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CHANTS REVOLUTIONNAIRES

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1 octobre 2011 6 01 /10 /octobre /2011 07:09

                                                                    MARE NOSTRUM-copie-1

 

 

 

 

PAIX AU KURDISTAN! LIBERTE POUR LE PEUPLE KURDE!
Depuis le début du mois d'Août, la Turquie bombarde le Kurdistan et mène des opérations militaires en compagnie de l'Iran.
 Les civils Kurdes ont déserté plus de 400 villages et sont assassinés. 
L'Europe, la France et les Etats unis, pour des raisons commerciales et politiques soutiennent ce génocide et participent en vendant des armes.
Dans plusieurs villes de France et d’Europe, des militants kurdes sont pourchassés, arrêtés, mis en détention, jugés et condamnés à des peines d’emprisonnement, de la même façon qu’ils le sont en Turquie, dans un silence médiatique impressionnant.
En assimilant la résistance des Kurdes pour la reconnaissance de leurs droits au terrorisme, la France et l’Union européenne participent à la recrudescence de la violence et à la continuation de la guerre alors qu’elles pourraient favoriser des initiatives internationales en faveur d’une solution politique négociée et assurer la paix. C’est ce que nous demandons, avec le peuple kurde, en urgence
Regardez cette vidéo, elle montre toutes les images que les médias ne vous montrent pas.
NOUS SOMMES TOUS CONCERNES. LA FRANCE SOUTIENT ACTIVEMENT CE CONFLIT!!
Prochainement, Claude Guéant se rendra à Ankara afin de signer un nouvel accord permettant 
l'extradition de membres "Présumés" du PKK incarcérés en France.
PKK armée de résistance Kurde, comme l'ANC de Mandela, comme nos résistants durant la 
seconde guerre mondiale qui étaient, eux aussi, qualifiés de terroristes par les fascistes.
MOBILISEZ VOUS CONTRE L'INACCEPTABLE
REJOIGNEZ NOUS  ; AMITIES CORSE KURDISTAN: dominique.torre@sfr.fr
Vidéo réalisée par un jeune cinéaste Kurde de talent, Monsieur Paul OZCAN.
                                                source:  dominique torre <dominique.torre@sfr.fr>
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30 septembre 2011 5 30 /09 /septembre /2011 07:56

 

                                                             MARE NOSTRUM-copie-1

 

 

 

29 sept - manifLe PC Grec (KKE) appelle à une désobéissance populaire organisée et de masse face à la nouvelle taxe prélevée sur les factures d'électricité KKE--2--1-.jpg
Communiqué du Parti communiste grec (KKE)



Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Ils sont des milliers à avoir participé hier aux manifestations organisées par les syndicats de classe à Athènes, Salonique et dans d'autres villes Grecques contre la nouvelle rapine fiscale qui conduit le peuple à la faillite. Les travailleurs, les chômeurs, les indépendants, les étudiants, les retraités rassemblés par leurs syndicats, leurs comités populaires dans les quartiers et les organisations de masse ont mis en avant le refus organisé de payer les impôts par tête en brûlant les injonctions de paiement et exigé que ce soient ceux qui ont engendré la crise qui soient mis en faillite, à savoir la ploutocratie et ses représentants.

 

 

Il convient de noter que mardi après-midi la nouvelle loi sur la taxe foncière a été adoptée au parlement tandis que le gouvernement porte un nouveau projet de loi sur la fiscalité dans les intérêts de la ploutocratie. En fait, cette taxe sera intégrée à la facture d'électricité, avec la menace de coupures d'électricité pour ceux qui ne paient pas. En outre, les nouvelles mesures prédatrices comprennent un abaissement du seuil d'imposition à 5 000 euros – ce qui signifie que le seuil d'imposition est ramené à 357 euros par mois – la suppression des allègements fiscaux (ex : les frais de location), des hausses de la TVA, etc.

 

 

Le Bureau de presse du Comité central du KKE note dans son communiqué : « La faillite incontrôlée des familles populaires est une réalité »et ajoute « Le saccage fiscal orchestré par le gouvernement est une nouvelle preuve que l'offensive anti-populaire n'est pas temporaire et s'intensifiera sans cesse. Les pauvres retraités qui n'ont que 400 euros par mois sont contraints à payer des taxes, des gens qui tentent de survivre avec des revenus inférieurs au seuil de pauvreté. Les travailleurs ne doivent posséder que le minimum, juste ce qu'il faut pour qu'ils puissent retourner au travail le lendemain. Tout le reste doit être rendu aux industriels, aux banquiers, aux armateurs...

 

Dans le même temps, le gouvernement, après les réductions scandaleuses des taux d'imposition sur les profits du grand capital, envisage de nouvelles exonérations fiscales. Il a déjà annoncé la création de zones spéciales – des paradis fiscaux pour le grand capital, où l'imposition des profits serait diminuée et où il n'y aurait aucune convention collective. Cette ligne politique est la seule voie pour les monopoles. La seule voie pour le peuple est que la crise soit payée par le grand capital, qui contribue aujourd'hui à hauteur de moins de 2,8 milliards d'euros d'impôts par an, alors que le revenu fiscal global est de plus de 50 milliards d'euros. Les armateurs, banquiers et industriels doivent être imposés directement à une tout autre échelle.

 

29 sept - elecLe seul et unique devoir du peuple est celui de relever la tête, de lutter pour ses droits. Chaque personne consciente au sein des couches populaires a comme responsabilité de refuser de payer ces injustes impôts par tête, de faire obstacle à la mise en œuvre de ces mesures barbares. De participer à la lutte organisée des ouvriers et des couches populaires sur les lieux de travail et dans les quartiers populaires afin qu'une forte alliance populaire se forme à partir des ouvriers et travailleurs, des travailleurs indépendants des villes et des champs, des jeunes, des femmes, pour le renversement du pouvoir des monopoles, pour la sortie de l'Union européenne devant aller de pair avec le pouvoir populaire. »

 

 

L'activité visant à la mise en échec de cette ligne politique barbare continue avec la préparation de la grève dans le secteur public ainsi que dans les anciennes entreprises publiques le 5 octobre et la grève nationale, le 19 octobre.

 

 

                                                                        kke en grec

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29 septembre 2011 4 29 /09 /septembre /2011 15:49

                                                                 MARE NOSTRUM-copie-1

 

 

 

Libye : “Mission Accomplie !” & Caricatures…
Georges STANECHY


Mission Accomplie !

Dans ce cri, célébrant la destruction, la pulvérisation de l’Irak, l’instauration de la démocratie et des libertés dans un pays en cendres, Bush exultait. Enivré d’autosatisfaction, sur un porte-avions dans la baie de San Diego face à la plus grande base aéronavale des USA, en Californie du sud.

En Libye, le tyran a été renversé. Son bras droit, intronisé chef du gouvernement provisoire au milieu des ruines du pays. Avec abnégation, pétri d’émotion, il est venu quémander cette semaine, à la tribune de l’ONU, une “aide alimentaire et matérielle” internationale pour son pays. La Libye en voie de “Somalisation”… Hourrah ! Alléluia ! Youppie ! On a gagné !

Cameron et Sarkozy, maîtres d’œuvre de l’opération militaire par délégation de l’Empire, n’ont pas dérogé au rituel colonial. Mais, plus téméraires, ils sont allés célébrer leur victoire en Libye. Sur le terrain de leurs exploits narcissiques, encadrés de leurs gorilles, de leurs propagandistes et de leur claque applaudissante, figurants aux poches bourrées de dollars.

Par prudence, il est vrai, en des endroits bien balisés et sécurisés. Bien sûr, ne sont jamais montrés à ceux qui appuient sur le bouton de la mort et des massacres, en signent les ordres d’exécution, les effroyables effets. Que des médias pourraient, accidentellement, montrer au JT. “Aseptiser le contexte”, disent les communicants galonnés… Dans nos médias “dominants”, tambours, trompettes, cymbales de la désinformation et de la propagande, reprenant en fanfare la glorification des promoteurs des bombardements humanitaires et libérateurs.

Toutefois, au cœur de ces mêmes médias quelques irréductibles, déterminés, tenaces, tels des Astérix de l’info, ont pourfendu la stupidité, le mensonge, le cynisme des castes au pouvoir : les caricaturistes. En France, où ces talents existent (1), peu de dessinateurs ont accès à une grande visibilité lorsqu’ils prétendent contester l’ordre établi, le politiquement correct : « Nous sommes magnifiques, les autres sont des barbares. Ils n’ont que ce qu’ils méritent »

Bâillonnés (2) ou censurés (3)…

Réduits, que nous sommes, à visiter des médias étrangers pour voir illustrer en ridicule cette prétention civilisatrice aussi hypocrite que violente.

