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CHANTS REVOLUTIONNAIRES

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28 novembre 2014 5 28 /11 /novembre /2014 15:56

 

                                                                                             nos lurtte jill wachill

                       (source:Jil Wachill)

 

Le gouvernement, la droite et le MEDEF font mensonges communs
Lundi 24 novembre 2014, par  Serge Truscello

 

Un pilonnage idéologique tend à faire passer la France pour un pays en faillite et en gabegie de dépenses publiques : 2 000 milliards d’euros de dettes, plus de 30.000 euros par habitant. C’est la chasse aux économies et à la dépense publique et sociale. Ce sont les 11 milliards de baisse des dotations aux collectivités locales sur trois ans. C’est la Cour des comptes qui propose d’économiser 400 millions d’euros en ne remplaçant plus qu’1 départ à la retraite sur 3 dans les fonctions publiques, y compris dans les hôpitaux ! C’est la dénonciation de « l’assistanat » ainsi que du « coût du travail » et de la protection sociale. En bref, vous payez trop d’impôts, ce serait la faute aux pauvres et aux immigrés, lesquels en plus “fraudent”… Voilà en résumé ce qui se raconte du matin au soir dans l’essentiel des médias et des discours politiques ainsi que du Medef.

Les racines des difficultés sont pourtant toutes autres

Dividendes, rachats d’actions et circuits financiers captent une part croissante de la richesse produite. Pour les seuls dividendes, le taux de marge financière - part des dividendes dans la valeur ajoutée (richesse produite) - est passé de 2% au début des années 1980 à 14% en 2013.

Le rêve de monsieur Gattaz, c’est ce que vient de réaliser Wall Street, les dividendes et rachats d’actions - stériles économiquement : ni emploi, ni investissement, ni richesse produite - viennent d’atteindre 95% du résultat des entreprises cotées ! Il n’y a pratiquement plus rien pour le réinvestissement. Il ne faut pas s’étonner que les électeurs d’Obama n’aient rien vu de la « reprise économique »…..En France, pour le CAC40, ce taux a dépassé 80% en 2013.

Pillage de fonds publics

Aucun audit n’est réalisé du millefeuille d’ « aides aux entreprises », qui dépasse 200 milliards d’euros, dont les 30 d’exonérations de cotisations, les 10 (qui deviendront 20 en 2015) du CICE, les 6 du Crédit Impôt Recherche,… Et les informations qui remontent pour le CICE par exemple, montre une inefficacité pour l’emploi et l’investissement.

L’action contre la fraude fiscale (50 milliards) et la fraude sociale (22 milliards dont 20 de fraude patronale aux cotisations !) reste limitée. Alors même que le taux d’Impôt sur les Sociétés a été abaissé de 50% à 33% en 20 ans. Et le taux réel est inférieur à 10% pour les grands groupes compte tenu des possibilités d’ « optimisation fiscale »

Ce sont autant de gisements de milliards qui existent (ils ne sont pas à emprunter !) et qui pourraient être mieux utilisés. Mais évidemment, c’est plus difficile d’aller chercher et réorienter ces milliards-là, qu’en prendre 6 sur le dos des consommateurs en augmentant la TVA ou en économisant en gelant le point d’indice des salaires de la fonction publique. Et cela se paie par le chômage et la stagnation économique.

Quant au crédit, constatons seulement que la Banque Centrale Européenne s’apprête à réinjecter 1000 milliards d’euros (Le Monde daté des 7 et 8 novembre) dans l’Eurosystème, et prête aux banques commerciales à un taux directeur de 0,05% ! Mais elle ne prête toujours pas aux États, alors qu’un pays comme la France pourrait économiser plusieurs milliards d’euros sur les 45 milliards du « service de la dette » en se refinançant directement auprès de la BCE !

 

Il y a dans le pays une majorité de femmes et d’hommes qui refusent cette politique d’austérité. Les rassembler pour construire ensemble, c’est ce à quoi veut se consacrer le Parti communiste. D’autant que d’autres choix sont possibles. Nous ne sommes pas condamnés à l’austérité permanente et à l’insécurité sociale. Il faut mettre en œuvre une politique qui parte des besoins sociaux, s’attaque aux inégalités et à la finance. 

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28 novembre 2014 5 28 /11 /novembre /2014 15:50

 

                                                                     HUMA.fr

 

 

 

Marie-George Buffet :
          « Réaffirmer un droit fondamental »
Entretien réalisé par Laurent Mouloud
Vendredi, 28 Novembre, 2014
Photo : Joël Saget/AFP
« À Malte, en Irlande ou encore en Pologne, l’IVG est encore illégale. »
Photo : Joël Saget/AFP
Marie-George Buffet, députée de Seine-Saint-Denis, revient 
sur la résolution votée mercredi à l’Assemblée en faveur du droit 
à l’interruption volontaire de grossesse.

L’Assemblée nationale a adopté, mercredi, une résolution pour réaffirmer le droit fondamental à l’interruption volontaire de grossesse (IVG). Un vote crucial, souligne Marie-George Buffet, députée (PCF) de Seine-Saint-Denis et oratrice du groupe communiste.

Quel sens donnez-vous à cette résolution ?

Marie-George Buffet : C’est la réaffirmation d’un droit fondamental, d’autant plus utile que son existence reste fragile. Il y a quelques semaines, lors de l’examen du projet de loi pour l’égalité hommes-femmes, des députés de droite ont parlé d’IVG de « convenance personnelle » parce qu’on avait décidé de supprimer des textes l’obligation faite aux femmes de justifier d’une « situation de détresse » pour pouvoir avorter… Mercredi, certaines interventions, y compris de députés socialistes, ont encore expliqué qu’il fallait faire baisser le nombre d’IVG sous prétexte de développement des moyens contraceptifs… On le voit, ce droit est toujours menacé sur le plan idéologique, et la vigilance est de mise. Ne sous-estimons pas la puissance des idées conservatrices qui traversent actuellement la société.

