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CHANTS REVOLUTIONNAIRES

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19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 13:51

 

 

 



 
Le lynchage de Kadhafi: L'image du sacrifice humain et le retour à la barbarie.


 
 



L'exhibition des images du lynchage de Mouammar Kadhafi rend nos sociétés transparentes. Elles pétrifient et nous demandent de déposer les armes. Ce sacrifice traduit un retour vers une société matriarcale, vers un «état de nature». En nous fixant dans une violence sacralisée, ces images nous révèlent que l'Empire étasunien constitue une régression inédite dans l'histoire de l'humanité. Elles  attestent que l'objectif de cette guerre n'est pas seulement la conquête d'un objet, le pillage du pétrole ou des avoirs libyens, mais aussi, comme dans les croisades, la destruction d'un ordre symbolique, au profit d'une pure machine de jouissance, d'un capitalisme déchaîné.

A l'occasion de la diffusion des images du lynchage de Mouammar Kadhafi, nos dirigeants politiques ont manifesté une étrange jouissance. «Strange Fruit» , ces images font immédiatement penser à celles de la pendaison de Saddam Hussein organisée le jour de «Aïd al-Adha», la fête du sacrifice. Ces deux affaires nous inscrivent dans une structure religieuse qui, par la substitution du sacrifice humain à celui du bélier,  restaure la figure primitive de la déesse Mère. Elle renverse l'ancien testament et annule l'acte de la parole. Cette religion sans Livre se réduit au fétiche . Elle n'a plus d'Autre, ni de Loi.  Elle est simple injonction de jouir du spectacle de la mort.

Grâce à l'image, la volonté de puissance devient illimitée. La transgression n'est plus bornée comme dans le rite sacrificiel, ni dans l'espace, ni dans le temps, elle est constante. Elle fait écho à la violation permanente de l'ordre du droit enregistré depuis l'acte fondateur des attentats du 11 septembre 2001.



kadhafi mort - kadhafi mort photo’










La photo du lynchage de Kadhafi et le photographe de l'agence AFP, Philippe Desmazes, qui a pris la photo.


Un enfermement dans la tragédie.

 

Le traitement du corps de Mouammar Kadhafi est révélateur de la tragédie vécue par le peuple libyen. Sa dépouille a été l'objet d'un double traitement d'exception, d'une double violation de l'ordre symbolique dans lequel s'insérait cette société. Au lieu, comme le veut le rite musulman, d'être inhumé le jour même, son cadavre, afin d'être livré au regard des visiteurs, a été exposé durant quatre jours dans une chambre froide. Cette exhibition s'accompagne ensuite d'un enterrement dans un lieu secret, malgré la demande de récupération du corps, adressée par son épouse à l'ONU.

Cette double décision du nouveau «pouvoir» libyen inscrit les populations dans une situation que la tragédie grecque a déjà traité. En interdisant à la famille d'inhumer le corps, le nouveau pouvoir politique se substitue à l'ordre symbolique. Supprimant toute articulation entre la «loi des hommes» et la «loi des dieux», le Conseil National de Transition les fusionne et s'octroie le monopole du sacré. Ainsi, il se place au-dessus du politique.

La décision du CNT, de refuser les funérailles à la famille et d'exhiber le cadavre, a pour objet de supprimer le signifiant du corps pour ne garder que la seule image de la mort. L'injonction de jouir de l'image du meurtre ne doit rencontrer aucune limite. Le fétiche perpétue la compulsion de répétition. La pulsion devient autonome et, sans différenciation, passe d'une image à une autre, de celle de la mort à celle de la mise à mort. Sa fonction est d'accroître la volonté de puissance.


Être maître de ce qui doit être vu.

Ainsi, la profanation du corps n'est qu'un élément de sa fétichisation. L'essentiel se trouve dans les images du lynchage de Kadhafi. Capturées par GSM, elles occupent l'espace médiatique et tournent en boucles. Intrusives, elles apparaissent en temps réel dans notre vie quotidienne.

A notre insu, elles nous capturent. Nous faisons partie de la scène, car, dans la pulsion scopique, le lynchage ne devient acte sacrificiel que grâce à l'objet-regard. Les images nous montrent des personnes en train de prendre des photos et de jouir du spectacle filmé. Elles exhibent l'instant du regard. Ce n'est plus l'objet qui est présenté en offrande, mais le sens qui se donne à voir, afin d'être maître de ce qui doit être vu.

Le lynchage en tant qu'image est une tradition occidentale. En photographiant leurs victimes, les membres du Ku Klux Klan exhibaient déjà le sacrifice humain comme un spectacle. Le traitement réservé à Kadhafi s'inscrit dans cette «culture». Cependant, il s'en distingue sur un point. La mise en scène des actions du KKK était fortement ritualisée. Elle mimait un ordre social souterrain.

Ici, les images de GSM sont libérées de tout signifiant. Elles deviennent plus réelles que la réalité. Elles colonisent le réel qui, de facto, n'existe plus que comme anéantissement. Elles donnent à voir l'éclatement de la société et, ainsi, la toute puissance de l'action impériale. Ces images montrent un monde qui bascule en permanence. Elles nous placent dans l'effroi et installent la psychose. Elles détruisent tout rapport à l'autre et ne s'adressent qu'à des intériorités, à des monades dont on recherche le consentement.

Contrairement au langage qui nous inscrit dans un « nous », l'image s'adresse séparément à chaque individu. Elle empêche tout lien social, toute forme de symbolisation. Elle est le paradigme d'une société monadique. Ainsi, ces images nous en disent beaucoup, non sur le conflit lui-même, mais sur l'état de nos sociétés, ainsi que sur le futur programmé de la Libye : une guerre permanente.


Le sacrifice d'un bouc émissaire

Ces images donnent à voir la mise à mort d'un bouc émissaire. Elles constituent une actualisation de la notion de violence mimétique développée par René Girard dans sa lecture du nouveau testament . Par la répétition du sacrifice, elles nous introduisent dans une violence sans objet. Celle-ci  devient compulsive. Si le bouc émissaire catalyse sur lui la violence, contrairement à ce qu'affirme Girard, il ne permet pas de l'arrêter. La paix ne peut être que momentanée. Elle n'est que préparation d'une nouvelle guerre. Chaque sacrifice appelle un autre. La destruction de la Libye doit être suivie de celle de la Syrie, de l'Iran... La violence devient infinie et fondatrice.

Comme dans les énoncés chrétiens, les commentaires des médias relatifs aux images du meurtre de Kadhafi transforment le bouc émissaire en victime émissaire. Si Kadhafi est lynché, c'est parce qu'il «a voulu mourir comme cela». Il n'est pas victime d'une agression extérieure, il aurait obéit à une loi intérieure. Son exécution ne serait pas le résultat de sa volonté de résister, mais l'accomplissement d'un destin personnel. Cette procédure christique a été aussi mise en avant par René Girard. La figure du Christ opère un déplacement de la notion de bouc émissaire à celle de la victime émissaire qui s'offre afin de «racheter» le péché originel.

Ainsi, libres de toute dette symbolique, de tout corps social, ces images et leurs commentaires participent à l'inversion systématique de la Loi symbolique, ainsi qu'à l'état d'exception permanent, installé au lendemain des attentats du 11 septembre 2001. Sacralisé, le pouvoir politique, se substitue à l'ordre symbolique.


Une régression : du langage à l'image de l'unification à la déesse-Mère
.

Ces images nous ramènent à un stade où le sacrifice humain occupait une place centrale dans l'organisation sociale. Elles constituent un retour au phantasme primordial de l'unification à la mère . Les travaux ethnologiques, ainsi que la psychanalyse, nous ont montré que le sacrifice humain opère un retour à une structure maternelle. L'amour et le sacrifice sont les attributs d'une organisation sociale qui ne distingue plus ordre politique et symbolique. Ce sont les paradigmes d'une société matriarcale qui réalise ici la fusion de l'individu avec le pouvoir maternel.

Ces images s'inscrivent dans une longue tradition chrétienne de renversement de ce qui fonde l'ancien testament. Le récit d'Abraham est le moment instituant l'interdiction du sacrifice humain. La mort du Christ, au contraire, est le sacrifice d'Isaac inversé. Au lieu du bélier qui prend la place du fils donné, c'est le fils-Messie qui se substitue à l'agneau. 

Dans l'ancien testament la mort du bélier est celle du dieu primitif. Elle symbolise ainsi un déplacement du sacrifice réel vers le langage:  «Si dieu il y a, on le trouve dans les paroles d'alliance(le langage)» . Ce mouvement inaugure l'existence d'un lieu producteur de la métaphore, de transformation du réel. Les opérations de déplacement et de métaphore, placées au coeur de ce récit, sont les procédures constitutives de la loi du langage . La loi du langage est inscription de la non identité du mot et de la chose. Dans le conflit libyen, nous sommes dès le départ placé hors langage. Kadhafi est un tyran, car il est nommé comme tel. Les massacres réalisés par son régime n'ont pas besoin d'être prouvés, mais simplement affirmés. L'image du dictateur se suffit à elle-même. Elle n'intègre aucune contradiction et ne fait face à aucun réel. Elle est plus réelle que la réalité.


La fin de tout ordre symbolique.

La loi du langage est acceptation que la langue est avant tout celle de l'autre. Elle est  reconnaissance par l'homme de son incomplétude. Cette symbolisation opérée, par l'inscription de la dépendance de l'individu à l'autre, permet l'enclenchement d'un processus de reconnaissance mutuelle et ainsi la formation d'une société humaine.  Elle introduit une dette symbolique,  un système de relations où l'individu trouve sa place et où il n'est pas son propre père. Cette dette, contrairement au péché originel, est unificatrice, car elle met en relation l'homme avec l'autre à partir d'un devenir.