The Guardian, par exemple, qui laisse les dessinateurs s’exprimer (en couleurs, en plus !) dans une totale liberté de ton. S’opposant à la ligne éditoriale de leur propre journal qui, depuis la guerre d’Irak, s’est complètement alignée sur l’idéologie fanatique de l’extrême-droite US, pudiquement appelée « néoconservateurs ». Bel exemple de diversité d’opinions au sein d’un même média.

Parmi ces talents, Steve Bell et Martin Rowson, ne cessant de dénoncer l’irresponsabilité et la voyoucratie de la nomenklatura britannique. Tout particulièrement le monde de la Finance ou de la City : les fameux Fat Cats, les “chats grassouillets”, s’empiffrant dans la spéculation et les privilèges fiscaux !

Petit échantillon de ce festival de courage et d’humour. Courage, sous le déluge de la propagande, pour démonter, dénoncer, fustiger, mégalomanie et infantilisme des dirigeants de nos pays. Humour, noir aussi, dans le regard stoïque face à leur stupide folie sanguinaire anesthésiée de Bonne Conscience…

Un dessin de Steve Bell sur la “libération bombardée” de la Libye. Sarkozy s’étant arrogé la fonction de « boss » de l’expédition coloniale, il l’a caricaturé en Napoléon. Reprenant le surnom de Sarkozy, ou l’image, souvent utilisés à l’étranger pour le représenter. Son alter ego dans cette opération, le premier ministre britannique Cameron, en Napoléon aussi, par clonage !

Arborant l’un et l’autre le nouveau drapeau de la “Libye démocratique”, qui était antérieurement celui de la monarchie libyenne. Cameron jetant derrière les conquérants, d’un furtif coup de talonnette, le drapeau de la Libye de Kadhafi. Jetons vite dans l’oubli les plantureux contrats et accords signés avec lui !

Martin Rowson a choisi de présenter les conquérants dans la lignée des légendes de Lawrence d’Arabie flanqué de ses compagnons d’aventures, sur des dromadaires. Libérant, soi-disant à l’époque, les pays arabes de l’oppression de l’Empire Ottoman…

Sarkozy y est coiffé du shako avec son protège-nuque des armées d’Afrique et de la Légion, son coursier harnaché du drapeau français. A l’extrême gauche du dessin, esquissée, la chevelure blonde représentant Hillary Clinton, aussi férocement belliciste que celles qui l’ont précédée dans les mêmes fonctions de ministre des affaires étrangères US : Condolezza Rice ou la sinistre Madeleine Albright.

Avec chacun, en tandem sur son dromadaire, son “révolutionnaire libyen” brandissant le “nouveau” drapeau de la Libye démocratique, qui n’est, comme on l’a vu dans la précédente illustration, que “l’ancien” de la monarchie corrompue renversée par Kadhafi. Etendard, symbole, aveu : surtout ne rien changer, pas d’innovation, faire du neuf avec de l’ancien… Excellente illustration du rôle des services spéciaux occidentaux, sponsorisant chacun un clan ou un gang, servant de couverture aux prédations locales de leurs maîtres.

Notons le militaire britannique, en bas à droite du dessin, sous son casque colonial en uniforme rouge des années de gloire de l’empire Victorien, sollicitant les militants de demander à Cameron de s’occuper de son armée le week-end. Du fait des économies budgétaires, des licenciements d’hommes de troupe sont, en effet, programmés par le gouvernement britannique. Expliquant son geste distributeur des formulaires P45, qui sont ceux des demandeurs d’emploi…

Les smicards de la guerre deviennent de moins en moins nécessaires. La guerre de conquête est fondée, à présent, sur la haute technologie. Electronique, informatique et télécoms, drones et missiles de croisière, forces spéciales et mercenaires spécialisés, propagande et désinformation : finis gros bataillons et godillots !

Un autre caricaturiste britannique s’est mobilisé contre l’intervention des pays occidentaux. Exceptionnel militant de la paix et de la justice : Leon Kuhn. Ses dessins présentent la particularité de mêler photos et dessins

Dans un impressionnant montage, il évoque les massacres d’innocents, victimes des bombardements aveugles de l’OTAN. Tout le monde se voilant la face. Mettant en scène l’hypocrisie des politiciens représentés par Cameron, (Whitehall désigne le Parlement et Downing Street, bureaux et résidence du premier ministre), dissimulant, sous des discours de prouesses militaires et d’aide humanitaire, la sauvagerie des massacres et destructions.

Rappelons que Cameron se veut un des plus fervents donneurs de leçons de droits de l’homme et de civilisation au reste du monde. Son dernier discours à l’ONU est une éclatante démonstration du cynisme sanguinaire de l’oligarchie occidentale (4).

Le drapeau britannique, totem de gloire et de panache, est ainsi utilisé pour cacher des cadavres d’hommes, de femmes et d’enfants. Recouvrir, étouffer, dissimuler, occulter… D’où le titre du dessin : The Cover Up.

Leon Kuhn décrit, dans un autre dessin, le nouveau gouvernement Libyen : Front Bench. Référence aux premiers rangs du Parlement britannique, de part et d’autre du pupitre du président de séance, occupés par les responsables gouvernementaux et, face à eux, les responsables de l’opposition (Shadow Cabinet).

En Libye, ceux qui vont diriger le pays : les soldats de l’OTAN avec leurs armes et uniformes. Exécuteurs des lobbies de l’armement, du pétrole et des BTP. Sur l’épaule droite des trois soldats au premier plan, les drapeaux de leur armée respective, de gauche à droite : France, USA et GB. L’un d’eux tient entre ses mains un dossier intitulé : « contrats pétroliers »…

Pour terminer, une illustration de ce que tout le monde a compris, l’Occident colonial veut s’en mettre plein les poches, du moins sa ploutocratie, quitte à plonger le pays dans la misère, la guerre civile. Le pomper jusqu’à extinction de ses ressources. Jeter l’écorce, après en avoir extrait tout le jus...

Victor Kremlev, de l’excellent média Russia Today (RT), a parfaitement résumé le véritable enjeu, la programmation du pillage, dans un dessin évoquant les partages coloniaux des siècles antérieurs. 

Sur fond de puits de pétrole, grande bagarre entre compagnies pétrolières occidentales pour se partager le gâteau. Un “révolutionnaire libyen” stupéfait de voir les occidentaux rivaliser pour se partager les dépouilles du pays, sans un regard pour lui. Sans aucune considération pour le projet actuel de son peuple, son avenir. Essayant de rappeler à la réalité les prédateurs, du moins la sienne :

« Hé les gars, vous n’auriez pas vu Kadhafi, par hasard ? »

Dessins, caricatures, fulgurantes analyses en fait, décrivant l’immuable ordre du monde. Avec sa nouvelle sémantique, sa nouvelle rhétorique, que La Mère Pipe dans la pièce Tueur sans gages (5) d’Eugène Ionesco, avait clairement formulées dès 1958 (6) :

« Nous n’allons plus persécuter, mais nous punirons et ferons justice. Nous ne coloniserons pas les peuples, nous les occuperons pour les libérer. Nous n’exploiterons pas les hommes, nous les ferons produire.

La guerre s’appellera la paix…

La tyrannie restaurée s’appellera discipline et liberté. Le malheur de tous les hommes c’est le bonheur de l’humanité ! ».

(1) Exemple Emmanuel Chaunu (http://chaunu.fr/). Voir aussi le site collectif d’un groupement de professionnels du dessin de presse : http://www.caricartists.com/public/pages/caricaturistes_accueil.php

(2) En France, dans un grand quotidien matinal, propriété d’un richissime industriel, un caricaturiste est payé (le propriétaire actuel l’ayant “trouvé” dans les “actifs” du quotidien, au sens comptable et financier, lors de son rachat) avec interdiction de publier le moindre dessin. Motif invoqué : le propriétaire n’aime pas les caricatures…

(3) Pendant l’invasion et la destruction de l’Irak, même un journal satirique bien connu “s’autocensurait” en s’interdisant la publication de toute caricature mettant en cause comportements et carnages démesurés des forces de la coalition, notamment US…

(4) Cf. le discours du prince héritier d’Espagne lors du VII° Congrès International des Victimes du Terrorisme, tenu à Paris (15 – 17 septembre 2011) :

« Rien ne justifie la barbarie ».

