne, dans une démarche qui a retenti comme une forme d’allégeance déguisée. Une reprise en main accompagnée de l’annonce de la fourniture par l’Arabie Saoudite de missiles anti-aériens à l’opposition islamiste syrienne; une annonce faite le 18 juin en plein sommet des G8 en Irlande consacré à la possibilité d’instaurer une zone d’exclusion aérienne à la Syrie.

Le coup de grâce a été porté en juin avec la succession des fuites dans la presse occidentale et arabe. Arab Times, le plus important site arabophone d’Amérique du Nord, de même que le journal libanais As Safir, le 11 juin 2013, révélaient dans les détails la démarche américaine.

 Son successeur, Cheikh Tamim Bin Hamad Al Thani, né en 1980, prince héritier depuis 2003, soit depuis dix ans, est diplômé de Sandhurst (1997-1998), la célèbre académie militaire britannique qui compte parmi ses prestigieux pensionnaires le roi Abdallah II de Jordanie, le prince William, 2ème dans l’ordre de succession au trône britannique, et son frère le prince Harry ou encore le chanteur James Blunt. Le prince de 33 ans est crédité d’une maitrise parfaite de l’anglais, de l’allemand et du français. Tennisman à ses heures perdues, commandant en chef des forces armées du Qatar, président du Fonds d’investissement du Qatar et président du Comité Olympique, Tamim passe pour être proche des Frères musulmans.

Son frère puiné, Jouhane, qui signifie l’affamé en arabe, est, quant à lui, diplômé de l’école militaire française de Saint- Cyr, avec comme interface l’islamologue Mathieu Guidère. Jouhane s’est signalé à l’attention de l’opinion mondiale dans la rubrique des gazettes mondaines en s’offrant une luxueuse voiture d’une valeur de 3,4 millions de dollars avec des diamants sertis sur les phares et de l’or dans l’habitacle.

Evacuation sanitaire ou purge politique?

 Certes, une lourde pathologie peut entraver le libre exercice du pouvoir. Diabétique, l’émir l’est depuis longtemps, ce  qui explique partiellement son embonpoint. Son désir de départ pourrait se justifier dans ce contexte. Mais pourquoi alors avoir demandé le dégagement du tandem responsable des campagnes atlantistes de Libye et de Syrie? Pourquoi ne pas avoir maintenu en poste le Premier ministre durant une période intermédiaire, permettant la transition en douceur du pouvoir? L’évacuation sanitaire masque-t-elle une purge politique?

 Le premier ministre HBJ qui siège au sein de la Brookings Institution, aux côtés de Tzipi Livni, ancien agent du Mossad et ministre des Affaires étrangères au moment de l’offensive israélienne contre Gaza (décembre 2008), a tenté de faire de la résistance arguant de ses sympathies pro-israéliennes. Mais l’homme le plus riche du Qatar, le célèbre HBJ de sinistre mémoire, qui en pleine crise de mégalocéphalite aiguë, avait menacé l’Algérie de connaitre le même sort que la Syrie pour son opposition à l’exclusion de la Ligue arabe de cet ultime pays du champ de la bataille face à Israël, ne paraït pas avoir trouvé grâce auprès de son maître américain. Sa destination finale devrait être Londres, l’ancien tuteur de son pays du temps où le Qatar relevait de la côté des pirates.

Ce dégagement sans ménagement constitue une claire démonstration du statut mineur des souverains du Golfe par rapport à leur tuteur américain. Par ricochet, il parait devoir constituer un signal adressé à la dynastie wahhabite lui enjoignant implicitement d’emprunter le chemin de son cadet du Qatar et d’opter pour un saut générationnel dans la transition du pouvoir aux petits fils du fondateur du Royaume.

 L’élection d’un modéré à la tête de l’Iran, Hassan Rohani, le 15 juin, tranchant avec l’hermétisme des pétro- monarchies, a constitué un camouflet majeur au camp atlantiste en ce que la désignation d’un dirigeant par voie électorale dans un pays théocratique, a frappé d’obsolescence le discours occidental sur son combat pour l’avènement de la démocratie dans le monde arabe, le contraignant à reconsidérer ses positions. Une modulation sur fond de contestation populaire place Taqsim du premier ministre turc Reccep Tayyeb Erdogan, des dérives mortifères du djihadisme en Syrie à coups de cannibalisme et de prédation sexuelle des pubères syriennes, enfin des incertitudes politiques au Maghreb avec la convalescence prolongée de l’algérien Abdel Aziz Bouteflika et du roi du Maroc.

 Bête noire d’une bonne fraction de la communauté diplomatique internationale pour sa morgue et sa suffisance, le leadership du Qatar a pu servir de fusible en guise de solde de tout compte pour un épisode peu glorieux de la diplomatie occidentale en ce que son alliance avec la frange la plus obscurantiste de l’Islam contre des Républiques à régime séculier a révélé au grand jour, aux yeux de l’opinion internationale, sa duplicité en même temps que son opportunisme.

