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CHANTS REVOLUTIONNAIRES

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17 novembre 2011 4 17 /11 /novembre /2011 09:32

  Clio

  Clio, la muse de l'Histoire

C'est cette véritable histoire de la faucille et du marteau que vous allez découvrir sur mon blog. La faucille et le marteau, deux outils qui entremêlés symbolisent le communisme. Que cela plaise ou pas et bien que l'Union soviétique ait disparu, cet emblème garde sa puissante signification. Déclaré suranné par certains, il évoque toujours l'espoir de jours meilleurs pour des millions de femmes et d'hommes à travers le monde. Mais d'où vient cet emblème? Qui l'a suggéré, qui l’a créé, qui l’a dessiné ? De quand date t- il ?
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Que la faucille et le marteau soient un héritage de la révolution russe, rien n'est plus évident. C'est pendant l'hiver de 1918 que le Conseil des commissaires du peuple se préoccupa de faire établir un emblème pour le sceau du gouvernement et le pays alors que diverses représentations spontanées avaient déjà vu le jour. La tâche fut confiée à un artiste, Alexandre Léo. Celui-ci élabora un premier projet représentant une faucille, un marteau, un glaive entrecroisés devant un bouclier d'acier, le tout entouré d'une couronne d'épis. Le Conseil des commissaires du peuple en discuta à partir du 20 avril. Lénine se prononça pour la suppression du glaive : qu'avait à faire celui-ci sur le sceau d'un état qui se voulait pacifique ? ( 1) Restèrent donc la faucille et le marteau qui furent d'ailleurs reprises en mai et juin 1918 dans bien d'autres projets (2). Retenons déjà la signification pacifiste de ce choix. La faucille et le marteau furent conservées dans les armes de la RFSFR prévues par la première constitution de celle-ci en juillet 1918, puis dans les armes de l'URSS en 1922.
Dès 1918-19 d'ailleurs, en Russie, la faucille et le marteau, emblèmes très vite populaires, se croisent ou voisinent, comme ce fut le cas pour les emblèmes républicains à l'époque de la Révolution française, sur toutes sortes d'objets, plats, médailles, timbres (3) etc., tandis que des artistes les reprennent dans leurs compositions, comme le peintre Jean Pougny, qui né en Finlande, travaillait alors en Russie.
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Que représentent dans l'imaginaire alors le marteau et la faucille? Le marteau, c'est le travail industriel assurément, mais c'est aussi l'ouvrier, plus généralement l'homme caractérisé par sa vigueur corporelle, car ce marteau peut être aussi une " masse ", lourde à porter. Outil polyvalent utilisé dans de très nombreux métiers et même dans les travaux domestiques - qui n'a pas aujourd'hui un marteau chez soi ? —, il apparaît assez bien adapté à la représentation du travail industriel ou artisanal, surtout si l'on tient compte du fait que les représentations symboliques des réalités matérielles sont souvent marquées par un certain archaïsme.
Quant à la faucille, c'est loin d'être seulement un symbole du travail agricole. Bien que le mot faucille en russe (" serp ") soit masculin, la faucille c'est l'outil de la femme à la campagne alors que les hommes utilisent plutôt la faux. La faucille, c'est donc aussi la femme, ce que suggèrent peut-être implicitement ses formes arrondies. Une affiche du 1er Mai 1920 en Russie illustre cette interprétation. On y voit, s'avançant fièrement vers l'avenir, côte à côte, un ouvrier portant une lourde masse, un paysan pourvu d'une faux, une paysanne portant une faucille. La meilleure illustration de cette dualité faucille - marteau se trouve dans le monument du pavillon soviétique à l'Exposition universelle de Paris en 1937, qui fut justement célèbre: un ouvrier et une kolkhozienne tendent vers le ciel, entrecroisés, le premier un marteau, la seconde une faucille. La signification apparaît claire : la société soviétique réconcilie le travail agricole et le travail industriel sur fond de paix comme elle unit plus étroitement l'homme et la femme.
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Il était normal qu'en France, où la pratique des symboles politiques était familière (avec le bonnet phrygien, par exemple), l'attirance pour le symbole nouveau fut vive. Dans la tradition républicaine et socialiste française, bien des éléments préparaient son adoption. La franc-maçonnerie avait déjà popularisé la représentation emblématique des outils du travail (le niveau, le fil à plomb). La marteau était, à travers le personnage du " forgeron ", familier aux écoliers français qui avaient appris à l'école l'Outil de Clovis Hugues : " Le père; un forgeron musclé comme un athlète/a deux outils de fer l'enclume et le marteau " ;ou mieux encore : la Légende du forgeron de Jean Aicard : " Un forgeron forgeait une poutre de fer (. ..)/ Il chantait le travail qui rend dure la main / Mais qui donne un seul cœur à tout le genre humain ".
Que de fois l'image de la " forge " avait été utilisée pour illustrer l'avenir en préparation, le rougeoiement du foyer s'identifiant au soleil levant ! Quant à la faucille, bien que cet outil ait été présenté, et parfois en plusieurs exemplaires, dans toutes les exploitations paysannes et même bien au-delà, qu'il ait été largement utilisé par les femmes dans une France encore majoritairement rurale, c'est peut-être un symbole usité, sans doute parce qu'en terme de représentation féminine, l'image de Marianne avait ici occupé le terrain. Un dessin de Steinlen, Souvenir de la Commune de Paris, met au premier plan, dans une foule ouvrière symbole du peuple, un ouvrier muni d'une masse, un paysan avec une faux, mais la femme du peuple qui conduit le cortège est ici - nous dirons : naturellement — une Marianne à bonnet phrygien (4). Rien ne s'opposait en tout cas, dans le domaine des représentations symboliques, à l'adoption en France de la faucille et du marteau.
Le prestige de la révolution d'Octobre aidant, la symbolique empruntée à la révolution soviétique s'acclimate sans peine dans le terreau culturel français. Il n'est donc pas étonnant que les timbres du nouveau Parti communiste fassent place en France dès 1922 à la faucille et au marteau (remplaçant la République rouge encore présente en 1921). Ce n'est qu'un peu plus tard avec la bolchévisation que le symbole est associé en 1924 au titre de l'Humanité, comme c'est encore le cas de nos jours. Sans doute, avant cette date, la faucille et le marteau trouvent occasionnellement leur place dans le journal : le 11 octobre 1923, par exemple, un dessin de Grandjouan montre une Marianne assise et pensive à côté d'un porte - feuille d'actions, d'un sabre, d'une faucille et d'un marteau, avec cette légende : " La révolution ou la guerre, la faucille et le marteau du travail ou le sabre, il faut choisir ma petite ! " Le 4 octobre 1924, le pas décisif est accompli. L'emblème- très proche alors que celui de la RSFSR — prend place à la droite du titre de l'Humanité. On tâtonne ensuite pour lui trouver une place définitive d'abord entre le L et le H (24 octobre 1924), puis derrière le M (16 mars 1926), et en même temps on le simplifie et or l'épure pour ne mettre en valeur fina-lement que les deux instruments de travail. Beaucoup plus récemment enfin, c'est sous le titre du journal qu'ont pris place ceux-ci.
Parti populaire, ouvrier et paysan, le PCF a trouvé dans la faucille et le marteau un emblème dont la signification la plus évidente (l'union des travailleurs industriels et agricoles) semblait bien correspondre à son identité réelle, alors que cet emblème était porteur au départ — comme on a tenté de le montrer plus haut -, de contenus plus riches et plus variés qui n'ont peut-être pas été pleinement assimilés.
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Ce symbole représente-t-il correctement ce qu'est devenu le Parti communiste et plus généralement la cause qu'il incarne dans une société profondément transformée? (5) L'imagerie symbolique, il faut le rappeler, n'a pas une fonction de représentation directe. La meilleure preuve n'en est-elle pas que la République s'identifie en France à une femme alors que les femmes ont eu le droit de vote très tard et que jamais une femme n'a accédé à la fonction suprême de l'Etat? Mais il n'est pas moins vrai qu'un emblème a une certaine importance, puisque tant à travers sa perception consciente que par ce qu'il évoque dans l'inconscient, celui-ci doit aider à mobiliser les individus en faveur de la réalité qu'il évoque.
La question de l'origine du symbole fait-elle problème après l'échec de l'expérience soviétique? La disparition de l'URSS, la tendance, en Russie, à revenir aux emblèmes de l'Ancien Régime (aigles et autres préda-teurs, tout à l'opposé de nos modestes instruments) restitue — semble-t-il - au symbole du PCF, bien naturalisé en France grâce à l'action du parti qui en est le porteur, un signification indépendante.
Reste enfin l'argument plus fort, selon, lequel l'emblème actuel, en privilégiant le travail manuel, en ignorant le travail intellectuel qui a pris une place de plus en plus grande dans tous les secteurs de l'activité économique, donnerait une image trop archaïque d'un parti qui se veut moderne.
Peut-on trouver mieux ? D'autres s'y sont essayé : l'ex-RDA, par exemple, avait repris, parmi ses symboles, le marteau, mais lui avait associé le compas. La diversité des formes du travail aujourd'hui fait qu'il est difficile sans doute de les résumer dans des outils quels qu'ils soient, surtout si l'on pense que ces outils doivent en outre se prêter à une représentation qui parle à la raison comme au cœur.
Ne fermons pas en tout cas la porte à l'imagination, aux efforts de renouvellement créateur. Mais ce que l'on peut espérer en revanche, c'est que, si un nouvel emblème était souhaité par les adhérents du parti, les significations primitives et émancipatrices de la faucille et du marteau soient conservées et mises en lumière, c'est-à-dire le pacifisme, l'union dans l'égalité, de la femme et de l'homme, la coopération des différentes formes du travail pour une société meilleure.
Raymond Huard
(1) Voir l’Union soviétique n°9 (270),1972,p.8
(2) Voir sur ce point l’ouvrage de W.Bereliwitch et L.Gervereau, Russie-URSS 1914,1991, changements de regards , BDIC, 1991, notamment p.12-13 qui donne une histoire beaucoup plus détaillée des emblèmes soviétiques.
(3) Voir à ce sujet les documents rassemblés dans l’ouvrage En écoutant le cœur de la révolution (en russe) éd.Aurore Léningrad, 1977 (plusieurs rééditions)
(4) Le Congrès de Tours, Ed.sociales, 1980, p.8
(5) La question a été posée dans une lettre à l’Humanité Dimanche par Claude Boudret de Robion Vaucluse), lettre publiée dans le numéro 197, 23 au 29 déc.1993.
 Le texte ci-dessus reproduit à l’identique l’article paru initialement dans l’hebdomadaire du PCF : " Révolution " n° 727 du 3 février 1994 –pages 26 et 27. Il est publié sur ce site dans le simple but d’informer les internautes sur un sujet rarement (pour ne pas dire jamais) traité sur le web ou ailleurs.
 
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16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 14:27

Partager les richesses et abolir l’insécurité sociale le-programme-du-front-de-gauche

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La France n'a jamais été aussi riche mais ces richesses n'ont jamais été aussi mal partagées. Notre priorité absolue : éradiquer la pauvreté, la précarité et relancer l'économie par le partage.

 

  • Interdire les licenciements boursiers et rétablir le CDI à temps plein comme norme du contrat de travail.

  • Porter le SMIC à 1 700 euros net par mois pour 35 heures et instaurer d'un écart maximum de salaire de 1 à 20 pour toutes les entreprises.

  • Rétablir le droit à la retraite à 60 ans à taux plein, augmenter les minimas sociaux et créer une allocation jeunesse d'autonomie.