Rien que l’édification et le maintien de l’Empire espagnol, du XV° au XX° siècle, a provoqué la mort de dizaines de millions de personnes. Une des plus violentes, cruelles, inhumaines, colonisations de l’Histoire de l’Humanité. Au minimum, rien qu’en Amérique latine plus de 200 millions de victimes, non compris les victimes du trafic d’esclaves à partir de l’Afrique… Quant à la ’barbarie occidentale’ actuelle... « La Bonne Conscience »…

(5) 1re version, Théâtre II, Gallimard, Coll. « Blanche », 1958, pp. 59–171.

(6) Eugène Ionesco, Tueurs sans gages, Editions Gallimard, Folio Théâtre, 1958/2003, Acte III, pp. 131-132.

URL de cet article 14710
http://www.legrandsoir.info/libye-mission-accomplie-caricatures.html
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29 septembre 2011 4 29 /09 /septembre /2011 15:37

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Communiqué de Husein Nemer, premier sécrétaire du Parti communiste syrien (unifié)


Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Nous tenons à vous présenter une brève analyse des événements successifs qui se sont déroulés dans notre pays, la Syrie, afin de mettre en lumière certains faits, d'une part, et tordre le cou à certains mensonges montés de toute pièce et médiatisés par la propagande impérialiste visant la Syrie.



Depuis que les événements ont commencé en mars dernier, des dizaines de chaînes de télévision en Amérique, en Grande-Bretagne et en France, certaines chaînes dans le monde arabe, et des centaines de sites internet ont travaillé d'arrache-pied pour falsifier la réalité sur ces événements, en tout cas pour l'opinion publique mondiale, avec des programmes spécifiques diffusés en ce sens, jour et nuit.



Le président Américain fait des déclarations quotidiennes comprenant des menaces directes visant la Syrie, ainsi qu'une ingérence flagrante dans les affaires internes du peuple Syrien. Plusieurs hauts dignitaires de l'Union européenne suivent les pas du président Américain.



Ces menaces et ces ingérences ont atteint un sommet lorsque le président Américain a affirmé l'illégitimité du régime Syrien. Des sanctions sévères et injustes ont été imposées au peuple Syrien et à son économie. Plus dangereux encore, des plans sont discutés et impulsés par l'OTAN afin de lancer des vagues de frappes aériennes pendant plusieurs semaines contre 30 sites stratégiques en Syrie, ressemblant exactement à ce qui s'est passé en Yougoslavie.



Certains hauts dignitaires Européens ne vont pas hésiter à appeler à traiter la situation en Syrie avec des méthodes qui en ferait une pâle copie de la crise Libyenne. Des dizaines de milliers de civiles ont été massacrés, des dizaines d'usines et de sites économiques ont été détruits par des frappes aériennes, et pendant ce temps, la Libye est divisée.



Des Etats-membres de l'alliance impérialiste internationale essaient, par tous les moyens possibles, de faire adopter une résolution du Conseil de sécurité condamnant la Syrie, qui serait suivie par des résolutions successives contre la Syrie et la soumettre au chapitre 7 de la Charte de l'ONU, afin qu'une campagne agressive puisse être légitimée. Grâce à l'opposition de la Russie et de la Chine, accompagnées de l'Afrique du sud, l'Inde, le Brésil et le Liban, les tentatives impérialistes au Conseil de sécurité de l'ONU sont tout simplement, jusqu'à présent, un échec.



Toutes ces manœuvres sont justifiées de deux façons :



  1. Des manifestants sont tués en Syrie, on a recours à des méthodes sécuritaires dans le traitement des manifestations ;



  1. La manipulation des insuffisances du régime en Syrie, tels que le manque de démocratie et le monopole du pouvoir exercé par le parti au pouvoir, afin de faire pression sur le régime pour qu'il adopte des changements internes, bien que tout changement interne doive être considéré comme une partie intégrante de la souveraineté nationale de n'importe quel pays ;



En fait, plusieurs manifestations ont eu lieu dès le mois de mars, appelant à des réformes sociales, économiques et démocratiques. La majorité de ces revendications ont été soutenues par notre parti comme une façon de s'opposer aux effets néfastes de la mise en œuvre de mesures économiques libérales, issues des accords passés avec le FMI, et de la transformation de la Syrie en une économie de marché. Les effets ont été très mauvais sur le niveau de vie des pauvres et des couches moyennes.



La direction politique du pays a été constamment mise en garde, par la presse du parti, des rencontres officielles ou des mémorandum officiels, le dernier il y a cinq semaines de cela. Les manifestations étaient pacifiques.



Elles ont été bien vite manipulées par des religieux fondamentalistes et des groupes radicaux à l'idéologie obscurantiste.



De pacifiques, les manifestations sont devenues armées, visant à atteindre des objectifs qui n'ont rien à voir avec des réformes politiques et sociales. Les forces de sécurité ont commis plusieurs erreurs injustifiables dans le traitement de ces manifestations. Des dizaines de civils et de soldats ont été tués. Des gangs armés se sont constitués, attaquant des propriétés publiques et privées, et mettant en place des barricades dans certaines villes où ils ont pris le dessus. Dans les tout derniers mois, ces bandes armées se sont chargées de mettre sur pied des sites armés dans les régions frontalières entre la Syrie, d'une part, et la Turquie, la Liban, la Jordanie et l'Irak pour s'assurer une continuité dans le ravitaillement en armes et en équipements divers.



Quoi qu'il en soit, les bandes armées n'ont pas réussi à établir une base frontalière stable. Cela a coûté à la vie à des centaines de civils et de soldats, plus de 2 000 victimes. Dans le même temps, certains événements ont été exagérés. Des faits ont été falsifiés. Les équipements dernier cri électroniques et médiatiques ont été utilisés afin de faire passer l'armée Syrienne comme étant complètement responsable de ces actes, et de déresponsabiliser totalement les bandes armées.



Pressé par les événements, le gouvernement a adopté plusieurs réformes sociales et démocratiques comprenant : l'annulation des lois d'urgence, des tribunaux exceptionnels, et le caractère légal accordé aux manifestations pacifiques. Récemment, une nouvelle loi électorale et une loi permettant la création de partis politiques ont été adoptées. Est en cours de préparation une nouvelle constitution ou une constitution modifiée.



De nouvelles lois couvrant les domaines des médias et de l'administration locale ont également été adoptées.



Les objectifs de ces lois et mesures sont : casser le monopole du pouvoir exercé par le parti Baath, pour établir une société pluraliste et démocratique, pour garantir les libertés publiques et privées, pour aider au développement de la liberté d'expression et à la reconnaissance du droit de l'opposition à une activité politique pacifique.



En dépit de nos réserves quant à certains articles, ces lois sont très importantes. Pendant plus de quarante années, notre parti a lutté pour que de telles lois soient adoptées. Si ces lois étaient mises en œuvre, elle pourraient être un pas important en avant, dans la transition de la Syrie vers une société démocratique et pluraliste.



De vastes secteurs de l'opposition nationale pacifique ont accueilli positivement ces mesures, tandis que l'opposition fondamentaliste et armée s'en tient toujours au slogan du renversement du régime, attisant les tentions communautaires.



Tenter de dépeindre le problème comme s'il s'agissait d'une lutte communautaire ou religieuse serait une falsification flagrante des faits.



Nous pouvons résumer la situation de la façon suivante :



  • Les tentions armées dans les villes Syriennes ont diminué. Les bandes armées ont subi de lourdes pertes. Cependant, certaines d'entre elles sont capables de reprendre leurs activités ;



  • Les manifestations pacifiques n'ont pas disparu et ne sont pas confrontées à la violence de l’État, à moins qu'elles se soient accompagnées d'agissements violents.



  • L’État a invité l'opposition nationale à participer à un dialogue politique général visant à contribuer à la réalisation de la transition à la démocratie et au pluralisme de façon pacifique. Ce dialogue doit affronter de nombreuses difficultés, la plus importante d'entre elles est la pression de groupes armés qui s'opposent au dialogue pacifique et à une solution pacifique, et dépendant du soutien de l'étranger.



  • Les menaces impérialistes et colonialistes contre la Syrie se sont intensifiées. Bien que ces menaces posent de nombreuses difficultés, nous devons être prêts à les affronter.



