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CHANTS REVOLUTIONNAIRES

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4 novembre 2011 5 04 /11 /novembre /2011 08:28

                                                                    MARE NOSTRUM-copie-1

 

 

 

Scènes de folie quotidienne dans la Grèce aux temps de la Troïka

26 octobre par Yorgos Mitralias


La Grèce aux temps de la Troïka n’a rien à voir avec la Grèce qu’on connaissait. Cinq « Memoranda » successifs ont achevé sa métamorphose en un pays où les rues se vident juste après le coucher du soleil, les restaurants cherchent désespérément des clients et les magasins des rues commerçantes désertées tombent en ruine.

Mais tout ca n’est que la façade, l’épiphénomène d’une nouvelle réalité qui voit les Grecs eux-mêmes se transformer de fond en comble. Prenons par exemple le café du village, traditionnel « parlement » en miniature où se débattent et se règlent entre autorités locales (le curé, le maitre d’école, le chef de la police…) tous les problèmes du pays. Ce n’est pas seulement que l’irruption des Aganaktismeni (Indignés) sur l’avant-scène sociale et politique des villes et des villages grecs vient d’en bouleverser les hiérarchies. C’est surtout que tout ce monde parle de choses totalement nouvelles dans un langage digne d’une Novlangue venue d’ailleurs. Là où on parlait des querelles des partis politiques, maintenant on débatte de… la dette publique et même de la dette dite odieuse et illégitime, en citant des spécialistes étrangers dont la renommée ne devrait pas dépasser des cercles d’initiés !

Il suffit de regarder les gros titres des quotidiens alignés aux devantures des kiosques ou d’entendre les exclamations - et les jurons - des passants pour apercevoir que les mots qui reviennent le plus souvent dans la bouche des Grecs sont pour le moins inédits : troïka, FMI, tonte de la dette, dette odieuse, mémorandum, euro-obligations, BCE, zone euro, faillite… Evidemment, l’explication de tout ce chambardement linguistique est simple : il ne fait que correspondre au bouleversement total du moindre détail de la vie quotidienne des Grecs ! Un bouleversement qui s’effectue en un temps record (seulement un an et demi) et qui, s’il ne se résumait pas à une immense tragédie humaine, pourrait très bien amuser avec la multiplication de scènes de folie quotidienne, dans un pays aux temps de la Troïka.

Comme par exemple, quand des milliers des Grecs, soutenus - selon les sondages - par une nette majorité de la population, s’adonnent depuis 3-4 mois à la chasse d’abord des ministres, ensuite des députés et enfin de tous les responsables du parti social-démocrate (PASOK) au pouvoir. Une chasse qui est en train de devenir un sport national car pratiqué du sud (Crète) au nord (Epire) du pays avec un même rituel : les manifestants saccagent sur leur passage les locaux du PASOK mais aussi ceux des députés locaux ayant voté les Memoranda, avant d’aboutir à la mairie où ils invitent le maire et ses conseillers à prendre place à la tribune des… simples citoyens.

Inutile de dire que ce nouveau sport national prend souvent les allures d’une chasse à l’homme quand par exemple le ministre ne s’aperçoit pas à temps des intentions de la foule et insiste à vouloir expliquer les vertus du nouveau Mémorandum qui est rendu nécessaire par l’échec patent du précédent. Alors, la foule se fâche et la suite n’est pas difficile à imaginer…

Par contre, ce qu’il était encore difficile à imaginer il y a peu, ce sont les situations tragicomiques dans lesquelles sont plongés chaque jour les Grecs par les soins des traitements de choc néolibéraux. C’est ainsi que des milliers d’usagers ont eu droit à une semaine cauchemardesque au Metro d’Athènes parce qu’une centaine de ses conducteurs et autres responsables expérimentés de la bonne marche des rames avaient été affectés par le gouvernement … à la surveillance des antiquités du pays ! La raison de cette « folie » ne surprend pas : il fallait coûte que coûte les faire changer de métier afin a) de diminuer jusqu’à 45% leurs salaires et b) de « dégraisser l’Etat Hypertrophique ».

Ce genre de « folies » peuple désormais la vie quotidienne de la population grecque. Un autre fleuron de cet Etat grec hypertrophique : les hôpitaux manquent même de pansements parce qu’ils subissent aussi depuis deux mois le traitement de choc du 4ème et 5ème Mémorandum. Quant aux écoles au moment de la rentrée des classes, seul le mot « ubuesque » sied à leur situation : devant l’impossibilité d’offrir aux élèves leurs livres, le Ministère de l’Education a conseillé à leurs familles d’en faire des photocopies auprès des autorités communales qui se sont pourtant empressées de déclarer qu’elles manquaient cruellement des photocopieuses d’une telle envergure... !

Cependant, la multiplication de ces situations de folie (néolibérale) n’a pas empêché un important ministre de répéter à quatre reprises la déclaration triomphale selon laquelle le gouvernement Papandreou venait de commencer « la de-bolchevisation de l’économie » grecque ! Peut-on donc conclure que tout irait bien dans le meilleur des mondes grecs bolcheviques ? Les grecs auront tout le temps d’y méditer car privés désormais même de leurs passe temps favoris. Faute d’équipes (plusieurs ont fait faillite) et d’argent, leurs championnats tardent à initier la nouvelle saison, tandis que cafés et restaurants sont en train de devenir inabordables pour le commun des mortels. La conclusion est évidente : Il n’y a plus aucun doute, la Grèce sera sauvée…

Article publié le 19/10/2011 dans le supplément Culturas du quotidien espagnol La Vanguardia dans le cadre de son dossier consacré à la Grèce aux temps de la grande crise.


                                       site: CADTM

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4 novembre 2011 5 04 /11 /novembre /2011 08:24

Forum des peuples 2011

G20 : Ils se payent nos têtes, on ne payera pas leur dette !

31 octobre par Pauline Imbach

  


A l’occasion de la 10ème édition du Forum des peuples, contre point africain au sommet du G20, près de 900 militant-e-s africain-e-s sontattendu-e-s à Niono au Mali |1|.

Alors que les ministres des 20 pays les plus riches, les chefs des banques centrales et les chefs d’États vont se réunir du 3 au 4 novembre à Cannes pour « restaurer la confiance, soutenir la croissance et la création d’emplois, et maintenir la stabilité financière » des citoyen-ne-s africain-e-s se rencontrent et s’organisent pour dénoncer l’illégitimité de ce groupe.

La question de la dette publique européenne sera au cœur des discussions. Dans une lettre aux autres dirigeants de l’UE, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso et celui du Conseil européen Herman Van Rompuy ont indiqué que "nos partenaires du G20 ont l’impression que, si l’Europe ne résout pas la crise de la dette souveraine qui l’affecte actuellement, l’économie mondiale subira de graves répercussions".

