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CHANTS REVOLUTIONNAIRES

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26 juillet 2011 2 26 /07 /juillet /2011 15:55

pame acropoleNouvelle offensive sans précédents contre le monde du travail en Grèce orchestrée par l'UE et le FMI : récapitulatif des mesures d'austérité votées en juin dernier et des mesures adoptées en 2010


 

 

Tableau réalisé à l'origine par le Parti du travail de Belgique (PTB) à l'aide des informations fournies par le KKE, repris par http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Deux trains de mesures d'austérité ont été imposés à la population grecque. Un premier mémorandum a été imposé le 5 mai 2010. Un mémorandum « actualisé » vient d’être décrété par le gouvernement social-démocrate PASOK, le FMI, l’Union Européenne et la grande bourgeoisie grecque le 30 juin 2011. Ce plan prévoit 28 milliards d’euros d'économies et des privatisations pour 50 milliards. Le deuxième train de mesures antisociales visent à réduire davantage le coût du travail. En voici un aperçu détaillé, suivi d'un rappel du premier train.



Relations de travail:


·   Une loi instaure que les accords au niveau de l’entreprise priment sur les accords sectoriels.


·   Une loi permet à toute entreprise, non membre de l’Union des entreprises, de ne pas appliquer la convention collective que cette dernière a signée. Jusqu’à ce jour, elle était obligée de l’appliquer après sa validation par le Ministère du Travail.


·   Une réglementation adapte le système d’arbitrage dans la signature des conventions collectives de travail aux exigences des patrons; elle spécifie en effet que l’arbitrage « doit promouvoir la compétitivité sur base du coût du travail et de la création d’emploi ».


·   Toutes les restrictions sur la durée du travail à temps partiel et des contrats temporaires sont abolies par la loi n° 3846/2010, entérinée par le gouvernement en mai dernier.


·   Une période d'essai d'un an est prévue pour les nouveaux emplois (contre deux mois jusqu’à présent). Pendant cette période, les employeurs peuvent licencier sans préavis et sans indemnité de licenciement.


·   La mise en œuvre de la Directive Bolkenstein prévoit d'abolir le salaire minimum afin d’encourager les investissements.


Sécurité sociale:


·   Les allocations de chômage seront réduites drastiquement dans le but d’économiser 500 millions d’euros.


·   La loi 3836/2010 réforme les principaux paramètres du système des pensions. Cette loi antisociale n’est qu'un début. L'objectif de cette nouvelle offensive est défini dans le mémorandum « actualisé » : l’augmentation des dépenses publiques pour les retraites ne pourra dépasser les 2,5% du PIB entre 2009 et 2060. Le financement des fonds de pension par l'État sera contrôlé selon les études de l'Institut national de statistique. Tout dépassement de la limite de 2,5% entraînera une modification de la loi et des nouvelles mesures antisociales.


·   Abolition de toute garantie de l'État aux pensions complémentaires. Selon le mémorandum « actualisé », le gouvernement effectue une révision en profondeur du fonctionnement des fonds publics de pensions complémentaires. Le but du gouvernement est de ne pas débourser un seul euro du budget de l'État pour les fonds de pensions complémentaires. Actuellement, les fonds auxiliaires octroient 1 million de pensions et leur déficit est énorme à cause de la politique du PASOK et de la Nouvelle Démocratie. Selon les nouvelles directives, ils ne pourront plus octroyer des pensions ou alors des pensions extrêmement réduites. Le mémorandum « actualisé » prévoit par ailleurs que les dépenses liées aux pensions resteront stables, même en cas d’augmentation du nombre des bénéficiaires (actuellement 2,8 millions de travailleurs paient des cotisations aux fonds de pensions complémentaires). En même temps, la liste des professions lourdes et pénibles est revue, afin qu'elle ne concerne tout au plus que 10% des travailleurs. L’âge de la retraite dans les secteurs et professions qui seront exclus de la liste augmentera de 5 à 7 ans. La nouvelle liste s’appliquera à partir du 1er juillet 2011 à tous les travailleurs en fonction et à venir.


·   Des nouvelles exigences sont introduites pour bénéficier des pensions d'invalidité. Des milliers de pensions d’invalidité seront réexaminées avec, pour conséquence, la réduction et même la suppression de nombreuses pensions.


·   Une contribution de 3 euros sera imposée pour toutes les prestations externes des hôpitaux publics, des cliniques de jour et des centres de santé.


·   Augmentation de 20 à 30% des soins et examens hospitaliers.


·   Révision de tous les programmes sociaux subsistants en vue de leur suppression.


 

Pillage des salaires par les augmentations d’impôts:

 


·   Une nouvelle augmentation de la TVA, de 11% à 23%, est imposée pour un grand nombre de biens et de services (plus de 30%).


·   Élargissement de la base de l’impôt immobilier par l’actualisation des actifs, ce qui signifie que les travailleurs devront payer 400 millions d’euros en plus.


·   Taxes spéciales pour l’utilisation des espaces qualifiés de semi-extérieurs.


·   « Taxe verte » sur l’émission de CO2.


·   Gel de l’indexation des pensions, ce qui signifie que les pensionnés perdront 100 millions d’euros.


·   Imposition forfaitaire des indépendants, qui rapportera au moins 400 millions d’euros.


·   Les primes versées pour les heures supplémentaires dans les entreprises publiques seront réduites. C'est l'objectif de la loi sur l'« harmonisation des paiements dans le secteur public » qui impose des réductions des indemnités.


Poursuite de la privatisation des secteurs stratégiques:

 


·   Chemins de fer : nouveaux licenciements par la réduction de 35% des effectifs. Augmentation des tarifs pour augmenter de 55% les revenus de la compagnie. Réduction de 20% du salaire minimum. Vente des actifs du chemin de fer et cession des lignes rentables à des compagnies privées qui augmenteront les tarifs. Fermeture des lignes dites « déficitaires »: cette mesure aura pour conséquence que de nombreuses régions du pays ne seront plus desservies par le chemin de fer.


·   Transports publics : licenciements massifs, réduction des salaires, abolition des droits des travailleurs, augmentation de 30 à 50% des prix des billets. Diminution et/ou fermeture de lignes.


·   Énergie : libéralisation du marché de l’énergie et attribution de l’infrastructure de la Compagnie Publique d'Électricité (DEH) et des ressources énergétiques (hydrauliques, lignite) à des groupes industriels privés. Augmentation drastique de 40 à 100% des tarifs appliqués aux ménages et aux agriculteurs.


·   Les professions réglementées (par exemple celle des taximan) vont être libéralisées : le seuil d'accès à ces professions sera réduit, ce qui générera de nouveaux profits pour les capitalistes. Les indépendants de ces secteurs seront éjectés du marché sous la pression des entreprises privées.


 

Un programme dit de moyen terme vient d’être imposé et la loi d’application a été votée en juin dernier. Ce programme instaure la réduction des salaires et des pensions, l’augmentation de l’âge de la pension, la réduction des aides sociales complémentaires et des indemnités pour les professions malsaines et à risque, la suppression des primes pour les heures supplémentaires puisque la durée du temps de travail est devenue flexible, des salaires de 500 euros par mois pour les jeunes (premier emploi). La suppression des conventions collectives signifie que chaque capitaliste peut désormais intimider le syndicat de l’entreprise ou créer un syndicat maison et concocter une convention collective pour l’entreprise, bien plus avantageuse pour lui qu’une convention générale ou sectorielle. Les capitalistes peuvent désormais librement établir des contrats temporaires c’est à dire licencier sans verser d’indemnités, réduire les avantages sociaux, etc.

 

Le gouvernement prétend que la privatisation des entreprises publiques comme la Compagnie Publique d’Electricité (DEH), des routes, des voies maritimes, des ports, des aéroports, des banques (par exemple TT), etc., a pour but de remplir les coffres de l’Etat et de rembourser les dettes. En réalité, le but poursuivi est d’offrir à bas prix des secteurs de l’économie afin que les capitalistes puissent investir l’excédent de capital qu’ils ont accumulé.

 

2010 : le premier hold-up contre les travailleurs:


Un premier train de mesures d'austérité avait été décrété les 3 mars et 3 mai 2010. C'est la plus importante vague de régression sociale depuis les années cinquante.


Les mesures principales, entrées en vigueur depuis, sont les suivantes:


·   Abolition des primes de Noël, de Pâques et d'été des fonctionnaires et de tous les pensionnés des secteurs public et privé.