Pour ce qui est de la situation dans notre pays, il apparaît que :



  • Les mouvements de protestation existent toujours à différents niveaux. Ils diffèrent d'un gouvernorat à l'autre. On peut remarquer que la plupart des mouvements partent des mosquées, des zones rurales et des taudis, pour se diriger vers les centres-villes ;



  • Les mouvements parmi les minorités ethniques ou religieux sont rares. Dans les usines, les universités et les syndicats, il n'y a pas de mouvement ;



  • Dans les cercles de la grande bourgeoisie, qu'elle soit industrielle ou économique, en particulier dans les grandes villes comme Aleppo, Lattakia et Damas, il n'y a pas de mouvement ;



  • Il n'y a aucun mouvement parmi les clans et les tribus ;



  • L'opposition se compose d'un large spectre de partis très divers. Certains sont patriotiques, s'opposant à l'ingérence étrangère et aux bandes armées. De plus, il faut compter avec les Frères musulmans qui peuvent être considérés comme le parti le plus actif et le mieux organisé dans le pays et à l'étranger.



Il y a également plusieurs groupes traditionalistes avec différentes orientations, dont l'influence devient clairement visible dans des rassemblements et manifestations dans différentes régions. Ces groupes ne cachent pas leurs objectifs qui sont typiquement réactionnaires et sectaires.



Sur place, les groupes les plus actifs et importants depuis le début des manifestations sont les coordinations locales qui comprennent des groupes de jeunes n'ayant pas d'orientations ou de plans idéologiques communs clairs si ce n'est le slogan : « A bas le régime ! ». Ils sont vulnérables aux pressions externes et internes.



  • L'opposition en exil composée essentiellement d'intellectuels, de traditionalistes, de personnes qui ont abandonné le régime et ont certains contacts à l'intérieur (Khadam et Refaat Al Assad).



Durant la dernière période, ces forces ont organisé plusieurs conférences à l'étranger (exceptée une rencontre organisée à l'hôtel Samir Amis à Damas par l'opposition interne), dans l'objectif de mobiliser des forces et de coordonner leurs positions Des différences idéologiques, politiques ainsi que d'intérêts l'ont emporté. Certaines forces d'opposition à l'étranger ont travaillé dur pour obtenir le soutien des forces étrangères colonialistes.



  • Jusqu'à présent, les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne mènent la campagne internationale de menaces et de provocation contre le régime en Syrie visant à imposer de plus en plus de sanctions contre la Syrie, en particulier des sanctions du Conseil de sécurité de l'ONU et d'autres organisations internationales, la Russie et la Chine continue de s'opposer à de telles sanctions et mesures. La Turquie a choisi une position opportuniste qui fluctue en fonction de ses intérêts régionaux et politiques. Grosso modo, il y a une unanimité internationale dans l'opposition aux mesures militaires directes contre la Syrie, comme cela s'est produit en Libye, étant donné que la Ligue arabe et le Conseil de sécurité de l'ONU n'adoptent pas de résolutions ouvrant la voie à cette perspective. Le conflit sur cette question est féroce.



  • Excepté le Qatar qui joue un rôle vital et important dans la conjuration contre la Syrie, il existe différentes opinions et position dans le monde Arabe concernant la situation en Syrie ;



  • Jour après jour, la situation économique se détériore, la pression sur les conditions de vie des masses s'intensifie ;



  • Le régime est cohérent et offre de grandes potentialités. Cinq mois après le début des événements, aucune des institutions de base (le parti, l'armée, la sécurité, les institutions d’État, les ambassades, les organisations populaires, les syndicats, le Front national progressiste...) n'a connu de divisions ;



Assurément, le tableau n'est pas statique, et doit être perçu dans ses aspects dynamiques, son évolution et son développement jour après jour.



Parmi les scénarios possibles :



  • La crise pourrait continuer encore pendant une longue période, menant à d'autres catastrophes, bains de sang et souffrances ;



  • Un effondrement menant à l'anarchie générale, une guerre civile ou quelque chose de ce genre, ouvrant la voie à une intervention extérieure ;



  • Une division claire dans l'opposition peut se produire, faisant en sorte qu'une partie d'entre elle s'ouvre à un dialogue sérieux avec le régime pour parvenir à un nouveau contrat social dans le pays ;



  • Un terme aux divergences d'approches et à l' « immobilisme » en ce qui concerne les forces du régime ;



Il y a deux issues possibles : soit l'avancée vers une solution politique à la crise rendant possible une fin rapide et définitive, soit la poursuite du recours au traitement sécuritaire de la crise quelqu'en soit le prix.



Il est difficile de prédire la manière dont une solution décisive sera atteinte.



Certains événements inattendus peuvent se produire, poussant tous les partis à trouver un accord, ou à accepter un accord imposé par des puissances étrangères pour aider le pays à trouver une issue au tunnel dans lequel il s'est engouffré.



Où en est le parti désormais ?



Pour commencer, nous aimerions attirer votre attention sur le fait que notre parti a envoyé un mémorandum au commandement régional à la veille de la 10ème conférence nationale du parti Baath en 2005. Le parti a demandé à ce que l’État soit séparé du parti, que la démocratie et les libertés soient garanties, que les lois d'urgence soit levées, qu'une loi démocratique pour les partis soit adoptée, que les prisonniers d'opinion et politiques soient libérés, que l'on mette un terme à la domination du parti Baath sur les syndicats, que la corruption soit combattue, etc.



En outre, nous tenons à ajouter que le parti a affirmé, dans tous les documents adoptés dans la dernière période, qu'il soutenait la position nationale de la Syrie.



Pour réaliser cet objectif, les besoins sociaux, économiques et démocratiques des masses populaires doivent être satisfaits. Nous avons discuté en détail de ces revendications dans nos conférences et documents.



Dans son analyse de la crise profonde actuelle de notre pays, notre parti avait indiqué clairement que la principale contradiction se trouve entre la formule politique selon laquelle le pays est gouverné depuis des décennies et les revendications de démocratie, de développement social, économique et culturel dont a besoin la société Syrienne.



Le fond de notre position, c'est que cette formule politique repose sur le monopole de l'autorité par le parti Baath, la tutelle sur le mouvement populaire et ses organisations. Cette formule a mené à la décadence et à la bureaucratie, et à la corruption de l'appareil d’État. Par conséquent, les plans de réforme économique et sociale doivent être pris en considération, mis au niveau des exigences de progrès.



En bref, notre parti estime que le fond de la crise actuelle réside dans le décalage entre la structure du régime et les tâches que doit affronter la Syrie. Dans le même temps, le parti insiste sur le fait que l'ennemi et les forces impérialistes font de leur mieux pour utiliser ce décalage interne pour rendre possible la conjuration contre la Syrie, et l'utiliser comme un cheval de Troie pour servir son objectif bien connu, comme nous l'avons mentionné ci-dessus.



En conséquence, le Parti communiste syrien (unifié) n'est pas neutre pour ce qui est de l'alternative nécessaire, d'une part, et des moyens nécessaires pour atteindre cet objectif, d'autre part.



Une solution politique passant par la poursuite de réformes véritables et radicales est la seule issue à la crise. Les mesures sécuritaires ne font que développer les facteurs de la crise, et l'approfondir toujours plus tout en vidant de son sens le contenu des réformes.



Nous affirmons que la situation actuelle rend nécessaire un dialogue constructif et loyal entre toutes les forces patriotiques et honnêtes, indépendamment des différences d'opinions et d'idées dans l'objectif de parvenir à un accord ou à un plan de réformes radicales répondant aux besoins des masses populaires et des garanties sur la création d'un État civil laïc et démocratique s'opposant aux plans impérialistes et Israéliens dans la région.



Si le dialogue nécessite l'existence d'un climat propice, le dialogue même pourrait contribuer à créer un tel climat, car les autres options ne conduiraient qu'à de nouveaux bains de sang, de nouveaux désastres pour le pays et pour le peuple.



Chers camarades,



Étant donné la faiblesse des médias Syriens face aux gros médias de l'impérialisme, à la mobilisation des forces du monde entier contre la Syrie, et à l'alliance anti-Syrienne composée des puissances impérialistes ainsi que de leurs marionnettes dans la région, y compris la Turquie, qui a adopté une politique pragmatique pour se partager l'hégémonie dans la région avec les pays européens, pour toutes ces raisons, notre parti espère que tous les partis communistes, ouvriers et démocratiques dans le monde contribueront à diffuser ces précisions dans l'opinion publique de leurs pays respectifs.



Ainsi, nous appelons ces partis à soutenir la Syrie car elle est le plus important des pays Arabes à résister aux plans impérialistes de domination du Moyen-Orient, et à s'opposer fermement au plan Américano-Israélien visant à diviser la région en diverses entités communautaires dont le contrôle serait rendu plus facile. La Syrie soutient également la résistance nationale en Palestine, au Liban et en Irak. De plus, elle soutient le droit du peuple Palestinien à libérer ses territoires et à fonder un État national avec Jérusalem comme capitale.