Ce droit à l’IVG est également remis en cause par les politiques d’austérité…

Marie-George Buffet : Tout à fait. Et ce n’est pas seulement moi qui le dis ! Un rapport de l’Igas (inspection générale des affaires 
sociales – NDLR) de 2009 note que les conditions ne sont toujours pas réunies en France pour garantir aux femmes l’accès au droit d’avorter. Il est difficile dans des départements comme le mien. Mais également dans les départements ruraux, où la fermeture des structures de santé de proximité – hôpital, maternité – fait que les centres d’IVG sont de moins en moins accessibles, compliquant les démarches des femmes, notamment des jeunes filles qui n’ont pas forcément un entourage pour les accompagner. Il y a là une vraie bataille à mener. Au-delà de nos frontières, il y a aussi besoin de poursuivre la mobilisation. À Malte, en Irlande ou encore en Pologne, les femmes n’ont toujours pas ce droit. Et en Espagne, il a failli être remis en cause.

Les débats parlementaires en 1974 avaient été virulents. Quel a été le rôle des communistes dans ce combat ?

Marie-George Buffet : Nous sommes dans la contradiction du Parti communiste de l’époque. Il faut se rappeler que nous avons agi, à un moment, contre la contraception car nous disions que c’était une démarche malthusianiste, qui empêchait les familles ouvrières d’avoir des enfants. Et quand les féministes ont lancé le mot d’ordre « Un enfant si je veux quand je veux », il y a eu des débats dans le Parti. Nous estimions, à l’époque, que la solution était le socialisme ; qu’il réglerait les problèmes d’égalité des hommes et des femmes, et que le combat féministes nous détournait du combat essentiel. Mais sur cette question précise de l’IVG, quelques mois avant le débat de décembre 1974, le groupe commu-niste avait déposé une loi-cadre qui s’appelait « Pour la promotion de la femme et de la famille ». Et dans ce texte, nous interrogions déjà sur les moyens mis à la disposition des femmes pour pratiquer l’IVG dans de bonnes conditions, et réclamions son remboursement. Les députés communistes n’étaient donc pas en retard au moment où le débat a débuté sur l’IVG. Mais au contraire, dans une position de soutien clair et engagée.

Les sept députés qui ont voté contre le droit à l’IVG.

Mercredi, sept députés ont voté contre 
la résolution pour réaffirmer le droit fondamental à l’avortement en France, en Europe et dans le monde :

celui d’extrême droite Jacques Bompard, Jean-Christophe Fromantin (UDI) et cinq UMP, Xavier Breton, Jean-Frédéric Poisson, Nicolas Dhuicq, Olivier Marleix et Yannick Moreau.

 
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28 novembre 2014 5 28 /11 /novembre /2014 15:42

 

                                                                        desert-.jpg

 

 

                 "Quand deux hommes l’un à l’autre étrangers et inconnus l’un pour l’autre se rencontrent dans l’immense solitude d’un désert ou dans le silence éternel des montagnes, ces deux hommes esseulés se regardent et se saluent, ils entrent en rapport sans avoir besoin d’être présentés l’un à l’autre, ils se serrent la main sans autre forme de protocole. Ils sont seuls dans la nature hostile, mais ils se connaissent déjà bien qu’ils ne se soient jamais vus ; ils échangent une première parole et le vent, les rochers, la nature élémentaire leur renvoie l’écho de cette parole. Cette parole est déjà en elle-même une bienvenue. Telle est la parole que le voyageur solitaire ; perdu dans la nuit, adresse à un autre voyageur solitaire ; telle est la parole qu’au-delà de toute prosopolepsie mesquine l’homme adresse à un autre homme sur la chemin de la vie. Dans un monde inhumain cette salutation atteste la fraternité de deux visages et célèbrera la rencontre de deux regards..." (Vladimir Jankélévitch).

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28 novembre 2014 5 28 /11 /novembre /2014 15:38

 

                                                              cerveau animé

 

 

             GAUCHE ET DROITE EN CAPILOTADE
mercredi 19 novembre 2014
par  Jean-Luc Gonneau


C’était comme si c’était fait. Retour de deux ans d’exil au Cap Nègre (mais courant quand même le monde des conférences de luxe), tel Napoléon revenant de l’île d’Elbe, Nicolas Sarkozy allait accomplir une marche triomphale au milieu d’un peuple versant des tonnes de larmes de bonheur suite à cette bonne nouvelle : la France allait bientôt retrouver son guide flamboyant. Ben non, à la grande stupeur de ses courtisans, sans même évoquer la froideur attendue du « peuple de gauche », voilà-t-il pas que le retour en question ne fait pas la recette attendue. C’est comme les CD de son épouse : ça se vend, certes, mais pas des masses, juste dans son fan club. On sent le bonhomme nerveux, et pour reconquérir, espère-t-il, les faveurs populaires, il se met à dire tout et son contraire. Même Nadine Morano, dont le sens de la nuance est notoirement ténu, en est toute chose. Et Nathalie Kosciusko-Morizet de prendre des airs d’infirmière en chef maternant un patient un peu agité. Bref il est improbable que le retour du « chef historique » remette le principal parti de la droite en ordre de marche, même si, comme on peut le prévoir, il parvient à en prendre la présidence. Une présidence de fan club. Et toujours la menace judiciaire, pour lui et quelques uns de ses amis proches.

Le reste de la droite ne va guère mieux : l’UDI demeure confidentielle, le Modem n’existe que par la grâce (n’oublions pas qu’il est catho, quoique impeccablement laïque) de François Bayrou, rallié à Alain Juppé sans exclure de se remettre en selle en 2017 si le maire de Bordeaux renonçait, ni de passer des accords avec la droite du PS si celui-ci explosait. Mais cessons de jouer aux Alain Duhamel de comptoir : ce qui caractérise l’ensemble de la droite, c’est une cruelle absence de vision du pays, ce qui la fiche mal pour les prétendus héritiers du général De Gaulle. Bref, ce qu’on peut en attendre, c’est du Hollande en pire, et au mieux un attentisme bon enfant d’un Juppé qui rechausserait les bottes de Chirac.

