Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

CHANTS REVOLUTIONNAIRES

Archives

9 octobre 2011 7 09 /10 /octobre /2011 09:05

 

 

  52 ème  Fête de TERRE CORSETERRE-CORSE-copie-1.jpg

 

 

 .

Une Fête pour inventer un nouvel avenir

La 52ème Fête de Terre Corse se déroulera les 15 et 16 octobre prochains dans un contexte de fortes mobilisations sociales des enseignants, des salariés, des retraités inquiets et mécontents de se voir imposer une politique d’austérité d’autant plus dure qu’elle se veut complaisante à l’égard des marchés financiers, des banques et de leurs fondés de pouvoir. Cette politique rejetée majoritairement dans le pays vient d’être sanctionnée une fois de plus par les grands électeurs qui ont envoyé au Sénat une majorité de gauche et fait sentir leur opposition à la réforme des collectivités locales sur fond de RGPP. Tout cela indique que les prochaines échéances électorales, présidentielle et législatives, peuvent véritablement se traduire en une nouvelle défaite de la droite et du Medef.

Sans se tromper d’adversaire, il est urgent d’avoir un débat politique de haut niveau sur ce que devrait être une politique de gauche mise en œuvre dans le pays après le mois de juin 2012. Car il faudra une politique courageuse qui inverse les logiques actuelles pour soulager les peuples, les travailleurs, les ménages modestes et demander des comptes aux spéculateurs afin qu’ils contribuent à hauteur de leur responsabilité à la sortie de la crise et au développement de la société. C’est ici entre autres que se pose la question du pacte Euro plus ou de la Règle d’or. Le premier assure l’impunité et la continuité pour les responsables de la crise la seconde inscrite dans chaque constitution encadrera la politique d’austérité des Etats.

Rarement dans l’histoire nous avons connu pareil moment où, de l’intervention populaire massive, peut surgir un nouvel avenir. C'est ce à quoi cette Fête de Terre Corse, à laquelle nous vous attendons, veut contribuer.

Le samedi après midi avec la projection d’un second documentaire réalisé par le journaliste Enrico Porsia sur les dessous du transport à bas coûts. Nous verrons, comment cet aiguisement de la concurrence est lourd de conséquences sociales et économiques. En Corse cette logique low costs de dumping subventionné met en péril la continuité territoriale. Le dimanche sera consacré lui à la construction politique à gauche afin d'ouvrir une perspective susceptible de déboucher sur la défaite de la droite en 2012 et l’alternative à sa politique. Battre la droite réussir à gauche c'était également l'objectif du Front de gauche en Corse, après 18 mois d'exercice des responsabilités, la dimension régionale participera de la réflexion.

CésarFAZZINI

 

 

comunismo1Programme

 

SAMEDI 15 OCTOBRE, Cinéma « Le Studio » :

18H : projection du documentaire réalisé par Enrico PORSIA, journaliste.

19H : débat sur le thème : transports à bas coût ou service public : la politique des transports anticipe-t-elle sur les mutations profondes de la société ?

 Ave  Enrico PORSIA, journaliste ; Charly LEVENARD, syndicaliste, José ROCCAMORA, responsable UGICT CGT des transports, Michel STEFANI, conseiller à l’Assemblée de Corse.

 

DIMANCHE 16 OCTOBRE, salle des Congrès du Théâtre Municipal de Bastia :

10H30 : débat sur le thème : quels changements sont intervenus après 18 mois de pouvoir de la nouvelle majorité régionale ?

Avec Dominique BUCCHINI, président de l’Assemblée de Corse, les élu(e)s communistes et citoyens du Front de Gauche, Maxime NORDEE, secrétaire d départemental du PCF en Corse du Sud.

12 H 30 : apéritifs et repas (participation 20E) au péristyle du théâtre.

14 H 30 : débat sur le thème : l’humain d’abord, le programme et le projet des candidat(e) s du Front de Gauche à la présidentielle et aux législatives. Avec Danielle LEBAIL, membre du Conseil National du PCF.

 

 

 REVOLUTION L'IMAGE

Partager cet article
Repost0
8 octobre 2011 6 08 /10 /octobre /2011 07:32

 

                                        NOS ELUS:

    Entrevue avec les responsables CGT Air France et salariés

  Dominique Bucchini, Président de l'Assemblée de Corse et  Michel Stefani, conseiller régional.  

 

 

 

MICHET-ET-BUCCHINI-AIR-FRANCE.jpg

 

 

 

                                                                   

Partager cet article
Repost0
7 octobre 2011 5 07 /10 /octobre /2011 13:03

                                                                  MARE NOSTRUM-copie-1

site:ilmanifesto.it

 

URL de cet article: http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=26916

 



 
Guerres bénies
L'art de la guerre

 
 



Monseigneur Vincenzo Pelvi, archevêque ordinaire militaire et directeur de la revue de l'Ordinariat « Bonus Miles Christi » (le Bon Soldat de Christ), éprouve « amertume et malaise » face à « ceux qui invoquent la dissolution des armées et l'objection contre les dépenses militaires ». Ces mécréants ne comprennent pas que « le monde militaire contribue à l'édification d'une culture de responsabilité globale, qui s'enracine dans la loi naturelle et trouve son fondement ultime dans l'unité du genre humain ». De l'Afghanistan à la Libye, « l'Italie, avec ses soldats, continue à jouer son rôle pour promouvoir la stabilité, le désarmement, le développement et soutenir partout la cause des droits humains ». Le militaire  rend ainsi « un service à l'avantage de tout l'homme et de tout homme, en devenant le protagoniste d'un grand mouvement de charité dans son pays comme dans d'autres nations » (Avvenire, 2 juin 2010). Monseigneur Pelvi perpétue ainsi la tradition historique des hiérarchies ecclésiastiques de bénir les armées et les guerres.

Il y a un siècle, en 1911, dans l'église pisane de Santo Stefano des Chevaliers, décorée de drapeaux pris aux Turcs au 16ème siècle, le cardinal Maffi exhortait les fantassins italiens, en partance pour la guerre de Libye, à « croiser les baïonnettes avec les cimeterres » pour rapporter dans l'église « d'autres bannières soeurs » et ainsi « racheter l'Italie, notre terre, de nouvelles gloires ». Et le 2 octobre 1935, alors que Mussolini annonçait la guerre d'Ethiopie, Monseigneur Cazzani, évêque de Crémone, déclarait dans sa pastorale : « Vrais chrétiens, prions pour ce pauvre peuple d'Ethiopie, pour qu'il se persuade d'ouvrir ses portes au progrès de l'humanité, et de concéder les terres, qu'il ne sait pas et ne peut pas faire fructifier, aux bras exubérants d'un autre peuple plus nombreux et plus avancé ». Le 28 octobre, en célébrant au Dôme de Milan le 13ème anniversaire de la marche sur Rome, le cardinal Schuster exhortait : « Coopérons avec Dieu, dans cette mission nationale et catholique de bien, en ce moment où, sur les champs d'Ethiopie, l'étendard d'Italie porte en triomphe la Croix de Christ et rompt les chaînes des esclaves. Invoquons la bénédiction et la protection du Seigneur sur notre incomparable Condottiere ».

                Le 8 novembre, Monseigneur Valeri, archevêque de Brindisi et Ostumi, expliquait dans sa pastorale : « L'Italie ne demandait qu'un peu d'espace pour ses enfants, en telle augmentation qu'ils formaient une grande Nation de plus de 45 millions d'habitants, et elle le demandait à un peuple cinq fois moins nombreux que le notre et qui détient, on ne sait pas pourquoi et de quel droit, une extension de territoire quatre fois plus grand que l'Italie sans qu'il sache exploiter les trésors dont l'a enrichi la Providence à l'avantage de l'homme. Pendant de nombreuses années, on patienta, en supportant agressions et abus, et quand, n'en pouvant plus, nous eûmes recours au droit des armes, nous fûmes jugés agresseurs ».