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29 septembre 2011 4 29 /09 /septembre /2011 15:34

 

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Le Parti Communiste libanais : "Proclamer l’Etat palestinien et œuvrer par tous les moyens à sa libération"

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Le Bureau politique du Parti Communiste libanais trouve dans le conflit concernant la proclamation de l’Etat palestinien, tant à l’ONU qu’au Conseil de sécurité, une partie intégrante du combat mené par le peuple palestinien et tous les peuples arabes contre les projets d’agression, de partition et de mainmise perpétrées par l’impérialisme étasunien avec l’aide de l’Union européenne et du movement sioniste mondial.
L’impérialisme étasunien, appui inconditionnel d’Israël, a tenté de liquider par tous les moyens le problème palestinien, tantôt à travers les Accords d’Oslo, tantôt en camouflant les crimes commis par Israël en Cisjordanie et dans la bande de Gaza ou, encore, à travers les facilités accordées au projet du gouvernement de Netanyahu, ou d’Olmert avant lui, visant à élargir la colonisation et à construire le mur de séparation, ce qui permettraitt de chasser tous les Palestiniens hors de leur pays et de Réaliser le rêve sionniste dans la proclamation d’Israël “Etat des Juifs du monde”.
Pour contrecarrer ce projet Impérialiste, le Bureau politique du PCL voit que le peuple palestinien doit insister sur son droit au retour et à proclamer son Etat national sur la terre de ses ancêtres, ayant Al Quds pour capitale, mais aussi sur son droit de libérer le territoire national de l’occupation israélienne, et ce, par tous les moyens de lutte dont, en premier lieu, la lutte armée.


Beyrouth, le 26 septembre 2011


Le Bureau politique
du Parti Communiste libanais

***

الحزب الشيوعي اللبناني : إعلان دولة فلسطين والعمل على تحريرها بكافة الوسائل

يرى المكتب السياسي للحزب الشيوعي اللبناني في الصراع الدائر داخل الأمم المتحدة ومجلس الأمن الدولي حول إعلان دولة فلسطين جزءاً من المواجهة العامة التي يخوضها الشعب الفلسطيني وكل الشعوب العربية ضد مشاريع العدوان والتقسيم والهيمنة التي وضعتها الإمبريالية الأميركية والتي تتعاون اليوم لتنفيذها مع الإتحاد الأوروبي والحركة الصهيونية العالمية.

لقد سعت الإمبريالية الأميركية، الداعمة الأساسية للصهيونية، الى تصفية القضية الفلسطينية بكل الوسائل وعبر كل الأشكال، بدءاً من اتفاق أوسلو مروراً بالتغطية عن الجرائم التي ارتكبها العدو الإسرائيلي في الضفة الغربية وغزة ووصولاً الى تقديم كل التسهيلات لحكومة نتنياهو، وقبلها حكومة أولمرت، من أجل تشريد شعب فلسطين وتوسيع رقعة الإستيطان وبناء جدار الفصل العنصري ... كل ذلك من أجل قيام ما يسمى إسرائيل الجديدة "دولة اليهود في العالم".

لذا، يرى المكتب السيسي للحزب الشيوعي اللبناني أن لا مناص من إصرار شعب فلسطين على حقه في العودة الى إرض وطنه وعلى إعلان دولته الوطنية على أرض أجداده، وعاصمتها القدس، والعمل على تحرير هذه الدولة من رجس الإحتلال، من خلال كافة أشكال النضال وفي مقدمتها المقاومة المسلحة.

بيروت في 26 أيلول 2011 المكتب السياسي
للحزب الشيوعي اللبناني

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29 septembre 2011 4 29 /09 /septembre /2011 15:24

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Nadia el-Fani : "La bataille de la laïcité mérite d'être menée" Jeuneafrique.com

026092011161034000000nadia.gif Avec son documentaire Laïcité, Inch’Allah !, la réalisatrice ouvre un difficile débat de société et suscite des réactions controversées dans la Tunisie de l’après-Ben Ali.


Il n’est pas banal qu’un film fasse autant parler de lui sans que personne, ou presque, ne l’ait vu. Laïcité, Inch’Allah !, le documentaire de Nadia el-Fani qui sort cette semaine en France, n’a en effet été projeté que quelques fois, au cours de rares séances spéciales, en Tunisie et au dernier Festival de Cannes. Cela a néanmoins suffi pour provoquer des polémiques et déchaîner de violentes réactions. Devenue la cible d’islamistes radicaux, la cinéaste a même reçu des menaces de mort. Certains ne supportent pas qu’elle se revendique comme athée et s’attaque à la question de la laïcité en terre d’islam.

Nadia el-Fani, née en 1960, vivant depuis une dizaine d’années plus souvent à Paris qu’à Tunis, où l’atmosphère lui était devenue irrespirable sous Ben Ali, est l’auteure de plusieurs films sur l’évolution de la société maghrébine. Elle a notamment réalisé Ouled Lénine (2008), un documentaire sur l’histoire du Parti communiste tunisien, dont son père fut l’un des dirigeants, et Bedwin Hacker (2002), une fiction visionnaire qui supposait que la révolution pourrait se répandre dans les pays arabes par le biais d’internet. Habituée des sujets sulfureux, elle ne fuit jamais le débat.

Jeune Afrique : Votre film s’appelait « Ni Allah ni maître », c’est devenu Laïcité, Inch’Allah ! Avez-vous eu peur d’être traitée de provocatrice ?

Nadia El-Fani : Quand on connaît mon parcours, je ne pense pas qu’on puisse affirmer que je redoute d’être provocatrice. Un créateur doit pouvoir être provocateur. J’ai défendu ce droit en osant dire en terre d’Islam que j’étais athée. En revanche, je ne voulais pas qu’un malentendu persiste à cause du titre. Qu’une partie du public refuse d’aller voir le film parce que des gens se sentiraient offensés. Je ne veux pas qu’on imagine que je me moque des croyants ou que je les méprise. Ce n’est pas le cas, et ce n’est pas du tout le propos du film.

Mais il y a toujours « Allah » dans le titre…

C’est vrai qu’il s’agit un peu d’une pirouette. Le nouveau titre a un côté rigolo qui devrait mieux passer. Même si les islamistes seront énervés par le film. Ils n’oseront d’ailleurs pas revendiquer comme une victoire ce changement de titre, car le problème pour eux, c’est le film lui-même, et il est resté identique. Ils continueront à soutenir que j’insulte l’islam, alors qu’il n’y a rien sur l’écran qui permette de l’affirmer.

Je ne veux pas qu'on imagine que je me moque des croyants ou que je les méprise.

Le premier titre était inspiré par une célèbre formule anarchiste. Pourquoi, s’agissant d’un film sur l’athéisme et la laïcité tourné par une réalisatrice proche des communistes ?

Je suis anarcho-communiste ! Je ne me suis jamais engagée ouvertement dans un parti. L’héritage communiste est là, bien sûr, que je sois à gauche est une évidence, mais je suis surtout libertaire. Je n’avais rien contre un clin d’œil aux anars. Cela dit, la formule originale est, il me semble, du socialiste Blanqui. Il ne faut rien conclure hâtivement du choix initial de ce titre ! Il s’agissait de signifier que, aujourd’hui, on peut entrer de plain-pied dans la modernité par la laïcité. En Tunisie, le problème essentiel, ce serait d’abord que le film sorte. Je l’ai proposé gratuitement à la télévision nationale. S’il était largement vu, le public pourrait se faire une opinion et se rendrait compte que ce que disent mes adversaires islamistes, qui ont porté plainte contre moi, n’est pas vrai. D’ailleurs, les deux seules fois où le film a été montré, il a seulement provoqué des débats. S’il n’y a pas d’autre moyen, il sera distribué en DVD. Je m’y emploie.

Pour quelle raison a-t-on porté plainte contre vous ?

Cela n’a pas de rapport avec le contenu du film, puisqu’ils ne l’ont pas vu. Des avocats islamistes ont dit qu’ils portaient plainte pour atteinte au sacré, aux préceptes religieux et aux bonnes mœurs. On était persuadé que ce serait classé sans suite, mais un procureur a enregistré les plaintes. Comme si la justice, après avoir été aux ordres de Ben Ali, était aujourd’hui aux ordres des islamistes. Un comité d’avocats s’est organisé pour me défendre et poursuivre en diffamation ces gens qui m’attaquent.

