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CHANTS REVOLUTIONNAIRES

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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 10:24

 

 

Votes aux Assemblées Générales des Nations-Unies sur la nécessité de cesser le blocus des Etats-Unis contre Cuba

Année Date Pour Contre Abstention Pays votant contre
1992 24 Novembre 59 2 72 Etats-Unis, Israel
1993 3 Novembre 88 4 57 Etats-Unis, Israel, Albanie, Paraguay
1994 26 Octobre 101 2 48 Etats-Unis, Israel
1995 2 Novembre 117 3 38 Etats-Unis, Israel, Ouzbékistan
1996 12 Novembre 137 3 25 Etats-Unis, Israel, Ouzbékistan
1997 Octobre 143 3 17 Etats-Unis, Israel, Ouzbékistan
1998 Octobre 157 2 12 Etats-Unis, Israel
1999 Novembre 155 2 8 Etats-Unis, Israel
2000 Novembre 167 3 4 Etats-Unis, Israel, Iles Marshall
2001 Novembre 167 3 3 Etats-Unis, Israel, Iles Marshall
2002 Novembre 173 3 4 Etats-Unis, Israel, Iles Marshall
2003 Novembre 179 3 2 Etats-Unis, Israel, Iles Marshall
2004 Octobre 179 4 7 Etats-Unis, Israel, Iles Marshall, Palau
2005 Novembre 182 4 1 Etats-Unis, Israel, Iles Marshall, Palau
2006 Novembre 183 4 1 Etats-Unis, Israel, Iles Marshall, Palau
2007 Novembre 184 4 1 Etats-Unis, Israel, Iles Marshall, Palau
2008 Octobre 185 3 2 Etats-Unis, Israel, Palau
2009 Octobre 187 3 2 Etats-Unis, Israel, Palau
2010 Octobre 187 2 3 Etats-Unis, Israel
2011 25 Octobre 186 2 3 Etats-Unis, Israel
CITATIONS


"[nous supprimerons les quotas sucriers cubains] ce qui provoquerait une chute brutale et immédiate de l’industrie sucrière cubaine et généraliserait encore plus le chômage. De grandes quantités de personnes se retrouveraient sans travail et commenceraient à avoir faim." - mémo du département d’Etat des Etats-Unis - 24 Juin 1959


"Il faut utiliser au plus vite tous les moyens possibles d’affaiblir la vie économique cubaine (...) afin de provoquer la faim, le désespoir et le renversement du gouvernement." - Christian Herter - Secrétaire d’Etat Etats-Unien - 6 Avril 1960


"Cette nuit, la première du blocus, il y avait à Cuba quelque 485550 voitures, 343300 réfrigérateurs, 549700 postes de radio, 303500 téléviseurs, 352900 fers à repasser, 288400 ventilateurs, 41800 machines à laver, 3510000 montres, 63 locomotives et 12 paquebots. Tout, à l’exception des montres suisses, avait été fabriqué aux Etats-Unis." - Gabriel Garcia Marquez


"Lorsque ce régime sera tombé, il faudra passer un bulldozer de Pinar del Rio jusqu’à Santiago car tous les habitants de cette île ont été, à un moment ou un autre, des partisans de cette Révolution. Il faudra ensuite la repeupler avec les gens de Miami." - Yanoska Perez - Porte parole de la CANF - (organisation anti-castriste basée à Miami)


"Le blocus économique contre Cuba, que les Etats-Unis ont imposé depuis trois décennies, est un crime contre l’humanité. On ne peut interdire nourriture et médicaments à un pays pour des raisons idéologiques, raciales ou religieuses." - Gonzalo Garcia Bustillos, Ambassadeur du Vénézuela à Cuba, Juin 1992


"s’il existait une violence justifiable, ce serait celle qui s’exerce actuellement, et qui s’est exercée dans les années 60, contre le régime de Castro". - Jacobo Machover (dissident "anticastriste"), juste après les attentats contre des hôtels à Cuba, dans la revue "Trazos de Cuba" en septembre 1997


"Il n’y a qu’un tribunal qui compte ici, c’est la Cour Suprême des Etats-Unis. Il n’y a qu’une loi qui s’applique ici, c’est la Constitution des Etats-Unis." - Sénateur Jesse Helms, Président de la Commission des Affaires Etrangères du Sénat en réference au non-respect (par les Etats-Unis) des lois internationales, 1998


"Cuba est la première priorité du gouvernement américain. Tout le reste est secondaire. Aucun effort ne doit être négligé, avec les moyens nécessaires, les hommes nécessaires et le temps qu’il faudra..." - Bob Kennedy, 19 janvier 1962


"De toutes les ironies exprimées par la politique étrangère américaine, notre position vis-à-vis de Cuba est la plus paradoxale. Une forte dégradation de la situation économique a provoqué une poussée du nombre de Cubains entrant illégalement aux Etats-Unis. Nous faisons tout ce que nous pouvons pour détériorer la situation économique et ainsi accroître le flux. Nous encourageons également cet exode en accordant aux Cubains, qui arrivent illégalement ou qui s’approchent par voie de mer, un statut de résident et une assistance pour s’installer. Dans le même temps, nous n’avons pas respecté les quotas de visas pour les Cubains désireux d’immigrer aux Etats-Unis [...] quand Castro tente d’empêcher des cubains malheureux de quitter leur pays infortuné, nous l’accusons de violation des droits de l’homme. Mais quand il menace d’ouvrir grand les portes si nous continuons à accueillir sans limites des cubains sans visas - y compris ceux qui ont commis des actes de violence pour aboutir à leurs fins - nous brandissons des menaces imprécises mais aux conséquences terribles." - Jay Taylor, responsable de la section des intérêts américains à Cuba entre 1987 et 1990, in "Playing into Castro’s hands", the Guardian, Londres, 9 août 1994.


"Il est certain que les Américains sont très contents de notre Mouvement... Je veux dire, de ce que nous avons appelé "Plate forme pour les droits de l’homme et la démocratie à Cuba " ... "Nous nous sommes aperçus qu’il n’y avait [à Cuba] ni éducation ni santé." ... "Parce que là-bas les gens doivent parler tout bas, car ils se sentent persécutés par la Sécurité de l’Etat. Cela les rend malades. Je ne connais pas d’autre pays où les gens ont le visage presque déformé à force de faire des grimaces pour parler bas et dans la crainte, comme ça, sur le côté..." - LIDWIEN ZUMPOLLE, Coordinatrice de la Section Amérique latine à Pax Christi Hollande


"Quand je suis retourné à Cuba en Février [1993]... J’ai découvert des pédiatres exerçant dans des hôpitaux splendides qui passaient chaque matin à compter les rares médicaments pour les enfants... le directeur d’un centre de soins me faisait part de ses craintes de voir le lait disparaître pour les touts petits, comme cela était déjà le cas pour les enfants de plus de sept ans... Que doit-on penser au sujet d’un embargo qui interdit nourriture et médicaments aux enfants ? J’ai honte." - Dr Benjamin Spock - lettre au New York Times, le 3 Juin 1993.


"Le Blocus a été instauré par les Etats-Unis au nom de la "Démocratie" et du "Monde Libre". Mais le monde est-il plus démocratique lorsqu’une machine-outil tombe en panne faute de pièces détachées ? Le monde est-il plus libre lorsqu’un médecin cubain opère sans anésthésie ?" - Viktor Dedaj


"A un moment c’était l’Angola. A un autre moment c’était l’Amérique Centrale... mais ce n’était en réalité que rhétorique. En fait, la seule condition préalable qu’ils [les Etats-Unis] ont jamais posée reste la même depuis le tout début : ils n’aiment pas la Révolution Cubaine, point. Ils ne l’ont jamais aimé et ont passé plus de 30 ans à essayer de nous reconquérir. La rhétorique diplomatique change selon les époques mais fondamentalement Washington poursuit toujours exactement le même objectif : l’élimination de la Révolution Cubaine... Mais il faut se souvenir que tout a commencé en Mai 1959 quand nous avons voté la Loi sur la Réforme Agraire. Washington ne s’est jamais fait à cette idée... Le conflit USA-Cuba doît être vu plus à la lumière de nos relations bilatérales que dans un contexte de confrontation Est-Ouest. C’est pour cela que le conflit demeure, bien que la Guerre Froide ait cessé et que l’Union Soviétique n’existe plus. " Ricardo Alarcon - Ministre des Affaires Etrangères de Cuba - 1992