·   Réduction de 20% des traitements des fonctionnaires.


·   Gel des salaires et des pensions des secteurs public et privé pour les trois années à venir.


·   Réduction de 10% des salaires des travailleurs des entreprises d'utilité publique qui ne bénéficient plus d’aucun subside.


·   Réduction de 3 à 10% des pensions de plus de 1.400 euros.


·   Annulation du paiement de la deuxième tranche de l’« indemnité de solidarité » en faveur des couches les plus pauvres de la population.


·   Augmentation à deux reprises du taux de la TVA en 2010.


·   Augmentation à trois reprises en 2010 des accises sur le carburant, avec pour résultat, une augmentation de 63% du prix de l’essence sans plomb.


·   Augmentation à trois reprises en 2010 des accises sur les boissons alcoolisées et le tabac. Le prix des cigarettes a ainsi augmenté de 40% en un an. Le prix des boissons a lui augmenté de 3 euros par bouteille.


·   Imposition d'une taxation supplémentaire des indépendants sur la base de leurs revenus de 2009.


·   Il faut désormais avoir cotisé durant 40 ans au lieu de 37 ans pour bénéficier d'une pension complète.


·   Réduction drastique du montant des pensions (plus de 35%). Le montant de la pension est désormais calculé sur base du salaire des dix dernières années de travail au lieu des cinq années les mieux rémunérées de la vie active.


·   Suppression de la retraite avant l’âge de 60 ans par le biais de la suppression de la prépension, ce qui affecte surtout les mères et ceux qui ont plus de trois enfants.


·   Réduction de 6% par an des pensions de retraite de ceux qui ont cotisé pendant 40 ans et qui « osent » prendre leur pension avant l'âge de 65 ans.


·   Démolition du système des pensions des fonctionnaires qui est désormais calqué sur le système de la sécurité sociale du privé.


·   Les femmes doivent désormais travailler 5 à 17 ans de plus, au nom de l'égalité avec les hommes.


·   Le principe de « l’alignement des pensions sur l’espérance de vie » est désormais introduit, ce qui ouvre la voie au travail jusqu’à 70 ans.


·   Le concept de « pension liée aux revenus » a été introduit. Il équivaut à une allocation sociale et n’est pas accordé avant l’âge de 65 ans.


·   Les dépenses de l'État en matière de pensions ont été fortement réduites : elles ne couvriront désormais que la pension liée aux revenus. Ainsi est aboli le financement en trois volets (travailleurs, patrons, Etat) du système de sécurité sociale.


·   Les conventions collectives de travail et le salaire minimum ont été abolis. Une nouvelle législation prévoit des salaires initiaux réduits pour les jeunes et les chômeurs de longue durée. Sous prétexte de la mise au travail des jeunes et des chômeurs de longue durée, le salaire minimum de 740 euros ne sera plus que de 500 euros.


·   Ils ont aboli la journée de 8 heures et réduit les primes pour les heures supplémentaires. Les limites à la durée du temps de travail ont été totalement abolies.


·   Le seuil des licenciements autorisés a été augmenté pour les entreprises de 21 à 200 salariés.


·   Le montant des indemnités de préavis a été drastiquement réduit de 50%.

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25 juillet 2011 1 25 /07 /juillet /2011 13:15
MARE NOSTRUM-copie-1berlusconi napolitano tremontiDeuxième « Manovra » du gouvernement Berlusconi : casse de la fonction publique et nouvelle saignée pour les travailleurs avec la complicité de l' « opposition » et des syndicats dont la CGIL

 

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



La nouvelle « manovra » – nom donné en Italie à ces mesures d'austérité drastiques – présentée par le ministre de l'Economie Giulio Tremonti augure d'une véritable saignée pour les travailleurs et achève la casse de la fonction publique italienne. Ces mesures s'ajoutant à celles de l'an dernier, cela fera 68 milliards d'euros de sacrifices pour les Italiens d'ici à 2014, dont 41 milliards prévus par cette seule deuxième vague de mesures anti-sociales.



Fatalement discrédité non seulement auprès du peuple italien, qui l'a doublement désavoué aux dernières municipales et au référendum sur la privatisation de l'eau, mais aussi auprès du patronat qui prépare sa succession, Berlsuconi a présenté son plan comme une façon de sauver l'Italie de la banqueroute et de « défendre l'euro ».



Berlusconi avait multiplié les grandes déclarations sur sa volonté de taxer les transactions financières ou de limiter le salaire des élus et membres du gouvernement. Aucune de ces mesures, cosmétiques par ailleurs, n'ont été retenues dans le projet final.



Car, en Italie comme ailleurs, tout le monde n'est pas dans le même bateau en temps de crise et ce sont les travailleurs qui paient la crise du capitalisme.



Le gouvernement maintient le cap sur la casse de la fonction publique nationale et territoriale



Dans l'ensemble, le gouvernement ne fait que confirmer et approfondir le plan d'austérité voté à l'été 2010. Rien de moins qu'une démolition de la fonction publique italienne.



Le gouvernement confirme le gel du salaire des fonctionnaires au moins jusqu'en 2014. Dans un pays où l'inflation officielle tourne, sur les cinq dernières années, à 2% de moyenne, cela constitue donc une perte sèche de près de 10% de pouvoir d'achat sur la période.



Ensuite, la nouvelle « manovra » ne déroge pas à la règle du gel de l'embauche des fonctionnaires, avec comme objectif a minima le non-remplacement d'un fonctionnaire sur cinq. Elle prévoit par ailleurs toujours une baisse des budgets des ministères de 10% par an jusqu'en 2014.



C'est dans l'éducation que ces coupes seront les plus drastiques avec l'objectif de 100 000 postes supprimés d'ici 2014. Cette année, ce sont 25 000 postes d'enseignants qui ont été supprimés ainsi que 35 000 postes d'auxiliaires.



Nouvelles coupes dans les aides aux régions : vers le fédéralisme fiscal



Outre la fonction publique, ce sont également les collectivités territoriales qui seront découpées non pas au « ciseau », comme le répète le gouvernement, mais à la hache.



9 milliards de subventions aux régions supprimés s'ajoutant aux 13 milliards déjà actés l'an dernier. Dans les faits, le modèle régionaliste italien favorise déjà le creusement des inégalités entre régions riches et pauvres, alors que des compétences centrales de l’État sont déléguées aux régions comme la santé.



Il ne fait aucun doute que cette diminution des aides de l’État préfigure un passage plus net au « fédéralisme fiscal », qui en créant la concurrence entre régions riches et pauvres, concentrera évidemment les richesses dans les premières et réduira à la misère les secondes, mais aboutira à un recul fiscal et social généralisé.



Dans cette optique, le gouvernement a déjà entériné l'adoption d'un système de « bonus-malus » pour les régions 'vertueuses' atteignant l'équilibre budgétaire. Une façon de favoriser les régions contrôlées par la droite capable de dégager des ressources fiscales colossales, et ceci en pratiquant le dumping fiscal à outrance.



Du neuf avec du vieux : fiscalité à deux vitesses et accélération de la contre-réforme des retraites

 

Parmi les nouveautés de cette deuxième version de la « manovra », une réforme fiscale d'autant plus injuste qu'elle contredit l'argumentaire spécieux du gouvernement sur les économies nécessaires. Ces réformes vont faire peser un fardeau fiscal encore plus important sur les ménages les plus modestes tout en allégeant celui des plus riches et des entreprises.



Parmi les mesures concrètes, l'augmentation de la TVA de 1 point, à 11 et 21% et la refonte de l'impôt sur le revenu de cinq (23-28-38-41-43) à trois tranches (20-30-40) érodant la progressivité de l'impôt.



Parmi les promesses les plus 'radicales', la suppression progressive de la taxe professionnelle collectée régionalement (IRAP), un pactole pour les entreprises et un énorme manque-à-gagner pour les régions qui pourrait mettre en péril le système de santé italien, déjà déliquescent et largement dépendant de ces ressources.



Pour ce qui est de la contre-réforme des retraites enfin, pas de changement de cap mais un changement de rythme. Le gouvernement italien a déjà annoncé qu'il rehaussait immédiatement de cinq ans l'âge de départ à la retraite des femmes fonctionnaires, de 60 à 65 ans, en conformité avec la législation européenne sur l'égalité Hommes-femmes.



Par ailleurs, à partir de 2014 et non 2015 comme prévu initialement, l'âge de départ à la retraite des salariés italiens sera calculé en fonction de l'espérance de vie moyenne, ce qui permettrait potentiellement un recul de cinq ans sur quatre décennies, montant l'âge de départ à la retraite à 70 ans.

