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CHANTS REVOLUTIONNAIRES

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29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 09:44

 

                                                                     MARE NOSTRUM-copie-1

 

nationalElections2012_june_ch_1.jpg « Entre deux batailles difficiles »: le Parti communiste grec (KKE) livre son analyse sur la recomposition de la scène politique Grecque

 

Cet article est diffusé par le Secrétariat des Relations internationales du KKE



La Grèce continue d’attirer l’attention des travailleurs du monde entier, en perspective des élections législatives à venir. Elles sont d’une importance cruciale et se tiendront le 17 juin puisque aucun des trois partis arrivés en tête n’a réussi à former un gouvernement de coalition. Le résultat des dernières élections et la ligne politique du Parti communiste de Grèce (KKE) suscitent un intérêt certain, à en croire les articles dans les journaux, les magazines et les sites web des communistes et des progressistes. Ces derniers jours, ces questions ont été dans la ligne de mire de plusieurs analystes. Commençons par le début.



Sur le résultat des élections du 6 mai

 

Depuis les élections du 6 mai, un nouveau paysage politique a pris forme après l’effondrement des trois partis qui avaient gouverné ensemble et soutenu la politique anti-populaire du capital et de l’Union européenne (UE). Concrètement :



Le PASOK social-démocrate a récolté 833’529 de voix (13.2% des suffrages) avec une chute sans précédent de 2’179’013 voix (-30.8%).

 

La ND conservatrice a totalisé 1’192’054 (18.9%) avec une perte de 1’103’665 voix (-14.6%).

 

Le LAOS nationaliste n’a pas réussi à atteindre le seuil de 3% pour entrer au parlement, recevant 183’466 voix (2.9%) avec une chute de 202’739 voix (-1.6%).

 

Toutefois, en même temps, le changement du paysage politique ne signifie pas bouleversement de la situation parce que les forces qui ont bénéficié de la colère des travailleurs étaient principalement celles qui soutiennent la politique de « voie à sens unique de l’UE ». Ainsi, la grande majorité des électeurs des partis bourgeois s’est dispersée principalement vers les formations politiques idéologiquement proches. Concrètement :

 

SYRIZA, une coalition de forces opportunistes ayant quitté le parti lors de scissions droitières (les scissions du parti en 1968 et 1991) puis rejointe ces dernières années par des forces venant du PASOK social-démocrate, a obtenu 1’061’265 des voix (16.8%), soit une augmentation de 745’600 voix (12.2%).



Une scission de SYRIZA, Gauche démocratique, rejointe par des ex-députés et ex-dirigeants du PASOK, a réuni 386’116 voix (6.1%).



Un grand nombre de suffrages a également été réalisé par des partis réactionnaires et nationalistes comme les « Grecs indépendants » qui ont émergé de la ND et récolté 670’596 voix (10.6%). Ainsi que « Aube dorée » qui a réuni 440’894 voix (7%).



En outre, environ 20% des électeurs ont opté pour une dizaine de partis participant aux élections mais qui n’ont pas réussi à dépasser le seuil de 3%.



Le KKE a connu une légère progression lors de ces élections. Plus précisément, il a reçu 536’072 voix (8.5%), c’est-à-dire une augmentation de 18’823 voix (+1%). Le KKE a fait élire 26 députés (sur un total de 300 parlementaires), cinq de plus qu’auparavant. Dans les quartiers populaires, le pourcentage du KKE est presque le double de la moyenne nationale. Dans l’une des 56 circonscriptions électorales (dans les îles Samos-Ikaria), le KKE est le premier parti avec 24.7%.



Le Comité central du KKE a tiré les premières conclusions sur le résultat des élections. Sa déclaration, entre autres,

 

« salue les milliers de travailleuses et travailleurs, chômeurs, qui ont apprécié l’esprit de lutte, de cohérence et de clarté de ses positions, l’esprit de lutte et le dévouement des communistes, qui l’ont soutenu lors des élections, quelque soit le degré d’accord avec sa proposition politique dans son ensemble. Bon nombre de travailleurs, ainsi qu’une partie des électeurs du parti, sous la pression de l’intensification des problèmes populaires, des slogans trompeurs à l’égard de la renégociation du mémorandum et le soulagement immédiat des travailleurs, n’ont pas compris et assumé la différence entre le gouvernement et le pouvoir réel ».


Toutefois, le CC du KKE signale :  

 

« La proposition politique du KKE de utte pour le pouvoir ouvrier et populaire se trouvera au coeur de l’attention du peuple, car la différence devient de plus en plus claire, d’une part, entre le gouvernement et le véritable pouvoir populaire et, d’autre part, entre la proposition globale relative aux problèmes immédiats de la survie des peuples et le pouvoir ouvrier populaire. De ce point de vue, l’activité politique et électorale du KKE, en harmonie avec sa stratégie, comme il se doit, constitue un héritage important pour les années à venir ».




A propos de SYRIZA



Certains médias bourgeois internationaux, qui présentent SYRIZA en « gagnant » des élections du 6 mai, n’ont pas vu au-delà de son appellation « Coalition de la gauche radicale » et ont conclu qu’il s’agit d’un parti radical de gauche ou même d’un parti communiste. Bien sûr, cela n’a rien à voir avec la réalité. La force principale de la SYRIZA est le parti « Coalition de la Gauche » (Synaspismos) qui a un programme social-démocrate. En 1992, il a voté au parlement grec pour le traité de Maastricht, il est partisan de l’Union européenne impérialiste et il voit des possibilités de l’améliorer.

 

En fait, il présente un programme de gestion du système capitaliste. Il a rejoint la campagne anti-communiste contre l’URSS et les autres pays socialistes du XXe siècle. Synaspismos est membre du présidium du « Parti de la Gauche européenne » (PGE), qui est un outil de l’UE pour éradiquer les caractéristiques communistes des partis communistes dans les pays de l’UE.

 

Dans SYRIZA ainsi que dans Synaspismos participent des forces qui faisaient partie du PASOK social-démocrate, des groupes plus petits de l’ultra-gauche trotskyste et d'anciens groupes maoïstes mutés jouant le rôle de « condiments » politiques dans le « menu » de base social-démocrate et anti-communiste.

L’objectif principal de cette formation est de réduire l’influence électorale, syndicale et politique du KKE. Ainsi, il y a dans la dernière décennie de nombreux exemples qui démontrent le caractère anti-KKE de cette formation politique. Dans des dizaines de syndicats, confédérations sectorielles et associations de syndicats au niveau régional, les forces de SYRIZA participent et collaborent avec les forces du PASOK dans le but d’empêcher l’élection des délégués communistes dans les organes syndicaux supérieurs. SYRIZA est un ennemi juré du Front Militant de Tous les Travailleurs (PAME) qui est un regroupement de syndicats avec une orientation de classe.

SYRIZA collabore ouvertement dans les organes des confédérations de syndicats des travailleurs dans le secteur privé (GSEE) et public (ADEDY), compromises avec les forces collaborationnistes, le patronat et le gouvernement. Il a eu une attitude similaire dans de nombreux cas pendant les élections locales. Sa position lors des élections municipales en 2010 sur l’île d’Ikaria est un exemple caractéristique. Sur cette île, qui fut un lieu d’exil des communistes, le KKE a une grande influence électorale. Dans les élections de 2010, SYRIZA a collaboré avec le PASOK social-démocrate, la ND libérale et le LAOS nationaliste afin d’empêcher l’élection d’un maire communiste dans l’île. Le candidat du KKE a récolté à lui seul 49.5% des voix, par conséquent l’alliance anti-KKE a gagné dans la commune pour quelques centaines de voix.

 

Aujourd’hui, SYRIZA tente d’attaquer le KKE avec des propositions politiques opportunistes en se référant à la soi-disant « unité de la gauche » et en voulant forcer le KKE à supprimer des pans entiers de son programme, abandonner ses principes et accepter la politique de gestion du système capitaliste, comme le propose SYRIZA.



Sur cette base, le moins que l’on puisse dire, c’est que l’attitude de certains partis communistes qui ont salué immédiatement la montée électorale de cette formation opportuniste et anti-communiste au nom de la montée électorale de la « gauche », sans connaître la situation réelle en Grèce, était irresponsable. Ils ont salué un ennemi juré du KKE qui par ailleurs fut l’objet d’une proposition émanant du président des industriels grecs pour participer à un gouvernement de coalition des partisans de l’UE.




L’illusion de « l’unité de la gauche » et le mensonge du « gouvernement de la gauche »

 

Beaucoup de travailleurs politisés, de différents pays en Europe et partout dans le monde, se posent la question suivante : pourquoi le KKE ne fait pas quelques concessions ? Pourquoi insiste-t-il dans la ligne politique de rassemblement des forces sociales qui veulent se battre contre les monopoles, contre le capitalisme, contre les unions impérialistes, pour le pouvoir ouvrier et populaire et ne soutient pas la politique de « l’unité de la gauche », la lutte pour corriger la réalité capitaliste et de l’UE, par une collaboration politique ou gouvernementale avec d’autres forces « de gauche » et social-démocrates, à l’exemple d’autres partis communistes en Europe ?



Tout d’abord, le KKE a clarifié depuis longtemps que le sens de « gauche » et « droite » ne sont pas des termes qui reflètent la situation politique d’aujourd’hui. Aujourd’hui, le terme « gauche » pourrait s’utiliser pour décrire le Secrétaire général de l’OTAN ou le Premier ministre d’un pays qui mène une guerre impérialiste et prend des mesures anti-ouvrières et anti-populaires contre les travailleurs de son pays.

Le Parti communiste n’est pas simplement un « parti de gauche », mais le parti qui lutte pour le renversement du capitalisme et la construction de la nouvelle société socialiste-communiste. C'est par cette voie, par cette direction donnée que les luttes peuvent conduire à des conquêtes, et pas autrement. Comme l’histoire l’a montré, les réformes, la lutte pour corriger le système capitaliste, pour atténuer les mesures anti-populaires les plus extrêmes, ce qui est au centre des propositions des forces opportunistes/social-démocrates, n’ont jamais conduit au renversement du capitalisme nulle part. Au contraire, dans de nombreux cas, elles ont conduit au renforcement du capitalisme en créant l’illusion, parmi des millions de travailleurs, que le capitalisme pourrait être humanisé. Aujourd’hui, la Banque centrale européenne pourrait se transformer d’un instrument capitaliste à un organisme de bienfaisance et distribuer des prêts sans intérêts ou que l’UE peut ne plus être une union qui sert le système mais une « union des peuples », comme le soutiennent SYN/SYRIZA et le Parti de la Gauche Européenne.



C’est pourquoi le KKE présente son projet politique intégralement en le synthétisant lors des élections du 6 mai avec le slogan : « Sortir de l’UE, avec le pouvoir populaire et l’annulation unilatérale de la dette ».