"Exiger - sans autre forme de procès - LE multipartisme, LA démocratie, des élections "libres" et une presse "libre" à 150 km de Miami est une façon comme une autre d’aller pisser sur la tombe de Salvador Allende." - Viktor Dedaj


"Le gouvernement des Etats-Unis sont seuls, défiant la volonté des nations du monde, dans la mise en oeuvre de cet crime contre l’humanité. Il agit dans l’intérêt d’une poignée de groupes économiques qui veulent s’approprier les richesses de Cuba et appauvrir le peuple Cubain dont la révolution apporta la santé, les libéra de la misère et apporta aussi une éducation universelle partagée avec les pauvres de la planète. Cessez cette honte." - Ramsey Clark (ex-Ministre de la Justice des Etats-Unis)


"De ce pays [les Etats-Unis] gonflé de richesses matérielles et intellectuellement misérable, où il y a tant de sans-abris et d’affamés, j’ai pu admirer la lutte de Cuba pour partager ses maigres ressources afin que chacun puisse retrouver sa dignité. Cuba est admiré dans le monde entier parce que les cubains ont démontré un amour, un engagement et un sens du sacrifice pour tout ce qui - les êtres comme la planète - est opprimé, pour tout ce qui souffre. Aujourd’hui, à l’heure où souffre à son tour Cuba, il est temps d’agir. " - Alice Walker (Pasteurs pour la Paix - USA)

"...La mal nommée loi "Cuban Democracy Act" [loi dite Torricelli (n.d.r.)] est questionable dans sa théorie, cruelle dans ses mesures pratiques et ignoble dans le contexte expéditif en cette période électorale... Une minorité influente de la communauté cubano-américain réclame à cors et à cris le renforcement des mesures contre un régime blessé... Il y a finalement quelque chose d’indécent à voir vociférer ces exilés vivant en sécurité à Miami et réclamant encore plus de douleur pour leurs cousins plus pauvres..." - New York Times, éditorial du 15 Juin 1992.


"Cuba, où il y a ni disparus, ni meurtres, ni tortures, subit depuis trente ans un blocus qui entraine d’immenses privations pour son peuple et freine son développement. " - Beinusz Szmukler, président de l’Association Américaine des Juristes - 1994


"L’embargo exprime la confusion entre vendetta et politique d’intérêt national. C’est une relique de la guerre froide. " - George Miller - membre du Congrès des Etats-Unis - 1994


"Les exemples de Cuba et de l’Irak rendent évidents le fait que les sanctions économiques sont, à la base, une guerre contre la santé publique. Notre éthique exige une défense de la santé publique. Alors, en tant que médecins, nous avons le devoir moral d’appeler à la fin des sanctions. Ayant découvert la cause, nous devons agir pour l’eliminer. Permettre à notre raison de dormir produira plus de monstres." - Editorial du New England Journal of Medecine, 24 Avril, 1997


""Certes, certes, mais le blocus n’explique pas tout" me disent ceux qui se croient bien inspirés. Mais moi j’attends toujours que quelqu’un, parmi nos médias, me dise enfin ce que le blocus explique." - Viktor Dedaj


"Tant qu’il y aura l’impérialisme, nous ne pouvons nous permettre le luxe du pluri-partisme. Nous ne pourrions jamais concurrencer l’argent et la propagande que les Etats-Unis déverseraient ici. Nous perdrions non seulement le socialisme, mais notre souveraineté nationale aussi" - Eugenio Balari in Medea Benjamin, "Soul Searching," NACLA Report on the Americas 24, 2 (August 1990) : 23-31.


"Il s’agit de permettre au peuple cubain de se lever et de dire "nous n’en pouvons plus" ". - Dennis Hays Miami Herald, 19 Juin, 2004 - ancien directeur de la Fondation Nationale Cubano-Américaine.


"Lorsque les Etats-Unis sont venus chercher Cuba, nous n’avons rien dit, nous n’étions pas Cubains ". - Viktor Dedaj


URL de cet article 14958

http://www.legrandsoir.info/blocus-des-etats-unis-contre-cuba-le-monde-entier-dit-non-sauf.html
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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 10:11

Trahison des élites

La langue française subit les assauts de Dassault

Le Député UMP Olivier Dassault a déclaré au cours d'une séance de l'Assemblée Nationale « qu'Il faudrait que les enfants apprennent l’anglais dès l’école maternelle, comme je l’ai recommandé à plusieurs reprises. » Dès l'utérus serait sans doute encore mieux. Ce Député est-il vraiment un représentant du peuple français?

Pour consulter le document:

http://www.assemblee-nationale.fr/13/cr-cfiab/11-12/c1112008.asp

et pour exprimer tout le mal que vous pensez de cette déclaration:

permanence.dassault@wanadoo.fr

La collaboration au quotidien

De qui se footent-ils ?

Nos amis de l’AFRAV ont relevé l’initiative suivante au Lyon Croix-Rousse Football Club1 : les enfants de 6 à 9 ans vont suivre les cours de football en anglais.

Quand ils auront leurs cours d’anglais à l’école, la musique anglaise à la radio et les séries en version originale anglaise, nos enfants pourront se passer du français.

Il est temps de mettre un terme à la soumission, au conformisme et, pour tout dire, à la collaboration.

Pour plus de détails et réagir :

http://www.francophonie-avenir.com/Index_NT_Pierre_de_Felice,_angliciseur.htm

 

                                        

site: C.O.U.R.R.I.E.L <bureau@courriel-languefrancaise.org>

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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 10:08

                                                                       MARE NOSTRUM-copie-1

 

 

 

Bulletin électronique Mondialisation.ca

Une nouvelle victoire du War Party: L’art de la guerre

par Manlio Dinucci

ilmanifesto.it

 


Le War Party (WP), le parti transnational de la guerre, a inscrit un nouveau succès dans son livre d’or : la guerre de Libye. Décidée par la Coupole du pouvoir -le plus grand organe dirigeant dont la composition est secrète, mais dont, comme on sait, font partie les délégués des plus influents groupes multinationaux et financiers et de l’appareil militaro-industriel - elle a été magistralement conduite par le Secrétariat transnational, en fomentant et en armant la dissidence interne (à travers des agents secrets et des commandos infiltrés) pour la faire apparaître comme une « révolution ». Le secrétaire général du WP, Barack Obama, soulignant que « la mort de Kadhafi démontre la justesse de notre rôle pour protéger le peuple libyen », annonce que de cette façon « nous avons rénové le leadership américain dans le monde ». Washington a mis « un masque européen sur le commandement de l’opération », expliquent des fonctionnaires de l’administration, mais ce sont les Etats-Unis qui ont été « la colonne vertébrale de l’opération OTAN », en fournissant aux alliés du renseignement, l’approvisionnement des chasseurs en vol et des bombes à guidage de précision. Dans cette guerre -souligne le vice-président d‘Obama, Joseph Biden - « nous n’avons pas perdu une seule vie » : donc, plus que celles du passé, cette guerre indique « comment se comporter avec le monde pendant que nous avançons ».

L’opération en Libye, expliquent les fonctionnaires, prouve que « les dirigeants de certaines puissances de moyenne grandeur peuvent être renversés à distance », sans envoyer de troupes sur le terrain, en utilisant des armes aériennes et navales et en faisant assumer aux alliés, dans ce cas européens et arabes, le « poids le plus grand » de l’opération. Indubitable est le mérite des membres du Secrétariat du WP, surtout le français Sarkozy. Après la « normalisation » avec la Libye, celui-ci fût le premier à accueillir Kadhafi avec tous les honneurs à Paris, en décembre 2007 (un an et demi avant que Berlusconi le reçût à Rome), en stipulant un accord de 10 milliards d’euros pour fournir à la Libye des centrales nucléaires et en engageant la Libye dans des négociations exclusives avec la France pour l’achat d’armements, parmi lesquels des chasseurs Rafale. A peine plus de trois ans après, ce sont justement les Rafale français qui ont attaqué la Libye, quand la Coupole du pouvoir a décidé que la meilleure façon d’exploiter les ressources libyennes n’étaient pas les accords mais la guerre. En mars dernier, un fils de Kadhafi déclara que la Libye avait contribué à financer la campagne électorale de Sarkozy et qu’il en avait les preuves. On comprend donc pourquoi le président français a défini le meurtre de Kadhafi comme une « étape importante ». Méritoire aussi le rôle de la section italienne du WP : après avoir déchiré le traité de non-agression, le gouvernement Berlusconi a participé à la guerre avec ses bases, navires et avions, qui ont effectué plus de 1.100 raids. Et le jour même où Kadhafi était tué, la marine militaire annonçait qu’elle avait réactivé les structures Eni (Société nationale des hydrocarbures, NdT) pour l’exploitation du gaz libyen et Finmeccanica[1][1] rouvrait, en Libye, son établissement hélicoptériste AgustaWestland. Pendant que l’activiste « de gauche » du WP, Bersani, explique que « la mission en Libye entre dans le cadre de notre Constitution, parce que l’article 11 répudie la guerre mais pas l’usage de la force pour des raisons de justice ». Et le président Napolitano assure que « nous ne sommes pas entrés en guerre ».