Le fusible Qatar pourrait ainsi apparaitre rétrospectivement comme un geste de bonne volonté à l’égard des autres protagonistes du conflit syrien, particulièrement le groupe BRICS, avec lequel le camp atlantiste se doit impérativement de procéder à une redistribution des cartes sur la scène internationale en vue de sa stabilisation, alors que les Etats-Unis opèrent un redéploiement vers le Pacifique, leur terrain de compétition majeur du XXI ème siècle, avec leur grand rival chinois. Avec l’espoir de demander à la Russie un geste équivalent concernant le président syrien. Un renvoi dos à dos Khalifa-Bachar, un jeu à somme nulle… en somme, sauf pour ses victimes de ce jeu de massacre transrégional.

  Quoiqu’il en soit, force est de constater qu’un claquement de doigt américain a mis un terme à la lévitation du «Air and Field Marshall du monde arabe», l’incubateur des prédicateurs islamistes, l’égyptien Youssef Al Qaradawi et le tunisien Rached Ghanouchi, le prescripteur d’Al Jazira. Renvoyé dans ses pénates, le «Deus ex Machina» de la révolution arabe est désormais réduit au rôle de Pater familias d’une Smalla de trois épouses et de vingt-quatre enfants, dont 11 garçons et 13 filles (4), premier Haroun Poussah du monde arabe à bénéficier des joies de la RTT (réduction du temps de travail) et de la civilisation des loisirs, subissant à son tour les effets corrosifs du mot d’ordre du soulèvement populaire arabe «Erhal, dégage», qu’il a détourné des rives inflammables du Golfe (Bahreïn, Yémen) vers le versant républicain et séculier de la méditerranée (Libye, Syrie).

 So long Hamad et ses qatarologues de circonstance, ses intellectuels médiatiques et ses universitaires cathodiques, toute cette cohorte d’orientalistes de pacotille et de ses arabes de service, orphelins d’une courte euphorie, orphelins de sa manne financière, en ce que la destitution de l’émir du Qatar devrait sonner le glas des expéditions post- coloniales occidentales en terre arabe, dont la bataille de Syrie aura marqué la fin de l’unilatéralisme atlantiste dans la détermination de la politique internationale. Particulièrement la France, dont les contre-performances en Libye avec la talibanisation du Nord Mali et en Syrie, avec sa mise sur pied d‘un attelage claudicant de bi-nationaux franco- syriens à la tête d’une opposition off-shore, auront marqué le début du compte à rebours de son déclassement dans l’ordre des puissances planétaires.

 

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26 juin 2013 3 26 /06 /juin /2013 11:30

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RADIO CAMPUS Lille 106,6

 

En direct et en archives sur www.campuslille.com

 

 

            Fabius et ses amis annoncent des livraisons d’armes aux « rebelles » syriens. Dans la foulée, des prédicateurs saoudiens ou qataris appellent au djihad contre la Syrie et au génocide. Ces deux faits nous sont présentés isolément. Ils sont pourtant parties liées d’un tout.

 

            Fabius et ses amis livrent les armes, leurs complices envoient des hommes. Il s’agit, pour eux tous, ensemble, de prolonger la guerre et ses horreurs.

 

            Une fillette enchaînée assiste à l’exécution de ses parents. Un homme est éviscéré par son bourreau. Un vieillard est décapité par les mercenaires. Des hordes de desperados venus de partout sèment la terreur. Elles sont armées et protégées par leurs amis : Fabius et Obama, Erdogan et Morsi, les émirs et Israël.

 

            Face à la résistance syrienne, les « Amis de la Syrie » font le choix de la guerre à outrance. Ils ne gagneront pas. Mais leurs capacités de nuisance sont terribles, et les mensonges et les silences de leur propagande devraient nous inquiéter. Oui, si la « gauche » continue de sombrer dans les méandres de cette expédition barbare, au nom d’une « démocratie » qui n’est plus qu’un nom de code précédant toute aventure coloniale ; si la « gauche » continue de souscrire aux objectifs de la dictature des marchés, elle ouvre elle-même la porte de sa sortie…

 

            Pour le moment, toute opposition à la barbarie organisée est encore travestie en « soutien » à Assad. Et donc au « mal absolu » construit par les mêmes qui ont démantelé la Yougoslavie, rasé l’Irak et détruit la Lybie. Leur défaite en Syrie est une nécessité absolue, pour nous tous. Et cela signifie bien la victoire d’un autre « camp », celui qui est vraiment en face. Il ne s’agit pas de soutenir donc, mais de choisir, pour ce moment de l’Histoire, un pays souverain contre l’impérialisme, et la paix contre la guerre.

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26 juin 2013 3 26 /06 /juin /2013 11:20

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                                                                              drapeau-libanais-flottant.gif

 

Liban : la rue sunnite contre la violence salafiste

"Il [Ahmad al-Assir, imam salafiste NDLRessaye de diviser les sunnites et les chiites, mais dans cette rue on a toujours vécu ensemble et il n’y a pas de raison que ça change, il n’y a qu’un Dieu pour tous."