En ce sens, le KKE reste fondamentalement orientée par le marxisme-léninisme. Lénine a pu écrire : « Le prolétariat lutte et luttera pour détruire l’ancien régime. A cette fin, il dirigera toute sa propagande et son agitation, tous ses efforts pour organiser et mobiliser les masses. S’il ne parvient pas à détruire totalement l’ancien régime, le prolétariat saura profiter également de sa destruction partielle. Mais jamais il ne préconisera cette destruction partielle, ni la décrira avec optimisme, ni appellera le peuple à la soutenir. Dans la lutte authentique, on soutient effectivement celui qui aspire au maximum (et qui obtient moins en cas d’échec) et non celui qui, avant le début de la lutte, restreint ses objectifs de manière opportuniste ».



Le KKE a rejeté l’idée d’un « gouvernement de gauche » qui maintiendrait la Grèce dans l’UE et l’OTAN, laisserait intacts les rapports capitalistes de production et ainsi pourrait mettre en œuvre une gestion du système soi-disant en faveur du peuple. Notre parti lutte pour le développement de la lutte de classes, la conscientisation politique des travailleurs, sa libération de l’influence des partis et constructions idéologiques bourgeois et pour la formation d’une alliance qui non seulement défendra les intérêts des travailleurs, tentera de retirer le pays des interventions impérialistes, mais posera également la question du pouvoir.

 

 

 

L’objectif est de réduire l’influence du KKE et de l’assimiler au système

 

Le refus du KKE à se soumettre aux formations de « gauche » ou même à un gouvernement de « gauche » est la « cible » des ennemis et des « amis », qui directement ou indirectement appellent le KKE à « s’unir » aux autres forces de « gauche ». Cette ligne est suivie par les partis communistes qui sont dans le présidium du PGE. En outre, il y a eu quelques attaques grossières venant par exemple de groupes trotskystes – qui sont plus connus à l’étranger qu’en Grèce – qui caractérisent le KKE comme un parti sectaire et dogmatique.



Comment serait-il possible que le KKE avec la ligne de la lutte de classes et du conflit qu’il défend rassemble des centaines de milliers de personnes en Grèce, si le parti était sectaire ? Comment est-il possible par exemple que dans les rangs du Front Militant de Tous les Travailleurs (PAME) soient regroupés des dizaines de syndicats de base, des fédérations sectorielles, des associations de syndicats au niveau régional représentant des centaines de milliers de travailleurs ?



Il convient de signaler que le PAME, qui est le pôle d’orientation de classe dans le mouvement ouvrier et syndicale, regroupe 8 fédérations sectorielles de travailleurs, 13 associations de syndicats régionaux, des centaines de syndicats sectoriels et de base, avec un total de 850’000 membres. En outre, le PAME travaille dans les syndicats où les forces d’orientation de classe ne sont pas majoritaires. Par exemple, les forces du PAME occupent la deuxième position dans une série de fédérations sectorielles (comme la Fédération dans le secteur du tourisme et de la restauration et la Fédération des travailleurs métallurgistes) et dans les deux plus grandes associations de syndicats régionaux dans le pays à Athènes et Thessalonique.



Comment est-il possible que le Front Antimonopoliste Grecque des indépendants et petits commerçants (PASEVE) regroupe dans ses rangs des milliers de travailleurs indépendants qui comprennent la nécessité d’entrer en conflit avec les monopoles ? Comment est-il possible que des milliers d’agriculteurs pauvres par le biais des associations d’agriculteurs et de leurs comités s’inspirent de la lutte du Front Militant de tous les Paysans (PASY) contre la politique agricole commune de l’UE ? Comment est-il possible que les femmes et des milliers d’étudiants qui appartiennent aux couches ouvrières et populaires rejoignent la lutte suite aux demandes et initiatives de la Fédération des Femmes de la Grèce (OGE) et du Front Militant des Etudiants (MAS) ? Dans toutes ces organisations syndicales, sociales et politiques de masse, les membres et les dirigeants du KKE jouent un rôle majeur sans cacher leur identité.



On accuse le KKE d’être « isolé », « dogmatique » ou « sectaire » par son rejet à un « gouvernement de gauche » ou parce que le pourcentage du KKE aux élections n’augmente pas aussi vite que la formation sociale-démocrate de SYRIZA. Ces accusations ne peuvent pas toucher le KKE. Il est utile de rappeler qu’il y a 2 ans et demi, l’autre parti social-démocrate, le PASOK, avait récolté 44% des voix tandis que dans la dernière élection il n’a atteint que 13% des suffrages. Cette chute a eu lieu dans des conditions de volatilité politique, renforçant ainsi le SYRIZA avec qui la relation idéologique est la plus proche. Il faut souligner qu’un parti communiste révolutionnaire, comme le KKE, ne juge pas exclusivement son action en fonction du pourcentage obtenu lors des élections.



Pour ce qui est de la politique d’alliance, notre parti a accumulé une énorme expérience historique. Il a dirigé la lutte anti-fasciste avec un vaste front armé qui a grandement contribué à la lutte du peuple. Cependant, à cette époque-là, le Parti n’a pas réussi à élaborer une stratégie pour transformer la lutte contre le fascisme en une lutte pour le renversement du pouvoir bourgeois. Le KKE a établi des alliances de « gauche » dans les années 1950 et 1980. De cette expérience de politique d’alliances, le KKE a tiré des conclusions utiles et n’a aucune intention de répéter les mêmes erreurs.



Mais comment expliquer les attaques contre le KKE ? Il est clair que certains sont irrités par l’action internationale du KKE qui poursuit la reconstruction du mouvement communiste international sur la base du marxisme-léninisme et l’internationalisme prolétarien. En outre, les Rencontres internationales des partis communistes et ouvriers ainsi que d’autres initiatives internationales communistes ont commencé à Athènes.

Cependant, la raison la plus importante, c’est que le KKE est un parti avec de fortes racines dans la classe ouvrière et une expérience significative dans les luttes ouvrières et populaires. Il refuse d’abandonner ses principes et d’être à la remorque de la social-démocratie, comme il refuse de se soumettre à l’UE et l’OTAN. Sur ce point, nous citons un article publié après les élections dans le célèbre journal français Le Monde Diplomatique :« But inavoué et vœu cher à tous les Grecs de gauche : faire imploser le PC pour le reformer sur de nouvelles bases et donner à la gauche grecque sa juste position dans la société ». C’est-à-dire discréditer le KKE et le transformer, à l’image d’autres partis communistes mutants d’Europe, en un « alibi communiste » de la social-démocratie pour la gestion de la barbarie capitaliste.

 

 

Notre objectif est de ruiner ces plans ! Préserver et renforcer le KKE ! Malgré la pression exercée sur notre parti, il y a des éléments encourageants qui démontrent que le KKE est un « un os dur à ronger ». Dix jours après les élections du 6 mai, des élections estudiantines ont eu lieu en Grèce. La liste appuyant la Jeunesse communiste de Grèce a réalisé un score de 16% dans les Instituts d’éducation technologique (TEI) et de 14% dans les universités, marquant ainsi une augmentation par rapport à l’année dernière. A l’inverse, la liste de SYRIZA a obtenu un faible score, 2.3% en TEI et 6.9% dans les universités.



Restauration du système bourgeois

 

Le KKE a depuis longtemps averti le peuple grec que la classe bourgeoise se prépare à restaurer le paysage politique afin de préserver son pouvoir. La raison en est qu’elle ne peut plus gérer un système politique fondé sur l’alternance au pouvoir d’un parti politique bourgeois conservateur (ND) ou social-démocrate (PASOK), comme cela s’est produit depuis 1974, après la chute de la dictature militaire. Le système bourgeois essaye de « se débarrasser » des partis et des personnes qui ont été irrémédiablement discrédités aux yeux du peuple. Dans ces conditions, SYRIZA, qui a un programme social-démocrate, a été mise en avant lors des élections en promouvant des mensonges flagrants, avant et pendant la période pré-électorale, en semant des illusions qu’il peut y avoir un avenir meilleur pour les travailleurs sans entrer en conflit avec les monopoles et les unions impérialistes. C’est pourquoi ils sont placés devant d’énormes responsabilités vis-à-vis du peuple.



Le KKE appelle les travailleurs à se rendre compte que la restauration qui est en train de se réaliser n’a rien à voir avec la satisfaction des besoins actuels de la population. Même le soi-disant « gouvernement de gauche » est un « canot de sauvetage qui prend l’eau » lancé aux travailleurs qui étouffent des impasses du système capitaliste.



Le peuple ne doit pas se laisser prendre au piège par de faux dilemmes



Dans la perspective des élections du 17 juin, les partis bourgeois et l’opportunisme mettent en avant de nouveaux dilemmes trompeurs qui seront utilisés bientôt pour piéger le peuple, affaiblir la résistance des masses populaires et radicales et réduire l’influence électorale du KKE. Le KKE ne cache pas le fait que cette bataille sera très difficile pour les communistes.



Afin de préciser quel type de faux dilemmes sont mis en avant, nous allons examiner certains d’entre eux :

 

 

 

1.Euro ou drachme ?



Un faux dilemme concerne l’accusation de la ND contre SYRIZA dont la politique mènerait le pays à sortir de l’euro, ce qui serait catastrophique pour les travailleurs. D’une autre part, SYRIZA répond que la sortie de la Grèce de l’euro signifierait un coût énorme pour les autres pays de la zone euro et que cela ne se produira jamais.



De fait, en considérant que la crise capitaliste se développe, on ne peut pas exclure, selon les scénarios en cours de discussion, la contraction de la zone euro par l’expulsion de la Grèce et d’autres pays ou la dévaluation interne de l’euro dans notre pays. En ce sens, le chantage de l’Union européenne et du FMI est réel et la réponse ne peut pas être la complaisance que SYRIZA encourage.



Toutefois, il convient de noter que tous les autres partis sauf le KKE, c’est-à-dire la ND, SYRIZA, le PASOK, la DIMAR se battent entre eux pour savoir qui va être en mesure de maintenir le pays dans l’euro et accusent mutuellement leur politique respective de conduire la Grèce à la drachme. Leur objectif consiste à imposer à la conscience du peuple, le faux dilemme « euro ou drachme » pour occulter le fait qu’ils ont la même stratégie puisque tous ces partis sont compromis avec l’UE. Ils demandent au peuple de voter et de se battre sous des drapeaux étrangers à ses propres intérêts, de suivre la fausse ligne « à l’intérieur ou à l’extérieur de l’euro », quand tous les partis – sauf  le KKE – sont en faveur de l’UE et de l’euro. Les travailleurs et le peuple, que ce soit avec l’euro ou la drachme, vivront dans la pauvreté.




