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CHANTS REVOLUTIONNAIRES

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17 mars 2011 4 17 /03 /mars /2011 10:11

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              SOLIDARITE INTERNATIONALISTE

 

Le Parti communiste russe continue sa progression électorale avec près de 22% aux élections régionales partielles de mars et est en bonne position pour prendre la région d’Orel

Le Parti communiste russe continue sa progression électorale avec près de 22% aux élections régionales partielles de mars et est en bonne position pour prendre la région d’Orel

 

Article BL/AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Tous les six mois, les citoyens russes sont appelés aux urnes pour élire leurs représentants dans diverses Assemblées locales de plusieurs sujets de la Fédération. Ce 13 mars, dix régions étaient en jeu, Petrozavodsk (Carélie), Syktyvar (République des Komis), Stavropol, Vladimir, Kaliningrad, Kemerovo, Orel, Saratov, Khanty-Mansiysk et Perm.

 

Toutes les circonscriptions n’étaient pas soumises au même scrutin. Dans six de ses sujets de la Fédération (Petrozavodsk, Kaliningrad, Kemerovo, Orel, Khanty-Mansiysk, Perm) dominait un scrutin majoritaire uninominal classique tandis que les quatre autres (Syktyvar, Stavropol, Vladimir, Saratov) étaient régis par un système mixte panachant le scrutin majoritaire uninominal avec une proportionnelle par liste.

 

 

22% pour le Parti communiste face à un pouvoir et une opposition officielle en plein effrittement électoral

 

 

Le résultat agrégé sur les dix scrutins réalisé par le Parti communiste révèle une dynamique extrêmement positive puisque avec 21,7% des voix, le KPRF s’installe plus que jamais comme la deuxième force politique du pays et la seule alternative au pouvoir autocratique de Russie unie. Il obtient un de ses meilleurs scores sur les derniers scrutins du même type, seulement égalé par le résultat obtenu en mars 2010.

 

Comparativement, l’hégémonie de Russie unie sur la vie politique russe continue de s’effritter en dépit de la fraude habituelle et du contrôle politique exercé sur le scrutin. Dans les quatre scrutins soumis à la proportionnelle, Russie unie passe sous la barre des 50% (49,6% à comparer, toutes choses égales par ailleurs, au 58,7% d’octobre 2010).

 

Du côté des deux autres partis majeurs, Russie juste (parti de centre-gauche créé par le pouvoir pour créer une opposition de façade) avec 10,4% obtient son plus mauvais score des cinq derniers scrutins tandis que le parti d’extrême-droite dit libéral-démocrate connaît une légère remontée avec 13,3% des voix.

 

 

Le Parti communiste représenté dans les Assemblées de presque tous les sujets garde l’espoir de gagner Orel

 

 

Le point positif de ce scrutin pour le KPRF est qu’il obtient une représentation aux Assemblées de huit des dix sujets en jeu.

 

Le KPRF serait même en passe de conquérir la majorité au Conseil régional d’Orel, où le Parti communiste a gagné 17 des 38 circonscriptions en obtenant un score moyen remarquable de 37%.

 

Excellent résultat également dans la ville de Vladimir où, avec 29% des voix, le KPRF talonne Russie unie (35%) qui réalise là son plus mauvais score de la journée électorale.

 

Ailleurs, le Parti communiste se rapproche de Russie unie également à Stavropol, avec 24% des voix contre 38% pour le parti du pouvoir. Il réalise un très bon score à Kaliningrad avec 28% des voix et 3 élus, à Petrozavodsk avec 25% des voix et 5 élus et parvient tout de même à obtenir un élu à Perm avec seulement 16,5%.

 

 

D’excellents résultats minorés par un scrutin injuste et une fraude massive bien qu’inégale

 

 

Toutefois, le Parti communiste a encore une fois subi les conséquences d’un système électoral injuste qui fait la part belle au scrutin majoritaire et cantonne la proportionnelle, au mieux, à une place subalterne dans le cadre d’un scrutin mixte.

 

Cela explique pourquoi les communistes seront absents de deux assemblées locales où pourtant ils avaient réalisé de bons scores, à Kemerovo (18,4%) et Khanti-Mansiysk (22,2%).

 

Comme le note une de fois le KPRF, la fraude a été massive lors de ce scrutin bien qu’inégalement répartie. En effet, il explique la différence non-négligeable entre le score atteint dans les sujets à scrutin majoritaire (23,2%) et ceux à scrutin mixte (19,9%) par l’incidence de la fraude.

 

En effet, d’après les communistes, le scrutin mixte – avec une bonne dose de proportionnelle – aurait contraint le pouvoir à abuser de la fraude pour s’assurer d’une représentation majoritaire à l’Assemblée, là où dans les scrutins majoritaires uninominaux il suffisait pour « Russie unie » de remporter la première place pour gagner l’élection.

 

Malgré les pratiques bureaucratiques frauduleuses d’un pouvoir autocratique au service d’une poignée d’oligarques, le Parti communiste représente de plus en plus, aux yeux du peuple russe, la seule réelle alternative à la mainmise du capital sur le pays.

 

Vingt ans après la criminelle dissolution de l’URSS provoquée par un Gorbatchev qui achève ses derniers jours dans l’indifférence et le mépris du peuple Russe, le communisme représente pour une part de plus importante du peuple russe l’avenir de la nation !

 

 

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17 mars 2011 4 17 /03 /mars /2011 10:07

 

Marine Le Pen critique les Bleus, dont certains n’auraient pas "la nationalité de coeur" voire seraient vendus "au proxénétisme sur mineure". Question proxénétisme, c’était son parrain qui en connaissait un rayon…

Bakchichs’est procuré le manuscrit, jamais publié, écrit en 1988 par Pierrette Le Pen, l’ex-femme de Jean-Marie Le Pen. Après 25 ans de vie commune, Pierrette Le Pen dresse le portrait intime du leader du Front national.

Un chapitre est consacré à "Monsieur Eric".

Henri Botey, dit "Monsieur Éric", fut l’un des empereurs des nuits de Pigalle dans les années 60 et 70. Proxénète, il sera condamné à plusieurs reprises et, par trois fois, pris pour cible par des hommes armés. Jean-Marie Le Pen et lui se lient d’amitié, au point que le fondateur du FN en fera le parrain de Marine.

Extraits :

Éric fit très bien les choses. Le baptême eut lieu en grande pompe à l’église de la Madeleine. Pour ceux qui ne croient pas « aux signes », je ferai remarquer qu’il s’en présenta un, de taille ; l’aumônier Pohpot qui officiait, et déposa l’eau sur le front et le sel sur la langue de Marine. Pohpot était une célébrité. Connu de tous les hommes du « Milieu » es-qualité d’aumônier de la prison de Fresnes. (…)

Le baptême eut lieu le 25 avril 1969. Eric et Jean-Marie se fréquentant hors de la maison, je ne le voyais que rarement. Pourtant, lorsque des amis louèrent "L’Eryx II" (l’ancien bateau du comte de Vogüe), Eric fut de la croisière aux Caraïbes (…) Au retour, ils furent arrêtés pas la police. Dans un premier temps, Jean-Marie me dit :

  C’était fatal ! Il gagne trop d’argent. Le fisc lui cherche des misères…

Quelques jours plus tard des journaux me tombèrent entre les mains. Je lus : Eric Bottey exerce un phénoménal proxénétisme hôtelier et Véronique (ndlr : sa compagne) dirige l’ancienne maison de Mme Claude rue de Boulainvilliers…

Jean-Marie refusa évidemment de m’expliquer et s’en tira par une dérobade : «  Laisse donc ! En attendant, j’interdis que Marine regarde la télé jusqu’à nouvel ordre ! » Marine était en effet très attachée à Éric Bottey. Avec elle, il débordait de gentillesse : un vrai parrain (…)

Eric Bottey, c’est la légende en noir et rouge comme les froufrous des danseuses de French Cancan, de Pigalle, la nuit et le sang dont il faut payer la puissance ! L’histoire de "Monsieur Eric", c’est celle, dans les années 50, d’un apprenti boulanger de vingt ans, assez fûté et habile pour ne pas passer sa vie dans le pétrin.