Et les menaces de mort proférées à votre encontre ?

Ça continue. J’ai eu des menaces au téléphone, à Paris. Je n’arrive toujours pas à faire fermer la page Facebook, réalisée en Tunisie, sur laquelle je suis insultée et menacée de mort. On me crache dessus, on me brûle, on me montre dans des positions dégradantes sur des montages photo… Des choses abominables !

Une première version du film était en montage au moment de la révolution. Pourquoi avoir ajouté de nouvelles images tournées sur le vif ?

Je ne me suis même pas posé la question. Le propos de mon film était initialement : pour obtenir la démocratie en Tunisie, il faut réclamer la laïcité. En montrant, à travers ce documentaire tourné pendant le ramadan, comment Ben Ali se servait de la religion pour mieux contrôler son peuple. Il s’agissait, par les associations d’images et par le ton ironique, de dénoncer le pouvoir et l’hypocrisie d’une société de plus en plus conformiste, manipulée par ce pouvoir. Mon propos devenait donc caduc et mon film n’avait plus de raison d’être tel quel après la chute de la dictature. Je me suis alors dit que j’allais incorporer l’actualité dans le film et ajouter un rappel de ce qui s’était passé sous Bourguiba, pour faire apparaître l’ampleur de la régression.

Tourner dans l’urgence, est-ce un atout ou une contrainte ?

Quand j’ai débarqué à Tunis après le départ de Ben Ali, j’ai filmé ce que je voyais, sans penser à ce que j’en ferais. J’étais avec le peuple, qui ne voulait pas que cela s’arrête alors que les bourgeois de La Marsa ou d’ailleurs voulaient déjà qu’on se remette au travail. J’étais d’accord avec tous ceux qui pensaient qu’il fallait continuer pour abattre la dictature. Tout à coup, mes amis, qui trouvaient souvent que je parlais trop de politique, ne parlaient plus eux-mêmes que de politique. Tout le monde devenait révolutionnaire, et cela ne pouvait que m’encourager à persévérer. C’est pourquoi je me suis filmée moi-même. Ce n’est pas un artifice, c’est la conséquence de ma position au sein du mouvement.

Cela fait penser à la façon de se mettre en scène d’un Michael Moore…

Bien sûr, et avec mon monteur, on a souvent pensé à Michael Moore. Avec un sujet pareil, cela me paraissait cohérent. Cela n’aurait pas été juste que je me planque derrière ma caméra alors que je demandais aux autres d’avoir le courage de prendre position. De toute façon, ce film, comme tous ceux que j’ai tournés, est un acte militant, même s’il est individuel et indépendant.

Le choix du sujet, alors même que Ben Ali était au pouvoir, supposait-il une certaine prescience de ce qui allait se passer ?

Disons simplement que j’étais un peu en avance en voulant tourner des films politiques en Tunisie, ce que personne ne faisait.

Si le tournage avait lieu aujourd’hui, le film serait-il le même ?

J’irais encore plus loin. Ce qui se passe en Tunisie est grave. Aucun parti politique, même si je suis sûre que toute la gauche est prolaïque, n’ose se positionner. Il faut que le débat ait lieu. Même si la situation actuelle, avec ce gouvernement de transition et les mêmes industriels qu’avant, ne me rend guère optimiste. Au fond, je pense que la classe moyenne tunisienne reconnaît que l’enjeu de la modernité – et donc la laïcité – est une question essentielle pour la survie économique du pays. Une destination touristique qui vote pour les islamistes vote sa propre mort. On essaie de faire croire aux Tunisiens que la modernité pourrait les priver de leur identité. En fait, quel que soit le régime politique choisi, l’identité, et notamment l’identité musulmane, n’est pas en danger.

Un simple film peut-il changer les mentalités ?

Pas le film en lui-même, mais les débats qu’il peut susciter, oui. Mon film a contribué à ce que la question de la laïcité devienne un débat de société. D’ailleurs, si on veut empêcher ce film d’être vu, c’est bien parce qu’il peut avoir un impact. Et la bataille à propos de la laïcité, quelles que soient nos chances de la gagner, mérite d’être menée.

Le prochain film, un retour à la fiction ?

Je préfère tourner des fictions. On met plus de choses en faisant appel à l’imagination. Mais on se sent beaucoup plus libre, on prend plus de plaisir en tournant des documentaires. C’est moins lourd, on peut réécrire le film pendant le montage, travailler jusqu’au bout sa mise en scène.

                                                              site: camarades
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29 septembre 2011 4 29 /09 /septembre /2011 15:19

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Mardi 27 septembre 2011 2 27 /09 /Sep /2011 19:37

Wadah KhanfarAl-Jazeera, la chaîne d’information qatariote qui s’est imposée en 15 ans dans le monde arabe comme une source originale d’information, s’est soudainement engagée dans une vaste opération d’intoxication visant à renverser les régimes libyen et syrien par tous les moyens. Ce revirement, démontre Thierry Meyssan, n’est pas le fruit de la conjoncture, mais a été préparé de longue date par des personnalités qui ont su cacher leurs intérêts personnels au grand public. Révélations…

 

La chaîne qatariote Al-Jazeera a annoncé la démission de son directeur général, Wadah Khanfar, et son remplacement par un membre de la famille royale, cheikh Hamad Ben Jassem Al-Thani, le 20 septembre 2011.

Cheikh Hamad est un cadre de Qatargas. Il a travaillé pendant un an à Paris-La Défense au siège de Total. Il présidait par le passé le Conseil d’administration d’Al-Jazeera.

Cette nouvelle est présentée dans la presse atlantiste de trois manières différentes : soit comme une démission forcée et une reprise en main de la chaîne par l’État, soit comme une vengeance de l’Autorité palestinienne après la diffusion des Palestinian Papers, soit enfin comme une conséquence des fuites de Wikileaks exposant certaines des connexions de M. Khanfar avec les États-Unis.

Si toutes ces interprétations peuvent contenir une part de vérité elles masquent la raison principale : le rôle du Qatar dans la guerre contre la Libye. Ici, un retour en arrière est nécessaire.

L’origine d’Al-Jazeera : une volonté de dialogue

Al-Jazeera a été conçu par deux personnalités franco-israéliennes, les frères David et Jean Frydman, après l’assassinat de Yitzhak Rabin, dont ils étaient proches. Selon David Frydman, l’objectif était de créer un média où des Israéliens et des Arabes pourraient débattre librement, échanger des arguments, et apprendre à se connaître, alors que ceci était interdit par la situation de guerre et bloquait toute perspective de paix.

Pour créer la chaîne, les frères Frydman bénéficièrent d’un concours de circonstances : la compagnie saoudienne Orbit avait conclu un accord avec la BBC pour créer un journal télévisé en arabe. Mais les exigences politiques de la monarchie absolue saoudienne se révélèrent vite incompatibles avec la liberté de travail des journalistes britanniques. L’accord fut résilié et la majorité des journalistes arabisants de la BBC se retrouvèrent au chômage. Ils furent donc récupérés pour fonder Al-Jazeera.

Les frères Frydman tenaient à ce que leur télévision soit perçue comme une chaîne arabe. Ils parvinrent à convaincre le nouvel émir de Qatar, Hamid bin Khalifa al-Thani, qui, avec l’aide de Londres et de Washington, venait de renverser son père —accusé de sentiments pro-Iraniens—. Cheikh Hamad bin-Khalifa comprit rapidement les avantages qu’il pouvait tirer à se trouver au centre des discussions israélo-arabes, qui duraient depuis un demi-siècle déjà et s’annonçaient encore longues. Au passage, il autorisa l’ouverture à Doha d’un bureau du ministère israélien du Commerce, à défaut de pouvoir ouvrir une ambassade. Surtout, il vit l’intérêt pour le Qatar de concurrencer les riches médias saoudiens pan-arabes et de disposer d’un média qui critique tout le monde, sauf lui.

Le montage financier initial prévoyait à la fois une mise de fonds des frères Frydman et un prêt de l’émir de 150 millions de dollars sur 5 ans. C’est le boycott des annonceurs organisé par l’Arabie saoudite et l’absence de revenus significatifs de la publicité qui a conduit à modifier le schéma initial. En définitive, l’émir est devenu le bailleur de fonds de la chaîne et donc son commanditaire.