 


 

Complicité de l'opposition officielle démocrate qui prépare une « autre politique d'austérité »





Cette série de mesures iniques aurait dû entraîner une condamnation ferme de l'opposition. Le Parti démocrate (PD), préparant l'alternance et la relève de l'austérité, s'est montré plus prudent dans son opposition tactique au projet.



Ainsi, Pier-Luigi Bersani, secrétaire du Parti démocrate (PD), dénonce tout « un tas de coupes et aucune réforme. En trois ans, le gouvernement n'a fait aucune réforme. Sans un peu de croissance, les comptes de public ne se mettront pas au vert ».



Cette nécessité de (contre-)réformes structurelles, c'est la politique qu'a défendu Bersani à l'Assemblée de la Confindustria (MEDEF italien) en mai dernier trouvant un écho chez la présidente Marcecaglia. C'est aussi celle que propage le responsable à l'économie du PD, Stefano Fassina, qui avoue honnêtement que son parti porte « une politique différente mais de rigueur ».



Le reste de la gauche s'est contentée d'une opposition rivée sur les institutions, portant en particulier ses espoirs sur une non-ratification du président Napolitano, ancien dirigeant droitier et liquidateur du PCI et collaborateur fin de la politique du patronat.



Non seulement Napolitano a ratifié le décret-loi, mais il l'a même défendu activement comme une nécessité pour rééquilibrer les comptes en vertu des accords européens, et a même déclaré qu'il « ne suffisait pas et qu'il fallait désormais d'autres mesures ».



Seuls les communistes ont défendu une opposition cohérente et conséquente au projet de loi gouvernemental comme Oliviero Diliberto, secrétaire du Parti des communistes italiens (PdCI) pour qui « ces coupes éhontées dans l'école, la santé et les retraites sont une honte »et qui lance un appel « à la contre-attaque, à la rébellion ». Toutefois, la seule perspective tangible qu'offrent actuellement les communistes reste institutionnelle, avec le projet de Fédération de la Gauche (FdS), l'ambition de constituer un « pôle de la gauche d'alternative » avec les partis anti-communistes du juge Di Pietro et du liquidateur Nichi Vendola pour « tirer le PD vers la gauche ».


 

 

La CGIL passe à la collaboration de classe ouverte avec la signature de l'accord sur la « représentativité »



Mais c'est sur le plan syndical que la politique de collaboration de classe atteint un point de non-retour. En toute logique, les syndicats jaunes de l'UIL (tradition socialiste) et de la CISL (tradition catholique) ont apporté leur soutien 'critique' à la « manovra » et la CGIL (tradition communiste, aujourd'hui proche du PD) a manifesté son opposition officielle au projet et s'est dit prête à la mobilisation.



Toutefois, depuis un an, la CGIL n'a jamais créé les conditions d'une mobilisation. Pire, elle a même freiné des quatre fers quand sa branche métallurgique restée sur des positions de classe, la FIOM, a appelé à un mouvement de grève générale en octobre dernier.



La complicité active de la direction de la CGIL avec le pouvoir et le patronat apparaît au grand jour après l'accord sur la « représentativité » signé entre la CGIL, l'UIL, la CISL et la Confindustria (MEDEF) le 29 juin dernier et dénoncé par la seule FIOM.



Cet accord prévoit entre autres la remise en cause des conventions collectives nationales avec la normalisation de la pratique des accords d'entreprise, la limitation légale du droit de grève et enfin la possibilité de faire passer ces accords sans consultation des salariés si la majorité de la RSU (Représentation syndicale unitaire) est atteinte.



En somme, la CGIL vient de signer l'arrêt de mort des conventions collectives, de l'idée de démocratie à l'entreprise et à terme du droit de grève.



Comme la soulignait avec gravité Maurizio Landini, secrétaire de la FIOM lors du Comité central du 30 juin : « La CGIL a tout faux, l'accord non seulement ne prévoit pas de faire voter les travailleurs mais affaiblit également les conventions collectives. Et puis on ne peut nier la limitation du droit de grève ».



Ces accords signés par la FIAT ne font que graver dans le marbre les coups de force du directeur de la FIAT Sergio Marchionne aux usines de Mirafiori et à Turin, et les coups de sabre qu'il avait alors porté dans le Code du Travail.



Un Parti démocrate plus que jamais parti de l'alternance sans alternative et de l'alter-austérité, des communistes déboussolés résignés à tirer « le PD vers la gauche », le syndicat de classe historique collaborant activement avec le pouvoir et ratifiant la mort des conventions collectives sans oublier un président de la République récompensé par son poste d'avoir liquidé le Parti communiste et qui continue à appuyer la politique du pouvoir avec zèle.



Vingt ans après la liquidation du PCI, le vide laissé par un parti qui a incarné pendant sept décennies le refus de la compromission avec le pouvoir et le patronat, la défense de la démocratie et des droits de la classe ouvrière, la perspective d'une alternative inscrite dans la lutte et la rupture avec le système capitaliste, est patent et laisse la classe ouvrière désorganisée face à l'offensive sans précédent du patronat, du pouvoir et de l'Union européenne.



Plus que jamais le peuple d'Italie a besoin d'un Parti communiste italien. L'inversion du rapport de force social, politique et idéologique ne sera pas possible sans sa reconstruction.

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25 juillet 2011 1 25 /07 /juillet /2011 13:07
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25 juillet 2011 1 25 /07 /juillet /2011 12:55

                                                                   MARE NOSTRUM-copie-1

 

 

COMPTE RENDU DES OBSERVATEURS CIVILS EUROPEENS FRANCAIS

 

DE LA CIRCONSCRIPTION DE SIIRT (voir la video)

 

Une délégation d'Observateurs Civils Européens s'est rendue dans la circonscription de SIIRT à l'occasion des élections législatives du 12 juin 2011.

 

Dès son arrivée à KURTALAN, elle a fait l'objet d'interpellation par la police locale. Au beau milieu d'un parc, les policiers ont procédé à un interrogatoire pressant et menaçant contre les délégués, dénonçant explicitement leur présence pour les élections et leur suggérant de quitter les lieux.

Les délégués ont été suivis dans tous leurs déplacements ainsi que toutes les personnes locales qui les côtoyaient. Une pression orale a été exercée sur les membres du BDP qui les accompagnaient.

Des menaces analogues furent réitérées à SIIRT par la police.

Alors que lors de son passage au Parlement Européen, le Premier Ministre Turc avait invité des délégations à se rendre en Turquie afin de constater le caractère démocratique du scrutin, de telles méthodes invalident ses déclarations.

 

Dès son arrivée, la délégation a pu constater les nombreuses pressions exercées par la police sur la population. Nous avons noté des violences physiques contre des représentants et des élus du BDP. Des individus ont été placés en garde à vue pour leur activité politique.

 

Le jour du scrutin, la délégation a visité les vingt bureaux de vote de la circonscription d'ERUH.

 

Elle a constaté une présence militaire massive dans le village de PARIS. Deux chars d'assaut entravaient le passage vers le bureau de vote, tandis que des militaires en arme se tenaient à l'entrée. Un commando de gendarmerie était aussi présent.

 

Dans ERUH centre, il a été remarqué une présence policière systématique devant chaque école où se trouvaient les bureaux de vote, contribuant à exercer de fortes pressions sur la population.

Le matin du scrutin, un observateur pour le Bloc" Travail, Liberté et Démocratie" a été placé en garde à vue, alors qu'il exerçait sa mission.

Alors que dans tous les bureaux les résultats de la candidate du Bloc, Gültan KISANAK, oscille entre 65% et 80%, dans un bureau, un protecteur de village a contraint une partie de la population à voter pour l'AKP entre 7H00 et 9H00 du matin.

 

Lors de la proclamation des résultats dans la ville de SIIRT, la population manifestait pacifiquement son enthousiasme. Elle évitait tout contact avec une présence militaire et policière massive.

Alors que la Députée Gültan KISANAK achevait son discours de remerciement à la population, les forces de l'ordre ont brutalement chargé avec des engins blindés et l'usage de gaz lacrymogènes et matraques. Les bureaux du BDP ont été pris pour cible. Plusieurs individus furent arrêtés, dont des mineurs. On dénombre de nombreux blessés et des disparitions.

 

De telles pratiques sont absolument contraires aux principes démocratiques et témoignent d'un refus d'accepter le verdict des urnes.

