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CHANTS REVOLUTIONNAIRES

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3 décembre 2010 5 03 /12 /décembre /2010 08:28

                                                                 MARE NOSTRUM-copie-1

  

i29217monicellifu1 Le parti de la Refondation communiste rend hommage au « camarade Mario Monicelli », dernier grand du cinéma italien et communiste non-repenti

 

 

 

Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

 

 

En mémoire d'un révolutionnaire

 

 

 

 

Communiqué de Paolo Ferrero, secrétaire-général du Parti de la refondation communiste (PRC)

 

 

Mario Monicelli a décidé de ne plus être parmi nous. A travers le cinéma, ce grand homme caché sous une apparence fluette s'est toujours battu, avec dignité et sens de l'humour, pour la justice et l'égalité. Il a parlé de guerre, d'amitié, de communisme, d'histoire, de féminisme, et il y a encore quelques mois de cela, de « révolution ». Son regard a toujours été celui des humbles, de ceux qui luttent.

 

Voilà pourquoi il n'est pas particulièrement nécessaire d'être cultivé ou passionné de cinéma pour aimer ce grand réalisateur. La résignation de Capannelle, se mettant à manger des pâtes et des pois chiches après avoir échoué à faire le trou dans le mur, dans le Pigeon, nous nous en rappelons tous. Tout comme nous nous rappelons tous de la sympathie et de l'énergie vitale de Monica Vitti, dans La Fille au pistolet. Ou du désespoir de Alberto Sordi quand, dans Un bourgeois tout petit petit, il voit mourir son fils victime d'une attaque à main armée.

 

Mario Monicelli a fait tellement de films, et il a non seulement su raconter notre Italie mais il en a souligné les traits, mis en évidence les spécificités. Monicelli a su produire de l'art de très haut niveau à travers la transposition à l'écran de la vraie vie vécue et des particularités des gens de chez nous. Il y a bien plus de compréhension de l'Italie dans nombre de ses films que dans tant de traités sociologiques.

 

J'aime à penser que Monicelli a su faire cela parce qu'il était justement communiste, révolutionnaire. Monicelli n'était pas un réalisateur et ensuite un communiste. Il a fusionné les deux termes, d'une part en assumant un point de vue particulier d'observation du monde – par le bas – et d'autre part en soulevant le problème de la transcendance de la réalité ici et maintenant, de la rébellion. « L'espoir, disait-il, est un piège inventé par les patrons. Il faut avoir le courage de se rebeller... et aller chercher notre salut, ce qui en Italie n'a jamais été le cas ».

 

Il y a dans cette phrase une force énorme; d'un communisme qui n'est pas réduit à une pratique religieuse de l'espérance future mais, au contraire, le communisme vécu comme urgence du changement, ici et maintenant. Le courage de se révolter est cette étincelle, ce décalage, qui nous parle de la possible construction d'une subjectivité qui ne se conçoive pas sous l'empire de ceux qu'il appelait justement les patrons. L'aversion pour le pouvoir, pour l'arrogance, pour l'oppression, pour le cynisme et un véritable intérêt envers tout ce qui a trait à la dignité humaine. Le même sens de la dignité humaine qui l'a emmené probablement à s'enlever la vie pour ne pas finir, malade, par devoir dépendre d'on ne sait quel appareil médical.

 

Nous voulons nous le rappeler ainsi, communiste non-repenti, qui nous a accompagné avec ses films, nous a fait l'honneur d'avoir été militant de Refondation communiste et de nous avoir soutenu dans les campagnes électorales.

 

Merci Mario, pour ce que tu as été et pour ce que tu as fait.

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3 décembre 2010 5 03 /12 /décembre /2010 08:23

Wikileaks : qui a peur de la transparence ? José Fort

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La publication sur le site Wikileaks de 250.000 dépêches diplomatiques en provenance des ambassades nord-américaines fait beaucoup de bruit pour rien ou presque. Ne savions nous pas que Nicolas Sarkozy était un « roi nu, susceptible et autoritaire », pro-américain, favorable à la guerre en Irak, admirateur de George Bush ? Que les juges antiterroristes français disposent de leurs ronds de serviette à l’ambassade des Etats-Unis à Paris ? Que Berlusconi est un « fêtard irresponsable » ? Merkel, une grande frileuse « manquant  d’imagination », Poutine « une mâle dominant » ?

Ces télégrammes diplomatiques confirment les pressions internationales notamment de l’Arabie saoudite mais aussi de la France en faveur de bombardements sur l’Iran, la mise sous surveillance par les services secrets U.S des plus hauts responsables de l’ONU. Bref, tout ce qui est publié dans les journaux (choisis par qui ?) comme « Le Monde » en France est connu mais prend bien entendu une dimension nouvelle.

Hubert Védrine, l’ancien ministre socialiste des Affaires étrangères, qualifie de « blanchiment » la publication des télégrammes diplomatiques US. Sarkozy « d’irresponsabilité ». La plupart des médias français s’insurgent contre « l’exhibitionnisme » et ne cachent pas leur hostilité. Par jalousie ou position de principe ?

Il faudra attendre quelque temps pour en savoir plus sur WikiLeaks et une possible instrumentalisation de ses gourous. Mais faut-il s’indigner qu’une vérité - limitée - soit à la portée de n’importe quel citoyen ? Qui a peur de la transparence ?

 

José Fort

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2 décembre 2010 4 02 /12 /décembre /2010 15:27
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  le 30 Novembre 2010

 

 

La droite populaire

Glissement de terrain idéologique à l’UMP

 

En exaltant
le «travail» et 
la «patrie», l’UMP 
a préparé le terrain. 
À l’image de 
ces 65 députés 
qui exhortent 
le gouvernement 
à «ne pas oublier 
la famille !», elle compte dans ses rangs des partisans du rapprochement avec l’extrême droite.

Sous couvert de «retour aux fondamentaux», le discours de l’UMP a comme des relents de pétainisme. Jeudi 25 novembre, 65 députés de la majorité ont publié dans l’hebdomadaire Valeurs actuelles un manifeste exhortant le gouvernement à «ne pas oublier» que « la famille est indispensable à la cohésion sociale ». Lancé par les députés UMP des Côtes-d’Armor, Marc Le Fur, et de la Drôme, Hervé Mariton, cet appel, déjà repris sur les sites Internet d’extrême droite, pro-vie et des catholiques traditionalistes, est cosigné par 19 membres du collectif de la Droite populaire, qui constitue la colonne vertébrale de la nouvelle droite réactionnaire.

En mars dernier, au sortir du débat sur l’identité nationale – et après la claque des élections régionales –, 14  députés de la majorité signaient un texte dérangeant, soulignant « l’identité » du peuple français, son histoire et ses « traditions populaires » : « Nous sommes culturellement des Gaulois et nous en sommes fiers. » Cet été, ils étaient 35 pour éditer une charte sur « les valeurs qui font la France », qui sonne comme un tract à la flamme tricolore. Même utilisation que le Front national « en la nation ». Même « attachement au patriotisme », à « une Europe forte fondée sur les peuples ». Même sentiment d’appartenance à la « communauté nationale », même « soutien aux forces de l’ordre ». « Dans les pays anglo-saxons, on appelle ça “law and order” », note Jérôme Fourquet, directeur adjoint du département opinions de l’Ifop. Exception faite des questions économiques, on observe une grande proximité entre les déclarations d’intention de cette droite dure et l’extrême droite.

À la veille du discours de Grenoble du chef de l’État sur la sécurité, le 30 juillet dernier, ces députés UMP, tenants d’une droite « populaire, autoritaire et bonapartiste », selon Jérôme Fourquet, voulaient « revenir aux fondamentaux, aux propositions de campagne de Nicolas Sarkozy ». « Notre électorat est toujours en attente » en matière « d’immigration, de sécurité et de patriotisme », thèmes qui « avaient contribué au succès de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007 », expliquait le député UMP du Vaucluse, Thierry Mariani. Devenu ministre depuis, le cofondateur avec 12 autres députés (dont Lionnel Luca et Christian Vanneste) de la Droite populaire justifiait ainsi la création de cet « aiguillon » du gouvernement. Pas étonnant que le seul ministre d’ouverture qui trouve grâce à leurs yeux soit un transfuge du PS, Éric Besson, qui « a fait le boulot qu’on lui demandait ».