 Dans le sillon de cette tradition, don Vincenzo Caiazzo -qui a sa paroisse sur le porte-avions Garibaldi, où il célèbre la messe dans le hangar des chasseurs qui bombardent la Libye- assure que « l'Italie est en train de protéger les droits humains et des peuples, c'est pour cela que nous sommes en mer » (Oggi, 29 juin 2011). « Les valeurs militaires -explique-t-il- vont bras dessus bras dessous avec les valeurs chrétiennes ». Pauvre Christ.






Edition de mardi 4 octobre 2011 de il manifesto

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

Partager cet article
Repost0
7 octobre 2011 5 07 /10 /octobre /2011 12:51

    

La vie du Parti    PCF-OUTILS.jpg

 

Source : PCF - Section de Saint Quentin - Aisne

Partis communistes en Europe face au projet du PGE
par Anthony Crézégut


 Introduction d’Anthony Crézégut à un débat sur la situation des partis communistes d’Europe (août 2011).

 

Dans quasiment chaque pays, chaque parti communiste, les mêmes tentations réformistes, les mêmes résistances communistes se sont affrontées, s’affrontent, dans une âpre lutte.

 

L’issue est différente suivant les réalités nationales et le niveau des batailles menées. Le PGE, sponsorisé par l’UE du capital, est désormais, depuis 2004, un moyen puissant, politique et financier, pour pousser la mutation-liquidation des partis communistes. Mais le discrédit croissant du capitalisme et de l’UE à son service modifie le rapport de force idéologique.

 

On constatera que le PCF se situe toujours à la croisée des chemins. Le processus de « mutation-transformation-liquidation » réformiste, après presque 20 ans continue de se heurter à d’importantes résistances, tout en ayant considérablement affaibli le Parti.

On comprend encore mieux pourquoi ce n’est pas un hasard que Pierre Laurent ait été nommé Président du PGE, après un Italien et un Allemand qui ont, chacun à sa façon, parachevé le travail de liquidation dans leur pays respectif. Au même moment, la direction du PCF va chercher un candidat social-démocrate à la présidentielle pour ranger le Parti derrière le « Front de gauche », appellation peu originale en Europe…

La Fête de l’Huma (voir nos débats) sera une nouvelle occasion d’apprendre à connaître l’action des communistes qui ont maintenu ou reconstitué leur parti et qui mènent la bataille contre les politiques d’austérité coordonnées par les gouvernements nationaux, l’UE et le FMI.

Nous ne saurions trop vous recommander par ailleurs la lecture du n°4 des Cahiers communistes consacré au mouvement communiste international.

Coopération internationale entre partis communistes face au projet d’’intégration supranationale dans un bloc réformiste avec le PGE

Du 3 au 5 décembre 2010 se déroulait à Paris le 3ème congrès du PGE avec une dizaine de partis de « gauche », héritiers autant d’une tradition communiste que non-communiste voire anti-communiste. Congrès qui voyait l’élection de notre secrétaire-général Pierre Laurent - en concurrence avec les dirigeants anti-communistes du Bloc de gauche portugais et du Synapsismos grec - à la tête de ce « parti politique européen » appelant à « une autre Europe sociale » contre l’ « Europe des marchés ». Au même moment, sans que les communistes français en soient informés, avait lieu à Johannesbourg la 12ème rencontre internationale des partis communistes et ouvriers, avec une quarantaine de partis communistes posant la « nécessité de l’alternative socialiste face à la crise capitaliste ».

Une question : comment des partis portant l’étiquette « communiste », héritiers de la tradition communiste, peuvent se retrouver pour certains dans l’initiative du PGE, pour d’autres dans celle de la Rencontre des partis communistes et ouvriers ? Qu’est-ce qui les différencie, voire les oppose dans leur ligne stratégique sachant qu’on ne retrouve presque jamais les mêmes partis à ces rencontres.

Je vais essayer de montrer comment cette division dans le mouvement communiste international (ou chez ses descendants) est le reflet d’une divergence stratégique fondamentale, l’opposition de deux lignes qui se livrent une lutte à mort sans « coexistence pacifique » possible.

I) De quoi le PGE est-il le nom ?

Le PGE naît en 2004 de l’initiative de plusieurs partis « communistes » les plus engagés dans un processus de transformations déjà entamé depuis longtemps mais incomplet (Izquierda Unida), en voie d’achèvement (le PDS est-allemand, futur Linke, avec ses avatars luxembourgeois et autrichiens) ou déjà préparé par une longue mutation (PCF) ou refondation (Rifondazione comunista) ainsi que de partis ouvertement anti-communistes (Bloc de gauche, SYNAPSISMOS, SDS tchèque). Dès sa naissance, pourtant, le projet suscite l’opposition de plusieurs partis communistes influents (le PdCI italien, le KSCM tchèque, le PCP portugais, le KKE grec) qui refusent d’y adhérer ainsi que des partis « de gauche » comme le PS hollandais (extrême-gauche) ou les partis de la gauche rouge-verte nordique. Pourquoi ?

Avant de voir ce qu’il est, voyons ce que le PGE n’est pas : une coordination de partis communistes, voire de « gauche », à l’image du groupe parlementaire européen Gauche unitaire européenne/gauche verte nordique.

Le PGE n’est pas une coordination de partis respectueuse de leurs différences, mais un « parti » en soi tendant à construire des « sections nationales » à son image, à unifier tous les partis nationaux en un seul parti européen. Il n’y a pas différents partis dans le PGE (communistes, verts, divers gauche..), il y a des partis à différents stades de leur transformation en « partis de gauche », en sections nationales du « Parti de gauche européen ».

Si je peux me permettre ce parallèle historique, l’Internationale communiste a été une machine à transformer tous les partis socialistes nationaux en partis communistes (Sections nationales de l’IC), le PGE est une machine à transformer les partis communistes nationaux en partis sociaux-démocrates, des sections nationales du PGE. On peut reprocher beaucoup de choses au KOMINTERN des années 1920-30, mais alors substituer Moscou à Bruxelles comme centre du mouvement communiste international, c’est un tour de force !

Un parti politique donc mais « européen ». Comme le PPE, le PSE, les Verts européens, le PGE est un parti politique reconnu par la Commission qui le finance à condition qu’il assure la « promotion de l’idée et de l’intégration européennes » et garantisse que les seules forces capables de s’opposer à l’UE du Capital canalise l’opposition vers… le renforcement de cette Union européenne ! Ainsi, dans le manifeste du PGE, on retrouve comme idée-force du PGE la construction d’une « Europe sociale, écologique, démocratique, pacifique et solidaire », le manifeste se finit même par cet appel : « Ensemble nous disons qu’une autre Europe est possible »

Un parti européen « de gauche », qui donc ne vise pas à respecter les différentes options au sein de la gauche, mais à fondre tous les partis dans un même moule : pro-européen, réformiste, allié structurellement à la social-démocratie. Avant de m’intéresser aux transformations organisationnelles, un coup d’œil au plan idéologique. Le PGE n’est pas un « espace de confrontation d’idées entre partis politiques » (Pierre Laurent, rapport conclusif du congrès du PGE), elle est une organisation qui impose sa ligne politique aux partis-membres.

Regardons le document principal du congrès du PGE (Agenda for a social Europe) pour éclairer ce propos, en reprenant exactement les termes de ce document :

Deux axes centraux :

- Le refus de lutter contre le système capitaliste. Le PGE oppose capitalisme financier et productif, économie financière et économie réelle. Ainsi, il lutte contre le capitalisme financier et bancaire, contre le « mode de gestion néo-libéral », pas contre le capitalisme dans son ensemble ;

- Le refus de lutter contre l’UE. Bien au contraire, le PGE lutte contre l’euro-scepticisme. Le principal danger est… « la perte de légitimité de l’UE », la mise en péril du « vivre ensemble dans l’UE ». L’objectif fixé par le PGE est de relancer l’idée européenne sur la base de l’ « Europe sociale », de combattre la casse sociale européenne avec le mot d’ordre « Une autre Europe est possible » !