La délégation Française de SIIRT proteste officiellement contre les atteintes aux libertés, les fraudes et les menaces exercées par les représentants de l'Etat Turc.

 

 

 

Au regard des constats fait à l’occasion de cette mission qui s’est déroulée du  8 au  17  juin 2011, des témoignages recueillis, des rencontres formelles et informelles, la délégation Amitié Corse/Kurdistan,

 

- considère que le déroulement du scrutin des élections législatives dans la circonscription électorale de Sïirt, district de ERUH a été entaché d’irrégularités et ne répond pas aux normes communément admises garantissant la régularité des opérations électorales et la libre expression des citoyens

 

 

 

Les membres de la délégation :

 

 

Dominique TORRE              Pascal TORRE             Fidan  UNLUBAYIR

                                                                          

 

Vidéo de Siirt : campagne de la Députée , présence de l'armée devant bureau de vote, discours de la députée du bureau du BDP, répression policière



 

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25 juillet 2011 1 25 /07 /juillet /2011 12:50

                                                                     MARE NOSTRUM-copie-1

                                                                   

 

 

    Les syndicalistes du PAME, liés organiquement au PC Grec, lancent un appel à la lutte depuis l'Acropole :


« Les peuples ont le pouvoir et ne se rendent jamais. Organisez la contre-attaque ! »


Communiqué du Parti communiste grec (KKE)



Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



« Les peuples ont le pouvoir et ne se rendent jamais. Organisez la contre-attaque ! » était le mot d'ordre écrit en Grec et en Anglais sur la banderole que le Front militant des travailleurs (PAME) a accroché en haut de l'Acropole le 27 juin, à la veille de la grève de 48 heures contre les mesures anti-populaires et brutales du gouvernement social-démocrate, de l'UE et du FMI, qui commence le mardi 28 juin et qui devrait être suivie sur tous les lieux de travail.



A l'aube, plusieurs centaines de militants et de cadres du PAME ont mené une occupation symbolique de l'Acropole en déployant deux énormes banderoles. Cette initiative du PAME a eu un impact très positif non seulement sur les travailleurs Grecs mais aussi sur les touristes qui visitaient le pays et l'Acropole. L'accès des touristes à l'Acropole a été autorisé dans le cadre de l'occupation symbolique des forces du PAME.



Le PAME note dans son communiqué : « Nous appelons les travailleurs, les jeunes, les chômeurs et les femmes à réaliser un soulèvement populaire. Nous luttons avec les peuples du monde entier contre la barbarie capitaliste. Les mesures brutales qui mènent le peuple à la ruine ne doivent pas passer. »



Dans l'après-midi, les forces du PAME ont organisé des rassemblements et des collages pour appeler à la grève dans de nombreux quartiers d'Athènes tout comme dans d'autres villes Grecques.





Vidéo de l'occupation symbolique de l'Acropole: http://www.youtube.com/watch?v=vGRmdXxhJEI&feature=player_embedded

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25 juillet 2011 1 25 /07 /juillet /2011 12:46

 

                                                                        MARE NOSTRUM-copie-1

 

 

 

just solutionLes communistes chypriotes commémorent le triste 37ème anniversaire de l'invasion turque de Chypre, tout en gardant espoir d'une réunification respectueuse des deux communautés


Communiqué de l'AKEL (Parti progressiste des travailleurs)



Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



 

L'AKEL condamne et déplore de la façon la plus véhémente qui soit l'invasion Turque du 20 juillet 1974, les souffrances et les répercussions endurées par notre peuple pendant les 37 dernières années. Nous condamnons et déplorons la visite illégale du premier ministre Turc dans les territoires occupés, tout comme ses déclarations inacceptables, provocatrices et arrogantes. La communauté internationale en particulier doit réfléchir sur les déclarations d'Erdogan car elles révèlent les véritables intention de la Turquie.

 

 

L'invasion barbarie de l'Attila [nom de code de l'opération militaire] Turc a représenté la seconde partie de la conjuration qui a été élaborée dans les centres de décision étrangers en coopération avec Ankara et qui a hélas trouvé des exécuteurs obéissants à Athènes et à Chypre pour la soutenir. Sans les agissements traîtres de la junte Grecque, de Grivas [général et leader historique du mouvement nationaliste EOKA] et de l'EOKA B, les forces et les puissances étrangères n'auraient pas pu mettre en œuvre leurs plans pour dissoudre la République de Chypre et céder la moitié de Chypre à la Turquie. Trente-sept ans après le crime et la trahison, les conclusions du « Dossier sur Chypre » de la Chambre des représentants décrivent de façon la plus officielle qui soit les responsabilités et les liens des centres de décision impérialistes avec la junte de Grèce, les militaristes d'Ankara et EOKA B. Les responsabilités de ceux qui, par leurs actions, ont amené Attila à Chypre restent graves et impardonnables : une trahison pour laquelle personne ne s'est excusé après tant d'années devant le peuple Chypriote et pour laquelle personne n'a été puni. Au contraire, nombre des coupables de la tragédie Chypriote ont l'audace d'apparaître comme les juges et les procureurs. Leurs ascendants politiques et idéologiques insistent pour adopter les mêmes positions idéologiques désastreuses.

 

L'invasion de l'Attila Turc a semé le chaos et la désolation. Elle a causé d'indicibles souffrances humaines : des milliers de morts, de blessés, de personnes disparues et frappées par la guerre. L'invasion a laissé notre patrie divisée en deux, placé 37% de son territoire sous occupation de la Turquie, a déraciné des dizaines de milliers de personnes contraintes de quitter leurs domiciles, des milliers d'entre eux se sont retrouvés enclavés dans les territoires occupés, les ressources productives les plus importantes de notre île ont été perdues. Notre héritage culturel a été détruit. La colonisation a changé dramatiquement la composition démographique de la population Chypriote.

 

Nous honorons la mémoire de ceux qui sont tombés qui, bien que trahis, ont résisté à l'Attila Turc et ont défendu au péril de leur vie l'indépendance de Chypre. Nous exprimons encore une fois notre soutien sans réserves aux proches des disparus, des réfugiés, des personnes enclavées et à celles frappées par la guerre. Nous restons fidèles à la position de principe selon laquelle le sort des disparus de la tragédie Chypriote doit enfin être connu. Nous nous rangeons du côté des réfugiés dans leur lutte pour s'assurer le droit au retour.

 

Le sombre anniversaire du coup d’État et de l'invasion a coïncidé malheureusement avec une autre tragédie qui s'est abattue sur Chypre le 11 juillet en raison d'une explosion meurtrière à Mari. Une fois de plus, nous exprimons notre soutien indéfectible aux proches des victimes et réaffirmons que l'AKEL fera tout son possible pour pointer les responsabilités où qu'elles soient.

 

 

 

Compatriotes,

 

Le 37ème anniversaire de l'invasion Turque trouve le peuple Chypriote en première ligne de la lutte pour la libération de l'occupation et pour la réunification de notre pays. Notre objectif est de parvenir à une résolution du problème Chypriote dès que possible. Les paramètres de la solution existent et on les trouve dans les résolutions des Nations unies et dans les Accords de Haut niveau, dans le droit européen et international et le cadre convenu des pourparlers bi-communautaires. La solution doit être une solution de type fédérale, bi-zonale et bi-communautaire avec égalité politique telle que définie par les résolutions de l'ONU. Nous luttons pour une solution avec un seul État uni, avec une seule souveraineté, une seule citoyenneté et une seule personnalité internationale ; pour une solution qui mette un terme à l'occupation, la colonisation et à toute dépendance étrangère ; pour une solution qui sauvegarde les droits de l'Homme et les libertés fondamentales du peuple Chypriote dans son ensemble, Chypriotes grecs et turcs.

 

L'AKEL soutient de toutes ses forces la lutte menée par le président de la République Demetris Christofias pour trouver une solution au problème Chypriote, à la fois à la table des négociations et sur le plan interne. Malheureusement, aujourd’hui, les négociations n'enregistrent pas l'évolution que nous aurions aimé. A Genève, a été décidée l'intensification des pourparlers. Cependant, quelque intensification que ce ne soit n'enregistrera pas le résultat désiré si le camp Turc continue à présenter des propositions qui n'entrent ni dans l'esprit ni dans la lettre des résolutions de l'ONU et du cadre convenu pour la résolution du problème. La Turquie ne semble pas avoir prise les décisions nécessaires qui permettront une résolution du problème Chypre. D'autre part, cela ne fait aucun doute que la présence d'Erdogan comme leader de fait de la communauté Chypriote Turque complique encore plus ces efforts. En dépit de cela, nous restons fidèles au processus et à son essence car c'est la seule option viable.