Edition de mardi 24 octobre 2011 de il manifesto
http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/20111025/manip2pg/14/manip2pz/312179/

 

[1][1]  « Premier groupe industriel italien du secteur de la haute-technologie et parmi les 10 premiers mondiaux en aérospatiale, défense (si on peut dire, NdT) et sécurité ».
http://www.finmeccanica.it/Corporate/IT/Corporate/Il_Gruppo/index.sdo

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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 09:53

                                                                       CUBA les 5

 

condena-bloqueoPour la vingtième année consécutive, l'ONU adopte une résolution votée par 186 pays, contre la seule opposition des États-Unis et d’Israël, condamnant l'embargo américain contre Cuba



Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Les Nations unies ont conclu aujourd'hui deux décennies de condamnations annuelles consécutives du blocus imposé par les États-Unis à Cuba depuis près d'un demi-siècle et exigé sa levée.

 

Le rejet du blocus nord-américain fut réaffirmé par l'assemblée plénière de l'Assemblée générale de l'ONU par 186 voix pour, deux contre (États-Unis et Israël) et trois abstentions (Iles Marshall, Micronésie et Palau). La Libye et la Suède n'ont pas participé au vote.

 

La quasi-unanimité enregistrée lors du vote a ratifié le rejet mondial de l'embargo états-unien contre l'île caribéenne et l'isolement de Washington dans le maintien de cette mesure.

 

L'assemblée suprême de l'organisation a adopté une résolution intitulée : Nécessité de mettre fin au blocus économique, commercial et financier imposé par les États-Unis d'Amérique contre Cuba.

 

Le texte exige le respect strict des principes de la Charte de l'ONU, entre autres l'égale souveraineté des États, la non-intervention et la non-ingérence dans leurs affaires internes et la liberté de commerce et de navigation internationales.

 

Il insiste également sur les déclarations des sommets ibéro-américains sur la nécessité d'éliminer l'application unilatérale de mesures à caractère économique et commercial contre un autre État qui affectent le libre développement du commerce international.

 

Il exprime par ailleurs ses préoccupations que certains Etats-membres de l'ONU continuent la promulgation et l'application de lois et de règlements comme la Loi Helms-Burton datant de 1996.

 

Et il souligne que ce type de normes ont des effets extra-territoriaux qui touchent à la souveraineté d'autres États, aux intérêts légitimes d'entités ou de personnes sous sa juridiction ainsi qu'à la liberté de commerce et de navigation.

 

La résolution prend acte des déclarations et des résolutions de divers assemblés inter-gouvernementales, d'organes et de gouvernements qui expriment le rejet de la communauté internationale et de l'opinion publique envers la promulgation et l'application de ce type de mesures.

 

L'Assemblée générale va plus loin en réaffirmant les préoccupations de l'ONU vis-à-vis de la poursuite de la promulgation et de l'application de nouvelles mesures visant à renforcer et étendre le blocus économique, commercial et financier contre Cuba.

 

L'organe suprême manifeste également ses inquiétudes « sur les effets négatifs de ces mesures sur la population cubaine et les nationaux Cubains résidant dans d'autres pays ».

 

La résolution exhorte « les États où existent et continuent à s'appliquer des lois et des mesures de ce type que, dans les délais les plus brefs possibles et conformément à leur propre législation, à prendre les mesures nécessaires pour les abroger ou les rendre sans effet ».

 

De la même façon, elle prie le secrétaire-général de l'ONU de préparer un rapport sur l'application de la résolution adoptée à la lumière des propositions et principes de la Charte et du droit international pour le présenter l'an prochain.

 

Elle a également décidé d'inclure dans le programme provisoire de sa soixante-sixième session la question suivante formulée ainsi : « Nécessité de mettre fin au blocus économique, commercial et financier imposé par les Etats-unis d'Amérique contre Cuba ».

 

Le premier vote de condamnation du blocus a eu lieu le 24 novembre 1992 lorsque la 47ème session ordinaire de l'Assemblée générale a adopté par 59 voix pour, trois contre et 71 abstentions la première résolution allant dans ce sens.

 

L'an dernier et dans la même assemblée plénière de l'ONU, 187 pays ont condamné ce blocus, face aux seules voix négatives des États-Unis et d’Israël et aux abstentions des Îles Marshall, de la Micronésie et du Palau.

 

Article de Granma, quotidien cubain

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25 octobre 2011 2 25 /10 /octobre /2011 14:00

 

 

 

Les derniers des barbares, l’OTAN
Kadhafi… Spinoza et les derniers barbares…

par  Danielle Bleitrach
JPEG - 4.6 ko لحظة القبض على القذافي حي قبل موته La première vidéo de Mouammar Kadhafi mort diffusée sur Al-Jazira

Kadhafi certes l’actualité est là… Il y a ces images, cette vidéo abominable… Mais pourquoi Spinoza ? Parce que nous sommes plus que jamais confrontés à l’interrogation de Spinoza », est-il possible de faire avec la multitude une collectivité d’hommes libres ? ». Vous reconnaîtrez qu’il n’y a pas qu’en Libye que la question se pose de manière urgente.

Cet assassinat n’avait qu’un but, asseoir la domination des forces de l’OTAN, de l’impérialisme sur le pays.

Et on doit dénoncer sans le moindre état d’âme tous ceux qui ont contribué de manière diverses à ce crime contre un peuple, il y a tous ceux qui se réjouissent bruyamment devant cet assassinat du « Tyran », tous ceux qui ont masqué les enjeux réels de l’intervention de l’OTAN en faisant de cette intervention une lutte de la « démocratie » contre la « tyrannie », les médias complices dans leur quasi totalité, TOUTES les forces politiques, les chefs d’entreprises qui se sont rués vers la Libye alors que Syrte agonisait.

Donc ces images ne sont pas « un mal nécessaire » pour vaincre la tyrannie mais bien la démonstration de ce qu’est la tyrannie que nous imposons depuis des siècles à tous les peuples du monde, esclavage, colonialisme et voici les hommes que nous avons créés, ceux qui ont toujours été nos complices. Nous dégradons jusqu’à l’aspiration à la liberté. Nous, c’est-à-dire cette servitude que nous tolérons pour notre peuple et qui a nom le capitalisme à son stade ultime de barbarie, l’impérialisme. la multitude pourra devenir libre quand elle renoncera à opprimer les autres : un peuple qui en opprime un autre ne peut pas être libre, c’est la leçon que Marx a emprunté entre autres à Spinoza…

Retour sur le contexte de cet assassinat

Depuis le début de cette sinistre histoire, je n’ai pas évolué d’un iota, opposée à l’intervention de l’OTAN sans pour autant voir dans Kadhafi autre chose qu’un révolutionnaire nassérien qui avait mal tourné et cru pouvoir ruser avec l’occident. Donc me refusant à toute intervention occidentale en Libye comme en Syrie ou en Iran, les pays dans la mire, je n’ai jamais considéré que ces dirigeants ne relevaient pas d’un droit à l’insurrection de leur peuple. De leur peuple et exclusivement de ce peuple et pas de nos soudards et bombardiers larguant des missiles. Et aujourd’hui je veux encore affirmer que si Kadhafi a été abattu ce n’est pas parce qu’il était un tyran mais un vassal capricieux et tentant en sous main de poursuivre un destin de libérateur de l’Afrique.

Cet homme dont les conditions de sa mort demeurent floues, quelles que soient ses dérives a eu une fin, les armes à la main, confondue à jamais avec le martyr d’une ville, affamée, pilonnée par les bombardements de l’OTAN. Il est mort après une résistance de 5 semaines, au combat, dans une ville totalement détruite et qui de ce fait rejoint dans l’histoire Guernica, Falloujah, Gaza. Vous n’y pouvez rien, vous les médias aux ordres, vous les dirigeants occidentaux, vous avez fait rentrer le fantasque Kadhafi dans la légende, celle des Hannibal, des Jugurtha… Et les assassins hystériques qui l’ont déchiré en meute n’inspirent que mépris. D’abord pour avoir avancé sous les bombes de l’étranger, ensuite pour avoir été des cannibales déchirant une victime à terre.