Kadhafi était imparfaitement inséré dans le système capitaliste mondialisé. Il fonctionnait encore selon des valeurs relevant de la société traditionnelle, notamment celle du don constitutif de liens sociaux. Il a semblé fortement affecté par l'abandon de ses «amis» Sarkozy, Berlusconi ou Tony Blair... . Il devait penser que ses différents cadeaux avaient installé un système de reconnaissance réciproque qui lui donnait une certaine protection. Il montre ainsi qu'il n'avait pas compris la nature du capitalisme. Dans ce système, toute relation sociale est abolie. Si dans les anciennes sociétés, l'échange d'objets sert de support à des rapports entre les hommes, dans le capitalisme, la marchandise et l'argent sont sujets. Les dons de Kadhafi ne pouvaient être perçus, par ceux qui les recevaient, que comme une avance sur ce qui leur revenait de droit. Les dieux obscurs de cette société ne peuvent être que ceux des marchés.


Des images de jouissance.

Par la loi du langage, l'homme se distingue de la nature, de la déesse-mère qui n'a ni intérieur, ni extérieur. Le meurtre, au lieu d'être fondateur, est aboli afin de donner accès à la parole. Il s'établit alors un ordre humain distinct de l'ordre divin. L'individu n'est plus un enfant tout puissant. Il est séparé du pouvoir maternel.

Au contraire, les images du lynchage de Kadhafi nous ramènent dans l'originaire et la toute puissance. Elles nous inscrivent dans une structure religieuse d'avant la coupure opérée par l'interdit du sacrifice. Ces clichés nous réintroduisent dans la violence incestueuse, dans la jouissance de la pulsion haptique, dévorante . Ici, l'impératif de jouissance supplante le politique. L'exemple le plus significatif nous est donné par l'interview d'Hillary Clinton qui accueille ces images comme  une offrande. Hilare, elle exalte sa toute puissance et fait partager sa jubilation suite au lynchage: «Nous sommes venus, nous avons vu, il [Kadhafi] est mort !» a t-elle déclaré au micro de la chaîne de télévision CBS .

La violence infligée au chef d'Etat libyen est aussi, pour les autres dirigeants occidentaux, un moment propice pour exprimer leur satisfaction et jouir de la réussite de leur initiative. «On ne va pas non plus verser des larmes sur Kadhafi», a notamment déclaré Alain Juppé.».


Le corps meurtri comme icône de la violence.

Les prises de position de nos dirigeants politiques, suite à la diffusion de ces images, nous confirment que l'élimination de Kadhafi est bien l'objectif de cette guerre et non la protection des populations. La tribune du 15 avril, de Barak Obama, Nicolas Sarkozy et de David Cameron, publiée conjointement par The Times, The International Herald Tribune, Al-Hayat et Le Figaro, nous avait pourtant communiqué qu’« Il ne s’agit pas d’évincer Kadhafi par la force. Mais il est impossible d’imaginer que la Libye ait un avenir avec Kadhafi. » Ainsi, sa violence consisterait essentiellement dans le fait qu'il n'ait pas abandonné le pouvoir, alors qu'il était inconcevable qu'il reste. Son image incarnerait la tyrannie, puisqu'il n'a pas rencontré l'amour des dirigeants occidentaux envers les populations libyennes. «Il (Kadhafi) s'est comporté de façon très agressive. Il a reçu de bonnes conditions pour se rendre, il les a refusées», a ajouté M. Juppé.

Les médias nous confirment que «les dictateurs finissent toujours comme cela ». Les marques de la violence font apparaître l'invisible. Le lynchage devient la preuve même que le supplicié était un dictateur. Ces stigmates nous montrent ce que l'on n'a pu voir: la preuve des massacres devant être perpétrés par Kadhafi. Ils sont une révélation de son intentionnalité, de ce au nom de quoi l'OTAN a justifié son intervention.

Une identité est ainsi opérée entre les massacres attribués au colonel et son corps ensanglanté. Les marques sur le corps vivant, puis sur la dépouille, ne représenteraient pas la violence des «libérateurs», mais porteraient le signe du sang versé par Kadhafi.

La violence du meurtre nous montre qu'il s'agit bien d'une vengeance. Elle atteste ainsi que ses auteurs sont bien des victimes et que cet assassinat est de l'ordre du sacré.


L'exhibition d'un pouvoir sans limite.

Les images de l'acte sacrificiel permettent à nos dirigeants d'exhiber un pouvoir sans limite. Le ministre français de la Défense, Gérard Longuet, a révélé que l'aviation française, sur demande de l'état-major de l'Otan, avait «stoppé», c'est à dire bombardé le convoi en fuite à bord duquel se trouvait Kadhafi . Il revendique ainsi un acte de violation de la résolution du Conseil de sécurité de l'ONU. A cette occasion, Alain Juppé a aussi reconnu que l'objectif de l'invasion était bien de mettre le CNT au pouvoir:  «L'opération doit aujourd'hui s'achever puisque l'objectif qui était le nôtre, c'est-à-dire accompagner les forces du CNT dans la libération de leur territoire, est maintenant atteint » . La réussite de l'offensive de l'Otan s'est accompagnée, de la part des vainqueurs, de déclarations de plus en plus nombreuses actant la violation systématique, mais à bon droit, de la résolution de l'ONU. Le philosophe, écrivain, cinéaste, stratège et diplomate, Bernard Henri Levy a aussi témoigné dans son livre « La guerre sans l'aimer » que «La France a fourni directement ou indirectement de très importantes quantités d'armes aux rebelles libyens qui combattaient pour renverser Mouammar Kadhafi  ». Ces différentes déclarations attestent de la structure psychique de l'enfant tout puissant, phallus de l'Etat maternel, d'un pouvoir sans limite situé au delà de la parole et qui ainsi n'a pas à respecter ses engagements.

Ces différentes prises de position rappellent les déclarations de Tony Blair, reconnaissant qu'il n'y avait pas d'armes de destruction massive en Irak, mais que la guerre contre Saddam Hussein était justifiée, car elle avait mis fin au règne d'un dictateur.


La victime et le sacrifice : les valeurs d'un retour à la barbarie.

Le meurtre de Kadhafi, cet acte de «vengeance des victime», a pour conséquence qu'il ne sera pas jugé. Cet assassinat rencontre les intérêts des firmes pétrolières et des gouvernement occidentaux. Leurs rapports étroits avec le régime du colonel ne seront pas mis sur la place publique. La substitution des images du lynchage à l'organisation d'un procès devant la Cour pénale internationale a surtout pour conséquence que, au lieu d'être stoppée par la parole, la violence devient infinie. La Libye, tout comme l'Irak et l'Afghanistan, deviendra le cadre d'une guerre perpétuelle. Quant à nos régimes politiques, ils s'enfoncent dans un état d'exception permanent. Celui-ci accompagne l'émergence d'un pouvoir absolu, dont l'acte politique se place au delà de tout ordre de droit.

Une intervention militaire, engagée au nom de l'amour des dirigeants occidentaux envers les populations victimes d'un « tyran »  et magnifiée par l'exhibition du sacrifice de ce dernier, révèle une régression de nos sociétés vers la barbarie.

Le traitement du sacrifice de Kadhafi comme une icône confirme le caractère chrétien d'une guerre faite au nom de l'amour des victimes. La destruction de la Libye, par les forces de l'OTAN, s'inscrit dans la longue tradition des croisades, des guerres contre la loi symbolique initiées au nom de l'homme-Dieu . Celles-ci résultaient déjà d'une réorganisation de l'Europe occidentale sous l'autorité du Pape . Aujourd'hui, ce conflit, encore davantage  que la guerre en Irak, produit une subsomption totale des pays européens sous l'Empire étasunien.

La guerre pour la démocratie est la version post-moderne de la « uerre sainte». Celle-ci était sacrée, non parce qu'elle portait contre les « infidèles », mais par le fait même qu'elle était prêchée par le Pape, le représentant infaillible de l'homme-Dieu. Aujourd'hui, le caractère sacré de l'attaque résulte du caractère naturellement démocratique de son commanditaire étasunien, dont le président a reçu le prix Nobel de la Paix au début de son mandat, avant même qu'il ait posé un quelconque acte politique. Ce prix consacre le président étasunien en tant qu'icône chrétienne, en tant qu'incarnation dans l'image, de la paix et de la démocratie. Dans cette version laïcisée, il ne s'agit plus de sacralisation de l'homme conçu à l'image de Dieu, mais à l'image de lui-même, de sa nature pacifique et démocratique.

 

Jean-Claude Paye, sociologue, auteur de  De Guantanamo à Tarnac: L'emprise de l'image. Editions Yves Michel, octobre 2011.

Tülay Umay, sociologue.

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19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 13:40

                                  JEAN NICOLI   NICOLI - 2                                                                                                      

 

 

                                                                                    

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19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 13:30

Le Parti communiste vénézuélien d'accord avec le président Chavez : sans Parti révolutionnaire, pas de révolution

chavez_figuera.jpg Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Le Parti communiste du Vénézuéla (PCV), rejoint l'affirmation du président Chavez la semaine dernière lorsqu'il déclare: « Qu'il ne peut y avoir de révolution sans Parti révolutionnaire », soulignant combien celui-ci correspond historiquement au Parti marxiste-léniniste qu'est le PCV.



« Nous souhaitons également mentionner, pour les saluer et en les trouvant très positives, les récentes déclarations du citoyen Président de la République qui dit, je cite, 'Que l'on ne peut faire de révolution sans parti révolutionnaire, en réalité, vraiment, nous nous en félicitons », a souligné Oscar Figuera en conférence de presse.