Nicolas Sarkozy a entendu cette frange dure, également représentée par la Droite libre, créée par son ex-conseiller Rachid Kaci, proche de Charles Pasqua. Valeurs actuelles soulignait en octobre que le chef de l’État « ne faisait que prendre en compte une évolution, voire une exaspération nette » de son électorat. À Grenoble, il a repris les thèmes qui l’ont porté à la présidence (exception faite du pouvoir d’achat, porté disparu – NDLR), et quelques-unes des idées émises par son aile droite, qui s’inspire ouvertement du programme du Front national. Par exemple, la déchéance de nationalité pour les auteurs de violences envers les policiers ou la présence de jurés au tribunal correctionnel. Sarkozy « superflic » promettait également une « guerre nationale » contre la délinquance, avec des mots très durs. « C’est sa crédibilité qui est mise en question parce que, sur ce sujet-là, contrairement à d’autres, il n’est pas seulement comptable depuis 2007, mais depuis 2002 », expliquait Jérôme Fourquet en août, sur le site Internet de Marianne. Nicolas Sarkozy s’est donc calé sur la ligne macho-réac du député Luca : « Je ne crois pas que l’émasculation soit dans la logique de l’homme politique. »

La « mission » de ces chantres du rapprochement des droites n’est pas un acte isolé. Le secrétaire national UMP chargé des fédérations, Édouard Courtial, racontait à l’Express que de nombreux militants lui demandaient : « Quand allez-vous travailler avec Marine  (Le Pen)  ? » Un sondage Ifop, paru dans le Nouvel Observateur fin octobre, prouve que l’idée d’un front des droites élargi gagne dans la majorité. Les sympathisants seraient 32 % à souhaiter que l’UMP et le Front national passent des accords lors des élections locales. « L’alliance avec ce qui est à notre droite est tout à fait possible », selon Christian Vanneste, député UMP du Nord, interrogé sur Radio Courtoisie. Dans l’hebdomadaire d’extrême droite Minute, il a répété : « Pas d’ennemis à droite ! » Même attente pour Xavier Lemoine, député du Val-d’Oise, pour qui l’union UMP-FN est « nécessaire et indispensable ». Après tout, Marine Le Pen « dit ce que disait le RPR il y a quinze ans », soulignait Thierry Mariani dans l’Express, en juillet dernier.

Est-ce la fin du « cordon sanitaire » que Jacques Chirac avait théorisé, même s’il n’a pas toujours été respecté ? « Personne ne touchera à la règle de non-alliance tant que Jacques Chirac sera vivant », avouait cyniquement Jean-Claude Gaudin, maire UMP de Marseille, dans le Point. Mais la droite n’aura peut-être pas à attendre l’avis de décès de l’ex-président de la République. « La meilleure façon de réduire l’influence du Front est encore de ne pas lui laisser d’espace en reprenant à son compte les thèmes qu’il défend », explique Jérôme Fourquet. Si, pour le moment, une alliance est « prématurée » pour 2012, comme semble le regretter Christian Vanneste, les passerelles sont jetées.

Grégory Marin

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2 décembre 2010 4 02 /12 /décembre /2010 09:43

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 Le silence d’Obama sur le blocus de Gaza Proche-Orient

par Doug Ireland Bakchich

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Des documents révèlent comment les Israéliens ont déterminé les quantités de nourriture, de combustible et d’autres biens quotidiens nécessaires admis à Gaza.

Au moment où Barack Obama s’apprête à troquer 3,5 milliards de dollars d’aide militaire à Israël en échange d’un illusoire « gel » de seulement trois mois des constructions dans ses colonies de Cisjordanie, des documents officiels ont démontré qu’une politique israélienne délibérée a mis la population de Gaza au bord de la famine.

Les trois documents, obtenus par l’association israélienne des droits de l’homme GISHA, qui est financée, entre autres, par l’Union Européenne, les ministères des Affaires étrangères de Norvège et des Pays-Bas, et l’Open Society Institute du milliardaire George Soros, ont été divulgués par le gouvernement israélien fin octobre, après une longue bataille juridique au nom du Freedom of Information Act israélien. Mais depuis, ces documents accablants ont été ignorés des grands médias occidentaux (le texte intégral de ces documents est disponible sur le site de GISHA).

Quand Israël a imposé un blocus draconien à Gaza il y a trois ans, Dov Weisglass, le conseiller du Premier ministre israélien d’alors, Ehud Olmert, a déclaré : « L’idée est de mettre les Palestiniens au régime, mais de ne pas les faire mourir de faim. »

Les documents révèlent les équations utilisées par les Israéliens pour déterminer les quantités de nourriture, de combustible et d’autres biens nécessaires au quotidien admis à Gaza. Et chaque article qui n’est pas explicitement approuvé par Israël n’a pas le droit d’y entrer. Ainsi les tomates, les pommes de terre, les laitues, les jus de fruits, et bien d’autres aliments sont bannis. Tout comme les chaussures ou les jouets. Autant de menaces à la sécurité d’Israël, sans doute….

Le contenu de ces documents est d’autant plus ignoble si on prend en compte le fait que près de la moitié de la population de Gaza a moins de 18 ans. Ce qui veut dire qu’Israël a délibérément opté pour la malnutrition de centaines de milliers d’enfants, en violation directe de la loi internationale et de la Quatrième Convention de Genève. « L’assouplissement » du blocus de Gaza annoncé par Israël en juin a été dénoncé comme « insatisfaisant » la semaine dernière par la patronne des affaires étrangères de l’UE Lady Catherine Ashton, tout comme par l’envoyé international pour le Moyen Orient Tony Blair le 28 novembre.

Mais il n’y a eu aucune protestation semblable de la part d’Obama, dont l’offre de 3,5 milliards de dollars double l’aide militaire américaine à Israël. Et comme l’a si bien écrit James Zogby, président de l’Arab-American Institute, dans le Huffington Post cette semaine, « ce n’est pas comme ca que [George H.W.] Bush et [le Secrétaire d’État James] Baker ont traité Shamir en 1991-1992, ou comme Clinton a traité Netanyahu en 1998. Dans ces deux cas, des pressions importantes ont amené un changement chez les Israéliens. Aujourd’hui nous récompensons Netanyahu pour son intransigeance ; un précédent dangereux… » Et c’est une honte.

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2 décembre 2010 4 02 /12 /décembre /2010 08:55

                   A qui profitent les révélations de Wikileaks ?

 

                                                        Hicham Hamza, Oumma.com, 30 nov. 2010

 

Psychodrame international. Dimanche, le site Wikileaks a commencé à dévoiler des centaines de milliers de rapports diplomatiques, la plupart classés confidentiels. En ligne de mire : les Etats-Unis mais aussi, et surtout, l’Iran, la Turquie et le Pakistan. Retour sur une divulgation unanimement critiquée par les chefs de gouvernement à travers le monde, à l’exception d’un seul qui l’a salué aujourd’hui :

le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

 

 

Des potins sur les grands de ce monde : c’est ce qui ressort de la couverture médiatique initiale au sujet des 250000 mémos diplomatiques en cours de publication par le site Wikileaks et son porte-parole, Julian Assange, déjà interrogé précédemment par Oumma. Aucun secret d’Etat n’est dévoilé. Sarkozy en « empereur nu, autoritaire et susceptible », Angela Merkel surnommée « Teflon »,  Berlusconi en amateur de « parties sauvages », Kadhafi et son « infirmière ukrainienne, blonde et voluptueuse » et Poutine vu comme un « mâle dominant » : la géopolitique abordée sous l’angle people. Plus intéressantes sont les révélations, dignes d’un thriller d’espionnage, sur la propension des diplomates américains à recueillir tout élément d’information (y compris l’ADN) au sujet d’individus jugés intéressants par le Département d’Etat. De même, une rumeur stupéfiante, autrefois envisagée avec dédain par les zélateurs de Washington, est désormais confirmée : les Etats-Unis ont proposé de réaliser un « troc » entre prisonniers de Guantanamo et avantages diplomatiques en tout genre à des pays divers tels la Belgique et la république insulaire de Kiribati. D’autres informations sont plus anecdotiques comme celle relative au vice-président afghan, Ahmed Zia Massoud, transportant 52 millions de dollars en cash aux Emirats arabes unis. Un autre secret de polichinelle est aussi confirmé : la prépondérance de notables saoudiens dans le financement d’Al Qaida. Plus compromettante pour les Etats-Unis est la divulgation d’un mémo indiquant les intimidations des Américains à l’encontre de l’Allemagne pour ne pas poursuivre en justice la CIA, responsable de la séquestration en Afghanistan d’un citoyen allemand confondu avec un terroriste.

 

 

                 L’embarras touche aussi le Moyen-Orient : l’Arabie saoudite, la Jordanie et le Bahreïn se révèlent être des partisans vindicatifs d’une attaque américaine contre l’Iran. Autre source de gêne, la position du président yéménite, exprimée en janvier dernier, à l’égard des victimes de bombardements américains dans son propre pays : non seulement il ne condamne pas ceux-ci mais il s’est explicitement engagé à occulter la responsabilité américaine en revendiquant lui- même les attaques contre les groupes islamistes. Inquiet des trafics d’armes et de drogues, le président yéménite, Ali Abdullah Saleh, précise au passage, à l’attention du général américain David Petraeus, se soucier davantage que le whisky arrive à bon port, « pourvu qu’il soit bon ».

 

La France, nain politique

 

Qu’en est-il de la France ? La confirmation de ce que l’on savait déjà : l’hostilité des diplomates de l’Elysée, dont le premier en tête, Jean-David Levitte, à l’endroit de l’Iran, cet Etat « fasciste » ou du Venezuela, pays dirigé par ce « fou » de Hugo Chavez. Plus singulière est la révélation relative à l’ancien ministre de la Défense, Hervé Morin  : lors d’un entretien effectué en février dernier avec son homologue américain, le président du Nouveau Centre a fait preuve d’une certaine résistance aux desiderata américains, critiquant l’opportunité d’un nouveau système de défense antimissile sous l’égide de l’OTAN ou la mise à distance de la Russie dans des transactions d’équipements militaires. Au passage, le mémo révèle une chose étonnante : le désaveu du ministre par ses propres subalternes qui ont fait savoir aux Américains que son « opinion » ne reflétait que la sienne. Il est aussi question dans ce rapport confidentiel de l’envoi secret de forces spéciales françaises pour tenter de libérer les journalistes de France 3 détenus en Afghanistan ou de l’engagement du secrétaire américain à la Défense de ne pas embarrasser les Français, sur la question délicate du renfort militaire, au cours de la campagne des élections régionales.