 

Lundi après-midi, un calme inquiétant planait sur les rues de Saïda, ville majoritairement sunnite du sud du Liban. Seul le claquement des rafales de kalachnikov résonnait au loin : alors qu’un nuage de fumée noire assombrissait le ciel, l’armée a lancé l’assaut sur Abra, quartier perché sur une colline qui surplombe la ville. C’est là-bas, dans leur fief, que les partisans du leader salafiste Ahmad al-Assir ont violemment combattu l’armée pendant plus de 24 heures.
Tout a commencé dimanche : après l’arrestation de l’un des leurs, ils ont ouvert le feu sur un check-point de l’armée. Si cette dernière a réussi à prendre le dessus et que le cheikh al-Assir est désormais en fuite, le bilan s’annonce lourd : au moins douze soldats ont perdu la vie. Une centaine d’autres et autant de civils ont été blessés.
Méconnu il y a encore un an, cet imam sunnite adepte d’une lecture radicale de l’islam a gagné en influence grâce à ses prêches virulents contre le régime syrien et son allié libanais le parti chiite Hezbollah. Au fil des mois, son discours pro-révolution syrienne est néanmoins devenu de plus en plus violent et communautaire. Mi-juin, il avait lancé un ultimatum au Hezbollah afin qu’il libère les appartements qu’il occupe à Abra : une menace mise à exécution dimanche. L’implication officielle du Hezbollah en Syrie aux côtés du régime syrien n’a fait que renforcer la fougue du leader salafiste : en avril, il avait appelé à la guerre sainte en Syrie afin d’y défendre les sunnites contre le Hezbollah. Les chiites, de manière générale, sont dans sa ligne de mire. Et aussi l’armée, que le cheikh accuse d’être contrôlée par le Hezbollah.
Si peu de sunnites soutiennent le Hezbollah, l’offensive d’al-Assir est désapprouvée par nombre d’entre eux à Saïda. Non loin de l’hôpital Hamoud, dans une rue commerçante aux rideaux de fer baissés, un groupe de jeunes hommes fume le narguilé. "Le cheikh al-Assir est un chien, il faut le tuer !" s’exclame Khalil. "On le déteste même si on est sunnite". Près de lui, Rami, étudiant, partage son avis : "Il essaye de diviser les sunnites et les chiites, mais dans cette rue on a toujours vécu ensemble et il n’y a pas de raison que ça change, il n’y a qu’un Dieu pour tous."
Dans les rues, seuls des petits groupes d’hommes font le pied de grue devant les rares boutiques ouvertes. Sur le perron de son magasin de téléphonie mobile, Isham ne se fait pas prier pour donner son opinion. "Lui et ses partisans tuent alors que c’est formellement interdit par l’islam, crie-t-il. Ils utilisent la religion pour s’en mettre plein les poches." Selon ce Palestinien, le cheikh al-Assir est utilisé par les pays arabes de la région : "On lui donne de l’argent et des armes pour qu’il divise les Libanais et que le conflit syrien se propage dans notre pays ; comme ça, pendant ce temps-là, Israël n’est pas attaqué."
Le sentiment de subir de plein fouet les conflits de la région est partagé par Mohammad. Assis devant son bureau de la place al-Najma au centre de Saïda, ce vieux chauffeur de taxi attend des clients absents. "Les pays étrangers, que ce soit Israël ou les pays européens, encouragent l’islam radical du cheikh al-Assir pour déstabiliser un peu plus la Syrie", pense-t-il. Début mai, une photo du leader salafiste en armes à Qousseir, région stratégique syrienne où se préparait une bataille entre le Hezbollah et les rebelles, avait en effet été diffusée.
Non loin du centre, l’avenue qui borde le secteur de Bustan el-Kabir est vide. Seuls des tanks de l’armée sont agglutinés devant les immeubles qui délimitent ce quartier résidentiel : il abrite de nombreux supporteurs du cheikh al-Assir, qui y a fait construire une mosquée. L’armée, qui a tenté de les déloger dès dimanche soir, y a lancé un assaut lundi en fin d’après-midi. Preuve des combats qui ont secoué les lieux, un 4x4 aux vitres éclatées et au capot défoncé gît sur le bord du trottoir. Un habitant sort constater les dégâts. Lui n’est pas plus solidaire du cheikh al-Assir, mais souhaiterait que chaque groupe armé libanais reçoive le même traitement. "Il ne vaut pas mieux que le Hezbollah, tous deux sèment la discorde, mais si l’armée veut déloger ses partisans à Saïda, elle doit aussi reprendre le contrôle de la Dahye !" La banlieue sud de Beyrouth, qui porte ce nom, est en effet sous la coupe du Hezbollah.
Souvent critiquée par les Libanais pour sa faiblesse, l’armée a soudain trouvé, avec l’offensive de Saïda, de nombreux supporteurs. "Ce sont nos pères, nos frères, nos fils, comment les hommes d’al-Assir ont-il pu l’attaquer ?" s’interroge Nasib, qui campe dans son magasin de meubles dont la devanture a été pulvérisée par les combats. Selon lui, la fin du cheikh salafiste est proche : "L’armée va l’éliminer." Une issue qui ne ramènera pas forcément le calme. "J’ai peur que les choses ne fassent qu’empirer". À Tripoli, dans le nord du Liban, des hommes armés ont ouvert lundi le feu dans plusieurs quartiers de la ville en solidarité avec le cheikh al-Assir.

source  "Assawra"

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25 juin 2013 2 25 /06 /juin /2013 09:19

                                                                        lvres en ligne 1027

 

 

Ici, il sera question de nazis, de résistants, de résistants juifs ou communistes (ou les deux à la fois), de trotskistes, de Marcel Dassault, de Marcel Paul, de Franz Olivier Gisbert, de Franck Ribéry, de la nationalisation d’EDF et même de François Hollande
Maxime VIVAS

Le mensonge du roman pour dire vrai.