La mort transforme une vie en destin et celle de Kadhafi témoigne de ce qu’est l’occident et les chiens qu’il se donne, les « révolutionnaires » qui acceptent d’affamer puis de détruire une ville et leur concitoyens sous le pilonnage des bombardiers étrangers. Vous avez donné à Kadhafi une mort que la fin de sa vie, ses revirements ne méritaient peut-être pas, mais il était trop périlleux pour vous qu’il passe en jugement. Mais probablement, il fallait vite, très vite régler la question de la propriété des puits de pétrole, trouver une autorité officielle avec qui piller le pays. Ce qui par parenthèse commande ce qu’il adviendra, les lambeaux que chaque chien s’arrachera tandis que la population verra sa misère s’accroître…

Spinoza et les derniers barbares

Pourquoi ai-je pensé, cette nuit, en écoutant les indécents bulletins de triomphe du système de propagande français, à l’assassinat de Johan de Witt et à la réaction de Spinoza devant cet assassinat, lynchage ?

Je rappelle les faits, en 1668, les Pays-Bas sont un des rares régimes républicains où l’on jouit de liberté. A leur tête les frères de Witt sont les alliés des Français et menacés par les orangistes pro-anglais. Louis XIV, qui cherche à s’emparer de l’actuelle Belgique, persuadé que la Triple alliance (Suède, Provinces-Unies et Angleterre) mise sur pied pour contrecarrer ses desseins sur les Pays-Bas espagnols est le fruit de la fourberie de de Witt, ne se sent plus tenu par l’alliance de 1663, et travaille activement à une coalition contre la République en concluant le traité secret de Douvres avec Charles II d’Angleterre.

Johan de Witt ne peut empêcher Louis XIV d’envahir les Pays-Bas (guerre de Hollande). Accusé d’avoir livré la République à la France, le 20 août de la même année, il est massacré, avec son frère Cornelis, par un attroupement pro-orangiste. L’entourage de Guillaume III d’Orange-Nassau ayant ainsi travaillé au rétablissement du stathoudérat, c’est la fin de la République.

Après l’assassinat des frères de Witt (1672), l’indignation de Spinoza est telle qu’il souhaite afficher dans la rue un placard contre les assassins (« Ultimi Barbarorum », les derniers des barbares), mais il se résigna à ne pas le faire vu sa solitude face au rétablissement de la monarchie derrière anglais et français réunis.

En voyant cette vidéo de massacre, j’ai repensé à cette désignation spinoziste : « Ultimi Barbarorum », les derniers des barbares.

Certes je ne compare pas Kadhafi aux frères républicains de Witt, il n’empêche, ce qui a été détruit, ce que l’occident est venu traquer jusqu’à cette scène de massacre est le Mummar kadhafi qui crée l’indépendance et se situe dans le sillage de Nasser… Le drapeau sous lequel s’est fait cette reconquête est celui de la monarchie de Benghazi complètement soumise aux occidentaux et les nouveaux hommes du CNT sont les vieux complices de la dictature et ce jusqu’à la caricature puisque l’affaire des infirmières bulgares a lieu à Benghazi, que l’accusateur est le dirigeant de l’actuel CNT, ministre de la justice qui accuse les dites infirmières, les torture sans doute pour que l’on ne voit pas où est passé l’argent de l’hôpital… Question complémentaire notre président a-t-il lui aussi reçu une mallette et fallait-il tuer Kadhafi (comme Ben Laden) avant qu’il ne parle ?

Le fait est que ce qui va être installé en Libye est un système de pillage et d’affrontement tribal où chacun voudra complaire aux nouveaux maîtres à qui on livrera les ressources libyennes dont le peuple ne bénéficiera plus et qui engendrera l’assassinat comme un des moyens de régler les rivalités…

Voilà pourquoi j’ai repensé à l’assassinat des frères de Witt, les français et les anglais en train de piller le pays bas espagnol et le massacre de ceux qui étaient devenus un obstacle à ce pillage, la France de Louis XIV coiffée au poteau par la perfide Albion dont le candidat triomphe et instaure la monarchie, à la seule différence qu’en Libye ce sont les États-Unis qui ont toutes chance d’emporter la mise.

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La fin de la philosophie  
Il y avait Spinoza, le prince des philosophes comme l’appelait Deleuze, aujourd’hui nous avons en France les philosophes de gondole de supermarché que sont Bernard Henri Levy et son alter ego Michel Onfray…

Quand la folie, le refus de la raison s’empare des masses, qu’il s’agisse des chiens qui déchirent les cadavres sur ordre ou de ceux qui ici les tiennent en laisse et ceux qui détournent la tête, il n’y a plus de philosophie qui puisse subsister dans la Cité.

Spinoza, revenons à lui n’était pas allé, comme il l’avait envisagé, poser des placards dénonçant les derniers barbares ; il ne s’agissait pas des derniers au sens où il n’y en avait pas d’autres après mais bien de ceux que chaque actualités nous offre à profusion y compris en 2011.

Il y avait Spinoza, le prince des philosophes comme l’appelait Deleuze, aujourd’hui nous avons en France les philosophes de gondole de supermarché que sont Bernard Henri Levy et son alter ego Michel Onfray… C’est dire… Deleuze jadis déclara que BHL et les « nouveaux philosophes » étaient des dents creuses… Leur concept n’engendrait rien, aucun devenir, un simple ballotement dénué de capacité à mordre sur la réalité, en voulez-vous la preuve : Bernard Henri levy peut avec toute la chiennerie médiatique parler à propos de ce qui vient de se passer de triomphe de la démocratie sur la tyrannie. Regardez cette vidéo et jugez de cette affirmation.

Qu’est-il advenu de Spinoza puisque dans le fond c’est le personnage le plus intéressant de cette histoire qui s’était passée en 1672, écoutons ce qu’en dit Deleuze dans la biographie de Spinoza dont il est l’auteur.

Quand les frères De Witt, en 1672, eurent été assassinés, et que le parti orangiste eut repris le pouvoir, il ne pouvait plus être question pour Spinoza de publier l’Ethique : une courte tentative à Amsterdam, en 1675, le persuade vite d’y renoncer. « Des théologiens en prirent occasion pour déposer ouvertement une plainte contre moi auprès du prince et des magistrats ; de sots cartésiens en outre, pour écarter le soupçon de m’être favorables, ne cessaient pas et continuent d’afficher l’horreur de mes opinions et de mes écrits ». Pour Spinoza, il n’est pas question de quitter le pays. Mais il est de plus en plus solitaire et malade. Le seul milieu où il aurait pu vivre en paix lui fait défaut. Il reçoit pourtant des visites d’hommes éclairés qui veulent connaître l’Ethique, quitte ensuite à se joindre aux critiques, ou même à nier ces visites qu’ils lui firent (ainsi Leibniz, en 1676). La chaire de philosophie que l’Electeur palatin lui offre à Heidelberg, en 1673, ne peut pas le tenter : Spinoza fait partie de cette lignée de « penseurs privés » qui renversent les valeurs et font de la philosophie à coups de marteau, et non pas des « professeurs publics » (ceux qui, suivant l’éloge de Leibniz, ne touchent pas aux sentiments établis, à l’ordre de la Morale et de la Police). « N’ayant jamais été tenté par l’enseignement public, je n’ai pu me déterminer, bien que j’y aie longuement réfléchi, à saisir cette magnifique occasion ». La pensée de Spinoza se trouve maintenant occupée par le problème le plus récent : quelles sont les chances, d’une aristocratie commerciale ? Pourquoi la république libérale a-t-elle fait faillite ? D’où vient l’échec de la démocratie ? Est-il possible de faire avec la multitude une collectivité d’hommes libres au lieu d’un rassemblement d’esclaves ? Toutes ces questions animent le Traité politique, qui reste inachevé, symboliquement, au début du chapitre sur la démocratie. En février 1677, Spinoza meurt, sans doute d’une affection pulmonaire, en présence de son ami Meyer, qui emporte les manuscrits. Dès la fin de l’année, les Opera posthuma paraissent sur don anonyme.