Si la droite ne va pas bien, la gauche non plus. Chaque semaine, et parfois chaque jour, les dissensions internes du Parti Socialiste se font jour. Les différentes factions de la gauche du parti s’agitent de plus en plus, salivant en l’attente du prochain congrès, dans quelques mois. Les hollando-vallsiens, alliance méfiante, tentent de donner à Juppé lui-même un cours de droit-dans-les-bottisme alors même que le bordelais se maquille en bonhomme. Et les « frondeurs », se gardent de fronder à bloc, partagés sans doute entre la crainte de perdre tout de suite un siège parlementaire en cas (de toute façon improbable) de dissolution de l’assemblée nationale, comme, dit-on, MM. Le Guen et Leroux les en menace en cas de fronde frontale, allitération facile, d’accord. La gauche de la gauche est en convalescence, mais pas très allante. Ici, nous nous réjouissons de la position de Pierre Laurent au nom du PCF concernant les prochaines élections cantonales et régionales : pas d’alliance avec le PS dans l’état actuel de la politique gouvernementale. C’est clarifiant, donc on se réjouit, mais il est vrai que nous ne sommes pas difficiles pour les réjouissances, tant il y en a peu. Et il serait peut-être temps que le Front de gauche se remette, collectivement, au travail, passe un coup de plumeau sur les propositions portées par la candidature de Jean-Luc Mélenchon en 2012, les actualise, les complète et trouve quelques nouveautés pour faire d’un programme un projet et d’un projet une vision. Cela va finir par urger grave.

Pendant ce temps, le Front National engrange, sans grand effort intellectuel ou militant. Il suffit de dénoncer les bêtises des autres, et ce n’est pas cela qui manque, et de saisir les opportunités des désordres internationaux. La collusion UMPS ? Voyez le guichet Fillon-Jouyet. Les étrangers indésirables ? Voyez les fanatiques de Daech, on vous l’avait bien dit. L’Europe des margoulins ? Voyez les turpitudes fiscales luxembourgeoises. Et ça marche. Et ça marche même à gauche, car, reconnaissons-le, l’Europe marchande, on la dénonçait avant Marine Le Pen, la frontière poreuse entre la gauche et la droite, on la connait depuis toujours.

A propos de ces frontières, justement, sans doute l’avons-nous déjà dit mais la répétition a des vertus éducatives, on ne trouve que rarement chez nos concitoyens des convictions qui correspondent pile-poil aux propositions d’un parti politique. Le choix, qu’il soit électoral ou militant, est le plus souvent (surtout dans l’acte de vote, le cas du duel Hollande-Sarkozy et plus encore celui du duel Chirac-Le Pen senior sont éclairants). En fait, le positionnement politique des citoyens est moins tranché que plutôt dans un continuum, qui transgresse les frontières des partis politiques. Ainsi, il est possible de considérer, exemple parmi d’autres, qu’un Manuel Valls (qui dit être de gauche) est probablement plus proche, globalement, d’un François Bayrou (qui dit, maintenant, être de centre droit) que d’un Pierre Laurent (qui dit et est de gauche) ou même d’une Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice socialiste et animatrice de la gauche du PS. Les « grands » partis doivent leur poids à leur capacité à rassembler un segment relativement important du continuum politique. C’est à la fois leur force et leur faiblesse. Les pêcheurs connaissent bien ça : à vouloir tout attraper, on laisse filer le poisson, pardon, l’électeur ou l’adhérent. Un électeur qui, de plus, peut considérer à l’usage que l’appât n’est si appétissant que ça, et nous concédons ici, sans en avoir de preuve scientifique, que ce doit être plus rarement le cas du poisson. Et tous, poissons et électeurs, ont généralement un souvenir assez désagréable de l’hameçon.

Ces difficultés sont exacerbées par le système électoral majoritaire, qui, au final, ne tient pas compte du continuum. D’où notre affection certaine pour un système proportionnel : il a aussi des défauts, mais moins. Mais ceci est une autre histoire.

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28 novembre 2014 5 28 /11 /novembre /2014 15:23

 

                                                                                          Terre Corse

 

                                      INFORMATIONS:                        

   fl-che-copie-1.gif           http://terrecorse.tumblr.com/

 

 

 

Les Saisons de Parole Vive: 14 - 18 Impressions de guerre, expression de l’art Projections - Conférences - Lectures - Concerts

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28 novembre 2014 5 28 /11 /novembre /2014 15:16

 

 

                                                                     Terre Corse

 

                                fl-che-copie-1.gif           http://terrecorse.tumblr.com/

 

CGT Énergie Corse: ELECTION au Conseil d’Administration de la CMCAS de CORSE La CGT avec 75% des voix et 19 sièges sur 24 reste la 1ère organisation syndicale à EDF/GDF Corse. (communiqué)

image

Une nouvelle fois et de façon massive, le personnel renouvelle sa confiance à la CGT.

Du 24 au 27 novembre 2014, les agents actifs et inactifs d’EDF/GDF, étaient appelés à élire leurs représentants au Conseil d’Administration de la CMCAS de Corse.

Avec 1128 voix sur 1513 suffrages exprimés, la CGT obtient 19 sièges sur 24 et conforte sa place de 1ère Organisation Syndicale.

Ce résultat permet à la CGT un gain la faisant progresser de 17 à 19 sièges (+2) et lui donne 75% des suffrages exprimés.

Ce résultat est d’autant plus remarquable que le taux de participation était supérieur à 85%, ce qui témoigne de la confiance et du fort attachement du personnel actif et inactif à ses activités sociales et à la CGT.

La CGT remercie les 1128 agents qui lui ont renouvelé leur confiance.

Pour info :

Le STC obtient 183 voix, La CFE CGC 121 voix, FO 40 voix, La CFDT 41 voix

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28 novembre 2014 5 28 /11 /novembre /2014 15:10

 

  La vidéo vérité sur les relations entre Pierre Gattaz et François Hollande, et pour mieux comprendre la trahison du Bourget

 

 

 

 

 
                    à diffuser massivement
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28 novembre 2014 5 28 /11 /novembre /2014 14:51

 

 

   source

  venissieux.png                                   Contre le FN      colère

 

 

 

Publié le : 28 novembre 2014

Pour faire reculer le danger fasciste Faire grandir la résistance aux oligarchies économiques unir pour la rupture avec le capitalisme !

Une situation dangereuse

Notre pays s’enfonce dans une longue crise économique et sociale. Le peuple paie au prix fort l’avidité des grandes fortunes mondialisées. La vie est de plus en plus difficile et incertaine, une partie de la population s’installe dans la misère et la précarité, des droits qui paraissaient intouchables sont remis en cause.

Cela crée une crise politique profonde, conséquence de la complicité entre les gouvernements successifs et le patronat, leur soumission aux ordres de l’Union Européenne, bras armé du capital.

Il faudrait des mesures de justice sociale, rééquilibrer la balance du côté des travailleurs. Mais l’espoir a sombré devant les reniements et les mauvais coups du gouvernement Hollande. Comment s’étonner que dans ce désespoir populaire qui fait l’abstention, le parti de Marine Le Pen se soit placé au centre de la vie politique après les municipales et les européennes de 2014 ?