 

Pour le plus grand bonheur de Tel-Aviv

 

« Ces [révélations] n’affectent pas du tout Israël, peut-être même est-ce le contraire », a reconnu Giora Eiland, général israélien à la retraite et ancien conseiller d’Ariel Sharon. Ces documents, précise-t- il, « montrent que des pays arabes tels que l’Arabie saoudite s’intéressent bien plus à l’Iran qu’au conflit israélo-palestinien, par exemple ». Le Premier ministre est encore plus enthousiaste : « Pour la première fois dans l’histoire, il y a un consensus pour dire que l’Iran est la menace ». Lyrique, Benjamin Netanyahu veut s’afficher comme un pacifiste  : « Si la divulgation amène les dirigeants de la région à parler ouvertement contre Téhéran, alors les révélations auront contribué à la paix dans le monde », ajoute-t-il. Priez de ne pas sourire : les documents révélés pas Wikileaks,

décrivant une menace nucléaire croissante de la part de l’Iran, les liens de la Turquie avec Al Qaida en Irak, le danger pakistanais et la discorde au sein de la Ligue arabe font les délices de Tel-Aviv qui œuvre, comme chacun le sait, pour « la paix dans le monde ». Gideon

Lévy, chroniqueur au quotidien Haaretz, ne s’y est pas trompé : fin octobre, dans un éditorial satirique, il avait félicité, au nom d’Israël, Wikileaks pour avoir démontré au reste du monde que les exactions de guerre commises par les Américains étaient bien plus graves que celles effectuées en 2009 par l’armée israélienne dans la bande de Gaza. De là à suspecter que Wikileaks est une habile opération psychologique sous-traitée par des services secrets, notamment israéliens, c’est une hypothèse, déjà populaire sur Internet, que rien de substantiel ne permet à ce jour d’étayer. Une chose demeure pourtant évidente : en 2010, les révélations du site ont davantage embarrassé les Etats-Unis, ses alliés au Moyen-Orient et l’Iran qu’elles n’ont gêné d’autres puissances régionales comme la Chine, l’Inde et Israël.

 

 

 

Evidemment, parmi les documents divulgués, certains peuvent titiller quelque peu les alliés traditionnels de Tel-Aviv : ainsi en va-t-il de celui relatif au Maroc. Après avoir qualifié le président Kadhafi d’« émotif » et déploré le danger islamiste au sud de l’Algérie, Meir Dagan, l’ancien directeur du Mossad (qui vient justement de quitter ses fonctions après huit ans de bons et loyaux services en tout genre), avait fait savoir en 2007 aux diplomates américains que le Maroc, confronté au terrorisme, s’en sortait plutôt bien, « en dépit de son roi  ». Sous-entendu : à ses yeux, Mohammed VI n’aurait pas d’intérêt pour la gouvernance du pays. Difficile, pourtant, de concevoir, à ce jour, une réaction indignée de Rabat à l’endroit de Tel-Aviv pour ce propos peu amène.

 

Autre exemple d’un embarras tout relatif : la révélation d’une inquiétude des autorités israéliennes à l’encontre de l’Iran avant l’accession au pouvoir de Mahmoud Ahmadinejad. En mars 2005, soit quelques mois avant l’élection du maire de Téhéran à la présidence du pays, Ariel Sharon redoutait déjà la prétendue menace nucléaire que constituerait l’Iran à moyen terme. Dans l’opinion publique, le danger iranien est surtout associé au tempérament provocateur de Mahmoud Ahmadinejad . Le mémo de 2005 suggère pourtant que l’Iran, même sous la direction du modéré Mohammad Kathami, était déjà perçu comme la menace la plus importante après l’élimination opportune de celle que représentait l’Irak.

 

The show must go on

 

La satisfaction publique d’un Benjamin Netanyahu révèle l’identité du camp réjoui par les dernières révélations de Wikileaks : non pas un quelconque « axe américano-sioniste » mais plus précisément la frange dure des néoconservateurs  américains, israéliens et européens qui propagent, depuis une quinzaine d’années, le fantasme d’un « péril islamo-nucléaire » incarné par le Pakistan et l’Iran et la nécessité, en corollaire, d’assurer la sécurité d’Israël par tous les moyens nécessaires. Le mensonge et la ruse au besoin, comme l’illustre le mythe, toujours impuni, des armes de destruction massive en Irak.

 

Et le jeu de dupes continue. Dimanche, le ministre italien des Affaires étrangères a qualifié la divulgation opérée par Wikileaks de « 11-Septembre diplomatique ». Peu s’en souviennent mais au lendemain des attentats de New York et du Pentagone, un certain Benjamin Netanyahu s’était publiquement félicité de la tragédie, indiquant qu’il s’agissait d’une « bonne chose pour Israël ». Neuf ans plus tard, le même homme, qui a reconnu avoir anticipé les révélations de Wikileaks, sait toujours comment instrumentaliser positivement les événements de son époque. Pourvu qu’ils soient nimbés de mystère quant à l’identité réelle de leurs commanditaires.

 

 

 

Hicham Hamza

 

Oumma.com, 30 nov. 2010

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2 décembre 2010 4 02 /12 /décembre /2010 08:28

 

 

 

 

Selon le président du Tribunal spécial pour le Liban, Antonio Cassese, la Résistance armée en Palestine, au Liban, en Irak et en Afghanistan doit être jugée pour « terrorisme ».

29 novembre 2010
Révélations sur l’assassinat de Rafiq Hariri

La vérité émerge peu à peu. Des interceptions de vidéos de drones israéliens montrent une préparation israélienne du crime. Les faits révélés par Odnako montrent l’usage d’une arme allemande sophistiquée. Le puzzle est presque complet.





Alors que la presse occidentale annonce l’imminente inculpation de dirigeants du Hezbollah par le Tribunal spécial pour le Liban, la revue russe Odnako remet en cause l’ensemble de l’enquête réalisée par les Nations Unies. Selon Thierry Meyssan, l’ancien Premier ministre libanais Rafiq Hariri aurait été assassiné avec une arme fournie par l’Allemagne. L’ancien procureur allemand et premier responsable de l’enquête onusienne, Detlev Mehlis, aurait falsifié un indice pour masquer la responsabilité de son pays. Ces révélations embarrassent le Tribunal et renversent la donne au Liban.

Les multiples conflits du Proche-Orient se cristallisent désormais autour du Tribunal spécial pour le Liban (TSL). La paix et la guerre dépendent de lui. Pour les uns, il doit permettre de démanteler le Hezbollah, de soumettre la Résistance et d’instaurer la Pax Americana. Pour les autres, il bafoue le droit et la vérité pour assurer le triomphe d’un nouvel ordre colonial dans la région.

Ce tribunal a été créé, le 30 mai 2007, par la Résolution 1757 du Conseil de sécurité pour juger les commanditaires supposés de l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri. Dans le contexte de l’époque, cela signifiait ni plus, ni moins, juger les présidents syrien et libanais en exercice Bachar el-Assad et Emile Lahoud, les bêtes noires des néoconservateurs. Cependant il s’avéra que cette piste ne reposait sur aucun élément concret et qu’elle avait été alimentée par de faux témoins. N’ayant plus personne à juger, le Tribunal aurait pu disparaître dans les limbes de la bureaucratie lorsqu’un coup de théâtre le plaça à nouveau au cœur des conflits politiques régionaux. Le 23 mai 2009, le journaliste atlantiste Erich Follath révéla dans le Spiegel Online que le procureur s’apprêtait à inculper de nouveaux suspects : des dirigeants militaires du Hezbollah. Depuis 18 mois, son secrétaire général, Hassan Nasrallah clame l’innocence de son parti. Il affirme que cette procédure vise en réalité à décapiter la Résistance pour offrir la région à l’armée israélienne. De son côté, l’administration états-unienne se pose soudain en défenseur du droit et assure que nul ne saurait se soustraire à la Justice internationale.

Quoi qu’il en soit, la mise en accusation —que tous s’accordent à dire imminente— de leaders chiites pour l’assassinat d’un leader sunnite est de nature à enflammer la fitna, c’est-à-dire la guerre civile musulmane, plongeant la région dans de nouveaux soubresauts sanglants.

En visite officielle à Moscou, les 15 et 16 novembre, Saad Hariri —actuel Premier ministre et fils du défunt— a répété que la politisation du tribunal risquait d’enflammer une nouvelle fois son pays. Le président Medvedev lui a répondu que la Russie voulait que la Justice passe et réprouvait tout effort pour discréditer, affaiblir ou retarder le travail du tribunal. Cette position de principe repose sur la confiance accordée a priori par le Kremlin au TSL. Or celle-ci sera sûrement ébranlée par les révélations d’Odnako.