Le KKE appelle les travailleurs à ignorer ce dilemme. Ils ne doivent pas accepter le choix de la monnaie avec laquelle ils vont mesurer leur pauvreté, leurs réductions de revenus et de pensions, les taxes, les frais médicaux et d’éducation. Le dilemme « euro ou drachme » est l’autre face de l’intimidation basée sur la faillite incontrôlée, ce qui est déjà une réalité pour une grande majorité du peuple. Ils veulent que le peuple soit pris dans de faux dilemme afin de pouvoir faire du chantage au moment d’impulser des lois anti-populaires, en lui disant de choisir entre des mesures barbares et le retour à la drachme, qu’ils identifient au chaos et la misère. En même temps, en Grèce et à l’étranger, il y a des secteurs de la ploutocratie qui veulent revenir à la drachme. Cela leur permettrait à eux et à la bourgeoisie dans son ensemble de faire plus de profits que dans les conditions actuelles où le pays est maintenu dans l’euro. Le peuple en faillite n’obtiendra pas de prospérité ni avec l’euro ni avec la drachme, tant que les monopoles dirigent la production, le pays reste dans l’UE et la bourgeoisie au pouvoir. La seule réponse au dilemme « euro ou drachme », du point de vue de l’intérêt populaire, est le retrait de l’UE, le pouvoir populaire et l’annulation unilatérale de la dette. Il va sans dire que, dans ce cas-là, le pays aura sa propre monnaie.

 

 

 

2.Solution grecque ou européenne ?

 

Tout le monde parle d’une solution européenne de la crise en Grèce et se réfère aux négociations avec les institutions de l’UE pour une solution globale au problème de la dette qui inclura également la Grèce. Tous les partis grecs, à l’exception du KKE, ont salué l’élection de Hollande à la présidence française. Ils disent qu’il mettra fin au duo anti-populaire « Merkozy ». En outre, ils parlent des consultations avec l’UE qui concernent des mesures de développement. Ces dernières consisteraient à subventionner des grandes entreprises afin de leur permettre d’investir.



Leur tactique est destinée à cacher le fait que le responsable de la souffrance du peuple n’est pas à Bruxelles mais dans le pays. C’est la bourgeoisie, les employeurs qui ont entre leurs mains les moyens de production, les navires, les bureaux, les services de notre pays. La participation de la Grèce dans l’Union européenne, sur la base des décisions des partis de la ploutocratie, sert leurs intérêts.

C’est une provocation de présenter l’UE comme un terrain dans lequel on peut trouver une solution pour le peuple. C’est l’UE avec les gouvernements locaux et le FMI qui ont élaboré les mémorandums. C’est l’UE qui a adopté la stratégie « UE 2020 » et le traité de Maastricht, sources de toutes les mesures contre les travailleurs et les peuples inclus ou non dans les mémorandums. Ils disent au peuple que même la plus petite amélioration des mesures est en lien avec les négociations au sein de l’UE, alors que celle-ci ne vise qu’à assurer aux monopoles une sortie de crise au détriment des peuples. Ils demandent à la victime d’attendre que l’agresseur lui donne la solution à ses problèmes dans le cadre d’une Union européenne submergée de plus en plus dans la crise et de plus en plus réactionnaire, étant donné les rivalités internes et l’antagonisme avec les autres centres impérialistes.




SYRIZA a une grande responsabilité vu qu’elle cherche une renégociation de la stratégie du mémorandum en paralysant le mouvement et le laissant dans l’attente. Supposément, ces négociations couronneraient de succès le « gouvernement de gauche » dont rêve SYRIZA et ses partenaires au sein de l’UE. En même temps, on parle de « cohésion sociale » et de « paix sociale » imposées par un « gouvernement de gauche », cela a pour but de museler les luttes ouvrières et populaires dans une période où celles-ci doivent s’intensifier et se radicaliser en premier lieu contre la ploutocratie nationale et les partis qui sont à son service ou la soutiennent en usant de l’intimidation ou des illusions.



Le KKE révèle au peuple qu’il est nécessaire de compter sur un mouvement ouvrier et populaire en Grèce qui se batte pour la rupture et le renversement des décisions du capital et de l’UE et qu’en même temps il faut mettre en avant la coordination au niveau européen, non avec des négociations, mais avec le renforcement du mouvement ouvrier populaire européen contre l’UE, sur une ligne de rupture.




3.Austérité ou développement ?



Dans une Europe capitaliste plongée dans la crise, les gouvernements tentent de faire du « développement », à savoir la sortie de la crise prônée par le capital de l’UE. En Grèce, les partis en faveur de l’UE s’accusent mutuellement sur la proportion, dans leur offre politique, entre les mesures d’austérité et celles de développement. De cette manière, ils essaient de cacher que la voie du développement capitaliste implique l’austérité dans les conditions d’une concurrence capitaliste forte et de l’accentuation des contradictions inter-impérialistes. Les mesures de « consolidation fiscale » qui sont mises en œuvre dans les pays avec ou sans mémorandum au nom de la création d’un excédent dans le budget de l’Etat et de la nécessité de subventionner le capital servent aussi le développement. Les « changements structurels » en Grèce et dans toute l’UE, également au nom du développement, concernent surtout l’abolition de la sécurité sociale et des droits des travailleurs afin que le travailleur soit moins cher pour le capital.




Les privatisations et la libéralisation des marchés qui offrent de nouveaux domaines de rentabilité pour la ploutocratie ont également pour objectif le développement, en écrasant les petits commerçants et indépendants. Par conséquent, tout est fait pour le développement, qui par sa nature capitaliste ne peut être réalisée que par des mesures anti-populaires, que ce soit des mesures d’austérité ou des « changements structurels » ou les plans de sauvetage des grandes entreprises. Dans la période précédente, les gouvernements bourgeois de la zone euro desserraient ou intensifiaient les mesures dans un sens ou l’autre, en essayant de réguler les antagonismes entre eux et la crise profonde.




Le KKE indique que la solution en faveur du peuple n’est pas dans la gestion de la crise administrée, avec plus ou moins de restrictions, par le personnel politique dans les organes de l’UE. Elle est dans l’organisation de la lutte au niveau national, pour une voie différente de développement qui, avec le pouvoir populaire, le retrait de l’UE et la socialisation des moyens de production, va développer toutes les capacités productives du pays pour le bénéfice du peuple.




4.« Droite » ou « gauche » ? « Mémorandum » ou « anti-mémorandum »?



Ces dilemmes vont prendre d’autres formes, en fonction des événements, avec une nouvelle forme de deux pôles, le centre-droit et le centre-gauche. Ces dilemmes, surtout avec la responsabilité de SYRIZA, ont marginalisé et caché les véritables contradictions en Grèce et en UE. Le dilemme artificiel « mémorandum/anti-mémorandum » est utilisé par la bourgeoisie et les opportunistes pour occulter que le dénominateur commun est la « voie à sens unique de l’UE », c’est-à-dire l’alignement avec la stratégie du capital. Indépendamment des tactiques différentes, ces forces de « gauche » et de « droite », « mémorandum » ou « anti-mémorandum » trompent les travailleurs et les secteurs populaires, quand ils disent qu’il peut y avoir une solution pour les peuples au sein de l’UE. La ND, PASOK, les Grecs indépendants, SYRIZA, la DIMAR et d’autres forces n’ont pas un programme qui rentre en conflit ou au moins remette en question le pouvoir des monopoles. Les termes utilisés par tous, c’est-à-dire « développement », « redistribution de la richesse », « audit de la dette », « solution européenne » cachent les intérêts de classe opposés qui existent tant en Grèce qu’en Union européenne.


Tant que la propriété capitaliste des moyens de production est conservée, les secteurs populaires ne prospéreront pas. Le mémorandum est la pointe de l’iceberg de la stratégie de l’UE qui prévoit des mesures contre le peuple dans tous les pays membres. La Grèce, l’Irlande, le Portugal, la Hongrie, la Roumanie ont un contrat d’emprunt, tandis que l’Allemagne, la France, l’Italie, l’Espagne et le Danemark n’en ont pas, ni la Grande-Bretagne qui n’appartient pas à la zone euro. Cependant, l’attaque du capital dans tous ces pays est commune et comprend des réductions de salaires, des relations de travail flexibles, l’augmentation de l’âge de la retraite, la privatisation des services publics, la commercialisation de la santé, l’éducation, la culture, les sports, la paupérisation absolue et relative des travailleurs. Même si nous nous débarrassons du mémorandum en Grèce, sans entrer en conflit avec le capital et son pouvoir, la mise en place des mesures anti-populaires continuera avec plus d’intensité, parce que c’est ce que les orientations stratégiques de l’UE ont fixé et que les partis bourgeois et SYN/SYRIZA ont signé ou soutenu.



La vraie question que le peuple devra répondre et qui se manifestera plus fortement dans la période qui vient est la suivante: la Grèce et les travailleurs seront-ils indépendants et rompront-ils avec les engagements européens ou la Grèce sera-t-elle intégrée à l’Union européenne impérialiste ? Le peuple sera-t-il le propriétaire de la richesse produite ou sera-t-il un esclave dans les usines et les entreprises des capitalistes ? Le peuple sera-t-il organisé et protagoniste des événements ou un mouvement hors d’état de combattre en espérant que l’agresseur résolve les problèmes par le biais d’un de ses représentants ? La position du KKE est claire. Le fait que toutes ses prédictions et évaluations se soient confirmées est une raison de plus pour que le peuple fasse confiance au KKE et lutte à ses côtés.



Dans la prochaine bataille électorale, le ΚΚΕ a besoin que s’exprime la plus large et cohérente solidarité internationale avec notre parti. Les communistes en Grèce ont besoin de sentir à leur côté le soutien, la solidarité prolétarienne et l’esprit de camaraderie des partis communistes et ouvriers et des autres forces anti-impérialistes en vue de cette bataille électorale difficile que nous avons, puisque l’objectif de la bourgeoisie est le déclin de l’influence électorale du KKE. La raison en est sa politique révolutionnaire, ses positions claires en ce qui concerne les organisations impérialistes, la solide base du KKE dans le mouvement ouvrier et populaire, dans les usines, les entreprises, les quartiers populaires des grandes villes. Car ils ne parviennent pas à soumettre le KKE.

Les communistes, les amis du KKE, les membres et les amis de la KNE livrent cette bataille de manière organisée et avec détermination, en disant au peuple grec et la classe ouvrière internationale qu’après les élections, nous serons dans les lieux de travail, dans les villes et les campagnes avec les familles ouvrières et populaires, en première ligne de la lutte en relation avec les problèmes du peuple, fidèles à l’engagement historique du parti révolutionnaire et fermes dans la lutte pour le renversement de la barbarie capitaliste, pour le socialisme-communisme.