La situation est grave et dangereuse. Les élections municipales ont montré les rapprochements possibles entre la droite et le FN, le double jeu des identitaires et du FN.

Le fascisme, la face la plus noire du capital !

Le FN, comme tous parti fasciste, se présente comme un allié des « petites gens », l’anti-système. Il parle des problèmes quotidiens, propose des mesures sociales, défend la Nation contre l’Union européenne...

Mais au pouvoir, c’est une autre chanson qui s’applique aux peuples. Ils révèlent leurs vrais visages, meilleurs alliés des grands patrons qui le leur rendent bien. La famille Le Pen est une des grandes fortunes de France !

En Ukraine, c’est avec des néo-nazis que les riches oligarques imposent leur loi au peuple, les restructurations capitalistes, désorganisent la société, mettent à l’index la population russophone, créant les conditions d’une guerre meurtrière aux portes de l’Europe au service de la domination impérialiste US.

Le programme du FN vise d’abord à renforcer la concurrence de tous contre tous, à libérer les entreprises de toute contrainte, à favoriser tous les communautarismes.

Dénoncer le FN, cela ne suffit pas pour l’arrêter !

Depuis des années, nous pouvons constater que descendre dans la rue pour dénoncer l’idéologie du Front National ne suffit pas à le faire reculer. De plus en plus de gens, excédés par une alternance qui ne change rien et fait toujours pire, envisagent de voter FN, un vote qui n’a jamais été gagnant.

Pour eux, il n’y a rien à attendre de la gauche et de la droite. Ce sont toujours les mêmes qui sont servis, les grandes fortunes du monde entier qui rêvent d’exploiter sans limites, et organisent pour cela la guerre entre les travailleurs de tous les pays. Le carburant du vote FN est dans ces politiques de « concurrence libre et non faussée ». Le racisme est l’arme pour construire des boucs émissaires et empêcher le peuple de s’unir.

Pour battre le FN, reconstruire un choix populaire de rupture

La seule alternative populaire au fascisme est dans la bataille pour des mesures de rupture :
- Nationalisation des secteurs bancaires et financiers, des secteurs vitaux pour le pays, et notamment re-nationalisation immédiate d’EDF-GDF et de la Poste
- Plan de développement des services publics, en priorité école, santé, transports et postes avec les embauches statutaires nécessaires
- Remise en cause fondamentale de la dette publique organisée par le système financier.
- Interdiction des licenciements et des délocalisations et appropriation par les salariés avec le concours de la force publique des entreprises désertées ou bradées par leurs actionnaires
- Augmentation significatives des salaires, des pensions et minima sociaux
- Rétablissement de la retraite à 60 ans à taux plein avec 37,5 années de cotisation et départ dès 55 ans pour les métiers pénibles
- Blocage des prix des produits de première nécessité
- Construction de logements sociaux à hauteur des besoins, blocage des loyers et interdiction des saisies et expulsions pour les familles en difficultés
- Non application des directives européennes et réaffirmation de la souveraineté populaire de la France
- Sortie de l’alliance atlantique, refus d’intervention militaire de la France dans un pays souverain.

 

     

                                                                          marxcheani.gif

 

 

illustrations: U CURSINU ROSSU

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27 novembre 2014 4 27 /11 /novembre /2014 13:34

 

                                                                               MARE NOSTRUM-copie-1

 

 source:canempechepasnicolas

La Grèce en grève générale contre la politique de rigueur

Des ferries à quai dans le port du Pirée, à Athènes, pendant une grève générale de 24 heures, le 27 novembre 2014 en GrèceDes ferries à quai dans le port du Pirée, à Athènes, pendant une grève générale de 24 heures, le 27 novembre 2014 en Grèce - Angelos Tzortzinis AFP

© 2014 AFP

 

La Grèce, pratiquement privée de transports, tournait jeudi au ralenti en raison d'une grève générale de 24 heures contre les politiques de rigueur.

A l'origine du mouvement, les centrales GSEE du privé et Adedy du secteur public dénoncent «les mesures gouvernementales qui entretiennent le Moyen-âge social, le chômage à un niveau de cauchemar, les politiques qui font des travailleurs la variable d'ajustement de la crise et des déficits».

Les contrôleurs aériens se sont ralliés à la grève entraînant la suppression des vols au départ et à destination d'Athènes et tous les bateaux étaient à quai du fait de l'arrêt de travail des dockers.

La grève devait aussi affecter écoles, hôpitaux, banques et grandes entreprises publiques tandis qu'une série de syndicats, dont ceux des employés du commerce et de l'hôtellerie, ont appelé leurs adhérents à suivre le mot d'ordre.

Les transports en commun de la capitale reprendront en milieu de matinée, pour permettre l'acheminement à la manifestation syndicale prévue à la mi-journée, avant de s'interrompre de nouveau.

C'est la deuxième grève générale de l'année en Grèce qui a vécu depuis 2010 au rythme des arrêts de travail répétés contre les politiques d'austérité. La mobilisation a cependant sensiblement marqué le pas depuis un an.

Le pays a commencé à renouer cette année avec un rythme positif de croissance qui devrait s'accélérer en 2015, mais après avoir traversé six années de récession qui lui ont fait perdre un quart de sa richesse.

Un emploi sur quatre a disparu durant la crise, selon l'Organisation internationale du travail (OIT) qui a mis en garde cette semaine contre le risque «d'une crise sociale prolongée».

Le taux de chômage s'établissait à 25,9% en août. L'indice des salaires, toutes professions confondues, a reculé de 23,8% en moyenne depuis début 2010.

Le parlement devrait voter le 7 décembre un budget 2015 qui poursuit une politique de baisse des dépenses, notamment dans le domaine de la santé et de l'éducation

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27 novembre 2014 4 27 /11 /novembre /2014 13:15

 

                                                                        cerveau animé

 

 

Contre Pierre Rabhi (et qu'Althusser repose en paix.)

Quoi, être « contre »  une si sage et si gentille personne, mais comment peut-on  ? Comment oser ne pas être un admirateur de Pierre Rabhi? Et pourquoi ne pas être persan, tant qu'on y est ?