  • Adopter un pacte de défense et de développement de nouveaux services publics (santé, logement, petite enfance...).

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16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 14:07

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                                                                     Résistants Corses

Par Danielle Bleitrach
 

Un ami m’a envoyé ce texte de Michel Onfray que je place à la fin (voir le lien en bas de page) pour que chacun juge jusqu’où l’anticommunisme et le désir d’exister peut conduire quelqu’un qui prétend au titre d’intellectuel.

 Mon premier réflexe a été de ne pas m’en préoccuper. Périodiquement il surgit quelque libelle de ce type. De surcroît je m’estimais mal placée pour critiquer Michel Onfray vu que de sa pléthorique production je n’ai lu qu’un truc sur les cyniques tellement racoleur qu’il m’est tombé des mains. Quelques « bonnes feuilles » de son machin sur Freud qui m’ont incitée à éviter l’ouvrage.

Que faire alors de ce médiocre compte rendu d’un livre dont je pense  qu’il ne passera pas à la postérité même si  Michel Onfray nous assure qu’il a été publié dans «  la très sérieuse maison d’édition Larousse dans une collection dirigée par Emmanuel Thiébot qui fit un temps partie de l’équipe de l’Université Populaire de Caen« . L’université populaire de Caen étant on le sait la créature du dit Michel Onfray.

Michel Onfray a subi une véritable illumination devant cet ouvrage. Au point à partir de cette unique lecture de traîner dans la boue  Guy Mocquet, excusez du peu. A partir d’un seul livre, il est vrai publié dans la très sérieuse maison d’édition Larousse dans une collection dirigée par Emmanuel Thiébot qui fit un temps partie de l’équipe de l’Université Populaire de Caen« . D’autres intellectuels ayant eu une telle illumination tenteraient de se ressaisir, ils multiplieraient les lectures, les références avant de s’engager. Mais non Michel Onfray a ceci de commun avec Bernard Henri Lévy qu’il leur suffit d’un seul livre de quelque auteur peu ou mal connu pour se faire une opinion définitive, pour adopter une « posture » : Guy Mocquet serait en fait un pro-nazi parce que communiste. Et Michel Onfray de nous inviter à regarder en face la vérité sinon le nihilisme nous menacerait. Heureusement Michel Onfray et BHL sont là, avec eux l’essayiste n’a plus une attitude morale mais une morale de l’attitude… Sur rien, sur un livre feuilleté à la hâte dont on tire une exaltation incontrôlée des sphincters de l’égo… Et tout cela en reprenant le grand air du pacte germano-soviétique et du communisme stalino-hitlérien. Michel Onfray n’a visiblement pas consulté la montagne d’ouvrages qui a été écrite sur le sujet , il a une révélation. Comme pour Freud, il n’argumente pas il dévoile l’anecdote dont il vient de prendre connaissance, un ragot peut-être qu’importe.

Se trouvera-t-il un historien digne de ce nom pour perdre son temps à réfuter ce grand air de la calomnie devenu ou plutôt redevenu évangile pour Michel Onfray ? Je crains que non alors je ne vais pas me lancer non pas dans l’entreprise de reprendre toute la période historique, l’alliance du Front populaire se cassant le nez sur la Guerre d’Espagne, le refus des socialistes d’intervenir, la lutte antifasciste des communistes. Munich, la trahison de Chamberlain, Daladier. L’originalité du parti Communiste français qui justement a refusé la ligne classe contre classe et a constitué un Front populaire antifasciste.  Il faudrait tout reconstruire pour contextualiser ce que Michel Onfray résume au pacte germano soviétique et à la seule demande de parution de l’humanité aux troupes d’occupation. Ce qui n’a pas été le fait du « parti » mais d’un seul dirigeant qui s’est trompé et s’est illustré dans la Résistance, lançant l’appel à la résistance avant celui du 18 juin. mais voyez la canaillerie du texte, cela devient « nous avons des ennemis communs les anglais,  les juifs »… Alors même qu’en 1938, il y a eu la conférence d’Evian, le refus général d’accueillir les juifs, cela devient les communistes qui sont antisémites pour Onfray… Minable..; Des historiens décriront mieux que moi cette lutte antifasciste menée par les communistes français depuis 1934 alors même que comme l’a décrit Annie Lacroix-Riz le patronat avait fait déjà alliance avec les nazis.

Mais je vais apporter un témoignage. J’ai écris sous forme de dialogue les mémoires de Gaston Plissonnier et nous avons beaucoup discuté de cette période.  ce que m’a décrit Gaston Plissonnier qui à l’époque était en Bourgogne c’était la situation du parti à ce moment.

En 1938, il y a eu Munich,

la Tchécoslovaquie a été livrée. Puis le pacte germano-soviétique comme réponse à Munich. Alors même que le gouvernement français ne prépare pas la guerre contre l’Allemagne, que le patronat est déjà allié aux nazis, le pacte germano soviétique fournit prétexte à se débarrasser de ceux qui combattent dans les usines, ont imposé les congés payés, la répression s’abat sur les militants communistes jusque dans les syndicats  en bas où, les communistes étaient majoritaires : ils seront dissous par le ministre de l’Intérieur, 620, au total.  La moitié du Comité central et trois membres du Bureau Politique Cachin, Sémard et Billoux sont en prison mais Maurice Thorez reçoit l’ordre de partir à Moscou et Jacques Duclos, Benoît franchon et Charles Tillon partent en clandestinité. Ce que me décrit alors Gaston Plissonnier c’est un parti qu’il faut reconstituer en le faisant entrer en clandestinité.

Il m’a raconté comment il allait de ferme en ferme alors même que les jeunes hommes (jusqu’à quarante ans) étaient mobilisés et que le parti était interdit et il ne savait pas à qui il avait affaire. Mais comme Monmousseau était envoyé à Marseille, Charles Tillon à Bordeaux, lui tente de recréer un parti illégal dans sa Bourgogne. Ils se battent pour la survie du Parti, sur des bases de classe, ce moment  est très proche du refus de Blum de soutenir les Républicains espagnols face au fascisme, de l’internement de ces espagnols dans des camps. Donc de l’analyse de la complicité entre la bourgeoisie et les fascistes et de la mollesse des socialistes. Gaston me racontait que les structures clandestines qui se recréaient se faisaient sur ces bases, le prolétariat et les intellectuels ralliés à lui étaient les seuls à n’avoir pas trahi, ce que Mauriac confirmera en disant que « la classe ouvrière est la seule à être resteé fidèle à la patrie profanée ».. Les femmes jouent un grand rôle dans ce temps de mobilisation, l’épouse de Gaston mais aussi l’union des jeunes filles de France avec Danielle Casanova.

Ce témoignage de Gaston qui insistait sur non seulement les difficultés de réorganiser un parti clandestin puisque le gouvernement qui pactisait de fait avec les nazis avait organisé la répression des communistes mais aussi sur les objectifs de résistance et la nécessité que ce soit le parti lui-même qui organise sa propre résistance  a été également confirmé par mon mari qui lui avait organisé la résistance du pays d’Aix et qui à ce titre avait été torturé par la gestapo, puis fut emprisonné à la Centrale d’Eysses et ensuite déporté à Dachau. Il m’a décrit le même travail qu’il a du faire dans les mêmes conditions pour recréer un parti, son effroi devant la foule qui se pressait lors de la venue de Pétain. Il avait adhéré en 1936 pour mener la lutte antifasciste pour lui en réorganisant le parti comme l’avait fait partout des  communistes à la même époque, celle de la drôle de guerre puis celle de la débâcle des armées mal préparées et le début de l’occupation nazie, il n’y a jamais le moindre doute sur la nature de leur combat.

Face à cela, voyez comment Michel Onfray glisse,

comment il accuse les communistes d’avoir saboté les armes dans les usines, d’être quasiment à l’origine de la débâcle de l’armée française, le patronat celui qui s’est réellement entendu avec les nazis « plutôt Hitler que le Front populaire » est blanchi c’est la faute aux ouvriers…

Je dois dire que quand j’ai lu ce torchon de Michel Onfray j’ai repensé à tous ces gens,
à ce jeune communiste torturé et qui s’était coupé la langue pour ne pas parler et je me suis dit que cet individu déshonorait le nom d’intellectuel, non seulement par ses méthodes de travail, le ragot, la provocation se substituant à la recherche des preuves mais parce qu’il s’attaquait à quelqu’un qui le dépassait de cent coudées pour rien, comme ça pour le plaisir de faire parler de lui…

triste…

 

Danielle Bleitrach

 

Cette article est la réponse à l’article suivant: http://mo.michelonfray.fr/chroniques/la-chronique-mensuelle-de-michel-onfray-n%C2%B0-78-novembre-2011

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16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 13:51

 

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Leur Europe : Le point commun  des nouveaux dirigeants européens

 Les nouveaux dirigeants européens ont un point commun : ils ont tous travaillé pour ou avec la firme Goldman Sachs !

Le nouveau Président de la Banque Centrale européenne, Mario Draghi, a été responsable d’une division de Goldman Sachs chargée des fameux risques souverains. Le nouveau Président du Conseil italien, Mario Monti, est depuis 2005 International Advisor de cette Banque d’Affaires américaine, qui symbolise à elle seule les errements et les abus d'un certain capitalisme financier globalisé. Enfin, le nouveau premier Ministre grec était le responsable de la Banque centrale grecque qui a maquillé, grâce aux montages frauduleux de cette même enseigne de Wall Street, les comptes de la Grèce pour l’aider à entrer dans la zone euro.

On comprend dès lors que les marchés financiers soient contents de ces nominations. [...]

site: http://www.agoravox.fr/tribune-libre/politiques-citoyens/article/les-nouveaux-dirigeants-europeens-104268

Mais les peuples?

 

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16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 09:57

 

a-copie-5.png Et si l’Iran, qui en est le principal riverain, fermait le détroit d’Ormuz ? La crainte d’un blocage de cette voie d’eau stratégique, par laquelle transite 40 % du pétrole exporté du Proche-Orient, ressurgit à chaque montée de tension à propos de l’Iran : c’est à nouveau le cas après la déclaration du président israélien Shimon Pérès, le 5 novembre dernier, selon laquelle la perspective d’une option militaire contre l’Iran pour l’empêcher d’obtenir l’arme nucléaire se rapproche. Et après la publication le 8 novembre du rapport de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) évoquant de « sérieuses inquiétudes concernant une possible dimension militaire du programme nucléaire » de Téhéran, alors que de son côté le président français Nicolas Sarkozy assurait le 9 novembre à une délégation à Paris du Congrès juif mondial vouloir accentuer les pressions sur l’Iran, « Israël n’ayant n’a pas de meilleur partenaire pour sa sécurité que le gouvernement français ».

 

Sur Israël-Infos, Gerard Fredj relève que le numéro un français a reçu mercredi « durant quatre vingt onze minutes »cette délégation du Congrès juif mondial, conduite par son président Ronald Lauder, ainsi que Richard Prasquier, président du Conseil représentatif des institutions juives (CRIF), désireux d’obtenir de M. Sarkozy l’assurance qu’il inciterait les pays occidentaux à agir rapidement pour empêcher l’Iran de parvenir à assembler une bombe nucléaire. Selon Richard Prasquier, Nicolas Sarkozy aurait effectivement assuré qu’il « pousserait »à un renforcement des sanctions internationales contre Téhéran, qui rendraient difficiles les transactions de la Banque centrale iranienne et les exportations de pétrole. En revanche, le président français aurait insisté sur les « conséquences lourdes »d’une intervention militaire destinée à frapper les sites nucléaires iraniens.