Si on regarde désormais les revendications concrètes du PGE, notamment sur le plan économique, on y observe une certaine cohérence

- Ré-orientation de la BCE et transformation de ses missions : financer les prêts aux États à des taux plus avantageux (sic), instaurer la sélectivité des crédits (donc financer les investissements du capital !) ;

- Réforme de la structure des marchés financiers mondiaux avec la taxe Tobin comme mesure-phare ;

- Relance du marché intérieur par une politique de redistribution des revenus ;

- Création d’une agence de notation européenne pour faire contre-poids aux agences américaines ;

- Émission d’euro-obligations ou euro-bonds (proposition d’Aubry et de Papandreou également !) ;

- Modernisation des services publics ;

Un programme européiste, kéynesien-socialdemocrate, alter-capitaliste mais pas un programme anti-capitaliste, encore moins communiste.

Où je veux en venir ? Si on analyse les programmes du Parti de la Refondation communiste, d’Izquierda Unida, du PCF, de Die Linke, du Bloc de gauche : ce sont, presque mot pour mot, les mêmes mots d’ordre, les mêmes axes programmatiques : le PGE est, avec la CES au niveau syndical, le lieu d’élaboration de cette ligne politique réformiste et européiste.

II) L’offensive liquidatrice depuis 2004 menée par le PGE

Passons maintenant à la transformation effective des partis communistes en partis de gauche orchestrée par le PGE. Pour la période avant 2004, notamment pour l’Espagne et l’Italie, je renvoie au numéro 4 des CC voire au numéro 1 (article fondamental sur Izquierda Unida). Je vais insister sur la période après la création du PGE :

Le modèle, c’est bien entendu le « Parti de la gauche ». C’est-à-dire, un parti à part entière qui a dissout ses composantes fondatrices (dont celles communistes limitées à un « courant culturel »), une formation qui se reconnaît dans une identité « socialiste de gauche ». Le modèle, c’est « Die linke » en Allemagne. Constituée dès 2005 comme une alliance électorale entre le PDS de l’Est (ex-SED) et le WASG de l’Ouest (ex-SPD), on passe tout de suite à l’étape suivante en 2007 lorsque Linke devient un parti politique liquidant le PDS, héritier du parti communiste est-allemand.

Le modèle est revendiqué par les dirigeants liquidateurs français (Buffet, Laurent) qu’italiens (Bertinotti, Ferrero, Grassi) et imité par les directions autrichiennes, suisses ou luxembourgeoises. Sans grand succès car les directions liquidatrices s’opposent à la persistance du fait communiste et à la singularité d’un modèle importé reposant sur les spécificités du cas allemand.

Le cas italien montre les limites de la marche forcée vers Die Linke. Fausto Bertinotti est le premier secrétaire du PGE, quoi de plus normal, pour un tel « animal politique », socialiste qui se découvre communiste après la liquidation du PCI, il est propulsé de suite secrétaire de « Refondation communiste » dont il liquide toute l’organisation (les cellules mais aussi les sections) dans une perspective mouvementiste, il importe une idéologie éclectique (opportuniste en fait) suivant la vieille recette du minestrone, on mélange toutes les questions (féminisme, écologie, pacifisme non-violent…) dans une bouillie informe dissolvant la lutte de classes. Après 2004, Bertinotti passe de la liquidation de la « chose » à celle du « nom » communiste. Après la participation au gouvernement de l’ancien président de la Commission européenne Prodi en 2006, celui de la guerre en Afghanistan et des privatisations, Bertinotti décide en 2008 de lancer son grand projet : la « Gauche arc-en-ciel » (Sinistra arcobaleno), coalition électorale entre les deux partis communistes, les Verts, une scission des sociaux-démocrates et d’autres formations groupusculaires dont le but affiché est de fonder un nouveau parti politique après un triomphe à deux chiffres (le potentiel électoral de la formation était de 12/13%). Sans le nom ni les symboles communistes, faucille et marteau, une première depuis 1945. Le résultat va livrer une autre première historique : les communistes sortent exclus du Parlement avec un minable 3%. On rappelle que les communistes, seuls, faisaient encore 9% en Italie en 2006. Les liquidateurs sont allés trop loin, trop vite. Bertinotti et l’aile-droite des liquidateurs est, malgré les magouilles, renversée au Congrès de 2008 (à une majorité de 51% !). Le PGE est confronté à son premier échec majeur et change son fusil d’épaule.

Fini le « Die linke » à marche forcée, le PGE re-découvre les mérites de la transition à partir d’une « organisation de type fédérale » dont l’Izquierda Unida fut le précurseur dès 1986. On ne dissout pas le Parti communiste, on le maintient dans le cadre d’une « coalition électorale » qui devient petit à petit une « formation politique » qui se superpose au parti sans le liquider formellement. De fait, le Parti s’efface, disparaît, se meurt : un processus de liquidation passive qui a fait du PCE un parti au bord de la disparition en 2008 (10 000 adhérents) mais qui surtout se révèle en 2008 un fiasco total pour IU elle-même : 3% en 2008, minimum historique, le PCE reste la seule organisation intégrée à IU, toutes les autres sont parties les unes après les autres, IU réduite à une force d’appoint, caution de gauche du gouvernement ultra-libéral de Zapatero. L’IU est en 2008 un cadavre politique au moment où naît dans le PCE un mouvement sans précédent de contestation d’IU, en faveur d’un renforcement du PCE.

La réponse du PGE consiste à relancer le projet « Gauche unie » en Espagne et à l’étendre au reste de l’Europe, quitte à couper les branches pourries (les équipes liquidatrices droitières de Llamazares en Espagne et Bertinotti en Italie). On met aux commandes des dirigeants issus des anciennes directions liquidatrices mais capables de tenir un discours de « gauche anti-capitaliste », anti-PS (Cayo Lara en Espagne et Paolo Ferrero en Italie). Entre 2007 et 2009, naissent trois projets du même format : la refondation d’IU (avec les Verts notamment) en Espagne, la Fédération de la Gauche en Italie (avec PdCI et PRC plus quelques groupuscules) et le Front de gauche en France.

Pour que ce soit clair, les derniers événements en Italie et en Espagne prouvent l’orientation liquidatrice de ces projets « Fédération de la gauche » :

En Italie, Ferrero à la tête de Refondation communiste a su dévoyer le projet d’ « unité des communistes » en proposant l’unité certes… mais au sein de la « Fédération de la gauche » (FdS en italien) ! Pourtant, en 2009, la liste communiste unitaire, dans la précipitation et dans un climat de guerre civile (nombre de dirigeants fédéraux de Refondation avaient fait voter massivement pour d’autres listes « de gauche » !), avait obtenu 3,4% aux européennes. Un résultat insuffisant mais honorable vu les conditions, meilleur que celui de la gauche Arc-en-ciel, censé réunir « toute la gauche ». Depuis, la FdS n’a pas dépassé les 3%, aux élections régionales et municipales de 2010 et 2011. Mais on persévère avec la création de comités locaux de la FdS, la question est posée de l’adhésion directe et surtout on met en avant publiquement d’abord par Claudio Grassi (courant « Essere comunisti », identitaire mais réformiste) puis par le secrétaire Paolo Ferrero le projet de « Die linke » à l’italienne au cours de l’année 2010. Il faut rappeler la perspective dressée par Ferrero : faire un grand « pôle de la gauche d’alternative » avec le parti du juge Di Pietro (l’homme de l’opération Mains propres, juge de droite, un peu le Eva Joly italien) et Nichi Vendola, liquidateur de Refondation communiste, démagogue mégalomane, sioniste et papiste, qui devrait se présenter aux primaires du Parti démocrate, et s’est déclaré prêt même à une alliance avec l’ancien fasciste Gianfranco Fini, allié numéro un de Berlusconi. Quel est le but ultime de tout ça ? Faire une alliance avec le PD, libéral et européiste, en espérant le « tirer à gauche ».