Sa rencontre avec Carmen, une ex-belle de nuit, va décider de son avenir. A partir d’un petit établissement, ils vont, morceau par morceau, bâtir leur empire au sein du "quartier chaud" de Paris. Une fortune colossale, en forme de holding ou de poupées russes, sans propriétaire identifié. La "Bohème", le "Yellow Dog", le "Tiffany", le "Sulky", le "Lautrec", sans compter des établissements hôteliers de prestige propres à redorer n’importe quel blason. (…)

C’est la gloire pour le couple. Ils ont la protection du Milieu, des frères Zemour, qui font régner la loi. Ils ont aussi, chuchote-t-on, d’importants et très haut placés appuis policiers et politiques. Avec cette double alliance, "Monsieur Eric" porte beau dans son somptueux manoir de Tracy-sur-Mer, dans le Calvados (…)

La chute

En 1978, son parcours royal connaît sa première embûche. Carmen, l’épouse, la complice, demande le divorce, saute d’humeur due aux trop nombreux coups de cœur de son époux pour l’une ou l’autre beauté de son "cheptel". On se quitte souvent amis et partenaires ! En guise de cadeau d’adieu, il lui offre un superbe hôtel particulier de la rue Boulainvilliers, dans le XVIe arrondissement : l’ex-maison de rendez-vous de Mme Claude ! Tout un symbole !

Le 11 juin 1982 va marquer le glas de l’impunité choquante d’Eric Bottey. Sur commission rogatoire du juge d’instruction Jean-Louis Debré, la brigade financière et les inspecteurs de la brigade du proxénétisme et des stupéfiants à l’époque dirigée par le commissaire divisionnaire Morin, un incorruptible, jettent un coup de pied dans la fourmillière. Voilà les bénéfices et les sociétés occultes de Monsieur Eric passés au crible. Il va être condamné à dix mois de prison, ainsi que son ex-épouse, et à une amende d’un bon milliard d’anciens francs dont il ne s’acquittera d’ailleurs que partiellement.

(…)

Il fut un temps où les voyous se précipitaient respectueusement vers Bottey pour lui porter sa mallette. "L’empereur" régnait en compagnie de son épouse Carmen Vallet, sur plusieurs bordels dont le Saint-Georges. Ils avaient sous leur coupe un véritable village de bars, dont la grand-rue était la rue Frochot, qui débouche sur la place Pigalle. (…) Les journalistes ne peuvent pas être au courant de tout. Ils ignoraient l’existence du "Café de France", rue Godot-de-Mauroy, une autre "affaire" d’Eric Bottey.

Pierre Durand, le seul ami survivant de Jean-Marie Le Pen son compagnon constant, ci-devant directeur du très catholique journal Présent grand moralisateur devant l’Eternel en était bien étrangement le prête-nom.

Le même Pierre Durand qui dans son journal Présent du 13 juin 1987, me consacra, après le coup d’éclat de Playboy, un éditorial intitulé "Les bornes de l’abjection sont franchies". Qu’ajouter ?

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Pour en savoir plus, lisez "Le livre de Pierrette enterré sur Le Pen" et "Le FN dans son petit pull Marine" dans Bakchich Hebdon°27 .

Par valenton rouge -

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17 mars 2011 4 17 /03 /mars /2011 10:04

Halte au totalitarisme linguistique de M. Copé

par Georges Gastaud
Président du Courriel, association progressiste de défense de la langue française

 

   Hallucinant ! Le même Jean-François Copé qui annonce que l’UMP veut mettre au cœur de la campagne présidentielle le basculement de la France au tout-anglais managérial1, se réfère aujourd’hui au « pacte républicain » (!) pour contester aux musulmans de France leur droit de prier dans la langue du Coran à l’intérieur des mosquées2 !

Les choses en sont arrivées au point qu’on ne saurait dire désormais ce qui l’emporte dans la politique linguistique de plus en plus fascisante du parti sarkozyste : est-ce sa volonté grossière de placer le culte musulman sous tutelle étatique au mépris des principes laïques, ou son acharnement contre le français, « langue officielle de la République » aux termes de la Constitution ? Car c’est désormais un fait massif et avéré que les milieux dirigeants de l’U.E., stimulés par de hautes personnalités patronales comme E.-A. Seillière3 s’acharnent à imposer partout le Wall Street English avec le soutien zélé des ministres et des ex-ministres de Sarkozy, les Bokel, Chatel, Pécresse, Lagarde et autres Bernard Kouchner… Lire la suite…

Les Français must speak english – ] ]

Ernest-Antoine Seillière, appelé à intervenir en 2003 devant le Conseil européen, annonça qu’en tant que président de la confédération patronale européenne Business-Europe, il s’exprimerait en « anglais, la langue des affaires et de l’entreprise ». Quant au président de la banque centrale européenne (BCE), il déclarait devant les eurodéputés lors de sa prise de fonction : « I am not a Frenchman ! ». []

 

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17 mars 2011 4 17 /03 /mars /2011 09:55

Mélenchon/PCF/Libye : il faudrait savoir qui défend quelle position !

 

Dans un récent article, nous avons constaté et dénoncé le vote de deux élus du Front de gauche au Parlement européen, Jean-Luc Mélenchon et Marie-Christine Vergiat en faveur d’une résolution invitant les Etats de l’UE à se « tenir prêts » à une forme d’intervention militaire en Libye.

Un article de Jacques Fath dans le supplément « Communistes » de l’Humanité du 16 mars 2011 confirme « l’opposition totale de la direction de notre parti, le PCF, à toute intervention militaire ».

Mais sur son blog, Jean-Luc Mélenchon affirme qu’il a « fixé son vote en accord avec la direction du PCF ». Les deux députés européens, membres du PCF, étaient absents.

 

Il faudrait savoir ! Mélenchon et ses concitoyens du PG ont la fâcheuse tendance à s’approprier les voix et la légitimité du PCF pour défendre leurs propres positions, souvent fondamentalement différentes, sinon de celles des plus ardents partisans du « Front de gauche » dans le PCF, de celles qu’ont toujours défendues les communistes, en l’occurrence l’anti-impérialisme.

 

Ces désaccords, sur des questions aussi importantes ne sauraient être occultés.

Une répartition des positions dans un « Front de gauche » attrape-tout, tiré vers la droite, est inacceptable.

 

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16 mars 2011 3 16 /03 /mars /2011 08:41

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Pierre Laurent et André Chassaigne ont apporté leur soutien aux candidats PCF-Front de gauche aux cantonales. Un scrutin qui servira à mesurer l’aspiration au changement sur l’île.

 

Bastia (Haute-Corse),envoyée spéciale.

Que reste-t-il du pays de cocagne et des dépliants touristiques quand 20 % de la population survit avec des revenus inférieurs au seuil de pauvreté ? Il y a un an, la Corse exprimait sa volonté de tourner la page d’un quart de siècle de gestion de droite en portant le communiste Dominique Bucchini à la présidence de l’Assemblée territoriale. Le week-end prochain, les élections cantonales serviront de nouveau à mesurer l’aspiration au changement quand, traditionnellement, les nationalistes captent le mécontentement aux élections locales. Vendredi dernier, le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, et le député communiste du Puy-de-Dôme, André Chassaigne, candidat à l’investiture du Front de gauche à l’élection présidentielle, sont venus apporter leur soutien aux candidats du PCF-Front de gauche de Haute-Corse, qui présente six postulants dans les seize cantons renouvelables.

« Ma présence ici a une valeur symbolique à l’égard des coups portés au service public dans le département », a précisé André Chassaigne, en pleine période de conflit à la SNCM et alors qu’une épée de Damoclès menace le principe de continuité territoriale. « L’enjeu est de savoir si l’on veut une Corse low cost ou au contraire une Corse digne, avec des femmes et des hommes qui vivent décemment », explique également Michel Stefani, conseiller à l’Assemblée de Corse. Dans cette région, la logique libérale fait les beaux jours de la pression spéculative, des affairistes et des mafieux ; le modèle économique est exclusivement tourné vers le tourisme et les dispositifs fiscaux accentuent les inégalités. Et alimentent désormais la pauvreté.