Et pourtant, oui, parfois, il faut prendre un moment pour dégommer les idoles à la mode dans les milieux de gauche. Parce que ça fait du bien, certes,  mais aussi si ça se trouve  pour le bien de  la dite « gauche » aussi, à la limite.

Il y a quelques décennies, dans la gauche française, ou au moins sa fraction étudiante mondaine, une des idoles qu'il était nécessaire de déboulonner était Louis Althusser. Ce philosophe, membre du PCF et maître à penser des futurs premiers maoïstes français, s'était notamment fait connaître par son ouvrage  Pour Marx, paru en 1965. Il n'y a avec le recul que deux raisons qui me viennent à l'esprit pour expliquer la fascination que cette imbittable relecture « structuraliste »  de Marx a pu exercer à l'époque  :

  • la large méconnaissance du marxisme et des écrits de Marx en France dans les années 1960. Méconnaissance qui était d'ailleurs aussi le fait d'Alhusser et de ses disciples de Normale Sup, qui ont quand même réussi à publier un livre pour expliquer aux gens comment  Lire le capital  alors que eux venaient à peine de découvrir le seul tome I au cours de l'été précédent. Althusser confirme cela  dans ses Mémoires, où l'on constate qu'il n'allait vraiment pas bien dans sa tête malgré des années de cure psychanalytique - ou à cause de celles-ci, peut-être -, mais aussi qu'il  avait un peu conscience quand même d'être un imposteur.

  • Deuxième explication possible : la fascination assez typique des intellectuels de gauche français pour des textes abscons et aussi vides sur le fond que prétentieux sur la forme [ce qu'est Pour Marx , j'ai essayé, c'est vraiment illisible] . Althusser n'est qu'un exemple parmi d'autres, on pourrait aussi évoquer Lacan et Derrida pour les pires d'entre eux.

 

En réaction à la mode althussérienne, de plutôt jeunes intellectuels liés à la LCR avaient en 1974 publié un cinglant recueil intitulé Contre Althusser, Pour Marx  - réédité par les éditions de la Passion en 1999- , qui s'efforçait de faire feu sur l'idole. Œuvre bien utile,  même si c'était partiellement sur le même terrain de la marxologie universitaire un peu pompeuse.

Mais aujourd'hui, si l'on regarde en arrière, on est obligé de constater que les maîtres à penser de la gauche étaient dans les années 60 et 70  quand même d'une autre trempe que ce Pierre Rabhi dont on va parler maintenant. Althusser s'efforçait malgré tout d'inscrire son action dans le cadre d'un grand parti lié à la classe ouvrière, et entendait s'inspirer de Marx et de Lénine plutôt que de réacs comme Proudhon (au mieux) voire  Malthus (au pire) qui influencent largement la gauche « radicale » d'aujourd'hui. Bref, Althusser, ça avait  une autre gueule que Rabhi, dans le rôle du maître à penser inconsistant. On en est là...

 

Il a été déjà question de Pierre Rabhi plusieurs fois sur ce blog. Pour l'essentiel, à l'occasion d'une visite à sa ferme expérimentale pas loin de chez nous en Ardèche, au cours de laquelle on avait pu constater avec quelques copains de l'AFIS à quel point les méthodes agronomiques du bonhomme sont une sorte d'arnaque qui repose sur l'exploitation de main d'œuvre gratuite et de dons divers et variés, pour aboutir au final à un résultat absolument minable en termes de production, dont auraient honte même les plus incompétents des jardiniers amateurs (dans mon style)

http://blogs.mediapart.fr/blog/yann-kindo/280912/agroecologie-quand-bastamag-voit-ce-quil-croit

http://afis-ardeche.blogspot.fr/2012/09/humanisme-notre-visite-chez-des.html#mor

 

Je ne vais pas en rajouter ici sur la question proprement agronomique, que l'on peut considérer comme réglée : si on généralisait les illusions et l'incompétence qui règnent à la ferme du Mas de Beaulieu, il y aurait encore plus de sous-nutrition sur la planète que le capitalisme ne réussit déjà à en provoquer.

Insistons donc plutôt sur d'autres raisons pour lesquelles il vaut la peine de se positionner « contre  Rabhi », quitte à peiner les croyants qui l'idolâtrent aveuglément.

 

D'abord, il faut combattre Rabhi comme on combat toutes les religions, comme autant d'opiums du peuple et de superstitions archaïques. Je ne vais pas revenir sur les sortes de rituels magiques et biodynamiques qui se pratiquent dans sa ferme expérimentale, à l'instar de ce  «  mésenstère de cerf »  qui nous a tant fait marrer après la visite, sorte de talisman gastrique fièrement accroché au toit de la maison pour capter plein d'énergies positives. Non, plus largement, la pensée de Rabhi est fondamentalement une pensée religieuse, et le bougre ne s'en cache même pas :

« Je fonctionne sur une spiritualité qui m’est propre. Je ne peux pas imaginer que la vie soit un hasard, je pressens une intelligence qui régit tout ça que j’appelle le « divin », pas dieu. Je suis persuadé qu’il y a quelque chose qui nous échappe, qui outrepasse nos capacités, il y a un grand mystère dans toute chose. Nous-mêmes, pourquoi nous sommes nés, qui nous a réalisé ? C’est une intelligence infinie qui a créé la réalité dans sa totalité et je ressens ce mystère en moi. Et sans rituel d’aucune sorte, c’est un ressenti presque permanent. Chacun de nous vit en mangeant, respirant... Pour moi ce n’est pas anodin car tellement bien fait et organisé. Je n’ai donc pas besoin de temple ni de prière, lorsque je ne trouve pas de réponses ou de solutions, j’en appelle à ce « divin ». »

Source : http://blogs.mediapart.fr/blog/friture-mag/180614/pierre-rabhi-lorsque-je-ne-trouve-pas-de-reponses-ou-de-solutions-j-en-appelle-au-divin

 

 

Invoquer les esprits pour leur demander d'envoyer la pluie ou le soleil pour aider les plantes à pousser, ça reste fondamentalement ça, l'agriculture à la Rabhi. Peut-être qu'il fait comme le nouveau pape et qu'il compte régler le conflit israélo-palestinien [= l'oppression du peuple palestinien par l'état d'Israël]   en
invitant à la prière, faute d'avoir trouvé d'autres réponses ou solutions.