En Espagne, l’illusion d’une conciliation des projets « refondation d’IU » et « renforcement du PCE », votés conjointement au congrès de 2008, a fait long feu. Pour les élections locales de 2010, les communistes d’Asturies et d’Extrémadure, expulsés depuis 2005 d’un IU qu’ils avaient eux-mêmes créé, demandent à former des listes communistes indépendantes d’IU. Refus catégorique des directions nationales d’IU et du PCE. Les communistes Asturiens persistent et défendent une liste communiste contre IU dans ce bastion communiste historique. 800 militants communistes sont alors expulsés « temporairement » du Parti. Ils ne sont à ce jour toujours pas ré-intégrés. Le cas de l’Extrémadure est encore plus révélateur. Les camarades n’ont pu porter leur liste communiste. Ils se sont saisi de la liste IU pour y mettre leur contenu : anti-capitaliste et anti-PSOE, officiellement la ligne dont se revendique l’IU « refondée ». Problème : le PS, en décrépitude aux régionales de mai 2011, ne s’est révélé être en mesure de conserver qu’une région, l’Extrémadure, à une seule condition : gagner par une alliance politique avec IU les trois sièges décisifs à son investiture. Avant l’investiture, les communistes d’Extrémadure ont été soumis à d’intenses pressions et menaces de la part des directions du PCE et d’IU. Ils décident finalement, après consultation de la base, de refuser l’alliance avec le PS. Le coordinateur d’IU, Cayo Lara, a entamé une procédure en cours d’exclusion des militants et dirigeants d’IU-Extrémadure.

Dans le même temps, je rappelle qu’au Portugal et en Grèce, le PGE continue de soutenir le Bloc de gauche et Synapsismos contre le PCP et le KKE, ce n’est pas un hasard sir deux dirigeants de ces formations étaient en ballottage avec Pierre Laurent pour être à la tête du PGE.

III) La résistance contre le PGE est possible !

Je vais conclure sur une note plus optimiste et volontaire car il est possible de résister à cette machine à broyer les PC qu’est le PGE, et car il existe une alternative à la ligne de la résignation.

Tout d’abord, parce que le PGE est confronté à l’échec de sa ligne de formation de puissants « partis de gauche » électoralistes à la gauche du PS. Les derniers résultats le prouvent : 3% pour Izquierda Unida en 2008, minimum historique 3% pour la Gauche arc-en-ciel en 2008, minimum historique (et depuis entre 2 et 2,5% pour la FdS en 2010 et 2011) et même le vaisseau amiral Die Linke s’est écroulé aux dernières régionales partielles de mars 2011 avec 3,1% en Rhénanie-Palatinat (contre 9,4% en 2009) et 2,8% en Bade-Wurtemberg (contre 7,2% en 2009). Pour nous, le critère électoral n’est qu’un critère parmi d’autres. Mais nous pouvons appliquer à des forces électoralistes leurs propres critères. Le PGE est également paralysé par ses propres contradictions : le processus de liquidation des PC confronté d’une part à la persistance du fait communiste, dans la population, la classe ouvrière et la masse des militants du parti, d’une autre part la contradiction entre l’aspiration populaire à une alternative à l’UE et à la social-démocratie et la politique de collaboration du PGE avec le PS et l’UE du Capital. Or, les forces du PGE essaient, encore plus depuis 2008, de concilier l’inconciliable : 1) avec la formule liquidatrice de transition des « Fédérations/fronts de gauche ». 2) avec la relance d’un discours formel anti-PS et anti-UE dont le seul débouché est la défense d’un gouvernement « de gauche » et d’une autre Union européenne.

Ensuite parce que des résistances existent et se développent en Europe contre l’action du PGE, pour le renforcement et la reconstruction des PC. En Espagne, j’ai déjà parlé de ces fédérations qui se sont opposés frontalement à IU (Extrémadure, Asturies), il y a aussi celles qui mettent la priorité sur le renforcement du PCE (Andalousie, Aragon). Depuis le congrès de 2008, le renforcement du PCE est redevenu une priorité du PCE qui a récupéré toutes ses fonctions hormis celle électorale, nerf de la guerre. En Italie, les camarades à partir du PdCI (Parti des communistes italiens) ont lancé un appel pour la « reconstruction du PCI » à l’occasion du 90ème anniversaire. Le PdCI a mis à l’ordre du jour de son congrès d’Octobre la reconstruction du PC. Les JC de Refondation communiste et du PdCI ont déjà annoncé leur volonté de ne former qu’une seule Jeunesse communiste. En Autriche et en Suisse, les communistes reconstruisent leur parti à partir d’une fédération sur une ligne d’opposition à celle du PGE. En Styrie, les camarades autrichiens gardent une organisation de masse et de classe (sur le plan électoral, 4,4% en 2010 contre 0,8% nationalement). Au Tessin, nos camarades suisses ont renversé la direction cantonale pro-PGE et reconstruisent depuis le parti et ils viennent, pour la première fois depuis les années 1970, d’obtenir un élu au parlement cantonal. Dans les deux cas, ce processus part d’une théorie et d’une pratique communiste, à partir aussi de l’impulsion décisive donnée par la jeunesse : les dirigeants du PC Tessinois ont tous moins de 27 ans, la JC Autrichienne a adopté récemment les thèses de la fédération de Styrie. Le camarade Robert Krotzer, qui représentait la Fédération de Styrie du KPO à la rencontre internationale du 26 février à Paris, est aussi secrétaire national de la JC Autrichienne.

Et surtout, plusieurs partis de masse et de classe européens ont déjoué dans les années 1990 les projets liquidateurs et s’attachent à faire vivre et renforcer leur PC : le PCP, le KKE et le KSCM. Des partis qui ont résisté aux offensives liquidatrices féroces du PGE, qui apporte un soutien logistique, financier et politique au Bloc de gauche et Synapsismos. Aujourd’hui ces deux formations sont plongés dans une grave crise : Synapsimos est miné par les querelles internes entre courants (trotskistes, sociaux-démocrates, refondateurs etc.), le Bloc est sorti dramatiquement affaibli par son récent revers électoral (perte de la moitié de ses députés et de ses voix en 2011) causé notamment par le dévoilement de sa collaboration avec le PS, puisque le Bloc a soutenu le candidat socialiste dès le premier tour des présidentielles, en 2010. Face à eux, le PCP et le KKE sont des partis en pleine croissance : électorale (8% pour les deux aux dernières législatives avec près de 11% aux élections locales), militante (65 000 pour le PCP, 4 fois plus que le PCE, dans un pays pourtant quatre fois moins peuplé !) et surtout dans leur contribution au mouvement des luttes : la Grèce est le foyer de résistance européen à la politique du capital ; le Portugal est aussi en première ligne. Deux partis, ce n’est pas un hasard, qui ont conservé un lien organique avec un syndicat de masse : le PAME en Grèce et la CGT-P au Portugal. Contraste terrible avec l’apathie du mouvement social en Espagne et en Italie, la glissade progressive des anciens syndicats de classe et de masse (CGIL en Italie, Commissions ouvrières en Espagne) vers la collaboration de classe ouverte, et la crise permanente des héritiers du mouvement communiste dans ces deux pays.