 

Le caractère crucial de la situation rend l'unité et le rassemblement de forces impératifs. Le peuple et les forces politiques doivent soutenir le Président et laisser de côté toute autre approche. La rhétorique « patriotique », les slogans creux et l'opportunisme oppositionnel ne peuvent que causer du tort. Il est impératif que le sens des responsabilités, l'attachement à des principes, le militantisme mais aussi le réalisme l'emportent. Ce n'est que par des positions et une attitude prudentes que nous pourrons gagner la bataille de l'internationalisation et exiger de la communauté internationale et de l'Union européenne qu'elles fassent pression sur la Turquie. Un effort commun est nécessaire pour assouplir l'intransigeance Turque et ouvrir la voie à la résolution du problème.

 

akel.jpg L'AKEL persiste dans sa politique de rapprochement et nous adressons nos salutations militantes à nos compatriotes Chypriotes Turcs qui dans des conditions hostiles intensifient leur lutte. La lutte pour le salut de l'identité Chypriote Turque, pour une résolution du problème Chypriote et pour la remise en question de la présence de la Turquie dans les territoires occupés représente une contribution importante à la lutte commune pour le salut de notre patrie commune. L'AKEL rassure nos compatriotes Chypriotes Turcs sur le fait qu'il restera ferme sur la ligne d'une solution fédérale bi-zonale bi-communautaire avec égalité politique tel que cela est fixé par les résolutions de l'ONU.

 

 

Trente-sept années, c'est une éternité. La solution ne peut pas être retardée plus longtemps. Le calvaire de Chypre doit cesser. Les souffrances et les sacrifices de notre peuple doivent obtenir justice. Ils obtiendront justice lorsque les Chypriotes grecs et les Chypriotes turcs seront parvenus à une solution négociée qui transformera notre pays en un pays véritablement indépendant, pacifique, démocratique et prospère ; un pays qui garantira un avenir sûr et paisible à tous ses citoyens, Chypriotes grecs, Chypriotes turcs, Maronites, Arméniens et Latins.

Dimanc
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25 juillet 2011 1 25 /07 /juillet /2011 12:39

 

 

La vie du Parti    PCF-OUTILS.jpg

 

 

Le PCF aile gauche de la social-démocratie ? ça vous choque, vous ? Pas Pierre Laurent !

 

Il n’y a pas si longtemps, quand on nous traitait, nous communistes, de socio-démocrates, ce n’était pas loin de sonner comme une insulte. Même les éléments les plus « droitiers » du Parti, même ceux qui sont passés directement au PS, refusaient le compliment avec véhémence.

Nous-mêmes, nous ne manquerions pas de réagir vivement mais cela ne nous arrive jamais.

 

110724_PL_Finter-copie-1.jpg A la radio l’autre matin, le 4 juillet 2011 sur France Inter, Pierre Laurent est interviewé par les journalistes de la « Matinale » de la chaîne. Au bout d’une dizaine de minutes, l’éditorialiste, vieux spécialiste du communisme et des pays de l’est, Bernard Guetta pose une question. Il n’en revient pas :

« Vous ne prônez plus ou pas la sortie de l’euro, plus ou pas la sortie de l’Union européenne.

Vous ne rejetez plus, en tout cas pas entièrement, l’économie de marché au profit de l’économie dirigée. Finalement qu’elle est aujourd’hui la différence entre le Parti communiste et une aile gauche de la social-démocratie ? »

La question provocatrice est loin de faire bondir, même réagir, Pierre Laurent. Au contraire, il va dans le sens du journaliste :

« Mais nous n’avons jamais été des antieuropéens. En tout cas, il y a bien longtemps que nous ne le sommes plus. »

Et de continuer à bien assurer que la Parti a changé, a faire son mea culpa sur l’Europe, à se revendiquer défenseur de « l’idée européenne », à entonner cette pédagogie de l’acceptation de l’UE du capital qui est celle du « Parti de la gauche européenne » que préside justement Pierre Laurent.

Pierre Laurent ajoute quand même sur « nous », les communistes:

« Ce qui nous distingue, c’est une détermination, quand même farouche, qui reste notre identité, ou ce pourquoi nous existons, à penser qu’il va falloir passer à autre chose que le système capitaliste. Le système capitaliste ne répond pas aux défis du 21ème siècle, ni au plan social, ni au plan du développement planétaire. »

Resté sur sa faim, Bernard Guetta tend une perche à Pierre Laurent : « autre chose de quelle genre ? ».

Pierre Laurent précise: « Il faut que la solidarité devienne le système d’organisation de la société, à la place de la concurrence. … Les valeurs d’égalité et de solidarité doivent prendre la place de la compétition, du mérite, de la concurrence ». Bayrou ou Borloo y reconnaîtraient les leurs…

 

Interloqué Bernard Guetta lance : «  Bref, vous êtes un social-démocrate de gauche ? ».

 

Il en faudrait plus pour sortir Pierre Laurent de sa placidité. Gêné qu’on le classe dans les « antieuropéens », il n’est pas troublé d’être taxé de « social démocrate ».

Pierre Laurent répond donc : « Oui, mais ( !!!!), les socio-démocrates, ils se sont un peu trop accommodés du marché. … Il y avait des socialistes qui étaient sur les mêmes valeurs que nous et beaucoup s’en sont éloignés pour se convertir dans les 25 dernières années au marché capitaliste... Ceux qui ont maintenu un certain nombre de valeurs comme nous sont peut-être le pôle d’avenir et de stabilité de la gauche. »

Pierre Laurent assume ses choix politiques dans la lignée de Marie-George buffet et de Robert Hue. Le PCF, transformé en Front de gauche, a vocation à reprendre la flamme de la social-démocratie abandonnée par la plupart des dirigeants du PS. C’est exactement ce que Gysi et Lafontaine ont théorisé également pour leur parti « Linke » en Allemagne.

 

Que reste-t-il du PCF dans tout cela ? Le nom, l’appareil et ses élus locaux, hérités du temps où nous avions des positions révolutionnaires, une certaine force militante qui est appelée par Pierre Laurent à coller les affiches de Mélenchon.     

 

Les conceptions de Pierre Laurent correspondent tellement à ce que nous vivons dans le PCF : à tout prix « métamorphoser » le PCF et le fondre dans une « social-démocratie de gauche », en préservant, pour préserver les places.

 

Le contresens est total quand Pierre Laurent prétend peser sur la « gauche ». La question n’est pas d’ailleurs pour lui, dans la même interview, si elle doit se coaliser mais dans quelles conditions elle va se regrouper derrière le PS.

 

La social-démocratie française n’a conservé, ou retrouvé un langage vaguement anticapitaliste – Mitterrand ayant atteint les sommets de l’hypocrisie au congrès d’Epinay de 1971 – que parce qu’il y avait un PCF puissant sur des bases révolutionnaires.

Elle peut continuer presque en roue libre avec une telle capitulation communiste derrière Mélenchon !

Une vague « gauche de la gauche », une « aile gauche de la social-démocratie » ne fera que canaliser pour la social-démocratie, partie prenante de la gestion européenne du capitalisme.

 

Le mérite véritable de Pierre Laurent est bien de dire ce qu’il pense même à la radio. Son tort, c’est de tout faire pour continuer à l’imposer dans le PCF !

 

Camarades, posons nous chacun la question ? Voulons-nous être des sociaux-démocrates de gauche ?

Pour nous, c’est non !

Même un Bernard Guetta, professionnel de l’anticommunisme, n’y retrouve plus ses petits !

Par Vive le Parti Communiste Franç
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21 juillet 2011 4 21 /07 /juillet /2011 06:59

 

Le 14 juillet, le défilé, l’armée française…

c’est d’abord la « prise de la Bastille » !

prise-bastille 

 

photo-jl

par Jean Lévy

Dans la polémique qui s’est développée, à partir des déclarations d’Eva Joly, ni à droite, ni à « gauche », personne n’a évoqué l’essentiel : l’origine de cette Fête nationale.

En fait, il a fallu attendre la loi du  6 juillet 1880 pour que la République décide de célébrer la « prise de la Bastille » pour en faire son symbole, et décréter son jour anniversaire, le 14 juillet, Fête nationale.