J’ai rendu compte ici du livre de Roger Martin, « Les Ombres du souvenir », roman, septembre 2010, édition Le Cherche Midi, 362 pages, 18 euros
Je disais que « Roger Martin mêle le vrai et le faux, imagine un peu, et rapporte des événements qui se sont vraiment produits, introduit dans son récit des personnages qu’on a dû voir quelque part.
C’est le mentir-vrai dont parlait Aragon, c’est ce que Zola appelait "la hautaine leçon du réel". On achète un polar, on nous parle du monde réel, un polar pourtant, mais connecté à la réalité contemporaine, politique, sociale, culturelle où l’auteur trouve des choses à redire.
Pas prudent, ça, coco. N’aiment pas trop, à TF1.
Il le sait, il le sait, Roger Martin, écrivain debout ».

Le livre de Franck Ribéry offert par votre beauf.

Pas étonnant donc, si les médias, capables de promouvoir jusqu’à la nausée des livres (sic) signés par des célébrités du spectacle, du sport, de la télé, de la politique ou par des malfrats, la plupart du temps écrits par des « nègres », sont discrets sur l’admirable talent de Roger Martin.

Pour le connaître et avoir souvent dédicacé mes livres dans des salons, non loin de lui, je peux témoigner de la fidélité de son lectorat. C’est un signe. C’est plus crédible qu’un cri d’enthousiasme de Franz Olivier Gisbert se pâmant urbi et orbi sur le « monument littéraire » pondu par un de ses confrères, confrère journaliste dans un des journaux où il sévit (ou a sévi) : le Point, le Nouvel Observateur, le Figaro Magazine, ou à la télé où il est (ou a été) chez lui : France 5, Paris première, France 2, France 3. Ou sur France Culture. Bon, je dis F.O.G., mais c’est un exemple pris au hasard. Elles sont nombreuses, les pieuvres de cet acabit, capables de convaincre votre beau-frère de vous offrir un livre signé Franck Ribéry. Un livre (re-sic) de Ribéry, on le lit puisque c’est un cadeau, mais on n’achète pas le tome 2. Même si on est footeux. Même si on est con (ou alors, plus que la moyenne).

Il y avait aussi le colonel Manhès, Jorge Semprun, David Rousset, Stéphane Hessel...

Bon, revenons à Roger Martin. Et lisons d’abord le quatrième de couverture de son dernier roman : « Dernier convoi pour Buchenwald » (Le Cherche Midi),428 pages, 19 euros).

« Avril 1944. Un convoi de déportés quitte la gare de Compiègne. Excepté les Allemands et l’État français, personne à bord ne connaît sa destination. Personne... sauf Robert Danglars. Instituteur, pacifiste convaincu puis militant trotskiste, il a participé en Bretagne aux actions de propagande en direction des soldats allemands.

Octobre 1943. Brest. À la suite d’une trahison, son réseau est démantelé, son responsable abattu, Danglars et ses camarades sont jetés en prison.

Mars 1944, prison de Rennes. Le directeur et un inconnu lui proposent un marché : demain, les Alliés débarqueront et la France sera libérée. Pour tomber aux mains des communistes ? Contre la liberté de sa mère et de sa soeur, arrêtées pour l’avoir hébergé, réclamées par les autorités allemandes, et sa propre vie, il devra liquider un dirigeant communiste déporté...

Buchenwald, qui « accueillit » Marcel Paul, le colonel Manhès, Marcel Dassault, Jorge Semprun, David Rousset, Stéphane Hessel, tient une place singulière dans l’histoire des camps de concentration. Notre héros malgré lui devra naviguer au coeur d’une véritable ville où la vie n’a aucun prix. Combativité et trahison, lâcheté et courage, sur fond de tensions entre nationalités, triangles rouges et triangles verts, résistants de tous bords et gaullo-communistes, ce récit bat en brèche nombre d’images forgées à l’issue de la Seconde Guerre mondiale. Un roman haletant au coeur de l’Histoire.

Roger Martin a publié une trentaine d’ouvrages, enquêtes, documents, romans noirs et BD, dont, au cherche midi, Jusqu’à ce que mort s’ensuive (prix Sang d’encre du meilleur roman noir 2008 à Vienne, prix Thierry Jonquet 2010 et prix des Ancres noires du Havre 2011) ».

Terreur, torture et pâte de coings

L’éditeur ne précise pas que Roger Martin, qui a choisi pour héros un trotskiste, est un communiste, militant est candidat aux élections. Il y a quelques années, à Carpentras, il a créé avec des amis antifascistes une structure de lutte contre Le Pen.

Nous voici dans la Résistance, avec son cortège de bravoure, de terreur, de torture. Roger Martin n’en rajoute pas, trop classieux pour ferrer son lecteur par de l’émotionnel basé sur l’horreur. Son héros est torturé ? Mais ce qui nous est décrit, ce sont les petits moments de bonheur dans le désespoir : le colis contenant une barre de pâte de coings, qu’il va faire durer, humer avec délice, cacher sous son matelas.

