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CHANTS REVOLUTIONNAIRES

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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 13:24

                                                                  HUMA.fr

 

 

 

 

 

Le 26 novembre 1974, une femme, Simone Veil, ministre de droite, vient devant les députés défendre un texte « reflet de ses convictions personnelles ».

                                                                               simoneveil_0.jpg

Simone Veil, à la tribune de l'Assemblée nationale pour défendre le projet de loi sur le droit à l'avortement, le 26 novembre 1974.
Photo AFP/Archive
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Ce 26 novembre 1974, en montant à la tribune de l’Assemblée, Simone Veil ne sait pas ce qu’il adviendra de son projet de loi. Le président de la République, Valéry Giscard d’Estaing lui-même, était resté prudent un mois plus tôt, en déclarant dans le Monde, à propos du projet de sa ministre de la Santé : « Certains (...) s’étonnent que l’on puisse, ici ou là, accepter qu’un texte ou une proposition que nous faisons soit rejeté ou écarté par le Parlement. Je considère cela, sur certains sujets, comme naturel. » Dans la Croix, le député de l’Aveyron, Jean Briane (droite), prophétise : « Si une majorité se dégage pour voter ce texte, ce ne sera pas, disons-le, la majorité présidentielle. »

 

Et, de fait, durant les trois jours que dureront les débats, c’est le propre camp de Simone Veil qui combat son projet. Un festival de machisme (« La femme s’épanouit en donnant la vie », Louis Donnadieu, député UDR du Tarn), d’outrance (« Supposez que l’on retrouve l’un des médecins nazis qui a encore échappé au châtiment, l’un de ces hommes qui a pratiqué la torture et la vivisection humaine. Y a-t-il une différence de nature entre ce qu’il a fait et ce qui sera pratiqué officiellement dans les hôpitaux et les cliniques de France ? » Jean-Marie Daillet, député de la Manche), ou de bigoterie (« La loi divine, la loi suprême, la raison interdisent de toucher à la vie », Jean-Marie Caro, Bas-Rhin ; « Cette nouvelle religion qui est née et dont le dieu s’appelle le sexe », Albert Liogier, Ardèche...). Mais le grand argument des opposants, c’est la « dénatalité », la peur panique du déclin démographique. Là encore, la droite opposée à l’IVG ne fait pas dans la dentelle, comme le député Foyer, qui assure qu’en URSS où l’avortement est libre, on a dénombré en une année six millions d’avortements pour quatre millions de naissances. Mais, en montant à la tribune de l’Assemblée nationale, ce 26 novembre 1974, Simone Veil sait déjà qu’elle aura des soutiens forts.

 

Le PCF s’est sans doute montré le plus fervent défenseur du droit à l’IVG.

 

Quelques-uns dans son camp. Mais les plus nombreux, ceux qui emporteront la victoire, venant de l’opposition, unanime. « Une majorité de circonstance, certes, mais qui s’oppose à la partie la plus importante, mais la plus rétrograde, la plus réactionnaire de la majorité parlementaire », explique alors Robert Ballanger, président du groupe communiste. Le PCF s’est sans doute montré le plus fervent défenseur du droit à l’IVG, traquant tous les amendements qui dénaturent la loi et exigeant d’aller plus loin, notamment en se battant pour son remboursement par la Sécurité sociale. Cela viendra, mais en 1981 seulement, avec Yvette Roudy, première ministre des Droits des femmes de François Mitterrand. « Dans dix ans, alors que la morale de la connaissance se sera substituée à la morale de la contrainte, nous nous étonnerons des violences qui entourent ce débat », avait prophétisé dans l’hémicycle Lucien Neuwirth. Si seulement...

 

CGT Commerce
Il y a quarante ans, la bataille de l’IVG
Adrien Rouchaleou
Mercredi, 26 Novembre, 2014
Simone Veil, à la tribune de l'Assemblée nationale pour défendre le projet de loi sur le droit à l'avortement, le 26 novembre 1974.
Photo AFP/Archive
Le 26 novembre 1974, une femme, Simone Veil, ministre de droite, vient devant les députés défendre un texte « reflet de ses convictions personnelles ».
Ce 26 novembre 1974, en montant à la tribune de l’Assemblée nationale, Simone Veil sait qu’elle va passer des heures difficiles. Elle, magistrate de carrière, jamais élue députée, mais devenue quelques mois plus tôt ministre de la Santé, va pourtant surprendre son monde, marquer l’histoire de la société française, et devenir l’une des plus grandes figures du progressisme au XXe siècle, en faisant adopter la loi qui reconnaissait aux femmes le droit d’interrompre une grossesse non désirée.
 
Si elle sait qu’elle va au-devant de débats durs et acharnés, c’est que la situation sur le sujet est déjà explosive. Le député UDR (droite) Lucien Neuwirth, qui avait défendu en 1967 la loi sur la contraception, l’a prévenue : « Vous verrez, cette question soulève une violence forte. » Tout le monde sait que 300 000 Françaises subissent chaque année une IVG clandestine. Les plus fortunées se paient le voyage vers l’Angleterre ou les Pays-Bas où l’opération est légale. Les autres cherchent des médecins qui, par solidarité ou par opportunité lucrative, acceptent de pratiquer l’acte. Les plus démunies se rabattent sur les dangereuses aiguilles à tricoter des « faiseuses (et des faiseurs) d’anges ». La loi de 1920 interdisant l’avortement n’est plus efficiente dans une société qui, depuis la fin des années 1960, bouge plus vite que jamais. « Dans les périodes les plus actives de l’action répressive, les sanctions ont frappé quelque cinq cents personnes, alors que trois cent mille avortements clandestins se pratiquent chaque année, reconnaît le ministre de la Justice, Jean Lecanuet. Le législateur remplit-il son rôle en maintenant une loi qui n’est plus respectée ? »
 
Mais si Simone Veil est consciente de la férocité des débats qui l’attendent, c’est qu’elle a vu ce tract distribué par un groupe baptisé Laissez-les vivre, illustré d’une photo immonde montrant « l’écartèlement violent » d’un foetus d’un mois et demi lors d’un avortement par aspiration. Elle a lu la lettre adressée aux parlementaires par le Conseil national des médecins (parmi les praticiens dans l’hémicycle, 22 voteront pourtant pour le projet de loi, 20 contre). Elle a pris connaissance, la veille, d’une longue déclaration de la Congrégation pour la doctrine de la foi, chien de garde du dogme catholique au Vatican.
 