Car, il faut le rappeler, le 14 juillet 1789, le peuple de Paris s’insurgeait contre le pouvoir royal, l’absolutisme d’un régime millénaire, celui d’une aristocratie, qualifiée de droit divin, qui régnait sans partage sur une population de 26 millions, qualifiée, pour l’immense majorité, de « manants » sans droits, « taillables et corvéables » à merci.

Le 14 juillet fut le premier coup de boutoir qui fissura un système, au profit d’une autre classe, la bourgeoisie qui possédait l’argent, et lui permis d’accéder au pouvoir. Les ouvriers, les « manouvriers », à l’époque regroupaient seulement un groupe humain de 600.000 personnes...

Mais ce fut l’irruption armée des couches populaires dans la vie politique, qui fut déterminante dans l’abolition d’un régime d’oppression, honni et corrompu, d’une minorité de privilégiés, nobles et dignitaires de l’Eglise, regroupés autour du Roi.

C’est cette rupture avec un ordre ancien que la République voulut honorer en faisant du 14 juillet, la Fête de la Nation. Car, au-delà des changements politiques, cet évènement a permis à une population, attachée d’abord à son terroir, de devenir une Nation « du Nord au Midi », solidaire dans son attachement à la France, vecteur de son unité nouvelle.

Ce sentiment prit toute son ampleur, quand, pour faire face à la ruée de l’Europe des rois coalisés, face à l’armée des Princes au service de l’envahisseur, l’armée du peuple, ou plus précisément, le peuple en armes, bouta à Valmy les tenants de l’ordre ancien et proclama la République le 21 septembre 1792.

Mais il fallut attendre 130 ans pour associer l’armée française à la Fête nationale, à la commémoration du 14 juillet. Ce fut seulement en 1919, qu’une telle décision soit prise « pour honorer nos poilus », comme on disait alors.

Comme quoi, associer un défilé militaire à la célébration du 14 juillet, n’allait pas forcément de soi.

Et en ce sens, la polémique née des déclarations d’Eva Joly, proposant de substituer un défilé populaire au défilé de l’armée française, pose plus largement la question de la perception de celle-ci dans l’opinion publique.

Disons qu’à droite comme à « gauche », la diatribe visait essentiellement au bénéfice politique que chacun estimait pouvoir en tirer, à quelques mois de l’élection présidentielle.

Cependant, au-delà de ces considérations électoralistes, il n’est pas inutile de préciser nos positions.

E va Joly a voulu se présenter comme une candidate pacifique, voire « pacifiste ». Mais de telles convictions auraient plus d’ampleur, si la députée européenne n’avait pas rallié le camp belliciste en approuvant l’intervention militaire française en Libye…

Et si ses défenseurs « verts » n’avaient pas profité de l’occasion pour faire de l’anticommunisme, et l’amalgame entre les défilés de l’armée soviétique à Moscou, du temps de l’URSS, comme contre modèles et symboles du « militarisme rouge » et, bien sûr, du « totalitarisme ».

Comme si la victoire écrasante de l’Armée rouge sur l’envahisseur hitlérien, n’avait pas été déterminante quant à la réussite du débarquement allié en Normandie…

Mais passons et venons-en aux propos des uns et des autres sur l’assimilation de l’armée, de notre armée, à la Nation.

Disons, d’abord, que les forces militaires ne sont que l’instrument armé des objectifs et de la stratégie  politique et diplomatique du pouvoir en place. Aussi, selon les époques et les circonstances, l’armée a été diversement utilisée par les différents gouvernements de notre pays.

Faut-il rappeler que « l’armée de Versailles », libérée par Bismarck, a massacré le peuple de Paris en 1871, alors que celui-ci s’était courageusement dressé avec la Commune, contre l’envahisseur prussien, refusant la capitulation imposée par Thiers ?

Q uelle armée fallait-il honorer ?

Faut-il rappeler que le gouvernement de Vichy, en zone dite « libre », organisait des défilés militaires dans nos villes de « l’armée d’armistice », tolérée par Hitler, drapeaux et musique en tête, alors que Pétain livrait notre pays, ses industries et ses travailleurs, à l’Occupant allemand, alors que « l’armée des ombres », celle de la Résistance, livrait combat aux troupes nazies et à ses soutiens français ?

Quelle armée fallait-il honorer ?

Faut-il rappeler que l’Etat-major de l’armée française œuvrait, en 1940, pour la capitulation, alors que certains chefs militaires résistaient héroïquement en France au-delà de l’armistice, et que d’autres refusaient la défaite, tels de Gaulle, de Larminat ou Leclerc, considérés comme « traîtres » par le maréchal Pétain, qui les faisait condamner à mort par contumace …

Quelle armée fallait-il honorer ?

Et si nous limitons notre rappel historique à la période qui suit la Libération, posons-nous la question : quel rôle, de la Quatrième à la Cinquième République, les différents gouvernements ont-ils fait jouer à l’armée française, en Indochine comme en Algérie, en passant par l’Afrique noire ?

Nos forces militaires ont été engagées dans de guerres coloniales, contre des peuples se battant pour leur indépendance.

Faut-il honorer les chefs de notre armée, en insurrection contre la République, dont de Gaulle disait en 1961 :

«Un pouvoir insurrectionnel s'est établi en Algérie par un pronunciamiento militaire. Ce pouvoir a une apparence : un quarteron de généraux en retraite. Il a une réalité : un groupe d'officiers, partisans, ambitieux et fanatiques. Ce groupe et ce quarteron possèdent un savoir-faire expéditif et limité. Mais ils ne voient et ne comprennent la nation et le monde que déformés à travers leur frénésie. Leur entreprise conduit tout droit à un désastre national. »

Rappelons-le : tous ces généraux et tous ces colonels avaient été les commandants en chef, durant les sept ans, de la guerre d’Algérie, massacrant au napalm et torturant avec la « gégène » les combattants algérien et la population.

Or, durant ce temps, quelques militaires prestigieux, tel le général de la Bollardière, dénonçant cette guerre et les horreurs qui s’y commettaient, étaient considérés comme « traîtres » et sanctionnés comme tels.

Quels chefs militaires fallait-il honorer ?

Tous ces exemples expriment l’ambiguïté des propos qui assimilent le peuple et son armée. Sauf, quand les déclarations éclairent, au contraire, la persistance d’une idéologie colonialiste et militariste. C’est vrai à droite, à l’UMP comme au Front National, chez tous ceux, autour de Nicolas Sarkozy et de Marine Le Pen, qui ont la nostalgie de nos expéditions outre-mer, et pour qui la colonisation conserve toutes ses vertus.

La « françafrique », ses réseaux, les intérêts capitalistes, dont elle est le vecteur, sont toujours là pour « justifier », en Côte d’Ivoire comme en Libye, les interventions militaires de la France.

Mais à « gauche », au Parti socialiste, les déclarations de ses leaders qui vont dans le même sens, montrent une égale nostalgie des expéditions coloniales menées par Guy Mollet et François Mitterrand en Algérie, qualifiée alors de « française ».

Et aujourd’hui, de Martine Aubry à François Hollande en passant par Laurent Fabius, chacun y va de sa déclaration :

«Le 14 juillet, c’est d’abord un hommage donné à la République donc à notre armée, qui se bat aujourd’hui sur beaucoup de terrain » proclame la première

« Montrer (par le défilé militaire) que nous avons besoin d’une défense nationale et que nos militaires agissent pour nous et sont […] au service de la patrie, c’est une chose utile. » déclare le dernier.

Belles envolées lyriques de la part de politiciens qui bradent notre souveraineté, réduisent l’indépendance de la France, en œuvrant pour une Europe intégrée, dominée par l’Allemagne, et pour une armée soumise à l’Otan

Telles sont les réflexions de « canempechepasnicolas » suscitées par la « polémique » politicienne autour de l’armée française, du 14 juillet … et, pour nous, mais ignorée de tous, de la prise de la Bastille.

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21 juillet 2011 4 21 /07 /juillet /2011 06:42

                                                                      MARE NOSTRUM-copie-1

 

 

 

 

La marine israélienne prend le contrôle du
Dignité Al Karama

 

 

Des commandos de la marine israélienne ont pris mardi le contrôle du navire français de la flottille internationale qui projetait de forcer le blocus maritime israélien de Gaza et l'ont contraint à faire route vers le port d'Ashdod.