Puis vient la déportation : Buchenwald, les prisonniers de droit commun et les « politiques » qui mènent la lutte au cœur de l’enfer concentrationnaire, qui vont mettre en application leur idéal de fraternité, de justice, d’entraide.

L’époque est pourrie ; déjà le bobard sur Jean Moulin « agent soviétique » circule pour troubler les esprits. Tout récemment, Daniel Cordier, qui fut le secrétaire de Jean Moulin, s’insurgeait contre cette rumeur dont le pendant du même type, visant à troubler d’autres esprits était « Jean Moulin, agent des USA ». La CIA, quoi !

Que choisir de mieux qu’un trotskard pour tuer un stal ?

Robert Danglars le trotskiste sera envoyé à Buchenwald et, en échange de la libération d’êtres chers, devra accomplir une sale besogne : assassiner un « stalinien ». Cela devrait lui plaire, un stalinien de moins ! Et pas n’importe lequel : Marcel Paul.

C’est du roman ? Pas tout à fait : à Buchenwald, Marcel Paul fut l’objet de plusieurs tentatives de meurtres, ourdies par des déportés d’extrême-droite....

Pour mes jeunes lecteurs, je livre deux anecdotes sur ce communiste hors pair :

1- Dans le camp, il prit sous la protection de l’organisation communiste clandestine , un industriel juif dont la survie était utile à la France. Il s’appelait Marcel Dassault. De toute sa vie, Dassault n’a jamais oublié à qui il devait d’être revenu vivant de l’enfer. Il n’a jamais voulu occulter cette dette. Dommage que sa descendance croit qu’elle doit tout à elle-même.
2- Nommé ministre de la production industrielle à la Libération, Marcel Paul propose la nationalisation de l’énergie et organise la création d’EDF-GDF. Il est entouré de technocrates qui freinent des 4 fers. Il aura alors ce mot : « Je ne vous paie pas pour que vous m’indiquiez les articles du code m’interdisant de réformer, mais pour y trouver ceux qui vont me le permettre. »

Si vous croisez François Hollande, dites-lui de ma part…

Si vous croisez Hollande, merci de lui parler de ça. Autorisez-le à adapter ce mot. Par exemple : « Je ne vous paie pas pour que vous m’indiquiez les règlements européens m’interdisant de servir mon peuple, mais pour y trouver ceux qui vont me le permettre. »

Suis-je en pleine digression ? Sans doute, encore que la force d’un livre est dans la capacité de son auteur de vous parler de vous (comme le savait Victor Hugo : « Ah ! insensé, qui crois que je ne suis pas toi ! ») et d’aujourd’hui en évoquant le passé (« Celui qui ne connaît pas l’histoire est condamné à la revivre. » (Karl Marx.).

Et puis, que dire de plus sans trop déflorer l’intrigue alors que j’écris ici pour que vous lisiez « Dernier convoi pour Buchenwald » de Roger Martin ?

Maxime Vivas

Chez votre libraire, ou expédié sans supplément par : www.librairie-renaissance.fr/

URL de cet article 20998
http://www.legrandsoir.info/ici-il-sera-question-de-nazis-de-resistants-de-resistants-juifs-ou-communistes-ou-les-deux-a-la-fois-de-trotskistes-de-marcel.html
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25 juin 2013 2 25 /06 /juin /2013 09:13

 

 

 

                                                                      

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25 juin 2013 2 25 /06 /juin /2013 09:05

                                                      Solidarité internationalisteOUTILS TOURNANTS

 

  TOUDEH.jpg

 Sur les élections présidentielles en Iran

 

La fin des illusions sur l' « Etat républicain » et un pas décisif vers une dictature à visage découvert

 

Déclaration du Comité central du Parti Tudeh d'Iran sur l'élection présidentielle de juin 2013

 

 

Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

Chers compatriotes,

 

Avec la décision du Conseil des Gardiens – dont les membres constituent les instruments les plus obscurantistes de la réaction et des serviteurs de Ali Khamenei, Guide suprême religieux – de disqualifier des centaines de candidats présidentiels, y compris Hashemi Rafsanjani, il ne reste plus aucun doute aux yeux de la majorité de la nation sur les manœuvres des leaders de la réaction, qui préparent une mascarade d'élection et l'installation d'un autre de leurs serviteurs, du type d'Ahmadinejad à la présidence. Autoriser les candidatures de voyous du genre de Mohammad Ghaalibaaf et Mohsen Rezaei qui s’enorgueillissent d'avoir engagé une répression sanglante contre les personnes les plus vertueuses de notre nation, et qualifier également des figures tristement célèbres telles que Haddad Adel, Jalili et Velayati, tout en disqualifiant Hashemi Rafsanjani qui est actuellement à la tête du Conseil de discernement de l'intérêt supérieur du régime, montre encore une fois la véritable portée et les limites de la « liberté » de ces élections dans le « régime le plus exemplaire du monde » tel qu'il se présente devant l'opinion iranienne et mondiale. Comme notre parti l'a souligné ces dernières semaines, il est clair pour nous et pour une immense majorité du peuple iranien que contrairement aux affirmations fallacieuses du Guide suprême du régime et d'autres partisans de cette tyrannie, le régime actuel est gouverné par les représentants du capitalisme libéral et bureaucratique iranien, l'obstacle premier à tout développement économique et social qui pourrait préserver l'Iran de la situation désastreuse actuelle.