En ce sens, le conseil général est considéré comme un « outil », selon Toussainte Devoti, candidate sur le premier canton de Bastia, grâce à ses compétences en matière d’action sociale. En une habile adresse aux nationalistes, Dominique Bucchini assure : « Que tu chantes en corse ou en français (...), l’important est de savoir si tu chantes pour le monde du travail. » Face à une campagne dépolitisée au possible, Pierre Laurent a appelé les communistes à aider la population « à trouver la voie politique à sa colère. On ne peut pas laisser croire à la soi-disant conversion sociale de Marine Le Pen. Elle était où pendant le combat sur les retraites ? Elle est loin d’être la syndicaliste qu’on nous présente. Nous ne vivons pas dans une France résignée. Ayons confiance en nous, ça commence aux cantonales ».

Lina Sankari HUMA2.jpg

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15 mars 2011 2 15 /03 /mars /2011 07:32

Face à Kadhafi, Nicolas n'est plus seul...

Nicolas n'est plus seul 

 

par Jean LEVY

 

Isolé au sein de l’Union européenne, Nicolas Sarkozy peut se prévaloir de fervents alliés. D’abord en France, le Président peut compter sur son preux chevalier, BHL, qui exprime, avec fougue, son désir d’en découdre avec le diable du désert, Mouammar Kadhafi.

« canempechepasnicolas » a rapporté, hier, les virils propos du hardi philosophe, qui n’hésite pas à se rendre sur place, là où se déroulent les combats, pour en rendre compte dans ses chroniques militaires. On se souvient de celle où, en Géorgie, il décrivait, avec maints détails, l’horreur de l’occupation russe, de son hôtel 5 étoiles à Tbilissi. Qui n’a pas aussi le souvenir de la connaissance profonde qu’il avait du "célèbre philosophe Botul", qui n’a jamais existé, si ce n’est dans l’imagination d’un humoriste !

 

Mais BHL n’est pas le seul féal de Nicolas Sarkozy.

 

Sans les énumérer tous, citons pour mémoire son officier chargé de publier ses messages, le héraut du matin, ou plutôt de la « matinale » de France Inter, Bernard Guetta. Lui aussi part en guerre contre Kadhafi, à longueur de chronique, lorsque ses autres ennemis intimes, Mahmoud Ahmadinejad, Fidel Castro, Hugo Chavez, les « dirigeants chinois » et combien d’autres, lui en laissent le temps. Bernard, qui n’est l’ermite de personne, est toujours aux avant-postes de la lutte que mènent « les démocraties contre les dictatures. »  Encore conserve-t-il un choix sélectif : les deux guerres d’agression menées en Afghanistan et en Irak par les Etats-Unis ne font pas de ceux-ci, un ennemi à pourfendre.  

Donc, bien encadré par ses deux solides gardes du corps, Nicolas n’est pas seul comme vigile zélé de la liberté. Certes, il a encore ses amis du « Fouquet’s », mais ils semblent bien silencieux en ces temps difficiles.

Aussi, notre président a dû apprendre aujourd’hui avec délectation, qu’il n’était plus, sur le plan international, seul contre tous. Il vient d’obtenir un renfort de taille. Et qui plus est, du monde musulman. En effet, dans un communiqué, relayé par la radio, Al-Qaida vient d’apporter tout son soutien total aux « vaillants combattants libyens » en lutte contre le monstre Kadhafi.

Mais, peut-être, pensez-vous, Nicolas Sarkozy va se trouver gêné par le compagnonnage avec Oussama Ben Laden ?

Pas du tout.

Lui et son camp jubilaient lorsque les Talibans taillaient des croupières aux troupes soviétiques. Entre des fanatiques islamistes et l’Armée rouge, il fallait bien choisir. A l’époque, toute la classe politique, hors le PCF, trouvait « sympas » ces combattants d’Allah, qui massacraient les femmes hostiles au voile, et brûlaient les écoles.

Aujourd’hui, face à Kadhafi, il faut faire fi des préjugés.

Ceux-ci ne sont bons qu’à l’intérieur de l’hexagone.

 

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14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 19:33

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Catastrophe au Japon

 

Déclaration du Parti Communiste Français

Le Parti communiste français exprime toute sa solidarité au peuple japonais dans les terribles épreuves qu’il est train de traverser. Le tremblement de terre qui a secoué et continue de secouer le Japon a atteint une force inégalée. Les conséquences humaines et environnementales de ce nouveau cataclysme naturel sont dramatiques, et restent ce dimanche encore insoupçonnées. Le nombre de pertes humaines atteint sans doute plus de dix mille victimes, des blessés en plus grand nombre encore, des milliers de maisons, d’entreprises et d’infrastructures détruites, un train entier disparu, et une petite ville de 10 000 habitants dont on est pratiquement encore aujourd’hui sans nouvelles car inaccessible aux équipes de secours. Face à un tel drame humain, l’heure est d’abord à la solidarité. Celle des communistes français s’exprime avec la plus vive détermination. Nous vivons heure par heure l’évolution et nous sommes admiratifs face à l’attitude courageuse et responsable de peuple japonais. Une des toutes premières urgences est de porter secours aux populations, sauver les vies humaines, les protéger et les soigner. Nous nous félicitons que la solidarité internationale s’organise et que la France y contribue avec ses équipes spécialisées. Pour ce qui nous concerne nous entrons en contact avec les organisations progressistes japonaises notamment le Parti communistes japonais. Il est encore impossible de mesurer l’ampleur des destructions environnementales produites par le tremblement de terre puis le tsunami. La vague de plus de 6m de haut a ravagé toutes les installations industrielles provoquant des incendies dans les raffineries. On ne peut mesurer l’étendue de pollutions de toutes sortes sur les écosystèmes côtiers et à l’intérieur des terres. On apprend qu’un volcan éteint depuis des décennies vient de se réactiver sans connaître ses effets sur les populations situées à proximité. Enfin les graves accidents nucléaires qui se déroulent actuellement dans les centrales de Fukuschima Daiichi, Fukushima Daini voire maintenant de Onagawa renforcent notre inquiétude et nous font craindre un accident nucléaire s’ajoutant au cataclysme naturel. Les autorités japonaises comme internationales (AIEA) estiment la situation très grave et craignent une catastrophe possible de très grande ampleur.

Le Parti Communiste Français prend très au sérieux cette situation et reste attentif aux différentes informations de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) et de l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN) sur la situation des centrales nucléaires japonaises dont la technologie BWR utilisée est différente de la technologie française. Les autorités japonaises doivent en tout état de cause faire preuve de toute la transparence utile et nécessaire quant à l’évolution de la situation dans ses centrales.

Le PCF mesure l’inquiétude qui s’exprime au sein de la population française relative au nucléaire. C’est pourquoi nous demandons qu’un important dispositif d’information au public soit mis en place. Avec nos parlementaires, nous demandons l’audition publique et immédiate par les commissions ad hoc du Parlement de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) et de l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN) sur la situation. Dans la foulée pourrait être créée une commission d’information ou d’enquête parlementaire afin d’évaluer en lien avec tous les organismes chargés de la sureté nucléaire compétents les risques éventuels que pourraient présenter les installations françaises. Leurs conclusions devront être rendues publiques afin qu’un véritable débat puisse se développer à partir d’informations précises. En effet bien des prises de positions actuelles nous semblent pour le moins prématurées.

Le PCF réaffirme l’importance qu’il attache aux études de sûreté nucléaire et au contrôle stricte de celle-ci, en France et dans le monde. L’acceptabilité sociale de la filière nucléaire nécessite que celle-ci reste plus que jamais dans le domaine public qui doit garantir la transparence, l’indépendance de l’expertise, la qualité de réalisation des installations et de leur exploitation. Les salariés qui travaillent dans le domaine y compris les sous traitants doivent avoir des garanties sociales de haut niveau.