Deux mentions récentes de ce qui pourrait se passer autour de ce passage d’Ormuz, long de 63 km et large de 40 km, avec deux rails de navigation de 3 km de large essentiellement situés dans les eaux omanaises - détroit qui relie la mer d’Oman au Golfe arabo-persique, et voit passer chaque année deux mille quatre cents pétroliers, au long de la côte iranienne [1]. Pour Kaveh L. Afrasiabi, professeur de science politique aux universités de Téhéran et Boston, « l’Iran peut couper le détroit d’Ormuz pratiquement à tout moment, et cela mettrait un coup d’arrêt à l’exportation des quelque 6 millions de barils de pétrole embarqués chaque jour [2».


Comme une éventuelle intervention militaire israélienne contre les implantations nucléaires en Iran « nécessiterait, pour avoir des chances de réussite, d’effectuer des frappes sur une douzaine de sites, certains dans ou autour de secteurs peuplés, avec une forte probabilité de faire de nombreuses victimes civiles », cela déclencherait selon lui « un tsunami de colère populaire » dans le pays, qui conduirait les responsables politiques iraniens à lancer des représailles aussi dures que possible contre les intérêts américains et israéliens, avec notamment un blocage d’Ormuz.

« Rhétorique incendiaire »

Cet intellectuel, réputé proche du président Ahmadinejad, estime – comme d’autres experts de politique étrangère en Iran – que l’exécutif américain ne fait rien pour apaiser ce qu’il appelle la « rhétorique incendiaire » d’Israël : « C’est sans doute parce que le président Barack Obama est trop occupé par d’autres problèmes, mais cela peut constituer une erreur grave et coûteuse. »

« La pose de mines dans le Golfe arabique, surtout dans le détroit d’Ormuz, est la principale menace à prendre en compte », considère de son côté Ahmed Al Attar, un commentateur emirati, spécialiste des questions de défense et d’énergie. Il rappelle qu’en 1988, la frégate américaine Samuel B. Roberts avait heurté une mine iranienne, et avait été presque perdue. « L’installation de champs de mines à grande échelle entraverait considérablement le trafic de pétrole et l’ensemble du commerce maritime dans le Golfe, et serait difficile à contrer, quoique pas impossible, estime-t-il. Mais la pose de mines, ou l’utilisation de missiles, affecterait également le commerce pétrolier de l’Iran, autant sinon davantage que celui de ses ennemis. L’aviation et la marine iraniennes seraient rapidement annihilées ; les forces armées se retrouveraient sans couverture air, aux prises avec des attaques aériennes répétées. Et il serait vite l’heure d’abandonner la partie… »

Durant la guerre Iran-Irak des années 1980, des tankers avaient été bombardés par la chasse iranienne dans le Golfe persique. Les prix du brut avaient explosé, tout comme les tarifs d’assurances. L’Iran peut être tenté d’agiter la menace de sa « marine de guérilla » – constituée notamment d’escadrilles de vedettes rapides – et d’une éventuelle fermeture du détroit, au cas où Israël, les Etats-Unis ou l’Europe iraient trop loin dans les sanctions, ou dans des projets d’attaque de ses installations nucléaires.

Le dernier incident sérieux dans la région remonte au 5 janvier 2008. Des vedettes rapides iraniennes s’étaient faites menaçantes contre une petite escadre de l’US Navy, de passage dans le détroit : des bâtiments américains qui rasaient, semble-t-il, la côte iranienne. L’ancien président George W. Bush était alors attendu dans la région. L’incident, qui n’avait pas débouché sur une poursuite ou un tir, avait permis en revanche à la diplomatie américaine de battre le tam-tam auprès des pays du Golfe en faveur d’une coalition anti-iranienne, et au président lui-même de se poser en garant de la libre circulation dans le golfe et le détroit.

La perspective d’une option militaire

Les présidents américain et français ont profité du récent sommet du G20 à Cannes pour dénoncer le programme nucléaire militaire iranien, et agiter la menace de nouvelles sanctions, tandis qu’en Israël on débattait gravement d’une possible expédition punitive des forces armées, dans la foulée d’une déclaration du président israélien. Shimon Pérès [3] avait estimé le vendredi 5 novembre que la perspective d’une option militaire contre l’Iran pour l’empêcher d’obtenir l’arme nucléaire se rapprochait, et suscité une avalanche de débats et commentaires dans la presse israélienne.

Il semble admis, une semaine plus tard, que ce nouvel accès de fièvre était essentiellement verbal, à usage politique, dans l’attente de la publication d’un rapport « favorable » de l’AIEA ouvrant la voie à un nouveau train de sanctions internationales.

Au contraire de l’Egyptien Mohamed El Baradei, qui faisait preuve d’une certaine indépendance, même s’il a peut-être eu une tendance pan-islamique à minorer les tentatives iraniennes pour se doter de l’arme atomique, le Japonais Yukiya Amano – son successeur à la tête de l’AIEA – semble parfaitement en phase avec Washington (qu’il a consulté quelques heures avant de sortir son rapport), et avec Israël (qui a aussitôt clamé que ce rapport confirmait et même légitimait ses inquiétudes répétées). Selon Téhéran, qui ne compte pas changer de politique, ce rapport est fabriqué à l’aide d’éléments communiqués opportunément par des services secrets occidentaux, et ne reflète pas la réalité.

Sur un plan technique, on relève dans la lettre confidentielle TTU, spécialisée dans les questions de défense [4], « qu’à partir de la fin de l’année, l’aviation israélienne n’aura plus à demander la permission aux Etats-Unis pour survoler l’Irak et mener d’éventuelles attaques contre les installations nucléaires iraniennes ». La clause dans l’accord militaire entre l’Irak et les Etats-Unis signé en novembre 2008, incluse sous la pression du premier ministre chiite Nouri al-Maliki, qui a institué une zone interdite de vol au-dessus du territoire irakien en vue d’empêcher des raids israéliens contre l’Iran, arrive en effet à expiration à la fin 2011, après le départ officiel des troupes américaines d’Irak. Or, rappelle TTU, le plus court chemin vers l’Iran pour l’aviation israélienne passe par l’Irak. Par ailleurs, les vives tensions de ces derniers mois entre Israël et la Turquie excluent un passage par ce dernier pays [5].

Ne pas délaisser le Golfe

Plus généralement, si l’ex-président Bush rêvait de remodeler le Proche-Orient, c’est ce même Proche-Orient avec ses évolutions politiques récentes qui, en attendant, contraint l’exécutif conduit par Barack Obama à redéfinir la posture stratégique des Etats-Unis dans le Golfe. Dans un dossier de la revue Diplomatie (juin-juillet 2011) sur « la géopolitique des Etats-Unis : la fin d’un empire ? », Anthony Cordesman, titulaire d’une chaire de stratégie au Center for Strategic and international Studies (CSIS), conseille au gouvernement américain - auquel il n’est pas hostile ! - de ne pas délaisser le Golfe, qui doit rester une priorité absolue pour les Etats-Unis (comme pour la plupart des pays dépendants du pétrole proche-oriental), quitte à laisser à l’Inde, la Chine, et la Russie le « grand jeu » dans l’Asie du Sud, et à « oublier » ou presque l’Afghanistan, le Pakistan, etc., en évitant en tout cas d’y contrarier les fragiles équilibres actuels.

Cordesman, qui dresse un tableau inquiétant des failles et zones de fracture au Proche-Orient, dans des pays qui étaient jusqu’ici des partenaires privilégiés des Etats-Unis (Egypte, Tunisie, Yémen, Bahrein), suggère par exemple :

 de traiter l’Iran comme s’il était déjà une puissance nucléaire potentielle, de ne pas compter sur une opération israélienne, ni sur une évolution favorable du régime, et d’examiner avec les pays du sud du Golfe un possible dispositif de défense antimissiles, en leur offrant une garantie globale de sécurité ;
 de s’appuyer sur le nouvel Irak, comme gardien du trublion iranien, en y maintenant dans la mesure du possible une présence militaire significative, en continuant à former son armée à la contre-insurrection et au contre-terrorisme, etc. ;
 de rassurer les petits riverains du sud du Golfe (Koweït, Bahrein, Qatar, Oman) quant au maintien des installations militaires américaines actuelles ;
 de maintenir une présence navale et aérienne forte dans le Golfe, pour dissuader toute action iranienne sur le détroit d’Ormuz, le Golfe persique, le Golfe d’Oman, l’océan Indien ;
 de considérer l’Egypte et la Jordanie comme des « partenaires critiques » pour la sécurité à l’ouest du Golfe, en mer Rouge,etc. ;
 de développer des programmes de formation, équipement, etc. des armées locales, pour éviter aux forces américaines d’apparaître en première ligne (le fameux « leadership from behind » qui fait florès ces temps-ci) ;
 et aussi de maintenir un partenariat stratégique avec les grands alliés extérieurs au théâtre que sont notamment la Grande-Bretagne, la Turquie, ou la France.

Notes

[1] Une base française interarmées permanente a été créée en 2009 à Abu Dhabi, aux Emirats arabes unis, aux approches du détroit, face à l’Iran.

[2] Voir son autre article dans Asia Times, « False bells on Iran’s nuclear program ».

[3] Le même Shimon Pérès avait contribué à faire d’Israël une puissance nucléaire dans les années 1960, avec l’aide technique de la France.

[4] 9 novembre 2011 – n° 821.

[5] En septembre 2007, lorsqu’elle a attaqué un site nucléaire dans le nord de la Syrie, ses appareils avaient largué accidentellement des réservoirs de carburant sur le territoire turc.

http://blog.mondediplo.net/2011-11-10-Ormuz-detroit-de-la-peur

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16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 09:42

                                                         MARE NOSTRUM-copie-1

 

 

 

Portugal-0219.jpg180 000 fonctionnaires dans les rues de Lisbonne contre la casse du service public, aggravée par le nouveau plan d'austérité, avec comme perspective la grève générale du 24 novembre

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Ils étaient 180 000 travailleurs de la fonction publique ce samedi 12 novembreà avoir répondu à l'appel du Front commun des syndicats de l'Administration publique pour protester contre la nouvelle mouture du plan d'austérité adoptée au Parlement vendredi dernier, en concertation avec la « troika » BCE-Union européenne-FMI.



Le gouvernement socialiste est à l'origine des quatre premiers plans d'austérité qui ont déjà gelé les salaires et les allocations sociales, augmenté les impôts les plus injustes comme la TVA ou lancé de larges programmes de privatisation touchant notamment l'entreprise nationale d'électricité (EDP), des transports (CP) ou la Poste (Correios).



Pour cette énième version,la nouvelle majorité de droite élue en juin dernier bénéficie naturellement du soutien public du Parti socialiste qui s'est abstenu vendredi.



Ce nouveau plan prévoit la baisse des salaires et des retraites des fonctionnaires avec la suppression des primes de congé et de Noël, l'augmentation du temps de travail d'une demi-heure pour tout le monde, l'augmentation de la TVA sur la plupart des produits de base ou encore la baisse drastique des budgets de l’Éducation et de la santé.



Au-delà du nombre, la réussite de la mobilisation tient à l'unité syndicale réalisée dans l'action entre la CGTP-IN, proche des communistes, et l'UGT, traditionnellement proche des socialistes, et ce sur les positions de la CGTP. Jusqu'à présent, la CGTP se contentait d'appels à l'unité d'action et mobilisait par ses seules forces pour les journées de grève et de mobilisation, l'UGT privilégiant le « dialogue social » avec le pouvoir.