Des journalistes exemplaires

Durant des années, l’audience d’Al-Jazeera a été tirée par son pluralisme interne. La chaîne s’enorgueillissait de laisser dire une chose et son contraire. Sa prétention n’était pas de dire la vérité, mais de la faire surgir du débat. Son émission phare, le talk show de l’iconoclaste Faisal al-Qassem, intitulé « L’Opinion contraire », se régalait à bousculer les préjugés. Chacun pouvait trouver des motifs de se réjouir de certains programmes et d’en déplorer d’autres. Peu importe, ce bouillonnement interne a eu raison du monolithisme de ses concurrents et a bouleversé le paysage audio-visuel arabe.

Le rôle héroïque des reporters d’Al-Jazeera en Afghanistan et durant la troisième guerre du Golfe, en 2003, et leur travail exemplaire contrastant avec la propagande des chaînes satellitaires pro-US, transforma l’image de la chaîne d’une station polémique en média de référence. Ses journalistes payèrent au prix fort leur courage : George W. Bush hésita à bombarder les studio de Doha, mais fit assassiner Tareq Ayyoub, arrêter Tayseer Alouni et incarcérer Sami el-Hajj à Guantanamo.

La réorganisation de 2005

Cependant les meilleures choses ont une fin. En 2004-05, après le décès de David Frydman, l’émir décida de réorganiser complètement Al-Jazeera et de créer de nouveaux canaux, dont Al-Jazeera English, alors que le marché mondial se transformait et que tous les grands États se dotaient de chaînes d’information satellitaires. Il s’agissait clairement d’abandonner l’effervescence et les provocations du début, de capitaliser une audience atteignant désormais les 50 millions de téléspectateurs, pour se positionner comme un acteur du monde globalisé.

Cheikh Hamad bin-Khalifa fit appel à un cabinet international qui lui avait dispensé une formation personnelle en communication. JTrack s’était spécialisé dans l’entraînement des leaders arabes et d’Asie du Sud-Est pour leur apprendre à parler le langage de Davos : comment donner aux Occidentaux l’image qu’ils ont envie de voir. Du Maroc à Singapour, JTrack a ainsi formé la plupart des responsables politiques soutenus par les États-Unis et Israël —souvent de simples fantoches héréditaires— pour en faire des personnalités médiatiquement respectables. L’important n’est pas qu’ils aient quelque chose à dire, mais qu’ils sachent manier la langue de bois globale.

Toutefois, le Pdg de JTrack, ayant été appelé à de hautes fonctions gouvernementales en Afrique du Nord, il dût se retirer avant d’avoir achevé la transformation du Al-Jazeera Group. Il confia la suite des opérations à un ancien journaliste de Voice of America qui travaillait depuis plusieurs années déjà pour la chaîne qatariote et appartenait à la même confrérie musulmane que lui : Wadah Khanfar.

À la fois professionnellement compétent et politiquement sûr, M. Khanfar s’attacha à donner une couleur idéologique à Al-Jazeera. Tout en donnant la parole à Mohamed Hassanein Heikal, l’ancien porte-parole de Nasser, il fit de cheikh Yusuf al-Qaradawi —qui avait été déchu de sa nationalité égyptienne par Nasser— le « conseiller spirituel » de la chaîne.

Le virage de 2011

C’est avec les révolutions en Afrique du Nord et dans la péninsule arabique que Wadah Khanfar a brutalement modifié la ligne éditoriale de sa rédaction. Le Groupe a joué un rôle central dans l’accréditation du mythe du « printemps arabe » : les peuples, avides de vivre à l’occidentale, se seraient soulevés pour renverser des dictateurs et adopter des démocraties parlementaires. Rien ne distinguerait les événements de Tunisie et d’Égypte, de ceux de Libye et de Syrie. Quant aux mouvements du Yémen et de Bahreïn, ils n’intéresseraient pas les téléspectateurs.

En réalité, les Anglo-Saxons se sont efforcés de surfer sur des révoltes populaires pour rejouer le vieil air du « printemps arabe » qu’ils avaient organisé dans les années 1920 pour s’emparer des anciennes provinces ottomanes et y installer des démocraties parlementaires fantoches sous contrôle mandataire. Al-Jazeera a donc accompagné les révoltes tunisienne et égyptienne pour écarter la tentation révolutionnaire et légitimer de nouveaux gouvernements favorables aux États-Unis et à Israël. En Égypte, il s’est même agi d’une véritable récupération au profit d’une seule composante de la contestation : les Frères musulmans, représentés par le prêcheur star de la chaîne… cheikh Yusuf al-Qaradawi.

Indignés par cette nouvelle ligne éditoriale et par le recours de plus en plus fréquent au mensonge, certains journalistes comme Ghassan Ben Jedo claquent la porte.

Qui tire les ficelles de l’info ?

Quoi qu’il en soit, il faut attendre l’épisode libyen pour que les masques tombent. En effet, le patron de JTrack et mentor de Wadah Kanfhar n’est autre que Mahmoud Jibril (le "J" de "JTrack", c’est "Jibril"). Ce manager aimable, brillant et creux, avait été conseillé à Mouammar Kadhafi par ses nouveaux amis états-uniens pour piloter l’ouverture économique de la Libye après la normalisation de ses relations diplomatiques. Sous le contrôle de Saif el-Islam Kadhafi, il avait été nommé à la fois ministre du Plan et directeur de l’Autorité de développement, devenant de facto le numéro 2 du gouvernement, et ayant autorité sur les autres ministres. Il mena au pas de charge la dérégulation de cette économie socialiste et la privatisation de ses entreprises publiques.

À travers l’activité de formation de JTrack, Mahmoud Jibril avait noué des relations personnelles avec presque tous les dirigeants arabes et d’Asie du Sud-Est. Il disposait de bureaux à Bahreïn et à Singapour. M. Jibril avait aussi créé des sociétés de négoce, dont une chargée du commerce du bois de Malaisie et d’Australie avec son ami français Bernard-Henri Lévy.

Mahmoud JibrilMahmoud Jibril avait suivi ses premières études universitaires au Caire. Il y avait fait la connaissance de la fille d’un des ministres de Nasser et l’avait épousée. Il avait poursuivi ses études aux États-Unis, où il avait adopté les thèses libertariennes qu’il essaya d’introduire dans l’idéologie anarchiste d’el-Kadhafi. Surtout, M. Jibril avait rejoint la confrérie des Frères musulmans en Libye. C’est à ce titre qu’il avait placé les Frères Wadah Kanfhar et Yusuf al-Qaradawi à Al-Jazeera.

Durant le premier semestre 2011, la chaîne qatariote est devenue l’instrument privilégié de la propagande pro-occidentale : elle a nié autant que possible l’aspect anti-impérialiste et anti-sioniste des révolutions arabes et a choisi dans chaque pays les protagonistes qu’elle soutenait et ceux qu’elle conspuait. Sans surprise, elle a soutenu le roi de Bahreïn —un élève de Mahmoud Jibril— qui faisait tirer sur la foule, tandis que cheikh al-Qaradawi appelait à l’antenne au Jihad contre el-Khadafi et el-Assad, accusés mensongèrement de massacrer leur propre peuple.

M. Jibril étant devenu le Premier ministre du gouvernement rebelle libyen, le sommet de la mauvaise foi aura été atteint avec la construction dans des studios à Doha de répliques de la Place verte et de Bab el-Azizia où furent tournées de fausses images de l’entrée des « rebelles » pro-Us dans Tripoli. Que n’ai-je lu comme insultes lorsque j’ai annoncé cette manipulation dans les colonnes de Voltairenet.org ! Pourtant Al-Jazeera et Sky News diffusèrent ces fausses images le second jour de la bataille de Tripoli, semant le désarroi parmi la population libyenne. Ce ne fut en réalité que trois jours plus tard que les « rebelles » —presque exclusivement les Misrata— entrèrent dans Tripoli dévastée par les bombardements de l’OTAN.

Il en va de même avec l’annonce par Al-Jazeera de l’arrestation de Saif el-Islam Kadhafi et de la confirmation de cette capture par le procureur de la Cour pénale internationale Luis Moreno-Ocampo. Je fus le premier, sur les ondes de Russia Today, à démentir cette intoxication. Et là encore, je fus l’objet de quolibets dans certains journaux jusqu’à ce que Saif el-Islam vienne réveiller en personne les journalistes enfermés au Rixos et les conduise sur la vraie place Bal el-Azizia.

Interrogé sur ces mensonges par le canal arabe de France24, le président du Conseil national de transition (CNT), Mustafa Abdul Jalil revendiqua une ruse de guerre et se réjouit d’avoir ainsi accéléré la chute de la Jamahiriya.

Quel avenir pour Al-Jazeera ?