Elle sait aussi que la majorité dont est issu le gouvernement auquel elle participe ne la soutiendra pas, au-delà d’une poignée d’esprits un peu plus indépendants et avancés que la moyenne de leurs collègues. Au sortir d’un Conseil des ministres restreint, Jean Lecanuet a eu une formule en forme de baiser de Judas : « En morale, l’avortement demeure une oeuvre de mort. La notion de vie est sacrée pour le croyant, mais l’homme politique ne peut pas ignorer la réalité sociologique. »
 
Ce 26 novembre 1974, en montant à la tribune de l’Assemblée, Simone Veil ne sait pas ce qu’il adviendra de son projet de loi. Le président de la République, Valéry Giscard d’Estaing lui-même, était resté prudent un mois plus tôt, en déclarant dans le Monde, à propos du projet de sa ministre de la Santé : « Certains (...) s’étonnent que l’on puisse, ici ou là, accepter qu’un texte ou une proposition que nous faisons soit rejeté ou écarté par le Parlement. Je considère cela, sur certains sujets, comme naturel. » Dans la Croix, le député de l’Aveyron, Jean Briane (droite), prophétise : « Si une majorité se dégage pour voter ce texte, ce ne sera pas, disons-le, la majorité présidentielle. »
 
Et, de fait, durant les trois jours que dureront les débats, c’est le propre camp de Simone Veil qui combat son projet. Un festival de machisme (« La femme s’épanouit en donnant la vie », Louis Donnadieu, député UDR du Tarn), d’outrance (« Supposez que l’on retrouve l’un des médecins nazis qui a encore échappé au châtiment, l’un de ces hommes qui a pratiqué la torture et la vivisection humaine. Y a-t-il une différence de nature entre ce qu’il a fait et ce qui sera pratiqué officiellement dans les hôpitaux et les cliniques de France ? » Jean-Marie Daillet, député de la Manche), ou de bigoterie (« La loi divine, la loi suprême, la raison interdisent de toucher à la vie », Jean-Marie Caro, Bas-Rhin ; « Cette nouvelle religion qui est née et dont le dieu s’appelle le sexe », Albert Liogier, Ardèche...). Mais le grand argument des opposants, c’est la « dénatalité », la peur panique du déclin démographique. Là encore, la droite opposée à l’IVG ne fait pas dans la dentelle, comme le député Foyer, qui assure qu’en URSS où l’avortement est libre, on a dénombré en une année six millions d’avortements pour quatre millions de naissances. Mais, en montant à la tribune de l’Assemblée nationale, ce 26 novembre 1974, Simone Veil sait déjà qu’elle aura des soutiens forts.
 
Le PCF s’est sans doute montré le plus fervent défenseur du droit à l’IVG.
 
Quelques-uns dans son camp. Mais les plus nombreux, ceux qui emporteront la victoire, venant de l’opposition, unanime. « Une majorité de circonstance, certes, mais qui s’oppose à la partie la plus importante, mais la plus rétrograde, la plus réactionnaire de la majorité parlementaire », explique alors Robert Ballanger, président du groupe communiste. Le PCF s’est sans doute montré le plus fervent défenseur du droit à l’IVG, traquant tous les amendements qui dénaturent la loi et exigeant d’aller plus loin, notamment en se battant pour son remboursement par la Sécurité sociale. Cela viendra, mais en 1981 seulement, avec Yvette Roudy, première ministre des Droits des femmes de François Mitterrand. « Dans dix ans, alors que la morale de la connaissance se sera substituée à la morale de la contrainte, nous nous étonnerons des violences qui entourent ce débat », avait prophétisé dans l’hémicycle Lucien Neuwirth. Si seulement...
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CGT Commerce
Il y a quarante ans, la bataille de l’IVG
Adrien Rouchaleou
Mercredi, 26 Novembre, 2014
Simone Veil, à la tribune de l'Assemblée nationale pour défendre le projet de loi sur le droit à l'avortement, le 26 novembre 1974.
Photo AFP/Archive
Le 26 novembre 1974, une femme, Simone Veil, ministre de droite, vient devant les députés défendre un texte « reflet de ses convictions personnelles ».
Ce 26 novembre 1974, en montant à la tribune de l’Assemblée nationale, Simone Veil sait qu’elle va passer des heures difficiles. Elle, magistrate de carrière, jamais élue députée, mais devenue quelques mois plus tôt ministre de la Santé, va pourtant surprendre son monde, marquer l’histoire de la société française, et devenir l’une des plus grandes figures du progressisme au XXe siècle, en faisant adopter la loi qui reconnaissait aux femmes le droit d’interrompre une grossesse non désirée.
 
Si elle sait qu’elle va au-devant de débats durs et acharnés, c’est que la situation sur le sujet est déjà explosive. Le député UDR (droite) Lucien Neuwirth, qui avait défendu en 1967 la loi sur la contraception, l’a prévenue : « Vous verrez, cette question soulève une violence forte. » Tout le monde sait que 300 000 Françaises subissent chaque année une IVG clandestine. Les plus fortunées se paient le voyage vers l’Angleterre ou les Pays-Bas où l’opération est légale. Les autres cherchent des médecins qui, par solidarité ou par opportunité lucrative, acceptent de pratiquer l’acte. Les plus démunies se rabattent sur les dangereuses aiguilles à tricoter des « faiseuses (et des faiseurs) d’anges ». La loi de 1920 interdisant l’avortement n’est plus efficiente dans une société qui, depuis la fin des années 1960, bouge plus vite que jamais. « Dans les périodes les plus actives de l’action répressive, les sanctions ont frappé quelque cinq cents personnes, alors que trois cent mille avortements clandestins se pratiquent chaque année, reconnaît le ministre de la Justice, Jean Lecanuet. Le législateur remplit-il son rôle en maintenant une loi qui n’est plus respectée ? »
 
Mais si Simone Veil est consciente de la férocité des débats qui l’attendent, c’est qu’elle a vu ce tract distribué par un groupe baptisé Laissez-les vivre, illustré d’une photo immonde montrant « l’écartèlement violent » d’un foetus d’un mois et demi lors d’un avortement par aspiration. Elle a lu la lettre adressée aux parlementaires par le Conseil national des médecins (parmi les praticiens dans l’hémicycle, 22 voteront pourtant pour le projet de loi, 20 contre). Elle a pris connaissance, la veille, d’une longue déclaration de la Congrégation pour la doctrine de la foi, chien de garde du dogme catholique au Vatican.
 