En effet, nous avons souhaité faire le point sur l’assassinat de Rafiq Hariri. Les éléments que nous avons découverts font apparaître une nouvelle piste dont on se demande pourquoi elle n’a jamais été explorée jusqu’ici. Au cours de notre longue enquête, nous avons rencontré de nombreux protagonistes, trop sans doute, de sorte que nos investigations se sont ébruitées et ont affolé ceux pour qui la piste de la Résistance armée libanaise est une bonne aubaine. Tentant de nous intimider, le Jerusalem Post a lancé une attaque préventive, le 18 octobre, sous la forme d’un long article consacré à notre travail. De manière purement diffamatoire, il y accuse l’auteur de cet article d’être payé un million de dollars par l’Iran pour disculper le Hezbollah.

Venons-en aux faits, le convoi de Rafiq Hariri a été attaqué à Beyrouth le 14 février 2005. L’attentat a fait vingt-trois morts et une centaine de blessés. Un rapport préliminaire diligenté par le Conseil de sécurité souligne les réactions peu professionnelles des policiers et magistrats libanais. Pour y pallier le Conseil missionne ses propres enquêteurs et leur fournit des moyens très importants dont le Liban ne dispose pas. Dès le départ de ces investigations, il a été admis que l’attentat avait été perpétré par un kamikaze qui conduisait une camionnette bourrée d’explosifs.

La commission des Nations unies ayant été créée pour apporter le professionnalisme qui manquait aux Libanais, on s’attend à ce qu’elle ait suivi scrupuleusement les procédures criminelles classiques. Or, il n’en est rien. L’analyse de la scène du crime, en se basant sur sa topographie qui est intacte et sur les photos et vidéos du jour, n’a pas été réalisée en détail. Les victimes n’ont pas été exhumées et autopsiées. Pendant longtemps, rien n’a été entrepris pour vérifier le modus operandi. Après avoir écarté l’hypothèse d’une bombe enfouie dans le sol, les enquêteurs ont considéré comme certaine la version de la camionnette sans la vérifier.


Pourtant, cette version est impossible : chacun peut observer sur la scène du crime un profond et vaste cratère qu’une explosion en surface ne peut creuser. Devant l’insistance des experts suisses qui refusent d’avaliser la version officielle, le Tribunal spécial pour le Liban (TSL) a procédé à une reconstitution à huis clos, le 19 octobre dernier. Elle ne s’est pas tenue au Liban, ni même aux Pays-Bas où siège le TSL, mais en France, un des principaux États à financer le Tribunal. Les bâtiments de la scène du crime y ont été reconstruits et de la terre de Beyrouth y a été transportée. Le convoi a été reconstitué y compris avec une voiture blindée. Il s’agissait de démontrer que la hauteur des immeubles en béton avait confiné l’explosion, de sorte que le souffle avait pu creuser le cratère. Les résultats de cette coûteuse expérience n’ont pas été divulgués.


Ce qui frappe en regardant les photos et les vidéos prises juste après l’attentat, c’est d’abord l’incendie. Partout des carcasses de voiture et des objets de toutes sortes brûlent. Puis, ce sont les corps des victimes : ils sont carbonisés d’un côté et intacts de l’autre. C’est très étonnant et cela n’a rien à voir avec ce que provoquent des explosifs classiques.

La théorie d’un mélange de RDX, PETN et TNT dans la camionnette du kamikaze n’explique pas ces dégâts.

Si l’on observe de près les photos du cadavre de Rafiq Hariri, on remarque d’étranges détails : sa riche montre en or massif a fondu sur son poignet, au contraire, le col en tissu raffiné de sa chemise de luxe est intact autour de son cou.

Que s’est-il donc passé ?

L’explosion a dégagé un souffle d’une chaleur exceptionnellement intense et d’une durée exceptionnellement brève. Ainsi, les chairs exposées au souffle ont été instantanément carbonisées, tandis que l’envers des corps n’a pas été brûlé.

Les objets à forte densité (comme la montre en or) ont absorbé cette chaleur et ont été détruits. Au contraire, les objets à faible densité (comme le linge fin du col de chemise) n’ont pas eu le temps d’absorber la chaleur et n’ont donc pas été touchés.



 

La dépouille de Rafiq Hariri

 


Sur les vidéos, on voit également que des membres de certains cadavres ont été sectionnés par l’explosion. Curieusement, les coupes sont nettes, comme s’il s’agissait de statues de calcaire. On ne voit pas d’os brisés et proéminents, ni de chairs arrachées. C’est que l’explosion a absorbé l’oxygène et déshydraté les corps qui sont devenus friables. Plusieurs témoins, présents à proximité de l’attentat, ont d’ailleurs fait état de troubles respiratoires dans les heures qui suivirent. A tort, les autorités ont interprété cela comme la somatisation d’un traumatisme psychologique.

Ces constatations sont le b. a.-ba de toute enquête criminelle. Il fallait commencer par cela, mais elles ne figurent pas dans les rapports des « professionnels » au Conseil de sécurité.

Lorsque nous avons demandé à des spécialistes militaires quels explosifs pouvaient provoquer ces dégâts, ils ont évoqué un nouveau type d’arme qui fait l’objet de recherches depuis des décennies et de compte rendus dans des revues scientifiques. En combinant des connaissances nucléaires et nano technologiques, on parvient à créer une explosion dont on contrôle précisément la puissance. On programme l’arme pour qu’elle détruise tout dans un périmètre donné, calculé au centimètre près.

Toujours selon nos spécialistes militaires, cette arme provoque aussi d’autres dégâts : elle exerce une forte pression sur la zone de l’explosion. Lorsque celle-ci s’interrompt, les objets les plus lourds sont projetés vers le haut. Ainsi, des voitures se sont élevées dans les airs.

Un détail ne trompe pas : cette arme utilise une nano quantité d’uranium enrichi dont les radiations sont mesurables. Or, un passager de la voiture blindée de Rafiq Hariri a survécu. L’ancien ministre Bassel Fleyhan a été transporté dans un prestigieux hôpital militaire français pour y être soigné. Les médecins ont constaté avec étonnement qu’il avait été en contact avec de l’uranium enrichi. Personne n’a fait le lien avec l’attentat.

Techniquement, cette arme prend la forme d’un petit missile de quelques dizaines de centimètres de long. Il doit être tiré depuis un drone. En effet, plusieurs témoins ont assuré avoir entendu un aéronef survolant la scène du crime. C’est pourquoi les enquêteurs ont demandé aux États-Unis et à Israël qui disposent de satellites d’observation positionnés en permanence de leur transmettre les clichés dont ils disposent. Les États-Unis avaient également déployé des avions AWACS sur le Liban ce jour-là. Ces enregistrements permettraient de vérifier la présence d’un drone et peut-être même de suivre son trajet. Mais Washington et Tel-Aviv —qui ne cessent d’exiger la coopération judiciaire de tous avec le TSL— ont refusé ce service.

Le Hezbollah a intercepté et publié des vidéos des drones israéliens effectuant des repérages des habitudes de Rafiq Hariri et de la scène du crime


Lors d’une conférence de presse, le 10 août dernier, Hassan Nasrallah a projeté des vidéos tournées selon lui par des drones israéliens et interceptées par son organisation. Ils auraient observé durant des mois les déplacements de Rafiq Hariri, avant de concentrer leur surveillance sur le virage où l’attentat a eu lieu. Tel-Aviv aurait donc réalisé les repérages préalables à l’assassinat. Ce qui, ainsi que le souligne M. Nasrallah, ne veut pas dire qu’il l’ait perpétré.

Qui donc a tiré le missile ?

C’est là que les choses se compliquent. Selon les experts militaires, en 2005, seule l’Allemagne était parvenue à maîtriser cette nouvelle technologie. C’est donc Berlin qui aurait fourni et programmé l’arme du crime.

Dès lors, on comprend mieux pourquoi l’ancien procureur berlinois Detlev Mehlis —un magistrat très controversé au sein de sa profession— a tenu à présider la Commission d’enquête onusienne. Il est en effet notoirement lié aux services secrets allemands et états-uniens. Chargé en 1986 d’élucider l’attentat contre la discothèque berlinoise La Belle, il n’avait pas hésité à masquer les implications israélienne et états-unienne pour accuser mensongèrement la Libye et justifier le bombardement du palais de Mouammar Khadafi par l’US Air Force. Au début des années 2000, M. Mehlis a été grassement rémunéré comme chercheur par le Washington Institute for Near East Policy (le think-tank du lobby pro-israélien AIPAC) et par la Rand Corporation (le think-tank du complexe militaro-industriel états-unien). Autant d’éléments qui jettent un doute sur son impartialité dans l’affaire Hariri et auraient dû le faire récuser.

Mehlis était assisté du commissaire Gehrard Lehmann. Cet officier est lui aussi un agent notoire des services secrets allemands et états-unien. Il a été reconnu formellement par un témoin comme participant au programme d’enlèvement, de séquestration et de tortures, mis en place en Europe par l’administration Bush. Son nom est cité dans le rapport ad hoc du Conseil de l’Europe. Cependant, il a échappé à toute poursuite judiciaire grâce à un alibi aussi solide que peu crédible, fourni part ses collègues de la police allemande.

Mehlis et Lehmann ont promu la thèse du kamikaze et de sa camionnette bourrée d’explosifs afin d’écarter toute investigation sur l’arme allemande qui a servi à commettre le crime.