 

Traduction EM pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

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29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 09:24

 

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Exonération d’impôts pour le salaire annuel de 380 989 euros de Christine Lagarde au FMI, qui donne volontiers des leçons d'austérité au peuple grec !
Révélé par le Fonds monétaire international (FMI), le salaire annuel de Christine Lagarde s'élèvera à 380 939 euros. Son statut de fonctionnaire international permet à la nouvelle directrice de ne pas être soumise à l'impôt sur le revenu.

 

                                           info transmise par J.P Luciani

 

 

voir  le site:

http://www.toutsurlesimpots.com/exoneration-d-impots-pour-le-salaire-annuel-de-380-989-euros-de-christine-lagarde-au-fmi.html#.T8Ng15TVFkE.facebook

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29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 09:12

                        ELECTIONS LEGISLATIVES DES  10 ET  17 JUIN 2012

 

                                                             1ère circonscription

Le vote Michel Stefani-Josette Risterucci  est une garantie pour réussir le changement en Corse
  "Une loi pour mettre fin au scandale de la vie chère"

 

 Michel Stefani nous explique la nécessité de refuser le tout tourisme et de développer un secteur industiel productif:

U Cursinu RossuSur quels thèmes fais-tu campagne?

Michel Stefani: la crise, le chômage et la vie chère n'épargnent pas la Corse. Les salaires y sont les plus bas de France. Il y a le probnlème du pouvoir d'achat et du logement. Notre candidature, en premier lieu, veut dire : ça suffit! Il faut qu'on crée de l'emploi stable, bien rémunéré, que cesse le scandale de la cherté de la vie. Il faut arrêter de construire des résidences secondaires pour touristes, mais bâtir des logements sociaux. C'est le choix que nous avons fait avec Maria Guidicelli. Il ne faut pas rester coincé sur cette vision que la droite a  développé pendant 25 ans de manière catastrophique, qui consiste à désanctuariser la Corse, à développer uniquement le tourismle. On ne peut vivre nulle part avec la mono-acticvité.

Que préconises-tu?

Il faut réfléchir à un développpement industriel et réorienter la politique, y compris de la CTC, afin de mettre en place un secteur secondaire productif, qui garantit des emplois stables et des rémunérations correctes. Il y a déjà des expériences interressantes: Corse Composites  Aéronautique, la Manufacture de tabac ou encore de grandes entreprises avec un rôle industriel, en particulier DEF-GDF. On peut travailler sur le développement des nouvelles technologies, la recherche, la transformation des produits agricoles et sur la planification écologique dont parle Jean-Luc Mélenchon.

C'est-à-dire?

C'est-à-dire des circuits courts d'approvisionnement. Les consommateurs doivent trouver de bons produits près de chez eux, ce qui permet de réfléchir autrement l'aménagement du territoire avec moins de transport, moins de coûts et une transformation sur place. Il y a des choses à faire en Corse dans la transformation agro-alimentaire. On peut aussi réfléchir à une meilleure exploitation du bois, y compris industrielle, plutôt que de le voir brûler tous les ans. Mais, pour cela, il faut déplacer le curseur, faire la pause sur ce que l'on a appelé improprement, l'investissement dans l'industriez touristique. Le tourisme n'est pas une industrie, c'est une activité économique.

 

Sur le 1ère circoncription, qu'y aurai-t-il à faire d'un point de vue industriel?

Cette circonscription a un passé industriel. Il y a la manufacture de tabac, la chaudronnerie industrielle de Furiani qui, avant s'appelait Femenia Fabrication, fabriquait des machines à vendanger et comptait 150 salariés dont je faisais partie. Bientôt, fonctionnera la nouvelle centrale de Lucciana. Donc, on peut revenir à des productions industrielles, former les gens en conséquence, donner cette impulsion avec l'argent public.

 

Quels sont tes autres axes prioritaires de campagne?

 Nous allons en priorité dans les entreprises et les quartiers populaires, sans pour autant négliger le rural. Nous nous battons à travers le collectif de défense du service public dans le rural. Avec les élus du Cap Corse, nous avons empêché la Poste de déménager une partie de ses activités, de supprimer des emplois et de fermer des bureaux. Voila comment on peut avoir des actions porteuses qui répondent, à la fois, aux besoins des populations, à la mobilisation des salariés et à l'attente des élus locaux.

 

Quelle serait ta première action en tant que député, si tu étais élu?

 Je porterais un projet de loi immédiat pour mettre fin à ce scandale de la vie chère en Corse. Ensuite, revenir devant les électeurs pour construire avec eux une démarche à porter à l'Assemblée Nationale sur ce que sont leurs véritables priorités outre le pouvoir d'achat, l'emploi, le logement, la santé.

Comment comptes-tu défendre ce projet?

Déjà, les réfactions  de TVA doivent bénéficier directement à ceux pour qui elles ont été faites, c'est-à-dire les consommateurs. Il faut également faire respecter le Franco de port.Une partie  du transport est prise en charge par la soldiratié nationale grâce à l'enveloppe de continuité territoriale qui est censée soulager du handicap de l'insularité. Il est donc anormal que la puissance publique ne se soit pas intérressée à ces questions.

Ces deux dispositifs sont détournés, dis-tu?

 Oui, puisque tout est plus cher qu'ailleurs.Regarde le prix de l'essence qui bénéficie de 6 points de réfaction et qui est plus cher qu'ailleurs, alors qu'il devrait l'être moins, comme les produits de première nécessité. J'agirai immediatement de ce point de vue pour redonner du pouvoir d'achat dans cette île où les gens en ont besoin, compte-tenu de la faiblesse des salaires.

 

 

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28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 09:13

                                                                                  MARE NOSTRUM-copie-1

 

Nous ne voulons pas d’un gouvernement pour la ploutocratie,
Nous nous battons et nous votons pour un autre pouvoir !
L’espoir est ici : un parti communiste plus fort !

Des milliers de travailleurs, employés, jeunes, femmes, et familles des couches populaires ont participé d’une manière déterminée et militante sur Pedion Areos, au rassemblement du KKE, où la secrétaire générale du comité central du parti, Aleka Papariga a parlé. Des milliers de personnes ont ainsi envoyé un message au peuple hier, avec l’appel du parti à lui donner encore plus de forces, à la fois si de nouvelles élections ont lieu, et aussi dans les luttes, dans les lieux de travail, les quartiers, les universités et les écoles : « L’espoir est là, un KKE puissant ».

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La secrétaire générale du KKE, Aleka Papariga, a notamment mentionné :

« Quelque soit le gouvernement qui est installé, nous devons être prêts à lui faire la guerre (...) Ils vont le former dans l’objectif prévu d’imposer les mesures qui s’élèvent entre 11,5 et 13,5 milliards d’euros. Ils vont attaquer le revenu et les droits des travailleurs. (...)

Ils veulent s’assurer que la ligne politique de "l’Union Européenne à sens unique" se poursuivra en Grèce, la ligne politique qui renforce le fardeau qui pèse sur les travailleurs et ouvre la voie du redressement de la rentabilité du capital. Le processus des mandats gouvernementaux est encore plus révélateur en ce qui concerne le rôle que SYRIZA va jouer dans la rénovation du système politique, afin de détourner le courant du radicalisme et à la fin, de désarmer le mouvement. (...)

SYRIZA peut avoir déclaré qu’il n’a pas l’intention de coopérer avec la ND et le PASOK, que leur ligne politique a été délégitimé, mais ce parti a pris le mandat et a présenté une proposition de coopération à tous les partis, sauf à "Aube Dorée" [1]. Après chaque réunion, en particulier avec ND et le PASOK, il a souligné qu’il ne voulait pas coopérer avec eux, même s’ils comprenaient les principes de SYRIZA qui veut un gouvernement de gauche, en dépit du fait qu’il n’y a pas assez de sièges pour cela. (...)

La déclaration de la SEV (Fédération hellénique des entreprises [2]) qu’un gouvernement de coalition avec un SYRIZA anti-mémorandum aiderait à la renégociation que désirent tous les gouvernements et les groupes économiques des Etats-membres en crise, n’est ni un hasard ni une provocation.

Le slogan d’un gouvernement ND ou de centre-droit ou ND-PASOK d’une part et de SYRIZA avec quelques collaborations de l’autre est le nouveau faux dilemme pour le peuple qui a besoin d’une ligne politique de rupture et de conflit et non de renégociation.

Changez votre vote !

Nous connaissons la ND et le PASOK, ils ne changent pas, quels que soient les nombreux déguisements qu’ils portent. Ne vous fiez pas à SYRIZA qui égare avec des solutions faciles et des "outils annoncés dans sa manche" [3]. Il veut être à la fois avec le voleur et le gendarme, avec l’UE et avec le peuple. Il a déjà édulcoré ses positions. Dans cette nouvelle période électorale, il répétera des slogans forts et clairs afin qu’il puisse les oublier si il forme un gouvernement. Ensuite, il sera transformé en agneau pour l’UE et l’OTAN. (...)

Nous allons à contre-courant des faux espoirs. Nous allons être compris beaucoup plus vite maintenant, une fois de plus. La colère du peuple ne doit pas être détournée en désillusion. Les gens n’ont pas besoin de nouveaux mémorandums ou de mémorandums amendés [4]. (...)

Il n’y a pas de solutions indolores. Le chemin de la rupture, du conflit, exige des sacrifices, mais ceux-ci mèneront à la prospérité du peuple. La voie du compromis proposé par d’autres forces exige des sacrifices douloureux sans fin et inutiles, sans ouvrir une perspective positive pour le peuple. (...)

Le seul gouvernement qui puisse répondre aux défis de la crise et des besoins des gens est celui qui va annuler unilatéralement la dette, dénoncer et renverser l’accord Mémorandum-Prêt, désengager la Grèce de l’UE et faire du peuple le seul maître de la richesse qu’il crée et qui existe en Grèce. Ces conditions préalables ne sont ni souhaitées ni proclamées (même dans leurs slogans et discours) par aucun autre parti. (..) Leur objectif est de réduire la force du KKE. Ils déforment les objectifs de lutte et les positions du KKE.

L’offensive contre le KKE est menée parce que nous refusons d’être enfermé dans un gouvernement de gestion de la crise au détriment à la fois du peuple et du potentiel productif et de développement du pays.

Le KKE a la responsabilité historique de ne pas devenir l’alibi communiste d’un gouvernement qui avant même qu’il ait été formé, est certain de ne pas améliorer le niveau de vie des gens, ni de les libérer de l’austérité et du chômage. La responsabilité historique du KKE se dresse contre l’irresponsabilité historique de SYRIZA.

Les jeunes et les travailleurs en général qui souffrent doivent corriger le vote qu’ils ont donné à "Aube Dorée", car ils ne supportent certainement pas le point de vue des nazis.