Enfin, je dirais pour conclure qu’il faut regarder plus loin que l’Europe occidentale. Le PGE propose une vision euro-centrique, arrimée au bloc de l’UE et de l’OTAN (cf la révélation Wikieaks sur la rencontre entre le dirigeant de Linke et du PGE Grigor Gysi et l’ambassadeur américain : Gysi rassurant l’ambassadeur sur le caractère inoffensif des mots d’ordre du PGE et de Linke sur la « dissolution de l’OTAN »). D’autres partis communistes la refusent, ceux qui participent à la coordination des partis communistes et ouvriers (ils sont entre 40 et 80 chaque année). Leur rencontre annuelle se tenait à Sao Paulo en 2008, à Delhi en 2009, à Johannesbourg en 2010, elle se tiendra à Athènes en 2011. Un groupe de travail a été mis sur pied en 2010 pour aboutir à des prises de position communes et à des analyses plus approfondies. A sa tête, des partis de masse qui n’ont pas renié leur identité communiste. J’aimerais juste donner quelques exemples de partis qui pèsent dans les luttes et agissent dans des processus de transition potentiellement révolutionnaires :

Le PC d’Inde (marxiste) ; un des deux partis communistes en Inde. Il compte à lui seul 1 million d’adhérents, et contrôle historiquement trois États dont le Kerala, hélas perdu cette année. Un parti qui a changé la vie de dizaines de millions d’Indiens dans les Etats qui dirigent, on a parlé du « miracle du Kerala », dans un État aussi peuplé que l’Espagne, avec des niveaux d’éducation et de santé dignes des pays les plus développés. Dans ces Etats comme ailleurs, le Parti communiste reste la principale force d’opposition au consensus dominant libéral Parti du Congrès (centre-gauche) et BJP (droite réactionnaire). Il impulse les luttes populaires contre la hausse du coût de la vie, les privatisations mais aussi pour la réforme agraire et une Sécurité sociale et une éducation nationales publiques, comme au Kerala.

Le PC Sud-africain : un chiffre important de 130 000 militants, les effectifs doublent tous les trois ans (ils étaient 5 000 il y a quinze ans, encore seulement 25 000 en 2004). Il participe à la coalition gouvernementale depuis 1994 mais reste une force très critique du tournant libéral de l’ANC. Il n’a jamais abdiqué son rôle de force d’avant-garde des luttes de la classe ouvrière sud-africaine dans la métallurgie et les mines notamment, ce qui explique sa popularité croissante. Il mène régulièrement des campagnes de masse dans les quartiers et sur les lieux de travail, comme celle dite « Octobre rouge » pour une Sécurité sociale nationale par exemple. Le PC Sud-africain avait été (sous la direction de Joe Slovo) un de ces partis qui ont fait le choix, après 1989/1991, de rester fidèle au communisme et de relancer, après sa légalisation, l’activité du parti sur les lieux de travail et dans les quartiers populaires. Aujourd’hui, il est un parti en pleine santé, qui attire chaque année des milliers de jeunes sud-africains vers le communisme.

Qui a dit que les Partis communistes étaient morts ?

Conclusion :

Pour conclure, j’espère que ce petit exposé servira à une chose : montrer que le cas du Front de gauche en France n’est pas un cas isolé, qu’il s’insère dans une stratégie européenne de liquidation des Partis communistes, qui applique partout les mêmes recettes, poursuit le même objectif, tout en s’adaptant aux résistances (passage du modèle « Die Linke » à la formule transitoire de « Fronts/fédérations de gauche »). Il faut apprendre des expériences liquidatrices menées dans d’autres pays, comme en Espagne ou en Italie, pour pouvoir s’opposer avec succès à ce même type d’opérations aujourd’hui mises en place en France.

J’espère aussi qu’il donnera de l’espoir car la stratégie du PGE est confronté à des résistances partout, elle est en ce moment dans une période difficile, tous ces modèles sont en crise, certains au bord de l’implosion. Nous ne sommes pas seuls en Europe : des camarades comme en Styrie et au Tessin mènent la lutte interne contre les directions alliées au PGE et obtiennent des succès encourageants, nos camarades grecs et portugais montrent toute la vitalité et la combativité de partis qui ont fait le choix de rester communistes, même en Espagne ou en Italie, le combat pour la « reconstruction du Parti communiste » est aujourd’hui engagé. Surtout, nous ne sommes pas isolés au niveau international, dans le monde, la plupart des partis communistes refusent la voie du renoncement, et ils sont aujourd’hui encore plus forts qu’ils ne l’étaient dans les années 1989/1991, de ’crise’ du mouvement communiste international. A nous de puiser dans ces expériences internationales positives de quoi mener la lutte en France pour faire vivre et renforcer le PCF, lutter contre les manœuvres liquidatrices, dans les conditions particulières de notre pays et de notre parti.

Source : http://pcfsaintquentin.unblog.fr/

Le 2 septembre 2011

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
7 octobre 2011 5 07 /10 /octobre /2011 09:56