 

Cet aspect religieux est ce qui a sans doute alerté un autre bloggeur de Médiapart, Jospeh G, qui a consacré un billet à une critique du personnage et de son système :

http://blogs.mediapart.fr/blog/joseph-g/170414/le-cas-rabhi-nie

 

Joseph G remarque fort justement que puisque l'on baigne en pleine spiritualité, il n'est pas surprenant que les admirateurs de Rabhi aient avec lui une relation qui est celle qu'ont des disciples avec leur gourou. En ce sens, Rabhi est bien un nouveau Lacan, à la différence près que Rabhi, lui, on comprend ce qu'il raconte. Ce qui n'est pas forcément à son avantage...

 

Par exemple, sur son blog, Rabhi a publié un billet intitulé « Je ne veux pas être un gourou ».

http://www.pierrerabhi.org/blog/index.php?post/2012/07/20/Je-ne-veux-pas-etre-un-gourou

 

Voilà qui tombe bien. Sauf que, les commentaires sous le billet viennent immédiatement contredire cette sorte d'antiphrase, avec des choses du genre :

« Pierre, Monsieur Rabhi...

Ces billets m'émeuvent aux larmes à chaque lecture tant le verbe est juste et la pensée claire, simple, lucide. Ayant grandi à quelques kilomètres de votre ferme je garde un lien intime avec votre parcours, vos actions, votre chemin. Je suis touchée au plus profond par l'humanisme et l'intelligence de la vision que vous transmettez. J'ai dit un jour pour introduire un de vos textes qu'il existe parmi nous des sages. Vous êtes l'un d'eux. »

« Merci Monsieur Rabhi pour cette lettre d'amour et de dignité.

Inestimable... Je vous aime »

 

« Votre conscience m'aide a développer ma conscience et à choisir mon avenir en fonction d'une nouvelle manière de penser, de concevoir le monde. »

 

« On vous aime. »

 

« Monsieur Rabhi, vous êtes un éclaireur, un porteur de lumières, merci pour votre intelligence et votre amour de l'humanité,c'est la combinaison magique !

Orphelin de votre mère, sachez que toutes les mères sont vos mères. »

« Peut être pas un gourou, mais un être d'exception oui ! »

 

Et ça continue comme ça à l'infini, que ce soit sur le blog de Rabhi directement ou sur le site de France Inter, quand la station avait fait une journée spéciale de promotion du grand homme simple et bon. On est frappé par le côté essentiellement affectif de ces remarques, et par l'incapacité des laudateurs à discuter le moins du monde de quoi que ce soit d'un peu précis et de tangible en dehors des grandes considérations creuses (et souvent  misanthropes) sur le thème « l'humanité est méchante, heureusement que vous nous montrez la voie de la bonté ». Ce qui est somme toute le créneau sur lequel surfe Rabhi.

 

Rabhi adulé par ses ouailles qui le gourouifient même quand il proclame qu'il ne veut pas être un gourou, ça évoque forcément cette magnifique  scène de  La vie de Brian  des Monthy Python, dans laquelle les disciples du Messie-qui-ne-veut-pas-l'être- répètent en chœur ses paroles selon lesquelles chacun est différent et doit penser par lui-même [désolé, c'est en anglais]:

 

 

 

Quant au contenu du « message » de Rabhi, il est sidérant de vide et de nullité. Parce qu'au fond, qu'est ce qu'il raconte, en dehors de vagues sentences sur la sobriété heureuse à la façon de Bernard de Clairvaux, l'inspirateur des moines cisterciens ? En gros, face au capitalisme, Rabhi dit ce que l'Eglise catholique nous serine depuis deux millénaires : aimez-vous les uns les autres, serrez-vous un peu la ceinture pour votre bien et remettez-vous en au divin pour le reste. Mais surtout, pas de lutte des classes, hein, ça c'est pêché !

 

Par exemple, sur Médiapart c'est Jade Liingard qui s'occupe de la promotion des idées écolos et décroissantes. Elle a donc logiquement fait la promo du nouveau livre de Rabhi dans cette interview :

http://www.mediapart.fr/journal/france/251008/pierre-rabhi-le-developpement-durable-est-une-mystification

 

 

Voici un passage qui résume la quintessence de la pensée Rabhi :

 

« Avec le mouvement pour la terre et l'humanisme, nous voulons un changement de paradigme. Sinon, on va continuer à mystifier, à gérer au jour le jour de petites échéances en petites échéances, tranquilliser les gens par une certaine démagogie. Mais sans donner la solution radicale qui est nécessaire : changer de logique, mettre l'humain et la nature au cœur de nos préoccupations. Revenir à une civilisation de la modération, de l'autolimitation. »

 

 

«  changer de logique, mettre l'humain et la nature au cœur de nos préoccupations », ça ne mange pas de pain, c'est tellement vague que tout le monde sur l'échiquier politique peut dire ça. Sur le terrain des formules creuses et générales qui ne font de mal à personne le Front de Gauche et son fameux « L'humain d'abord » doivent donc faire face ici à une rude concurrence.

 

Quand la journaliste l'interroge sur la question des inégalités, Rabhi brasse encore du vide avec  des trucs du genre : « Contre les inégalités, il faut inventer de nouvelles politiques, inventives, locales. ». Oui, inventons des inventions, c'est ça qu'il faut faire, mais c'est bien sûr ! Qui pourrait ne pas être d'accord avec des solutions inventives, surtout si elles sont au niveau local, en plus ? Parce que le niveau local, c'est le bon niveau, c'est sûr, à l'heure où l'ensemble de la production est désormais mondialisée... A part ça, que nous dit Rabhi ? Qu'« il faut des règles éthiques et morales », que « Si une société est généreuse et vraiment préoccupée d'équité, elle résoudra le problème. », que « la société civile est un immense laboratoire d'utopies et d'expérimentations d'intérêt général. », que « nous appelons à l'insurrection des consciences », et que  « L'écologie devrait être transversale. Elle concerne tout le monde, les arbres, les créatures, tout. ». Et bla bla bli et bla bla bla. Ça doit pas demander beaucoup d'efforts, d'aligner comme ça de telles platitude creuses [car oui, Rabhi arrive à rendre creux ce qui est  pourtant plat, c'est en cela que c'est un être d'exception à mes yeux]

 

Et surtout, en termes de critique du capitalisme et de perspectives politiques pour les exploités et les opprimés, le discours de Rabhi ne pisse pas plus loin que ce que n'importe quel pape moyen peut raconter dans un sermon qui ferait titrer aux journalistes des choses du genre « L'Eglise se place résolument aux côtés des pauvres ».