Elle sait aussi que la majorité dont est issu le gouvernement auquel elle participe ne la soutiendra pas, au-delà d’une poignée d’esprits un peu plus indépendants et avancés que la moyenne de leurs collègues. Au sortir d’un Conseil des ministres restreint, Jean Lecanuet a eu une formule en forme de baiser de Judas : « En morale, l’avortement demeure une oeuvre de mort. La notion de vie est sacrée pour le croyant, mais l’homme politique ne peut pas ignorer la réalité sociologique. »
 
Ce 26 novembre 1974, en montant à la tribune de l’Assemblée, Simone Veil ne sait pas ce qu’il adviendra de son projet de loi. Le président de la République, Valéry Giscard d’Estaing lui-même, était resté prudent un mois plus tôt, en déclarant dans le Monde, à propos du projet de sa ministre de la Santé : « Certains (...) s’étonnent que l’on puisse, ici ou là, accepter qu’un texte ou une proposition que nous faisons soit rejeté ou écarté par le Parlement. Je considère cela, sur certains sujets, comme naturel. » Dans la Croix, le député de l’Aveyron, Jean Briane (droite), prophétise : « Si une majorité se dégage pour voter ce texte, ce ne sera pas, disons-le, la majorité présidentielle. »
 
Et, de fait, durant les trois jours que dureront les débats, c’est le propre camp de Simone Veil qui combat son projet. Un festival de machisme (« La femme s’épanouit en donnant la vie », Louis Donnadieu, député UDR du Tarn), d’outrance (« Supposez que l’on retrouve l’un des médecins nazis qui a encore échappé au châtiment, l’un de ces hommes qui a pratiqué la torture et la vivisection humaine. Y a-t-il une différence de nature entre ce qu’il a fait et ce qui sera pratiqué officiellement dans les hôpitaux et les cliniques de France ? » Jean-Marie Daillet, député de la Manche), ou de bigoterie (« La loi divine, la loi suprême, la raison interdisent de toucher à la vie », Jean-Marie Caro, Bas-Rhin ; « Cette nouvelle religion qui est née et dont le dieu s’appelle le sexe », Albert Liogier, Ardèche...). Mais le grand argument des opposants, c’est la « dénatalité », la peur panique du déclin démographique. Là encore, la droite opposée à l’IVG ne fait pas dans la dentelle, comme le député Foyer, qui assure qu’en URSS où l’avortement est libre, on a dénombré en une année six millions d’avortements pour quatre millions de naissances. Mais, en montant à la tribune de l’Assemblée nationale, ce 26 novembre 1974, Simone Veil sait déjà qu’elle aura des soutiens forts.
 
Le PCF s’est sans doute montré le plus fervent défenseur du droit à l’IVG.
 
Quelques-uns dans son camp. Mais les plus nombreux, ceux qui emporteront la victoire, venant de l’opposition, unanime. « Une majorité de circonstance, certes, mais qui s’oppose à la partie la plus importante, mais la plus rétrograde, la plus réactionnaire de la majorité parlementaire », explique alors Robert Ballanger, président du groupe communiste. Le PCF s’est sans doute montré le plus fervent défenseur du droit à l’IVG, traquant tous les amendements qui dénaturent la loi et exigeant d’aller plus loin, notamment en se battant pour son remboursement par la Sécurité sociale. Cela viendra, mais en 1981 seulement, avec Yvette Roudy, première ministre des Droits des femmes de François Mitterrand. « Dans dix ans, alors que la morale de la connaissance se sera substituée à la morale de la contrainte, nous nous étonnerons des violences qui entourent ce débat », avait prophétisé dans l’hémicycle Lucien Neuwirth. Si seulement...
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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 07:47

                                                                     Terre Corse

 

 

 

 

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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 07:24

                                                                    MARE-NOSTRUM-copie-1

 

 

 

FrontPopLibPalestine

L’occupation est responsable
de l’escalade à Jérusalem

« L’opération aujourd’hui à Jérusalem est une réponse naturelle aux politiques racistes en cours et aux crimes de l’occupation, et c’est l’occupation qui est responsable de l’escalade à Jérusalem et dans toute la Palestine. Nous sommes témoins de lynchages, de palestiniens pris pour cibles, de démolition de maisons, de la confiscation des terres, de la construction de colonies, de prises de mesures sans précédent contre les lieux saints musulmans et chrétiens quotidiennement à Jérusalem », a déclaré Khalil Maqdesi, membre du Comité central du Front Populaire pour la Libération de la Palestine.

 

« Chaque jour, des milliers de partisans du FPLP - et notre peuple palestinien tout entier - résistent à l’occupation de Jérusalem et de toute la Palestine. Il y aura de plus en plus ce types d’actions tant que l’agression de l’occupant continue », a déclaré Maqdesi. "Le FPLP continuera de cibler toutes les institutions de l’occupation. Aucun endroit à Jérusalem doit être sûr tant que le peuple palestinien n’est pas lui-même en sécurité. La « Sécurité » ne peut pas être construite sur le dos du peuple palestinien. Le seul résultat de la poursuite des attaques de l’occupation sur Jérusalem sera l’escalade de la résistance parmi les masses palestiniennes ».