La France et son industrie nucléaire devront tenir compte des conclusions produites notamment par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) qui précisera les causes de ses accidents. Ils devront en retirer les enseignements susceptibles d’éclairer les conditions d’exploitation de la filière nucléaire dans notre pays.

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13 mars 2011 7 13 /03 /mars /2011 16:09

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PC EGYPTELes communistes Egyptiens dénoncent leur exclusion du dialogue national par la junte et se déclarent prêt à lutter pour retrouver leur juste place dans le pays

 

Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/


 

Le longtemps réprimé Parti communiste d’Egypte a promis aujourd’hui de « continuer la lutte pour la justice et la dignité nationale », en dépit de la décision de la junte de l’exclure du « dialogue » avec les autres partis d’opposition.

 

Le parti a déclaré dans un communiqué qu’il a été et qu’il continuerait à être « présent et actif par son travail politique dans la lutte pour la question nationale et pour la conquête de droits démocratiques plus élargis et du développement social », en dépit des vagues de répression qu’il a subi depuis sa fondation en 1921.

 

La semaine dernière, les dirigeants militaires Egyptiens ont rencontré une délégation d’hommes d’affaires, de politiciens réformistes et d’intellectuels afin de discuter de la transition à un gouvernement civil.

 

La délégation comprenait l’ancien responsable de l’agence nucléaire de l’ONU Mohamed El-Baradei, l’ancien chef de la Ligue arabe Amr Moussa et des membres de groupes de jeunesse qui ont organisé les manifestations de masse Place Tahrir – mais aucun représentant Communiste.

 

Le parti a condamné « toute tentative d’exclure les Communistes de quelque dialogue national que ce soit», et a déclaré qu’il est désormais en train de se préparer à retrouver sa juste place dans le processus politique que connaît le pays.

 

Il a également fermement condamné l’offensive du gouvernement Irakien contre le Parti communiste Irakien, visant à fermer le siège du parti, faisant remarquer que cela « met en péril l’avenir du développement politique et démocratique dans ce pays occupé.

 

Nous en appelons toutes les forces démocratiques et progressistes Irakiennes, Arabes et du monde entier à s’opposer à cette décision car l’histoire nous a appris que les expériences du fascisme et des régimes répressifs totalitaires commencent par l’anti-communisme et passent ensuite à l’hostilité envers toutes les forces démocratiques », a-t-il affirmé.

 

Article du Morning Star, quotidien du PC de Grande-Bretagne

 

 

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13 mars 2011 7 13 /03 /mars /2011 15:53

 

                                                            MARE NOSTRUM-copie-1

 

 

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Depuis trois semaines, des affrontements opposent les troupes fidèles au colonel Kadhafi à des forces d’opposition issues de l’est du pays. Après Ben Ali et Moubarak, Kadhafi sera-t-il le prochain dictateur à tomber ? Ce qui se passe en Libye est-il semblable aux révoltes populaires en Tunisie et en Egypte ? Comment comprendre les frasques et les retournements de veste du colonel ? Pourquoi l’Otan se prépare-t-elle à la guerre ? Comment expliquer la différence entre un bon Arabe et un mauvais Arabe ? Dans ce nouveau chapitre de notre série Comprendre le monde musulman, Mohamed Hassan répond aux questions d’Investig’Action...

 
 
Interview : Grégoire Lalieu & Michel Collon
 
Après la Tunisie et l’Egypte, la révolution arabe aurait-elle gagné la Libye ?
Ce qui se passe actuellement en Libye est différent. En Tunisie et en Egypte, le manque de libertés était flagrant. Mais ce sont les conditions sociales déplorables qui ont véritablement poussé les jeunes à la révolte. Tunisiens et Egyptiens n’avaient aucune possibilité d’entrevoir un avenir.
 
En Libye, le régime de Mouammar Kadhafi est corrompu, monopolise une grande partie des richesses et a toujours réprimé sévèrement toute contestation. Mais les conditions sociales des Libyens sont meilleures que dans les pays voisins. L’espérance de vie en Libye est plus importante que dans le reste de l’Afrique. Les systèmes de santé et d’éducation sont convenables. La Libye est d’ailleurs l’un des premiers pays africains à avoir éradiqué la malaria. Même s’il y a de fortes inégalités dans la répartition des richesses, le PIB par habitant est d’environ 11.000 dollars. Un des plus élevés du monde arabe. Vous ne retrouvez donc pas en Libye les mêmes conditions objectives qui ont conduit aux révoltes populaires en Tunisie et en Egypte.
 
Comment expliquez-vous alors ce qui se passe en Libye ?
 
Pour bien comprendre les événements actuels, nous devons les replacer dans leur contexte historique. La Libye était autrefois une province ottomane. En 1830, la France s’empara de l’Algérie. Par ailleurs, le gouverneur égyptien Mohamed Ali, sous tutelle de l’Empire ottoman, menait une politique de plus en plus indépendante. Avec, d’une part, les Français en Algérie et, d’autre part, Mohamed Ali en Egypte, les Ottomans craignaient de perdre le contrôle de la région : ils envoyèrent leurs troupes en Libye.
 
A cette époque, la confrérie des Senoussis exerçait une influence très forte dans le pays. Elle avait été fondée par Sayid Mohammed Ibn Ali as Senoussi, un Algérien qui, après avoir étudié dans son pays et au Maroc, alla prêcher sa vision de l’islam en Tunisie et en Libye. Au début du 19ème siècle, Senoussi commençait à faire de nombreux adeptes, mais n’était pas bien perçu par certaines autorités religieuses ottomanes qu’il critiquait dans ses prêches. Après un passage en Egypte et à la Mecque, Senoussi décida de s’exiler définitivement en Cyrénaïque, dans l’est de la Libye.
 
Sa confrérie s’y développa et organisa la vie dans la région, y percevant des taxes, résolvant les conflits entre les tribus, etc. Elle possédait même sa propre armée et proposait ses services pour escorter les caravanes de commerçants passant par là. Finalement, cette confrérie des Senoussis devint le gouvernement de fait de la Cyrénaïque, étendant même son influence jusque dans le nord du Tchad. Mais ensuite, les puissances coloniales européennes s’implantèrent en Afrique, divisant la partie sub-saharienne du continent. Cela eut un impact négatif pour les Senoussis. L’invasion de la Libye par l’Italie entama aussi sérieusement l’hégémonie de la confrérie dans la région.
 
En 2008, l’Italie a versé des compensations à la Libye pour les crimes coloniaux. La colonisation avait été à ce point terrible ? Ou bien Berlusconi voulait se faire bien voir pour conclure des accords commerciaux avec Kadhafi ?
 
La colonisation de la Libye fut atroce. Au début du 20ème siècle, un groupe fasciste commença à diffuser une propagande prétendant que l’Italie, vaincue par l’armée éthiopienne à la bataille d’Adoua en 1896, devait rétablir la primauté de l’homme blanc sur le continent noir. Il fallait laver la grande nation civilisée de l’affront infligé par les barbares. Cette propagande affirmait que la Libye était un pays sauvage, habité par quelques nomades arriérés et qu’il conviendrait aux Italiens de s’installer dans cette région agréable, avec son paysage de carte postale.
 
L’invasion de la Libye déboucha sur la guerre italo-turque de 1911, un conflit particulièrement sanglant qui se solda par la victoire de l’Italie un an plus tard. Cependant, la puissance européenne ne contrôlait que la région de la Tripolitaine et devait faire face à une résistance tenace dans le reste du pays, particulièrement dans la Cyrénaïque. Le clan des Senoussis y appuyait Omar Al-Mokhtar qui dirigea une lutte de guérilla remarquable dans les montagnes. Il infligea de sérieux dégâts à l’armée italienne pourtant mieux équipée et supérieure en nombre.
 