Clio

Clio, la muse de l'Histoire

Colette Braeckman La Françafrique vit et sévit toujours

FrancAfrique.jpg La France de Nicolas Sarkozy est enlisée dans les scandales et plusieurs proches du chef de l’Etat sont éclaboussés,  Thierry Gaubert son témoin de mariage, Brice Hortefeux, Nicolas Bazire… Pour couronner le tout, ou pour créer un contre feu, Robert Bourgi, longtemps  considéré par l ’Elysée comme un spécialiste de l’Afrique, a révélé avoir à plusieurs reprises ramené en France des  valises» remplies d’argent qui lui avaient  été confiées  offertes par des chefs d’Etat d’Afrique francophone  dans le but de financer les campagnes présidentielles françaises.
Ces révélations ont ramené l’attention sur la «Françafrique»,  cette étrange relation que Paris entretient depuis un demi siècle avec ses anciennes  colonies.
C’’était, à la veille des années 60, le pari du général de Gaulle : quitter l’Afrique pour mieux y rester. Fragmenter l’ancienne Afrique Occidentale française (AOF) et l’Afrique Equatoriale française (AEF) en une quinzaine d’Etats, indépendants en théorie mais en réalité étroitement liés à l’ancienne métropole. Soucieux de les préserver d’une éventuelle influence communiste ou d’une réelle émancipation, ces pays dits du «pré-carré» devaient garder avec la France des liens visibles et invisibles.
Côté visible : dès l’accession à l’indépendance, Paris fait signer aux jeunes régimes des accords de défense, de coopération et d’assistance technique. Des conseillers militaires français aident les nouveaux régimes à se défendre contre tout ennemi, intérieur ou extérieur. Et veillent aussi à préserver les intérêts de la métropole. L’agence d’Aide française au développement (AFD) met en œuvre une politique de coopération, mais surtout, via les projets dits «hors budget>» organise de nombreux «retours>» : l’argent distribué en Afrique est ristourné en France, à des partis ou des hommes politiques. En outre, les quinze pays “ du champ “ sont dotés d’une monnaie commune, le franc CFA, lié au Trésor français. Stabilité d’un côté, dépendance de l’autre : en septembre dernier, c’est encore, le ministre français des finances qui a présidé la réunion des gouverneurs des Etats de la zone franc car  toute décision prise par les autorités monétaires régionales (Banque des Etats d’Afrique de l’Ouest ou Banque des Etats d’Afrique centrale) doit être contresignée par le Trésor français. Est-il besoin de préciser que, durant un demi siècle, la convertibilité du franc CFA en francs français puis en euros a été un instrument privilégié d’évasion de capitaux ?
En 1960, “ le secrétariat général pour les affaires africaines et malgache “ fut créé pour gérer cet empire fragmenté, avec à sa tête un homme de l’ombre qui, depuis les années de guerre, avait tissé d’innombrables réseaux : Jacques Foccart. A l’époque, un seul pays refusa la main tendue de la France<TH>:  la Guinée de Sekou Touré, qui fut victime d’un boycottt sans pitié avant de devenir une dictature paranoïaque puis de rentrer dans le rang après la mort du tyran.
L’histoire de la Françafrique est jalonnée de cadavres : dans tous les pays “ du champ “, les dirigeants nationalistes furent systématiquement écartés, assassinés et remplacés par des hommes lige de Paris, souvent des militaires qui avaient participé, sous l’uniforme de l’armée française, aux guerres d’Indochine et l’Algérie.
La liste est longue et loin d’être close : au Togo, Sylvanus Olympio est assassiné et remplacé par Gnassingbe Eyadéma (son fils Faure a repris la succession), au Cameroun, au terme d’une guerre qui fera des dizaines sinon des centaines de milliers de morts, Ruben Um Nyobe et Felix Moumié, fondateurs de l’Union des populations camerounaises, sont éliminés, remplacés par Amadou Adhidjo (dont le Premier ministre Paul Byia est toujours au pouvoir), en Centrafrique, l’avion de Barthelemy Boganda s’écrase mystérieusement et le sergent Jean Bedel Bokassa, le futur empereur, prend le pouvoir, au Burkina Faso, ex Haute Volta, Thomas Sankara est assassiné et son adjoint Blaise Compaoré qui prend le pouvoir est resté un fidèle allié de Paris, au Gabon Omar Bongo, dont le fils Ali a repris la succession, a remplacé Léon M’ Ba, en Côte d’Ivoire Houphouet Boigny, contré par un opposant appelé Laurent Gbagbo sera longtemps le plus fidèle et le plus riche (avec Mobutu) des alliés de la France. Cette année encore, les forces françaises ont chassé Gbagbo qui, à l’issue d’une élection contestée, refusait de quitter le pouvoir. Gbagbo est aujourd’hui en résidence surveillée et c’est l’ancien Premier Ministre de Houphouet, Alassane Ouattara qui a été installé par Nicolas Sarkozy à la présidence. L’un de ses premiers gestes a été de placer des conseillers français dans tous les ministères et d’accueillir une bonne centaine de grands patrons venus de l’Hexagone…
Des pays francophones ou lusophones qui n’ont pas été colonisés par la France font également l’objet de beaucoup de sollicitude : en 1960 la sécession katangaise est soutenue par le colonel Trinquier et des anciens de la guerre d’Algérie et le maréchal Mobutu trouvera toujours à paris des interlocuteurs bienveillants, la France appuie la sécession du Biafra, riche en pétrole et Bernard Kouchner, alors jeune médecin, invente pour l’occasion le concept d’ingérence humanitaire : les appareils français apportent aux rebelles de la nourriture et des médicaments, mais aussi des armes…Quant au Rwanda, le président Mitterrand décide, en 1990, de défendre ce petit pays “ francophone “ contre des rebelles “ anglophones “ venus d’Ouganda et jusqu’à la victoire du Front patriotique rwandais en juillet 1994, l’armée française se trouvera aux côtés du régime génocidaire.
Malgré les déclarations de plusieurs présidents, dont Sarkozy “ la Françafrique, c’est fini “ la “ cellule Afrique “ de l’Elysée n’a jamais chômé : Charles Pasqua, fort de ses réseaux corses, a succédé à Jacques Foccart, ,Mitterrand avait nommé son ami Guy Penne, Chirac sur Fernand Wibaux, et Sarkozy sur Robert Bourgi….
Pourquoi la France a-t-elle besoin de ses partenaires africains ? Pour pouvoir compter sur leurs voix à l’ONU et garder son siège au Conseil de sécurité ? Pour préserver son rayonnement culturel grâce à la francophonie ? Pour assurer des débouchés, voire des marchés captifs à ses entreprises?: Elf Aquitaine, qui a fusionné avec Total et Fina, est toute puissante au Cameroun et surtout au Gabon, Bouygues, Bolloré se sont déployés sur le continent noir et en particulier dans les pays côtiers,  Areva devenue numero un mondial du nucléaire grâce à l’uranium du Niger…Pour garder un accès privilégié aux ressources naturelles africaines? Lucide, le président Omar Bongo avait trouvé la formule : “ l’Afrique sans la France, c’est une voiture sans chauffeur. La France sans l’Afrique, c’est une voiture sans carburant. “
L’existence du pré carré africain, dont la monnaie commune est le franc CFA permet ce que l’on appelle à Kinshasa les «<TH> opérations retour“. Les porteurs de mallettes voyagent dans les deux sens : il suffit de passer un accord avec ceux que l’on corrompt, afin qu’ils s’engagent à rétrocéder une partie des sommes qui leur ont été versées. S’ils amènent aux présidents de pays amis des projets et des budgets, les “ porteurs de mallettes “ décrits par Pierre Péan ramènent aussi des contributions financières pour les campagnes électorales ou des enveloppes plus personnelles, parfois dissimulées… dans des djembés (sortes de gros tam…)
Ces dernières années,  les contrats d’armement passés avec des pays qui n’étaient pas  «du champ» comme les Etats du Golfe ou le Pakistan ont permis les rétrocommissions, fonctionnant suivant un principe bien rodé en Afrique:  pour vendre des armes,  les industriels vendeurs ont longtemps versé  des commissions aux acheteurs.  Une partie des sommes provenant du Trésor public des acheteurs et destinée à payer les armes est  rétrocédée par l’industriel  vendeur aux dirigeants du pays concerné. Ces derniers, bon princes, ristournent alors une partie de cet argent aux dirigeants du pays vendeur.
En décrivant cette pratique et en dénonçant certains de ses bénéficiaires supposés,- Jacques Chirac, Dominique de Villepin-, Robert Bourgi, le dernier en date des Messieurs Afrique de l’Elysée, a dévoilé un secret de Polichinelle. Il a aussi, fort opportunément, détourné les projecteurs  au moment où Pierre Péan sortait son ouvrage consacré à Alexandre Djhoury l’un des porteurs de valises du président actuel. La Françafrique c’est cela aussi : des coups tordus entre amis, qui s’échangent d’une génération à l’autre…

 

http://blog.lesoir.be/colette-braeckman/2011/10/04/la-francafrique-vit-et-sevit-toujours/

 

Quelques lectures utiles:
Pierre Péan,La République des mallettes, enquête sur la principauté française de non droit, Fayard, 486 pages
Thomas Deltombe, Manuel Domergue, Jacob Tatsiba, Kamerun, une guerre cachée aux origines de la Françafrique, 1948-1971, éditions La Découverte, 717 pages
Grégory Jarry et Otto T. Petite Histoire des colonies françaises, tome 4, la Françafrique, éditions FLBLB (livre illustré)
François-Xavier Verschave, la Françafrique, le plus long scandale de la République, éditions Stock, 1998

Partager cet article
Repost0
7 octobre 2011 5 07 /10 /octobre /2011 09:32

Robert Hue suit Hollande après Huchon : en quête de place ministérielle ?

 

ML pour vivelepcf


Certains polémistes trouvent de bon ton de railler l’insignifiance présumée de la candidature de M. Jean-Michel Baylet aux primaires du PS. Ils se trompent.

L’héritier de l’influent quotidien « la Dépêche du midi », sait ce qu’il fait. Il porte les intérêts de son groupement d’élus, lui ménage des places pour après l’élection, en même temps qu’il apporte au PS, c'est-à-dire à François Hollande, un appoint au « centre ». Les radicaux, c’est comme les radis, rouges à l’extérieur, blancs à l’intérieur…

 

111006_hue_hollande.jpg Dans le même ordre d’idée, on retrouve un certain Robert Hue. L’ancien secrétaire liquidateur du PCF, aujourd’hui président de l’insignifiant Mouvement unitaire pour le progrès, figure parmi les premiers soutiens à François Hollande dans la primaire du PS. On avait déjà remarqué son soutien appuyé, jusqu’à être présent dès le 1er tour sur sa liste aux régionales, au socialiste droitier Jean-Paul Huchon en 2010.

Que cherche Robert Hue ? Une place au gouvernement ?

Que représente Robert Hue ? Rien en lui-même mais surtout un élément de l’héritage du PCF qu’il sert à la social-démocratie contre quelques lentilles. On comprend l'intérêt de la droite et du PS à faire vivre cette particule politique sinon négligeable.  