Ce samedi, ce sont plusieurs centaines de milliers travailleurs de la fonction publique qui ont défilé à Lisbonne de la Rotonde du Marquis de Pombal jusqu'à la place des Restaurateurs, toutes catégories confondues : fonctionnaires du pouvoir central et local, jeunes en contrat précaire, professeurs, infirmières, personnel hospitalier. Même les militaires ont participé à la journée de mobilisation, dans un cortège séparé.



Cette journée de mobilisation a constitué une répétition pour la journée de grève générale du 24 novembreconvoquée par la CGTP-IN, et à laquelle s'est ralliée l'UGT pour lutter contre le « pacte d'agression » convenu entre la droite, le PS et l'Union européenne.



Comme l'a souligné samedi Ana Avoila, coordinatrice du Front commun des syndicats de l'Administration publique : « C'est seulement par la lutte organisée que nous pourrons mettre en échec cette offensive. La lutte est inévitable ».



Les communistes qui conservent un lien organique avec le syndicat de la CGTP-IN ont pleinement contribué au succès de cette mobilisation, participant à la construire à partir des lieux de travail.



En tête du cortège du PCP, le secrétaire-général du Parti, Jéronimo de Sousa, a qualifié samedi cette manifestation « de magnifique réponse des travailleurs à l'idéologie de la fatalité, du conformisme et de la résignation, et il s'agit déjà d'une grande démonstration de ce que va être la grande grève générale du 24 novembre ».



Il a ajouté que « les travailleurs de l'Administration publique ont été la cible d'une attaque contre leur dignité, leurs droits mais on ne peut les traiter séparément des travailleurs du privé, car avec son pacte d'agression, ce Gouvernement veut toucher également tous les secteurs qui vivent du revenu de leur travail », exhortant tous les travailleurs à participer à la grève générale.



Comme en Grèce, la mobilisation organisée des travailleurs monte en puissance au Portugal et rassemble des couches de plus en plus larges de la population sur des objectifs clairs : le refus de l'austérité, d'où qu'elle vienne, le rejet de la politique de casse sociale que le consensus européiste dominant veut imposer aux peuples.



En Grèce comme au Portugal, ce sont les communistes qui sont à l'avant-garde du mouvement et contribuent à lui donner une vigueur et une perspective politique qui permettent d'envisager la rupture avec ces politiques de droite, ici et maintenant, dans les luttes !

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16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 09:35

Contribution de Michel Stefani MICHEL

 

La campagne des élections présidentielle et législatives  s’accélère au rythme des événements qui se bousculent depuis le mois de septembre. Le succès de la Fête de l’Humanité, l’entrée en campagne du Front de gauche et la diffusion massive du programme « L’humain d’abord », le basculement, inédit dans la Ve République, du Sénat à gauche, la persistance d’une résistance sociale multiforme avec de nombreux conflits notamment ceux d’Air France et du Crédit mutuel, les journées de mobilisation forte des enseignants ou de l’interprofessionnel CGT le 11 octobre en sont.

 

Dans ce contexte, et plus largement, alors que la crise s’aggrave, les primaires socialistes donnent plusieurs indications sur les conditions dans lesquelles la bataille politique de 2012 se déroulera, sur une partie importante de l’opinion dans le pays. Nous devons apprécier cette situation, nouvelle et, devant l’avalanche d’austérité que le gouvernement nous impose ou nous annonce, faire prévaloir une alternative de gauche en lien avec les luttes, à partir de cette résistance sociale et finalement dans les urnes.

 

C’est une nécessité, pour celles et ceux qui n’ont que leur travail, voire connaissent le chômage ou n’ont que le RSA pour vivre et faire vivre leurs familles, cette politique c’est en définitive toujours plus de souffrances au quotidien alors que les profits des grandes entreprises, celles du CAC 40, sont toujours très florissants crise ou pas crise. Il y a, d’ailleurs, une forme de cynisme très prononcée dans la manière de présenter les choses. On explique que la dépense publique génère le déficit public et qu’il faut réduire le train de vie de l’Etat autrement dit la dépense sociale nécessaire pour les services publics, la santé, les logements sociaux, l’éducation…

 

On le voit, la crise sera tout à la fois la toile de fond et le cœur de l’affrontement social et politique de l’année à venir. Nos analyses sont confirmées au fil de ses développements de plus en plus spectaculaires. Les contradictions d'intérêts grandissent et menacent désormais d'éclatement toute la zone euro. Les négociations, à chaque sommet européen, ont été la démonstration d’un bras de fer mené par les Allemands pour imposer leur domination renforcée.

 

Ce que nous vivons n’est pas une crise de la dette telle que décrite depuis des mois, mais une crise du système capitaliste tel qu’il s’est mondialisé dans les dernières décennies. Ainsi, la somme actualisée des intérêts de dettes payées aux marchés depuis 1974 représentent pour la France près de 1200 milliards d’euros c’est à comparer avec les1591 milliards d'euros de la dette publique fin 2010. Ajoutons à ce constat que les dirigeants des banques françaises ont augmenté en moyenne de 44,8 % leurs rémunérations en 2010 pour mesurer tout le cynisme de leur recherche effrénée du profit.

 

C’est cet endettement spéculatif qui a explosé en 2007-2008, déstabilisant le système bancaire. C’est ensuite l’ampleur des interventions des États et de la création monétaire de la Réserve fédérale américaine et de la BCE pour sauver les banques et le système qui a provoqué la crise des dettes publiques européennes et de l’euro, amplifiée par la menace de déflagration avec une dette américaine à 15.000 milliards de dollars !

 

Comment cela se traduit chez nous, au-delà de la hausse brutale du chômage, c’est la RGPP et ses 1000 postes supprimés, le gel des dotations et celui de la continuité territoriale depuis 2009 avec 10 M€ en moins, et enfin sous couvert de réduction des niches fiscales la mise en cause des réfactions de TVA, au détriment des consommateurs doublement pénalisés par la hausse de TVA et la cherté de la vie. Le pouvoir d’achat des ménages insulaires s’en ressentira et plus encore pour ceux dont les revenus sont sous le seuil de pauvreté (930 €) et tous les autres, plus d’un salarié sur deux en Corse, dont le salaire mensuel correspond au SMIC …

 

La Corse nous disait-on résiste mieux mais l’actualité, en nous donnant raison puisque nous contestions cette analyse, montre brutalement le contraire. Les chiffres du chômage sont tellement alarmants que le préfet de région s’en est inquiété publiquement. 15 000 chômeurs pour 100 000 actifs c’est 15 % et les plus touchés sont parmi les jeunes et les plus de 50 ans. Cette situation est d’autant plus inquiétante que le chômage a augmenté au moment même où il aurait dû baisser pendant les mois d’été. Encore une fois, nous touchons aux limites du modèle économique de la mono activité touristique et d’une croissance reposant essentiellement sur la commande publique.

 

Quelles sont les réponses à cette urgence sociale ?

 

Les choix de la nouvelle majorité régionale, confirment la volonté d’y faire face en ayant à l’esprit que la CTC ne peut, sans l’expression d’une solidarité nationale forte, régler à elle seule ces difficultés grandissantes. Nous en avons parfaitement conscience, nous l’avions dit dans notre campagne électorale de 2010, tout en soulignant qu’il fallait réorienter la politique de la CTC, changer de modèle économique  au bénéfice du secteur industriel.

 

Du coté des dirigeants nationalistes, on soutien, qu’il faut mettre au cœur des échéances de 2012 la question institutionnelle les uns parlant de plus d’autonomie dans une Europe fédérale, les autres de solution politique et d’indépendance sans pour autant définir ce que cela suppose en termes de transfert de compétences supplémentaires dans un cas ou de pouvoirs régaliens dans l’autre. De quelle autonomie parlons-nous dans l’Europe ultralibérale des Merkel Sarkozy Berlusconi Baroso, de quels pouvoirs régaliens est-il question, dans un monde de concurrence exacerbée entre les hommes et les territoires ?

 

Nous préférons promouvoir les principes d’une solidarité nationale renouvelée et d’autant plus efficace qu’elle reposerait sur une démocratie elle aussi renouvelée par une conception de la République donnant plus de pouvoirs aux citoyens dans la cité et l’entreprise. La Corse est la région de France métropolitaine la plus décentralisée, elle dispose de nombreuses compétences elle pourrait renoncer à en exercer certaines en revendiquer d’autres, là n’est pas le problème. Ce qui est déterminant c’est de pouvoir les exercer avec les moyens humains et financiers indispensables. Et, enfin de vérifier que cela correspond à la volonté de notre peuple, c’est ce que nous avons proposé, pour toute évolution institutionnelle de portée constitutionnelle au moment des assises du foncier et du logement mais notre amendement, proposant cette consultation, n’a obtenu que six voix celles de notre groupe.

 

L’apport, des élu(e)s communistes et citoyens du Front de gauche commence à se voir concrètement au sein de cette majorité régionale relative où nous sommes la deuxième composante. Toute analyse doit tenir compte de ce rapport de force politique. L’exercice est complexe mais, nous pouvons le dire sans fausse modestie, nous enregistrons plusieurs satisfactions ou succès notamment dans les champs de compétences de Maria Guidicelli indépendamment de l’action de Dominique Bucchini en tant que président de l’Assemblée. J’y reviendrai.

 

Pour être plus précis, sachant que certains notamment du côté de Femu a Corsica et de la droite ont expliqué que la majorité régionale n’avait rien fait ou pas grand-chose. C’est faux dans plusieurs secteurs notamment du Foncier et du logement pour souligner que le budget du logement social sera multiplié par 4, que la Corse sera prochainement doté d’un établissement public foncier (EPF) est d’une agence de l’urbanisme le tout constituant la première marche, avec la tenue des Assises du littoral en ce moment, d’élaboration d’un nouveau PADDUC pour lequel nous avons obtenu le maintien des prérogatives de la CTC dans le décret gouvernemental.

 

S’agissant de l’énergie la situation a évolué considérablement ces deux dernières années et des changements importants sont intervenus dans les domaines essentiels de l’investissement, de la programmation et du mix énergétique. Il s’agit bien d’une politique, pour éviter une nouvelle crise, avec des axes directeurs à la fois sur le moyen et le long terme pour satisfaire aux besoins domestiques et industriels sans nuire à l’environnement. Le choix de faire fonctionner les centrales thermiques au gaz, dans un délai raisonnable, choix exprimé au moment de la commande de moteurs bi et pas convertibles pour la centrale de Lucciana, le confirme comme la demande d’installation classée protection de l’environnement qui permet d’envisager l’usage du fuel léger à son démarrage. Pour terminer sur ce domaine il y a une réelle prise en compte du problème de la précarité énergétique parce qu’il ne peut y avoir de développement durable, d’écologie au bon sens du terme sans cette dimension sociale des choses comme en tous domaines.

 

Entre temps a été mis en place, à notre demande, l’observatoire de la cherté de la vie et des salaires dont l’intérêt n’a de sens que dans la mesure où les principaux intéressés, les travailleurs, s’en saisiront surtout si l’Etat persiste dans son attitude négligente concernant les détournements des réfactions de TVA. Dans le prolongement nous avons mis au cœur du débat d’orientation de l’ADEC la question de l’ESS, l’exigence de contres parties sociales au versement des aides aux entreprises. Dans le même esprit de justice sociale nous avons défendu le principe de la justice fiscale en faisant adopter la proposition de création d’une contribution des gros patrimoines aujourd’hui exonérés du fait des Arrêtés Miot.