Si les élections ont lieu, changez votre vote. Renforcer le KKE afin de consolider la lutte du peuple, l’union du peuple, pour que la lutte pour le renversement soit victorieuse. »


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28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 09:07

    CHRONIQUES DU FASCISME ORDINAIRE         petain     

                                                    

                                            Marechal, nous voila !

   

 

 

 

Qu’est-ce que le fascisme ?
Henri Barbusse

Qu’est-ce exactement que le fascisme ? La création et l’évolution du fascisme résultent de l’état de malaise et d’incertitude, des difficultés grandissantes de la vie, des menaces économiques et autres, qui surgissent de toutes parts, en un mot de la situa­tion précaire où se débattent actuellement dans presque tous les pays toutes les couches moyennes de la population.

Le vrai moteur du fascisme, ce sont les pouvoirs d’argent, qui ont su et qui ont pu, grâce aux moyens gigantesques de publicité, de propagande et d’action dont disposent ceux qui disposent des richesses, attacher à leur politique la petite et la moyenne bourgeoisie en canalisant dans le sens de la conservation et de la réaction sociale son mécon­tentement, ses appréhensions et ses souffrances.

Nul ne peut contester que de nos jours, et dans les institutions actuelles, tout ce qui est fait d’essentiel est plus ou moins conduit par les grands détenteurs du capital.

Si le capitalisme, c’est à dire la main mise de l’oligarchie de l’argent sur les choses sociales, a toujours plus ou moins conduit les affaires humaines, cette emprise et arrivée aujourd’hui à toute sa plénitude.

Ce ne sont pas seulement les capitalistes américains qui l’affirment (et ils ont l’autorité de le faire), ce sont tous les économistes et tous les observateurs, à quelque opinion ou à quelque caste qu’ils appartiennent.

Or, partout le capitaliste a suscité le fascisme. Il l’a mis sur pied et lui a donné l’élan. Et ce n’est un secret pour personne que le fascisme italien et tous les autres fascismes nationaux sans exception se sont accrus grâce à l’appui financier de la grande bourgeoisie riche, de la grande industrie et des banques.

Le fascisme sort du capitalisme. Il en est la résultante logique, le produit organique.

Texte complet

« En ce moment le fascisme enserre le monde entier ou se prépare à le faire... » ( Article paru dans le périodique japonais KAIZO, fin 1926 )

Il se passe actuellement dans le monde entier et principalement en Europe, un événement d’une importance capitale qui exerce une influence grandissante sur la vie sociale et politique : C’est la création et l’évolution du fascisme.

Cette organisation vient d’être mise en lumière par différents événements de premier plan de la politique intérieure et extérieure internationale. Le plus récent de ces faits symptomatiques qui ont permis d’exposer en peine lumière les progrès du fascisme, est le procès qui vient de se dérouler à Paris en Cours d’Assises.

Deux militants communistes, Clerc et Bernardon, étaient inculpés du meurtre d’un certain nombre de manifestants fascistes.

Voici un bref résumé des faits. Il y a plus d’un an, le 25 avril 1925, à l’issue d’une réunion électorale contradictoire qui avait lieu à Paris dans le préau de l’école de la rue Damrémont, le bruit courut que les représentants des doctrines antidémocra­tiques, c’est à dire les amis du candidat Sabatier, étaient menacés par des manifes­tants révolutionnaires, à la suite de la réunion. Ce bruit était inexact.

Cette réunion contradictoire avait été animée, mais elle n’avait pas dégénéré en bagarre.

Toujours est-il que mal informés, des jeunes gens appartenant aux Jeunesses Patriotes et qui assistaient à une réunion dans un autre quartier (au cirque de Paris) se rendirent rue Damrémont et se présentèrent devant le local d’où les assistants commençaient à sortir.

Ceux qui survenaient marchaient par rangs de quatre, à une allure militaire et les cannes hautes.

Cette attitude provoqua précisément la bagarre qu’on aurait pas eue à déplorer si les Jeunesses Patriotes ne s’étaient pas présentées dans ces conditions.

Il y a eu une mêlée, des coups de feu et finalement, du coté des Jeunesses Patriotes, quatre morts et une cinquantaine de blessés.

On arrêta Clerc et Bernardon qui avaient été trouvés porteur de révolvers et qu’on prétendait avoir vu tirer.

Les présomptions matérielles qui semblaient assez sérieuses en ce qui concerne Clerc, l’étaient beaucoup moins pour Bernardon, et il y avait une certaine confusion dans les témoignages recueillis.

La seule chose qui semble pouvoir être affirmée c’est que les victimes avaient été tuées et blessées par des communistes.

Au moment de l’attentat, il y eu une grande émotion à Paris et M. Taittinger, président des Jeunesses Patriotes, fit à la Chambre des Députés Française un tableau pathétique du martyre de ses amis.

Les débats pas­sionnés de la Cour d’Assise ont abouti, malgré l’évi­dente partialité de l’avocat général Rateau, mais aussi du président Laugier, à l’acquittement de Bernardon et à une peine légère pour Clerc (trois ans de prison).

En vain, toute une partie de la presse et de l’opinion a essayé de transformer cette affaire en un drame banal de droit commun. La défense des accusés, et par la force des choses, les divers témoignages qui se sont fait entendre à la barre, ont obligé le jury à tenir compte du fait social dont la bagarre de rue la Damrémont n’est en réalité qu’un épisode. J’ai été moi-même appelé à titre de témoin par la défense devant le Jury de la Seine.

J’ai développé cette idée qu’on ne peut pas abstraire cette malheureuse histoire de fusillade de la lutte aiguë engagée dans nos pays entre les représentants et les défenseurs de la classe ouvrière, et ceux de la bourgeoisie capitaliste.

C’est ce point de vue que je veux exposer aujourd’hui à mes lecteurs de « Kaizo », afin de les mettre au courant des conditions particulières dans lesquelles se poursuit en Europe la guerre de classes.

Sans doute, n’ayant pas assisté personnellement à la tragique soirée du 23 avril, je ne pouvais déposer sur les faits concrets et précis de ce drame.

Et tout en déplorant profondément la mort violente de plusieurs jeunes gens, je ne pouvais, en ce qui concerne la matérialité de l’événement, qu’émettre cette opinion objective : en tout état de cause, ce sont les fascistes qui en se rendant en nombre et en rang, dans les conditions où ils l’ont fait, rue Damrémont, ont provoqué le malheur, et en portent toute la responsabilité.

Puis je me suis empressé de déclarer aux jurés que si l’on voulait pénétrer et comprendre ce drame, il fallait pénétrer dans le drame plus grand et plus meurtrier qui le domine et qui l’explique, et qui est celui du fascisme international.

Le fascisme étant un grand fait de l’histoire contemporaine, en envisageant ce fait, on ne sortait pas de la cause qui était à juger, mais au contraire on y entrait en plein. On ne peut pas parler avec précision, ni même avec loyauté, d’un épisode de guerre civile, si on ne parle pas de cette guerre civile elle-même et du caractère qu’elle a pris.

Or, en ce moment, le fascisme enserre le monde entier ou se prépare à le faire. Cette prise en possession signifie et annonce bien des menaces et bien des catastrophes futures, et c’est, en vérité, un cri d’alarme, un cri d’angoisse, que doivent pousser ceux qui ont le sens des réalités.

Qu’est-ce exactement que le fascisme ? La création et l’évolution du fascisme résultent de l’état de malaise et d’incertitude, des difficultés grandissantes de la vie, des menaces économiques et autres, qui surgissent de toutes parts, en un mot de la situa­tion précaire où se débattent actuellement dans presque tous les pays toutes les couches moyennes de la population.

Le vrai moteur du fascisme, ce sont les pouvoirs d’argent, qui ont su et qui ont pu, grâce aux moyens gigantesques de publicité, de propagande et d’action dont disposent ceux qui disposent des richesses, attacher à leur politique la petite et la moyenne bourgeoisie en canalisant dans le sens de la conservation et de la réaction sociale son mécon­tentement, ses appréhensions et ses souffrances.

Nul ne peut contester que de nos jours, et dans les institutions actuelles, tout ce qui est fait d’essentiel est plus ou moins conduit par les grands détenteurs du capital.

Si le capitalisme, c’est à dire la main mise de l’oligarchie de l’argent sur les choses sociales, a toujours plus ou moins conduit les affaires humaines, cette emprise et arrivée aujourd’hui à toute sa plénitude.

Ce ne sont pas seulement les capitalistes américains qui l’affirment (et ils ont l’autorité de le faire), ce sont tous les économistes et tous les observateurs, à quelque opinion ou à quelque caste qu’ils appartiennent.

Or, partout le capitaliste a suscité le fascisme. Il l’a mis sur pied et lui a donné l’élan. Et ce n’est un secret pour personne que le fascisme italien et tous les autres fascismes nationaux sans exception se sont accrus grâce à l’appui financier de la grande bourgeoisie riche, de la grande industrie et des banques.

Le fascisme sort du capitalisme. Il en est la résultante logique, le produit organique.

C’est l’armée qu’il jette dans la lutte sociale pour maintenir coûte que coûte ce qu’il appelle ses droits et ce que nous appelons seulement : ses profits.

Le fascisme est en somme la réaction suprême et brutale, et poussée dans ses extrêmes conséquences, de l’ordre ancien contre un ordre nouveau.

En conséquences de ses principes constitutifs, le fascisme a deux buts, l’un politique, qui est l’accaparement de l’État ; l’autre économique, qui est l’exploitation du travail.

L’exploitation du travail est sa raison d’être. Le déchaînement fasciste tend à faire rentrer dans l’ordre, selon l’expression consacrée, la masse immense des pro­ducteurs, des travailleurs des villes et des champs, qui sont en réalité la substance même et la force vitale de la société.

C’est qu’à notre époque, les yeux des masses ont commencé à s’ouvrir, elles ont commencé à s’étonner de cette anomalie prodigieuse que ceux qui sont tout ne sont rien, et que la multitude produise, et peine, et soit jetée dans des guerres, pour les intérêts, contraires aux siens, d’une minorité de profiteurs.

Ayant commencé à ouvrir les yeux et à s’étonner, les travailleurs ont commencé à s’organiser, à s’unir pour résister à un destin inique.

Donc le vrai fait social est celui-ci : il y avait un prolétariat exploité et inconscient depuis des siècles, et voilà qu’il devient conscient.

On peut même dire que la guerre des classes n’est pas quelque chose de nouveau qui est survenu de notre temps, mais plutôt quelque chose que l’on s’est mis de notre temps à discerner et à comprendre.

La guerre des classes a en réalité toujours existé du fait de l’oppression de la majorité par une minorité privilégiée. En réalité ce fut toujours, jusqu’aux temps contemporains, la défaite des classes laborieuses. Mais ce n’en est pas moins une guerre.