Toutes nos questions après ce qui paraît être un soubresaut de la fin des espérances des années soixante, socialisme, libération des peuples continuent à alimenter nos réflexions sur l’échec de la démocratie : « Est-il possible de faire avec la multitude une collectivité d’hommes libres ? ». Vous reconnaitrez qu’il n’y a pas qu’en Libye que la question se pose de manière urgente.

Danielle Bleitrach

Illustration : Courbet, la folie de la foule et en matière de conclusion, une femme parle…

 

                                                                               

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25 octobre 2011 2 25 /10 /octobre /2011 13:26

                                                                         MARE NOSTRUM-copie-1

 

 

Heureusement que nous  avons , avec nos alliés de l’Otan, et sous la direction éclairée de notre petit généralissime N.S.(devinette: Nicolas Sarkozy ou Notre Seigneur?)   libéré la Lybie du monstre.

Désormais libres , les Lybiens_le genre masculin est de rigueur_ pourront être polygames.

C’est Abd el Jalil, ancien ministre de la justice de Kaddafi, celui qui a organisé l’idyllique séjour des « infirmières bulgares »dans les prisons du pays, au temps qu’il était  ministre du dictateur, qui l’a annoncé :

 Devenue une démocratie, la Lybie sera régie par la chari’a, loi islamique fondamentale.

 "Par exemple, la loi sur le divorce et le mariage (...), cette loi est contraire à la charia et elle n'est plus en vigueur" dixit Mustapha Abdel Jalil dimanche, à Benghazi devant des dizaines de milliers de personnes réunies pour une cérémonie de proclamation de la "libération" (sic)du pays.

C’est pourquoi   la polygamie, honteusement abolie au cours des années 70  par le dictateur ( éliminé que la façon démocratique qu’on connaît), sera  rétablie et le droit au divorce aboli pour les femmes.

 

Saluons ce pas significatif vers la démocratie en marche en Lybie!

 

Pour l'instant, motus et bouche cousue du côté des journalistes, qui étaient jadis, plus avides d'infos croustillantes, et surtout bricolées, sur les agissement du précédent régime lybien.

Par ailleurs, on attend avec impatience  la réaction de notre stratégiste(1) en chef Bernard - Henri Lévy, ardent défenseur des droits de l’Homme…de préférence blanc et/ou/ occidental(également arabe, s’il n’est pas affublé du défaut majeur d’être palestinien.) sur la déclaration de son ami du CNT.

 

"Il y avait Spinoza, le prince des philosophes comme l’appelait Deleuze, aujourd’hui nous avons en France les philosophes de gondole de supermarché que sont Bernard Henri Levy et son alter ego Michel Onfray… C’est dire… Deleuze jadis déclara que BHL et les « nouveaux philosophes » étaient des dents creuses… Leur concept n’engendrait rien, aucun devenir, un simple ballotement dénué de capacité à mordre sur la réalité.". (D.Bleitrach) 

(1)La difference entre « statégiste » et «stratège », selon les Grecs anciens, a été  donnée dans le blog du Cap Corse, dans un précédent article. 

 

 

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25 octobre 2011 2 25 /10 /octobre /2011 12:47

 

  EUROFRANKENSTEINpg.jpgMES, le nouveau dictateur européen

 

 

Euro éclatéUn nouveau traité européen, dont quasiment personne n’a entendu parler ? Effectivement. C’est un traité qui concerne tous les pays de la zone euro. Et ce n’est pas par hasard si aucune information ne circule sur ce traité ne circule dans les pays concernés. C’est qu’il est très dangereux pour les citoyens ! Vous n’étiez pas censés l’apprendre avant que les choses ne soient définitives !


Ce traité établit une nouvelle administration européenne, appelée Mécanisme Européen de Stabilité (MES). Ne le confondez pas avec ses prédécesseurs, les fonds de secours européens MESF et FSFE, dont on entend beaucoup parler dans les journaux télévisés ces jours-ci !!! La FSFE a le compteur à 440 milliards d’euros pour le moment. Ce sont 1.320 euros par euro-citoyen.

 

 

Le MES remplacera ces deux-là et aura autorité de vider les caisses d’État quand elle veut et aussi souvent qu’elle veut. Le MES sera sans limite ! Le conseil du MES sera composé des 17 ministres des finances, qui en deviendront les gouverneurs. Ce sont eux qui prendront les décisions. Les parlements nationaux n’auront rien à dire sur ce MES, ni sur ses gouverneurs qui bénéficieront d’une immunité à l’extrême (comme d’ailleurs tous les gens qui y travailleront.)


Jusqu’à ce jour, Bruxelles n’a rendu public qu’un seul exemplaire du traité. En anglais ! (96,5% de la population de la zone euro parlent d’autres langues !)


 

Il a été signé le 11 juillet 2011. Curieusement, aucun journal français ou international n’y a consacré un titre. Le traité deviendra définitif après ratification par les parlements nationaux. Habituellement, de telles ratifications sont une simple formalité. Il est peu probable que les parlementaires aient déjà compris que le texte signifie la fin du pouvoir suprême du parlement, celui de décider du budget. Et lorsque les caisses seront vides, nous devrons encore nous serrer la ceinture pour sauver l’euro et les banques.


Bruxelles veut que les Parlements de la zone euro donnent leur accord avant le 31 décembre 2011.


Si l’on agit vite, on peut encore alerter l’opinion publique et tenter d’empêcher cette ratification.

 

 

   

                                                                             

C’est ça, l’avenir de l’Europe ? C’est ça, la nouvelle UE ? 

Une Europe sans démocratie souveraine ? 

Voulez-vous ça ?


Si vous n’en voulez pas, envoyez des pétitions par courriel à votre Parlement.


Ce traité deviendra définitif lorsque les Parlements des 17 pays de la zone euro l’auront ratifié. Ces ratifications devront avoir lieu entre aujourd’hui et le 31 décembre 2011.


C’est quoi comme aberration ?


Ce fut ma première réaction quand j’ai vu cette vidéo. Une telle chose n’est pas possible. Une organisation qui peut vider les caisses des États comme ça ? Nous vivons dans un pays démocratique, non ? J’ai toutefois recherché les textes officiels, qui se trouvent dans le traité établissant le Mécanisme Européen de Stabilité (MES).

 

On peut y retrouver aisément les articles qui sont mentionnés dans la vidéo (à partir de la page 19). Quant au reste du traité, je n’ai rien pu y découvrir qui limiterait ce pouvoir dictatorial en aucune façon. J’en ai encore froid dans le dos !


Mais comment est-ce possible dans le cadre des traités de l’Union Européenne ? C’est que cela constitue une extension illégale des compétences de l’Union ! Cherchant encore davantage, il paraît qu’il y a eu plein de décisions discrètes, prises rapidement pour rendre "possible" ce MES.


Je suis certain que si des politiciens en France voulaient créer un club qui aurait la liberté de vider la caisse de l’État quand il veut et aussi souvent qu’il veut, ils ne réussiraient pas à obtenir le changement de loi nécessaire, même en vingt ans ! Mais la bureaucratie bruxelloise arrive à adapter les traités à toute vitesse pour effectuer ce coup d’état dans 17 pays simultanément !!!

Le sprint Bruxellois 

Le 17 décembre 2010, le Conseil Européen a décidé qu’il y avait besoin d’un mécanisme de stabilité permanent, pour reprendre les tâches du Mécanisme Européen de Stabilité Financière (MESF) et de la Facilité de Stabilité Financière Européenne (FSFE). Ils sont plus connus sous leurs noms anglais European Financial Stabilisation Mechanism (EFSM) et l’European Financial Stability Facility (EFSF).

 

Ce sont deux organisations rapidement érigées, respectivement en mai et juin 2010, pour fournir des prêts à des pays avec trop de dettes. Cependant, il manque une base légale pour ces organisations.

Remarquez déjà que ces deux organisations étaient explicitement conçues pour des interventions financières, mais que l’amendement dans le traité sur le fonctionnement de l’Union Européenne, pour ériger le MES, permet également l’établissement d’autres organisations sur des terrains tout autres.


Cet amendement arrive le 25 mars 2011. Pour éviter de devoir organiser des référendums en Europe une fois de plus, ils utilisent l’article 48.6 du traité de l’Union Européenne, qui permet au Conseil Européen de décider des modifications dans les articles du traité, à condition qu’elles n’entraînent pas une extension des compétences de l’Union (ces décisions doivent néanmoins être ratifiées par les Parlements nationaux, mais cela n’est généralement qu’une formalité.) L’amendement consistait en une addition d’apparence innocente à un paragraphe de l’article 136. En bref, cette addition stipule que "les pays de l’UE utilisant l’euro sont autorisés à établir un mécanisme de stabilité pour sauvegarder la stabilité de la zone-euro dans son ensemble." Ici, il ne s’agit donc plus explicitement de stabilité financière. La répression de bagarres, la surveillance de citoyens réveillés ou le combat contre tout autre élément déstabilisateur dans la zone-euro pourront, via cet amendement, être déférés à de nouvelles organisations sous drapeau européen.