Pour les peuples africains, la dette publique n’est pas une question nouvelle. Depuis des décennies ils sont confrontés à l’avidité des créanciers (FMI et Banque mondiale en tête) et à de violents plans d’austérité « plans d’ajustements structurels » qui ont détruit leur souveraineté, les plongeant dans une pauvreté toujours grandissante. Il y a 23 ans, le 29 juillet 1987, Thomas Sankara (alors président du Burkina Faso) plaidait déjà pour la mise en place d’un front uni contre la dette : « La dette ne peut pas être remboursée parce que d’abord si nous ne payons pas, nos bailleurs de fonds ne mourront pas. (...) Par contre, si nous payons, c’est nous qui allons mourir. (...) Ceux qui nous ont conduits à l’endettement ont joué comme au casino. Tant qu’ils gagnaient, il n’y avait point de débat. Maintenant qu’ils perdent au jeu, ils nous exigent le remboursement. Et on parle de crise. (...) Nous ne pouvons pas rembourser la dette parce que nous n’avons pas de quoi payer. Nous ne pouvons pas rembourser la dette parce que nous ne sommes pas responsables de la dette. Nous ne pouvons pas payer la dette parce qu’au contraire les autres nous doivent ce que les plus grandes richesses ne pourront jamais payer, c’est-à-dire la dette de sang. »

Depuis plus d’un an, les peuples gagnent du terrain sur le chemin de la démocratie et de la liberté. Des révoltes parties du continent africain, notamment en Tunisie et en Égypte ont ouvert la voie du changement grâce à de larges mobilisations. Depuis, les citoyen-ne-s du Nord comme du Sud ont retrouvé la force collective de la résistance. En Afrique, depuis les révolutions arabes, des mobilisations ont eu lieu dans de nombreux pays. Le 15 octobre dernier à l’appel du mouvement des indigné-e-s de grandes manifestations se sont déroulées dans le monde entier pour refuser de payer la crise, pour refuser de payer les dettes qui n’ont de publique que le nom.

Ce 10ème Forum des Peuples est une nouvelle occasion pour les africain-e-s de s’organiser pour refuser ensemble de payer les créanciers. La dette extérieure publique de l’ensemble des pays en voie de développement s’élevait en 2009 à 1460 milliards de dollars, c’est-à-dire moins que les 1 531 milliards de dollars alloués chaque année dans le monde aux dépenses en armement. Pire, les financements mis à la disposition des marchés par les banques centrales et les États entre avril et octobre 2008 atteignaient 7 800 milliards de dollars ...
Non seulement, la dette publique des pays en voie de développement ne représentent qu’une goutte d’eau dans l’océan des dettes mais les prêts en question sont largement odieux et illégitimes et constituent, à ce titre, une violation des droits fondamentaux des peuples.

Du Sud au Nord, c’est un réel changement de paradigme qui est en jeu. Alors qu’en 2008, le revenu des 500 individus les plus riches de la planète dépassaient les revenus cumulés des 416 millions de personnes les plus pauvres, il faut avancer ensemble vers une juste répartition des richesses, car « nous sommes 99% ».
L’annulation des dettes publiques semblent être un premier pas à réaliser dans ce sens. Il est temps d’entendre la voix de Thomas Sankara : Du Nord au Sud refusons de payer les créanciers à travers un front uni contre la dette !


Notes

|1| Dixième édition du forum des peuples «  De Siby à Niono, les peuples exigent l’autodétermination  !  » qui sera un contre-sommet africain au G20, à Niono au Mali, du 31 octobre au 3 novembre 2011. Voir : http://www.cadtm.org/Forum-des-peup... http://www.forumdespeuples.org/

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4 novembre 2011 5 04 /11 /novembre /2011 08:06

 

   

 

Des révoltes confisquées


En Tunisie, en Egypte et au Maroc, d’origine populaires, les révoltes portaient essentiellement sur des revendications d’ordre économique et social, l’emploi, les salaires, la gratuité des services publics… Mais elles comptaient aussi dans leurs rangs certaines franges de la grande bourgeoisie qui veulent la libéralisation des économies afin d’augmenter leur part du gâteau. Elles ont détourné à leur profit le mouvement populaire en utilisant la petite bourgeoisie rêvant d’un destin plus important et d’un mode de vie à l’occidentale. Ces forces conjuguées ont réussi à substituer aux revendications initiales un mot d’ordre sans danger pour l’impérialisme, que l’on peut résumer par la démocratie politique (celle du capitalisme, bien sûr).

 

La liberté religieuse                                                                                            TUNISIE


De ce mot d’ordre de démocratie politique est sorti celui de la liberté de religion. Il faut dire qu’en France aussi, une entreprise de réhabilitation de la religion est à l’œuvre. Il est aujourd’hui tenu pour acquis que la religion, serait une liberté fondamentale, l’expression d’une spiritualité. Mais les principales victimes, dans l’histoire, furent et sont encore les laïques et les athées, et non les religieux. Une liberté qu’il est nécessaire de revendiquer, dans les pays arabes opprimés au moyen de l’islam, c’est la liberté de ne pas avoir de religion. Souvenons-nous des mots de Marx, dans sa "Critique du programme de Gotha" : « Pour la bourgeoise "liberté de conscience" n’est rien de plus que la tolérance de toutes les sortes possibles de liberté de conscience religieuse, tandis que le parti ouvrier s’efforce de libérer les consciences de la

fantasmagorie religieuse. »                                      

C’est pourquoi les franges de la grande bourgeoisie qui ont gagné la maîtrise apparente de la Tunisie et de l’Egypte (apparente, car ce sont les impérialistes qui continuent de dominer) ont choisi comme expression politique essentielle les organisations obscurantistes, que ce soit Ennahda, parti dirigé par des capitalistes et recrutant principalement dans les milieux populaires les plus pauvres, ou les Frères Musulmans, parti de la petite bourgeoisie intellectuelle. Ces organisations politiques islamiques, véhiculent les mêmes idées réactionnaires que les féroces salafistes de Libye, auxquelles d’ailleurs les Frères Musulmans se sont alliés.

 

Les puissances impérialistes ne sont pas dupes


Derrière le héraut états-unien, les Etats impérialistes ont abusé tout le monde depuis dix ans en faisant croire que les intégristes étaient leurs ennemis. Cette opération d’intoxication à grande échelle avait un double but : enrôler leurs propres opinions publiques au service du choc des civilisations et enrôler celles des pays arabo-musulmans derrière les seuls islamistes. La mort de Ben Laden (qu’elle soit réelle ou fabriquée), a été mise en scène afin de changer la donne et de recycler les combattants salafistes, dont les impérialistes avaient besoin au Moyen Orient. Ceux qui dirigent et paient ces salafistes (les mercenaires les moins chers du monde) sont à la fois des féodaux et des grands capitalistes, tous favorables à la liberté économique totale (la libre concurrence non faussée). C’est donc tout à fait sciemment que les agents de la CIA et de la "special branch" britannique présents en Cyrénaïque ont armé et formé ces miliciens, comme l’avaient fait leurs prédécesseurs avec les moudjahidines afghans dans les années 80. C’est tout à fait sciemment que l’OTAN a servi de logistique de soutien à ces bandes armées, consacrant une nouvelle façon de faire la guerre impérialiste en mettant aux premières loges des mercenaires amis.

Voilà ce que personne dans le monde politico-médiatique français, et surtout pas à gauche, ne veut reconnaître...