A cette guerre d’écrasement, le prolétariat organisé oppose un arrangement basé sur l’égalité politique de tous, sur la juste souveraineté du travail et sur la solidarité des divers peuples par dessus des frontières qu’il estime artificielles et néfastes.

La guerre des classes, comme l’a dit Lénine, doit aboutir, par la prépon­dérance, par la victoire, du prolétariat, à l’abolition des classes.

Elle doit aboutir également à l’abolition des guerres entre les nations puisque cette victoire referait entre les hommes une autre classification, plus profonde, plus rationnelle, plus réelle que les divisions géographiques, et une alliance plus solide que les alliances diplomatiques.

C’est pourquoi le deuxième but du fascisme est l’accaparement de l’État. Il s’agit de maintenir en l’aggravant le vieux régime dictatorial d’oppression, enchevêtré étroitement avec le nationalisme et l’impé­rialisme, il s’agit de faire triompher, comme par le passé, le principe de la concurrence à outrance et de la lutte, du chacun pour soi, aussi bien entre les individus qu’entre les nations, il s’agit d’imposer la continuation du règne de la loi de guerre et de destruction.

A l’heure qu’il est, on ne peut pas dire que le fascisme ne soit pas partout.

On ne peut pas dire non plus qu’il ne soit pas partout le même.

Il a partout le même objectif essentiel : l’étouffement de la libération du peuple.

Même lorsque des groupements fascistes sont séparés, de pays à pays, par les convoitises nationales, ils sympathisent et ils se soutiennent de par le parallélisme de leurs tendances.

Ce ne sont pas par exemple les revendications des fascistes hongrois à propos de la Transylvanie, annexée par la Roumanie, qui ont empêché les fascistes roumains de défendre seuls dans la presse roumaine les faux-monnayeurs fascistes de Budapest.

Et ce ne sont pas les déclarations agressives et menaçantes pour la France de M. Mussolini qui empêchent les fascistes français de le prôner et de le prendre comme modèle. Et cela est dans l’ordre des choses.

Les fascistes de Bucarest sont plus fascistes que Roumains.

Et les fascistes français sont plus fascistes que Français.

Selon les pays où il opère, le fascisme est plus ou moins fort et en conséquence plus ou moins cynique. Partout, en proportion de sa réussite matérielle, il bénéficie déjà soit de la complicité, soit de la complai­sance des gouvernements constitués.

Partout il fait montre, tout au moins à ses débuts, de la même hypocrisie.

Il ne dit pas : Je suis le fascisme, il dit : Je suis le parti de l’ordre, ce qui est le plus commode de tous les mensonges démagogiques, ou bien il dit : Je suis républicain national patriote, ou bien il arbore quelque autre étiquette. Il prend toutes sortes de noms différents. Il nous éberlue avec des mots.

Il forme beaucoup de catégories, mais au fond de tout cela, c’est la même espèce d’hommes. Nous voyons le fascisme camouflé en associations patriotiques ou en associations sportives, et dans la seule Hongrie [1], pour prendre encore un exemple au hasard, dans la Hongrie dont l’armée nationale a été réduite par le traité de Trianon à 35.000 hommes, il y a de la sorte toute une armée fasciste clandestine de 400.000 hommes qui, en attendant un autre emploi, besogne dans la guerre civile.

Elle reçoit des armes de l’Italie et même tout dernièrement, elle en a reçu des uniformes, et en a commandé en Angleterre. Ailleurs, nous voyons le fascisme camouflé en Ligues Militaires, en Associations d’Étudiants Antisémites, en groupements innombrables et parfaitement organisés des officiers et des soldats de l’armée de Wrangel [2].

Tout cela sert d’instrument au plan fasciste. Déjà, dans toute une partie de l’Europe, les gouvernements s’appuient sur cette gendarmerie de classe plus ou moins clandestine et officieuse.

Et partout où le fascisme a pris pied sévit un système de banditisme anti-ouvrier qui procède par la terreur et par l’assassinat, et qui maintient tous les travailleurs dans l’esclavage.

J’ai déjà dans mon dernier article fait connaître au public japonais quelques faits typiques de cette avilis­sante captivité du travail dans les pays balkaniques où le fascisme est plus ouvertement déchaîné qu’ailleurs.

Là-bas, tout travailleur qui se préoccupe de ses reven­dications d’ouvriers, et cherche à se solidariser avec ses frères de misère, est considéré confie un malfaiteur. Il est frappé, exilé ou tué, comme un ennemi de la société.

La partialité la plus révoltante règne dans tous les corps constitués. Pour n’en citer qu’un fait, on a pu lire dernièrement qu’un conseil de guerre roumain avait condamné un étudiant juif d’Oradea-Mare, nommé Klein, à la prison pour le motif suivant : « Avoir tenté d’organiser une union des étudiants juifs pour résister par la violence aux violences que leur font subir les étudiants chrétiens ». Et cet incroyable arrêt n’est pas seul de son espèce.

D’autres cas de partialité aussi révoltante de la part des juges et des pouvoirs publics ajoutent une sorte d’odieux ridicule à toute la série des assassinats et des crimes que le fascisme d’État commet dans ces pays avec une impunité absolue.

J’ai pu dire aux jurés : « J’ai vu, moi qui vous parle, les ravages accomplis dans les villes et dans les cam­pagnes par le fascisme triomphant ! Je me suis mêlé à ces malheureuses et nobles populations bulgares, roumaines, yougoslaves et hongroises qui meurent de la terreur blanche, j’ai trouvé là-bas un calme apparent qui serre le coeur, parce que c’est le calme d’un cimetière.

Énumérer les assassinats individuels et collectifs, les iniquités, les tortures de prisonniers ou de témoins à la suite de soi-disant complots qui sont imaginés ou bien provoqués par ce qu’on appelle les « facteurs irres­ponsables du pouvoir », cela m’est matériellement impos­sible, parce qu’il y en a trop.

Et ces crimes s’exercent non seulement contre les éléments d’extrême gauche, mais contre tous les éléments d’opposition et les moindres velléités démocratiques. J’ai vu de mes yeux, poussée jusqu’au bout par les gens de là-bas, l’oeuvre que les gens d’ici voudraient implanter chez nous. J’ai rapporté de cet enfer balkanique comme un sentiment de honte humaine et de remords humain.

Et pour la première fois depuis, j’éprouve une sorte de soulagement à signaler ici, devant un tribunal, cet exemple effrayant de la réussite fasciste. »

Sans doute en France, le fascisme n’a pas osé encore relever complètement la tête. Mais il suffit peut-être de peu de chose pour qu’il se décide à le faire s’il continue à jouir d’une impunité et d’une tolérance scandaleuses.

Et cette éventualité de coups de force est d’autant plus menaçante, que le fascisme multiforme entretient perfidement la confusion dans l’opinion publique sur les vrais buts de son organisation anti-prolétarienne et impérialiste, puisqu’il lui met même, ce qui est un comble, un masque tricolore de démocratie.

On ne saurait trop déplorer, à l’époque où nous vivons, l’inertie et la béatitude de l’opinion publique qui ne voit les cataclysmes que lorsqu’ils sont déclenchés. Il a fallu l’assassinat de Matteotti - qui n’est pourtant qu’un épisode entre mille - pour que cette opinion pût voir la vraie face de Mussolini.

Il a fallu cette inimaginable affaire des faux billets de banque pour que l’on discernât la physionomie authentique et les agissements réels du régent Horthy et de son entourage.

J’ai cru pouvoir dire au tribunal : « Si l’opinion est inerte et flottante, il ne doit pis en être de même des juges. Vous vous trouvez amenés à intervenir aujourd’hui dans un épisode d’une machination gigantesque dont, je le répète, tous les rouages se tiennent. Que vous le veuillez ou non, votre verdict sera ou bien un coup, ou bien un encouragement pour le fascisme international. »

J’ai conjuré les hommes dont dépendait la sentence de voir la situation telle qu’elle est et dans toute son ampleur, et de se rendre compte que la classe ouvrière est aujourd’hui, dans notre pays comme dans tous les autres, en état de légitime défense.

Car c’est à cette constatation qu’il faut en venir si on veut voir les choses face à face et ne pas se payer de mots. Bien réellement devant les formidables mesures d’organisation brutale et policière de la bourgeoisie capitaliste, la masse des travailleurs est acculée à se défendre.

Elle ne provoque pas et elle n’a pas provoqué.

Elle ne commet pas les attentats qu’on lui impute ni les complots dont on l’accuse.

Il peut plaire à des rhéteurs d’essayer d’établir que les doctrines prolétariennes avancées, socialisme ou communisme, constituent un complot contre l’ordre établi.

C’est là un simple jeu de mots qui, si l’on y réfléchit, porte à faux. Bien entendu, les socialistes proprement dits, et ces socialistes intégraux que sont les communistes, envisagent une réfection du statut social tout entier et s’assignent pour but de discréditer et combattre le régime actuel.

Mais on peut remarquer que cela est le propre de tous les partis politiques qui ne sont pas au pouvoir.

Chaque parti a son programme qui ne peut être imposé que sur la disparition des programmes adverses.

On pourrait tout aussi bien accuser de complot permanent tous ceux qui voudraient autre chose que ce qui est, et qui honnêtement cherchent les moyens de réaliser leur idéal par la propagande et le recrutement d’adhérents.

En principe, cette seule propagande, ce seul recrutement peuvent suffir pour assurer la victoire à une doctrine, cette doctrine fût-elle le communisme international.

Supposons que tous les travailleurs du monde arrivent à se mettre d’accord sur cette doctrine : elle s’imposera par le fait même et par la force des choses, la puissance du peuple total étant à vrai dire irrésistible et invincible. C’est donc une supercherie et une manoeuvre déloyale de prétendre mettre hors la loi des gens qui présentent un système rationnel d’organisation de la collectivité humaine uniquement parce que ce système, le jour où il sera pris en mains par tous les intéressés, remplacera péremptoirement les institutions existantes.

Ce qu’on combat d’avance avec perfidie et par des moyens détournés chez les communistes, c’est précisément cette redoutable possibilité de vaincre que comporte une vraie majorité, et on essaye de le tuer dans l’oeuf avant que cette majorité, qui n’est actuellement que virtuelle et en puissance, soit à même de se réaliser.

Et on peu remarquer aussi que beaucoup de sophismes et beaucoup de mensonges sont tissés autour de cette question de la violence par ceux-là même qui emploient la violence pour empêcher les grands développements naturels du peuple. Ses ennemis prennent les devants.

Ils ne veulent pas de l’unité ouvrière.