Figuera a salué le Président pour ces déclarations qu'il juge « si justes, tellement exactes par rapport aux processus de transformation sociale »ajoutant que « sans un instrument révolutionnaire, forgé par des révolutionnaires, il est impossible de faire une révolution. »



Le dirigeant communiste a affirmé que « Avec des réformistes, il n'y a pas de révolution, avec des réformistes, il n'y a que réformisme et maintien du système capitaliste, domination sur les travailleurs et les travailleurs ; il y n'a que conservation d'un système oppressif ».



Pour le PCV, avec les réformistes continue d'exister à un extrême l'accumulation de capital, tandis qu'à un autre continue de se répandre la misère.



« Nous saluons cette expression du Président Chavez, qu'il a complété par ailleurs par une phrase historique de Vladimir Ilich Lénine, d'où découle notre parti-pris de parti marxiste-léniniste, qui affirme que 'Sans théorie révolutionnaire, pas de mouvement révolutionnaire »,a déclaré Figuera.



Figuera a rappelé qu'en mars 2007, le Parti communiste du Vénézuéla a réalisé son XIIIème Congrès extraordinaire autour de l'appel lancé par le Président à dissoudre les partis politiques pour rejoindre le Parti socialiste unifié du Vénézuela (PSUV)



« Lors de ce congrès, le Parti communiste a exposé les Thèses sur la nécessité de forger le Parti de la Révolution, un document que nous avons fait parvenir au citoyen Président et aux partis alliés », a rappelé Figuera.



Soulignant que « en vertu de ce que nous déclarons vouloir construire, nous avons convenu qu'il (le PSUV) ne s'agissait pas du Parti de la Révolution, le Parti communiste a décidé de ne pas se dissoudre car il conserve toujours sa raison d'être ».



Vidéo de la conférence de presse en question : http://www.youtube.com/watch?v=tH809jexDPE

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19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 13:22

                                                                        MARE NOSTRUM-copie-1

                                                                                                                         

 

 

Flag-map of SyriaLe Parti Communiste syrien soutient tout effort Arabe en vue de mettre fin au bain de sang en Syrie mais maintient sa ferme opposition à toute intervention extérieure

 

Communiqué du Parti communiste syrien (unifié)



Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Le gouvernement Syrien et le comité de l'initiative Arabe, formé par la Ligue arabe, ont signé un accord sur la crise Syrienne le 2 novembre dernier après modification de la proposition qui avait déjà présentée au gouvernement Syrien.

 

Le nouvel accord stipule les éléments suivants :

 

  • Mettre fin à tous les actes de violence de toutes les parties afin de protéger les citoyens Syriens ;

 

  • Libérer toutes les personnes arrêtées durant les incidents ;

 

  • Libérer toutes les villes et les quartiers résidentielle de toute présence armée ;

 

  • Donner la possibilité aux organisations de la Ligue arabe chargées de la question, et aux médias Arabes et internationaux de se déplacer librement en Syrie, et de collecter des informations sur l'état réel de la situation, et de pouvoir observer les événements qui se produisent ;

 

Les deux camps sont aussi tombés d'accord sur le fait que le comité ministériel Arabe contactera le gouvernement Syrien et tous les camps de l'opposition Syrienne afin de se préparer à l'organisation d'une conférence de dialogue national d'ici deux semaines.

 

Cette initiative sera sujette à diverses tentatives d'explication et d'interprétation, car elle ne contient pas de procédures pratiques visant à mettre en œuvre certaines de ces dispositions. Elle ne définit pas non plus un lieu pour l'organisation de la conférence de dialogue national, et elle ne contient aucun appel à mettre fin aux campagnes de désinformation. Même si cette initiative a répandu un climat d'optimisme au sein du peuple Syrien et des forces patriotiques, pour les raisons suivantes :

 

1 – Elle se donne une chance d'arrêter les violences et le bain de sang en Syrie, laisse la situation politique l'emporter sur la question sécuritaire, et contribue à retrouver la stabilité et le calme dans les rues des villes Syriennes, en particulier si elle s'accompagne de la libération des prisonniers politiques ;

 

2 – Elle bloque la voie aux interventions étrangères, que les forces de l'Occident impérialiste menacent de lancer contre la Syrie ;

 

3 – Elle confirme le principe du dialogue national comme unique moyen de gérer la crise en lieu et place du langage des armes, ce qui accélérera le processus de réformes démocratiques et sociales en Syrie ;

 

Il n'y a aucun doute que la mise en place de cet accord sera confrontée à des obstacles importants. Ces obstacles sont :

 

  • La position des troupes armées, qui refusent fondamentalement le principe du dialogue ;

 

  • L'opposition à l'étranger qui a commencé à avancer l'idée d'un appel aux forces étrangères sous différentes formes, alors que le camp de l'opposition patriotique Syrienne se félicite de cet accord ;

 

La position adoptée par les États-Unis, provocatrice et éhontée, est tout sauf une surprise. Elle incite les troupes armées à continuer à lutter contre l’État, et refuse leur désarmement comme contre-partie aux engagements du gouvernement Syrien, tandis qu'elle pousse les pays Arabes à boycotter la Syrie politiquement, diplomatiquement et économiquement.

 

Cette position est une nouvelle affirmation de l'implication de l'administration Américaine dans l'exploitation des incidents qui se déroulent actuellement en Syrie, pour mener à bien le projet Américano-sioniste, qui vise à fragmenter notre région, et à la dominer.

 

Le Parti communiste syrien (unifié) et le peuple Syrien, y compris toutes les forces patriotiques, soutiennent tout effort Arabe pour mettre un terme au bain de sang Syrien, pour réaffirmer le principe du dialogue national, et ils ne souhaitent pas faire obstacle à cette initiative, afin de priver un appel à une intervention étrangère de tout prétexte, ce à quoi le peuple Syrien s'opposera par tous les moyens à sa disposition.

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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 14:37

 

                                                                       MARE NOSTRUM-copie-1

                                                                                 KKE--2--1-.jpg

                                                                          

7nov.jpg Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



aleka paparigaConférence de presse d'Aleka Papariga, secrétaire-générale du Comité central du KKE, ce 7 novembre, sur la formation d'un nouveau gouvernement à partir des forces des deux partis bourgeois du pays, le social-démocrate PASOK et le parti de droite Nouvelle démocratie, qui a également le soutien du parti nationaliste LAOS. Aleka Papariga a appelé la classe ouvrière, les couches populaires à faire tomber ce gouvernement aussi vite que possible par leur lutte. Elle a insisté sur la nécessité de constituer un front populaire socialpour renverser le pouvoir des monopoles, les socialiser, pour retirer la Grèce de l'UE et de l'OTAN et annuler la dette.

 

Intégralité de la déclaration introductive de la secrétaire-générale du Comité central du KKE à la conférence de presse :

 

« Un gouvernement du front obscur des partis du capital est sur le point d'être formé, un gouvernement du capital en personne, avec l'UE dans le rôle du chef d'orchestre. Ce gouvernement va être formé pour imposer les intérêts du capital Grec et Européen dans des conditions de crise et de rivalités, pour faire face aux tensions exacerbées dans l'UE et pour soumettre le peuple. De façon ostensible, l'UE a fait pression sur la Nouvelle démocratie et le PASOK pour qu'ils forment ce gouvernement. En réalité, ces pressions se retournent contre le peuple. Nous affirmons sans le moindre doute que ce gouvernement ne va pas s'occuper de la dette ou des déficits, ou du fond de la crise, si vous préférez, il ne va même pas s'occuper de la possibilité d'une faillite incontrôlée.

 

Éviter la faillite dans les prochains mois ou/et les prochaines années ne dépend pas de la combinaison politique de gouvernement que les divers gouvernements bourgeois pourraient réaliser, que ce soit une coalition gouvernementale ou un gouvernement avec un seul parti à sa tête etc. La question de savoir si il y aura des partis supplémentaires dans la coalition, nous le réaffirmons, est fondamentalement liée à une pédagogie de la soumission du peuple, car le problème de la crise est plus profond, il concerne le système capitaliste même et non sa gestion.

 

Le peuple doit savoir la chose suivante : que ce qu'il a vécu dans la période précédente, il va le revivre maintenant. Pour commencer, ils vont prendre des mesures anti-populaires, anti-ouvrières et après le versement sera payé, et en fait nous allons maintenant entrer dans le nouveau cycle de versements du nouveau mémorandum. Nous ne croyons pas le moins du monde que l'initiative de G.Papandreou de procéder à un référendum 'Euro ou Drachme' est ce qui a mené à la formation d'un gouvernement de coalition. Ils se préparaient pour cela depuis longtemps, bien sûr cela a été la bonne occasion.

 

Le capital dans notre pays et dans l'UE veut imposer un gouvernement fort et énergique. Et en fait, si vous y regardez de plus près, il est même allé plus loin que ce qu'il louait déjà auparavant au Portugal, où l'opposition avant les élections avait déclaré qu'elle serait d'accord sur tout et voterait tout. Ce n'était pas assez. Il ne veut pas de la Nouvelle démocratie comme parti d'opposition qui, clairement pour des motifs d'opposition tactique et non pour des raisons stratégiques a voté contre ces mesures, affirmant bien entendu comme il l'avait déjà dit qu'il respecterait les engagements du gouvernement précédent. Il voulait une alliance gouvernementale unitaire.

 

Une bonne partie du peuple, mais ce qui est étrange c'est que certains politiciens font aussi comme si c'était le cas, s'est sentie humiliée par les interventions de l'UE et par les déclarations de Merkel et de Sarkozy. Nous disons les choses clairement. Si le peuple ne veut plus se sentir humilié, ce qui à l'avenir, si rien ne change, sera bien pire, si il veut être libéré de ce sentiment d'humiliation il doit, avant tout, se libérer du pouvoir des monopoles dans notre pays, se retirer de l'UE. Autrement, de telles humiliations continueront à exister, et nous le redisons, elles seront bien pires à l'avenir.