 

On ne peut non plus contester qu’il ya eu un effort spécifique s’agissant de la précarité étudiante. Est-ce que cela suffit dans le contexte que nous connaissons. A l’évidence non. C’est pour cette raison que nous continuons de défendre une réorientation de la politique de la CTC en faveur du développement secondaire. Il est d’ailleurs amusant de constater qu’il fallu 28 ans à madame Grimaldi et à ses amis de droite pour s’en rendre compte et mettre en place à la demande ne Nicolas Sarkozy une mission d’étude en ce sens. Pour nous c’est une constante sans rapport avec les échéances électorales et nous l’avons répété à l’occasion du débat d’orientation sur le tourisme en expliquant qu’il fallait sortir de la mono activité en s’appuyant sur le tourisme social non sur le tourisme de luxe et les parcours de golf.

 

Cela étant sans prétendre tout présenter ici on notera que dégager des marges de manœuvres budgétaires, réduire les dégagements d’office, maitriser la dette n’a d’intérêt que si dans le même temps tout est fait pour répondre à l’urgence sociale. C’est ce que nous pensons et force est de reconnaître qu’au niveau où se situent les attentes il reste du chemin à parcourir. C’est pour nous l’objectif majeur de la seconde moitié de mandature en ayant en tête que la majorité régionale ne fait pas la politique du Front de Gauche.

 

Nous le voyons sur l’épineuse question des transports où apparaissent les divergences les plus marquantes. L’interdépendance des dessertes aérienne et maritime ne fait que s’affirmer dans un cadre d’aiguisement de la concurrence et au regard des moyens dont disposent la CTC. L’enveloppe de continuité territoriale, gelée par le gouvernement depuis 2009, réduit chaque année, au moment même où les besoins du service publics demandent plus d’engagement de l’Etat. Air France et Air Corsica font une offre à 108 M€, prés du double par rapport à la précédente DSP alors que la DSP dans la maritime vient d’être casser au prétexte du droit mais en définitive pour réduire encore le service public et l’opérateur historique la SNCM.

 

Il y a par conséquent une réflexion à avoir avec l’Etat, non pas pour toucher aux compétences de la CTC mais au contraire pour qu’elle puisse véritablement les assumer, avec les moyens nécessaires dans des conditions réglementaires favorable au service public. D’autre part cette réflexion doit porter sur le rôle des entreprises nationales en Corse en termes d’aménagement et de développement du territoire. Cette double exigence s’entend au sens de la responsabilité de l’Etat à l’égard de la Corse s’agissant de la solidarité nationale et du respect des principes structurants du pacte républicain.

 

Notre démarche est à l’opposée de la logique libérale de déréglementation. Les seuls à ne pas le voir sont les syndicalistes du STC quand ils nous reprochent de vouloir privatiser les CFC en perdant de vue qu’un EPIC une SEM ou une SPL c’est toujours un EPL à capitaux publics sinon exclusifs majoritaires. Avec le recul le reproche est d’autant plus déplacé que les seuls à avoir réclamé l’élargissement du capital de la SEM, « aux acteurs privés locaux », ont été les élus de Femu à Corsica.

 

Nous, nous avons fait voter un amendement permettant une meilleure représentativité des cheminots au CA et nous veilleront à ce que les agents des CFC avec la SEM disposent d’un statut. C’est une question centrale tant il est vrai que la qualité du service public, la sécurité et l’accueil des usagers dépend d’eux. Ainsi, même si les discussions doivent se poursuivre avec les organisations syndicales ce scénario est préférable à l’absence de solution au 1er janvier source de complication pour le maintien des avantages acquis et plus largement pour le devenir des CFC.

 

On retiendra également nos interventions, sur les questions de santé, de l’agriculture ou encore sur la culture et je veux insister ici sur le vote par l’Assemblée de Corse de la notion de co-officialité, suite à l’amendement que nous avons déposé à la motion de Corsica Libera, s’agissant de la langue corse et du statut démocratique auquel nous voulons travailler dans l’esprit d’un bilinguisme assumé respectueux de notre diversité comme de notre histoire. Notre objectif est de poser dans la sérénité les conditions d’un débat fécond pour préserver et promouvoir la langue corse sans pour autant diviser celles et ceux qui ont choisi de vivre en Corse quelle que soit leur origine.

 

Dans ce panorama non exhaustif, j’y insiste, il y a l’action de la présidence de l’Assemblée sous l’impulsion de Dominique Bucchini et l’image positive qui s’en dégage. Il s’agissait pour nous d’éviter le piège du bicéphalisme et de la concurrence entre les deux principales fonctions de l’institution. Jusqu’ici nous y sommes parvenus avec esprit de responsabilité sachant que nous appartenons à une majorité relative mais aussi en gardant toute notre autonomie politique dans l’expression du groupe et dans ses décisions.

 

Inévitablement le regain de violence cette semaine, sa caractéristique barbare, nous interpelle d’autant plus que dès le début de la mandature nous n’avons pas voulu que cette grave question soit éludée au cœur même de l’institution régionale où toutes les questions qui intéressent la société insulaire sont débattues. Cela ne veut pas dire que nous ignorons les limites de notre rôle au contraire c’est précisément parce que nous ne voulons pas nous substituer à la justice et à la police, en faisant de la politique, que pour en débattre nous avons pensé qu’il fallait créer, sous l’autorité du président de l’Assemblée, la Commission violence qui reviendra devant l’Assemblée avec un rapport et des axes d’interventions démocratiques, sociaux et politiques pour endiguer dans un sursaut citoyen cette violence mortifère.

 

Depuis 2010 tout n’a pas changé mais il y des changements reconnus et appréciés qui constituent un point d’appui pour la bataille politique que nous engageons au plus près des réalités insulaires et dans le cadre des enjeux auxquels le pays, l’Europe et le monde sont confrontés. La question n’est pas de bien « gérer » sous la tutelle renforcée de l’Etat lui-même sous le contrôle des agences de notation, dans les deux cas pour maintenir le fameux triple A de l’austérité, mais de s’attaquer aux logiques du système en crise et au pouvoir mortifère des puissances d’argent qui sont derrière. Renoncer à faire reculer ce pouvoir, continuer à s’y plier comme le propose Fillon Sarkozy avec leur second plan d’austérité en 3 mois conduira inévitablement des milliers de femmes et d’hommes dans ce pays aux pires difficultés.

 

C’est donc à une bataille politique considérable, dans la durée, qu’appelle cette situation historique, avec l’objectif de permettre le développement d’une réaction populaire de masse contre la régression sociale, autour de solutions de sortie de crise progressistes contre le pouvoir des banquiers et des marchés financiers. Sans cela, l'Europe, elle-même, pourrait connaître son plus grand recul social depuis 1945 comme le montre l’exemple grec après l’interminable sommet Merkel Sarkozy et les conclusions du dernier G 20 dont on a peine à croire qu’ils offrent une issue quand il n’est pas dit comment le FSE de 1000 milliards sera abondé ou encore tant que l’Allemagne refusera que la BCE puisse prêter aux Etats de l’Union.

 

Dans ces conditions, notre ambition est de faire grandir un rapport de forces social et politique favorable à des solutions de sortie de crise et de les faire grandir, notamment dans les échéances électorales de 2012. Cela suppose de sortir le débat du cadre dominant imposé, comme nous avons réussi à le faire en 2005 pour le TCE ou en 2010 pour les retraites. Le Front de gauche et ses candidatures, sont en effet l’instrument à la disposition du peuple pour imposer ce contenu transformateur dans le débat alors que la compétition bipartisane tend à l’écarter. Notre démarche de priorité au projet, de confrontation publique, et notre offre publique de débat, réitérée par Jean-Luc Mélenchon au soir du second tour des primaires socialistes répondent à cette nécessité.

 

Cela m’amène à ces primaires, auxquelles nous devons prêter attention. Premières du genre en France, elles ont été marquées par une réelle mobilisation citoyenne : près de trois millions de votants à l’un ou l’autre des deux tours. Pour beaucoup de participants c’est un désir massif de se débarrasser de Nicolas Sarkozy, qui a prévalu. Les enquêtes d’opinion l’ont confirmé. Dès lors choisir la candidature la mieux placée pour y parvenir devenait une motivation centrale du processus qui a joué en faveur de François Hollande après la lamentable élimination de DSK.

 

Cela étant, elles ont révélé une attente de débat de contenus et de propositions, que nous sentions nous-mêmes. Les scores d’audience des débats télévisés ont été à cet égard significatifs et bien supérieurs au taux de participation au scrutin. Enfin, elles ont souligné l’envie d’intervention citoyenne directe dans les processus de décision. Cette disponibilité dépasse ces primaires en constituant de fait la condition d’une dynamique victorieuse.

 

Les éditorialistes, qui se font volontiers les portes paroles du président candidat non déclaré, expliquent depuis lundi que Nicolas Sarkozy va courageusement faire de sa réponse à la crise le thème central de la campagne. Autrement dit, la confrontation des options à gauche et dans l’affrontement avec la droite est indispensable pour la clarté. Nous voulons donc l’amplifier pour réussir à gauche avec une politique de gauche. Cela est d’autant plus nécessaire que pour le moment, c’est une faiblesse majeure de ces primaires socialistes, les catégories populaires restent encore très massivement à l’écart parce qu’elles doutent de la possibilité d’obtenir un changement répondant à leurs attentes.

 

Le débat entre dirigeants socialistes, d’accords sur le programme de leur Parti, renforce cette perplexité. De même nous pensons que ces primaires confortent la logique présidentialiste. C’est là tout le paradoxe ou se confondent le désir d’intervention et le cadre de l’élection qui la favorise le moins. Nous restons donc convaincus que la revalorisation de l’enjeu législatif, la bataille pour la démocratisation de nos institutions, notamment par le scrutin à la proportionnelle, la refondation démocratique de la République, seuls à même de diffuser le pouvoir dans la société, restent les questions clés pour changer de politique radicalement.

 

Voila comment nous voulons travailler au rassemblement à gauche dans la clarté, seul à même de pouvoir ouvrir la voie d’une victoire en adéquation avec les attentes populaires et dès lors durable. Avec le Front de gauche, nous sommes prêts à ce débat, à cette confrontation et nous pouvons être largement entendus. La volonté de renouvellement de la politique, de « démocratie réelle » comme disent les indignés, est puissante. La démarche que nous voulons initier répond à cette exigence de pratiques politiques nouvelles et de choix radicalement neufs.

 

Ainsi, notre objectif jusqu’en juin 2012 et de faire de la campagne du Front de gauche, pour les deux élections présidentielle et législatives, le moyen de lever une mobilisation sociale et politique, de plus en plus consciente, autour des grandes idées portées par le peuple afin qu’elles soient mises en œuvre, le moment venu, par une majorité de gauche.

 

La diffusion et la mise en débat de notre programme « L’humain d’abord » en constitue la trame. Depuis sa publication à la Fête de l’Humanité, son succès de diffusion, aussi bien militant que commercial, est spectaculaire. Le tirage a d’ores et déjà dépassé les 250.000 exemplaires, sans que nous sentions une baisse de diffusion. Nous en avons diffusé près de 300 en Corse et nous espérons rapidement atteindre les 600. Cela signifie quelque chose.