Ce sont eux qui, devant la grandeur imposante de l’organisation universelle des multitudes, se servent de tous les procédés de menace et de contrainte dont ils peuvent disposer.

Au cours du procès Clerc et Bernardon, M. Taittinger a reconnu que la raison de la création des Jeunesses Patriotes, ce fut le déploiement considérable des forces populaires lors de la cérémonie de translation des restes de Jaurès au Panthéon.

Oui, en effet, c’est ce déploiement grandiose et juste, logique comme celui d’une force de la nature, qui cause la rage et la haine, la vraie conspiration et les vrais attentats de la part des parasites sociaux et de leurs serviteurs. On parle de révolution.

Il faut qu’on sache que la contre-révolution l’aura précédée, et qu’on recourt, à propos de tout le drame social qui se déchaîne au sein de notre époque, à un abominable renversement des rôles lorsque l’on parle de provocations et de violence pour en charger le troupeau même des victimes. C’est toujours, pour les grandes oppressions séculaires comme pour les faits de détails, la réaction privilégiée qui a commencé.

C’est la réaction qui a commencé lorsqu’une troupe militarisée, et dont tout le monde a pu voir qu’elle était pour le moins armée de gourdins, est allée défier rue Damremont la foule ouvrière.

Et dans l’histoire, c’est la réaction qui a commencé lorsqu’elle a décidé d’empêcher par la force la multitude des travailleurs de jouer le rôle organique et pacifique qui lui incombe dans la vie collective, et qu’elle a déchaîné la guerre civile.



Henri Barbusse

Auteur du grand roman "Le feu", Barbusse (1873-1935) est également l’une des grande figures intellectuelles du Parti Communiste en France au lendemain de sa fondation. Multipliant les initiatives culturelles, il sera également l’un des artisans du principe du Front Populaire.


1] La Hongrie se trouvait depuis 1919 dirigée par l’amiral Miklos Horthy de Nagybània, que les Roumains, à l’instigation de la France, avaient aidé à conquérir le pouvoir

[2] Piotr Nicolaïévitch baron Wrangel fut l’un de ces généraux que les puissances occidentales, et notamment la France, aidèrent dans leur lutte contre le régime bolchevique. Il mourut à Bruxelles en 1928. Ses anciens soldats ne tardèrent pas à retrouver un emploi en constituant l’encadrement des groupes paramilitaires mis sur pied par les partis fascistes de divers pays d’Europe.


 

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28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 08:21

 

      fdg_vote.jpg                  forti saremu si saremu uniti

                                   (Pascal Paoli)

 

   ELECTIONS LEGISLATIVES 

      10 et 17 juin 2012

 

              REUSSIR LE CHANGEMENT

                   NOS CANDIDATS

 

  1ère circonscription: Michel Stefani-Josette Risterucci

 1ère circonscription: Marie-Jeanne Fedi-Charles Casabianca

 

 

                                                                           CANDIDATS.JPG

 

 

                   réunion publique

        jeudi 7 juin 18H30

  SALLE POLYVALENTE DE LUPINO

            BASTIA

 

sous la présidence d'Ange Rovere, 1er adjoint à la mairie de Bastia

 

                                          prenez-le-pouvoir.jpg

 

                                                     U Cursinu Rossu u-cursinu-rossu.jpg 

                   u-cursinu-rossu.jpg

                                     

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28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 08:13

                                                                          MARE NOSTRUM-copie-1

 

 



Renforçons la paix civile et l’unité nationale et engageons-nous à édifier l’état démocratique et résistant


Le bureau politique du Parti Communiste libanais a étudié les développements politiques et la sécurité dans tout le pays, en particulier dans la région du Nord :


1-Le Bureau politique du PCL considère que le pays va droit à un nouveau précipice, à cause des combats itinérants et de l’atmosphère de mobilisation confessionnelle qui exacerbe la tension. Cette situation, jointe à des tentatives de régionalisation, pousse le Liban vers la division en cantons confessionnels et la liquidation des institutions, l’armée notamment ; ce qui mènerait à supprimer les bases de l’unité du Liban et, par suite, son existence même.


2-Il considère aussi que ce qui se passe dans la région du Nord ne peut être isolé de la situation qui prévaut en Syrie ; surtout que les combats ont suivi de près la visite de Jeffrey Feltmann et de Joe Liebermann à nos frontières avec la Syrie. Sans oublier qu’ils ont commencé le lendemain des appels que certains pays du Golfe avaient lancés, demandant à leurs concitoyens de quitter le territoire libanais. Tout cela laisse penser que les États-Unis continuent leurs pressions afin de transformer le Liban en une base arrière d’où arriveraient armes et appui logistique afin d’aider la partie de l’opposition syrienne affiliée à Washington à poursuivre son offensive contre le régime, menant à l'épuisement de la Syrie pendant une longue période.


3-Il exprime son mécontentement de ce que le Liban, à la veille du douzième anniversaire de la Libération (25 mai 2000), se trouve à nouveau dans la tourmente. La libération de la majorité de notre territoire de l’occupant israélien n’a pas libéré en même temps le citoyen libanais qui reste la proie de la pauvreté, de l’humiliation et de l’injustice, mais aussi de l’insécurité ; parce que la libération nationale n’a pas été accompagnée du changement démocratique qui pouvait, seul, prémunir le Liban contre les menaces extérieures et, surtout, intérieures qui pèsent sur son unité, et donner aux Libanais le sentiment qu’ils vivent dans la dignité, la sécurité et la stabilité.


4-Dans ce contexte, le Bureau politique du PCL rend le gouvernement actuel responsable, au même titre que ses prédécesseurs, de ce qui se passe dans le pays. Parce que ce gouvernement n’a pas pris les mesures nécessaires capables de mettre le Liban à l’abri des interférences régionales et internationales mais aussi de consolider les éléments nécessaires à sauvegarder l’unité nationale, dont, en premier lieu, les réformes nécessaires. Parce qu’il s’est contenté de gérer la crise qui sévit au lieu de tenter de s’en sortir et de faire face à l’état d’insécurité et à la situation de clivage et de propagandes confessionnels. Le résultat, aujourd’hui, est la menace de chute de la république née de l’Accord de Taëf et avec elle celle des institutions nationales.
Cette escalade demande une solution rapide et radicale avant que la crise n’entraine, une fois de plus, les Libanais dans une nouvelle guerre civile dont le seul résultat serait la destruction du pays, la liquidation des victoires de la Résistance et la facilitation du plan préconisé par Israël contre nous.
Voilà pourquoi le PCL appelle toutes les forces politiques démocratiques ainsi que toutes les forces populaires à prendre en main leur responsabilité, à œuvrer par tous les moyens démocratiques mis à leur portée, et à manifester leur volonté de renforcer la paix civile et l’unité nationale et d’édifier l’état démocratique et résistant.

Le Bureau politique du Parti Communiste libanais
Le 23 mai 2012

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28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 07:52

                                                                        cap-corse la carte      

 

L'association L'Amichi di u Rughjone, basée à Luri et qui œuvre depuis deux décennies à la valorisation du territoire cap-corsin - et plus largement à celle du patrimoine corse - vient de se voir attribuer le premier prix de la fondation BPPC avec, à la clé, un chèque de 10 000 €. Une somme dont on peut être assurés qu'elle sera judicieusement mise à profit par cette dynamique structure pour, encore et toujours, lutter contre toutes les formes d'abandon dont a à souffrir le milieu rural. Y compris celles qui frappent sa jeunesse. Raison pour laquelle L'Amichi di u Rughjone multiplie aussi, depuis plusieurs années maintenant, les actions d'insertion professionnelle. Un prix (dédié à à cet investissement) qui vaut ainsi pour reconnaissance du remarquable travail qu'accomplit cette association à travers des opérations variées, judicieusement choisies pour servir l'intérêt collectif.

                                              information  transmise par Josette Risterucci
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27 mai 2012 7 27 /05 /mai /2012 13:29

                                                                             MARE NOSTRUM-copie-1

 

Crise en Grèce, censure sur Arte (lettre ouverte)medias dormez citoyens
Vicky Skoumbi


 

Sous ce titre de notre choix, nous publions, avec l’autorisation de son auteure, une lettre de Vicky Skoumbi, rédactrice en chef de la revue grecque αληthεια (Acrimed).

Chères amies, chers amis,

Le jeudi 16 mai, j’ai participé à l’émission d’Arte 28 minutes sur le thème : La Grèce, talon d’Achille de l’Europe ?

Je viens de visionner l’émission telle qu’elle a été diffusée et j’en crois pas mes yeux : le passage où je disais que l’aide accordée à la Grèce a été en réalité une aide aux créanciers du pays, et que les plans de sauvetage successifs ont été conçus pour protéger les créanciers d’un défaut éventuel de la Grèce, tout en plongeant le pays dans une récession de l’ordre de 20 % en le menant tout droit à la faillite, a tout simplement disparu ! Si vous regardez attentivement, vous constaterez les traces de coupure par des enchaînements assez abrupts et la non-fluidité de la parole après la première intervention de Benjamin Coriat.

De même est passé à la trappe, un passage vers la fin où j’avais évoqué une confrontation qui n’est pas de nature nationale entre Grecs et Allemands, mais bel et bien entre deux camps transnationaux, c’est-à-dire entre ceux qui, en marchant littéralement sur des cadavres, défendent les intérêts du secteur financier d’une part, et d’autre part ceux qui défendent les droits démocratiques et sociaux et en fin de compte le droit à une vie digne de ce nom. Je prends à témoin Benjamin Coriat qui participait à l’émission et qui pourrait certifier que j’ai bien tenu ces propos dont la trace disparaît sous les ciseaux du censeur.

Car, cela relève tout simplement de la CENSURE. Une question s’impose : Qui donc contrôle Arte et qui filtre les infos ainsi ?

Je l’avoue, je n’en reviens pas. L’émission a été enregistrée "dans les conditions du direct" deux heures et demie avant sa diffusion et que je sache cette formule veut dire qu’on ne coupe pas, à la limite on refait une prise si on a un souci, ce qui a été le cas pour les présentations. Et même si la pratique établie est de couper un peu les longueurs, comment se fait-il que les deux coupes principales portent, comme par hasard, sur des propos concernant les vrais bénéficiaires de l’aide à la Grèce, c’est à dire les banques, ainsi que sur le caractère fallacieux de la supposée confrontation gréco-allemande ?

Comme vous pouvez d’ailleurs sans doute le constater vous-même, mon temps de parole correspond à un tiers - peut-être même moins - de celui de monsieur Prévelakis. Celui-ci, avec sa proposition d’un médiateur, sous la tutelle duquel devrait se mettre la Grèce, proposait rien de moins que de suspendre les procédures démocratiques en Grèce et de donner à Sarkozy (!) la position d’un tuteur du peuple grec qui ne saurait être représenté par ses élus, surtout si ceux-là appartiennent par malheur au Syriza. J’ai bondi mais on ne m’a pas laissé le temps de réagir en coupant là l’émission.