 

La gauche française a choisi le camp de l’impérialisme


Certains dans cette gauche viennent de s’apercevoir que les femmes pourraient bien pâtir du pouvoir des rebelles libyens. L’annonce de la future abrogation de la loi autorisant le divorce et interdisant la polygamie a ému des trotskystes, lesquels ne vont pas jusqu’à condamner les adeptes de la loi de Lynch, les émules du Ku-Klux-Klan, qui assassinent les Libyens du sud ou les subsahariens simplement parce qu’ils sont noirs : Pas de condamnation des spadassins aux gages, payés par le Qatar, qui ont torturé, violé, massacré. La gauche en France comme dans la plupart des pays de l’Union européenne a choisi le camp de l’impérialisme. Tous les partis de gauche française, ont objectivement approuvé l’intervention. Ils ont pris pour argent comptant les "informations" diffusées en boucle dans nos media au service de l’impérialisme. A l’exception de quelques articles inquiets et de bon sens de  « l’Humanité », jamais aucun parti de gauche ne s’est préoccupé de la question centrale de l’information. Aucun ne s’est départi de la grille de lecture officielle, la dictature et la démocratie. Aucun n’a voulu chercher les intérêts des uns et des autres dans le monde arabe, ni s’intéresser à la mouvance fasciste intégriste, omniprésente en Libye, ni même entendre que les impérialistes avaient préparé leur coup bien avant la soi-disant révolte populaire de Benghazi. Ils ont fait comme si les désirs des multinationales de faire main basse sur le pétrole étaient des éléments mineurs, comme si le problème était ailleurs.

Quel manque total de lucidité politique et d’analyse de classe ! Car enfin, il n’y a pas de différence de classe entre Benali, Moubarak, Kadhafi, Obama et Sarkozy, mis à part que les deux premiers étaient des valets des deux derniers. Obama et Sarkozy ne sont-ils pas des présidents bénéficiant de pouvoirs exorbitants ?

 

Une régression sans précédent


Ceux qui s’émeuvent de la charia et du sort promis aux femmes ont raison. Mais ils seraient plus crédibles s’ils rappelaient ce qu’était la situation de ces mêmes femmes dans la Libye de Kadhafi. Ils nous ont fait le même coup avec les femmes afghanes, sans un mot pour expliquer quelle était le statut de la femme en Afghanistan lorsque les Communistes étaient au pouvoir. Ils seraient plus crédibles aussi s’ils dénonçaient intégralement ce qui va arriver, maintenant que, grâce à l’OTAN, le nord de l’Afrique est entièrement recolonisé. Ce qui attend les uns et les autres, s’ils ne se battent pas, ne concerne pas seulement le droit des femmes, il s’agit de régressions sans précédent. Est-il possible de croire que les compradores libyens revenus au pouvoir après plus de quarante ans vont continuer à permettre aux libyens de continuer de se soigner gratuitement dans les dispensaires ? Qu’ils vont garder 20 % des revenus du pétrole pour permettre à chaque Libyen de 25 ans d’avoir de nouveau un logement ? Peut-on raisonnablement penser qu’Ennahda ne va pas un jour ou l’autre interdire le divorce, ou, comme veulent le faire les Frères Musulmans en Egypte, chasser de la fonction publique les non croyants et emprisonner les blasphémateurs ? Le modèle de ces gens-là c’est le Qatar et l’Arabie, des pays où ce que les capitalistes appellent la liberté économique sont très développée, où les riches ont tous les droits et les pauvres seulement celui de prier.

 

La démocratie ?


La colonisation a toujours trouvé un vernis idéologique en guise de justification. Nous ne développerons pas ce point, nous avons déjà eu l’occasion de le faire par ailleurs sur le site. Nous essaierons de nous poser cette question faussement naïve, mais quelle est donc cette démocratie que nos bonnes âmes de gauche, avec leur sens judéo-chrétien de la charité, voulaient apporter en paquet cadeau aux peuples de Libye, d’Egypte, de Tunisie. La démocratie que défendent Sarkozy, le PS et la gauche de la gauche, celle d’être au chômage, de payer ses soins, et surtout, celle, essentielle, d’exploiter son prochain, de vivre de la sueur d’autres hommes.

 

Avec les peuples de Libye et de Tunisie


Nous l’avons dit à plusieurs reprises, « Communistes », comme tous les partis marxistes-léninistes, n’était pas dans le camp de Kadhafi. Il y avait du sang entre lui et le mouvement communiste depuis 40 ans, depuis qu’il avait livré en 1971, nos camarades soudanais, au réactionnaire sanglant Nemeiry. Si la révolution de 1969, qu’il conduisit, était incontestablement anticolonialiste, il l’avait abandonnée, niant la lutte des classes et refusant de donner le pouvoir au peuple. Mais, malgré le déluge médiatique, cent fois supérieur et cent fois mieux organisé que lors de l’invasion de l’Irak, nous savons aussi que le peuple libyen avait des acquis qu’une partie de ce peuple a défendu et défend encore au prix de son sang. Nous savons aussi qui est maintenant au pouvoir en Libye. Mouatassim Kadhafi, le fils, a eu la main coupée avant d’être assassiné. C’est exactement ce que faisaient le GIA algérien et les moudjahidines afghans, talibans ou non, aux communistes. Il n’y a rien à attendre des multinationales pétrolières et de leurs valets fascistes, qu’ils soient armés comme en Libye ou apparemment pacifiques comme en Egypte et en Tunisie.

Nous assurons de notre solidarité les travailleurs de Libye, de Tunisie et d’Egypte qui continuent et continueront, par la lutte, de revendiquer un emploi et des salaires décents.


Source : « site communistes »

 

 

 

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3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 10:31
L'humanité.fr
Quand on pouvait représenter Mahomet

 

 

Depuis l’inadmissible attentat contre Charlie Hebdo, on lit un peu partout dans la presse que « l’Islam interdit la représentation du prophète ». Et bien ce n’est pas le cas. Et si on veut éviter que les thèses extrémistes se généralisent, autant éviter de les présenter comme des vérités.

Dans le Coran, rien sur la représentation de Mahomet. Les seules lignes qui pourraient y faire allusion concernent idolâtrie, ce qui est pour le coup fortement condamné par l’Islam. Le Coran regarde avec mépris ces « païens » qui adorent des images ; « Que signifient ces statues que vous adorez avec tant d'ardeur ? […]Honte sur vous et sur ce que vous adorez à l'exclusion de Dieu ! » Avant d’appeler à brûler les idoles. Pour consulter le passage complet, se reporter aux versets 50 à 70 de la sourate 21 du Coran.
La destruction des idoles fut édictée en loi temporelle en 721 et respectée dans le cadre de l’Islam, principalement, car les musulmans sont restés globalement respectueux des images religieuses chrétiennes. Une règle que tente de durcir sérieusement au XIIIème siècle l’école Chaféite (une des quatre écoles de pensée du Sunnisme), en promulguant un texte très austère qui interdit l’utilisation et la création de toute représentation figurée. Sur n’importe quel support, pour n’importe quel usage, ni fleur, ni animal et encore moins d’être humain. Cette représentation est « interdite en toute circonstance, parce qu'elle implique une copie de l'activité créatrice de Dieu ». Loi qui a été, on s’en doute, globalement peu respectée avant de tomber en désuétude, mais qui en attendant a permis à de nombreux artistes d’exceller en calligraphie.
Ce qu’il en reste est qu’il ne faut pas « adorer » une représentation, et que l’image sert avant tout comme distraction ou décoration. Et donc qu’effectivement, on ne rigole pas au quotidien avec le prophète. Mais aujourd’hui, les écoles de pensée de l’Islam ne se sont toujours pas mises d’accord sur une règle concernant la représentation. Seules deux règles semblent plus ou moins unanimement respectées au fil des siècles et aujourd’hui encore : on ne dessine pas dans les mosquées, et on n’illustre pas le Coran. Et ce, on le répète, pour éviter l’idolâtrie et ne pas distraire les fidèles de la prière.