Des échantillons de terre ont été prélevés sur la scène du crime. Après avoir été mélangés, ils ont été divisés en trois bocaux qui ont été envoyés à trois laboratoires différents. Les deux premières analyses n’ont trouvé aucune trace d’explosif. Le troisième bocal a été pris par Mehlis et Lehmann, et envoyé par leur soin au troisième laboratoire. Celui-ci y a trouvé les traces d’explosifs recherchés. En principe, si l’on décide de recourir à trois experts judiciaires, c’est qu’en cas de désaccord entre eux, on se reportera à l’avis majoritaire. Que nenni ! Mehlis et Lehmann ont violé les protocoles. Ils ont considéré que seul leur bocal était fiable et ont emmené le Conseil de sécurité sur une fausse piste.

Le caractère profondément malhonnête des investigations du duo Mehlis-Lehman n’a plus besoin d’être démontré. Leurs successeurs l’ont reconnu à demi-mots et ont annulé des pans entiers de procédure.

Parmi leurs manipulations, la plus célèbre est celle des faux témoins. Cinq individus ont prétendu avoir été témoins de la préparation de l’attentat et ont mis en cause les présidents Bachar el-Assad et Emile Lahoud. Alors que ces imputations faisaient chauffer le chaudron de la guerre, leurs avocats démontrèrent qu’ils mentaient et l’accusation se dégonfla.

Le président de la Commission d’enquête de l’ONU, Detlev Mehlis, a violé les règles de procédure pénale, fabriqué de fausses preuves et utilisé de faux témoignages, pour disculper l’Allemagne et accuser la Syrie



Sur la base de ces faux témoignages, Detlev Mehlis arrêta, au nom de la Communauté internationale, quatre généraux libanais et les fit incarcérer durant quatre ans. Pénétrant avec ses cow-boys au domicile de chacun, sans mandat de la justice libanaise, il interpella également les membres de leur entourage. Avec ses assistants —qui s’expriment entre eux en hébreu— il tenta de manipuler les familles. Ainsi, au nom de la Communauté internationale, il présenta des photos truquées à l’épouse d’un des généraux pour le convaincre que son mari non seulement lui cachait son implication dans le meurtre, mais la trompait. Simultanément, il tenta une manœuvre similaire auprès du fils du « suspect », mais cette fois pour essayer de le convaincre que sa mère était une femme légère et que son père, désespéré, venait de sombrer dans une sorte de folie meurtrière. L’objectif était de provoquer un crime d’honneur au sein de la famille et de ternir ainsi l’image de gens respectables et respectés.

Plus incroyable encore, Lehmann proposa à un des quatre généraux incarcérés de le libérer s’il acceptait de porter un faux témoignage contre un dirigeant syrien.

Par ailleurs, le journaliste allemand Jürgen Cain Külbel mit en évidence un détail troublant : il était impossible de provoquer l’explosion avec une télécommande ou d’utiliser une balise sur la cible sauf à désactiver le puissant système de brouillage dont le convoi de Rafiq Hariri était équipé. Un système parmi les plus sophistiqués au monde, fabriqué… en Israël.

Külbel fut sollicité par un militant pro-palestinien connu, le professeur Said Dudin, pour promouvoir son livre. Mais Dudin, en multipliant les déclarations outrancières, s’appliqua surtout à le saboter. Külbel, ancien officier de police criminelle d’Allemagne de l’Est, ne tarda pas à découvrir que Dudin était connu de longue date pour être un agent de la CIA infiltré dans la gauche allemande. Il publia d’anciens rapports est-allemands attestant du fait et fut alors condamné pour divulgation illégale de documents et brièvement incarcéré ; tandis que Dudin s’installait à l’ambassade d’Allemagne à Beyrouth et tentait d’infiltrer les familles des quatre généraux.

Passé inaperçu au Proche-Orient le rôle de l’Allemagne dans cette région doit être souligné. La chancelière Angela Merkel a envoyé un contingent très important pour participer à la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) après la guerre entreprise par Israël contre le pays du Cèdre à l’été 2006. Les 2 400 soldats allemands contrôlent de dispositif maritime pour empêcher l’approvisionnement en armes de la Résistance via la Méditerranée. A cette occasion, Mme Merkel a déclaré que la mission de l’armée allemande était de défendre Israël. Ce discours a provoqué un vent de fronde parmi les officiers. Par centaines, ils lui ont écrit pour lui rappeler s’être engagés pour défendre leur patrie et non un Etat étranger, fusse t-il allié.

Fait sans précédent, le 17 mars 2008 à Jérusalem et le 18 janvier 2010 à Berlin, les gouvernements allemand et israélien ont tenu un conseil des ministres commun. Ils y ont adopté des programmes divers, notamment en matière de défense. A ce stade, il n’y a plus beaucoup de secrets entre Tsahal et la Bundeswehr.

L’enquête de Detlev Mehlis a sombré non seulement dans le ridicule des faux témoins, mais dans l’illégalité de l’arrestation des quatre généraux. Au point que le Groupe de travail sur les détentions arbitraires du Conseil des droits de l’homme de l’ONU est intervenu pour condamner fermement cet excès de pouvoir.

Toutefois, l’opprobre qui frappe le travail de M. Mehlis ne doit pas éclabousser le Tribunal spécial pour le Liban qui n’est aucunement responsable de ses manipulations. Mais, là encore, les choses se compliquent. La crédibilité du TSL dépend de sa capacité à réprimer en premier lieu tous ceux qui ont tenté de masquer la vérité et d’accuser mensongèrement les présidents Bachar el-Assad et Emile Lahoud pour provoquer une guerre. Or, le Tribunal refuse de juger les faux témoins, donnant l’impression qu’il couvre les manipulations de la période Mehlis et poursuit des objectifs politiques similaires (cette fois contre le Hezbollah, peut-être demain contre d’autres). Pis, le Tribunal refuse de remettre, à Jamil Sayyed (un des quatre généraux illégalement emprisonné), les procès-verbaux d’audition des personnes qui l’ont accusé, lui interdisant ainsi de demander réparation et donnant l’impression qu’il couvre quatre années de détention arbitraire.

De manière plus prosaïque, le Tribunal fuit ses responsabilités. D’un côté, il doit juger les faux témoins pour dissuader de nouvelles manipulations et pour manifester son impartialité ; d’un autre il ne veut pas se lancer dans une opération « mains propres » au cours de laquelle il lui faudrait peut-être arrêter le procureur Mehlis. Cependant, les révélations d’Odnako sur la piste allemande rendent cette stratégie intenable. D’autant qu’il est déjà bien tard : le général Jamil Sayyed a déposé une plainte en Syrie et un juge d’instruction syrien a déjà inculpé le procureur Detlev Mehlis, le commissaire Gerhard Lehman et les cinq faux témoins. On imagine la confusion qui s’abattra sur le TSL si la Syrie saisit Interpol pour les faire arrêter.

De même que la commission Mehlis devait apporter le professionnalisme qui manquait aux forces de l’ordre libanaises, de même le TSL devait apporter l’impartialité qui risquait de faire défaut aux juridictions libanaises. On est loin du compte et ceci soulève la question de la légitimité de cette institution.

Kofi Annan souhaitait que le Tribunal pour le Liban ne soit pas une juridiction internationale, mais un tribunal national libanais à caractère international. Il aurait été régi par le droit libanais tout en étant composé pour moitié de juges internationaux. Cela n’a pas été possible car la négociation a tourné court. Ou plutôt, un accord a été trouvé avec le gouvernement libanais de l’époque, présidé par Fouad Siniora, l’ancien fondé de pouvoir des entreprises Hariri, mais n’a pas été ratifié ni par le Parlement, ni par le président de la République. Du coup, cet accord a été avalisé unilatéralement par le Conseil de sécurité (Résolution 1757 du 30 mai 2007). Par conséquent, le TSL est hybride et fragile.

Ainsi que l’a précisé Kofi Annan, ce tribunal n’est comparable à aucun des tribunaux mis en place jusqu’ici par les Nations Unies. « Il n’est pas un organe subsidiaire de l’ONU, ni un élément de l’appareil judiciaire libanais », c’est tout juste « un organe conventionnel » entre l’exécutif des Nations Unies et l’exécutif libanais. Si l’on se réfère à l’exigence internationale de séparation des pouvoirs et d’indépendance de la Justice face à l’Exécutif, on ne peut pas considérer le TSL comme un véritable tribunal, juste comme une commission disciplinaire conjointe des exécutifs libano-onusiens. Quelque soient ses décisions, elles seront donc frappées de suspicion.

Pis, à tout moment, n’importe quel gouvernement libanais peut y mettre fin, puisque l’accord n’ayant pas été ratifié n’engageait que l’ancien gouvernement. Du coup, l’actuel gouvernement de coalition libanais s’est transformé en champ de bataille entre partisans et adversaires du tribunal. Tentant de préserver la stabilité gouvernementale, le président de la République, Michel Sleimane, dissuade semaine après semaine le Conseil des ministres de passer au vote sur toute question relative au TSL. Ce barrage ne tiendra pas éternellement.