Finalement, au début des années trente, l’Italie de Mussolini prit des mesures radicales pour éliminer la résistance. La répression devint extrêmement féroce et l’un de ses principaux bouchers, le général Rodolfo Graziani écrivit : « Les soldats italiens étaient convaincus qu’ils étaient investis d’une mission noble et civilisatrice. (…) Ils se devaient de remplir ce devoir humain quel qu’en fût le prix. (…) Si les Libyens ne se convainquent pas du bien-fondé de ce qui leur est proposé, alors les Italiens devront mener une lutte continuelle contre eux et pourront détruire tout le peuple libyen pour parvenir à la paix, la paix des cimetières…  ».
 
En 2008, Silvio Berlusconi a payé des compensations à la Libye pour ces crimes coloniaux. C’était bien sûr une démarche intéressée : Berlusconi voulait bien se faire voir de Kadhafi pour conclure des partenariats économiques. Néanmoins, on peut dire que le peuple libyen a terriblement souffert du colonialisme. Et parler de génocide ne serait pas exagéré.
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Omar Al-Mokhtar
 
Comment la Libye gagna-t-elle son indépendance ?
 
Pendant que les colons italiens réprimaient la résistance en Cyrénaïque, le chef des Senoussis, Idriss, s’exila en Egypte pour négocier avec les Britanniques. Après la Seconde Guerre mondiale, l’empire colonial européen fut progressivement démantelé et la Libye devint indépendante en 1951. Appuyé par la Grande-Bretagne, Idriss prit le pouvoir. Pourtant, une partie de la bourgeoisie libyenne, influencée par le nationalisme arabe qui se développait au Caire, souhaitait que la Libye soit rattachée à l’Egypte. Mais les puissances impérialistes ne voulaient pas voir se développer une grande nation arabe. Elles appuyèrent donc l’indépendance de la Libye en y plaçant leur marionnette, Idriss.
 
Le roi Idriss répondit-il aux attentes ?
 
Tout à fait.625px-Map_of67c0-ce153.png A l’indépendance, les trois régions qui constituent la Libye - la Tripolitaine, le Fezzan et la Cyrénaïque - se sont retrouvées unifiées dans un système fédéral. Mais il faut savoir que le territoire libyen est trois fois plus grand que  la France. A cause du manque d’infrastructures, les limites de ce territoire n’ont pu être clairement définies qu’après l’invention de l’avion. Et en 1951, le p ays ne comptait qu’un million d’habitants. De plus, les trois régions nouvellement unifiées avaient une culture et une histoire très différentes. Enfin, le pays manquait de routes permettant aux régions de communiquer. En fait, la Libye était à un stade très arriéré, ce n’était pas une véritable nation.
 
Pouvez-v ous préciser ce concept ?
 
L’Etat-nation est un concept lié à l’apparition de la bourgeoisie et du capitalisme. En Europe, durant le moyen-âge, la bourgeoisie capitaliste souhaitait développer son commerce sur une échelle aussi large que possible, mais était freinée par toutes les contraintes du système féodal. Les territoires étaient morcelés en de nombreuses petites entités, ce qui imposait aux commerçants de payer un grand nombre de taxes pour livrer une marchandise d’un endroit à un autre. Sans compter les divers privilèges dont il fallait s’acquitter auprès des seigneurs féodaux. Toutes ces entraves ont été supprimées par les révolutions bourgeoises capitalistes qui ont permis la création d’Etats-nations avec de grands marchés nationaux sans entraves.
 
Mais la nation libyenne a été créée alors qu’elle était encore à un stade précapitaliste. Elle manquait d’infrastructures, une grande partie de la population était nomade et impossible à contrôler, les divisions étaient très fortes au sein de la société, l’esclavage était encore pratiqué… De plus, le roi Idriss n’avait aucun projet pour développer le pays. Il était totalement dépendant des aides US et britanniques.
 
Pourquoi la Grande-Bretagne et les Etats-Unis le soutenaient-ils ? Le pétrole ?
 
En 1951, le pétrole libyen n’avait pas encore été découvert. Mais les Anglo-Saxons avaient des bases militaires dans ce pays qui occupe une position stratégique pour le contrôle de la mer Rouge et de la Méditerranée.
 
Ce n’est qu’en 1954 qu’un riche Texan, Nelson Bunker Hunt, découvrit le pétrole libyen. A l’époque, le pétrole arabe se vendait aux alentours de 90 cents le baril. Mais le pétrole libyen était acheté à 30 cents le baril tellement ce pays était arriéré. C’était peut-être le plus misérable d’Afrique.
 
De l’argent rentrait pourtant grâce au pétrole. A quoi servait-il ?
 
Le roi Idriss et son clan, les Senoussis, s’enrichissaient personnellement. Ils redistribuaient également une partie des revenus pétroliers aux chefs des autres tribus pour apaiser les tensions. Une petite élite s’est développée grâce au commerce du pétrole et quelques infrastructures ont été construites, principalement sur la côte méditerranéenne, la partie la plus intéressante pour commercer avec l’extérieur. Mais les zones rurales dans le cœur du pays restaient extrêmement pauvres et des tas de miséreux s’amassaient dans des bidonvilles autour des cités. Cela a continué jusqu’en 1969, quand trois officiers ont renversé le roi. Parmi eux, Kadhafi.
 
Comment se fait-il que la révolution soit venue d’officiers de l’armée ?
 
Dans un pays profondément marqué par les divisions tribales, l’armée était en fait la seule institution nationale. La Libye n’existait pas en tant que telle sauf à travers cette armée. A côté de ça, les Senoussis du roi Idriss possédaient leur propre milice. Mais dans l’armée nationale, les jeunes Libyens issus des différentes régions et tribus pouvaient se retrouver.
 
Kadhafi a d’abord évolué au sein d’un groupe nassériste, mais lorsqu’il a compris que cette formation ne serait pas capable de renverser la monarchie, il s’est engagé dans l’armée. Les trois officiers qui ont destitué le roi Idriss étaient très influencés par Nasser. Gamal Abdel Nasser était lui-même un officier de l’armée égyptienne qui renversa le roi Farouk. Inspiré par le socialisme, Nasser s’opposait à l’ingérence des puissances néocoloniales et prônait l’unité du monde arabe. Il nationalisa d’ailleurs le canal de Suez, jusque là géré par la France et la Grande-Bretagne, s’attirant les foudres et les bombardements de l’Occident en 1956.
Le panarabisme révolutionnaire de Nasser avait eu un effet important en Libye, notamment dans l’armée et sur Kadhafi. Les officiers libyens auteurs du coup d’Etat de 1969 suivirent le même agenda que Nasser.
 
Quels furent les effets de la révolution en Libye ?
 
Kadhafi avait deux options. Soit laisser le pétrole libyen aux mains des compagnies occidentales comme l’avait fait le roi Idriss. La Libye serait alors devenue comme ces monarchies pétrolières du Golfe où l’esclavage est encore pratiqué, où les femmes n’ont aucun droit et où des architectes européens peuvent s’éclater à construire des tours farfelues avec des budgets astronomiques qui proviennent en fait des richesses des peuples arabes. Soit suivre une voie indépendante des puissances néocoloniales. Kadhafi a choisi cette deuxième option, il a nationalisé le pétrole libyen, provoquant la colère des impérialistes.
 
Dans les années 50, une blague circulait à la Maison Blanche, au sein de l’administration Eisenhower qui se développa ensuite en véritable théorie politique sous Reagan. Comment distinguer les bons des mauvais Arabes ? Un bon Arabe fait ce que les Etats-Unis lui disent. En échange, il reçoit des avions, est autorisé à déposer son argent en Suisse, est invité à Washington, etc. Eisenhower et Reagan nommaient ces bons Arabes : les rois d’Arabie Saoudite et de Jordanie, les cheikhs et émirs du Koweït et du Golfe, le Shah d’Iran, le roi du Maroc et bien-sûr, le roi Idriss de Libye. Les mauvais Arabes ? Ceux qui n’obéissaient pas à Washington : Nasser, Kadhafi, Saddam plus tard…
 
Tout de même, Kadhafi n’est pas très…
 
Kadhafi n’est pas un mauvais Arabe parce qu’il fait tirer sur la foule. On fait la même chose en Arabie Saoudite ou au Bahreïn et les dirigeants de ces pays reçoivent tous les honneurs de l’Occident. Kadhafi est un mauvais Arabe parce qu’il a nationalisé le pétrole libyen que les compagnies occidentales considéraient - jusqu’à la révolution de 69 - comme leur appartenant. Ce faisant, Kadhafi a apporté des changements positifs en Libye, au niveau des infrastructures, de l’éducation, de la santé, de la condition des femmes, etc.
 