 

 

Selon un communiqué des organisateurs sur Tweeter, "les 16 passagers du Dignité Al KaramaDignité-Al Karama, seul rescapé de la flottille de la Liberté II, a été arraisonné illégalement ce matin dans les eaux internationales de Méditerranée, non loin de Gaza", dénonçant une "violation patente de la liberté de navigation en haute mer". "Une nouvelle fois, le gouvernement israélien répond par une démonstration de force disproportionnée, inacceptable, face à une initiative de solidarité citoyenne, explicitement non-violente", ont-ils déploré, exprimant "les plus vives inquiétudes quant au sort des passagers", parlant d'un "acte de censure militaire". sont actuellement conduits vers le port d'Ashdod où ces derniers vont subir un interrogatoire". En France, l'association France Palestine solidarité affirment dans un communiqué que "le Dignité-Al Karama, seul rescapé de la flottille de la Liberté II, a été arraisonné illégalement ce matin dans les eaux internationales de Méditerranée, non loin de Gaza", dénonçant une "violation patente de la liberté de navigation en haute mer". "Une nouvelle fois, le gouvernement israélien répond par une démonstration de force disproportionnée, inacceptable, face à une initiative de solidarité citoyenne, explicitement non-violente", ont-ils déploré, exprimant "les plus vives inquiétudes quant au sort des passagers", parlant d'un "acte de censure militaire".

Avant l'abordage, le bateau avait été encerclé dans la matinée par plusieurs bâtiments de la marine israélienne,"le bateau est entouré par au moins trois navires israéliens alors que celui-ci était dans les eaux internationales à 40 milles de Gaza et depuis 09H06 heure de Paris, toutes les communications sont brouillées, nous ne pouvons plus communiquer avec ceux présents à bord, ni par téléphone ni par internet", a déclaré à l'AFP Julien Rivoire, un des porte-parole de l'opération, joint au téléphone à Paris. "Il s’agit d'un acte de censure militaire qui montre la logique choisie et viole la liberté de communication et d’information", selon le communiqué. "Des bâtiments de la marine ont hélé le yacht pour l'informer qu'il approchait d'une zone fermée", a dit le porte-parole de l'armée israélienne, se refusant à fournir des détails sur l'intervention. Selon un journaliste de la chaîne Al DjaziraLe Dignité-Al Karama transporte 16 passagers, de six nationalités, non armés et non violents. Ce petit poucet de la flottille ne constitue en aucune façon une menace", ajoutent les organisateurs, exprimant leur "inquiétude au vu des menaces proférées par Israël contre la flottille". présent à bord, la marine israélienne a prévenu l'équipage qu'elle prendrait le contrôle du bateau s'il n'obtempérait pas. "

"La présence en mer du Dignité Al-Karama constitue un reverspour le gouvernement israélien"

 

 

Parti de Corse le 25 juin dernier, le Dignité Al Karama est le seul bateau de "la flottille de la liberté" à être passé entre les mailles du filet grec. Les neuf autre bateaux qui composaient la flottille pour Gaza, avec à leur bord 300 militants venus de 22 pays, ont été empêchés de prendre la mer par décision du gouvernement grec, satisfaisant ainsi une demande israélienne explicite. Mais le Dignité-Al Karama, qui avait été intercepté le 7 juillet par les garde-côtes grecs et conduit dans l'île grecque de Kastelorizo, a pu appareiller dimanche en disant vouloir rejoindre le port égyptien d'Alexandrie. "La présence en mer du Dignité Al-Karama constitue un revers pour le gouvernement israélien qui, par la force ou les pressions, cherche à perpétuer un blocus illégal et criminel et à faire taire les mouvements des sociétés civiles du monde entier", disent les organisateurs dans un communiqué. Seize personnes se trouvent à bord du navire, dont la journaliste du quotidien israélien de gauche Haaretz, Amira Hass, Jean-Claude Lefort, président de l'Association France-Palestine solidarité, Jacqueline Le Corre, représentant le PCF et une équipe de la chaîne arabe Al-Jazira.

 

 

Israël s'est déclaré déterminé à empêcher la nouvelle flottille d'atteindre Gaza, auquel il impose un blocus depuis l'enlèvement d'un de ses soldats en juin 2006 et la prise de contrôle du territoire par le mouvement islamiste Hamas un an plus tard.

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13 juillet 2011 3 13 /07 /juillet /2011 08:40

 

                                                                ASSEMBLEE-CORSE.jpg

 

 

Intervention de Michel Stefani

Foncier Logement

 

  

 

80 rencontres, sous la forme d’ateliers, de séminaires, de réunions publiques. 500 participants, une soixantaine de contributions écrites. Voilà retracés en quelques chiffres les huit mois de travaux impulsés par Maria Guidicelli dans le cadre de la feuille de route établie par l’Exécutif de la CTC après le lancement des Assises du Foncier et du Logement.

Ce travail sans précédent est traduit dans le rapport par un ensemble de propositions déclinées en 8 axes, 32 fiches actions et un budget multiplié par 6 avec l’objectif d’enrayer la spéculation foncière et immobilière, de garantir à chacun, le droit de se loger décemment, de maîtriser le foncier et favoriser le développement de l’agriculture.

La démonstration est ainsi faite de l’urgente nécessité d’engager une politique nouvelle au service d’un projet de développement économique et social. Le constat accablant dressé au regard des statistiques, alarmantes s’agissant de la pauvreté et de la précarité, impliquent de démonter les mécanismes qui sont à l’origine de la double fracture sociale et territoriale.

Rien n’est plus urgent, en effet, que s’attaquer véritablement aux inégalités sociales qui ont été creusées notamment par la zone franche et le détournement des réfactions de TVA destinées initialement aux consommateurs. Les documents annexés au rapport nous apprennent que les 395 ménages insulaires redevables de l’ISF, avant sa dernière révision, disposaient en moyenne d’un patrimoine moyen de 1,9 M€ soit un total de 0,7 milliard d’euros.

L’écart de revenu entre les ménages les plus pauvres et les plus riches a atteint les 7,5 points. Ainsi, la faiblesse des revenus des ménages, les salaires sont les plus bas du pays, rend 80 % d’entre eux éligibles à un logement social. Pour autant, la pénurie de logements sociaux laisse 8 000 demandes insatisfaites en aggravant le sentiment de frustration et d’injustice alors que, par ailleurs, certaines communes recensent 50 % de résidences inoccupées à l’année parce que destinées à la location estivale.

Aujourd’hui, plus d’un ménage sur deux n’est pas propriétaire de sa résidence principale et plus de 70 000 habitations sont classées résidences secondaires. En ces termes, la priorité que nous donnons aux plus démunis, aux couches moyennes, n’est que justice sachant que les riches ne sont pas confrontés à l’impossibilité de se loger, de travailler pour disposer d’un revenu, de se soigner, de s’habiller ou de se nourrir. Rendre du pouvoir d’achat, permettre l’accès au logement, faire reculer le chômage et la précarité sont les axes autour desquels l’action de la CTC, dans les limites de ses compétences, doit s’articuler en relation avec celle de l’Etat ce qui requiert son engagement au niveau nécessaire plutôt que le contraire.

Ce choix politique implique de maîtriser le foncier et impose de travailler également de manière concertée et cohérente avec toutes les collectivités et dans cet esprit d’user positivement du pouvoir d’adaptation réglementaire et législatif pour que droit et réglementation correspondent aux spécificités de notre territoire et permettent de répondre aux exigences de justice sociale de la population confrontée à des inégalités insupportables.

Par conséquent, il était important que la CTC, comme nous le demandions depuis des années, augmente ses engagements financiers. Cette volonté, reprise par la nouvelle majorité, doit trouver pleinement son sens dans la mise en oeuvre de la politique fondée sur le constat partagé très largement durant ces Assises. Pour ce qui nous concerne, ces moyens doivent être mobilisés en priorité pour la construction de logements sociaux en faveur des ménages modestes, pour l’accession à la propriété en faveur des jeunes, pour l’acquisition et la maîtrise publique du foncier en fonction des besoins identifiés.

Aussi, vouloir isoler la problématique de la spéculation foncière et immobilière de la question sociale, prise dans toutes ses dimensions, c’est s’exposer en définitive à ne pas adopter une solution durable pour en sortir alors que dans le même temps la dérive affairiste et mafieuse prospère sur ce terrain. Il ne s’agit pas de noyer le problème mais assurément de se donner les moyens les plus efficaces d’agir à partir des principes républicains de solidarité, de transparence et de démocratie, pour réduire la pression spéculative. Par exemple, il est inconcevable que la réfaction de TVA sur le

coût des matières de construction ne se retrouve pas sur le prix du m² construit qui peut atteindre les 5 ou 6 000 €.