Une mauvaise nouvelle n’arrivant jamais seule, la suspicion atteint maintenant le président du TSL, Antonio Cassese. Ce spécialiste réputé du droit international fut président du Tribunal pénal pour l’ex-Yougoslavie. Or M. Cassese est un fervent partisan de la colonisation juive de la Palestine. Ami personnel d’Elie Wiesel, il a reçu et accepté un prix honorifique de sa main. Il aurait donc dû se récuser et démissionner lorsque Hassan Nasrallah a révélé que des drones israéliens avaient repéré durant des mois les habitudes de la victime et la scène du crime.

Selon le président du Tribunal spécial pour le Liban, Antonio Cassese, la Résistance armée en Palestine, Liban, Irak et Afghanistan doit être jugée pour « terrorisme »


Plus grave, le juge Cassese incarne une conception du droit international qui fait clivage au Proche-Orient. Bien qu’il ait retiré ce point de son curriculum vitae officiel, il participa en 2005 aux négociations entre les États membres de l’Union européenne et ceux de la Méditerranée (« Processus de Barcelone »). Sa définition du terrorisme bloqua les discussions. Selon lui, le terrorisme est exclusivement le fait d’individus ou de groupes privés, jamais d’États. Il s’ensuit que la lutte contre une armée d’occupation ne saurait être considérée comme de la « résistance », mais comme du « terrorisme ». Dans le contexte local, cette position juridique relève de l’ordre colonial et disqualifie le TSL.

Les méthodes du Tribunal spécial ne diffèrent guère de celles de la Commission Mehlis. Ses enquêteurs ont collecté des fichiers de masse : sur les étudiants libanais, les bénéficiaires de la Sécurité sociale, les abonnés d’Électricité du Liban et de l’Office des eaux. Le 27 octobre, ils ont même tenté, hors de la présence de magistrats libanais, de s’emparer par la force des dossiers médicaux d’une clinique gynécologique fréquentée par les épouses de membres du Hezbollah. Toutes ces investigations sont évidemment sans lien avec l’assassinat de Rafiq Hariri. Tout porte les Libanais à croire que ces informations sont destinées à Israël dont le TSL n’est à leurs yeux qu’une simple émanation.

Tous ces problèmes avaient été parfaitement anticipés par le président Poutine qui avait vainement proposé, en 2007, une autre rédaction de la résolution instituant le Tribunal spécial. L’ambassadeur Vitaly Churkin avait dénoncé les « lacunes juridiques » du système. Il s’était indigné que le Conseil de sécurité menace de recourir à la force (Chapitre VII) pour créer unilatéralement cet « organe conventionnel ». Il avait souligné que le Tribunal devait œuvrer à la réconciliation des Libanais, mais était conçu de sorte qu’il les opposerait un peu plus. En définitive, la Russie — comme la Chine— avait refusé d’approuver la Résolution 1757.

Reste que la vérité émerge peu à peu. Les interceptions de vidéos de drones israéliens, rendues publiques par le Hezbollah, montrent une préparation israélienne du crime. Les faits révélés par Odnako montrent l’usage d’une arme allemande sophistiquée. Le puzzle est presque complet.

Thierry Meyssan

Cet article est initialement paru dans Odnako du 29 novembre 2010.



Source Odnako (Fédération de Russie)
Rédacteur en chef : Mikhail Léontieff
                                                source: Liban Résistance
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30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 16:37

Conseil national du PCF du 26 novembre 2010

 

Intervention d’Emmanuel DANG TRAN, fédération de Paris, secrétaire de la section du 15ème 

 

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Nous devons analyser le mouvement que nous venons de vivre avec précision et lucidité. Je regrette que le rapport de Pierre [Laurent] plaque une auto-validation de la stratégie du Front de gauche qui n’a pas lieu d’être. 

 

D’un côté, le pouvoir n’a pas gagné la bataille des idées. Mais de l’autre, la loi Woerth a fini par être promulguée et le gouvernement s’est mis en ordre de bataille pour accélérer encore sa politique.

La mobilisation a été exceptionnellement nombreuse, témoignant de l’existence d’un rapport de force susceptible de gagner contre cette politique. Mais, après 2003, 2007 (régimes spéciaux), 2009, le mouvement fait à nouveau l’expérience de l’échec. Les relativement faibles taux de grévistes, notamment dans les entreprises en pointe les années précédentes, doivent nous interroger.

 

Le maintien d’une unité des organisations ne saurait représenter une victoire en soi. La recherche, comme préalable obligé, de l’unité des organisations a créé un décalage avec une lutte qui a explicitement accusé le capitalisme.

 

Quand j’entends ici se réjouir que Chérèque déclare dans l’Express que « la crise financière l’a changé », je tombe des nues. Il a fait expressément voter au congrès de la CFDT de juin l’acceptation de l’allongement sans fin de la durée de cotisation, ce qui a plombé le mouvement, et renvoie maintenant la question des retraites à une nouvelle contre-réforme structurelle en 2013.

Même double jeu de la CES : Son secrétaire, Mr John Monks peut bien aller essayer de chapeauter les manifestations au Portugal, c’est le même qui félicite Mme Merkel pour sa politique de l’emploi.

 

Du côté des organisations politiques, faute de clarification, notamment venant de notre parti, le PS a également lesté, vidé la revendication de la défense de la retraite à 60 ans. Sa mouvance s’est appliquée à déplacer l’objet de la bataille de la convergence des luttes contre la loi Woerth à un vague anti-sarkozysme renvoyant à 2012.

 

Le mouvement social continue de buter sur une perspective politique bloquée sur 2012, le schéma institutionnel.      

 

Loin de contribuer à la dégager, la poursuite de la stratégie du « Front de gauche » y enfonce le PCF, au moment où l’attente, la recherche d’un PCF qui joue son rôle dans la lutte des classes se manifestent comme jamais depuis des années.

 

Mélenchon ou Chassaigne, Chassaigne ou Mélenchon, les deux ensemble dans un ticket, un troisième suivant les sondages : nous voilà dans les mêmes turpitudes que les autres, aussi loin de l’exigence émise par les luttes !

Tout a été dit sur le politicien Mélenchon.

Je m’interroge sur le sens de la candidature d’André [Chassaigne - absent] : une candidature individuelle, mais poussée par la direction nationale à la Fête de l’Huma ou au meeting de Japy. Est-elle destinée à rabattre les communistes vers le Front de gauche, à donner l’image d’un PCF encore plus inféodé au PS que le Pg ?

 

Cette situation est le résultat absolument prévisible du choix imposé aux communistes, au faux congrès de juin, du principe de candidatures communes du Front en 2012.

Une solution pour sortir de ce piège, y couper court, c’est d’enfin donner aux communistes la possibilité de se prononcer sur une candidature présentée par le PCF. C’est indissociable d’une démarche de définition d’un programme communiste, sur la base duquel, ensuite, des alliances sont imaginables.

 

Le Front de gauche est à l’opposé de cette démarche.

Il porte en préalable le choix de l’effacement du PCF dans une mouvance de « gauche », « social-démocrate de gauche », avec comme objectif de tirer à gauche le reste de la social-démocratie dans une perspective de nouvelle gauche « plurielle » après 2012. Prétendre « tirer le PS à gauche » : on sait ce que cette stratégie a déjà coûté !

 

C’est pourtant le but qui est assigné au « programme partagé ».

J’ai été frappé, dans la rencontre suivant le dernier CN, avec des « personnalités » de la gauche associative et syndicale, par le rôle auquel on réduit le Parti : celui de prestataire de service en organisation de réunion et en interventions d’élu.

On laisse le beau rôle aux partenaires qui savent, tel Mélenchon, manier la radicalité, superficiellement, pour mieux rabattre vers la social-démocratie quand certains de nos élus se montrent enfermés dans leur compromis avec le PS.

 

Prenons les choses dans le bon ordre ! Nous avons besoin d’un programme communiste, partagé par les communistes, d’un programme communiste à partager. Et ce n’est pas un jeu de mots !

Il est notamment fondamental que nous remettions la perspective du socialisme à l’ordre du jour. Ne laissons pas le concept être repris et dénaturé par exemple par le Pg ! J’invite le CN à utiliser le dernier livre de Léo Figuères « Capitalisme, socialisme(s), communisme ».

 

Les choix de ceux qui considèrent que l’histoire du Parti est un « boulet » [ex : Cohen-Séat au CN même], que le PCF n’a plus de raison d’être, qu’il doit être métamorphosé, les choix de ceux qui l’ont quitté sur cette position pour mieux revenir dans le Front de gauche [les « refondateurs – la FASE], menacent toujours l’avenir du Parti.

Donnons-nous les moyens de faire vivre et de renforcer le PCF, ses organisations, sur des bases de luttes !

 

Je rejoins ceux qui ont déjà dit combien il n’est pas acceptable que le CN adopte une déclaration le 7 janvier sur les présidentielles la veille de l’assemblée nationale des délégués de section.

Je demande que notre CN d’aujourd’hui définisse l’ordre du jour de la rencontre du 8 pour que les sections puissent en discuter avant les Fêtes.

Par PCF - Section Paris 15ème -
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30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 16:31

Michel STEFANI MICHEL

Sans surprise le rapport de la CRC nous alerte sur la situation financière préoccupante de l’OTC. Les magistrats nous livrent une analyse comptable précise et une réflexion dense sur l’exécution des conventions de service public aériennes et maritimes sur une période exhaustive de 10 ans incluant l’examen des exercices annuels de 2002 à 2008 et un rappel utile sur l’exécution de la concession de 1976.