Mais sur l’image de Mahomet, rien n’est dit. On peut d’ailleurs trouver au cours de l’histoire plusieurs représentations du prophète, effectuées par  des artistes musulmans du monde entier. En voici quelques exemples des XV, XVI et même XIXème siècle dans la collection du Metropolitan Museum de New York. Mahomet est ainsi représenté dans des histoires du monde, des biographies illustrées qui lui sont consacrées (comme ci-contre, une représentation de Mahomet arrivant à La Mecque, datée du XVIème siècle, issue d'une exposition de la BNF). On le retrouve aussi représenté dans de nombreuses histoires de Prophètes, dont les Perses (en Iran) et les Indiens étaient très friands.
Enfin notons que de nombreux Chiites ne se sont pas encombrés de tels interdits et utilisent au quotidien de très belles icônes, notamment d’Ali.

Il serait donc de bon ton qu’on arrête de donner comme vérité l’interprétation étrange des plus extrémistes, parce que vraiment là, de plus en plus de gens y croient…

P.M.

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3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 10:24

Face aux sondages...Votez 1, votez 2, ce réflexe pavlovien insufflé par la téléréalité, TF1 n’hésite pas à le titiller sur son site pour réveiller nos plus bas instincts. En cheval de Troie du Sarkozysme, le puissant média de Martin Bouygues a trouvé un stimulus bien dans l’air du temps pour manipuler les esprits : l’ingérence guerrière en Syrie…


Dans son édition du 27 octobre, la page étranger du site a en effet osé une juxtaposition dont seuls sont capables des affairistes de l’audimat : aux côtés d’une pub pour le chewing-gum Hollywood, figurait un entretien avec un opposant syrien en exil, au titre évocateur : « La Syrie est une oasis d’immunité ».


Une thématique en or après l’offensive belliqueuse en Libye, censée produire un électrochoc auprès d’internautes dont les sens étaient mis en éveil par ce réquisitoire contre le gouvernement de Damas. Des mots lourds de sens tels que « arbitraire », « torture », « oppression » devaient agir comme autant de fortes décharges électriques visant à les conduire à répondre massivement "oui" à la question suprême : « Faut-il intervenir militairement en Syrie comme en Libye ? ».


Dès le lendemain de la parution du sondage, sur les 480 individus qui ont réagi au conditionnement élaboré par les cellules grises de TF1, 52,3% se prononçaient pour une intervention, contre 47,7% de « non ».


A notre tour, pourquoi ne pas nous prêter au jeu ? Si l’on vous dit que le Groupe Bouygues, non content d’avoir l’âme d’un grand bâtisseur, a aussi vendu son âme au diable, en la personne du dictateur Saparmoud Niazov, président à vie du Turkménistan !


Si l’on ajoute que l’empire du béton a instrumentalisé TF1, avec son accord, pour décrocher un contrat de construction d’installations techniques de la télévision turkmène, et organiser, en 1996, une vraie-fausse émission de télévision à la gloire du tyran turkmène, jamais diffusée en France, en présence notamment de Martin Bouygues et de Patrick Le Lay, et animée par Jean-Claude Narcy, quel regard portez-vous sur ce sondage sur la Syrie ?


Votez 1, si votre sens aigu du discernement voit là les effets pervers de la pire démagogie télévisuelle, votez 2, si vous parvenez à y déceler une once de démocratie citoyenne !


Merci à Oumma.com pour cet article  ....  et Résistance.fr  pour l'avoir reproduit.

                                           
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3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 09:57

 

 

Alzheimer, Parkinson... à qui profite l’explosion des maladies neurologiques ?

Par Sophie Chapelle

Un million de malades d’Alzheimer en France. Une « pandémie neurologique » dont les victimes sont de plus en plus jeunes. Et les causes parfaitement identifiées. Pourtant, les autorités sanitaires préfèrent regarder ailleurs, dénoncent la scientifique Marie Grosman et le philosophe Roger Lenglet. Dans les coulisses de la recherche et des décisions gouvernementales, ils ont enquêté sur les nnombreux conflits d’intérêts qui paralysent toute politique de prévention. Entretien.

Basta ! : Quelle est l’ampleur des maladies qui ,assiègent nos cerveaux ?

Marie Grosman [1] : Le nombre de malades d’Alzheimer et d’autisme augmente de façon vertigineuse dans de nombreux pays, surtout les plus développés. De 300 000 malades d’Alzheimer en 1994 en France, on en compte environ un million aujourd’hui. Et, si l’on ne fait rien, ce chiffre doublera tous les 20 ans. Le nnombre de personnes souffrant d’autisme a été multiplié en France par 17 au cours des cinquante dernières années. On constate également une très forte progression des tumeurs cérébrales chez les enfants (20 % de plus en dix ans). La maladie de Parkinson et la sclérose en plaques, qui concernent

respectivement 100 000 et 80 000 personnes, sont aussi en progression. Cela devrait quand même inciter à agir sur les causes de ces maladies !

Roger Lenglet [2] : Toutes les données citées dans notre livre sont démontrées scientifiquement, ce ne nsont pas des hypothèses. Nous sommes face à une pandémie neurologique qui ne cesse d’empirer. Les autorités trouvent toujours une explication rassurante à donner. Elles répètent que ces maladies n’ont pas

de causes connues, hormis le vieillissement de la population. Mais l’âge est une condition de la maladie et non une cause. La maladie se produit souvent en fin de vie car c’est le temps nécessaire à son expression. Il ne faut pas oublier qu’il s’agit de pathologies dont le temps de latence est important entre l’exposition aux toxiques et l’apparition des symptômes. Et de plus en plus de jeunes sont touchés par la maladie d’Alzheimer. Entre 30 000 et 50 000 personnes de 13 à 60 ans sont concernées.

Nous naissons et vivons aujourd’hui dans « un monde neurotoxique ». Est-ce, selon vous, la cause principale du développement des maladies neurodégénératives ?

R. L. : On a l’habitude de raisonner sur le mode « pasteurien » : un virus = une maladie. Dans un monde où les produits chimiques sont devenus omniprésents, leurs effets se combinent, et les maladies sont multifactorielles. Mais les principaux coupables sont connus. Grâce à une étude épidémiologique de 1995,

par exemple, on sait qu’un taux de 100 microgrammes/l d’aluminium dans l’eau du robinet multiplie par deux ou trois le nombre de cas d’Alzheimer. C’est un facteur puissant qui peut déclencher la maladie. À cela s’ajoute la synergie entre les produits, comme le mercure et le plomb, par exemple, qui aggrave

considérablement leur nocivité, comme tous les toxicologues le savent [3].

Les enfants sont-ils particulièrement touchés par les substances neurotoxiques ?

M. G. : L’exposition aux molécules neurotoxiques commence dès le début de la vie in utero. Dans le ventre maternel, la barrière placentaire qui protège le foetus ne stoppe pas les neurotoxiques, qui ont tendance à s’accumuler dans son cerveau en développement. Mercure, plomb, cadmium, phtalates, pesticides et

solvants font partie de cette farandole qui a des effets, notamment sur la thyroïde. Plus ces substances sont présentes dans le cordon ombilical, moins le foetus dispose d’hormones thyroïdiennes. Cette faible quantité peut entraîner une altération irréversible du développement cérébral. On sait aussi que plus la

mère porte d’amalgames dentaires [plombages], plus le taux de mercure dans le cerveau du bébé est élevé [4]. Les mères d’enfants autistes ont été en moyenne davantage exposées au mercure dentaire pendant leur grossesse [5].