De la même façon la création de l’EPF doit permettre à la puissance publique de desserrer la contrainte du prix du foncier pour en garantir l’usage équilibré entre l’économie, l’urbanisation, l’agriculture et la protection des espaces naturels. Sur ces deux derniers points l’EPF pourra conventionner avec la SAFER et travailler en étroite relation avec le Conservatoire du Littoral pour mener les actions cohérentes et efficientes nécessaires.

Cet outil de préemption au service des collectivités locales doit leur permettre d’aménager leur territoire. En même temps, l’Agence de l’urbanisme, dont la création est également programmée, accompagnera efficacement les collectivités locales dans l’élaboration de leurs documents d’urbanisme. Comme le montre, avec une certaine efficacité, l’ANIL et l’ANAH, l’EPF doit pouvoir :

- Intégrer l’éco-habitat et l’éco-industrie des filières spécifiques ;

- contrôler le marché ;

- exercer un encadrement des prix ;

- veiller au respect des normes d’habitabilité ;

- exiger l’interdiction des expulsions ;

- mettre en place par zone, une banque de données.

Ces orientations de cohésion territoriale et sociale s’inscrivent dans les propositions du 5ème rapport de la politique de cohésion communautaire qui préconisent notamment

 

« de mettre en place un programme urbain ambitieux, définissant plus clairement les ressources financières disponibles et conférant aux élus locaux un rôle plus important dans la conception et l’application des stratégies de développement urbain »

.

Enfin, le futur PADDUC apportera à cette politique nouvelle la cohérence régionale nécessaire en affichant l’ambition de l’équilibre territorial et de l’excellence environnementale. A ce moment-là, sans remettre en cause le principe de libre administration des collectivités locales, la stricte application de la loi Littoral, une cartographie au 1/25 000 et l’atlas du littoral, déjà existant, trouveraient leur pleine utilité. Dans cet esprit, reconstituer les titres de propriété, pour sortir les biens de l’indivision, non pas dans les pôles urbains et sur le littoral où ça arrive rarement mais dans les villages dépeuplés, contribuerait à ce que le patrimoine échappe à l’abandon et la ruine. C’est la responsabilité du GIRTEC.

Intervention d’Etienne Bastelica

Foncier Logement

Monsieur le Président, mes chers collègues,

Voici un peu plus d’un an, le nouveau président de l’Assemblée s’engageait à se mettre au service « des spoliés de la terre » et de l’intérêt général. Reprenant le fil conducteur de la campagne électorale, nous nous associons pour redonner de l’espoir à ceux qui souffrent le plus, à ceux qui ne parviennent plus à se loger et aujourd’hui aussi qui n’arrivent plus à se soigner.

Dans cet esprit, le groupe des élus communistes et Front de Gauche avait présenté une motion partagée par M. Talamoni et son groupe. Cette motion, reconnaissant le caractère transversal de la question foncière, nous engageait à mener une réflexion, dans la concertation, à la fois sur le foncier et sur le logement.

Dès lors, il ne s’agissait plus d’une promesse mais bien d’un engagement qui définissait avec méthode et rigueur les conditions de cette réflexion. Rappelons-nous que, dès le départ, aucune idée, aucune possibilité ne devait être exclue afin d’aboutir à une proposition de synthèse lors d’une session extraordinaire de l’Assemblée de Corse.

Nous sommes aujourd’hui à l’étape de la concrétisation. Une concrétisation rendue possible par le déroulement des ateliers tout au long de l’année écoulée. 80 réunions organisées, plus de 60 contributions écrites spontanées. 500 personnes ont accompagné à un moment ou à un autre la démarche. La mobilisation de la société corse a donc été très forte. Cela doit nous interpeler.

Nous devons aussi rappeler que pendant ces ateliers, à aucun moment la méthode n’a été contestée, nous permettant ainsi d’établir un diagnostic partagé et de produire une plate-forme d’intervention publique, véritable stratégie pour notre collectivité.

Le défi à présent est dans le respect de ces promesses et dans la mise en oeuvre de nos propositions. Un des premiers aspects réside dans la participation de l’Etat. Le rapport que nous examinons, demande une implication très forte de l’Etat, essentiellement sur le plan financier. Notre double devoir est de faire en sorte que l’Etat s’y engage et respecte ses engagements mais aussi que, de notre côté, nous utilisions les ressources mises à notre disposition pour éviter d’avoir à reverser les sommes non utilisées.

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Intervention de Michel Stefani

Fiscalité

 

 

 

 

 

 

 

            Le rapport, richement argumenté par Messieurs Colombani et Sereni, donne, me semble-t-il, toute sa pertinence à la réflexion que nous avons engagée sous la double exigence d’une part, de freiner la flambée spéculative et de réduire les dérives affairistes et mafieuses et d’autre part, de répondre à l’urgence sociale et à la pénurie de logements en utilisant un maximum de leviers mis à disposition de la CTC à travers ses compétences notamment son pouvoir d’adaptation réglementaire et législatif. 

C’est indiscutable comme il est évident qu’un alignement du régime des donations sur celui des successions dans le cadre de cette loi aurait été plus judicieux. En revanche, on remarque que les zones urbaines et périurbaines la bande littorale sont rarement concernées par l’absence de titre et l’indivision.

Plus précisément la délibération proposée, dans le cas où le gouvernement en tiendrait compte, permettrait, non seulement, d’engager dès 2013 une nouvelle politique alliant justice fiscale et justice sociale mais aussi de purger les problèmes de l’indivision et des donations, et enfin d’expérimenter et d’évaluer les nouveaux dispositifs comme le rapport le propose sur une période allant jusqu’en 2027.

Dans le cas contraire, où le gouvernement n’en tiendrait pas compte, le retour au droit commun sera effectif en janvier 2018 et pour notre part, nous nous opposerons à l’ouverture de nouvelles négociations avec l’Etat pour obtenir une dérogation de plus maintenant à travers les arrêtés Miot les privilèges exorbitants de quelques-uns.

L’enjeu est en définitive de mettre en cohérence la politique du foncier et du logement et de dégager une partie des moyens financiers dont l’EPF aura besoin. En ce sens, la délibération devra être précisée très rapidement notamment sur le produit attendu, les barèmes, les tranches, les abattements, les assiettes et les taux en réaffirmant l’orientation forte de la CTC en faveur de la justice fiscale.

A ce moment-là, nous dirons clairement au législateur voilà ce que nous demandons pour les successions en ligne directe, pour les successions en ligne indirecte en tenant compte qu’en Corse le nombre de successions de ce type est supérieur et enfin, pour les entreprises, de l’entreprise uninominale à celle 250 salariés et plus, en tenant compte de leur politique d'emplois, de salaires, de formation, de respect de l'environnement.

En même temps, l’absence d’éléments d’appréciation sur la fiscalité des entreprises en Corse est ici dommageable. En effet, le Conseil des prélèvements obligatoires (CPO) souligne, dans une récente étude relative aux taux d'imposition sur les bénéfices, une grande disparité selon leur taille, à l’avantage des entreprises du CAC 40.

Ainsi, il apparaît que la multiplication des exonérations et des crédits d'impôts, l'exonération des plus-values sur les titres de participation, les niches fiscales ou encore les transferts vers des filiales à l'étranger ont fortement diminué la base taxable de l'impôt sur les sociétés.

De ce fait, les grandes entreprises du CAC 40, qui représentaient selon le CPO 30 % des profits nationaux en 2006, rapportaient à peine 13 % de l'impôt sur les sociétés quand les entreprises de moins de 20 salariés acquittent cet impôt à hauteur de 30 %. Au total, le manque à gagner pour l'État s'élève à 5 milliards d'euros par an. Taxées à 18 % comme les PME, les grands groupes cotés paieraient 15 milliards d'euros d'impôts sur les sociétés contre 6,5 milliards actuellement.

 

 

 

En conclusion, cela m’amène à souligner, plus encore maintenant que les effets de la crise se font à nouveau sentir durement, qu’il ne peut y avoir d’évolution positive durable sans une véritable réforme nationale de la fiscalité qui mette à contribution les marchés financiers d’une part et garantisse par la péréquation à chaque citoyen, à chaque collectivité, les dotations nécessaires à une vie et un développement harmonieux qui les dégagent définitivement de la logique concurrentielle qui oppose les hommes et les territoires entre eux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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