 

Il faut en faire un enjeu structurant du début de campagne, singulièrement jusqu’à la fin de l’année, en donnant un caractère visible et public à nos initiatives pour créer un réflexe chez celles et ceux qui cherchent à se faire une opinion afin qu’ils s’y intéressent, le lisent et viennent en débattre dans les Assemblées citoyennes que nous allons organisées.

 

A partir de là, nous devons amplifier le débat sur nos axes de propositions.

- Pour le contrôle public du secteur bancaire et financier, par des nationalisations, par la création d’un grand pôle public bancaire et financier, par le changement de statut de la BCE que devra demander la France,

- Pour réorienter radicalement tous les critères du crédit, les richesses et l’investissement vers la production utile, l’emploi et l’innovation industriels, vers la révolution écologique, vers l’éducation et la recherche, vers le logement, la santé et la protection sociale à tous les âges de la vie.

- Pour les salaires, le pouvoir d’achat et l’augmentation du Smic allant vers les 1700 euros nets, et de toutes les grilles des conventions collectives, en faisant reculer la précarité et l’insécurité sociale.

- Pour les services publics et en construire de nouveaux parce que continuer à livrer aux appétits financiers l’énergie, l’eau, les transports, la santé, le logement, l’éducation, la recherche, la culture, c’est de l’irresponsabilité sociale et écologique.

- Pour une industrie forte, créatrice d’emplois qualifiés, écologiquement innovante, parce que continuer à produire à bas coût, en délocalisant à tout va, n’enrichit que des actionnaires sans scrupules et prive d’un nouveau mode de développement.

- Pour une nouvelle République, qui démocratise ses élections et ses institutions, et donne de nouveaux pouvoirs aux citoyens.

- Pour l’Europe, celle que les peuples ont réclamée, comme le notre en 2005 en votant contre le TCE.

Voilà quelques idées, non limitatives, de ce sur quoi nous voulons débattre et rassembler. Les assemblées citoyennes doivent dans cet esprit permettre d’enrichir le programme sur des points précis et dire ce que devrait être les mesures d’une alternative politique de gauche avant d’aboutir à une synthèse nationale en début d’année prochaine.

Ces assemblées peuvent également jouer un rôle essentiel pour développer ces axes de propositions au plus près de la réalité et des spécificités de notre région. Les candidats aux législatives y prendrons une part active. Mais cela suppose également de veiller à leur élargissement comme nous l’avions fait dans la campagne des régionales de 2010. Dans cette démarche, nous nous situons aux côtés des salariés et particulièrement dans les luttes avec l’objectif de développer un Front des luttes car c’est là, nous le savons, que les consciences politiques se forgent pour beaucoup.

 

Deux derniers points sur les candidatures avant de conclure.

 

Nous sommes engagés dans la désignation des candidats aux législatives sachant qu’en Corse l’accord national avec le PG et la GU attribue au PCF les quatre circonscriptions. Notre ambition est évidemment d’être présents avec le Front de gauche dans les 4 circonscriptions avec l’ambition de progresser par rapport à 2007.

 

Nous allons également entamer la collecte des signatures pour le parrainage de notre candidat à l’élection présidentielle. C’est aussi un élément de mobilisation des élus dans un contexte où nous pouvons recueillir plus de signatures qu'en 2007. En effet la gravité de la situation des collectivités locales et les projets de la droite, les attaques contre les services publics, la montée de la pauvreté en zone rurale, qui ont cristallisé leur mécontentement jusqu’au basculement du Sénat, appellent un prolongement à la présidentielle.

 

A l’inverse d’une présidentialisation conçue pour dessaisir, éloigner, tenir à distance les citoyens, nous voulons, en faisant tout cela, mêler les deux campagnes pour mettre au cœur du débat politique, non pas la personnalité de celui ou celle qui sera élue à l’Elysée, mais la construction d’une majorité politique, dans laquelle nos parlementaires communistes et Front de gauche à l’Assemblée Nationale comme au Sénat, dans un groupe renforcé, défendrons la politique de gauche que notre peuple attend. Comme en 2010 nous pouvons faire événement si dès maintenant nous y travaillons avec les mêmes principes et la même détermination.

Voilà, ce que je voulais présenter en introduction à cette rencontre.

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16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 08:56

Clio

 Clio, la muse de l'Histoire

 

 

 

site: Bahchich info http://www.bakchich.info/Guy-Moquet-massacre,09598.html

 

Jean-Marc Berlière et Franck Liaigre, deux profs, s’attaquent à la mémoire d’un mort dans un bouquin dégoutant.

C’est une règle connue des braqueurs, ils savent que c’est idiot de se pointer à la caisse tout seul. Alors ils y vont à deux.

C’est ce que font Jean-Marc Berlière et Franck Liaigre, deux profs qui s’attaquent à la mémoire d’un mort ; dans un bouquin dégoutant : « L’Affaire Guy Môquet, Enquête sur une mystification officielle ». Surtout ne l’achetez pas. Le métier de ces Stone et Charden de l’industrie du livre, c’est de dire des saloperies sur les communistes. Ils vivent sur ce thème comme la tique sur le labrador. Et on attend bientôt leur somme nobelisable : « Les communistes sentaient mauvais ».

Le postulat du bouquin c’est que ses auteurs sont des gens sérieux. La preuve, ce sont eux qui le disent. Leur premier principe est d’accepter, comme témoignage sûr, tout ce qui provient de la parole des flics, normal puisque la carrière du professeur Berlière suit l’histoire de la police comme le tender la loco.

Pendant la moitié du bouquin les Roux-Combaluzier de l’usinage de l’histoire nous montrent qu’être coco est vraiment ce qu’il y a de pire. Et la conclusion tombe : Môquet étant communiste, ce gamin n’est vraiment pas un bon héros. Moi j’en conclus : heureusement que les nazis l’ont flingué avant qu’il ne devienne secrétaire général du Parti !

Quand, en 1940, Daladier décide d’emprisonner les députés et un paquet de militants du PCF, dont ceux qui seront fusillés plus tard, avec Môquet, à Châteaubriant, quelle est la réaction de nos amis historiens : c’est bien normal puisque ces arrestations sont conformes à la loi. Loi scélérate ? Non, il fallait bien enchrister les mauvais Français, membres du parti de l’étranger.

Revenons au petit Guy dont ce livre est la troisième mort après la deuxième, infligée par Sarkozy. Nos deux greffiers nous disent que Môquet n’est pas « résistant » puisqu’il n’a jamais attaqué les Allemands. Pas besoin d’être docteur, comme Elizabeth Teissier, et de gaspiller l’argent du CNRS pour écrire ça.

En 1940, et il était bien seul, Môquet s’est contenté d’appeler à la mobilisation contre Pétain et son État français. À la mobilisation contre ceux qui ont volontairement perdu la guerre, au motif que mieux leur convenait Hitler que le Front populaire. À ce propos lisez absolument l’extraordinaire livre de Lacroix-Riz, « Le Choix de la Défaite » (Armand Colin 2006). De l’histoire lourde.

Donc Môquet, fusillé à 17 ans le 27 octobre 1941, résistant à Vichy, c’est-à-dire au statut des juifs, à la chasse aux francs-maçons, à la politique de collaboration, n’est pas un « résistant ». Ce sont nos Ginger et Fred qui nous l’écrivent. Môquet, lors de son passage à la Préfecture de Police de Paris aurait été torturé. Ça va pas !? Des flics qui torturent ! La maman de Guy, qui a vu son fils en prison, affirme qu’il l’a été, et en a vu les résultats.

Heureusement nos deux démystificateurs sont là pour nous dire que « non, Môquet n’a pas été malmené » puisque sa mère n’a pas assisté à la scène. «  Une gifle, peut être », ont-ils le culot d’écrire sans savoir ! D’ailleurs nos auteurs récusent tout témoignage qui sorte de la bouche d’un coco. Pis, d’un fils ou petit-fils de coco. On ignore ce que faisaient les parents de Berlière et Liaigre, mais ils sûrement ont un passé vachement bien.

 

voir absolument le site ....

 http://www.historiographie.info/

Site d’Annie LACROIX-RIZ, ancienne élève de l'école normale supérieure (Sèvres),  agrégée d'histoire, docteur-ès-Lettres, professeur d'Histoire contemporaine à l'université Paris VII-Denis Diderot.

 et en particulier son  excellent article qui élimine bien des idées reçues:

Le PCF entre assaut et mea culpa : juin 1940 et la résistance communiste

 

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16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 08:38

 

 

"Les Syriens appelleraient BHL au secours "
publié le mardi 15 novembre 2011

Dans un entretien comique donné au Parisien, où BHL n’ a cessé d’évoquer sa propre personne, et son combat pour la démocratisation de la Libye, du monde arabe, et bientôt de la Terre entière et de tout le système solaire, l’histrion à la chemise blanche débraillée, capable d’assener une succession de bobards entre deux grattements du torse a affirmé recevoir " Tous les jours, je reçois des appels de démocrates syriens, d’officiers déserteurs, d’exilés, qui appellent au secours. A tous, ici, je dis : patience ; il y a une jurisprudence Kadhafi, maintenant ; d’une manière ou d’une autre, Bachar al-Assad est le prochain sur la liste…"
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16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 08:27

 

                                                               MARE NOSTRUM-copie-1

 

 

 

Liban : Walid Joumblatt, Requiem pour un saltimbanque

par René Naba 

 

Sans surprise, Walid Joumblatt le chef druze du parti socialiste progressiste (PSP), a été reconduit, fin octobre 2011, à la tête de sa formation qu’il préside depuis 34 ans, sans concurrent pour lui disputer le leadership, selon les pires règles de la féodalité clanique en plein printemps arabe, sur fond d’un nouveau repositionnement à l’égard de la Syrie, ultime pirouette d’une girouette.

Joumblatt.jpgRetour sur ce parcours erratique d’un homme qui était en mesure d’accéder à la stature d’homme d’état, qui s’est laissé happer par les sirènes de la dolce vita et de la combinazione.

1-Une décennie prodigieuse

La décennie avait été prodigieuse. Comme larrons en foire, sous la houlette de la Syrie, ils avaient mis en coupe réglée la République, Rafic Hariri, à la tête du gouvernement, en 1992, dans la foulée de l’avènement du nouvel ordre mondial américain consécutif à l’effondrement du bloc soviétique, Walid Joumblatt à la tête d’un important ministère chargé de la réinsertion sociale des 135.000 familles déplacées du fait des hostilités.

Dans la griserie de l’époque, le laxisme ambiant, la veulerie des uns, la couardise des autres, la gloutonnerie des uns et des autres, la Syrie commettra une faute majeure qui conditionnera largement la suite des évènements, dont elle pâtira durement le long de la décennie, faute d’avoir bridé la complaisance des gestionnaires syriens du dossier libanais, -le militaire Ghazi Cannaan et le politique Abdel Halim Khaddam-, face à la mainmise du milliardaire saoudo-libanais sur le parc immobilier du centre de Beyrouth, le socle désormais indéboulonnable de son leadership sunnite.

L’alliance contre nature entre un pur représentant du pan capitalisme pétro-monarchique et le chef d’un des rares partis politiques arabes se réclamant du socialisme pouvait surprendre en termes de cohérence idéologique, mais non en termes de drainage financier. Ceux qui seront par la suite les plus sévères censeurs de la tutelle syrienne sur le Liban avaient été pendant douze ans, de 1992 à 2004, les meilleurs gestionnaires de la mainmise syrienne sur leur pays, déléguant à la Syrie, le pouvoir régalien sur le plan diplomatique et militaire, en contrepartie de leur mainmise sur le Liban. Un acte de haute forfaiture commis, néanmoins, en toute impunité, avec les encouragements de leurs tuteurs internationaux, particulièrement la France, si prompte par ailleurs à se draper dans la dignité bafouée dès lors que ses intérêts patrimoniaux sont en jeu.