Un quart des notices affichent des effets secondaires neurotoxiques : les médicaments sont-ils aussi en cause ?

R. L. : Oui. Même des médicaments contre les affections neurologiques entraînent d’autres désordres neurologiques, et ces effets peuvent être insidieux et durables, surtout après une consommation pendant des mois, voire des années. Ainsi, les antidépresseurs modifient les fonctions cognitives en diminuant la

mémoire des faits récents, ils provoquent des tremblements, des difficultés de concentration, etc. Certains malades de Parkinson ont développé la maladie après la prise de médicaments. Quand un médicamentn pour Alzheimer provoque une « confusion » du patient, on met cela sur le dos de la maladie et pas du médicament. Il faut savoir que toutes les pathologies neurologiques peuvent être induites par des nmédicaments. Mais cette question est évacuée, comme si le médicament était sanctuarisé. En neurologie, ,les jeunes praticiens apprennent pourtant que la première question à se poser avec un patient souffrant ,d’une pathologie neurologique est de savoir ce qu’il a pris comme médicament.

Est-ce lié au fait que ces médicaments représentent un marché en pleine expansion ? 4,3 milliards de dollars en 2009 pour la seule prescription de médicaments pour Alzheimer…

M. G. : Effectivement, les maladies neurodégénératives et neuropsychiatriques constituent un fabuleux marché. Et garantissent un exceptionnel retour sur investissement : 39 % par an, selon André Syrota, directeur de l’Inserm. Pour les pandémies cardiovasculaires, le retour sur l’investissement serait de l’ordre

de 37 %.

R. L. : On privatise la maladie en la réduisant à un produit financier outrageusement rentable. Ces médicaments assurent une sécurité sur les investissements totalement incroyable dans un monde en pleine instabilité financière. C’est une véritable marchandisation des pandémies.

Avec des situations de conflits d’intérêts ?

M. G. : L’association Formindep a fait éclater le scandale sur les conflits d’intérêts des experts de la Haute Autorité de santé (HAS), qui ont formulé les recommandations pour les médicaments anti-Alzheimer. Le médecin à la tête de la Commission transparence de la HAS était également rémunéré par des firmes

pharmaceutiques, ce qui est interdit par le règlement. Avant même la sanction du Conseil d’État, la HAS a revu sa recommandation sur le sujet.

R. L. : Les acteurs économiques font un lobbying forcené pour maintenir le remboursement des médicaments. Cela signifierait sinon la fin de la prescription et d’un marché. Dans le cas de médicaments inefficaces et dangereux, le corps médical a toujours la même formule : « Le médicament permet d’intégrer

dans les circuits de prise en charge les patients touchés. » Sans cela, on ne s’occuperait pas du patient ? Il existe pourtant une prise en charge non médicamenteuse et l’accompagnement nécessaire des malades.

D’où l’importance d’assurer l’indépendance de la pharmacovigilance ?

R. L. : Une vraie expertise du médicament est possible. La revue médicale indépendante Prescrire a prévu tous les scandales sanitaires de ces dernières décennies liés aux médicaments, grâce à ses contreexpertises. Il est essentiel que la Sécurité sociale et l’État, qui disposent de moyens considérables, mettent

en place ce pôle d’experts indépendants. Même chose du côté des Mutuelles : elles doivent créer un pôle d’expertise qui leur permettra d’assurer une fonction de contrôle critique face aux médicaments qui ne devraient pas être autorisés et, a fortiori, qui ne devraient pas être remboursés.

M. G. : Nous avons besoin d’experts qui n’ont aucun conflit d’intérêts avec les laboratoires pharmaceutiques. On nous répond depuis vingt ans que « les meilleurs travaillent déjà pour des laboratoires » et que cela reviendrait à « se priver de leurs compétences » [6]. En attendant, le travail mené par le Réseau environnement santé, qui a abouti à l‘interdiction du bisphénol A dans les contenants alimentaires, montre toute l’importance de l’expertise citoyenne.

Qu’en est-il de la prévention ?

R. L. : Le fait le plus marquant est justement la quasi-inexistence d’actions de prévention, alors que les enjeux sanitaires sont considérables et que la plupart des causes sont connues. Faut-il attendre que la prévention devienne rentable pour la mettre en place ? Nous devons sortir d’une approche exclusivement

thérapeutique. Et redévelopper la toxicologie, qui permet d’évaluer les effets des substances sur les organismes vivants et d’identifier les affections qu’elles peuvent entraîner. Les filières de formation à la toxicologie ont été fermées en France alors qu’il faudrait faire le contraire. Les toxicologues sont considérés comme des emmerdeurs qui viennent vous dire : « Le produit pour lequel vous avez un marché fait des morts. »

Comment expliquez-vous que les responsables politiques puissent négliger les causes de l’hécatombe ?

R. L. : Les relations de l’Élysée avec les laboratoires pharmaceutiques conditionnent totalement la politique de santé publique mise en oeuvre en France. Le principal conseiller en santé de Nicolas Sarkozy est Arnold Munnich, un généticien dont l’équipe de recherche détient de multiples brevets. On demande aux chercheurs de se concentrer sur les prédispositions génétiques, alors que ça ne concerne pas plus de 3 % des maladies neurodégénératives. Un élément est frappant : le « pantouflage » intense entre les secteurs pharmaceutiques et chimiques, et les postes à responsabilité publique. Le gouvernement Sarkozy a réduit de 5 à 3 ans le délai minimum pour pouvoir rejoindre le secteur de l’industrie privée après avoir occupé un poste dans le secteur public. Le gouvernement est également à l’initiative de rapprochements

entre recherche publique et industrie privée, qui permettent aux laboratoires pharmaceutiques de siphonner allègrement les crédits publics alloués à la recherche.

M. G. : Les spéculateurs se réjouissent de cette collusion avec l’industrie pharmaceutique. Et les assureurs privés se positionnent avec appétit sur ce marché : la poursuite de cette politique de l’autruche signifie la mort assurée de la Sécurité sociale et le partage de l’actuel régime obligatoire entre des assureurs privés.

Pourquoi n’y a-t-il pas plus de procès et d’actions en justice dans ce domaine ?

R. L. : Ces procès auront forcément lieu. Pour le moment, les décideurs font barrage. Mais dès la  reconnaissance officielle de la neurotoxicité des produits, en particulier celle des médicaments, une brèche va s’ouvrir pour les plaintes des malades. C’est ce qui s’est passé pour l’amiante : 300 000 procès ont été

gagnés aux États-Unis, après la reconnaissance de la toxicité de celle-ci.

M. G. : Au niveau collectif, il faut se battre pour que les class actions [recours collectifs, ndlr] soient autorisées, afin de rééquilibrer le rapport de force entre les multinationales, dont les ripostes sont hallucinantes, et les citoyens. La France a envisagé de l’autoriser, sauf dans le domaine de la santé [7]. On en est à une situation où le tabac fait plus de 66 000 morts en France chaque année, et un seul plaignant a perdu. Aux États-Unis, ce sont des États entiers qui ont obligé les cigarettiers à passer des accords.