 

Le patriotisme de notre temps pour nous, c'est : socialisation des monopoles, pouvoir populaire et ouvrier, retrait de l'UE, ce qui dans les conditions actuelles, implique également l’annulation unilatérale de la dette.

 

Ce gouvernement ne va pas être mis en place juste pour quelques mois. Ils ont l'intention de tirer sur la corde le plus longtemps possible. Mais même si il ne restait que quelques mois, il prendrait des mesures qui touchent la vie, les conditions de vie et les droits du peuple sur les dix à quinze prochaines années.

 

Et en fait, le FMI parle d'un gouvernement sur deux ans. Nous appelons la classe ouvrière, les couches populaires à faire tomber ce gouvernement par la lutte le plus rapidement possible, à lui rendre la vie impossible, à utiliser toutes les difficultés que puisse rencontrer la nouvelle coalition gouvernementale (du neuf avec du vieux, mais neuf pour ce qui est de sa composition unitaire) et à rendre son existence aussi brève que possible, avant que des décisions définitives soient prises, et à imposer les élections. Ce qu'il faut bien sûr ici, c'est une lutte sans précédent et particulièrement que les travailleurs, les couches populaires qui croient encore dans le PASOK et la ND n'aient aucune inhibition à ce sujet, ils ne doivent avoir aucune illusion sur le fait que cette alliance puisse améliorer les choses. Elle est mise sur pied pour porter le pire, et même bien pire que ce que nous avons déjà vécu. Le peuple a une arme supplémentaire aujourd'hui, qui n'est pas seulement la justesse de sa cause et l'expérience acquise dans la période récente et dans le passé, mais aussi le fait que l'UE rencontre des difficultés sérieuses. Les gouvernements de l'UE ne peuvent pas gérer la crise, le système politique en Grèce est sous tension, et c'est pour cette raison qu'ils ont été contraints de monter une coalition gouvernementale alors qu'ils ont bien du mal à sauver le système d'alternance des deux partis au gouvernement.

 

Le peuple ne doit pas nourrir d'inquiétudes sur les faiblesses du système bourgeois, les inquiétudes et les dilemmes qui sont les siens. Les dettes, déficits, tout cela, le mémorandum, les programmes à moyen-terme, qu'ils soient adoptés ou non, ce sont les inquiétudes de la classe dirigeante de notre pays et les partis qui la servent et le peuple ne doit pas être inquiet sur la façon dont les choses se dérouleront.

 

Le peuple ne doit se préoccuper que d'une seule chose : comment il va être en mesure de mettre en échec et d'inverser ces mesures, comment il peut être en mesure d'être victorieux.

 

Ils menacent le peuple Grec d'exclusion, d'exclure la Grèce de la zone Euro. Le peuple doit se servir de cette menace, relever la tête et dire : Avec notre résolution, avec notre force, avec notre projet, à partir de maintenant, nous allons nous retirer de l'UE.

 

Ce n'est pas impossible ; il est possible dans les prochaines années que l'UE ne ressemble plus à ce qu'elle est aujourd'hui. Des pays peuvent être exclus de la zone Euro, de l'UE, l'UE pourrait exploser, et quelque chose d'autre pourrait prendre sa place. Il y a même des discussions pour transformer l'UE en une organisation du type États-Unis d'Amérique. Ils envisagent même d'abolir l'organisation en États-nations par décret politique. Parce que c'est un moyen pour pousser le peuple à se soumettre, à cesser son activité militante. Et ensuite, c'est aussi un moyen de s'assurer que la lutte entre les monopoles soit menée dans les meilleures conditions possibles pour eux. Ce plan ne pourra pas par contre abolir les crises en système capitaliste, les rivalités et les fractures.

 

Et puisque l'opportunité se présente, sachant que les médias continuent de dire que Mme. Papariga affirme que si nous retournons à la Drachme certains vont spéculer dessus, clarifions les choses. Sur la question particulière Euro ou Drachme, notre réponse était qu'il y a des fractions du capital, non seulement en Grèce mais dans d'autres pays également, qui sont intéressés à ce que la Grèce reste dans l'UE et quitte la zone Euro car leur position économique dans le système est vouée à la spéculation. Cependant, notre réponse, c'est : retrait. Car nous n'allons pas nous ranger du côté des spéculateurs de l'Euro ou des spéculateurs du Drachme. Ainsi, nous considérons que les intérêts du peuple ne seront pas servis par un front général « anti-memorandum », peu importe qu'il se proclame progressiste, patriotique ou de gauche. Jusqu'à présent, la Nouvelle démocratie se rangeait parmi les forces contre le mémorandum et vous verrez bien où ils vont finir. Il s'agit bien sûr d'un choix réfléchi, elle n'a pas changé de camp. Quel sens aurait un front contre le mémorandum, de gauche, progressiste ?

 

Le front dont nous avons besoin aujourd'hui ne doit pas être juste un front « anti ». Il faut qu'il dise où le peuple doit aller. Et cela détermine son caractère « anti ». Donc nous parlons d'un front populaire social pour le renversement du pouvoir des monopoles, pour leur socialisation, pour le contrôle populaire et ouvrier, pour le retrait de la Grèce de l'UE et de l'OTAN et bien sûr tout cela implique l’annulation de la dette. Nous ne voulons des politiques anti-ouvrières ni avec l'Euro ni avec le Drachme.

 

De ce point de vue, tout front contre le mémorandum de ce type n'est pas seulement temporaire – il éclatera tôt ou tard – mais constituera un des remparts qui protégera la classe bourgeoise qui d'une part veut d'un front clairement conservateur-réactionnaire mais qui dans le même temps peut utiliser un front de ce type pour se constituer une forme de protection. Car quiconque qui lutte dans le cadre de l'UE, en termes de négociations et de changements dans les combinaisons politiciennes, ne constitue pas une menace pour le système. L'action commune avec le KKE constitue une des conditions préalables irremplaçables, nous ne prétendons pas que c'est la seule, mais c'est une condition préalable essentielle pour que ce front populaire social – des germes de ce front existent déjà – puisse se constituer et riposter.

 

Dans le même temps, nous estimons que des fronts de lutte doivent se développer immédiatement, dès demain si possible, avec des exigences mises à jour sur la base des sept points de la feuille de route. De nouvelles revendications spécifiques apparaissent. Je ne vais pas les détailler. Par exemple : sur les caisses de sécurité sociale, le « haircut » revient à un « haircut » de 50% pour les banques et les caisses de sécurité sociale ; sur les accords collectifs de branche, le budget à venir va encore plus couper dans les dépenses, je ne sais même pas si il va laisser quelque chose pour l'éducation, la santé, les allocations-sociales, les crèches, pour les personnes âgées, pour les personnes qui ont des besoins particuliers, pour les problèmes spécifiques des femmes et des jeunes ; le chômage, armée industrielle de réserve, la soi-disant libéralisation des professions. Je ne mentionne ici que quelques exemples, je ne présente pas une plate-forme revendicative générale. Par ailleurs, les fronts de lutte émergent du peuple même, dans les quartiers, dans les entreprises. Néanmoins, ces fronts de lutte doivent viser à mettre en échec ces mesures, à les empêcher, à faire tomber le gouvernement. A des élections maintenant.

 

Et bien sûr qu'après les élections, le peuple doit créer les conditions d'une riposte forte. Ile ne faut pas oublier qu'il y a d'autres questions également : L’Égée, les droits souverains dans la mer Égée, le tribunal de la Haye qui va trancher sur le nom de la République de Macédoine – ce n'est pas la question du nom qui nous concerne mais d'autres questions qui ont à voir avec les frontières, la Constitution, etc. Ce sont des événements qui se produisent actuellement et le peuple ne peut rien attendre des déclarations programmatiques du gouvernement. Les déclarations programmatiques du gouvernement sont connues de tous. La manière dont les choses vont évoluer va faire que cela va être bien pire que dans la période précédente. Par conséquent, nous devons lutter immédiatement en utilisant toutes les formes de lutte – grèves, manifestations, comités populaires à la base, alliance sociale à la base. Il ne peut y avoir d'entreprise ni de quartier populaire sans foyer d'action et de lutte. Ils doivent tous converger dans un torrent massif pour le renversement du pouvoir des monopoles. Il n'y a pas d'autre solution alternative aujourd'hui. »

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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 14:18

                                                                  MARE NOSTRUM-copie-1 

 

 

montiL' « union sacrée » en Italie, de la gauche du PD à la droite, du patronat aux syndicats, derrière le gouvernement technocratique du banquier et bureaucrate européen Mario Monti


Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



« Maintenant le règne des banquiers va commencer ». Après Lukas Papademos en Grèce, un autre grand banquier, haut responsable européen est nommé de façon arbitraire à la tête d'un État européen – qui plus es quatrième puissance économique de l'UE – sous pression de l'Union européenne, instrument de coordination du capital financier, et avec l'assentiment des partis du consensus dominant.

 

Le choix du patronat : remplacer Berlusconi par un gouvernement technocratique

 

Nous l'avions annoncé (cf Le peuple Italien rejette à 95% la privatisation de l'eau et un gouvernement Berlusconi discrédité : le Parti Démocrate soutenu par le patronat s'apprête à prendre la relève de l'austérité), depuis des mois, le capital italien et européen cherchait une alternative à Silvio Berlusconi.Imprévisible dans ses choix, susceptible par démagogie d''alimenter un discours remettant en cause l'Euro par exemple, fantasque et remettant en cause par ses frasques un consensus social basé sur l'ordre moral, la Confindustria, le MEDEF italien, lui reprochait essentiellement une chose : le courage de ne pas avoir entamé les « réformes structurelles »

 

Pour se ménager une partie de sa base populaire, Berlusconi n'est pas réellement allé au bout sur la casse du code du travail, sur la contre-réforme retraites et sur les privatisations. Sur ces questions, il s'est même révélé en retrait par rapport au précédent gouvernement Prodi.