416px-Muammaf9a4-f52eb.jpgBon, Kadhafi renverse la monarchie, nationalise le pétrole, s’oppose aux puissances impériales et apporte des changements positifs en Libye. Pourtant, quarante ans plus tard, c’est un dictateur corrompu, qui réprime l’opposition et qui ouvre à nouveau les portes du pays aux compagnies occidentales. Comment expliquer ce changement ?
 
Dès le départ, Kadhafi s’est opposé aux grandes puissances coloniales et a généreusement soutenu divers mouvements de libération dans le monde. Je trouve qu’il a été très bien pour ça. Mais pour être complet, il faut aussi préciser que le colonel était anticommuniste. En 1971 par exemple, il fit dérouter vers le Soudan un avion transportant des dissidents communistes soudanais qui furent aussitôt exécutés par le président Nimeyri.
 
En fait, Kadhafi n’a jamais été un grand visionnaire. Sa révolution était une révolution de nationaliste bourgeois et il a instauré en Libye un capitalisme d’Etat. Pour comprendre comment son régime est parti à la dérive, nous devons analyser le contexte qui n’a pas joué en sa faveur, mais aussi les erreurs personnelles du colonel.
Tout d’abord, nous avons vu que Kadhafi était parti de rien en Libye. Le pays était très arriéré. Il n’y avait donc pas de gens éduqués ou une forte classe ouvrière pour appuyer la révolution. La plupart des personnes ayant reçu une éducation faisaient partie de l’élite qui bradait les richesses libyennes aux puissances néocoloniales. Evidemment, ces gens n’allaient pas soutenir la révolution et la plupart d’entre eux quittèrent le pays pour organiser l’opposition à l’étranger.
 
De plus, les officiers libyens qui ont renversé le roi Idriss étaient très influencés par Nasser. L’Egypte et la Libye prévoyait d’ailleurs de nouer un partenariat stratégique. Mais la mort de Nasser en 1970 fit tomber le projet à l’eau et l’Egypte devint un pays contre-révolutionnaire, aligné sur l’Ouest. Le nouveau président égyptien, Anouar al-Sadate, se rapprocha des Etats-Unis, libéralisa progressivement l’économie et s’allia avec Israël. Un bref conflit éclata même avec la Libye en 1977. Imaginez la situation dans laquelle se trouvait Kadhafi : le pays qui l’avait inspiré et avec lequel il devait conclure une alliance capitale devenait soudainement son ennemi !
 
Un autre élément contextuel a joué en défaveur de la révolution libyenne : la baisse importante du cours du pétrole dans les années 80. En 1973, dans le cadre de la guerre israélo-arabe, les pays producteurs de pétrole décidèrent d’un embargo, faisant grimper en flèche le prix du baril. Cet embargo provoqua le premier grand transfert de richesses du Nord vers le Sud. Mais dans les années 80, eut lieu ce qu’on pourrait appeler une contre-révolution pétrolière orchestrée par Reagan et les Saoudiens. L’Arabie Saoudite augmenta considérablement sa production de pétrole et inonda le marché, provoquant une chute radicale des prix. Le baril passa de 35 dollars le baril à 8 dollars.
 
L’Arabie Saoudite ne se tirait-elle pas une balle dans le pied ?
 
Cela eut en effet un impact négatif sur l’économie saoudienne. Mais le pétrole n’est pas le plus important pour l’Arabie Saoudite. Sa relation avec les Etats-Unis prime avant tout, car c’est le soutien de Washington qui permet à la dynastie saoudienne de se maintenir au pouvoir.
 
Ce raz-de-marée pétrolier eut des conséquences catastrophiques pour de nombreux pays producteurs de pétrole qui s’endettèrent. Et tout cela se produisit dix années seulement après la montée au pouvoir de Kadhafi. Le dirigeant libyen, parti de rien, voyait en plus les seuls moyens dont il disposait pour construire quelque chose, fondre comme neige au soleil avec la chute des cours du pétrole.
Notez également que cette contre-révolution pétrolière accéléra la chute de l’URSS, alors empêtrée en Afghanistan. Avec la disparition du bloc soviétique, la Libye perdait son principal soutien politique et se retrouva très isolée sur la scène internationale. Isolement d’autant plus grand que l’administration Reagan avait placé la Libye sur la liste des Etats-terroristes et imposé toute une série de sanctions.
 
Qu’en est-il des erreurs commises par Kadhafi ?
 
Comme je l’ai dit, ce n’était pas un grand visionnaire. La théorie développée autour de son livre vert est un mélange d’anti-impérialisme, d’islamisme, de nationalisme, de capitalisme d’Etat et d’autres choses encore. Outre son manque de vision politique, Kadhafi a d’abord commis une grave erreur en attaquant le Tchad dans les années 70. Le Tchad est le cinquième plus grand pays d’Afrique et le colonel, considérant sans doute que la Libye était trop petite pour ses ambitions mégalomaniaques, a annexé la bande d’Aozou. Il est vrai qu’historiquement, la confrérie des Senoussis exerçait son influence jusque dans cette région. Et en 1935, le ministre français des Affaires étrangères, Pierre Laval, voulut acheter Mussolini en lui proposant la bande d’Aozou. Mais finalement, Mussolini se rapprocha d’Hitler et l’accord resta lettre morte.
 
Kadhafi a néanmoins voulu annexer ce territoire et s’est livré à une lutte d’influence avec Paris dans cette ancienne colonie française. Finalement, les Etats-Unis, la France, l’Egypte, le Soudan et d’autres forces réactionnaires de la région, ont soutenu l’armée tchadienne qui mit en déroute les troupes libyennes. Des milliers de soldats et d’importantes quantités d’armes furent capturés. Le président du Tchad, Hissène Habré, vendit ces soldats à l’administration Reagan. Et la CIA les utilisa comme mercenaires au Kenya et en Amérique latine.
 
Mais la plus grande erreur de la révolution libyenne est d’avoir tout misé sur les ressources pétrolières. En effet, les ressources humaines sont la plus grande richesse d’un pays. Vous ne pouvez pas réussir une révolution si vous ne développez pas l’harmonie nationale, la justice sociale et une juste répartition des richesses.
Or, le colonel n’a jamais supprimé les discriminations ancestrales en Libye. Comment mobiliser la population si vous ne montrez pas aux Libyens que, quelque soit leur appartenance ethnique ou tribale, tous sont égaux et peuvent œuvrer ensemble pour le bien de la nation ? La majorité de la population libyenne est arabe, parle la même langue et partage la même religion. La diversité ethnique n’est pas très importante. Il était possible d’abolir les discriminations pour mobiliser la population.
 
Kadhafi a également été incapable d’éduquer le peuple libyen sur les enjeux de la révolution. Il n’a pas élevé le niveau de conscience politique de ses citoyens et n’a pas développé de parti pour appuyer la révolution.
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Pourtant, dans la foulée de son livre vert de 1975, il instaure des comités populaires, sorte de démocratie directe.
 
Cette tentative de démocratie directe était influencée par des concepts marxistes-léninistes. Mais ces comités populaires en Libye ne s’appuyaient sur aucune analyse politique, aucune idéologie claire. Ce fut un échec. Kadhafi n’a pas non plus développé de parti politique pour appuyer sa révolution. Finalement, il s’est coupé du peuple. La révolution libyenne est devenue le projet d’une seule personne. Tout tournait autour de ce leader charismatique déconnecté de la réalité. Et lorsque le fossé se creuse entre un dirigeant et son peuple, la sécurité et la répression viennent combler le vide. Les excès se sont multipliés, la corruption s’est développée de manière importante et les divisions tribales se sont cristallisées.
 