 

Dans une déclaration révélatrice sur le type de personnes qui sont à la tête de notre nation, Hashemi Rafsanjani déclarait : « Je sais moi-même que je n'aurais pas dû me présenter, et j'ai également dit lors de réunions privées que je connais ces gens beaucoup plus que quiconque (…) Selon moi, il n'était pas possible de gérer le pays pire qu'ils ne l'ont fait, même en envisageant des scénarios pré-établis visant à détruire le pays (…) je ne veux pas m'engager sur le terrain de leur rhétorique et leur propagande, mais l'ignorance est gênante. Ils ne savent pas ce qu'ils font ». Il en est ensuite venu à la situation économique et a décrit l'Iran comme un État en faillite plongé dans une crise profonde.

 

La disqualification d'Hashemi Rafsanjani qui, il n'y a pas si longtemps, était encore présenté comme « le pilier du régime » et « le compagnon des Imam », indique le pas décisif réalisé par ce régime réactionnaire mené par Ali Khamenei vers une dictature para-militaire encore plus flagrante, dans laquelle un certain nombre de haut dignitaires de la République islamique n'ont pas le droit à intervenir dans la vie politique sans leur permission. Le Coup d’État du Guide suprême et de ses troupes, cette fois avant même que l'élection ne commence, achève une fois pour toutes l'illusion de l' « Etat républicain » et expose au peuple iranien qu'une des dernières réalisations de la magnifique révolution de 1979, l'Etat républicain, a été massacrée par le régime réactionnaire et les voyous qui le gouvernent.

 

Chers compatriotes,

 

Notre nation a accumulé une série d'expériences instructives ces dernières décennies concernant les élections dans le régime théocratique iranien. L'épopée de juin 1997, avec les 20 millions de voix qui se sont portées contre Nategh Noori, le candidat privilégié par le Guide suprême, a ébranlé les fondements du régime théocratique. Pendant ses 8 années au pouvoir, le gouvernement réformateur, bien qu'il n'ait pas mis en place des transformations démocratiques fondamentales, a néanmoins changé l'atmosphère politique et sociale et créé le cadre permettant de s'organiser socialement. Les leaders de la réaction ont estimé que ces huit années de gouvernement réformateur constituaient un risque et par conséquent, lorsque le mandat du président Khatami arrivait à son terme, ils se sont jurés qu'ils ne permettraient plus que cela se produise de nouveau. L'expérience des trois dernières élections, dans la décennie qui s'est écoulée, des élections présidentielles de 2005 et 2009 aux élections parlementaires de 2011, illustre le rôle du régime, du commandement du Corps des gardiens de la révolution islamique et des forces répressives dans la « manipulation » des élections, en piétinant les voix de millions de citoyens, et en plaçant des serviteurs du régime comme Ahmadinejad sur des positions de représentants du peuple.

 

Nous avions souligné ces dernières semaines que les manœuvres de la réaction visent à organiser une élection « truquée » mais avec une façade « honorable », c'est-à-dire sans boycott massif populaire, et en installant un serviteur du Guide suprême au bureau présidentiel, partisan d'une ligne dure. Si on considère ces faits irréfutables, la principale question, c'est que faire dans cette situation. Selon nous, le processus électoral doit devenir une tribune où s'expriment les principales exigences populaires, mettant en échec les manœuvres des forces réactionnaires. Ces revendications comprennent : la suppression de la mission « de surveillance et d'approbation » par le Conseil des gardiens, la non-intervention des forces de sécurité et du « Corps des gardiens de la Révolution islamique » dans l'élection, la libération immédiate et inconditionnelle de tous les prisonniers politiques, et la fin des mises en résidence surveillée de Mme. Zahra Rahnavard, M. Mir-Hussein Mousavi, et M. Mehdi Karrubi.

 

Sachant que les décisions sont déjà prises par les dirigeants de ce régime réactionnaire, il n'y aura pas d' « élection » dans notre pays, avec un candidat pour lequel nous devrions voter. Dans un tel contexte, la participation à l'élection ne servirait que les plans du régime, visant à faire venir le peuple dans les bureaux de vote. La question capitale, face au mouvement populaire et à toutes les forces réformatrices et éprises de liberté, c'est celle de l'organisation de grandes manifestations contre le système actuel de gouvernement et les politiques irrationnelles et désastreuses du « Guide suprême » et de ses cohortes.

 

http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/article-declaration-des-communistes-iraniens-du-tudeh-sur-les-elections-presidentielles-118477121.html

 

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25 juin 2013 2 25 /06 /juin /2013 08:59

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De : via pilhaouer

 

LE MONUMENT ERIGE EN 2011 à MADRID à la MEMOIRE DES BRIGADES INTERNATIONALES MENACE DE DESTRUCTION

ALERTE !