Autrement dit, cet amendement constitue à coup sûr une extension des compétences de l’UE. Il est donc contraire à l’article 48.6 du Traité de l’Union Européenne. Néanmoins, pas un ministre, pas un Parlement national n’a tiqué sur cela. Au contraire, à Bruxelles, le traité du MES continuait tranquillement à prendre forme..


Le 20 juin 2011 les Parlements nationaux autorisaient que les tâches du traité du MES seraient effectuées par l’UE et la Banque Centrale Européenne.


Le 11 juillet 2011, le traité était signé. Bien que la signature ait été annoncée plus tard ce jour-là, à l’ouverture d’une Conférence de presse où assistaient des dizaines de journalistes, on n’a pu trouver aucun titre le lendemain sur la signature de ce nouveau traité européen, ni dans les journaux français, ni dans les journaux étrangers. Peut-être que ça venait du fait que Juncker l’avait annoncé en français... avant de poursuivre la conférence de presse en anglais ?


En ce moment, le traité est en attente de ratification par les Parlements nationaux. Cette ratification est attendue entre aujourd’hui et le 31 décembre 2011.


Le traité n’est pas encore finalisé qu’il est déjà question de rendre nécessaire d’augmenter le capital de 700 milliards (soit 2.100 euros par citoyen de l’euro-zone) à 1.500 ou 2.000 milliards, donc deux à trois fois autant.


D’après le texte du traité, celui-ci devrait entrer en force en juin 2013. Maintenant, « ils » veulent le faire en 2012.


« Ils » demanderont logiquement aux Parlements qu’ils se pressent de ratifier le traité. En Allemagne, le sujet est débattu ces jours-ci. Apparemment, il fallait se presser : de plus en plus d’Allemands se réveillent !


MES - le moment des signaturesSi nous voulons utiliser le dernier cheveu démocratique pour empêcher cette dictature, nous devons, à toute vitesse, réveiller le plus de citoyens possible et envoyer le plus de courriels et lettres de protestation possible aux parlementaires, aux politiciens et aux partis politiques. Attendre de voir si d’autres gens y parviennent est catastrophique dans l’état actuel des choses.


Si vous disposez de contacts à l’étranger, envoyez-leur des informations. Dans la plupart des pays de la zone euro, rien ou presque rien n’est encore connu à ce sujet.


Dès qu’un dictateur s’assoit sur son trône, on ne l’évince pas avant 30 ans. On ne veut pas faire ça à nos enfants, n’est-ce pas ?

 

 

et comité Valmy.

                                            
                                       SITE: RESISTANCE.FR
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24 octobre 2011 1 24 /10 /octobre /2011 07:40
http://www.liberation.fr/societe/01012367077-l-ecole-condamnee-a-produire-du-capital-humain
L’école condamnée à produire du capital humain» EINSTEINjpg.jpg

Interview A la botte de l’économie, le système scolaire se serait lancé dans une course à la compétitivité. Une mutation que déplore le sociologue Christian Laval, dénonçant le déclin de la pédagogie et un surcroît d’inégalités.


Recueilli par véronique soulé 

Suppressions de postes, résultats des élèves en baisse, enseignants désorientés… L’éducation sera l’un des sujets de la campagne présidentielle et la Nouvelle Ecole capitaliste - le livre de Christian Laval (1), Francis Vergne, Pierre Clément et Guy Dreux - tombe à point pour le nourrir. Les auteurs, enseignants et chercheurs, analysent les transformations en profondeur entraînées par le néolibéralisme dans le système éducatif. Christian Laval, professeur de sociologie à l’université Paris-Ouest-Nanterre-La Défense, revient sur les mécanismes ayant conduit à une redéfinition des missions de l’école au service de l’entreprise et plaide pour un renouvellement de la pensée sociologique.

Vous décrivez une «nouvelle école capitaliste» soumise à la concurrence, gérée comme le privé et au service de l’économie : est-elle née sous Sarkozy ?

Non, ce serait une grande erreur de le croire. Le sarkozysme a accéléré et rendu plus visibles les transformations néolibérales ou, pour appeler un chat un chat, la mutation capitaliste de l’école. Mais elles étaient amorcées depuis longtemps en France et à l’étranger. Le programme de transformation de l’université française a ainsi été ébauché à la fin des années 90, puis a commencé à s’appliquer au début des années 2000, avant d’être parachevé avec l’arrivée de Nicolas Sarkozy et la loi sur l’autonomie des universités [la LRU, votée en août 2007, qui avait suscité un vaste mouvement de protestations, ndlr]. Bien au-delà de la finance et des marchés de biens et services, le néolibéralisme a progressivement touché toutes les institutions, y compris l’école, notamment avec l’apparition du nouveau management public, c’est-à-dire avec l’importation des techniques managériales du privé dans les services publics

Vous dénoncez la concurrence qui a gagné l’école, les compétences qui ont remplacé les connaissances et l’obsession de l’employabilité : ce sont les caractéristiques de l’«école capitaliste» ?

Oui, c’en sont des aspects majeurs. D’abord, les missions de l’école et de l’université ont été progressivement redéfinies. Les systèmes éducatifs ont été sommés de justifier les dépenses qu’on leur consacre par un «retour sur investissement» de nature économique. Cela devient la préoccupation exclusive de cette nouvelle école : elle est au service de l’économie et doit s’intégrer à la course à la compétitivité et à la productivité. Logiquement, elle doit donc s’organiser selon le principe de la concurrence et faire sien l’impératif de «performance». Ces nouvelles dimensions sont progressivement devenues une norme évidente, une sorte de rationalité incontestable qui a conquis les esprits. Experts, administrateurs, responsables politiques, certains syndicats minoritaires ont même vu dans cette adaptation au monde moderne la solution à tous les maux de l’école. Ces transformations ont touché au cœur du métier enseignant. Elles ont entamé profondément un système de valeurs partagées, l’idée ancrée chez les enseignants que leurs missions dépassent le cadre d’un métier ordinaire, leur sens de l’intérêt général… Ils ont eu l’impression d’être dépossédés de leur métier par un flot torrentiel des réformes.

Le concept d’employabilité est au cœur de vos critiques : pourquoi ?

Dans le discours des institutions internationales et de plus en plus dans celui des responsables nationaux, l’école a pour fonction de produire des ressources humaines ou du «capital humain». L’employabilité est devenue la norme qui organise les mutations de l’école. L’idéologie de la professionnalisation a pénétré l’université et l’ensemble du système, jusqu’aux premiers niveaux de l’enseignement. Prenons le «socle commun de compétences» [introduit au collège puis en primaire, il liste les aptitudes que l’élève doit acquérir, à côté des connaissances]. Ces compétences ont été fixées par l’OCDE et par la Commission européenne à partir de critères d’employabilité, en fonction de considérations économiques et non pas pédagogiques. On va jusqu’à redéfinir les programmes, l’évaluation, la pédagogie.

Mais est-ce critiquable que les jeunes veuillent des débouchés à la fin de leurs études ?

Certes non, et ce n’est pas nouveau. L’école républicaine avait idéalement trois missions - former l’homme, le citoyen et le travailleur. Il est normal que dans une économie où près de 95% de la population ne dispose pas de ses propres outils de travail, le souci de l’insertion professionnelle soit constant, surtout en période de chômage important des jeunes. Mais nous tombons dans un écueil : celui de réduire la mission de l’école et de l’université aux débouchés professionnels, à partir d’une définition utilitariste des contenus d’enseignement. Or, une solide formation intellectuelle ne nuit pas à l’emploi, bien au contraire. Mais avec la logique des compétences, on définit ce qu’il faut acquérir aux différents âges en vue de l’employabilité à 16 ans. Comme si les usages de la force de travail par les employeurs devaient imposer à l’école ce qu’elle devait transmettre. Ce sont les économistes, notamment ceux des institutions internationales, qui définissent les fonctions et les missions de l’école. Il s’agit là d’une rupture majeure.

Comment ces changements conduisent-ils au creusement des inégalités constaté aujourd’hui ?