Le détournement d’Al-Jazeera en instrument de propagande pour la recolonisation de la Libye ne s’est pas fait à l’insu de l’émir de Qatar, mais sous sa houlette. C’est le Conseil de coopération du Golfe qui, le premier, a appelé une intervention armée en Libye. Le Qatar a été le premier membre arabe du Groupe de contact. Il a acheminé des armes pour les « rebelles » libyens, puis a envoyé son armée au sol, notamment lors de la bataille de Tripoli. En échange, il a obtenu le privilège de contrôler tout le commerce des hydrocarbures effectué au nom du Conseil national de transition.

Il est encore trop pour savoir si la démission de Wadah Khanfar marque la fin de sa mission au Qatar, ou si elle annonce une volonté de la chaîne de retrouver la crédibilité qu’elle avait mis 15 ans à gagner et 6 mois à perdre.

Thierry MeyssanThierry Meyssan. Intellectuel français, président-fondateur du Réseau Voltaire et de la conférence Axis for peace. Il publie des analyses de politique étrangère dans la presse arabe, latino-américaine et russe

 

                                                 site: resistance.fr

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29 septembre 2011 4 29 /09 /septembre /2011 15:14
Mardi 27 septembre 2011 2 27 /09 /Sep /2011 22:22

Klarsfeld - ShalitL’allégeance aux armes, la proposition de Jean François Copé, qui consiste pour tout candidat à la nationalité française ou tout français accédant à la majorité, de prêter un serment de loyauté à la France, comme le fichier de la double nationalité, la proposition de Claude Goasguen, sont les deux aspects d’un même piège de la démagogie qui se referme contre ses auteurs.

L’allégeance aux armes, soit. Mais que faire des objecteurs de conscience ? Des pacifistes ?

Une allégeance n’immunise pas contre la trahison. La collaboration avec l’ennemi de la France, l’Allemagne nazie, a été institutionnalisée par un maréchal de France, lors de la Deuxième guerre mondiale.

Messieurs les législateurs, commencez par réviser vos cours sur l’histoire de France avant de vous lancer dans une entreprise si chauvine.

Tant qu’à faire, commençons par mettre de l’ordre chez soi. La défense du caporal binational franco- israélien Gilad Shalit par la France devient dès lors caduque et, non avenue, la promotion du réserviste israélien Arno Klarsfeld au poste de directeur de l’office de immigration et de l’intégration.

Pour en finir avec le double standard…… dans le même ordre d’idées, faire intervenir l’Otan en Libye et apposer son veto à la Palestine, relève de la duplicité, une forme de déloyauté à l’égard de ses propres principes fondamentaux.

A force jouer avec le feu, on finit par s’y brûler.

 

Texte de René Naba.

L’auteur a vécu, pendant plus de vingt ans, sur les «points chauds» de l’actualité internationale, d’abord, en tant que correspondant tournant au bureau régional de l’Agence France Presse à Beyrouth (1969 à 1979) où il a notamment couvert la guerre civile jordano-palestinienne, le «septembre noir» de 1970, la nationalisation des installations pétrolières d’Irak et de Libye (1972), une dizaine de coups d’État et de détournements d’avion, ainsi que la guerre du Liban (1975-1990), la guerre d’octobre (1973), les premières négociations de paix égypto-israéliennes de Mena House Le Caire (1979).

Puis en tant que responsable du monde arabo-musulman au service diplomatique de l’Agence France Presse (1978-1990) où il a couvert, à ce titre, la guerre irako-iranienne (1979-1988), la guerre algéro-marocaine, la guerre tchado-libyéenne (1982-1987), le conflit américano-libyen (1986-1987), l’assassinat du président égyptien Anouar El-Sadate (1981), le raid contre la centrale nucléaire irakienne de Tammouz (1980), les sommets des Non-alignés de New Delhi (1983) et de Harare (1987), les sommets arabes de Fès (1981 et 1982) de Rabat et d’Alger (1988), les sommets islamiques de Lahore (1974), de Kuala Lumpur (1975) et de Riyad (affaire Salman Rushdie 1989) ainsi que l’affaire des otages occidentaux au Liban (1984-1988), la guerre des ambassades entre Paris et Téhéran (1987) et la percée diplomatique de Yasser Arafat à Paris (1989) et en Europe occidentale.

Français d’origine libanaise, jouissant d’une double culture franco-arabe, natif d’Afrique, juriste de formation et journaliste de profession ayant opéré pendant 40 ans au Moyen Orient, en Afrique du Nord et en Europe, l’auteur dont l’expérience internationale s’articule sur trois continents (Afrique Europe Asie) a été la première personne d’origine arabe à exercer, bien avant la diversité, des responsabilités journalistiques sur le Monde arabo-musulman au sein d’une grande entreprise de presse française de dimension mondiale.

Le mérite en revient à l’AFP, qui a eu, en la matière, un rôle précurseur, bien avant que les concepts de «discrimination positive» ou de «quotas ethniques» ne viennent polluer le débat public.

                                                   site: résistance.fr

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29 septembre 2011 4 29 /09 /septembre /2011 15:06

 Michel STEFANI MICHEL

Quelques esprits chagrins n’en finissent plus de déverser leur fiel sur les élus communistes, le président de l’Assemblée de Corse et la fête de l’Humanité. Bien inspirés et mal informés ceux-ci confondent la présence de l’ATC sur l’espace dédié au tourisme et le stand des fédérations de la Corse situé à l’opposé sur l’espace midi lui aussi distinct du village du monde qui accueillait plus de 70 pays, du village du livre avec ces 80 auteurs ou encore du forum social, de la planète numérique, des espaces théâtre, sport et enfance, du salon des collectivités locales… Avec ses spectacles, ses artistes, ses débats ses partenaires, radio France y avait installé un studio, cette fête unique en son genre est fréquentée bon an mal an par plus de 650 000 visiteurs. L’espace tourisme qui mettait cette année la Corse à l’honneur en a accueilli près de 80 000.

Populaire, accessible pendant trois jours pour 20 euros, elle est un lieu incomparable d’échanges, de fraternité, de culture, de découverte, de confrontations politiques. Le « peuple de gauche » s’y retrouve volontiers. Cela peut heurter la sensibilité de quelques réactionnaires patentés qui ont horreur de la créativité populaire et du mouvement social. Pour compléter leur information il faut préciser que cette agora citoyenne immense ne peut exister que parce que des militant(e)s y consacrent beaucoup de temps et d’énergie c’est notamment le cas de celles et ceux qui montent le stand des fédérations du PCF de la Corse. Ces dernières payent l’emplacement qui leur est réservé, non l’ATC ou la CTC comme cela a été dit avec les relents habituels d’anticommunisme.

Chaque année la Corse est attendue à la Fête de l’Huma par de nombreux compatriotes vivant sur le continent et d’autres aussi, très nombreux qui, après leur passage sur notre île, ont du plaisir à retrouver pour quelques heures ses parfums, ses chants, son hospitalité… Evoquer l’urgence sociale, pour regretter la présence de l’ATC dans ce lieu, est assez mesquin. Il est vrai que s’en prendre aux inégalités criantes, qui séparent une minorité détentrice du pouvoir économique et politique de l’immense majorité du peuple à laquelle le gouvernement impose l’austérité pour satisfaire l’appétit spéculatif des requins de la finance, est plus difficile.

Quant au quotidien l’Humanité il rencontre, c’est vrai, des difficultés comme d’autres quotidiens et plus encore compte tenu de ce qu’il est, des faibles ressources publicitaires dont il dispose et surtout de son originalité puisqu’il demeure, dans le prolongement même de ce qu’imaginait son fondateur, Jean Jaurès, voila prés d’un siècle en 1904, le quotidien des travailleurs, des créateurs, des femmes et des hommes qui aspirent au changement de société et agissent en conséquence. C’est ce qui fait entre autres que ses lectrices et lecteurs, les militant(e)s communistes, par la souscription, lui permettent d’exister.

Par ignorance, par bêtise, par anticommunisme, par méchanceté ceux qui n’aiment pas que la Corse soit présente à la Fête de l’Huma devront s’y faire car l’année prochaine nous y serons de nouveau comme c’est le cas depuis 30 ans. D’ici là, ils auront tout le temps de ruminer mais pas de l’empêcher tant à nos yeux la Corse, généreuse et populaire, a toute sa place à la Fête de l’Huma.

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28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 07:37

 

 La manifestation devant l'Inspection Académique de Haute-Corse. Bastia 27 septembre 2011

 

 

 

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