 

La présidente du MEDEF italien, Emma Marcecaglia, avait intensifié ses critiques ces dernières semaines sur la politique du gouvernement Berlsuconi. Des convergences s'étaient manifestées avec le numéro un du Parti démocrate, Pier-Luigi Bersani, celui qui a privatisé l'ENEL (EDEF italien) en 1999, sur la nécessité d'entreprendre ces « réformes structurelles ».

 

Devant la crainte d'élections anticipées aux résultats incertains et source de désordre, le patronat italien a décidé de bafouer ouvertement la démocratie et de réaliser son vieux rêve : celui d'un gouvernement technocratique, des « experts ». A la fois au-dessus des partis et des élus du suffrage universel, mais fondamentalement avec les partis dominants, et en fin de compte pour les protéger et ne pas les salir dans la politique d'austérité.

 

Qui est Mario Monti, le chef du gouvernement des élites du pouvoir italiennes ?

 

Derrière le portrait hagiographique répandu par les médias dominants de l'homme intègre, le « Père la rigueur » incarné, celui du « Cardinal » ou du « Professeur », se cache en réalité un des responsables de la crise actuelle, par ses responsabilités politiques passées

 

Ancien commissaire européen au marché intérieur puis à la concurrence de 1995 à 2004, consultant de Goldman Sachs depuis 2005 mais aussi président de l'ultra-libérale faculté privé d'économie de la Bocconi à Milan, Mario Monti est avant un serviteur zélé des financiers et de l'Union européenne, formé dans les grandes universités américaines (Yale) aux recettes libérales qu'il assène depuis lors, sur un ton professoral d'autorité.

 

Le gouvernement technocratique de Mario Monti regroupe en réalité un condensé des élites du pouvoir italiennes, politiques, économiques, militaires ou religieuses.

 

Outre Monti lui-même qui s'octroie le ministère de l'Economie ; le banquier Corrado Passera, PDG de la banque Intesa Sanpaolo,qui récupère le super-ministère du développement économique et des transports ; l'amiral atlantiste Giampolo di Paolo, président du Comité militaire de l'OTAN, chef d'Etat major italien en plein cœur des opérations en Afghanistan s'empare du ministère de la Défense ; le diplomate pro-américain et sioniste Giulio Terzi di Sant'Agata,ancien ambassadeur en Israël et aux États-Unis, responsable des relations avec l'OTAN au moment de la chute du mur, est propulsé à la tête des Affaires étrangères ; plus symboliquement le fondateur de la communauté religieuse Sant'Egidio, Andrea Riccardi, entre lui aussi au gouvernement.

 

Un discours d'investiture sous les auspices de Alcide de Gasperi, Robert Schumann et Jean Monnet !

 

Le nouveau président du Conseil – intronisé par Giorgio Napolitano, l'ancien leader de l'aile-droite du PCI, remplissant plus que jamais son rôle de fossoyeur de la démocratie italienne – a déjà promis des sacrifices pour tout le monde, entendre les travailleurs italiens, mais pas le grand capital.

 

Son discours à la Chambre ce 17 novembre a annoncé le ton, placé sous l'égide des pères de l'Europe Alcide de Gasperi, Robert Schumann et Jean Monnet et commencé par ses mots :« Il n’y a pas nous et l’Europe, nous sommes l’Europe ! ».

 

 

Parmi les premières mesures annoncées :

 

  • de nouvelles baisses d'impôts pour les entreprises compensées par des hausses de la TVA et de la taxe foncière ;

 

  • une réforme des retraites avec la remise en cause des régimes spéciaux et des « pensions d'ancienneté » qui permettent aux salariés de partir soit à 60 ans, soit après 40 années de cotisation ;

 

  • enfin une réforme des contrats de travail, avec une égalisation par le bas des statuts et comme objectif un contrat précaire unique.

 

L' "union sacrée" de la droite à la gauche de la gauche, de la Confindustria à la CGIL

 

Alors que la personnalité et l'action de Berlusconi divisait et pouvait opposer les différentes fractions de la bourgeoisie, le gouvernement Monti recrée l'unité de la classe bourgeoise, des partis du consensus dominant, dans une atmosphère d' « union sacrée ».

 

Emma Marcecaglia a rangé son ton critique envers Berlusconi et adopté une posture de soutien inconditionnel à Monti :

Nous soutiendrons son gouvernement avec force. Nous pensons que ce gouvernement est la dernière chance pour l'Italie de sortir d'une situation d'urgence».

 

Du côté  des syndicats, aucune surprise pour les syndicats de collaboration de classe UIL et CISL qui apportent un appui total au nouveau gouvernement. L'UIL (FO italien) se permet même d'affirmer que se dessine « une voie rose pour sortir de la crise ».

 

La CGIL, ancien syndicat proche des communistes, aujourd'hui proche du Parti démocrate a apporté son soutien avec une certaine dose d'équivoque pour se ménager sa base militante. La secrétaire Susanna Camusso a réclamé l'ouverture d'un dialogue social, réclamant des mesures fiscales plus équitables compatibles avec le plan gouvernemental, gardant un silence total sur les sujets qui fâchent, comme la réforme des retraites.

 

A la sortie de sa première rencontre avec le nouveau chef du gouvernement, Susanna Camusso a lâché le mot : « Le premier ministre Mario Monti nous a démontré qu'il ne travaillait pas dans l'urgence, mais sur des réformes dont le pays a besoin ».

 

Du côté des partis, l'union sacrée est plus que jamais de mise. Le Parti des libertés (PDL), de droite, accepte la décision de ses commanditaires patronaux, et se range derrière le nouveau gouvernement, malgré la chute de son leader charismatique. Toutefois, c'est le Parti démocrate (PD), porte-parole du patronat par la voix de son leader Bersani, qui est, à la surface du monde politique, l'instigateur de ce remaniement. C'est Bersani qui a lancé le premier l'hypothèse d'un gouvernement technocratique et le nom de Monti. Depuis, il a annoncé que son parti accordait un « soutien total au gouvernement ».

 

A la « gauche de la gauche », les masques tombent. Les partis du juge Di Pietro (Italie des Valeurs), qui surfe depuis quinze ans sur la défiance envers la politique, et de l'ancien liquidateur communiste Nichi Vendola (Gauche, écologie et libertés) ont salué la formation du gouvernement des « experts ».

 

Démagogue et ambitieux, toujours partant pour participer à d'éventuelles primaires du PD, Vendola a dans un premier temps souligné l'opportunité du gouvernement Monti « pour mettre en œuvre des mesures d'équité sociale » avant d'exprimer dernièrement un avis plus critique, sentant qu'un créneau est à occuper à la gauche d'un PD discrédité.

 

Les critiques ambiguës des communistes comme seule alternative, la Ligue du nord comme opposition officielle du système

 

Seuls les communistes pourraient porter une critique cohérente de ce gouvernement au service du capital. Ils expriment par la voix du Parti des communistes italiens (PdCI) et de Refondation communiste une opposition à un gouvernement dicté par la BCE et l'UE, aux mesures libérales qui vont être adoptées et à la politique de collaboration du PD.

 

Pourtant, de fortes ambiguïtés persistent. Refondation communiste maintient, tout comme le PdCI, la nécessité d'une alliance politique avec le Parti démocrate, pourtant partisan de l'union sacrée avec la droite. Refondation communiste s'est même affirmé en faveur de l'ouverture de primaires à gauche avec le PD. De façon assez surprenante, Oliviero Di Liberto, secrétaire du PdCI a même salué hier la composition du gouvernement Monti comme « une rupture positive non seulement dans la forme mais aussi dans le fond ».

 

Face à ces équivoques, ces volte-faces et surtout le déclin de l'enracinement organisationnel et des positions politiques historiques des communistes, la Ligue du nord aura le beau rôle de l'opposant au consensus dominant droite-gauche, grand patronat-syndicats.

 

Elle devrait être la seule formation parlementaire à ne pas participer à l' « union sacrée », elle a déjà affirmé son opposition résolue à la contre-réforme des retraites, et est le seul parti à exprimer une critique forte de l'Union européenne notamment à partir de la remise en cause de la monnaie unique. Un tour de force pour un parti qui était, jusqu'aux années 1980-90 le plus européiste de la vie politique italienne au nom de l'Europe des régions.

 

Orienter la colère sociale envers les politiques de libéralisation et de casse sociale, envers l'Union européenne et l'Euro, vers un parti xénophobe, séparatiste, fondamentalement européiste, représentant une fraction importante de la bourgeoisie du Nord, pour mieux renforcer le consensus dominant, stériliser toute opposition et boucher toute alternative. Voilà le piège que tend, en Italie comme en France, la bourgeoisie aux classes populaires, dépourvues de toute alternative claire aux politiques du capital.

 

Plus que jamais le peuple Italien ressent aujourd'hui la perte du Parti communiste italien, liquidé par les Pier-Luigi Bersani, Giorgio Napolitano et Walter Veltroni, premiers collaborateurs du patronat et de l'UE.

 

Plus que jamais le peuple italien a besoin d'un Parti communiste reconstruit sur des bases idéologiques et organisationnelles saines, pour défendre ses acquis sociaux, ses conditions de vie et désormais sa sa souveraineté populaire et nationale !

 

 

 

 

 

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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 14:13

 

 

 

Nouveaux visages de la guerre impérialistepax-americana.jpg

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La guerre impérialiste ou coloniale est toujours comme il y a cinquante ans une réalité, et a le même objectif : soumettre un peuple par la force des armées, de façon à pouvoir exploiter ses richesses, quitte à rétribuer pour cela les collaborateurs que leurs appétits de lucre et de pouvoir rendent dociles aux conquérants. Elle a aussi ses limites et ses échecs, quand l’opposition résolue du peuple occupé se traduit par une guérilla quotidienne, impossible à vaincre, qui transforme les victoires militaires sur le terrain en défaites politiques. C’est le cas aujourd’hui en Afghanistan, malgré les occupants occidentaux, comme ce fut le cas il y a cinquante ans en Algérie pour les troupes françaises.