 

Dans cette interview avec Jade Lingaard, jamais Rabhi ne prononce  des mots comme « bourgeoisie », « classes sociales » ni même tout simplement « capitalisme ». Tout cela n'existe pas pour lui, il faut juste que chacun se serre un peu la ceinture et tout ira bien.

D'ailleurs, en fait, pour être honnête, je crois à la réflexion que le Pape se préoccupe plus des inégalités sociales et des réalités du capitalisme que ne le fait  Pierre Rabhi.

Ce qui n'est pas très surprenant, parce qu'en fait Rabhi s'accommode très bien du capitalisme et du pouvoir de la bourgeoisie, ce qui doit expliquer pourquoi il est le « penseur » « radical » préféré des bourgeois et du show-bizz.

 

Dans l'interview à Médipart, Rabhi nous dit :

« L'argent, je ne le diabolise pas. On en a tous besoin, moi le premier. »

 

Effectivement, on l'a vu dans la reportage de l'AFIS 07 à la ferme expérimentale des disciples de Rabhi : ils en ont besoin, d'argent, vu qu'ils ne produisent que très peu par eux-mêmes, malgré toute la main d'œuvre gratuite à leur disposition. Alors ils font payer les « stagiaires » qui viennent travailleur pour eux, et ils font appel aux dons. Et ce à une échelle semble-t-il très large. Parce que la sobriété heureuse de Rabhi, pour qu'elle puisse se répandre, il faut quand même que de riches mécènes plus heureux que sobres viennent lui donner un petit coup de pouce. Ainsi, comme les ventes des livres et des DVDs du gourou ne suffisent pas encore à mettre assez de beurre dans les épinards, il s'est créé une « fondation Pierre Rabhi » dont voici la liste des membres fondateurs ainsi que le comité exécutif :

 http://www.fondationpierrerabhi.org/fondateurs-et-structures-historiques.php

 

Aux côté des éditions Actes Sud, on trouve donc d'abord Point Afriques Voyages et son PDG Maurice Freund. Oui oui, une agence de voyages qui organise des transports en avion [quelle horreur !!!!! Et le réchauffement climatique ? Et le repli sur le local ?] pour entre autres aller faire en Afrique des circuits en 4X4 [oh mon Dieu, pas le 4X4, non, pas ça !!!]

 

Il y a aussi parmi les fondateurs Charles Kloboukoff, dont la « petite » entreprise résiste très bien à la crise, puisque Léa Nature surfe sur le créneau porteur des produits bio et qu'il est à la pointe du très classique processus de concentration du capital qui est actuellement à l'œuvre dans ce secteur florissant:

http://www.agriculture-environnement.fr/dossiers,1/agriculture-biologique,54/la-concentration-dans-le-bio,940.html

 

« Le 20 mai dernier, le géant du bio Léa nature a pris le contrôle total d’Ekibio, dont il détenait jusqu’alors 40% du capital. Désormais, le groupe de Charles Kloboukoff pèse donc plus de 200 millions d’euros et emploie près de 1000 personnes. Il devient ainsi l’un des leaders incontestés de la transformation des produits bio en France. (…). À l’horizon 2020, son futur holding, baptisé Groupe Léa Biodiversité (et qui réunira Léa Nature et Ekibio) devrait atteindre les 350 millions d’euros de chiffre d’affaires, avec une part à l’international de près de 10 %, notamment vers l’Asie et le continent américain. »

Le local, on vous dit, le local.

La sobriété heureuse, qu'on vous dit, visez petit pour être épanouis, qu'on vous dit.

 

Mais il y a de aspects du message de Rabhi que son bailleur de fonds a bien enregistrés, il faut arrêter de faire du mauvais esprit :

 

« Avec une croissance continue oscillant entre 10 et 30% par an depuis dix ans, le groupe affiche une augmentation de son chiffre d’affaires de 11 % pour 2013.

Bref, Charles Kloboukoff n’est pas vraiment un adepte de la décroissance ! En tout cas, en ce qui concerne ses propres affaires. Car le discours n’est plus du tout le même lorsqu’il s’agit, par exemple, de l’Afrique. Selon lui, ce continent ne doit pas profiter du développement que l’on connaît en Occident. « Le monde occidental qui a colonisé ce continent porte une grande responsabilité dans les dérives modernistes que rencontrent les peuples africains. Nous avons tout fait pour les couper de leurs racines et les éloigner d’une vie simple et authentique. Nous avons introduit des méthodes du soi-disant développement qui ne sont pas les leurs, et ainsi suscité des tentations destructrices. L’Afrique aurait très bien pu se passer du consumérisme occidental ! », estime le businessman, qui souligne qu’« heureusement, beaucoup d’Africains vivent encore dans le détachement et la simplicité matérielle ». Autrement dit, dans la pauvreté et la misère. »

«  Je suis convaincu que les produits vivants, qui se développent par eux-mêmes en puisant dans la nature les nutriments dont ils ont besoin, sont plus profitables à l’Homme que les produits sous perfusion d’intrants chimiques », déclare l’homme d’affaires. Pour lui, « ce qui nous manque le plus, c’est cette capacité à écouter la part d’irrationnel en nous. ».

 

Eloge du naturel et de l'irrationnel et apologie de la pauvreté (pour les autres surtout), la pensée Rabhi n'est pas trahie par la croissance du chiffre d'affaire et l'absence de diabolisation de l'argent dont on a évidemment  tous besoin, et soi-même le premier.

 

Ensuite, parmi les piliers de la Fondation Pierre Rabhi, il y a fort logiquement François Lemarchand, le fondateur de la chaîne de magasins bobos Nature et Découvertes – qui a aussi par ailleurs sa propre Fondation à son nom, évidemment. Si Bill Gates en a une, il n'y a pas de raison qu'il n'en ait pas. La fortune personnelle de François Lemarchand était estimée à 45 millions d'euros en 2009 [Source : Wikipédia, article sur le bonhomme]. Sans doute François Lemarchand ne fait-il que s'efforcer d'appliquer le bon conseil que donne Rabhi dans son interview à Médiapart :

« Souvent je rencontre des jeunes qui me demandent comment vivre dans la simplicité, avec un simple lopin de terre. Je leur réponds : «Commencez par devenir millionnaires!» La terre est devenue tellement chère. Le foncier fait partie des sujets à repenser. »

 

En attendant de « repenser le foncier » [encore une formule creuse] et de cultiver son petit lopin de terre, François Lemarchand est déjà devenu multimillionnaire. On verra après pour la suite du projet....