 

« La résistance est notre seule voie ; il n’y a pas d’autre façon pour les Palestiniens pour libérer leur terre et obtenir leurs droits. La Résistance comprend de nombreuses méthodes de lutte, y compris, au centre, la résistance armée et la lutte armée. La violence révolutionnaire est nécessaire pour affronter et renverser la colonisation de notre terre et la confiscation de nos droits », a déclaré Maqdesi.

 

« Les Peuples opprimés sont déterminés à obtenir leur liberté. Il est de la responsabilité de la soi-disant « communauté internationale » de tenir Israël responsable de ses attaques contre le peuple palestinien. C’est l’occupant qui doit être étiqueté d’« inhumain ». Au lieu de cela, leur construction de colonies, leurs meurtres, leurs attaques massives contre les droits des Palestiniens sont remplis avec l’approbation et le silence des Etats-Unis et de l’Union Européenne, qui se sont montrés constamment du côté d’Israël, du côté du colonialisme et de l’hégémonie de l’impérialisme », a déclaré Maqdesi.

 

« Ce qui est appelé« Har Nof’ » était en fait construit sur les ruines du village de Deir Yassin, par un nettoyage ethnique en 1948 et par des centaines de Palestiniens abattus par la Haganah (1) et par les organisations terroristes sionistes, comme ils ont expulsé des centaines de milliers de Palestiniens de leurs terres - les réfugiés qui luttent pour retourner dans leur pays, et pour libérer leur terre, depuis plus de 66 années », a dit Maqdesi.

 

« Le FPLP n’est pas une organisation religieuse et notre résistance n’est pas fondée sur des convictions religieuses. Nous nous battons pour libérer la Palestine d’un projet colonial d’implantation imposé à notre peuple. Les Occupants et les racistes n’appartiennent pas à la terre de Palestine ; il y a, et il doit y avoir, des conséquences et des répercussions pour le vol de nos terres et de nos droits », a déclaré Maqdesi.

 

« La réponse spontanée et les démonstrations par le peuple palestinien du camp de réfugiés de Beddawi, du camp de réfugiés de Dheisheh à Gaza, et même sur les réseaux sociaux, les masses à l’extérieur et à l’intérieur de la Palestine, qui acclamaient Ghassan et Oday Abu Jamal (2), qui acclamaient la résistance armée palestinienne et le chemin de la libération », a déclaré Maqdesi.

 

« La réponse de l’occupation que nous attendons est criminelle – c’est la nature de l’occupation. Arrêter toute la famille Abu Jamal, les menaçant de démolir leurs maisons, terrorisant tout le quartier de Jabal al-Mukabbir, qu’ils ont bloqué avec des blocs de béton ; battant les frères des martyrs – C’est le peuple que nous devons comprendre, protéger et nous occuper, face aux attaques de l’occupant », a déclaré Maqdesi.

 

« Notre message au peuple palestinien à l’intérieur de la Palestine et en exil, ce est que vous avez maintenu votre résilience et la résistance à l’occupant depuis 66 ans. Vous êtes forts et avez la capacité de continuer sur la voie de la lutte. Aucune puissance ne peut liquider votre cause. Le FPLP réaffirme son engagement envers vous, votre cause et vos droits. Nous appelons toutes les forces politiques palestiniennes à s’unifier sous la bannière de l’héroïque peuple palestinien, pour protéger leurs sacrifices, et à marcher unis vers une nouvelle étape et une nouvelle Intifada », a déclaré Maqdesi.

 

« Le FPLP est engagé à réorienter et recentrer l’attention de la région et de ses habitants sur cette question centrale - vers la Palestine, vers Jérusalem, face au sionisme et à l’impérialisme ; loin des guerres confessionnels et le chaos dans la région. La Palestine est encore la question, et Jérusalem est au cœur de cette lutte », a déclaré Maqdesi. « Aujourd’hui, le FPLP a un message au peuple arabe, que votre combat est contre l’impérialisme et le sionisme et non contre l’autre, et que la fragmentation du peuple arabe ne peut que bénéficier à l’occupant qui colonise votre bien-aimée Palestine. Les masses doivent se réveiller et secouer la conscience collective de la nation arabe pour affronter le véritable ennemi ».

 

« Le FPLP veut aussi envoyer son message aux un milliard et demi de frères et sœurs musulmans que notre combat n’est pas contre les Juifs et n’est pas fondé sur la religion ; il s’agit de justice, de libération et du retour à notre patrie, et c’est votre lutte », a déclaré Maqdesi.

 

« Notre message aujourd’hui au peuple juif à travers le monde est que le conflit israélo-palestinien n’a jamais été un conflit entre musulmans et juifs. La Palestine a embrassé la communauté juive depuis des centaines d’années. Ce qui nous fait face c’est ce projet colonial. Nous savons que des milliers de Juifs du monde entier sont de vraies et authentiques voix pour la lutte, menant quotidiennement les mouvements de boycott et rejoignant la lutte palestinienne pour la libération . Nous saluons chacun d’entre eux. Et pour les Juifs qui sont induits en erreur par le discours sioniste, Israël n’est qu’un piège mortel pour les Juifs et les Arabes. Le racisme ne peut jamais résoudre les conflits, et l’apartheid n’est pas une solution. Vous devez vous tenir debout au côté des opprimés, et non de l’oppresseur ; élever vos voix contre les criminels sionistes qui oppriment notre peuple en votre nom », a déclaré Maqdesi.

 

« En ce qui concerne les menaces de Netanyahu et Yaalon contre notre peuple », Maqdesi dit qu’ils sont « sans valeur et n’ont aucun poids et reflètent une mentalité de colons racistes qui pensent qu’avec la coercition et l’oppression nous allons devenir silencieux et vaincu. La bataille avec l’occupation ne sera pas limitée à Jérusalem. Il va s’étendre à chaque parcelle de la Palestine, et à travers les frontières de la Palestine. Aujourd’hui, également, le FPLP veut envoyer un message au mouvement de solidarité avec la Palestine, à intensifier leurs efforts et leur lutte pour soutenir la résistance sur le chemin de l’établissement d’une Palestine démocratique où tous les gens vivront dans l’égalité et la liberté ».