Aujourd’hui, ces divisions resurgissent dans la crise libyenne. Il y a bien sûr une partie de la jeunesse en Libye qui est fatiguée de la dictature et qui est influencée par les événements en Tunisie et en Egypte. Mais ces sentiments populaires sont instrumentalisés par l’opposition dans l’est du pays qui réclame sa part du gâteau, la répartition des richesses étant très inégale sous le régime de Kadhafi. Bientôt, les véritables contradictions vont apparaître au grand jour.
 
On ne sait d’ailleurs pas grand-chose sur ce mouvement d’opposition. Qui sont-ils ? Quel est leur programme ? S’ils voulaient vraiment mener une révolution démocratique, pourquoi ont-ils ressorti les drapeaux du roi Idriss, symboles d’un temps où la Cyrénaïque était la province dominante du pays ? Ont-ils demandé leur avis aux autres Libyens ? Peut-on parler de mouvement démocratique lorsque ces opposants massacrent les Noirs de la région ? Si vous faites partie de l’opposition d’un pays, que vous êtes patriotique et que vous souhaitez renverser votre gouvernement, vous tentez cela correctement. Vous ne créez pas une guerre civile dans votre propre pays et vous ne lui faites pas courir le risque d’une balkanisation.
 
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Selon vous, il s’agirait donc plus d’une guerre civile résultant des contradictions entre clans libyens ?
 
C’est pire, je pense. Il y a déjà eu des contradictions entre les tribus, mais elles n’ont jamais pris une telle ampleur. Ici, les Etats-Unis alimentent ces tensions afin de pouvoir intervenir militairement en Libye. Dès les premiers jours de l’insurrection, la secrétaire d’Etat Hillary Clinton a proposé d’apporter des armes aux opposants. Dans un premier temps, l’opposition organisée sous le Conseil National a refusé toute ingérence des puissances étrangères, car elle savait que cela jetterait le discrédit sur son mouvement. Mais aujourd’hui, certains opposants en appellent à une intervention armée.
 
Depuis que le conflit a éclaté, le président Obama a dit envisager toutes les options possibles et le sénat US appelle la communauté internationale à décréter une zone de non-vol au-dessus du territoire libyen, ce qui serait un véritable acte de guerre. De plus, le porte-avion nucléaire USS Enterprise, positionné dans le golfe d’Aden pour combattre la piraterie, est remonté jusqu’aux côtes libyennes. Deux navires amphibies, l’USS Kearsage et l’USS Ponce, avec à leur bord plusieurs milliers de marines et des flottes d’hélicoptère de combat, se sont également positionnés dans la Méditerranée.
 
La semaine passée, Louis Michel, l’ancien commissaire européen au Développement et à l’Aide humanitaire de l’Union Européenne, s’est demandé avec force sur un plateau de télévision quel gouvernement aurait le courage de défendre devant son parlement la nécessité d’intervenir militairement en Libye. Mais Louis Michel n’a jamais appelé à une telle intervention en Egypte ou à Bahreïn. Pourquoi ?
 
La répression n’est-elle pas plus violente en Libye ?
 
La répression était très violente en Egypte, mais l’Otan n’a jamais positionné des navires de guerre le long des côtes égyptiennes pour menacer Moubarak. On l’a tout juste appelé à trouver une issue démocratique !
 
Pour la Libye, il faut être très prudent avec les informations qui nous parviennent. Un jour, on parle de 2.000 morts et le lendemain, le bilan est revu à 300. On a aussi dit dès le début de la crise que Kadhafi avait bombardé son propre peuple, mais l’armée russe, qui surveille la situation par satellite, a officiellement démenti cette information. Si l’Otan se prépare à intervenir militairement en Libye, nous pouvons être sûrs que les médias dominants vont diffuser la propagande de guerre habituelle.
 
En fait, la même chose s’est passée en Roumanie avec Ceausescu. Le soir du réveillon de Noël 1989, le premier ministre belge Wilfried Martens a fait un discours à la télévision. Il a prétendu que les forces de sécurité de Ceausescu venaient de tuer 12.000 personnes. C’était faux. Les images du fameux charnier de Timisoara ont également fait le tour du monde. Elles étaient censées démontrer la violence aveugle du président roumain. Mais il s’est avéré plus tard que tout cela était une mise en scène : des cadavres avaient été sortis de la morgue et placé dans des fosses pour impressionner les journalistes. On a aussi dit que les communistes avaient empoisonné l’eau, que des mercenaires syriens et palestiniens étaient présents en Roumanie ou bien encore que Ceausescu avait formé des orphelins pour en faire des machines à tuer. C’était de la pure propagande pour déstabiliser le régime.
 
Finalement, Ceausescu et sa femme furent tués après un simulacre de procès qui dura 55 minutes. Bien sûr, tout comme Kadhafi, le président roumain n’était pas un enfant de chœur. Mais que s’est-il passé depuis ? La Roumanie est devenue une semi-colonie de l’Europe. La main d’œuvre bon marché y est exploitée. De nombreux services ont été privatisés au profit des compagnies occidentales et sont hors de prix pour une grande partie de la population. Et maintenant, chaque année, des tas de Roumains vont pleurer sur la tombe de Ceausescu. La dictature était une chose terrible, mais depuis que le pays a été économiquement détruit, c’est pire !
 
Pourquoi les Etats-Unis voudraient-ils renverser Kadhafi ? Depuis une dizaine d’années, le colonel est devenu à nouveau fréquentable pour l’Occident et a privatisé une grande partie de l’économie libyenne au profit des compagnies occidentales.
 
Il faut analyser tous ces événements à la lumière des nouveaux rapports de force dans le monde. Les puissances impérialistes sont en déclin alors que d’autres forces sont en plein essor. Récemment, la Chine a proposé de racheter la dette portugaise ! En Grèce, la population est de plus en plus hostile à cette Union Européenne qu’elle perçoit comme une couverture de l’impérialisme allemand. Les mêmes sentiments se développent dans les pays de l’Est. Par ailleurs, les Etats-Unis ont attaqué l’Irak pour s’emparer du pétrole mais au final, seule une compagnie US en profite, le reste étant exploité par des compagnies malaisiennes et chinoises. Bref, l’impérialisme est en crise.
 
Par ailleurs, la révolution tunisienne a fortement surpris l’Occident. Et la chute de Moubarak encore plus. Washington tente de récupérer ces mouvements populaires, mais le contrôle lui échappe. En Tunisie, le premier ministre Mohamed Ghannouchi, un pur produit de la dictature Ben Ali, était censé assurer la transition et donner l’illusion d’un changement. Mais la détermination du peuple l’a contraint à démissionner. En Egypte, les Etats-Unis comptent sur l’armée pour maintenir en place un système acceptable. Mais des informations me sont parvenues confirmant que dans les innombrables casernes militaires disséminées à travers le pays, de jeunes officiers s’organisent en comités révolutionnaires par solidarité avec le peuple égyptien. Ils auraient même fait arrêter certains officiers associés au régime de Moubarak.
 
La région pourrait échapper au contrôle des Etats-Unis. Intervenir en Libye permettrait donc à Washington de briser ce mouvement révolutionnaire et d’éviter qu’il ne s’étende au reste du monde arabe et à l’Afrique. Depuis une semaine, des jeunes se révoltent au Burkina-Faso mais les médias n’en parlent pas. Pas plus que des manifestations en Irak.
 
L’autre danger pour les Etats-Unis est de voir émerger des gouvernements anti-impérialistes en Tunisie et en Egypte. Dans ce cas, Kadhafi ne serait plus isolé et pourrait revenir sur les accords conclus avec l’Occident. Libye, Egypte et Tunisie pourraient s’unir et former un bloc anti-impérialiste. Avec toutes les ressources dont ils disposent, notamment les importantes réserves de devises étrangères de Kadhafi, ces trois pays pourraient devenir une puissance importante de la région. Probablement plus importante que la Turquie.
 