Le Tribunal Suprême de Justice de Madrid vient d’ordonner la démolition du seul monument existant à Madrid en hommage aux Brigades Internationales, inauguré en 2011 dans le Campus universitaire Complutense en présence de nombreuses délégations dont celle de l’ACER (voir notre compte-rendu sur le site)

Les adhérents de l’ACER réunis en Assemblée Générale le 8 juin ont décidé de réagir vigoureusement à cette incroyable nouvelle, à l’instar de nombreuses associations et personnalités espagnoles, et d’associations internationales.

Une délégation de l’ACER s’est rendue lundi 10 juin à l’Ambassade d’Espagne à Paris pour remettre une lettre de protestation (ci-dessous courrier) ; le Ministre des Affaires Etrangères Laurent Fabius, et le Ministre délégué chargé des Anciens Combattants Kader ARIF ont été saisis pour leur demander d’intercéder auprès du Gouvernement espagnol (voir les courriers adressés ci-dessous). De même, nous avons informé des parlementaires –députés et sénateurs- de cette situation afin de nous soutenir.

Signez la pétition en ligne (Ctrl+clic pour suivre le lien)

http://www.change.org/es/peticiones... vía anP change

LETTRE REMISE A L’AMBASSADEUR D’ESPAGNE en FRANCE le 10 juin 2013

LES AMIS DES COMBATTANTS EN ESPAGNE REPUBLICAINE à Monsieur Carlos BASTARRECHE SAGÜER

Monsieur l’Ambassadeur,

C’est avec stupeur et indignation que nous réagissons à la nouvelle dont la presse vient de se faire l’écho concernant la décision du TSJM (Tribunal Suprême de Justice de Madrid), déclarant « nulle de plein droit » l’édification du monument élevé en hommage aux Brigades internationales sur le campus de l’Université Complutense de Madrid.

Au nom de notre association, les Amis des Combattants en Espagne Républicaine (l’ACER) et de la Coordination internationale des associations mémorielles qui portent la mémoire et le souvenir de l’épopée des Brigades internationales, nous déclarons que cette décision fondée sur des arguments juridico-administratifs est d’autant plus inacceptable que des rues, des places et des symboles exaltant le fascisme à Madrid et dans de nombreuses villes en Espagne subsistent encore au mépris de la Loi sur la Mémoire Historique.

La Cité Universitaire de Madrid a été, lors du soulèvement illégal contre la République espagnole en juillet 1936, le théâtre de combats acharnés et d’une résistance emblématique des madrilènes et des forces internationales contre la sédition franquiste soutenue par le fascisme international. En ces lieux se jouaient les enjeux de la liberté et de la démocratie en Espagne et en Europe.

En outre, nous voudrions rappeler qu’avec le retour de la Démocratie en Espagne, votre pays a accordé la nationalité espagnole aux anciens des Brigades internationales, et que la République Française a reconnu la qualité d’anciens combattants aux volontaires français engagés dans la lutte dès 1936 en Espagne pour la défense de la démocratie et contre le fascisme international. Nous considérerions comme un affront fait aux valeurs de notre République toute atteinte au Monument qui leur rend hommage à Madrid.

C’est pourquoi, nous demandons aux hautes autorités espagnoles l’application de la « Loi sur la Mémoire Historique » et la préservation de ce monument. Il y va de la mémoire démocratique, de ses symboles et des valeurs politiques qui relèvent du « Contrat Social » en Démocratie.

En conséquence nous vous serions obligés de bien vouloir intercéder auprès de votre Gouvernement afin de lui faire part de notre incompréhension et notre demande que tout soit mis en œuvre par les autorités espagnoles pour la préservation de ce monument.

Nous vous prions de croire, Monsieur l’Ambassadeur en l’assurance de notre haute considération.

Claire ROL-TANGUY, Secrétaire Générale

LETTRES ADRESSEES à LAURENT FABIUS et KADER ARIF

LES AMIS DES COMBATTANTS EN ESPAGNE REPUBLICAINE à Monsieur Laurent FABIUS, Ministre des Affaires Etrangères

Monsieur le Ministre,

Le Tribunal Suprême de Justice de Madrid vient d’ordonner sous délai de deux mois, la démolition du monument élevé en hommage aux Brigades internationales sur le Campus de l’Université Complutense de Madrid et inauguré en octobre 2011 en présence de notre association.

C’est avec stupeur et indignation que notre association, Les Amis des Combattants en Espagne Républicaine, réagit en apprenant cette nouvelle déconcertante.

Vous voudrez bien trouver ci-joint photocopie de la lettre de protestation que nous venons de remettre ce matin à l’Ambassade d’Espagne à Paris pour demander aux autorités espagnoles de tout faire en vue de préserver ce monument mémoriel dans le respect de la loi espagnole sur la « Mémoire Historique ».

Dans le cadre de vos fonction ministérielles, nous vous serions très obligés de bien vouloir intervenir auprès des autorités espagnoles afin d’appuyer notre démarche visant à sauvegarder ce monument.

Comme vous le savez, c’est avec le retour de la Démocratie es Espagne que ce pays a accordé la nationalité espagnole aux anciens des Brigades internationales et que la République Française a, de son côté, reconnu la qualité d’ancien combattant aux volontaires français, engagés dans ces unités militaires, pour combattre, avec les républicains espagnols, la sédition franquiste et le fascisme international, afin de défendre la Liberté et la Démocratie en Espagne et en Europe.