L’intérêt de ce rapport, au début de cette courte mandature, alors que la majorité régionale a changé en mars dernier, c’est précisément de porter à la connaissance de la nouvelle Assemblée de Corse, comme des citoyens, les éléments indispensables de compréhension et d’évaluation de la politique des transports mise en œuvre dans le cadre de la continuité territoriale.

L’objectif de ce contrôle n’est pas,par conséquent, de définir, la politique de la CTC à la place des élus mais d’informer, au sens ou le législateur l’a voulu au moment d’engager la décentralisation, de la gestion publique et du respect del’équilibre budgétaire des collectivités.

Ce rappel est d’autant plus nécessaire qu’au nom de la RGPP le gouvernement projette de réduire les missions de la Chambre et de porter atteinte à ces principes de décentralisation également visés par la contre-réforme des collectivités locales.Pour la collectivité la plus décentralisée de France métropolitaine cela n’est pas sans intérêt tant la Corse a un besoin vital de transparence et de démocratie.

Par la force des choses, s’agissant d’une île, elle a également besoin d’une desserte maritime et aérienne performante. Pour ce faire la CTC dispose de la compétence nécessaire et de moyens financiers non négligeables avec l’enveloppe de continuité territoriale. La CRC s’est donc attachée à en vérifier la bonne utilisation.

Ainsi, dès les premières pages du rapport les magistrats de la Chambre plantent le décor, selon eux « L’OTC n’a su maîtriser ni la progression des montants versés aux opérateurs de transport ni ses propres dépenses de fonctionnement et se trouve dans une situation financière délicate ».

Pour ce qui nous concerne, en 2002, nous avionsvoté contre le dispositif d’aide sociale en annonçant notamment que l’OTC serait rapidement dépassée par sa logique empirique et incontrôlable et qu’il conduirait comme l’indique la Chambre « à déstabiliser le marché ».

Partant de là, la CRC met en évidence les trois facteurs qui en sont à l’origine de la « dégradation continue » de la situation financière de l’OTC à savoir : l’insuffisance des contrôles réalisés sur les dispositifs en place, la progression des dépenses de fonctionnement de l’office,les carences de la tutelle de la CTC.

Dans ces conditions, l’OTC a vu le montant de ses dépenses passé de 161 M€ en 2002 à 187 M€ en 2008, après avoir culminé à 198 M€ en 2007. La décomposition des sommes consacrées au deux modes de transport aérien et maritime montre que la part de ce dernier reste nettement majoritaire même si la progression du secteur aérien est sept fois plus importante.

En outre la Chambre relève que « ces évolutions différenciées des masses financières consacrées à l’aérien et au maritime apparaissent au final davantage subies que maîtrisées faute de réelle évaluation des dispositifs en place » notamment d’aide sociale dont la progression continue ne sera interrompue qu’en 2009 par la clause d’adaptation qui se traduira, parallèlement, par une diminution sévère du périmètre de la DSP.

La même année d’ailleurs le gel de la DCT produira un manque à gagner de 3,7 M€ qui sera en 2010 de 4,9 M€.Cette politique d’austérité budgétaire conduite par le gouvernement contribue à la dégradation des comptes de l’OTC alors que ses dépenses « entre 2002 et 2008, du fait de la conjonction des évolutions constatées, ont été supérieures aux recettes à hauteur de 19,4 M€ » constituant ainsi le « déficit structurel cumulé ».

Dans le même temps la CTC utilise l’enveloppe pour faire face à ses propres difficultés d’endettement et accentue les tensions de trésorerie de l’OTC en ne transférant la DCT que de manière progressive à partir du second semestre de l’exercice en cours.

Elle profitera également de la déspécialisation de l’enveloppe pour prélever 10 M€ qui serviront à réaliser des infrastructures portuaires et aéroportuaires comme la loi de janvier 2002 l’y autorisait mais ne l’obligeait pas.Enfin, la clause combustible,qui engageait l’OTC vis-à-vis de ses délégataires, s’est élevée en 2007 à plus de 7 M€.

Pour autant ces choix ou engagements contractuels n’expliquent pas à eux seuls pourquoi les réserves de l’Office seront épuisées à la fin de l’exercice 2010, « alors que celles-ci dépassaient 40 M€ en 2001, niveau auquel elles se sont maintenues jusqu’en 2007 ».

La Chambre insistedonc sur les carences du contrôle parce que « le recueil, la production et l’exploitation d’informations financières et opérationnelles est un préalable indispensable pour que l’OTC soit en mesure, comme c’est son rôle, de piloter la mise en œuvre du dispositif de continuité territoriale et d’anticiper davantage qu’il ne l’a fait les difficultés afin de faire évoluer les conventions de manière progressive et concertée et non de manière brutale et sous la contrainte, comme cela s’est produit en 2009 ».

Dans ces conditions les compétences dévolues à la CTC et les moyens de la solidarité nationale mis à sa disposition n’empêchent pas que l’OTC se retrouve en situation de faiblesse face à des opérateurs opposés par une logique concurrentielle de plus en plus agressive. La surcapacité de l’offre en est un autre aspect lui-même n’étant que l’aboutissement de la coexistence des deux systèmes en contradiction la DSP et l’aide sociale.

Les recours divers et variés souvent assis sur des procédures dilatoires en attestent également, avec des débours induits pour l’OTC et la remise en cause permanente des choix de la CTC. Le cas le plus emblématique, la Chambre y fait référence, est celui de l’enveloppe vide déposée en 2002 par CFF avec le seul objectif du référé précontractuel.De même, les expertises de cabinets ne semblent pas avoir été d’une grande efficacité. Certaines ont donc impactéinutilement ses dépenses de fonctionnement courant.

Force est de reconnaître à ce stade que les objectifs annoncés s’agissant de la baisse des tarifs et de l’amélioration de la dessertemaritime n’ont été atteints que partiellement au regard des moyens financiers mobilisés. Les publicités tapageuses sont d’ailleurs révélatrices du caractère ubuesque de la situation laissant croire qu’il est possible de voyager gratuitement.

L’usager qui est également contribuable peut à ce titre s’interroger sur la pertinence, fait unique en France pour une collectivité territoriale, d’organiser une DSP qui implique des compensations financières pour des OSP contractuelles et d’autre part de subventionner un service concurrent pour des OSP non contraignantes.

La Chambre montre d’ailleurs comment le dumping commercial à pu se développer en privant les compagnies délégataires du service public des recettes indispensables à l’équilibre de leurs comptes. Ainsi le trafic s’est développé considérablement au départ de Toulon au détriment de celui de Marseille, sur les services passagers dans un premier temps, puis sur le fret avec des ferries dont ce n’est pas la vocation initiale.

C’est de cette façon que l’écrémage du fret a pris de l’ampleur avec un transfert de 20 % au détriment des délégataires. La CFF au début et maintenant la MobyFrance cassent les prix avec pour cette dernière une particularité puisque son patron, administrateur de l’OTC au titre du syndicat des transporteurs, se vante de pratiquer un prix du mètre linéaire moitié moins élevé que sur le service public.

Le patron de la Moby France n’ignore pas, puisqu’il en est, que les transporteurs ont longtemps revendiqué la desserte par cargos de l’ensemble des ports insulaires avec sur Marseille Bastia et Marseille Ajaccio deux navires dans les deux sens chaque jour.

De fait le mètre linéaire sur la DSP peut atteindre les 93 €alors que sa compagnie, en trafiquant sur l’unique ligne de Toulon Bastia, peut se contenter, ce qui proportionnellement est prohibitif, de 40 €.

On peut raisonnablement considérer que sans cette ouverture à la concurrence, reposant,je viens de le montrer, sur l’écrémage de la DSP, l’OTC aurait pu préserver ses marges de manœuvres de financières et consacrer les 111 M€, versés en six ans au titre de l’aide sociale aux compagnies maritimes, les 40 M€ d’excédents, à l’amélioration de la desserte comme à la baisse des tarifs.

A l’heure du Grenelle de l’environnement il serait également instructif d’établir un bilan carbone sachant l’importance des moyens nautiques mobilisés, tous opérateurs confondus, pour une occupation des capacités offertes en moyenne d’environ 30 % en passagers et 50 % en fret.

Cette sur dimension des capacités, induites par la concurrence, que nous dénonçons ne doit pas conduire àignorer la spécificité de la desserte notammentles coefficients de remplissage inversement proportionnels selon le sens de traversée.

Au contraire, pour une meilleure maîtrise, les pics de trafic, la forte saisonnalité, doivent être pris en compte dans le cadre du service public parce qu’ils contribuent précisément à augmenter les recettes des délégataires et diminuer les compensations versées par l’OTC en préservant la qualité des prestations.

S’agissant du cadre légal et réglementaire du dispositif d’aide sociale la Chambre, indique comme dans le rapport consacré à la CCM, que celui-ci est encadré de telle sorte qu’il ne puisse pas devenir l’instrument d’une « distorsion de la concurrence ».

Pour ce faire la vérification de la validité des titres de transport émis est une exigence pour s’assurer que l’aide individuelle destinée au passager ne se transforme en une subvention à la compagnie comme c’est le cas aujourd’hui.