Son alignement servile sur le PS ne mérite que le mépris et confirme la trahison par le personnage du parti qui a fait de lui un élu depuis 34 ans...

Communistes, nous serions en droit d’attendre que les directions de notre parti se désolidarisent entièrement de ses prises de position et de cette « personnalité ».

Et bien non ! Elles viennent de faire réélire Robert Hue, il y a deux semaines, sénateur du Val d’Oise. Le PCF n’avait-il personne d’autre à proposer qu’un satellite affiché du PS qui, de surcroît, ne reverse pas ses indemnités au Parti auquel il doit tout ? Oui, évidemment. Mais on voit qui commande vraiment les tenants du Front de gauche.

Maintenant Hue a au moins le mérite d’avoir une ligne claire. Chacun son rôle !

Il ne joue pas au contrepoint de complaisance à « gauche » pour mieux drainer vers le candidat social-démocrate comme le font d’autres.

Battre la politique menée aujourd’hui par Sarkozy, et donc évidemment Sarkozy, ne peut se faire qu’en rupture complète avec le consensus, notamment européen, droite/PS sur les questions économiques et sociales de fond.

 

Cela demande que notre Parti se libère de ces compromissions et voit au-delà de petites ambitions telles que celles de M. Hue. 

Partager cet article
Repost0
7 octobre 2011 5 07 /10 /octobre /2011 09:18

 

 

 
La revue du projet
 
 

La pensée noire ou les mutations du Front National, Gérard StreiffTRONCONNEUSEjpg.jpg

L’arrivée de Marine Le Pen à la tête du Front National incarne à sa manière l’installation d’un « nouveau » FN. Ce parti a bien changé depuis sa création en 1972.  Il est toujours d’extrême droite, certes, mais il a adapté son propos à un monde changeant. On peut notamment retrouver dans ces mutations l’influence discrète du G.R.E.C.E. d’Alain de Benoist.             En 1972, le tout jeune Front National regroupe un quarteron de nostalgiques de l’OAS, des racistes patentés, des boutiquiers inconditionnels du libre marché et des atlantistes totalement pro-américains (Reagan sera longtemps LE modèle de Le Pen). Le F.N. actuel s’est opposé aux deux guerres d’Irak (tout en soutenant mordicus le sinistre Saddam Hussein), il parle « d’égalité des cultures (raciales) » dans le monde, fustige l’ultra-libéralisme et l’Amérique. C’est qu’entre-temps, le monde a changé, l’Est s’est effondré et une place était à prendre dans l’imaginaire populaire. Et puis le FN a su suivre, finalement, les conseils d’un groupuscule de penseurs d’ultra-droite, le G.R.E.C.E., Groupe de recherche et d’étude pour la civilisation européenne.  Ce groupe est fondé en mars 1968 par le philosophe Alain de Benoist. Mesurant alors le total discrédit de l’extrême droite française, depuis la guerre et la collaboration, il tente de donner une nouvelle légitimité à sa famille politique. Et avance notamment trois thèmes fondateurs : à la place du racisme ou du racialisme, il propose le « différentialisme ». Pour obtenir d’être respectés ici, chez nous, Blancs et Chrétiens, il faut qu’on respecte l’Autre là bas, le Noir, le Musulman. Il faut une « égalité des cultures » (le mot « cultures » étant devenu l’autre terme pour dire les races) dans le monde. Pas question que ces « cultures » se mélangent chez nous, mais à distance, ça peut marcher... D’autre part, le libéralisme économique est dénoncé pour son matérialisme, il est considéré comme portant atteinte à l’intégrité spirituelle de l’Occident. Enfin, autre piste très importante du G.R.E.C.E., l’extrême droite n’est plus « la caricature de la droite » comme on disait souvent, elle ne se contente plus d’en rajouter sur les positions de la droite classique, elle est ailleurs, elle n’est ni de gauche, ni de droite. L’air de rien, ces trois idées vont faire un malheur et assurer, ultérieurement, la prospérité du FN.Au début, entre le G.R.E.C.E. et le FN, les rapports ne sont pas au beau fixe. Et si le mouvement de de Benoist a, semble-t-il, disparu, ses idées finiront par s’imposer à l’extrême droite ces quinze dernières années pour former l’actuel argumentaire frontiste. Le FN accentue son discours social

L’extrême droite de tout temps a été obsédée par la question identitaire. Les Français « de souche » ont en commun une identité commune sur un mode ethnique et culturel et tout ce qui pouvait troubler, contaminer cette « pureté » originelle, que ce soit l’étranger ou encore toute idéologie qui diviserait la communauté nationale, comme « l’égalitarisme », le socialisme ou même plus généralement les questions sociales, tout cela n’avait guère sa place dans la rhétorique frontiste et était mis de côté. Au milieu des années quatre-vingt, ce culte de l’identité (et un discours anti-élite) n’a pas été sans écho dans une partie de la classe ouvrière qui s’est sentie trahie ou abandonnée par la gauche (et le PCF). Lors de la présidentielle de 1995, 30% des ouvriers votent FN, ils sont 24% aux législatives de 1997 et le FN devient le principal parti ouvrier ! C’est dans la foulée qu’il accentue son discours social afin de fidéliser cet électorat populaire. Il investit désormais ces thématiques avec d’autant moins de scrupules qu’éloigné de toute participation gouvernementale, il peut tout promettre sans risque.C’est l’époque où il se met à dénoncer les clivages de classe et surtout le libéralisme économique, accusé de pervertir les valeurs françaises. Le Pen n’est pas devenu anticapitaliste ni égalitaire ; simplement, il y a derrière son propos « social », l’obsession identitaire qui rode. Par exemple, quand le FN, au nom d’une démarche souverainiste et protectionniste, condamne Maastricht ou la constitution européenne,  ce n’est pas tant la machine de guerre capitaliste et antisociale ou autoritaire qu’il fustige, c’est la menace pour l’intégrité de l’identité française que cela représenterait. On peut dire la même chose concernant la mondialisation : le FN joue des inquiétudes légitimes qui sont dans l’air (voir le sondage, page suivante) pour se montrer très critique (la mondialisation est « totalitaire » dit-il) tout en plaidant pour « l’égalité entre les cultures ». Mais ici aussi, lorsqu’on creuse son discours, ce n’est pas le triomphe du tout-privé qu’incarne la mondialisation ni l’effondrement de l’intérêt public qui est à l’œuvre un peu partout, qui le gênent ; son principal argument, c’est, face à la mondialisation, la préservation du caractère spirituel de la nation, sa cohésion ethnique. De même quand il parle d’égalité entre les cultures, cela pourrait laisser entendre qu’il reprend à son compte un propos de nature démocratique (l’égalité) ; il n’en est rien ; cette égalité, dès qu’on évoque le terrain national, n’existe plus pour lui ; ne sont citoyens à ses yeux que ceux qui partagent une même communauté d’origine  et la citoyenneté, donc, ne peut résulter que d’une filiation ethnique ; c’est le domaine de l’inégalité par excellence.Pour le FN, la vie politique ne se résume pas à un conflit gauche/droite mais à une opposition entre nationalistes et cosmopolites. D’un côté il y a les Français, attachés à la particularité de leur civilisation et de l’autre les « mondialistes », les lobby « pro-immigration » ou les « euro-fédérastes », jeu de mot ultra où l’on imagine sans peine l’étranger violeur. Bref le brassage culturel, la mixité ethnique, le métissage, voilà l’ennemi. Un argumentaire assez pauvre mais dont la force est à la fois d’avoir su jouer en permanence sur la question du rapport à l’Autre, qui est une question lancinante dans le débat public depuis dix ans au moins (immigration, islamisme, intégration, etc.) et d’avoir systématiquement brandi le drapeau du « ni gauche, ni droite », une idée partagée par une proportion croissante de concitoyens. Le repli sur la communauté, sur l’identité, en ces temps de mondialisation ravageuse, lié au sentiment du « tous pourris », cela peut être vécu comme une réponse. C’est sans doute là que réside le principal ressort de l’extrême droite.