Avec le consensus ambiant, il paraît normal à beaucoup que les établissements doivent être en concurrence, attirer les meilleurs élèves et étudiants, faire de la publicité pour leurs formations, trouver le plus d’argent possible. Or, tout cela a des effets inégalitaires et conduit à une polarisation sociale des établissements, de plus en plus assumée dans le supérieur et de plus en plus évidente dans le primaire et le secondaire.

Ces changements - la concurrence généralisée et la transformation entrepreneuriale du système - ont accentué et renouvelé les mécanismes de la reproduction sociale en donnant à l’argent et aux réseaux familiaux un poids grandissant. Les classes favorisées assurent leur reproduction plus efficacement qu’avant. Ce ne sont plus les voies nobles de l’élitisme républicain - comme l’Ecole normale supérieure - qu’elles privilégient. Ce sont désormais HEC et les écoles commerciales qui attirent les meilleurs élèves, y compris dans les filières littéraires. Nous vivons la grande revanche de l’argent sur la culture.

Depuis vingt ans, les politiques éducatives d’inspiration néolibérale ont ainsi aggravé les inégalités comme le montre le recul de la part des enfants des classes populaires à l’université. La concurrence entre établissements et la libéralisation de la carte scolaire ont encouragé l’apartheid scolaire. Rappelons que les deux finalistes, de droite et de gauche, à la présidentielle de 2007 [Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal] étaient favorables à la suppression ou, au moins, à un très grand assouplissement de la carte scolaire.

La gauche ne se distinguerait pas de la droite ?

Ces vingt ou trente dernières années, le néolibéralisme s’est imposé comme une norme aux gouvernements de droite comme de gauche. La droite a été la plus agressive dans la réforme néolibérale, jusqu’à affaiblir aujourd’hui gravement le système éducatif. La gauche au pouvoir n’a jamais remis en question le nouveau modèle managérial et concurrentiel, bien au contraire. Elle n’a pas voulu comprendre que la transformation des systèmes publics par les principes du management était l’une des formes de déploiement du capitalisme contemporain. Celui-ci ne se contente pas de déréguler les marchés de biens, du travail et des capitaux. Il transforme aussi l’action publique. Il la «met en marché», c’est-à-dire y impose la logique de la concurrence et le modèle de l’entreprise. Cette «marketization», comme disent les anglo-saxons, est aujourd’hui le cœur de la transformation de l’école et de l’université.

Il n’y a donc pas de vision alternative de l’école à gauche…

La pensée de la gauche dite de gouvernement s’est effondrée en matière d’éducation. Il suffit de regarder ce que propose le PS pour s’en apercevoir. La question d’un projet alternatif se pose avec urgence aux partis, aux syndicats et aux associations. Depuis les années 80, on assiste à un morcellement des réflexions et à une profonde dépolitisation de la question scolaire. Les considérations se sont technicisées. Elles portent sur l’organisation scolaire et la pédagogie sans plus aucune référence à un projet d’émancipation. Dans ses plus grands moments - il suffit de penser à Jaurès -, la pensée progressiste sur l’éducation avait construit un projet de transformation en articulant une vision de la société, une mission pour l’école, une définition du métier enseignant et une orientation de la pédagogie.

Comment voyez-vous «l’école post-capitaliste» que vous appelez de vos vœux ?

Vaste chantier. Qu’est-ce qu’une école démocratique ? Premièrement, c’est une école qui réduit les inégalités entre les enfants des différentes classes sociales. Mais elle ne peut le faire qu’en étant partie prenante d’un grand mouvement de réduction des inégalités dans toute la société. Jaurès disait en substance : «Nous ne ferons pas l’école socialiste au milieu de l’océan du capitalisme.» C’est encore vrai. Une école démocratique ne pourra vraiment se développer que dans une société où l’égalité sera promue comme valeur essentielle.

Mais comment faire plus d’égalité?

Tout est revoir sous cet angle : les méthodes d’enseignement, les contenus, l’articulation des niveaux d’enseignement, la mixité scolaire des établissements. Deuxièmement : dans la perspective d’une telle société démocratique, l’école doit former des individus ayant des outils communs de compréhension du monde, en particulier sur le plan social et économique. Elle doit leur fournir des instruments de jugement moral et politique qui leur permettent d’être les citoyens de «la démocratie réelle», selon l’expression des Indignés. La lutte contre les inégalités sociales et économiques est inséparable de la lutte pour la démocratie politique effective. Cela suppose une société où le capitalisme ne régnerait pas en maître absolu comme aujourd’hui.

Vous ne seriez pas un peu nostalgique de l’ancienne école ?

En aucune façon. On taxe toujours un peu vite de passéistes les gens qui critiquent les réformes, ou plutôt les contre-réformes actuelles pour mieux justifier son propre aveuglement ou sa soumission à l’ordre néolibéral. Il s’agit pour nous d’échapper au débat stéréotypé entre les «pédagogues» supposés modernes et les «républicains» que l’on dit nostalgiques d’un âge d’or de l’école. La réinvention de l’école démocratique mérite mieux qu’un retour à de vieux conflits.

(1) Il a aussi signé la préface de «l’Ecole en Europe, politiques néolibérales et résistances collectives», sous la direction de Ken Jones, La Dispute, 2011

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24 octobre 2011 1 24 /10 /octobre /2011 07:35

                                                                   che-01-copie-1.jpg

 

                                 

La-hija-del-Che-dice-temer-a-las-reformas-de-CubaLa fille du Che, Aleida Guevara, « simple militante communiste » s'exprime sur les réformes économiques entreprises à Cuba entre espoirs et inquiétudes

 

 

Interview pour le journal brésilien A folha (extraits)



Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



 

Elle dit qu'elle est juste une militante de base du Parti communiste cubain, mais elle porte le nom d'un mythe de la gauche. A 50 ans, la pédiatre Aleida Guevara s'occupe de faire vivre la mémoire de son père et propose une défense passionnée du modèle de l'île. Dans cette interview, elle exprime ses craintes personnelles que les réformes en cours sur l'île, qui ont permis la vente de biens immobiliers et de véhicules, n’affectent la conscience sociale de la population, et puisse aboutir à une montée de l'individualisme.





Comment vont les choses à Cuba?



Nous sommes dans une situation où il nous faut trouver des solutions à des problèmes réels qui existent depuis longtemps. Et il y a les problèmes actuels que le pays subit en raison de la crise économique, qui touche tous les pays du monde. Nous sommes en train de discuter de ces problèmes avec l'ensemble du peuple, en les analysant sur les lieux de travail, dans les quartiers. Le congrès du parti a analysé tout ce qui est sorti de ces réunions populaires et est arrivé à un consensus sur le fait que nous devrons opérer quelques changements dans l'économie domestique. Résoudre le problème de familles, de personnes qui sont sans emploi en ce moment car l’État ne peut pas continuer à payer des personnes qui travaillent sans produire. Lorsque nous avons perdu le camp socialiste européen, Cuba a subi une crise brutale et l’État a garanti la sécurité de l'emploi à tout le monde sur toute la période. Aujourd'hui, la situation de notre économie s'est améliorée. Par conséquent, des possibilités réelles s'ouvrent à ces personnes pour qu'elles travaillent de façon indépendante. C'est pourquoi on en arrive à cette possibilité de travail individuel. Pour ce qui est de la Constitution, il nous faudra analyser quels sont les articles de la Constitution actuelle qui entrent en contradiction avec ces changements. Voilà pourquoi il nous faut cette analyse populaire, profonde, et s'il est nécessaire de changer un article de la Constitution, que le peuple sache ce qui se trame et pourquoi. Et le référendum qui devrait être organisé le sera plus rapidement et plus facilement.



Qu'est-ce qu'il faudrait changer dans la Constitution ?



Il a été convenu dans la Constitution que Cuba est une société socialiste. Dans cette société socialiste, il y a des normes, des règles. Quand on dit aujourd'hui qu'il y a des personnes qui vont travailler pour leur propre compte, cela peut supposer louer sa maison, ce qui n'existait pas auparavant. Ces personnes qui travaillent actuellement pour leur propre compte, si elles veulent embaucher d'autres personnes, doivent payer un salaire juste, garanti par la loi. Par exemple, si vous voulez louer une pièce de votre maison et embaucher quelqu'un pour faire le ménage. Avant cette personne n'était protégée par aucune loi. Désormais, avec ces changements, cette personne sera protégée également par les lois de l’État cubain. Ces lois doivent être introduites dans la Constitution.