 

FPLP

[Front populaire de libération de la Palestine]

 

Notes:

(1) La Haganah était une organisation clandestine paramilitaire sioniste créée en 1920 et intégrée dans l’armée israélienne en 1948. Son but originel était de défendre les communautés juives d’éventuelles attaques par les Arabes, comme celles de 1920 à Jérusalem ou lors de la Grande Révolte arabe de 1936-1939 en Palestine mandataire.

Originellement rattachée à la direction du syndicat sioniste Histadrout, l’organisation est transférée sous le contrôle de l’Agence juive (l’exécutif sioniste en Palestine mandataire) en 1931. Elle en devient alors la branche armée officieuse, car illégale aux yeux de la puissance mandataire britannique.

 

(2) Deux soutiens au FPLP (non membres comme la presse anglo-saxone l’affirme) assassinés par les forces d’occupation israélienne suite à leur action armée dans une synagogue dans un quartier de Jérusalem. Action non revendiquée par le FPLP ou sa branche armée.

 

Source :
FPLP 

                                                                          dome du rocher

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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 07:08

 

 

 

"On ne peut affronter le scandale de la pauvreté en promouvant des stratégies de contrôle qui ne font que tranquilliser et transformer les pauvres en des êtres apprivoisés et inoffensifs."

 


discours du pape devant les participants à la Rencontre mondiale des mouvements populaires - 28 octobre 2014

 

" C’est étrange, mais si je parle de cela, certains pensent que le Pape est communiste "
                                  source: lafauteeadiderot.net
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25 novembre 2014 2 25 /11 /novembre /2014 17:12

 

 

 

courriel 2piqué sur:"l'heure de l'mettre"
radio campus lille 106,6

 

                          C’EST « L’HEURE DE L’METTRE »
 
 
 
 

Eh oui, pendant qu’on amuse la foule avec des billevesées, telles que : la victoire des Suisses contre d’autres résidents suisses dans le Grand Stade du Divertissement, le djihad dans sa version portugaise, le divorce de David Guetta, le PSG, Koh Lanta, Zemmour au Pays des Soviets, Zemmour chez les Picaros, Zemmour dans la Télé, l’annonce du retour de Sarkozy,  les sondages sur le retour de Sarkozy, l’échec du retour de Sarkozy, les photos de Julie, les souvenirs de Valérie, les sondages de François, ce que Jacques a dit, et ce que Marine engrange, pendant qu’on amuse donc, le bon public, avec des fariboles, l’essentiel est tu.

 
La vraie question, la préoccupation première du peuple, son inquiétude profonde, son angoisse sourde, sont passées sous silence. Rien n’est dit sur la tragédie du moment, ce drame sans nom, cette criante injustice pourtant étouffée, ce caillou dans le pied de la démocratie : Nabilla est en prison.
 
Comment vit-elle ? Dort-elle la nuit ? A-t-elle des idées noires ? Peut-elle envoyer des SMS ? Son compte Facebook est-il mis à jour ? Quelle est la marque de son shampoing ? Toutes ces questions nous étreignent et, force est de constater qu’une fois de plus, les medias sont aux abonnés absents. S’agirait-il de détourner notre attention des vraies questions ? Manifestement, pour le système médiatique, là-bas est ailleurs
 
Heureusement, pour pallier ces silences, il existe des medias alternatifs, et d’excellentes émissions sur des radios libres émettant sur le 106,6. Par exemple. Et ce mercredi, en dépit des risques encourus et de l’indifférence du grand public, nous dirons tout sur le drame vécu par Nabilla. Et rien ni personne ne nous fera taire !
 
Parmi les quelques autres medias qui ne se couchent pas et disent le réel, il y avait l’émission de Mermet sur France Inter, qui a été déprogrammée… Bon, faut dire qu’il faisait tâche… Un peu comme si Calvi faisait une émission sur Campus. Ce que notre radio lui a, à juste titre, toujours refusé.
 
Et finalement, l’éviction de Mermet remet les choses à leur place : c’est désormais sur internet que son émission va se développer. Il est venu lui-même s’en expliquer à Lille lundi dernier. Et nos micros étaient là. Mermet sera donc sur campus mercredi… Et c’est là qu’il est maintenant : http://www.la-bas.org/
 
Auparavant, nous vous proposerons notre « ¼ d’heure en Palestine » et la Semaine à Cuba.
 
Car, comme le crie Nabilla du fond de son cachot : c’est l’heure de l’mettre !
 
"l'heure de l'mettre"
radio campus lille 106,6
en direct sur www.campuslille.com
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25 novembre 2014 2 25 /11 /novembre /2014 16:33

 

 

  Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes

 

 

 

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25 novembre 2014 2 25 /11 /novembre /2014 10:33

                                                               cerveau animé

 

 

source:lafauteadiderot

A quoi rêvent et à quoi servent les communistes ?
Par Valère Staraselski

A quoi rêvent les communistes ? Les communistes de cœur, ceux qu’on appelait jadis les sympathisants. Et puis ceux du PCF. Mais aussi ceux regroupés dans divers mouvements, sans oublier les formations se réclamant du trotskysme. Bref, ces femmes, ces hommes, rêvent d’un monde meilleur où l’organisation de la vie se ferait en fonction du bien commun et non selon le seul « calcul égoïste » de plus en plus destructeur, barbare et mortifère.

                                                       Bolshevik4.jpg

Contrairement à ce que l’on veut nous faire croire, le communisme politique du XXème siècle ne peut se réduire à une tragédie sanglante. Losurdo rappelle que dans les années 70, Friedrich Hayek, inspirateur économique de l’administration de Reagan, envisageait les droits économiques et sociaux comme une invention ruineuse de la révolution bolchévique. (Huma, 30 juin 2008).

Génocide khmer, Goulag, révolution culturelle chinoise ne peuvent effacer que le communisme politique a aussi été un mouvement de fond qui a irrigué et fait avancer les droits et la démocratie. Avancées auxquelles le Capital entend faire un sort aujourd’hui. Oui, les PC ont su impulser une dynamique qui a gagné du communisme : paix, service public, sécurité sociale, maîtrise publique… Du communisme, autrement dit des réformes non réformistes.