 

A ses côtés pour soutenir l' « insurrection des consciences » du prophète Rabhi, on trouve également Jacques Rocher, héritier du groupe de cosmétiques Yves Rocher, rien que ça. Mais attention, Jacques Rocher est un écolo, et donc il utilise le profit de l'exploitation de ses employés et de la vente de ses  produits très au-dessus de leur valeur réelle pour faire planter des arbres. C'est pas pareil.

 

Enfin, le tableau des mécènes Fondateurs ne serait pas complet sans une authentique princesse héritière apparentée à la famille des Grimaldi du Rocher, la ci-devant « Constance de Polignac ». Lisez dans La Croix le récit merveilleux de la rencontre fructueuse entre la « princesse écolo » et le pauvre agriculteur algérien, c'est digne des meilleurs papiers de Gala ou des plus belles histoires de la collection Harlequin :

http://www.la-croix.com/Actualite/France/Constance-de-Polignac-ou-les-aventures-d-une-princesse-ecolo-2013-06-19-975539

 

Après, c'est sûr, dans le registre « La bourgeoise et le jardinier », on a le droit de préférer « L'amant de Lady Chatterley », quand même... Pour leur part, Rabhi et Constance de Polignac ont ensemble développé un projet de rénovation d'un domaine de la famille en Bretagne. Il faut préciser toutefois, par rapport au récit de La Croix, que, comme toujours, quand il est écrit des choses comme « Ils ont rénové », il faut comprendre qu'ils ont apporté le pognon et/ou leurs envies, et que concrètement ce sont les travailleurs employés qui ont vraiment rénové le domaine et créé la valeur liée à son exploitation.

Celle-ci se présente ainsi :

« Outre son activité hôtelière familiale de haut niveau, Kerbastic est aussi une exploitation agricole et forestière où la préservation de la biodiversité et la production biologique sont une priorité absolue. On y a même fait l’acquisition d’une jument de trait »

 On peut-être sûr qu'avec l'application des méthodes agricoles de Rabhi, le pognon qui rendra l'ensemble viable ne viendra  pas de la production agricole qu'on y fait  mais des dépenses luxueuses de bien être et de divertissement  de bourgeois qui se sont enrichis avec le travail des autres, ce qui est appelé par La Croix une «  activité hôtelière familiale de haut niveau » [sobre et heureuse]

 

Bref, avec tous ses bourgeois pleins aux as dans la Fondation Pierre Rabhi, il est probable que les membres fondateurs arrivent à donner les 325 000 euros sur les 5 premières années auxquels ils se sont engagés, afin de financer l'activité de Rabhi en synergie avec ses autres structures -  comme il est indiqué dans la présentation de la Fondation.

Tout le monde l'aura donc compris :  le réseau de Pierre Rabhi est une des meilleures opportunités de Greenwashing pour des capitalistes qui aiment la nature. D'ailleurs, dans le Comité Exécutif de la Fondation Pierre Rabhi, aux côtés des habituels charlatans naturopathes et écomédecins, il y a l'incontournable Serge Orru, ancien dirigeant du W.W.F. France, qui a dû quitter ses fonctions dans l'ONG sous pression interne parce que ses méthodes faisaient quand même trop mauvais genre. Il avait notamment été publiquement enfoncé dans un entretien avec Elise Lucet pour l'émission Cash Investigation, spectacle réjouissant qui n'est malheureusement plus disponible en ligne depuis la suppression du lien sur Youtube.

 

Mais soyons fair-play, et reconnaissons pour finir que Rabhi ne fait pas que récolter la charité de millionnaires pour financer les activités de son réseau de jardiniers incompétents. Il sait aussi donner de sa personne, et les supports de sa parole de type livres ou DVD se vendent sans doute bien et viennent compenser ce que l'activité (très peu) productive ne parvient pas à assurer. D'ailleurs, d'une certaine manière, la parole de Rabhi elle-même est d'or, au sens propre du terme. En effet, Rabhi peut aussi avoir des caprices de diva et sait monnayer ses prêches publics à leur juste valeur (à ses yeux). Par exemple, quand la mairie de Privas en Ardèche l'a sollicité en 2012 pour participer à la semaine du développement durable, il a dû décliner l'offre. Bien qu'il se sentait alors « dans l’optimum de [ses] compétences spécifiques » [= parler pendant des heures pour brasser du vide], il était appelé en d'autres lieux, notamment à l'international – le local, on vous dit, le local- , parce que, on s'en doute, il est très demandé. Ce qui est par contre plus surprenant dans la réponse faite par une collaboratrice de Rabhi aux solliciteurs privadois, c'est leur choix de ne faire participer Rabhi qu'à un événement  « en mesure d’accueillir au minimum 600 personnes et qui soit bien relayée dans les médias. », avec comme conditions (toutefois négociables) de rembourser les frais de déplacement, hôtel et nourriture pour deux personnes [normal] en plus d'un cachet de.... 1000 euros ! [Source de l'information protégée, mais bon, la ville a été gérée par la gauche, alors....]

Pour prendre la mesure de la chose, je précise que j'organise depuis des années dans la même ville des conférences avec des intervenants universitaires dont certains sont des pointures dans leur domaine, et avec tous  infiniment plus de compétences spécifiques à leur optimum que n'en a jamais eues Pierre Rabhi.  Et tous l'ont fait gratuitement, sans rechigner à causer dans un café devant 20 personnes, en étant quasiment toujours logé chez l'habitant,  et alors que certains refusaient même [à mon grand désarroi]  de se faire simplement  prendre en charge leur repas.

Rabhi, lui, en voisin ardéchois qu'il est,  n'avait en gros qu'à franchir le col de l'Escrinet pour venir délivrer son préchi-précha vide de toute information concrète et qui ne demande donc aucun travail de préparation. Pour 1000 euros et devant 600 personnes minimum...

 

Conclusion :

 L'interview de Médiapart avec Pierre Rabhi était titrée selon ses mots : « Le développement durable est une mystification ».

 Le développement durable, je sais pas.

Mais ce dont je suis sûr, c'est que Pierre Rabhi est une mystification.

 

Yann Kindo

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