Le dernier congrès du parti a ouvert la possibilité d'une appropriation privée des bâtiments et des voitures...



Disons que ce n'est pas de la propriété privée. Moi avant, par exemple, si je me payais une voiture, c'était la mienne. Le problème, c'est que je n'avais pas le droit de la vendre. Aujourd'hui, j'ai ce droit. Ce qui a changé, c'est que le citoyen qui est propriétaire de sa voiture puisse la vendre légalement. C'est sa propriété, c'est son droit. C'est la même chose pour les maisons. Si une maison est légalement la tienne, tu peux la vendre.



Mais c'est reconnaître la propriété privée



Dans ce qui existait déjà, dans la propriété individuelle. Que tu peux appeler privée, si tu veux. C'est la tienne. Le problème, c'est de légaliser cette propriété de façon à ce que tu puisse en user comme tu le désires.



Vous ne trouvez pas que cela rentre en conflit avec le principe socialiste ?



Non. Cela ne pose aucun type de problème avec les principes socialistes. Le problème, ce n'est pas de vendre ta maison ou ta voiture ou de l'échanger. Cela me paraît une très bonne chose que nous puissions le faire librement, sans aucune entrave. Le problème, c'est qu'il existe aujourd'hui des travailleurs qui travaillent pour leur propre compte. Ces travailleurs vont rechercher leur bénéfice personnel. Ma crainte personnelle – comme simple citoyenne, je n'ai rien à voir avec la direction du gouvernement cubain, je suis une médecin cubaine – ma crainte est que les personnes qui travaillent pour elles-mêmes perdent un peu de vue la question sociale, perdent leur conscience sociale. En vivant dans une société socialiste, nous travaillons pour tout un peuple. Quand tu commences à travailler pour remplir ton porte-feuille, pour ton bien-être personnel, il y a le risque de perdre ce lien social que nous avons toujours maintenu. C'est ma préoccupation personnelle. L’État socialiste continue d'être socialiste car il n'y a pas privatisation des grands moyens de production. Ce n'a pas eu lieu et cela n'aura pas lieu. Le peuple cubain continue d'être le propriétaire de tout ce qui se produit dans le pays. Tu peux être le propriétaire de ce que tu produis dans ta maison, dans un restaurant, un salon de beauté, des services produits. Mais les grands moyens de production, tout est entre les mains de l’État, donc, du peuple. Dans cette perspective, il n'y a aucun changement.



Les réformes ont été faites pour libérer quelque peu l'Etat du poids de personnes qui...



Exactement. De personnes qui seront laissés sans travail par l’État, car l’État ne peut pas continuer à soutenir cette situation. Nous avons connu des améliorations économiques. Ces personnes restent libres de travailler pour l’État et d'avoir leur propre travail. Et l’État se libère de cette situation difficile où il faudrait garder ceux qui ne produisent pas.



Votre crainte, c'est que cette réforme, qui peut être lue comme plus privatisante, affecte la conscience sociale ?



L'homme pense comme il vit. C'est ma préoccupation, tout simplement. Si tu vis juste en étant intéressé par la rénovation de ta maison, par l'accroissement de la quantité d'argent que tu as dans ton porte-feuille, par l'amélioration de ta garde-robe, tu oublies que l'école du coin, où tes enfants et tes petit-enfants étudient, aura besoin d'un petit coup de peinture. Tu serais capable de donner un peu de ton argent à cette école ? Si tu en es capable, je ferme ma bouche et me voilà satisfaite. C'est ma préoccupation, que l'on perde cette perspective, que l'on ne soit plus concerné par la perspective de la communauté sociale, qui est ce que nous sommes et continue d'être notre raison d'être.

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23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 14:25

 

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Le cynisme des élites grecques

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Athènes, le 20 octobre. Un syndicaliste communiste couvert de peinture lors des manifestations pendant la grève générale.

 


Après deux jours de grève générale et de combats de rue, la Grèce semble tous les jours un peu plus près du précipice. Alors que les responsables européens se rassemblent ce dimanche dans une dernière tentative de sauvetage de la monnaie unique, un auteur grec condamne les élites de son pays qu’il juge responsables de la situation actuelle.

Cette semaine, les employés d’une petite boulangerie du centre d’Athènes ont annoncé qu’à défaut de fermer boutique – leur clientèle étant largement composée de personnes fragiles -, ils manifesteraient leur soutien au mouvement de grève générale en vendant tous leurs produits à prix coûtant. Cette nouvelle, inattendue pour leurs clients en cette période difficile, n’est qu’un exemple parmi tant d’autres des signes de résistance et de solidarité que donne à voir la capitale grecque. Pendant ce temps, pas un ministre ou député ne peut apparaître en public sans se faire huer ou “yaourter” (sorte d’entartrage à la mode grecque).

La Grèce est un pays divisé : d’un côté, les responsables politiques, banquiers, évadés fiscaux et barons des médias qui soutiennent la réforme culturelle et sociale la plus violente que l’Europe occidentale ait jamais vue, de l’autre, la vaste majorité du peuple grec. La rupture paraissait évidente hier lorsque près de 500 000 personnes sont descendues dans les rues pour participer au plus grand mouvement de contestation de l’histoire du pays.

La tentative du gouvernement de créer une division entre les fonctionnaires (décrits comme une classe de fainéants corrompus) et les salariés du privé, a échoué. Tout ce que le gouvernement Papandreou a réussi à faire, c’est remplacer la vieille opposition droite-gauche par celle des élites contre le peuple.

L'autre Grèce prononcera le verdict de l'Histoire

L’Europe devrait bientôt décider comment gérer la crise de la dette avec le gouvernement grec en simple observateur. Mais une fois que l’Europe se sera occupée du seul problème qui l’intéresse, le jeu politique entrera dans sa phase finale à Athènes. C’est alors que "l’autre" Grèce prononcera le verdict de l’Histoire.

Les élites politiques devront répondre du chaos qu’elles ont créé, et que l’on impute largement à ceux qui résistent aujourd’hui. Les deux partis dynastiques qui se succèdent à la tête du pays depuis près de quarante ans, sont précisément ceux qui sont à l’origine de ce secteur public aussi pléthorique qu’inefficace.

L’émergence – incontestable – des difficultés ne les a pas empêchés de continuer à accumuler les dettes, poussant ainsi l’Europe à intervenir dans les affaires grecques. Selon un représentant, jamais la troïka – Fonds monétaire international, Union européenne et Banque centrale européenne – n’a demandé la fin des négociations collectives dans le secteur privé, la seule mesure suscitant quelques résistances au sein du parti au pouvoir. Pas plus que ces institutions n’ont exigé la réforme universitaire. A croire que les élites grecques n’avaient pas de plus cher désir que d’orchestrer le démantèlement de l’Etat-Providence pour transférer des avoirs publics vers le secteur privé.

Le gouvernement Papandréou se verra accusé d’incompétence et de cynisme. Tous les régimes autoritaires rêvent de bouleverser radicalement la société. Ce gouvernement avait pour mission de remplacer la solidarité par l’indifférence, l’hospitalité par l’exploitation. Il a échoué, et maintenant, l’élite n’est plus séparée du peuple en colère que par une épaisse ligne d’hommes en bleu.

Les gens réagiront de plus en plus violemment

Le chômage des jeunes grimpe en flèche et menace d’atteindre les 50 %. Pendant des décennies, la Grèce va payer le prix de la destruction de toute une génération. La troïka se verra accusée d’arrogance néocoloniale. Il n’est pas nécessaire de connaître le mythe de Sisyphe pour comprendre que des mesures qui aboutissent à une croissance de -7 % ne peuvent pas réduire le déficit.

Pas besoin non plus d’avoir lu Platon pour savoir qu’en diminuant de moitié les salaires et les retraites, les gens ne pourront pas payer les nouvelles taxes exorbitantes. Pas besoin d’être versé en histoire de la Grèce pour deviner que plus on répètera que la souveraineté d’un pays est réduite, plus les gens réagiront violemment.

La manifestation du 20 octobre dernier s’est terminée par une tragédie, la mort d’un syndicaliste. C’en est fini des derniers lambeaux de légitimité du pouvoir, et le gouvernement ne devrait pas tarder à plier bagages. Le déficit démocratique dont souffrent tous les gouvernements est irréversible en Grèce. C’est à "l’autre" Grèce qu’il revient de se doter d’une constitution de justice sociale et de démocratie pour le XXIe siècle. Voilà ce que la Grèce peut offrir au monde.

                                                     site: Camarades
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