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Aujourd’hui les couches populaires ne se reconnaissent plus dans une parti qui ne leur ressemble plus. Alors un parti pourquoi faire ? Réponse de Julian Mischi : « Pour opérer une brèche dans la politique dominée par des fractions bourgeoises de la population… C’est là que peuvent se forger et se transmettre les armes pour décoder l’univers des classes dominantes, pour contrer leur action… peuvent se constituer les outils collectifs pour investir ou combattre les institutions qui décident de la destinée du plus grand nombre sans leur accord… seule la force du collectif et de la formation politique est susceptible de préparer une contre-offensive » (Huma, 9 septembre 2014).

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Les exemples ne manquent pas des insuffisances actuelles du PCF.

La souveraineté nationale par exemple. Frédéric Lordon déclare à Laure Adler : « Oui, parfaitement, le retour à la souveraineté nationale. Car je ne vois pas comment on peut contester l’idée de souveraineté populaire d’un point de vue de gauche. Et ça n’est pas parce que le Front national ou les mouvements de droite à la droite de l’UMP ont essayé de capter et réussi semble t-il à capter ce thème qu’il faut se laisser faire pour autant. Car de dépossession en dépossession, nous finirons à poil. » L’énergie également. Les énergies fossiles, dont l’utilisation continue annonce une catastrophe environnementale, représentent encore en France 69% de l’énergie finale consommée et il faudrait réduire le nucléaire à 50% pour des contraintes électoralistes !

Le peuple attend autre chose : sortir des cartels électoralistes, du gauchisme culturel pour gagner du communisme ici et maintenant. Voilà à quoi doit servir le PCF ou bien il n’aura aucun avenir.

 

illustrations: U Cursinu Rossuu-cursinu-rossu.jpg
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25 novembre 2014 2 25 /11 /novembre /2014 10:14

lvres en ligne 1027

 

 

 

  source: lafauteadiderot

                                   Le matérialisme réhabilité : Lucien Sève
Penser avec Marx aujourd'hui, tome III
 Yvon Quiniou a lu le dernier livre de Lucien Sève, " La philosophie ? "

Il n’est pas question de résumer en quelques lignes un livre aussi volumineux que La philosophie ? (près de 700 pages) que vient de publier Lucien Sève à La Dispute. D’autant que son propos aborde aussi bien ce qu’il y a de « philosophique » chez Marx malgré son dépassement revendiqué de la « philosophie » entendue comme spéculation, que les catégories qui sont à l’œuvre dans sa pensée scientifique (historique, sociale, économique et anthropologique) ou encore la dialectique sans laquelle, selon Sève, on ne saurait comprendre la réalité, toute réalité. Je retiendrai quant à moi l’importance qu’il donne ou plutôt redonne au matérialisme philosophique, ce courant de pensée dominé tout au long de l’histoire de la philosophie, depuis Platon à Hegel en passant par Descartes, Berkeley, Hume, Kant (et j’en oublie) jusqu’à aujourd’hui avec la phénoménologie qui refuse d’admettre que la conscience humaine puisse être une production du monde matériel sous prétexte qu’elle en a conscience. Courant dominé, mais aussi méprisé et même, il faut le savoir, carrément interdit d’enseignement au 19ème siècle par Victor Cousin, puis Victor Duruy pour cause de proximité avec l’irréligion. Qu’il ait été méprisé tient cependant, en partie tout au moins, au fait que peu l’ont élaboré au niveau philosophique qu’il mérite. Or c’est cette élaboration d’une exceptionnelle qualité que nous présente ce livre dans une de ses parties la plus juste et la plus profonde.

Mais d’abord, qu’est-ce que le matérialisme ? Disons, pour simplifier, que c’est une attitude intellectuelle qui part du principe que la matière est première par rapport à la pensée humaine (ou l’esprit, ou la conscience), qu’elle l’a donc précédée dans le temps et qu’elle l’a produite. Elle n’est par conséquent qu’une forme de la matière en évolution, parvenue à un haut niveau de complexité, sans transcendance ontologique vis-à-vis d’elle comme le postulent pourtant toutes les formes d’idéalisme philosophique. Mais dire cela ne suffit pas car, comme y insiste justement Sève, on ne pense pas seul, hors histoire et hors société. Une genèse matérialiste recevable de la pensée suppose donc qu’on y associe tous les processus « culturels », eux aussi matériels, qui l’ont façonnée : le langage, les rapports interindividuels et sociaux, la production matérielle dans la mesure où elle libère l’homme pour l’activité intellectuelle, les catégories de pensée formées dans l’histoire, les acquis scientifiques et les techniques qui à la fois les réalisent et, de plus en plus, les rendent concrètement possibles. La liste n’est pas close, mais elle montre que le fait de penser, à ces deux points de vue de sa genèse, s’il constitue bien un élément subjectif, est aussi une réalité objective (« objectale » dit-il) dont la source est matérielle, au sens large du terme, qu’il est donc immanent au monde, qu’il en provient.

Reste que cette historicité (matérielle) de la pensée ne doit pas nous faire oublier son origine naturelle, l’homme, avec ses potentialités biologiques propres, étant issu d’une évolution des espèces que le darwinisme a désormais établie : elle l’a doté d’un cerveau dont l’histoire sociale qui a suivi a activé les capacités par un effet de rétroaction de l’historique (produit) sur le biologique (donné). Il n’empêche : c’est bien la matière dont le monde est fait, initialement non pensante, qui a produit la pensée à travers toute une série de phases dont la science est en train de rendre compte. Or c’est ici que l’on ne peut qu’admirer l’« esquisse » de cette genèse que Sève nous propose sur la base d’une information scientifique pointue (p. 447-455) : partant de l’idée que la conscience est un « rapport à quelque chose » qui nous le représente subjectivement, il nous montre la naissance de ce rapport au niveau infinitésimal de la microphysique lorsqu’une individualité matérielle réagit à une autre et en porte la marque ; en un sens, on peut voir dans cette « marque » l’anticipation minuscule et métaphorique d’une perception qui enregistre activement le rapport à une autre individualité matérielle. De degré en degré, en passant bien évidemment par l’évolution du vivant et ses rapports actifs à son milieu (voir à nouveau Darwin avec sa sélection naturelle), on assiste à l’émergence progressive d’une pensée, accompagnée d’un « soi », à partir d’un point de départ d’où elle était absente, et qui est désormais apte à penser le monde, dont elle vient, pour le connaître et se connaître en lui.