Pourtant, Kadhafi avait soutenu Ben Ali lorsque le peuple tunisien s’est révolté.
 
Cela montre à quel point il est faible, isolé et déconnecté de la réalité. Mais les rapports de force changeants dans la région pourraient modifier la donne. Kadhafi pourrait changer son fusil d’épaule, ce ne serait pas la première fois.
 
Comment pourrait évoluer la situation en Libye ?
 
Les puissances occidentales et ce soi-disant mouvement d’opposition ont rejeté la proposition de médiation de Chavez. Ce qui laisse entendre qu’ils ne veulent pas d’issue pacifique au conflit. Mais les effets d’une intervention de l’Otan seront désastreux. On a vu ce que cela a donné au Kosovo ou en Afghanistan.
 
De plus, une agression militaire pourrait favoriser l’entrée en Libye de groupes islamistes qui pourraient s’emparer d’importants arsenaux sur place. Al-Qaïda pourrait s’infiltrer et faire de la Libye un deuxième Irak. Il y a d’ailleurs déjà des groupes armés au Niger que personne ne parvient à contrôler. Leur influence pourrait s’étendre à la Libye, au Tchad, au Mali, à l’Algérie… En fait, en préparant une intervention militaire, l’impérialisme est en train de s’ouvrir les portes de l’enfer !
 
En conclusion, le peuple libyen mérite mieux que ce mouvement d’opposition qui plonge le pays dans le chaos. Il lui faudrait un véritable mouvement démocratique pour remplacer le régime de Kadhafi et instaurer la justice sociale. En tout cas, les Libyens ne méritent pas une agression militaire. Les forces impérialistes en déroute semblent pourtant préparer une offensive contre-révolutionnaire dans le monde arabe. Attaquer la Libye est leur solution d’urgence. Mais cela leur retomberait sur les pieds.
 
 
 

 

 

Mohamed Hassan* est un spécialiste de la géopolitique et du monde arabe. Né à Addis Abeba (Ethiopie), il a participé aux mouvements d’étudiants dans la cadre de la révolution socialiste de 1974 dans son pays. Il a étudié les sciences politiques en Egypte avant de se spécialiser dans l’administration publique à Bruxelles. Diplomate pour son pays d’origine dans les années 90, il a travaillé à Washington, Pékin et Bruxelles. Co-auteur de L’Irak sous l’occupation (EPO, 2003), il a aussi participé à des ouvrages sur le nationalisme arabe et les mouvements islamiques, et sur le nationalisme flamand. C’est un des meilleurs connaisseurs contemporains du monde arabe et musulman.

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13 mars 2011 7 13 /03 /mars /2011 15:45

                                                                     MARE NOSTRUM-copie-1

 

 

20101204 Lafontaine Melenchon2Le PC Grec dénonce une motion du Parlement européen ouvrant la voie à une intervention en Libye votée par les membres du PGE dont Jean-Luc Mélenchon et Marie-Christine Vergiat

 

Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/


 

Une motion inacceptable, qui d’une manière très provocatrice légitime les prétextes utilisés pour lancer l’intervention impérialiste en Libye, a été ratifiée le jeudi 10 mars au Parlement européen. C’est une motion qui utilise comme prétexte la « démocratisation » et invoque la prestation d’aide humanitaire, envisageant la solution d’une intervention militaire en Libye. Il soutient également la mise en place d’une Zone d’exclusion aérienne et exhorte l’UE à intervenir avec tous les moyens à sa disposition, et entre autres de reconnaître et de soutenir le dit « Conseil provisoire Libyen », cherchant à poursuivre la promotion des plans impérialistes visant à se partager le gâteau, comme les impérialistes l’ont fait jusqu’à ce jour avec le gouvernement Kaddafi. Cette position sert les intérêts impérialistes dans la région, qui constituent un grave péril pour le peuple, afin de maintenir la profitabilité capitaliste des groupes monopolistes. Le KKE a voté contre la motion et, dans le même temps, l’a dénoncée ainsi que les prétextes qui sont invoqués [Seuls dans le groupe GUE/NGL à avoir voté unanimement contre : les PC grec, portugais, chypriote, le Parti socialiste hollandais auxquels il faut rajouter le député du Parti communiste d’Espagne]


Cette motion a été défendue et votée par les Sociaux-démocrates, le Parti populaire européen (droite), les Libéraux, les Verts, ce qui comprend les députés Grecs du PASOK, de la Nouvelle démocratie, du LAOS, des Verts (nous notons l’absence de Synapsismos). Cette motion a également été votée par les députés des partis-membres du « Parti de la gauche européenne » (PGE), parmi eux l’ancien président de Die Linke et du PGE et actuel président du groupe GUE/NGL au Parlement européen, Lothar Bisky et le président du « Parti de gauche » en France, Jean-Luc Mélenchon [Marie-Christine Vergiat parlementaire européen du Front de gauche a également voté pour]. Est démontré encore une fois par ce vote le rôle dangereux que joue l’opportunisme pour ce qui est de la défense des intérêts de la classe ouvrière et des couches populaires, tout comme la nécessité pour les Partis communistes de jouer un rôle important dans l’intensification de l’affrontement avec ces forces. Parce que les forces politiques ne sont pas jugées sur la base de leur nom, ou par la manière dont elles se définissent. Elles sont jugées sur leur position par rapport à la classe bourgeoise, aux intérêts des monopoles, et leur position par rapport à la barbarie capitaliste-impérialiste, et aux pouvoirs impérialistes dans leur ensemble.

 

KKEDéclaration du groupe du KKE au Parlement européen sur la motion

 

Le groupe euro-parlementaire du KKE a voté contre cette motion et l’a dénoncée, la caractérisant comme le précurseur d’une opération militaire généralisée, sous prétexte de « démocratisation » et de prestation d’une aide humanitaire à la Libye. Dans son intervention en session plénière, le député européen du KKE G.Toussas a fait remarquer que : « Cette motion réactionnaire, qui a été votée par le PASOK, la ND, le LAOS, les Verts et les opportunistes du PGE, s’inscrit pleinement dans les plans dangereux des impérialistes, de l’UE, des États-Unis et de l’OTAN qui proposent une intervention militaire en Libye, afin de protéger les intérêts géopolitiques et énergétiques des monopoles.


La motion soutient la création d’une zone d’exclusion aérienne, qui entre autres, comprend la destruction de toute force anti-aérienne en Libye. Elle exige également de façon explicite l’utilisation par l’UE de tous les moyens à sa disposition pour intervenir dans ce pays.


Elle intervient de façon franche et provocatrice et appelle Catherine Ashton, haute-représentante de l’UE pour la Politique étrangère et de sécurité, à reconnaître le Conseil provisoire de Libye qui a été créé pour mettre en œuvre leurs projets aventureux au détriment du peuple Libyen.


C’est une provocation de la part des impérialistes des États-Unis et de l’OTAN, des gouvernements bourgeois, des partis de l’UE comme voie à sens unique, des anciens collaborateurs des régimes autoritaires et réactionnaires d’Afrique du nord, des complices de l’exploitation des peuples dans la région, que de se présenter comme les défenseurs des droits démocratiques et sociaux. La Démocratie, dans le sens que lui donnent les impérialistes, les peuples d’Irak, d’Afghanistan, d’Amérique latine, du monde entier en ont payé et continuent à en payer le prix, celui du sang. Le KKE, dès le départ, a dénoncé le régime d’exploitation capitaliste en Libye, les offensives criminelles de ses forces militaires contre le peuple Libyen en lutte. Le KKE est contre toute implication des impérialistes de l’UE, des États-Unis et de l’OTAN et de notre pays dans les nouveaux plans impérialistes de l’OTAN qui constituent un grave péril pour les peuples de notre région ».

 

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