Mais si cette guerre impérialiste n’a pas changé de nature, elle a largement évolué dans ses méthodes et sa tactique, et sa technologie. L’aventure libyenne de l’OTAN et de la France en 2011 le montre : d’abord elle n’est plus menée par une armée de conscription, de jeunes appelés comme ceux qui en 1960 à Alger surent briser le soulèvement factieux qu’avaient organisé leurs généraux. En Afghanistan, en Libye, les soldats français sont des professionnels, engagés par goût de l’aventure exotique ou pour échapper au chômage. Même si la majorité d’entre eux n’a pas une âme de criminel, ils ne sont pas liés comme autrefois à leur peuple. La masse des Français trouve absurde la mort de 70 d’entre eux près de Kaboul, pour rien, mais on est loin des mobilisations pacifistes comme au temps des guerres d’Algérie ou du Vietnam. La technologie actuelle de repérage des cibles a énormément progressé, et rend les bombardements extrêmement précis, comme sur les infrastructures militaires et économiques de Libye. Certes, ces frappes « chirurgicales » tuent beaucoup, même si on le cache, mais on a pu ainsi annihiler l’armée libyenne et casser l’économie de ce pays, aplanir le terrain devant les insurgés amis de l’Occident, sans pour cela détruire l’essentiel des zones urbaines. Rien à voir avec les bombardements américains de 1944, qui rasaient à chaque fois des villes entières, au Havre ou à Dresde (les avions lâchaient alors leurs bombes de plusieurs milliers de mètres en altitude). Une autre nouveauté militaire essentielle est l’usage des drones, en Afghanistan comme en Libye, porteurs de mort ciblés, pilotés depuis de lointains laboratoires… Cette « guerre des lâches » a pour le conquérant l’intérêt essentiel de ne pas entraîner de victimes en ses rangs : en France, l’opinion, chloroformée par les médias, ne s’est ainsi guère émue de la guerre en Libye, perçue par la majorité comme une aventure sans risques, pour des raisons prétendument humanitaires.
Mais il faut aujourd’hui s’interroger sur une nouvelle tactique de la guerre impérialiste, d’autant plus pernicieuse qu’elle se prétend libératrice, voire « révolutionnaire ».
Nous a-t’on seriné les vertus démocratiques d’internet, des « réseaux sociaux » comme facebook et twitter, supposés apporter enfin la liberté d’expression à chaque individu, malgré tous les pouvoirs d’état et les politiciens professionnels ? Cette vision néo-libérale, directement importée des USA, n’est bien sûr qu’une fable absurde.

Notons d’abord que si quelques milliers de révolutionnaires ont bien raison de s’exprimer et communiquer par ce biais d’un pays à l’autre, leurs analyses sont noyées dans quelques millions de messages anodins, infantiles, d’élucubrations mensongères, de discours commerciaux ou criminels, de manipulations politiciennes, notamment d’extrême droite raciste et xénophobe, de terrorismes les plus divers, etc … Cette « liberté » est d’autant plus significative de la jungle capitaliste et « libérale » que, contrairement à une légende naïve, aucune communication par internet n’est secrète à ceux qui ont les moyens financiers, technologiques et humains d’interception, états, services secrets, pouvoirs financiers. Les « hackers » de la CIA ont la possibilité matérielle de contrôler tout courrier électronique, notamment parce que l’essentiel des serveurs mondiaux est aux USA, et de supprimer celui qui présenterait un danger pour leurs sponsors. Seule difficulté pour eux, le volume est trop grand pour être analysé en détail, et les appels au terrorisme sur la toile sont bien utiles pour justifier les politiques répressives.

Depuis des années maintenant, les « réseaux sociaux » censés organiser « l’amitié sans frontières » deviennent un outil de la guerre impérialiste. Nous a-t-on assez dit depuis janvier 2011 le rôle joué par facebook et twitter dans la propagation des « révolutions arabes » ? Et il est vrai que les textes et les images véhiculés par des opposants aux régimes autoritaires en Moyen Orient ont un succès croissant, notamment parmi les foules de diplômés chômeurs qui foisonnent dans ces pays sans industries, réduits à exporter leurs matières premières. Ces jeunes sont évidemment contestataires, souvent apolitiques, et fascinés par l’Occident qu’ils rêvent de rejoindre. Ils ont été souvent le noyau initial des mobilisations, en Tunisie, en Egypte, au Yémen, un peu comme les étudiants du campus de Nanterre le furent du défoulement social de 1968 en France. Mais cela ne doit pas cacher un autre aspect, plus secret, devenu pourtant évident à qui ne se gargarise pas du mot « révolution » à propos de tout et de rien. Il y a cinquante ans, l’impérialisme US au sommet de sa force, avait pour objectif de déstabiliser les pays du « camp socialiste », et utilisait pour cela les radios comme « Free Europe », appelant, parfois avec succès, au soulèvement contre les communistes, en 1956 notamment, en Hongrie. En 2011, le même impérialisme affaibli, patelin, mais aussi agissant, rétribue de véritables bataillons de « spécialistes » de l’informatique, plusieurs dizaines de milliers d’hommes et de femmes aux USA, pour déstabiliser les états « ennemis », parce qu’ils ne se situent pas toujours dans la mouvance de Wall Street. Des appels à manifester, voire à l’insurrection armée, ont fleuri ces dernières années, relayés par des contacts locaux, bien à l’abri dans leurs bureaux aux USA ou en Europe, en direction de l’Europe de l’Est (Ukraine, Géorgie, pays Baltes), de Chine (Sin-Kiang et Tibet) et d’Iran l’an dernier. Dans ce dernier pays « menace », les hackers de la CIA (et du Mossad israélien semble-t’il) ont même réussi à rendre inutilisable un certain temps le système de gestion informatique des usines nucléaires !

Au Moyen Orient, où les USA ont programmé de mettre en place des régimes à leur dévotion, plus sûrs que les corrompus précédents, plus stables parce que réconciliés avec les courants intégristes pro-occidentaux, les services spécialisés étasuniens ont multiplié depuis un an leurs actions subversives, relayant et organisant depuis le continent américain ou l’Europe, images et discours enflammés des opposants, et les appels même à l’insurrection armée.

Evidemment, un détonateur ne suffit à provoquer l’embrasement que si les conditions sociales et politiques y sont mûres : en Tunisie, en Egypte, l’opposition sociale et politique le permet, et on ne sait encore si le « plan américain » réussira, car les forces démocratiques et progressistes résistent de leur mieux à cette manipulation. En Libye, les appels à l’insurrection armée n’ont réussi à entraîner une partie du peuple que grâce à l’intervention armée de bombardiers de l’OTAN. En Syrie, les mêmes appels ont eu un écho parmi les divers opposants au régime autoritaire du Baath, au risque d’une guerre civile de grande ampleur, mais l’opposition de la Chine et de la Russie à l’ONU a jusqu’à présent empêché les Occidentaux de rééditer l’ingérence armée comme en Libye.
Certains de nos lecteurs vont crier à la paranoïa, à l’obsession du complot. Qu’ils lisent alors le journal algérien El Watan du 18/09/2011, qui décrit la rumeur qui a agité Alger la veille : un appel au soulèvement contre le pouvoir sur facebook, anonyme et collectif, a été suivi de dénonciations par SMS de la part du Ministre de l’Intérieur, dénonçant des auteurs liés aux services occidentaux et sionistes ( ?). Provocation, on ne sait de qui, mais réalité en tout cas qui a peu de chance de réussir dans une Algérie qui sort à peine de dix ans de guerre civile intégriste et l’a payé très cher.
On est en tout cas au début seulement de cette nouvelle forme de guerre impérialiste, qui menace le monde autant qu’autrefois.

Francis Arzalier

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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 13:57

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Sécurité sociale

Fraudes à la Sécu : les cinq mensonges de Sarkozypipeau-4.gif

 

 

Tandis que 
le gouvernement instaure 
une journée 
de carence pour les fonctionnaires et une quatrième pour les salariés du privé, le président annonce une réforme 
du financement de la Sécu.

«La fraude, c’est la plus terrible et la plus insidieuse des trahisons de l’esprit de 1945. C’est la fraude qui mine le fondement même de la République sociale », rien de moins ! Candidat ou président ? Nicolas Sarkozy a en tout cas revêtu hier à Bordeaux le costume d’un « protecteur » du modèle social français, tout à la fois pour pourfendre les fraudeurs de la Sécu, assurer le SAV (service après-vente) de sa réforme des retraites – qui aurait selon lui sauvé le système par répartition –, et annoncer la mise en chantier d’une réforme du financement de la protection sociale. L’habillage est très « idéologique », sur le modèle de la campagne de 2007, avec maintes références au programme du CNR, au général de Gaulle et « aux frères d’armes » de la Résistance. Le terrain sur lequel s’engage le candidat-président paraît, au regard de ces évocations, plutôt décalé et même déplacé. Car c’est celui de la droite dite « populaire » et de l’extrême droite : les pauvres, ces « assistés », et les fonctionnaires comme boucs émissaires. Un terrain labouré depuis des mois par l’UMP.

                    medias dormez citoyensC’est bien au nom de la lutte contre la fraude que le ministre du Travail, Xavier Bertrand, proposait au même moment « l’instauration d’un quatrième jour de carence dans le secteur privé ». Une mesure, selon le ministre, qui représente une économie de 200 millions d’euros et « vise à responsabiliser davantage les assurés pour garantir un recours justifié aux arrêts de travail ». Dans la foulée, Xavier Bertrand annonce, « par souci d’équité, l’institution d’un jour de carence dans les trois fonctions publiques ». Dans le même ordre d’idées, il affirme que « les actions de contrôle des arrêts de travail, de courte et de longue durée, vont se renforcer ». « Il est inacceptable de désigner les salariés en arrêt maladie comme responsables des déficits de la Sécurité sociale ! » s’insurge la CFDT, qui fait remarquer que les indemnités journalières représentent 2,5 % du budget de la Sécu. Et rien n’est annoncé, ni par le président ni par ses ministres, pour lutter et pénaliser le travail non déclaré, responsable, selon les députés communistes, pour les deux tiers, des fraudes à la Sécurité sociale (voir ci-contre).