Nous aurions à cœur une intervention de votre part pour contribuer à la sauvegarde de ce monument.

Dans cette attente, nous vous prions de croire, Monsieur le Ministre, en l’assurance de notre haute considération.

Claire ROL-TANGUY, Secrétaire Générale

LES AMIS DES COMBATTANTS EN ESPAGNE REPUBLICAINE à Monsieur Kader ARIF, Ministre délégué auprès du Ministre de la Défense, chargé des Anciens Combattants

Monsieur le Ministre,

Nous vous prions de trouver ci-joint la lettre de protestation qu’une délégation de notre association ACER a remise le 10 juin 2013 à Monsieur l’Ambassadeur d’Espagne à Paris concernant la menace de destruction du monument érigé en 2011 à Madrid, dans le campus de l’Université Complutense, à la mémoire des Brigades Internationales.

Nous avons en effet appris qu’une décision du Tribunal Suprême de Justice de Madrid déclarait nulle de plein droit l’édification de ce monument. Au-delà des arguments juridico-administratifs qui semblent fonder cette décision, il n’en reste pas moins que nous ne pouvons nous résoudre à accepter une décision qui revient à effacer un pan de la mémoire historique du peuple espagnol, et qui soulève une forte réprobation de toutes les associations qui, dans le monde, portent la mémoire des volontaires internationaux venus au secours de la République espagnole.

La République Française ayant reconnu la qualité d’anciens combattants aux volontaires français engagés dans la lutte dès 1936 en Espagne pour la défense de la démocratie et contre le fascisme international, c’est à ce titre que nous sollicitons votre plein soutien à notre prise de position.

Nous vous serions obligés de bien vouloir intercéder auprès du Gouvernement espagnol afin que tout soit mis en œuvre pour la préservation de ce monument, et de bien vouloir nous informer des démarches que vous comptez prendre pour aider à la résolution de cette triste et malheureuse affaire.

Nous vous prions de croire, Monsieur le Ministre, à l’assurance de notre haute considération.

Claire ROL-TANGUY, Secrétaire Générale 

ACER les amis des combattants en Espagne Républicaine

http://www.acer-aver.fr/index.php/5...

 

http://bellaciao.org/fr/spip.php?page=article_txt&id_article=136094

 

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25 juin 2013 2 25 /06 /juin /2013 08:52

 

                                                                      MARE NOSTRUM-copie-1

 

24 juin 2013

Un émirat sous le parapluie de la France. D. R.


Par la voix de son Premier ministre, Hamad ben Jassim al-Thani, le Qatar confirme son rôle criminel, ainsi que celui de l’Arabie Saoudite et de certains pays occidentaux, dans l’action de déstabilisation de la Syrie. Le Qatar forme et arme les islamistes syriens, dans des camps d’entraînement en Jordanie et en Turquie, avec l’aide des services de renseignement américains et français. Cet aveu a été fait, à Doha, devant les ministres des Affaires étrangères du groupe des «amis de la Syrie», appellation donnée aux pays qui aident les groupes terroristes dans ce pays. Hamad Bin Jassim al-Thani n’a pas tout révélé, il n’a rien dit des «décisions secrètes» qui ont été prises lors de cette réunion tenue le samedi 22 juin, mais c’est un secret de Polichinelle, Qatar va continuer ce qu’il n’a cessé de faire, déverser des armes dans une vaine tentative de renverser le rapport de forces sur le terrain en Syrie. Le Qatar et les autres pays pro-terroristes n’ont pas digéré les victoires remportées par l’armée syrienne dans sa contre-offensive, particulièrement dans la ville de Qousseir qui a été libérée de l’emprise des islamistes armés qui l’occupaient. L’urgence donc pour le Qatar et pour les pays occidentaux qui le soutiennent est de changer la situation sur le terrain. C’est pourquoi ils ont décidé de renforcer l’aide en armes qu’ils accordent aux groupes terroristes. Le Qatar confirme son implication dans l’arrivée au pouvoir des islamistes en Tunisie et en Egypte et dans le chaos qui a plongé la Libye dans une impasse sanglante. Il ne fait aucun doute maintenant que son action déstabilisatrice vise non seulement le Sahel mais aussi le Maghreb. Son intervention dans la guerre en Syrie montre jusqu’où ce pays peut aller pour atteindre ses objectifs, au service des pays occidentaux. Par ailleurs, en soutenant l’action terroriste en Syrie, les pays occidentaux et les pays arabes qui les suivent, garantissent l’impunité aux mercenaires islamistes à leur retour dans leurs pays respectifs. C’est ce que révèle, selon le Washington Post, Mohamed Hassan Hamed, qui a dirigé l’action islamiste armée contre Hosni Moubarak en Egypte, jusqu’en 2003. Il a déclaré que les terroristes égyptiens, qui par le passé fuyaient pour se réfugier à l’étranger, peuvent maintenant aller combattre en Syrie en étant assurés qu’ils ne seront pas poursuivis par la justice à leur retour.
Kamel Moulfi

URL de cet article : http://www.algeriepatriotique.com/article/le-premier-ministre-qatari-nous-formons-les-islamistes-armes-syriens-avec-l-aide-de-la-cia-e

 

                                                          source: barricades

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