R. L. : Il y a également des moyens de prévenir l’exposition aux neurotoxiques de façon individuelle.

Personne ne peut se protéger complètement, mais des actions sont possibles au niveau de l’alimentation, du jardinage, des téléphones mobiles et d’autres sources délétères pour le cerveau… On peut refuser de se faire poser des amalgames dentaires et exiger des céramiques ou des composites à base de résine. On a mené la révolution pasteurienne, la révolution toxicologique reste à faire. En santé publique, toute prise de conscience est forcément anxiogène. On doit mettre en pratique un nouvel « hygiénisme » qui corresponde à la réalité qui nous entoure. Tout en sachant que, sans action collective, la législation et les

normes de protection resteront le fruit des pressions des industriels.

Propos recueillis par Sophie Chapelle

Marie Grosman, Roger Lenglet, Menace sur nos neurones, éditions Actes Sud, 2011, 283 pages.

Notes

[1] Marie Grosman est agrégée de sciences de la vie et de la Terre, spécialisée en santé publique et en santé environnementale. Elle a publié des travaux scientifiques sur les facteurs environnementaux des maladies neurodégénératives.

[2] Roger Lenglet, philosophe et journaliste d’investigation, est l’auteur de nombreux livres d’enquête s’intéressant tout particulièrement à la santé, à l’environnement et au lobbying industriel. Il est membre de la Société française d’histoire de la médecine et du comité de parrainage de l’association Anticor

(Association de lutte contre la corruption).

[3] Toxicologie industrielle et intoxications professionnelles, Robert Lauwerys, éd. Masson, 2007.

[4] "Mercury Burden of Human Fetal and Infant Tissues", Gustav Drasch, et al., in European Journal Pediatrics, vol. 153, n° 8, mars 1994, pp. 607-610.

[5] "A Prospective Study of Prenatal Mercury Exposure from Maternal Dental Amalgams and Autism Severity", David A. Geier, et al., in Acta neurobiologiae experimentalis, vol. 69, 2009, pp. 189-197.

[6] C’est ce qu’a notamment déclaré le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, le 27 octobre 2011 à l’Assemblée nationale. Il s’opposait à un amendement interdisant tout lien d’intérêt aux experts, qui a finalement été retiré.

[7] Les sénateurs ont adopté le 27 octobre 2011 un amendement autorisant les associations de victimes d’un médicament nocif

 

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3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 09:16

 

                                                                          

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3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 09:09

                                                                      comunismo1

 

DOMENICO LOSURDO : INTERVENTION AU 6ème CONGRES DU PdCI (PARTITO DEI COMMUNISTI ITALIANI)-RECONSTRUIRE LE PARTI COMMUNISTE : UNIR LA GAUCHE et BATTRE LES DROITES


Reconstruire le parti communiste
Unir la gauche

Battre les droites

Intervention au 6° congrès National du PdCI 

(Partito dei Comunisti Italiani)

Je suis heureux de participer à ce qui pourrait être une relance voire un nouveau début de la présence communiste dans notre pays.

Quand, il y a vingt ans fut créé Rifondazione Comunista, le climat idéologique était bien différent de celui d’aujourd’hui. Il y a vingt ans à Washington, les idéologues les plus emphatiques proclamaient que l’histoire était finie : en tous cas le capitalisme avait triomphé et les communistes avaient eu le tort de se tenir du mauvais côté, et même du côté criminel de l’histoire.

Nous savons aujourd’hui que ces certitudes et ses mythologies avaient fait brèche même dans le groupe dirigeant de Rifondazione Comunista. On a ainsi assisté au spectacle grotesque dans lequel un leader de tout premier plan a déployé tout son talent oratoire pour démontrer que les communistes avaient toujours eu tort et avaient toujours provoqué des catastrophes en Russie comme en Italie ; et continuaient à avoir tort en Chine comme au Vietnam et, en dernière analyse même à Cuba ; on comprend bien l’enthousiasme de la presse bourgeoise pour ce prophète, pour ce don venu du Ciel.

Mais nous connaissons tous le résultat final.
Ça a été un désastre : pour la première fois dans l’histoire de notre république les communistes sont sans représentation au parlement.

Pire. Priver les classes laborieuses de leur histoire signifiait les priver aussi de leur capacité à s’orienter dans le présent.

Les classes laborieuses peinent aujourd’hui à organiser une résistance efficace à un moment où la République fondée sur le travail se transforme en république fondée sur le licenciement arbitraire, sur le privilège de la richesse, sur la corruption, sur la vénalité des charges publiques.

Et, malheureusement, quasiment inexistante a été jusqu’ici la résistance opposée au processus par lequel la République qui répudie la guerre se transforme en république qui participe aux plus infâmes guerres coloniales.

C’est avec ce désastre derrière nous que nous nous engageons aujourd’hui dans la relance du projet communiste.
De cela il y a un besoin urgent. 

Et ce n’est pas un besoin éprouvé seulement par les communistes.

Nous voyons ce qu’il arrive aujourd’hui dans le pays qui, il y a à peine plus de vingt ans, avait vu la proclamation de la fin de l’histoire. Les rues sont pleines de manifestants qui crient leur indignation contre Wall Street. Les pancartes ne se bornent pas à dénoncer les conséquences de la crise, c’est-à-dire le chômage, la précarité, la faim, la polarisation croissante de richesse et pauvreté. Ces pancartes vont au-delà : elles dénoncent le poids décisif de la richesse dans la vie politique étasunienne, et démasquent de fait le mythe de la démocratie américaine. Ce qui dicte la loi dans la république nord-américaine est en réalité la grande finance, c’est Wall Street ; voilà ce que crient les manifestants.

Et certaines pancartes vont au-delà, et hurlent la rage non seulement contre Wall Street mais aussi contre War Street.

C’est-à-dire que le quartier de la haute finance est identifié comme étant en même temps le quartier de la guerre et du déchaînement de la guerre. Emerge ainsi ou commence à émerger la conscience du rapport entre capitalisme et impérialisme.
  Oui, le capitalisme porte en même temps des crises économiques dévastatrices et des guerres infâmes.

Une fois de plus les masses populaires et les communistes se trouvent en devoir d’affronter la crise du capitalisme et sa politique de guerre. Pour des raisons de temps je ne m’arrêterai que sur ce deuxième point.

La fin de l’engagement de l’OTAN en Libye n’est pas la fin de la guerre au Moyen-Orient. Les guerres contre la Syrie et l’Iran sont déjà en préparation. Ces guerres, même, ont de fait déjà commencé. La puissance de feu multimédiatique avec laquelle l’Occident essaie d’isoler, de criminaliser, d’étrangler et de déstabiliser ces deux pays est prête à se transformer en une puissance de feu véritable, à base de missiles et de bombes.

Et nous communistes devons dès à présent faire entendre notre voix.

Si nous attendions le déclenchement des hostilités nous ne serions à la hauteur ni du mouvement communiste ni du mouvement antimilitariste, et nous ne serions pas les héritiers de Lénine et de Liebknecht.

Nous devons dès à présent organiser des manifestations contre la guerre et contre les préparatifs de guerre ; dès à présent nous devons clarifier le fait que la position à l’égard de la guerre est un critère essentiel pour définir la discrimination entre alliés potentiels et adversaires irréductibles.
 