On voit combien les objections du spiritualisme, ancien mais surtout moderne, y compris celles constantes d’un Luc Ferry, relèvent d’un préjugé indigent, fondé à la fois sur une grave ignorance scientifique (mais c’était aussi le cas de Sartre, malgré son talent) et sur le refus de penser philosophiquement avec la science. C’est là un point décisif (ou l’on retrouve la dialectique) qui oblige la philosophie à cesser de vouloir légiférer sur le réel toute seule, en tout cas au plan théorique (au plan pratique ou moral, c’est autre chose selon moi), et qui lui assigne comme tâche de dégager ou expliciter le sens philosophique implicite des sciences pour nous faire comprendre, à un niveau proprement réflexif, il est vrai, ce que sont le monde et l’homme.

Encore faut-il être sûr que la science nous fait connaître l’essence des choses, fussent-elles mouvantes et contradictoires. Ici aussi l’apport de Sève est crucial : il réhabilite ce concept d’essence en matérialiste (ce n’est pas une Idée platonicienne ni une lubie de l’esprit dépassant les phénomènes) et, tout autant, il nous montre que la connaissance scientifique est une connaissance objective, qui nous révèle ou découvre cette essence d’un monde hors de nous (mais qui nous inclut), malgré tous les procès actifs qui la constituent subjectivement… mais qui s’annulent, en quelque sorte, dans son résultat. C’est dire qu’il faut reprendre à nouveaux frais la catégorie-métaphore de « reflet », quitte à la démétaphoriser (et encore…), ce que ne fait pas vraiment l’auteur, lui préférant, à tort selon moi (c’est ma seule critique), la catégorie de « représentation », mais avec la même conséquence : la science reflète ou représente ce que sont les choses et ne les construit pas comme le voudrait un relativisme généralisé portant sur la connaissance autant que sur la réalité elle-même (voir Foucault, Rorty, etc.), omniprésent dans l’épistémologie actuelle et qui fait le désespoir d’un Jacques Bouveresse, grand rationaliste s’il en est et partisan intransigeant d’un « réalisme cognitif » inséparable d’un réalisme ontologique. Dit autrement, qui tient compte de l’importance spécifique de l’activité de connaissance : c’est par ses productions théoriques que la pensée connaissante est apte à re-produire en nous le monde qui est hors de nous – et Marx l’avait déjà indiqué à propos de la méthode de l’économie politique. Quelle preuve en avons-nous, me direz-vous ? Elle est très simple, quoique générale et portant sur le long terme : la pratique, à savoir le pouvoir que la connaissance scientifique nous confère sur le déterminisme du réel dès lors que nous connaissons les lois de son déploiement et que avons trouvé une technique ou un mode d’action pour y intervenir. C’est cette relation savoir-pouvoir fondamentale qui oppose la connaissance à l’impuissance à laquelle nous condamnent à la fois l’ignorance, la simple croyance, l’erreur et l’illusion. Et c’est pourquoi le matérialisme est important, pour nous hommes : il est le seul courant de pensée capable de nous permettre de concevoir une liberté humaine effective, non celle, fictive du libre arbitre, mais celle, réelle, de la puissance que nous pouvons exercer sur nos vies dès lors que nous connaissons les déterminismes multiples qui pèsent sur elles et les empêchent de s’épanouir. La liberté, individuelle et collective, est à ce prix, que toutes les métaphysiques idéalistes, ouvertes ou masquées, ignorent ou veulent ignorer.

C’est dire, pour conclure, que le matérialisme philosophique ne repose pas aujourd’hui sur un principe (comme je l’ai trop rapidement suggéré au début) ou sur un postulat : il est scientifiquement fondé ou justifié et, sauf malhonnêteté ou préjugé idéologique, c’est-à-dire politique, on ne saurait s’y soustraire : il est désormais intellectuellement contraignant.

La philosophie ?, La Dispute, 2004, 7005 pages, 40 euros.

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25 novembre 2014 2 25 /11 /novembre /2014 10:01

 

                                                                       MARE-NOSTRUM-copie-1

 

                                                                                TUNISIE DRAPEAU ANIME

source: vivelepcf.fr
Elections présidentielles en Tunisie : plusieurs dirigeants du Parti El Massar (descendant du PCT) ont appelé à voter au 1er tour pour Hamma Hammami

 Vivelepcf, 23 novembre 2014

Les candidats Essebsi et Hammami


Les élections présidentielles en Tunisie se dérouleront le 23 novembre 2014 pour le 1er tour et le 28 décembre pour le second, s’il y a lieu de l’organiser.

La nouvelle constitution accorde un pouvoir restreint au Président de la République. Mais pour la première fois depuis le renversement du dictateur Ben Ali, elles ont lieu au suffrage universel direct. Le symbole sera fort. Surtout, le scrutin présidentiel vient compléter les élections législatives d’octobre qui n’ont pas dégagé de majorité à l’Assemblée nationale. Il influencera la composition de la future coalition au pouvoir.

Pour beaucoup de progressistes et, parmi eux, de communiste tunisiens, la participation aux élections n’a pas d’autre sens que d’éviter le pire, en choisissant le moindre mal, du moins au 2nd tour.  

Le pire pour la société tunisienne dans son ensemble, c’est les islamistes, à la fois ultracapitalistes et ultraréactionnaires.