2- Le pro consul syrien le Général Ghazi Canaan, le troisième larron de cette foire d’empoigne.

Partenaires dans le projet Elissar, la rénovation du littoral du sud Liban, et dans les projets fonciers de Kreyha Sibline, ayant vocation à servir de point de chute aux réfugiés palestiniens extirpés des camps de Beyrouth, ils feront du ministère des personnes déplacées le centre opérationnel de prébendes électorales. Le quotidien libanais « An Nahar », du temps où il exerçait une fonction critique avant d’être racheté par Hariri, estimait le 10 juillet 1998, à près de 800 millions de dollars les fonds ayant transité par ce ministère pour des opérations sans rapport avec la réhabilitation familiale.

De réinsertion il y en eut peu, mais de prébendes plus que de besoin notamment pour le financement déguisé des campagnes législatives et municipales des partisans du tandem, pour le maintien du niveau de vie de la clientèle politique ou la gratification des grands électeurs et des gros propriétaires terriens. Le dévoiement était tel que la cupidité finira par gangrener tous les contre pouvoirs, au point même que leur contremaître absolu, le Général Ghazi Canaan, pro consul de Syrie au Liban, se comportera de moins en moins en maître, contrant de moins en moins de choses, pour finir par constituer le troisième larron de cette foire d’empoigne.

Au mépris du délicat équilibre confessionnel de l’échiquier libanais et des intérêts stratégiques de la Syrie, mais au bénéfice de son propre compte bancaire, le proconsul syrien modifiera la loi électorale au bénéfice du leadership haririen, favorisant la naturalisation en masse de sunnites afin de contrebalancer l’influence grandissante des chiites libanais et leur fer de lance le Hezbollah, entré dans l‘arène politique, en 1992, la même année que le binational libano-saoudien. La triplice aura fonctionné à merveille dans une harmonieuse répartition des rôles, le chef progressiste libanais apportant sa caution patriotique au milliardaire libano saoudien gros pourvoyeur en pétro-dollars, sous la férule du militaire syrien aveuglé par l’avidité.

3- Abdel Halim Khaddam, le bien nommé.

L’invasion américaine de l’Irak fera voler en éclat ce bel échafaudage, noyant dans le sang cette idylle si lucrative. Saddam Hussein l’irakien destitué, Yasser Arafat, le chef palestinien confiné dans sa résidence de Ramallah, Marwane Barghouti, son successeur potentiel, emprisonné, la voie était dégagée à l’émergence d’un nouveau chef sunnite sur le flanc Nord d’Israël. Hariri et Joumblatt, en stratèges en chambre, portent leur choix sur le vice président syrien Abdel Halim Khaddam, l’ancien prédateur du Liban, mais dont l’immense qualité résidait à leurs yeux d’être non seulement un syrien sunnite, mais aussi et surtout leur partenaire en affaires, pour prendre la relève du leadership sunnite et palier la perte de Bagdad, l’ancienne capitale de l’empire abbasside.

Rafic Hariri se démettra le 20 octobre 2004 pour prendre la tête de l’opposition anti-syrienne, mais le magistère de cet ancien féal de Damas sera bref. Quatre mois. Il sera assassiné, le 14 février 2005, sur le lieu même du seul objectif qui échappera à sa boulimie immobilière, le prestigieux Hôtel Saint Georges, déclenchant un cataclysme ravageur. La Syrie se retirera du Liban, son ancien proconsul Ghazi Canaan, sera suicidé au titre de victime sacrificielle de son laxisme et de sa vénalité. Le troisième larron, unique survivant du trio, Walid Joumblatt, sera emporté par un tourbillon qui le laissera exsangue au terme de cinq ans de griserie.

Détail piquant, l’homme en charge du dossier libanais en Syrie pendant trente ans, celui-la même qui était craint par les diverses factions libanaises et redouté par les chancelleries arabes et occidentales qui tonnait la foudre et ordonnait les accalmies, à ce titre responsable au premier chef des dérives syriennes au Liban, le vice-président de la République Abdel Halim Khaddam, promu comme sauveur suprême de la Syrie et du Liban, avant d’être relégué aux oubliettes de l’histoire se raccrochera, telle une bouée de sauvetage, à l’organisation des « Frères musulmans », celle là même qui s’était lancée à l’assaut du pouvoir, en février 1982, en vue de faire trébucher le régime baasiste dont il était un des piliers, à quatre mois de l’invasion israélienne du Liban.

Le bien nommé Khaddam, dont le patronyme en arabe signifie littéralement « le serviteur », reniera singulièrement son militantisme après avoir abusivement ponctionné le Liban, opérant par cupidité la plus retentissante reconversion de l’histoire politique récente, finissant sa vie en factotum de son coreligionnaire sunnite libanais Rafic Hariri.

Amplement gratifié de sa forfaiture d’un somptueux cadeau, -la résidence du nabab pétrolier grec, Aristote Onassis, sur la plus célèbre artère de la capitale française, l’Avenue Foch—le renégat devra livrer bataille devant la justice française afin de se maintenir dans les lieux, alors que son pendant français, l’ancien président Jacques Chirac avait droit à un appartement avec vue sur Seine Quai Voltaire à Paris. Judas a trahi son Seigneur pour trente deniers. D’autres trahisons valent certes leur pesant d’or mais accablent le renégat d’un discrédit pour l’éternité.

Dans la griserie de l’époque, le laxisme ambiant, la veulerie des uns, la couardise des autres, la Syrie commettra deux fautes majeures qui conditionneront largement, dont elle pâtira durement le long de la décennie : le choix des gestionnaires du dossier libanais.

4 – La deuxième mort de Kamal Joumblatt.

Dans ce qui apparaît comme un rare cas de rémission dans les annales de l’Alzheimer politique, Walid Joumblatt se souviendra, alors, que son père, Kamal Joumblatt, le chef de la coalition palestino-progressiste du temps de la guerre civile libanaise, avait été assassiné auparavant à proximité d’un barrage syrien.

L’ancien commensal assidu de la Syrie, époux en deuxième noces de la fille d’un ancien ministre syrien de la défense, le général Charabati, auréolé du titre de « fils de martyr », se met alors en tête de réclamer vengeance, vingt huit ans après l’assassinat de son père.

L’appel du sang a ses raisons qui échappent à l’entendement. Tardif, mais opportunément bienvenu, il a permis à l’ancien orphelin de s’autoproclamer chef de l’opposition anti-syrienne. Catapulté « faiseur de Rois » par les médias occidentaux dont il était devenu la coqueluche, sa promotion signe par les reniements qu’elle impliquait, la deuxième mort de son père.

Kamal Joumblatt, pour les observateurs avisés de la scène arabe, aura en effet été assassiné deux fois, la première fois, physiquement, le 17 mars 1977, la deuxième fois, moralement, par les virevoltes incessants de son fils Walid, au point d’y glaner le qualificatif peu reluisant de « derviche tourneur » de la politique libanaise, ridiculisant le glorieux parti fondé par son père, le Parti Socialiste Progressiste (PSP), pour en faire le « parti du saltimbanque permanent », à la grande désolation des compagnons de route de son père, qui avait conféré à sa communauté druze une surface politique sans rapport avec son importance numérique (1).

D’une sobriété ascétique, ce Prix Lénine de la Paix vivait au quotidien ses convictions, avec pour interlocuteurs habituels des êtres d’un grand dépouillement, Nehru et Gandhi (Inde), Tito (Yougoslavie) et Nasser (Egypte), des figures de légende du mouvement des non alignés. Le fils, Walid, dont la jeunesse tumultueuse a, par moments, été fascinée par les pas cadencés des soldats de plomb, sera un habitué de la bonne chair et de la bonne chère, des stupéfiantes soirées arrosées des palaces parisiens, de la dive bouteille et de la Dolce Vita italienne. Un des rares chefs d’un parti socialiste du monde arabe, Walid, aura été le principal partenaire du milliardaire libano saoudien Rafic Hariri, le principal bénéficiaire de sa manne, la caution affairiste du clientélisme syro haririen, un visiteur assidu des dirigeants syriens, leur homme lige au Liban, au-delà des nécessités de la realpolitik, au même titre d’ailleurs que l’ancien premier ministre assassiné.

L’homme qui avait souhaité publiquement que l’Irak soit le cimetière de ses envahisseurs américains, un nouveau Vietnam, se ravisera brusquement dans ce qui apparaîtra rétrospectivement comme la plus grande bévue stratégique de sa carrière, dont il en pâtira désastreusement en termes de crédit moral. Pariant sur le triomphe des Américains, il se placera d’emblée dans leur sillage, à la pointe du combat anti-syrien, réservant quotidiennement ses philippiques à Damas, son lieu de pèlerinage hebdomadaire pendant près de vingt ans.

Rompant avec ses anciens alliés de la guerre, secondé par des transfuges de la gauche mutante néo conservatrice, l’ancien trotskiste mondain Samir Frangieh et le mollasson communiste Elias Atallah, il prendra la tête d’une coalition hétéroclite regroupant ses plus farouches ennemis d’hier, notamment Samir Geagea, le chef des milices chrétiennes, l’ancien compagnon de route d’Israël et l’un des grands saigneurs de la guerre intestine libanaise et leur principal bailleur de fonds, Rafic Hariri pour constituer le « Club Welch », du nom du sous secrétaire d’état américain David Welch qui téléguidait leurs activités.

A l’instigation de leur tuteur américain, le trio avait parié implicitement sur une défaite du Hezbollah durant la guerre de destruction israélienne du Liban, en juillet 2006. Au-delà de toute décence, il se lancera, dès la fin des hostilités, dans le procès de la milice chiite aux cris « Al-Haqiqa » (la vérité), plutôt que de rechercher la condamnation d’Israël pour sa violation des lois de la guerre et la destruction des infrastructures libanaises. Enfant chéri de l’Internationale Socialiste, la courroie diplomatique sur le plan international du parti travailliste israélien, Walid Joumblatt interrompra brutalement sa lévitation à la suite de deux revers qui retentiront comme un camouflet, le faisant douter de la pertinence de sa démarche.

Le retour sur terre sera douloureux : la capitulation en rase campagne devant le Hezbollah lors de l’épreuve de force que son adjoint mal avisé, Marwane Hamadé, son âme damné, avait engagée en Mai 2008 contre l’organisation chiite, ainsi que la libération par ce même Hezbollah un mois plus tard du druze pro palestinien Samir Kantar, le doyen des prisonniers arabes en Israël. Ces deux faits résonneront comme une trahison de ses idéaux antérieurs au point d’en faire la risée de l’opinion militante du tiers monde.

5- Le rétropédalage

Prenant acte de cet état des choses, il amorcera alors un lent processus de rétropédalage. A coups de réajustements successifs et de valses hésitations, il cherchera à se recentrer, c’est à dire à se démarquer de ses nouveaux amis, pour reprendre ses marques auprès de ses anciens amis, en un mot d’opérer une nouvelle trahison en douceur.

Sa plus récente saillie constitue, dans sa formulation tortueuse, ses dits et ses non dits, un modèle du genre. Elle se fera, sans surprise, contre ses plus récents alliés, les chrétiens maronites et ce nouveau retournement figurera dans les annales politiques libanaises comme un cas d’école des alliances rotatives propres au système Joumblatt. Elle achèvera néanmoins de désorienter ses plus fidèles thuriféraires occidentaux, notamment la presse française.