Pour ce qui concerne la Chine, Washington, oui, transfère en Asie le gros de son dispositif militaire, mais n’agite pour le moment de façon explicite que la menace de la guerre commerciale.

Mais, comme il est notoire, on sait comment les guerres commerciales commencent mais on ne sait pas comment elles finissent. Ils feraient bien de réfléchir sur ce point ceux qui, même à gauche, se mettent en rang pour la campagne anti-chinoise : ils tournent ainsi le dos à la lutte pour la paix.
   C’est une attitude d’autant plus déconcertante que la Chine a été protagoniste d’une des plus grandes révolutions de l’histoire universelle. Evidemment, il convient de garder à l’esprit les problèmes, les défis, les contradictions même graves qui caractérisent le grand pays asiatique.

Mais clarifions d’abord le cadre historique.

Au début du 20ème siècle la Chine était une partie intégrante de ce monde colonial qui a pu briser ses chaînes grâce à la gigantesque vague de la révolution anticolonialiste déclenchée en octobre 1917.

Voyons comment l’histoire s’est ensuite développée.

En Italie, en Allemagne, au Japon, le fascisme et le nazisme ont été la tentative de revitaliser le colonialisme. En particulier, la guerre déchaînée par l’impérialisme hitlérien et par l’impérialisme japonais respectivement contre l’Union soviétique et contre la Chine ont été les plus grandes guerres coloniales de l’histoire.

Et donc Stalingrad en Union Soviétique et la Longue Marche et la guerre de résistance anti-japonaise en Chine ont été deux grandioses luttes de classe, celles qui ont empêché l’impérialisme le plus barbare de réaliser une division du travail fondée sur le réduction de grands peuples à une masse d’esclaves ou semi-esclaves au service de la présumée race des seigneurs.
Mais qu’arrive-t-il aujourd’hui ?

Comme je l’ai déjà dit, les USA sont en train de transférer le gros de leur dispositif militaire en Asie. Je lis sur des dépêches d’hier (vendredi 28 octobre 2011) de l’agence Reuters qu’une des accusations adressées aux dirigeants de Pékin est celle de promouvoir ou de vouloir imposer le transfert de technologie de l’Occident en Chine.

Les USA auraient voulu garder le monopole de la technologie pour continuer à exercer aussi une domination néo-coloniale ; la lutte pour l’indépendance se manifeste aussi sur le plan économique.

Et donc : révolutionnaire n’est pas seulement la longue lutte par laquelle le peuple chinois a mis fin au siècle des humiliations et a fondé la république populaire ; ni seulement l’édification économique et sociale par laquelle le Parti communiste chinois a libéré de la faim des centaines de millions d’hommes et de femmes ; même la lutte pour casser le monopole impérialiste de la technologie est une lutte révolutionnaire.

Marx nous l’a enseigné.

Oui, la lutte pour modifier la division internationale du travail imposée par le capitalisme et par l’impérialisme est elle-même une lutte de classe. Du point de vue de Marx, la lutte pour dépasser dans le cadre de la famille la division patriarcale du travail est déjà une lutte d’émancipation ; il serait bien étrange que ne fut pas une lutte d’émancipation la lutte pour mettre fin au niveau international à la division du travail imposée par le capitalisme et par l’impérialisme, la lutte pour liquider définitivement ce monopole occidental de la technologie qui n’est pas une donnée naturelle mais le résultat de siècles de domination et d’oppression !
  

Je conclus. Nous voyons de nos jours le pays-guide du capitalisme plongé dans une profonde crise économique et de plus en plus discrédité au niveau international ; en même temps, il continue à s’accrocher à la prétention d’être le peuple élu par Dieu et à accroître fébrilement son appareil de guerre déjà monstrueux, et à étendre son réseau de bases militaires dans tous les coins du monde.

Tout cela ne promet rien de bon.

C’est la concomitance de perspectives prometteuses et de menaces terribles qui rend urgents la construction et le renforcement des partis communistes. J’espère vivement que le parti que nous construisons aujourd’hui sera à la hauteur de ses devoirs.

Domenico Losurdo
Rimini, 29 octobre 2011

Publié sur le blog de l’auteur :
http://domenicolosurdo.blogspot.com/2011/10/intervento-al-6-congresso-nazionale-del.html
Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

 

                                                          

                                                      site: canempechepasnicolas

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3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 09:04

 

                                                                          lvres en ligne 1027

 

 

 

Cuba, culture et révolution
Madeleine Sautié Rodriguez

LOGO-UNEACLa présentation de l’ouvrage Cuba, culture et révolution : clef d’une identité, qui rassemble des références essentielles sur le sujet, notamment les Paroles aux intellectuels prononcées par Fidel en 1961, a constitué un des moments importants du programme de commémoration du 50e anniversaire de la fondation de l’Union des écrivains et artistes de Cuba (UNEAC).

Le livre a été présenté au public par Fernando Rojas, vice-ministre de la Culture, en présence des membres du Comité central du Parti Armando Hart Davalos, directeur du Bureau du Programme José Marti ; Miguel Banet, président de l’UNEAC, et Roberto Fernandez Retamar, membre du Conseil d’État et président de la Casa de las Américas. Il s’agit d’une compilation réalisée par le chercheur Humberto Rodriguez Manso et le poète Alex Pausides, dont le projet a vu le jour il y a un an à l’initiative du Festival international de La Havane,

Dans sa présentation, Fernando Rojas a souligné l’importance des documents, des déclarations et des essais contenus dans le livre ; leur répercussion au moment de leur parution, et l’actualité absolue des idées exprimées.

Le volume rassemble des textes d’Ernesto Che Guevara, d’Osvaldo Dorticos, d’Alejo Carpentier, de Nicolas Guillén, d’Armando Hart Davalos, de Ricardo Alarcon de Quesada, d’Osvaldo Martinez, de Graziella Pogolotti, d’Ambrosio Fornet, de Miguel Barnet et de Roberto Fernandez Retamar, entre autres personnalités de la culture cubaine.

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3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 06:55

 

Des guerres de l’opium aux guerres du pétrole
par Domenico Losurdo

« La mort de Kadhafi est un tournant historique »  proclament en chœur les dirigeants de l’OTAN et de l’Occident, lesquels ne se préoccupent même pas de prendre des distances avec l’assassinat barbare du leader libyen et des mensonges éhontés énoncés à ce propos par les dirigeants des « rebelles ». Et pourtant, il s’agit en effet d’un tournant. Mais pour comprendre la signification que la guerre contre la Libye revêt dans le cadre de l’histoire du colonialisme, il convient de partir de plus loin…

Tandis qu’en 1840 les navires de guerre anglais se déploient devant les côtes et les villes de la Chine, les agresseurs disposent de la puissance de feu de milliers de cannons et peuvent semer la mort et la destruction à grand échelle, sans craindre d’être touchés par l’artillerie ennemie, dont la portée est bien plus réduite. C’est le triomphe de la politique de la canonnière : le grand pays asiatique et sa civilisation millénaire sont obligés de capituler ; commence alors ce que l’historiographie chinoise définit à juste titre comme le siècle des humiliations, qui prend fin en 1949, avec l’avènement au pouvoir du Parti communiste et de Mao Zedong.