Conclure l’émission sur ce propos est absolument scandaleux. Cela n’honore pas, loin de là, Arte qui se revendique d’une sensibilité démocratique. D’ailleurs, si vous regardez un peu attentivement le déroulement juste avant la fin, vous verrez que la dernière question s’adresse à moi, madame Quin se tourne bien vers moi et non pas vers M. Prévélakis. Et ma réponse concernant les deux Europe qui s’affrontent et qui précédait la conclusion de Georges Prévélakis, est passée complètement à la trappe.

Bref, les coupures, la répartition inégale du temps de parole, la conclusion sur un appel à suspendre la démocratie en Grèce, tout cela, si n’est pas de la manipulation de l’information, c’est quoi au juste ?

Voilà bien des questions sur le traitement de l’information par une chaîne européenne qui se veut indépendante.

Merci de diffuser ce message le plus largement possible et de l’afficher sur les réseaux, si vous voulez bien.

Vicky Skoumbi,

rédactrice en chef de la revue grecque αληthεια

http://www.acrimed.org/article3829.html

URL de cette brève 2601
http://www.legrandsoir.info/+crise-en-grece-censure-sur-arte-lettre-ouverte+.html

 

 

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27 mai 2012 7 27 /05 /mai /2012 13:23

                                                                    MARE NOSTRUM-copie-1

 

 

 

L’opposition syrienne prend ses quartiers d’été à Miami
 
 
 
 
 

La CIA met en place un dispostif de sabotage du plan Annan et de toute tentative de paix en Syrie. Renouant avec les méthodes de la Guerre froide durant laquelle elle fabriquaient des groupes subversifs dans le Bloc de l’Est et les intégrait dans des fronts combattants internationaux, la CIA a organisé à Miami un séminaire de formation joint pour les opposants armés cubains et syriens.

Réseau Voltaire | La Havane (Cuba) | 25 mai 2012
  
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Séminaire joint des oppositions armées cubaine et syrienne, financées par les Etats-Unis (1er au 8 mai 2012 à l’hôtel Biltmore de Coral Gables, Miami).

En recourant aux milieux cubano-américains agissant sous leur emprise à Miami, ainsi qu’à des opposants syriens vivant sur leur territoire, les Services de renseignement des États-Unis tentent d’associer Cuba aux troubles qui secouent actuellement la Syrie, comme le suggère une dépêche datée depuis Miami de l’agence espagnole EFE qui « révèle » que « des dissidents syriens et cubains sont en train de créer un front pour combattre Castro et El-Assad ».

« Les oppositions syrienne et cubaine ont constitué aux États-Unis un front uni pour la liberté et la démocratie des deux pays qui avait pour but de combattre les "régime dictatoriaux"  », affirme la correspondance de l’agence madrilène, basée à Miami, ville considérée comme le siège de tous les complots anticubains ourdis aux États-Unis.

Des représentants de « la principale organisation d’opposition en Syrie » et des membres de la dénommée Assemblée de la Résistance cubaine (ARC) de Miami, ont conclu un « accord pour coordonner leurs efforts » et donner de Cuba une image d’instabilité.

« La Syrie est tombée dans une spirale de violence depuis le 15 mars 2011, lorsque des milliers de personnes sont descendues dans les rues », ajoute EFE.

« Ceci offre une possibilité extraordinaire : un front uni pour la liberté et la démocratie au sein duquel les peuples syrien et cubain se sont unis pour lutter », commente l’interlocutrice du correspondant de cette agence à Miami, Silvia Iriondo, la « présidente » de Mères et femmes anti-répression (M.A.R. Por Cuba).

Silvia Iriondo, de son vrai nom Silvia Goudie, est la fille d’un mercenaire de l’invasion manquée de la Baie des cochons. Elle vit de ses mensonges à Miami, de sa « créature » M.A.R. Por Cuba, gracieusement financée par l’USAID. Lors de l’enlèvement de l’enfant cubain Elian Gonzalez, cette dame et les membres de son organisation avaient déclaré qu’ils préféreraient le voir mourir plutôt que de le rendre à sa famille à Cuba.

Le Département d’État et ses « filiales » l’ont invariablement employée dans leur « service extérieur » pour qu’elle participe aux rencontres et aux meetings qu’ils organisent contre Cuba, en Europe et en Amérique latine.

En mars 2004, Robert Ménard, l’ancien secrétaire général de Reporters sans frontières, et Frank « Paquito » Calzon, agent de la CIA et directeur du Center for a Free Cuba (CFC), se sont présentés en public à ses côtés lors d’une réunion avec des députés européens organisée par les copains de l’ancien président du gouvernement espagnol José Maria Aznar à l’Union européenne.

Robert Ménard est devenu célèbre après avoir renfloué ses comptes bancaires « cubains » de Virginie avec l’argent de l’USAID, tandis qu’au CFC, Felipe Sixto, le bras droit de Calzon, a été arrêté et condamné pour avoir détourné un demi million de dollars.

En 2007, ladite Société internationale pour les Droits de l’Homme – une organisation de la CIA ouvertement anticommuniste qui organisait un séminaire sur la « question cubaine » au Centre de communications de la Dresdner Bank, à Frankfort, en Allemagne –, invita et installa Silvia Iriondo à la présidence aux côtés de Calzon, de Pedro V. Roig (le directeur général de Radio et TV Marti qui était alors sous enquête pour fraude), du « commandant traître » Hubert Matos, lié au trafic de drogues, et d’Angel Francisco de Fana Serrano, d’Alpha 66 (arrêté en Californie en 1995 avec en sa possession un arsenal d’armes destinées à perpétrer un attentat terroriste contre Cuba.

En novembre 2009, Silvia Iriondo se joignit au chef d’UnoAmérica, confrérie fasciste de nostalgiques du Plan Condor, ainsi qu’à Alejandro Peña Esclusa – aujourd’hui jugé pour terrorisme à Caracas –, au sein du groupe d’« observateurs » qui ont légitimé les élections générales convoquées sous la dictature de Roberto Micheletti au Honduras.

À cette occasion, elle a une nouvelle fois côtoyé Matos et d’autres « figures » de la mafia anticubaine comme le millionnaire de l’« anticastrisme » Orlando Gutierrez Boronat qui l’accompagne à présent dans le montage du show « Cuba-Syrie ».

Bénéficiaire, à l’instar de Mme Iriondo, des généreuses perfusions de dollars de l’USAID, Gutierrez s’est autoproclamé secrétaire national du Directoire démocratique cubain (DDC), et d’aucuns lui reprochent même de s’offrir des voyages à travers le monde avec les subventions.

Salué par EFE – une agence de presse créée par le grand-père franquiste d’Aznar –, cet « accord » n’est pas la première tentative d’« associer » la Syrie à Cuba, à laquelle participe Mme Iriondo.

Il y a quelques semaines, cette « militante » à la solde du Département d’État a participé à une séance d’information au Congrès organisée par une soi-disant Association d’avocats cubano-américains (CABA), placée sous le thème « Le printemps arabe à Cuba », en présence des législateurs mafieux Mario Diaz-Balart, Ileana Ros-Lehtinen et David Rivera.

Parmi les signataires de l’« accord » dont se félicite EFE figure en outre Horacio Garcia, du Conseil pour la liberté de Cuba (CLC), l’un des anciens directeurs de la Fondation nationale cubano-américaine (FNCA). Rappelons que ce monsieur a été présenté publiquement par le terroriste d’origine cubaine Luis Posada Carriles comme l’un des principaux « financiers » de ses activités criminelles.

Pour la « partie syrienne », EFE mentionne Mohamed Kawam, du dénommé Groupe de travail de l’urgence syrienne, et Niman Shukairy, de l’Unité pour une Syrie libre, respectivement médecin et dentiste, qui semblent préférer l’argent facile à l’exercice de leur profession. Deux militants syriens basés aux États-Unis, dont les positions de droite leur ont permis de s’associer aux mécanismes de propagande et de déstabilisation du Département d’État.

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Réception des participants au séminaire cubano-syrien par le gouverneur de Floride, Rick Scott (1er mai 2012).

Document

Cuban-Syrian Joint Declaration of Agreement

We, Cubans and Syrians, in resistance against the tyrannies which deprive us of our God-given, inalienable rights, proclaim : That human rights and dignity are universal and intrinsic to the human condition, and that all humans are created equal in obeisance to same ; That in defense of these rights, the Cuban Resistance and the Syrian Revolution agree to unify our struggles in order to accelerate the hour of liberation ; Therefore :
- The Cuban Resistance recognizes the Syrian Revolution as a legitimate expression of the highest aims and ideals of the Syrian people ;
- The Syrian Revolution recognizes the Agreement for Democracy as a legitimate expression of the highest aims and ideals of the Cuban people ;
- The Cuban Resistance joins those nations, which have recognized the Syrian Revolution as a legitimate representative of the Syrian people ;
- The Syrian Revolution adopts the Vilnius Resolution of the Parliamentary Forum of the Community of Democracies in recognizing the Cuban Resistance as a legitimate representative of the Cuban people ;

Therefore, with said moral authority, the Cuban Resistance and Syrian Revolution jointly agree :
- To coordinate all of our political, diplomatic, logistic and humanitarian efforts in pursuit of the liberation of Cuba and Syria ;
- hence constituting a United Front for Freedom and Democracy ;

Therefore, the Cuban Resistance and the Syrian Revolution jointly declare : The people want the overthrow of the dictatorial regimes of Assad and Castro.

Signed at the Biltmore Hotel in Coral Gables this 8th day of May, 2012.

For The Assembly of the Cuban Resistance [1] : Bertha Antunez, Laida Carro Raul Garcia, Luis Gonzalez Infante, Orlando Gutierrez Boronat, Sylvia Iriondo
For the Syrian Revolution : Khaled Saleh (General Commission for the Revolution), Mohamed Kawam (Syrian Emergency Task Force — SETF), Yahia Basha (United for a free Syria — UFS), Bashar Lufti (American Syrian Public Affairs Committee —(AMSPAC), Imad Jandali (Syrian American Council — SAC), Maher Nana (Syrian Expatriates Organization —SSO— and Syrian Support Group — SSG).

[1] The ACR included Movimiento Feminista por los Derechos Civiles Rosa Parks, Coalición de Mujeres Cubano Americanas (Coalition of Cuban American Women), Proyecto Pro Cambio, Jóvenes Cubanos en Acción (Cuban Youth in Action), Presidio Político Histórico "Casa del Preso", Directorio Democrático Cubano (Cuban Democratic Directorate), and MAR por Cuba (Mothers Against Repression).

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