Se parant de la qualité de novice qu’il n’est plus depuis belle lurette, celui qui passe pour être l’un des plus coriaces crocodiles du marigot politique libanais a accusé sans crainte du ridicule ses nouveaux alliés maronites, qu’il avait farouchement combattu pendant vingt ans, d’appartenir à « un genre vicié » et d’avoir cherché à l’entraîner dans un conflit avec la communauté chiite, par allusion à « l’affaire du réseau des transmissions autonome » du Hezbollah. Dans la satisfaction de ses objectifs, l’homme, il est vrai, ne s’embarrasse guère de rigueur. L’accusation, lancée au cours d’un meeting électoral tenu dans son fief de la montagne druze du Chouf, a été portée à la connaissance de l’opinion publique, d’une manière oblique, par une fuite opportune, dans une bande vidéo diffusée par une chaîne satellitaire le 20 avril 2009.

Dans le cas d’espèce, M. Joumblatt n’hésitera pas à prendre quelques libertés avec la vérité historique dès lors que son récit sert la cause de son rapprochement avec le Hezbollah et constitue une justification a posteriori de son retournement. Son humiliante déroute militaire face à la milice chiite avait déjà donné le coup de grâce à sa flamboyance.

6- Rare cas de sabordage politique en direct pour le sauvetage de la chefferie familiale

L’Histoire retiendra de sa carrière mouvementée un parfait exemple de sabordage politique en direct à l’annonce, le 2 Août 2009, de sa répudiation de son alliance avec ses anciens partenaires de la coalition occidentale, et son retournement spectaculaire en faveur de la Syrie, qu’il s’était juré de faire traduire son président, Bachar al Assad, en justice devant une Cour pénale internationale.

S’adressant au congrès général du parti socialiste progressiste, celui qui passe pour avoir été pendant cinq ans l’homme clé de la coalition anti-syrienne au Liban, a crée la surprise se livrant à une autocritique en règle de sa politique antérieure, confessant que son voyage à Washington en 2006 précédant de peu la mise sur pied d’un Tribunal Pénal Spécial sur le Liban (Tribunal Hariri) avait constitué un « point noir » de son parcours politique, de même que sa convergence avec les néoconservateurs américains, qui ont « semé le désordre dans la région et détruit l’Irak et la Palestine ».

Réaffirmant son ancrage à gauche, le chef druze a avoué avoir traversé une « période d’égarement » se laissant emporter par des considérations contraires aux usages du combat politique mais qu’il lui incombait d’établir « de nouvelles relations avec la Syrie qui servent d’axe à sa nouvelle politique arabe ». Il déplorera sa « participation à la célébration de la fête du parti phalangiste et accepter sans broncher la projection d’un film insultant sur Nasser », le président égyptien Gamal Abdel Nasser, chef du nationalisme arabe de la décennie 1950-1960, artisan de la première nationalisation réussie du tiers monde, la nationalisation du Canal de Suez.

M. Joumblatt, dont le leadership repose sur le communautarisme, a indiqué avoir fait alliance avec les forces de droite en raison des circonstances qui avaient prévalu à la suite de l’assassinat de l’ancien premier ministre Rafic Hariri, mais que cette alliance de circonstance n’avait plus sa raison d’être.

Son nouveau retournement, s’il a replacé Walid Joumblatt dans le giron traditionnel de sa dynastie familiale, le camp progressiste et anti-impérialiste, pourrait avoir signé le glas de sa carrière politique, un acte de sabordage volontaire au bénéfice de son fils Taymour, pour la pérennité de sa communauté, les Druzes, sanction inéluctable d‘un parcours erratique qui a failli discréditer à jamais le legs politique dont il est l’héritier, de même que la communauté dont il est le chef, sur laquelle pèse déjà la suspicion récurrente de connivence avec Israël, en raison de la participation des druzes dans le corps des gardes frontières israéliens.

Comptant près d’un million d’individus, répartis principalement à l’intersection de quatre pays (Liban, Syrie, principalement sur le plateau du Golan occupé par les Israéliens, Israël, dans la région du Mont Carmel, et Jordanie), Walid Joumblatt devra faire appel au mouvement chiite libanais pour renouer le lien avec les diverses composantes de sa communauté et préserver le rôle du Liban en tant que la référence historique et religieuse des Druzes.

« Les sunnites ont pour grand protecteur l’Arabie saoudite, les chiites, l’Iran, les druzes n’ont le choix qu’entre Israël ou la mer ou alors la Syrie, qui nous garantira, elle, l’arrimage arabe des Druzes », dira-t-il en guise de justification. Une vérité d’évidence qu’il a eu pourtant tendance à négliger au risque de se carboniser et de caraméliser sa communauté.

Celui qui a longtemps fait figure de parrain des forces socialistes du Monde arabe a dû payer un lourd tribut au rétablissement de sa crédibilité, afin de s’assurer de l’ancrage durable de sa succession filiale, se plaçant sous la tutelle de fait du Hezbollah, son garant sur son chemin de Damas, signe indiscutable de la fin d’une invraisemblable période de lévitation surréaliste, qui aura coûté la vie à deux de ses anciens compagnons de route, Gébrane Tuéni et son collègue transfuge Samir Kassir.

L’homme dont les jongleries comblaient d’aise ses thuriféraires empressés est désormais prévisible. Définitivement. Brebis égarée dans le marécage politique libanais, Walid Joumblatt est revenu au bercail sur le chemin de Damas, sous les auspices du Chef du Hezbollah, son garant auprès du pouvoir syrien.

Preuve irréfutable de son ancrage irréversible dans son giron naturel, le conseil que cet ancien artisan de la révolte anti syrienne au Liban, a donné, le 24 juillet 2010, à son ancien compagnon de route, Saad Hariri, de lever le pied sur le Tribunal Spécial international sur le Liban, qu’il considère comme un élément de division du pays, incitateur d‘une nouvelle guerre civile. Le chef druze du parti socialiste progressiste libanais, a cité en exemple son propre cas, arguant que l’assassinat de son propre père, Kamal Joumblatt, en 1977, n’avait pas donné lieu à la mise sur pied d’une juridiction pénale internationale.

Conscient sans doute de la lourde responsabilité dans la mise en route du Tribunal Spécial sur le Liban, au mépris de la légalité libanaise, et de l’orientation de son enquête par ses propres accusations, Joumblatt avouera avoir été abusé par la déposition de faux témoins, en lançant ses accusations contre la Syrie. Il soutiendra publiquement que le vote de la résolution du Conseil de sécurité N°1559, en 2004, enjoignant à la Syrie de retirer ses troupes du Liban, a été une « résolution maléfique en ce qu’elle sous tendait le désenclavement du Liban de son environnement arabe ».

7- Le tournis de la tourmente arabe.

L’ancien feu follet de la vie politique libanaise est désormais « Under control ». En quarante ans de carrière politique, Walid Joumblatt a considérablement grossi son capital financier et dilapidé d’autant son crédit moral. L’ancien chef de file de la coalition palestino-progressiste de dimension internationale est désormais perçu comme un roitelet druze à l’envergure d’un politicien local, réduit au rôle peu glorieux du chef féodal d’une communauté ultra minoritaire, l’ancien volant régulateur d’une coalition occidentale à bout de souffle, recyclé dans un rôle d’appoint au Hezbollah.

La tourmente arabe a donné le tournis à la girouette, suscitant une nouvelle envie incompressible de repositionnement et non une moins irrépressible envie de dégagement. Empêtre dans ses contradictions, l’homme a opté pour la fuite en avant. Fidèle en lui-même, tel qu’en lui-même l’éternité ne le changera pas, le lieu de repli qu’il s’est choisi a été, non l’île d’Elbe ou Sainte Hélène, mais l’île Saint Louis, sur les bords de la Seine à Paris, confirmation d’un goût irrésistible pour le luxe, la marque de fabrique de ce chef féodal, qui se déclare néanmoins socialiste et progressiste.

Son dernier exercice contorsionniste sur la chaine de télévision « Al Manar », le 14 octobre 2011, une ode aux monarchies arabes, la Jordanie et le Maroc, les alliés souterrains d’Israël, l’Arabie saoudite, le foyer de l’intégrisme mondial et de la régression sociale, et non à la Tunisie et à l’Egypte, les tombeurs de dictature, aura constitué l’ultime pirouette d’une vie de girouette, une singulière façon de tirer sa révérence au regard de l’Histoire.

L’homme qui dénonçait régulièrement la patrimonialisation du pouvoir d’état par les dirigeants arabes feint d’ignorer qu’il a lui-même reçu en héritage, à 28 ans, la succession familiale, le leadership de la communauté druze, qu’il s’apprête d’ailleurs à léguer en toute incohérence à son fils Taymour.

Celui qui fut longtemps l’homme central du jeu politique libanais est désormais un homme décentré, dont les dérives idéologiques et l’opportunisme indécent en ont fait un personnage excentrique. En son for intérieur, l’homme, d’une intelligence certaine, a dû certainement regretter, à n’en pas douter, ce parcours curviligne, qui pèsera lourd dans le jugement que l’histoire portera sur son bilan.

Maigre consolation à ce gâchis serait que le sabordage de Walid Joumblatt serve d’exemple à tous ses compères qui ont pollué la vie politique libanaise et sinistré le pays depuis son indépendance, en 1943. Tel est du moins le vœu formulé par le Patriarche maronite Béchara Ar Rai, d’un renouvellement de l’engagement politique, en écho au vœu secret des larges couches de la population libanaise qui souhaite le dégagement d’un personnel politique dont il en a lourdement pâti de ses frasques, au-delà de toute décence.

Note :

1- La communauté druze compte aujourd’hui près d’un million d’individus, répartis principalement à l’intersection de quatre pays : Le Liban (350.000), la Syrie (450.000 personnes, principalement sur le plateau du Golan occupé par les Israéliens et au Jabal al Arab), Israël (75.000, dans la région du Mont Carmel) et la Jordanie (20.000). Née de la croyance en la nature divine du Sixième Calife fatimide, Al Hakim bi Amri-Illah (996-1021), le Liban constitue la référence historique et religieuse de la communauté. Le haut lieu de la spiritualité druze est situé au sud du Liban dans la ville de Hasbaya, dans la région frontalière syro-libano-israélienne.

 

 

Rene Naba est l’auteur des ouvrages suivants :

"Erhal, dégage, La France face aux rebelles arabes", Golias -Automne 2011 Les révolutions arabes ou la malediction de Camp David ( Editions Bachari)

Kadhafi : Portrait Total. De la révolution à l’insurrection populaire". (Editions Golias. Avril 2011.)

"De notre envoyé spécial, un correspondant sur le théâtre du monde" Editions l’Harmattan Mai 2009

 "La Libye, la révolution comme alibi" Editions du Cygne septembre 2008

« Liban : chroniques d’un pays en sursis » Editions du Cygne janvier 2008 , « Aux origines de la tragédie arabe » - Editions Bachari 2006. "Du bougnoule au sauvageon, voyage dans l’imaginaire français"- Harmattan 2002.

« Rafic Hariri, un homme d’affaires, premier ministre » (Harmattan 2000). « Guerre des ondes, guerre de religion, la bataille hertzienne dans le ciel méditerranéen » (Harmattan 1998).

Blog : www.renenaba.com

 

Ancien responsable du monde arabo-musulman au service diplomatique de l’Agence France Presse, ancien conseiller du Directeur Général de RMC/Moyen orient, chargé de l’information.

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