De nos jours, la dite Revolution in Military Affairs (RMA) a créé pour de nombreux pays du Tiers Monde une situation semblable à celle qu’avait affrontée la Chine en son temps. Au cours de la guerre contre la Libye de Kadhafi, l’OTAN a pu tranquillement effectuer des milliers de bombardements non seulement sans subir la moindre perte mais sans même non plus risquer de la subir. Dans ce sens, plutôt qu’à une armée traditionnelle, la force militaire de l’OTAN ressemble à un peloton d’exécution ; si bien que l’exécution finale de Kadhafi, plutôt qu’être un hasard ou un incident de parcours, révèle le sens profond de l’opération dans son ensemble.

C’est une donnée de fait : la disproportion technologique et militaire renouvelée relance les ambitions et les tentations colonialistes d’un Occident qui, comme le montre l’autoconscience et fausse conscience exaltée qu’il continue à afficher, refuse de régler réellement ses comptes avec son histoire. Et il ne s’agit pas seulement d’avions, de navires de guerre et de satellites. Plus net encore est l’avantage sur lequel Washington et ses alliés peuvent compter en ce qui concerne les capacités de bombardement multimédiatiques. Une fois de plus, l’ « intervention humanitaire » contre la Libye se présente comme un exemple de manuel : la guerre civile (déclenchée grâce aussi à l’action prolongée d’agents et d’unités militaires occidentaux et au cours de laquelle les soi-disant « rebelles » dès le début pouvaient disposer même d’avions) a été présentée comme un massacre perpétré par le pouvoir sur une population civile sans défenses ; par contre, les bombardements OTAN qui, dernièrement, se sont acharnés sur Syrte assiégée, affamée et privée d’eau et de médicaments, sont devenus des opérations humanitaires en faveur de la population civile libyenne !

Cette opération de manipulation peut à présent compter, outre sur les traditionnels moyens d’information et désinformation, sur une révolution technologique qui vient compléter la Revolution in Military Affairs.

Comme je l’ai expliqué dans des interventions et articles précédents, ce sont des auteurs et des organes de presse proches du Département d’Etat qui célèbrent le fait que l’arsenal étasunien s’est maintenant enrichi de nouveaux et formidables instruments de guerre ; ce sont des journaux occidentaux et de foi occidentale avérée qui rapportent, sans aucune attitude critique, qu’au cours des « guerres Internet » sont à l’ordre du jour la manipulation, le mensonge, ainsi que l’attisement de minorités ethniques et religieuses au moyen, aussi, de la manipulation et du mensonge. C’est ce qui est en train de se passer déjà en Syrie contre un groupe dirigeant pris comme cible aujourd’hui plus que jamais, pour le fait d’avoir résisté aux pressions et intimidations occidentales et de s’être refusé à capituler devant Israël et de trahir la résistance palestinienne.

Mais revenons à la première guerre de l’opium, qui se termine en 1842 avec le traité de Nankin. C’est le premier des « traités inégaux », c’est-à-dire imposés par les canonnières. L’année suivante c’est le tour des Usa. Ils envoient eux aussi leurs canonnières pour arracher le même résultat obtenu par la Grande-Bretagne, et même un peu plus encore. Le traité de Wanghia (environs de Macao) de 1843 établit pour les citoyens étasuniens résidant en Chine le privilège de l’extraterritorialité : même coupables de délits de droit commun, ils sont dans tous les cas soustraits à la juridiction chinoise. Evidemment, le privilège de l’extraterritorialité n’est pas réciproque, et ne vaut pas pour les citoyens chinois résidant aux Usa : les peuples coloniaux sont une chose, la race des seigneurs en est une autre, tout à fait différente. Dans les années et décennies successives, le privilège de l’extraterritorialité est étendu aussi aux Chinois qui « sont en désaccord » avec la religion et la culture de leur pays, et se convertissent au christianisme (et deviennent idéalement des citoyens honoraires de la république nord-américaine ou de l’Occident en général).

Le double standard de la légalité et de la juridiction est, de nos jours aussi, un élément essentiel du colonialisme : les « dissidents » c’est-à-dire ceux qui se convertissent à la religion des droits de l’homme, telle qu’elle est proclamée par Washington et par Bruxelles, les potentiels Kisling, au service des agresseurs, ceux-là sont honorés du prix Nobel ou autres prix analogues : après quoi l’Occident déchaîne une campagne forcenée pour soustraire les primés à la juridiction de leur pays de résidence, campagne que vont rendre plus persuasive les embargos et les menaces d’ « intervention humanitaire ».

Le double standard de la légalité et de la juridiction devient particulièrement criant avec l’intervention de la Cour pénale internationale (CPI). A celle-ci, sont et doivent être dans tous les cas soustraits les citoyens étasuniens et les soldats et mercenaires du drapeau étoilé qui stationnent dans le monde entier. Récemment la presse internationale a rapporté que les Usa sont prêts à bloquer par leur veto l’admission de la Palestine à l’ONU, dans le but aussi d’empêcher que la Palestine puisse faire recours contre Israël auprès de la CPI : d’une façon ou d’une autre, en pratique si ce n’est déjà en théorie il doit être clair pour tout le monde que ceux qui peuvent être jugés sont seulement les peuples coloniaux. Le timing est en soi éloquent. 1999 : sans même avoir obtenu l’autorisation de l’ONU, l’OTAN commence ses bombardements contre la Yougoslavie ; peu après, sans perdre de temps, la CPI procède à l’incrimination non pas des agresseurs et des responsables de la violation de l’ordre juridique international qui a résulté de la seconde guerre mondiale, mais de Milosevic. 2011 : renversant le mandat de l’ONU, bien loin de se préoccuper de la protection des civils, l’OTAN a recours à tous les moyens pour imposer le changement de régime et s’assurer le contrôle de la Libye ; suivant un modèle déjà éprouvé, la CPI procède à l’incrimination de Kadhafi. La dite Cour pénale internationale est une sorte d’appendice judiciaire du peloton d’exécution de l’OTAN, on pourrait même dire que les magistrats de La Haye ressemblent à des prêtres qui, sans perdre de temps à consoler la victime, s’emploient directement à la légitimation et à la consécration du bourreau.

Un dernier point. Avec la guerre contre la Libye, s’est dessinée dans le milieu impérialiste une nouvelle division du travail. Les grandes puissances coloniales traditionnelles comme l’Angleterre et la France, se prévalant de l’appui politique et militaire décisif de Washington, se concentrent sur le Moyen-Orient et sur l’Afrique, tandis que les USA déplacent de plus en plus leur dispositif militaire en Asie. Et nous voici donc de retour en Chine. Après avoir mis fin au siècle des humiliations commencé avec les guerres de l’opium, les dirigeants communistes savent bien qu’il serait fou et criminel de rater une deuxième fois le rendez-vous avec la révolution technologique et militaire : pendant qu’il libère des centaines de millions de Chinois de la misère et de la famine auxquelles le colonialisme les avait condamnés, le puissant développement économique en cours dans le grand pays asiatique est aussi une mesure de défense contre l’agressivité permanente de l’impérialisme. Ceux qui, à « gauche » aussi, se mettent à la remorque de Washington et de Bruxelles dans l’entreprise de diffamation systématique des dirigeants chinois montrent qu’ils n’ont à cœur ni la cause de l’amélioration des conditions de vie des masses populaires ni la cause de la paix et de la démocratie dans les relations internationales.


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