Les discours contre la fraude ne servent qu’à justifier les mesures d’austérité supplémentaires qui vont frapper les salariés, les retraités et les chômeurs. Et ce qui se prépare à travers l’annonce d’une réforme du financement de la protection sociale n’est que la casse du système français, dont Nicolas Sarkozy se prétend le protecteur. Comme cela avait été le cas pour la réforme des retraites, il promet une concertation avec la création d’un conseil supérieur du financement de la protection sociale, mais ses choix semblent déjà faits. Il s’agit de peser sur « le coût du travail », qui aurait augmenté plus en France qu’en Allemagne. « Ne cherchez pas ailleurs les raisons des difficultés ! » a-t-il lancé. Et d’évoquer le recours à l’impôt pour abaisser les cotisations sociales. Le matin même, Laurence Parisot avait devancé le président de la République en présentant, au nom du Medef, « un nouveau pacte fiscal et social pour la compétitivité de la France ».

  • 1. Les chiffres tronqués des arrêts maladie

De nombreux salariés abuseraient de la Sécurité sociale. C’est en tout cas le message distillé par le gouvernement ces derniers jours, chiffres à l’appui. On y apprend ainsi que 13 % des arrêts maladie de courte durée et 11 % des arrêts de longue durée seraient injustifiés. Petite précision qui a son importance : ces chiffres ne portent que sur une partie des arrêts maladie, ceux qui ont été effectivement contrôlés par les médecins de la Sécu. Lesquels s’intéressent en priorité aux arrêts répétés et/ou longs, plus susceptibles de masquer de soi-disant abus. Ainsi, en 2009, sur 285 000 contrôles pour arrêts courts (sur un total de 7 millions), 37 000 ont été jugés injustifiés, soit 13 %. Et sur 1,2 million d’arrêts longs contrôlés, 130 000 ont été jugés injustifiés, soit 11 %. Soit, au total, 169 000 cas « injustifiés », sur plusieurs millions de salariés ayant eu un arrêt maladie. Un chiffre qui représente bien peu par rapport au travail au noir. Qui plus est, la France est très loin du record d’Europe des indemnités maladie – qui lui coûtent 1,6 % de son PIB (produit intérieur brut), selon l’OCDE. Ce chiffre atteint en effet 4,9 % en Norvège, 4,6 % aux Pays-Bas, 3,2 % en Suisse, 2,3 % au Royaume-Uni… Des chiffres qui viennent recouper une étude menée par deux chercheurs du CNRS en 2010, qui a montré qu’entre 1994 et 2001, le taux d’absence globale (pour raisons de santé ou non) oscillait, en France, entre 10 et 11 %, contre 20 et 28 % au Danemark, 15 % au Royaume-Uni ou 16 et 18 % aux Pays-Bas.

  • 2. Le renoncement aux soins
explose en France

En septembre dernier, le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, se félicitait de la baisse du reste à charge des ménages dans le domaine de la santé. « Contrairement à ce qu’affirment certains, la prise en charge par la solidarité nationale est toujours aussi élevée, et la somme qui reste à la charge des ménages est la plus faible d’Europe, après celle des Pays-Bas », fanfaronnait-il. Sauf qu’en y regardant de plus près, il n’y a pas de quoi fanfaronner. L’accès aux soins devient de plus en plus difficile. D’après le dernier baromètre Cercle Santé-Europ Assistance, le renoncement aux soins pour raisons financières est, en 2011, une réalité pour… 29 % des Français. Il y a encore deux ans, ils n’étaient que 11 % ! Et ils ne font plus seulement l’impasse sur les soins dentaires et optiques, faiblement remboursés, mais aussi sur les soins courants. Il faut dire que, sur les cinq dernières années, le coût de la santé a flambé de 16,6 %, passant de 571 euros à 665 euros par an et par Français. Avec la future taxe imposée par le gouvernement aux mutuelles, ce sont environ 75 euros de plus par an et par personne qui vont creuser un peu plus les dépenses de santé des ménages. Dans ce contexte, l’instauration d’un nouveau jour de carence non indemnisé, aussi bien dans le privé que dans le public, risque surtout d’accroître le phénomène du renoncement aux soins.

  •  3. Premier au hit-parade de la fraude, le travail non déclaré

La fraude à la Sécu? N’en déplaise à M. Sarkozy, prompt à vouer à la vindicte les assurés sociaux, les premiers responsables se trouvent plutôt du côté de ses amis : les employeurs. De source officielle, le travail non déclaré est le premier poste de fraude sociale. Par nature difficile à chiffrer, ce phénomène représente, selon l’Insee, la bagatelle de 4,4 % du produit intérieur brut. Soit 55 milliards d’euros, avance l’institut de la statistique. Le manque à gagner pour la Sécu est considérable : entre 9 et 15 milliards d’euros de cotisations sociales. Rappelons que le déficit de la Sécu s’établit, cette année, à 18,6 milliards d’euros. S’il n’a heureusement pas les mêmes dimensions que dans les pays en voie de développement, le travail au noir augmente en France, comme dans l’ensemble des pays de l’OCDE. Des branches comme la confection, le bâtiment, sont régulièrement épinglées pour l’utilisation de cette pratique. En cause : la recherche du moins-disant social, le discours récurrent stigmatisant les cotisations Sécu comme autant d’insupportables « charges », alors qu’elles sont le gage d’une couverture sociale égalitaire et solidaire. Mais aussi le refus de régulariser les salariés sans papiers qui rend le gouvernement complice de l’essor du travail au noir, pointait récemment la CGT, qui a fait ce calcul : « La régularisation de 100 000 salariés payés au smic représenterait un apport de 280 millions d’euros sur la base des modalités de cotisations actuelles. »

  • 4. Accidents et maladies du travail :
le patronat ne veut pas payer

Si voler la Sécurité sociale, c’est, comme l’affirme Sarkozy, « trahir la confiance de tous les Français », il est une « trahison » que lui-même et ses acolytes du gouvernement oublient systématiquement d’évoquer : celle des entreprises qui n’assument pas, financièrement, les dégâts du travail sur leurs salariés, et qui en font peser le coût sur la branche maladie de la Sécu, participant ainsi au creusement du déficit. En théorie, les accidents et les maladies provoqués par le travail sont couverts par la branche accidents du travail et maladies professionnelles (AT-MP) de la Sécurité sociale, qui a cette particularité d’être financée uniquement par des cotisations patronales. Dans les faits, une bonne partie de ces accidents et maladies ne sont pas déclarés comme tels, et cela vient peser sur la branche maladie de la Sécu, financée, elle, par des cotisations salariales et patronales et par l’impôt. La sous-déclaration est due à la fois à des pratiques patronales de camouflage des accidents du travail, à une limitation par le patronat de la liste de maladies pouvant être reconnues comme professionnelles, et à une ignorance générale et entretenue, chez les salariés mais aussi chez les médecins, du lien possible entre maladies et travail.

Depuis 1997, le Parlement vote chaque année un transfert compensatoire de la branche AT-MP vers la branche maladie, basé sur une estimation de la sous-déclaration. En quinze ans, l’estimation du phénomène n’a cessé d’être revue à la hausse. Le dernier rapport officiel estime que la sous-déclaration représente entre 580 millions d’euros et 1,1 milliard d’euros de soins et indemnités, et le transfert financier a été fixé, dans le budget de la Sécu, à 790 millions d’euros pour 2012. Mais ces estimations reposent sur des données médicales lacunaires, et sont encore loin de la réalité.

  •  5. Exonérations de cotisations patronales, un trou de 30 milliards

C’est une conquête majeure du patronat : l’exonération de cotisations sociales patronales, en hausse de 55 % depuis 2002. À elles seules, elles représentent près de 30 milliards d’euros de manque à gagner pour la Sécurité sociale, soit bien plus que son déficit (18,9 milliards en 2011), que l’État compense, année après année, reportant ainsi le trou sur les finances publiques. Au fil des ans, la liste des exonérations de charges, qui bénéficient principalement aux employeurs, ne cesse de s’allonger : sur l’apprentissage, l’emploi à domicile, les contrats aidés, sur les allégements des 35 heures… Les allégements de cotisations sur les bas salaires (jusqu’à 1,6 fois le Smic) constituent en effet la plus grosse part de ces dispositifs (en hausse de 44 % depuis 2002), suivis par exonérations de charges au titre des heures supplémentaires, symbole du « travailler plus pour gagner plus ». Selon les estimations, plus que controversées, quelque 800 000 emplois auraient été créés, ou sauvegardés. Ce qui porte le coût de l’emploi à quelque 27 500 euros. Depuis 2010, les entreprises n’ouvrant pas la négociation salariale annuelle, en principe obligatoire, s’exposent à une réduction de 10 % de leurs exonérations. Mais la loi ne les oblige pas à conclure la négociation. Du côté des syndicats, nombreux sont ceux qui dénoncent les effets pervers de ces allégements, et notamment la fameuse « trappe à bas salaires » et la substitution de travail non qualifié au travail qualifié.