Partager cet article
Repost0
7 octobre 2011 5 07 /10 /octobre /2011 09:11
 combat communiste
  •   
                                                                      caviar.jpg

« Plutôt que de doubler la taxe soda, doublons la taxe caviar » (PCF)

Valérie Pécresse la porte parole du gouvernement et accessoirement ministre du Budget propose de doubler la taxe soda qui devrait ainsi rapporter 240 millions d'euro au prochain budget 2012.

Plutôt que de doubler la taxe soda, doublons la taxe caviar ! Le doublement de l'ISF comparé au montant de 2010 (estimation de janvier 2011)  permettrait à l'État de gagner près de 9 milliards d'euros avec l'insigne avantage de cibler les grandes fortunes, quand la taxe sur les sodas  touche toutes les catégories quel que soit leur niveau de revenus. Qu'on se le dise, l'estomac d'un riche ne lui permet pas de consommer plus qu'un pauvre!

L'urgence est, comme le réclame le Front de gauche, de cesser le bricolage fiscal qui n'a pour but que d'exonérer ceux qui peuvent et doivent payer ! Le Front de gauche dans son programme l'humain d'abord ! propose de rétablir une fiscalité qui redonne toute sa place à un impôt sur le revenu réellement progressif.

Partager cet article
Repost0
7 octobre 2011 5 07 /10 /octobre /2011 09:06

 

Front de gauche 2012

 

Marini président de la commission des finances du sénat : un mauvais signe (groupe CRC)marini.jpg

Par Nicole Borvo Cohen-Seat, le 06 octobre 2011

Le groupe CRC l’a indiqué depuis plusieurs jours : il désapprouve l’accord intervenu entre le groupe socialiste et l’UMP pour accorder à cette dernière la présidence de la Commission des Finances. Les sénatrices et sénateurs du groupe CRC n’acceptent pas l’idée d’un parallélisme avec la situation prévalant à l’Assemblée nationale où la Commission des Finances a été octroyée aux députés socialistes.

Cet accord à l’Assemblée nationale que nous avions d’ailleurs désapprouvé, car il validait l’idée d’une répartition des postes entre les deux partis dominants, s’appuyait sur la nécessité d’un contrepoids à l’exécutif et à la domination de l’UMP dans les deux assemblées parlementaires. Accorder à l’UMP cette présidence importante au Sénat n’a aucun sens politique. D’autant plus que M. MARINI vient de déclarer qu’il la mettrait au service du groupe UMP.

Le groupe CRC estime que ce premier faux pas est une erreur grave, au regard du débat budgétaire qui va intervenir durant les trois prochains moins. Comment vouloir afficher une opposition claire, compréhensible par tous à l’austérité proposée par MM. SARKOZY et FILLON, en commençant par céder la présidence de la Commission des Finances à l’UMP, Philippe MARINI, chantre du libéralisme depuis de nombreuses années au Sénat. Les sénatrices et sénateurs du groupe CRC estiment que si la rupture devait s’afficher, c’est bien à la Commission des Finances.

Le groupe CRC va prendre immédiatement contact avec le Président du Sénat, M. Jean-Pierre BEL, et ses partenaires de la majorité de gauche, dont il constitue le second groupe en importance, pour que prévale le choix des grands électeurs qui ont porté au Sénat une majorité de gauche le 25 septembre dernier. Le groupe CRC rappelle aussi que la gouvernance du Sénat doit s’élaborer collectivement au sein de la nouvelle majorité et certainement pas pour gérer, ensemble, les rapports avec la droite sénatoriale.

Partager cet article
Repost0
7 octobre 2011 5 07 /10 /octobre /2011 09:00
                                                 MARE NOSTRUM-copie-1
 
5 oct publicLes fonctionnaires grecs manifestent, à l'appel du syndicat PAME lié au PC Grec, contre les licenciements massifs dans le public et exigent que les riches paient la crise



Communiqué du Parti Communiste Grec (KKE)



Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Les travailleurs du secteur public et des anciennes entreprises d’État hier [mercredi 5 octobre] ont mené une première bataille contre les politiques anti-populaires brutales du gouvernement et de la troïka avec leur participation massive, militante et dynamique à la grève et aux manifestations du PAME.

 

 

Des milliers de travailleurs ont répondu à l'appel lancé par les syndicats des travailleurs des collectivités locales, de l'énergie, de la santé et de la sécurité sociale, les comités de lutte du secteur public ont manifesté à Athènes et dans 30 autres villes partout en Grèce et envoyé le message suivant : « La ploutocratie doit payer pour la crise – nous ne devons pas accepter les licenciements, nous devons dire non à la 'réserve de travail' (une mesure qui vise à licencier des travailleurs dans un an à 60% de leur salaire déjà amputé). Il convient de noter que la nouvelle offensive que le gouvernement a programmé le licenciement de 30 000 travailleurs du public en 2011 et de 200 000 autres d'ici 2013 via la 'réserve de travail', de nouvelles diminutions de salaires, de nouvelles coupes dans les dépenses sociales etc.

 

 

« Avec la 'réserve', ils licencieront des milliers de travailleurs de la santé et les remplaceront par un réservoir d'esclaves modernes, avec des ONG soutenues par le PASOK et la ND, avec des travailleurs non rémunérés via les bureaux de chômage. Ils mettront en place un nouveau programme pour les services de nuit dans les hôpitaux dangereux pour les patients car il réduira le personnel travaillant de nuit. Ce qu'il faut, c'est un mouvement qui mette en échec et retarde les mesures gouvernementales, organise la lutte pour des mesures immédiates soulageant les couches populaires et les chômeurs, en première ligne de la lutte pour la satisfaction des besoins populaires, apporte une perspective pour demain, pour un développement pro-populaire avec planification centralisée, propriété sociale des moyens de production concentrés, un développement qui aura comme seul et unique but les besoins du peuple et non ceux des monopoles », a souligné Ilias Sioras, président du syndicat des travailleurs du plus grand hôpital du pays 'Evangelismos' et cadre du PAME, dans son discours.

 

 

La présence des élèves du secondaire a été massive et remarquée. Ils mènent des occupations et des « grèves », luttant pour une école avec des enseignants et des livres (on n'a pas encore distribué les livres, plus d'un mois après le début de l'année scolaire) et ont scandé des slogans tels que « Les collégiens et lycéens sont dans la rue. Les multinationales hors des écoles ! », « Etudiants-travailleurs, une seule voix, un seul poing ! », etc.

 

 

La grève du 5 octobre constitue une première réponse à l'offensive brutale du gouvernement et de la troïka contre le peuple, offensive qui s'est intensifiée ces derniers jours avec les déclarations du gouvernement et de la troïka concernant la suppression des conventions collectives nationales (NCBA) et les nouvelles coupes dramatiques dans les salaires et les retraites dans le privé. Les forces sur des positions de classe, qui sont rassemblées dans le PAME, ont réagi immédiatement et occupé le Ministère du Travail, précisant que : « la classe ouvrière se battra pour défendre les NCBA, ainsi que tous les accords, dans la lutte. La suppression des NCBA est à 100% une exigence des industriels et du capital. »

 

 

Une fois de plus, les forces du syndicalisme patronal et gouvernemental ont cherché à saper les bases de la grève, que ce soit en cassant la grève ou en la faisant dégénérer et en faisant retomber l'état d'esprit militant des travailleurs. Il est symptomatique qu'alors qu'ils ont demandé la « protection et le renforcement de l'institution des NCBA », ils ont salué la baisse de 11% des salaires prévue par l'accord de branche que les syndicalistes compromis ont signé dans l'ancienne entreprise publique des télécoms, OTE.

 

 

Les forces sur des positions de classe continuent et intensifient leur mobilisation pour la préparation de la grande grève générale du 19 octobre.

Partager cet article
Repost0