Leur parti Ennahdha a enregistré un recul notable aux dernières législatives par rapport à 2011, passant de 37 à 28%. Trois ans de gouvernement ont entamé les illusions que sa démagogie populiste et ses réseaux ont répandues notamment dans les catégories les plus pauvres. Ils ont mis en évidence sa politique inspirée officiellement des islamistes turcs : une politique de casse sociale, de protection et d’extension des intérêts et des pratiques des possédants, d’alignement sur les directives du Fonds monétaire international et de l’impérialisme. L’obscurantisme social et culturel propagé au nom de la religion est apparu comme le complément et le vecteur de cette politique. Au plan international, les islamistes ont poussé la Tunisie à s’aligner sur les dictatures du Golfe. L’anarchie régnant et le développement de groupes islamistes surarmés dans la Libye limitrophe peuvent légitimement susciter de plus grandes craintes encore sur ces soi-disant « islamistes modérés ».

Soucieux de ne pas faire subir un vote sanction à leur leader, les islamistes d’Ennahdha ont décidé de ne pas présenter de candidat aux présidentielles. Mais ils soutiennent en sous-main la candidature du président sortant Moncef Marzouki. En peu de temps, l’ancien opposant droit-de-l’hommiste s’est déconsidéré par son amour visible des ors et honneurs et par ses combinaisons politiciennes, au point que son parti est tombé à 2% aux législatives. Il n’est plus que le fantoche des islamistes.

Le moindre mal pour beaucoup de camarades tunisiens, c’est le candidat des revenants de l’ancien système, de ceux qui ont été les moins impliqués dans les pires dérives du Ben Ali finissant, de ceux qui représentent les quelques bons souvenirs de la période Bourghiba. L’âge du candidat choisi par ce camp, Beji Caïd Essebsi ne doit donc rien au hasard : bientôt 88 ans ! Le programme de la coalition électorale hétéroclite qu’il conduit et qui a emporté les élections législatives (avec 38%), Nidaa Tounes, ne tranche pas avec la politique « libérale » en cours, la remise en cause des acquis sociaux suivant les exigences du FMI, la protection des oligarchies locales, l’affiliation à l’impérialisme occidental. Mais elle s’affirme et apparaît, notamment en matière d’éducation, de liberté civique et de défense des droits des femmes et de la laïcité comme le principal rempart aux prétentions islamistes.

Il n’est pas du tout impossible que Nidaa Tounes et Ennahdha participent ensemble à une coalition gouvernementale au sortir de la présidentielle, avec l’un ou l’autre en chef de file. On comprend que la perspective n’a pas de quoi enthousiasmer les progressistes.   

La gauche « antilibérale », à défaut d’être anticapitaliste, n’offre pas pour l’instant de véritable débouché politique, encore moins électoral. La coalition dans laquelle les héritiers du Parti communiste tunisien ont choisi de se ranger est passée à côté des élections législatives, disparaissant du Parlement. Le parti Al Massar, dans ses instances à tous les niveaux, étudie les raisons de son échec : trop de compromis peu compréhensibles voire contradictoires, une orientation tombant trop (ou pas assez) dans la social-démocratie ? Il ne présente pas de candidat à la présidentielle.

Certains camarades ne donnent aucune consigne de vote. D’autres, sans illusion, ne voit d’utilité que dans le vote pour Essebsi pour contrer les islamistes. Le dirigeant historique Ahmed Brahim appelle à voter au 1er tour pour le candidat du « Front populaire » (4% aux législatives) Hamma Mammami.

Ce choix n’est pas une évidence pour les communistes qui gardent en mémoire les effets très contreproductifs pour la classe ouvrière tunisienne des agissements des maoïstes et trotskystes sous Bourghiba. Après le renversement de Ben Ali, Hammami et son parti ont manifesté une sous-estimation totale du danger islamiste et des liens entre islamistes et bourgeoisie. Hammami a été un marche pied des Frères musulmans lors des rassemblements dits « Kasbah 2 ». Depuis, en quête de respectabilité internationale, Hammami a participé à l’abandon de la référence « communiste » du nom de son parti, l’ex « Parti communiste des ouvriers tunisiens ».

Pour autant, l’histoire mouvementée et ingrate du Parti communiste tunisien depuis deux voire trois décennies, incite à relativiser ces jugements.

Il est clair que la candidature à la présidentielle de Hamma Hammami et son élan réel sont seuls à porter des revendications sociales et politiques de rupture avec la soumission aux possédants et potentats nationaux, à la dépendance à l’impérialisme. Ils portent maintenant aussi sans ambiguïté une ligne d’opposition ferme aux islamistes en Tunisie et ailleurs. Hammami demande par exemple le rétablissement des relations avec le gouvernement syrien interrompues sous pression des islamistes.

Communistes français, la situation tunisienne retient évidemment toute notre attention. Nous ne pouvons qu’assurer nos camarades tunisiens de tout notre soutien politique, moral et matériel en France s’il le faut et de notre conviction, partagée avec eux, que tôt ou tard, la classe laborieuse tunisienne qui a su se soulever contre la dictature trouvera les voies de la constitution de son parti de classe pour son émancipation complète.

Même si avec les élections présidentielles, on vérifiera que l’on en est encore très loin.   

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25 novembre 2014 2 25 /11 /novembre /2014 09:42

                                                                NICOLI - 2-copie-1

 

 

 

 
 
   
   
Occitane Nadine Cesari vous invite à son évènement
 
 
STAGE DE POLYPHONIE CORSE à BASTIA JACKY MICAELLI
samedi 6 décembre à 10:00 - dimanche 7 décembre à 17:00
Theatre San Angelo à Bastia

 

                La ville de Bastia propose un we de stage de polyphonies corses par mois jusqu'au mois de juin 2015 .
La participation au stage est gratuite , mais il faut OBLIGATOIREMENT se munir d'un dictaphone car Jacky Micaelli transmet les fondamentaux de la tradition orale de la polyphonie corse .

Inscription au 0495559507 , service culture de la Ville de Bastia .
Les WE proposés par la Ville de Bastia au théâtre San Angelo (gratuits)
horaires :10h12H et 14h17h
Chacun apporte son repas et nous partageons sur place un moment de convivialité avant de reprendre le travail
2014
22/23 nov
6 et 7 dec
2015
17/18 janv
7/8 fevrier
14/15 mars
11/12 avril
9/10 mai
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