Olivier Mayer, alexandra Chaignan, Fanny Doumayrou, Yves Housson

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17 novembre 2011 4 17 /11 /novembre /2011 16:41

                                                                            MARE NOSTRUM-copie-1

 site:  http://canempechepasnicolas.over-blog.com

 droite.. (vidéos)

GRECE :

 

Deux ministres du LAOS,

nostalgiques du régime des Colonels,

au gouvernement aux côtés des socialistes

du Pasok et de la droite

Ces sulfureux ministres d'extrême droite

 

Par Laurent Berbon

 

Publié le 14 novembre 2011

Makis Voridis et Adonis Georgiadis ont été respectivement nommés ministre des Transports et secrétaire d'Etat au Développement et à la Marine marchande.

Makis Voridis et Adonis Georgiadis ont été respectivement nommés ministre des Transports et secrétaire d'Etat au Développement et à la Marine marchande. © reuters

 

Entrés au gouvernement de coalition grec, Voridis et Georgiadis sont  l’un des effets collatéraux de la crise de la dette. 28 ans après la chute de la dictature des colonels en Grèce, l'extrême droitea fait son retour  dans le gouvernement d’union nationale formé vendredi. Une première depuis le retour de la démocratie en 1974. Makis Voridis et Adonis Georgiadis, deux députés issus du parti d’extrême droite Laos, "Alarme populaire orthodoxe", ont été respectivement nommés ministre des Transports et secrétaire d'Etat au Développement et à la Marine marchande.

 

Les deux hommes travailleront étroitement avec des ministres de droite, mais aussi avec des socialistes. 

 Mais qui se cache vraiment derrière ces deux figures emblématiques de l’extrême droite grecque ?

 

Europe1.fr a enquêté.

   Voridis, proche du FN

© reuters

Makis Voridis, 47 ans, est un avocat qui a fait ses premiers pas en politique au sein de l'organisation de jeunesse du parti d'extrême droite Epen.

Une formation créée après le régime militaire et qui a longtemps côtoyé le Front national français de Jean-Marie Le Pen, précise LE FIGARO  

La nomination de ce dernier a d’ailleurs été positivement accueillie par l’extrême droite française. "L'entrée de notre ami Makis Voridis au gouvernement grec est une excellente nouvelle", s’est ainsi félicité sur Twitter Pierre Cheynet, membre du comité central du FN.


1er Congrès du Parti de la France  Makis... parAgence 2 presse.
Ce député a également participé, lorsqu'il était à la tête du mouvement Front hellénique, à la structure pan-européenne lancée par Bruno Gollnisch au nom du Front national, indique Rue 89.
 

Après avoir rejoint le Laos, Makis Voridis a aussi noué des liens avec un dissident du FN, Carl Lang, allant jusqu'à s’exprimer publiquement le 8 novembre 2009 au congrès de fondation du parti de la France, lancé par l’ancien cadre du Front national.

Le très controversé Georgiadis

© reuters

Co-éditeur en 2006 d'un pamphlet antisémite intitulé Juifs : l’entière vérité, un texte faisant l’apologie d’Adolf Hitler et appelant à l’extermination des Juifs,

 

Adonis Georgiadis est abonné aux controverses.

Le site Internet Conspiracy WatchC rapporte ainsi qu’en novembre 2009, à la télévision, le député du Laos s’en était directement pris au Premier ministre socialiste d’alors, Georges Papandréou, l’accusant d’avoir "vendu la Grèce à la communauté juive". "Le peuple juif, en contrôlant le système bancaire mondial, peut l’utiliser comme une arme pour faire chanter et contrôler les pays étrangers, comme la Grèce", avait lâché dans le même temps Adonis Georgiadis.

 

Egalement dans le viseur du député, la communauté musulmane. Adonis Georgiadis a reproché ouvertement à la gauche d’avoir "remis la Grèce entre les mains des musulmans et autres déchets comme ça".

 

L’incroyable ascension du Laos

 

Créé en 2000 par un journaliste de formation, Georges Karatzaferis, le Laos est venu occuper un vide dans le paysage politique qui ne comptait alors aucune formation d'extrême droite dans un pays fortement marqué par la dictature des Colonels. Le parti est devenu en dix ans un acteur important de la scène politique grecque. A coups de slogans xénophobes et antisémites, le Laos a dans un premier temps rapidement trouvé sa place, rassemblant 13,7% des voix dès les élections municipales de 2002 dans la circonscription d'Athènes-Le Pirée.

 

Au fil des ans, Georges Karatzaferis s'est efforcé de présenter un profil plus lisse, centré essentiellement sur le populisme. Refusant l'étiquette d’extrême droite, cet homme de 64 ans a fait adopter par son parti en 2007 une "charte" qui engage ses candidats à s'opposer "à tout phénomène de racisme, d'intolérance et d'antisémitisme".

A la faveur de cette quête de respectabilité, le Laos est parvenu cette année-là à franchir aux élections législatives le seuil de 3% des voix lui ouvrant les portes du parlement.

Un succès qu'il a reproduit au scrutin de 2009 où il a obtenu 5,63% des suffrages. Il compte aujourd'hui 16 députés.

Depuis le début de la crise grecque, le Laos a tenté de s'afficher en partenaire politique responsable allant jusqu'à approuver, seul avec les députés socialistes, le premier plan de sauvetage international de la Grèce accordé par l'Union européenne et le Fonds monétaire international en mai 2010.

 

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17 novembre 2011 4 17 /11 /novembre /2011 14:43

                                                            PETAIN-LE-PEN--2.jpg                                                                           

                                       

Un neurone, un peuple, une nationalité !

 
 
 

La France est en danger. Le chômage ? La pauvreté ? La précarité ? Les bavures policières ?doublenat.jpg Frédéric Lefebvre ? La casse des services publics ? Les ministres lubriques ? L’inégalité sociale ? Le mal logement ? Non-non, le fléau qui ravage les six coins de l’hexagone, c’est la double nationalité.

Et voilà qu’UMP et FN sont à nouveau d’accord pour réagir à la menace du cosmopolitisme galopant, surtout s’il est un tantinet musulman. Le diagnostic de Mme Le Pen, adressé aux députés, est sans appel : « L’explosion du chiffre des binationaux pose aujourd’hui des problèmes dont les Français sont de plus en plus conscients ». Quoi, vous ne vous en étiez pas aperçus ? C’est vrai que les gens que je connais, moi, se préoccupent de leur travail, ou de leur chômage, de la retraite qu’ils ne verront pas, des patrons qui les assomment, des hôpitaux qui ferment, des crèches où il n’y a pas de place… Apparemment, on n’a pas les mêmes fréquentations. Et d’ailleurs, elle l’a vue où « l’explosion du chiffre des binationaux », Madame ? C’est un beau mystère... Maintenant, on va poser une question à un neurone : comment on fait, normalement, pour avoir deux nationalités ? Mettons l’exemple d’un couple traditionnel : Ute von Karlmarx, allemande, et Jean-Jean Robespierre, bien de chez nous. Leur enfant, Pierre Karlmarx- Robespierre naît à Aubervilliers. Il a quoi comme nationalité Pierrot ? Si on appliquait le droit du sol (qui n’existe plus en France), il aurait une seule nationalité, la nationalité française, car c’est ici qu’il est né. Si on applique le droit du sang (la nationalité des parents), il est binational franco-allemand. Conclusion : pour réduire les cas de double nationalité, il faut adopter le droit du sol (car on naît à un seul endroit, en général), alors qu’avec le droit du sang on multiplie les nationalités. Bon, et que propose Mme Le Pen ? Elle combat le droit du sol, au profit du droit du sang qui augmente les cas de double nationalité. Et en même temps, elle gueule contre la double-nationalité qui résulte de la politique qu’elle défend ! Avec tous les go-gos de l’UMP à la que-leu-leu… ump-fn

Mais la section FN de l’UMP est un mouvement responsable. Au lieu de s’en tenir à la critique, elle propose. Lisons Marine Le Pen : « il est ainsi nécessaire d’engager une démarche authentiquement républicaine en mettant fin à la double nationalité, et de demander à chacun de nos compatriotes placés dans cette situation, de choisir son allégeance : la France, ou un autre pays ». Et voilà, c’est simple. Pour régler le problème terrible que cause le petit Pierrot à ce bas monde, on n’a qu’à lui demander : qui tu aimes le plus, dis Pierre, Papa ou Maman ? Tu veux être français comme Jean-Jean ou allemand comme Ute car, tu sais, c’est dangereux si tu es les deux ? Choisis donc à qui tu fais allégeance, mon petit bonhomme ? OK, mettons qu’on la vote cette loi bidon. Et mettons que Pierrot choisit la France (il préfère le chômage à la galère, en somme), que va bien arriver à sa nationalité allemande ? Rien du tout, évidemment, car ce n’est pas une démarche administrative française qui va lui retirer la nationalité allemande ! Et, d’ailleurs, on ne peut pas répudier si facilement la nationalité française non plus… Du coup, la loi française sera juste un torchon de plus, et le brave Pierrot, lui, restera double national ! Il faut vraiment mépriser le peuple pour demander à ses représentants de voter une loi aussi sotte et impuissante…

Ceci dit, il y a du vrai dans ce que crie Madame Le Pen. Puisqu’il y a bien un problème d’appartenance, causé par la multiplication des cas d’allégeance multiple… dans les services publics. Et oui, car à force de privatiser à tire-larigot, les sociétés qui gèrent nos services publics appartiennent un peu à l’Etat français, un peu aux fonds de pension américains, un peu aux banques installées dans les paradis fiscaux, un peu à un tas de rentiers assistés et feignants du monde entier qui se remplissent les poches sur le dos de ceux qui bossent… C’est cette nationalité multiple qu’il faudrait supprimer, vite fait ! Et si le mot nationalisation n’est pas assez à la mode, on n’a qu’à naturaliser les services publics.

Glop Lerouge

Secrétaire de Section

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