Alors on peut s’interroger, sur la validation du dispositif par l’Europe qui n’a pas annulé la réglementation mais qui s’appuie logiquement sur un principe de subsidiarité laissant à l’Etat et la CTC le soin de respecter la réglementation autrement dit de l’appliquer.

Avec les déboires survenus entre 1999 et 2004, l’expérience dans l’aérien était suffisamment édifiante pour convaincre, que la desserte de la Corse ne pouvait sans dommage être ouverte constamment à de nouveaux opérateurs, adeptes du dumping social, et intéressés par les lignes les plus profitables.

La Chambre revient ainsi sur l’épisode calamiteux de l’appel d’offres de 1999 et la décision de la Commission d’appel d’offres unanime, je précise que notre groupe en avait été écarté, qui confia à Air littoral la desserte de bord à bord.

Pour sortir de ce piège l’Assemblée de Corse sera obligée d’arrêter la procédure d’appel d’offres et de substituer à la délégation de service public le« système d’aide sociale qui permettait alors de sauver la CCM, avec l’accord de son président de l’époque et des représentations syndicales ».

Cette démonstration souligne les dangers d’une politique qui ne vient pas du néant et le cynisme d’une réglementation qui consiste à faire croire qu’une collectivité peut s’affranchir de contraintes sociales évidentes au nom du marché et d’une prétendue autorégulationcapitaliste dont on voit avec la crise qu’elle est au mieux une fumisterie.

En 2004 au moment où Air Littoral et Air Liberté feront faillite alors qu’elles assuraient les dessertes de Calvi et de Figari, il faudra rétablir le service public et consentir un engagement financier supplémentaire d’environ 5M€.

La Chambre constate à ce propos, sans donner ce chiffre, qu’un nouveau dispositif a vu le jour à travers une délibération de l’Assemblée de Corse prise au mois de novembre de cette même année« après que les compagnies Air Liberté et Air Littoral, qui assuraient précédemment une partie du service, aient cessé leur activité ». Enfin, l’OTC versera à Air littoral plus de 700 000 € en pure perte puisque les versements interviendront après la cessation totale d’activité de la compagnie.

En 2008 le périmètre des DSP aériennes sera revu à la baisse avec pour corollaire une diminution de 6 M€ des compensations versées à CCM Air France et une politique tarifaire désavantageuse pour les usagers du service public non-résidents mais par contre coup favorable à la concurrence installée sur Roissy s’agissant du Paris Corse. Quelques mois avant, en octobre 2007 le président de la République s’étonnait, faut-il le rappeler, de l’absence de compagnies lowcost sur les lignes de la Corse.

La Chambre met, par ailleurs, l’accent sur plusieurs irrégularités budgétaires et comptables et demande la correction de ces « désordres ».« Ainsi, à titre illustratif, il est constaté un dépassement au chapitre « Autres charges de gestion courante »d'un montant de 15,75 M€ » et des dépenses parfois allant bien au-delà des crédits votés.

Une véritable tutelle de la CTC est donc recommandée pour toutes ces raisons mais également pour éviter, selon les magistrats « une gestion du personnel discrétionnaire et globalement défaillante ». Bien sûr en le relevant nous ne voulons pas mettre en cause la possibilité pour les personnels d’avoir le statut le plus avantageux mais les mots ont un sens et ne veulent pas dire cela.

Nécessairement, l’Assemblée de Corse est invitée à dresser« le bilan de l'utilité ou non de l'office des transports, et des avantages et des inconvénients qu'il y aurait à maintenir ou à supprimer cet office ». Comme nous avons eu l’occasion de le dire nous pensons que l’OTC et l’ensemble des Agences et Offices ont leurs raisons d’être, que leur existence est une avancée démocratique incontestable destinée à répondre aux exigences posées par les transferts de compétences.

Le problème majeur auquel l’OTC est confronté, le « déficit structurel cumulé », tient plus des choix politiques majoritaires retenus dans le cadre de la libre concurrence que des disfonctionnements. Ceux-ci ont une influence d’autant plus importante que le « pilotage à vue » selon la définition de la Chambre est devenu coutumier.

L’institution n’est en définitive que l’instrument d’une politique. En soi elle n’est pas responsable et sa suppression ne changerait rien du point de vue des choix politiques. Or c’est précisément ces derniers qu’il faut changer. C’est la position que nous avons défendue après l’adoption de la loi de janvier 2002 qui posait déjà cette question à l’Assemblée de Corse.

De fait cela conduit à prendre en compte les recommandations faites par la Chambre dans les trois domaines structurant de l’OTC son fonctionnement à réformer « très profondément », son rôle à « définir clairement dans la conception et la gestion de la continuité territoriale aussi bien maritime qu'aérienne », la tutelle « exercée véritablement par la CTC sans aboutir à doublonner les entités ».

Tels sont les enseignements que nous tirons de ce rapport qui met à la disposition de l'Assemblée de Corse un état des lieux lui permettant de redéfinir au mieux sa politique de desserte public de la Corse dans un cadre d’intérêt général.

 

Michel Stefani

 

Chambre régionale des Comptes (CRC)

Office des transports de la Corse (OTC)

Collectivité territoriale de Corse (CTC)

Obligations de service public (OSP)

Délagation de service public  (DSP)

Société Nationale Corse Méditerranée (SNCM)

Compagnie Méridionale de Navigation (CMN)

Corsica Ferries France (CFF)

 

 

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30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 16:27

Michel STEFANI MICHEL

Le débat que nous avons eu ce matin [à l'assemblée de Corse_NDLR] autour du rapport de la CRC a montré que les conditions de la mise en œuvre de la continuité territoriale se sont considérablement dégradées sous la précédente mandature en raison de choix politiques dont nous ne pouvons assumer collectivement la responsabilité étant donné que certains les ont soutenus et d’autres combattus, notamment notre groupe.

La nouvelle Assemblée se trouve donc confrontée à une double obligation : rétablir à long terme l’équilibre financier de l’OTC ; garantir la desserte de service public dans l’intérêt des usagers, des salariés et par la même dans l’intérêt général.

Le fait-elle dans la précipitation ? Ce débat et les auditions réalisées par la commission du développement témoignent du contraire.Cependant, l’urgence dans laquelle nous nous trouvons commande de prendre des décisions sans tarder afin de réorienter la politique de l’OTC.

Le faux débat sur le prétendu retour au monopole ne peut masquer le constat. Il a fallu moins de huit ans pour passer d'un excédent de 40 M€ à un déficit de 20 M€ alors que 145 M€ ont été versés hors DSP au titre de l’aide sociale. Ainsi rien ne permet d’affirmer que la concession de 25 ans relevait d’une politique coloniale alors qu’elle était la réponse positive à la mobilisation populaire des corses excédés par les défaillances des opérateurs privés.

Autrement dit entre la concession de 25 ans et l'ouverture aux compagnies à bas coûts, les fameuses lowcosts, la plus couteuse pour la collectivité et la plus calamiteuse pour le service public et l’emploi est la deuxième. Laisser les choses en l'état conduirait en effet à la faillite et à puiser dans le budget de la CTC.

Par conséquent il faut revenir aux principes fondamentaux qui ont prévalu à la création du dispositif de continuité territoriale en 1976.Ce retour est nécessaire pour établir un service public satisfaisant en termes de fréquences, de capacités, de régularité et de tarifs aptes réduire le handicap d’insularité qu'il s'agisse du transport de fret comme depassagers.

Nulle part ailleurs vous trouverez une collectivité locale qui subventionne sur une desserte de service public le délégataire qu'elle a choisi et son concurrent. Par conséquent il faut une délégation de service public (DSP) des obligations de service public (OSP) contractuelles sur les ports de Marseille et de Toulon pour desservir correctement et toute l'année les ports corses.

Cela permettra de mieux prendre en compte les personnes en difficulté pour lesquelles le coût du transport est un obstacle. C'est l'objet de l'aide sociale quand il n’est pas perverti. Subventionner le transport de passagers globalement sur plusieurs lignes, relève de la délégation de service public.

C'est ce qui fait, indépendamment de l'impossibilité de le maîtriser et de le contrôler, que le dispositif sur Toulon n'est pas conforme à la réglementation. La validation du dispositif par l’Europe, qui n’a pas annulé cette réglementation, s’appuie logiquement sur un principe de subsidiarité laissant à l’Etat et la CTC le soin de respecter la réglementation autrement dit de l’appliquer.

Le patron de Corsica Ferries France nous accuse, quand nous affirmons cela, de vouloir liquider son entreprise. Pour le coup la mémoire lui fait défaut d’une part parce que la réglementation en question est très libérale,donc favorable à ses options économiques et d’autre part parce qu’il expliquait en 2001 qu’il n’avait pas besoin de subvention.

Aujourd’hui après avoir perçu 120 M€ il préconise la vente des car-ferries de la SNCM à laquelle il reprocheune incapacité chronique à s’adapter aux règles, en deux mots à la « concurrence sauvage », pour reprendre ceux employés par le PDG de la CMN devant la Commission du développement.

Ces propos n’avaient rien d’excessif. Simplement, ils indiquaient que cette compagnie, exposée à une baisse des recettes au moment où elle s’est endettée avec l’achat d’un navire neuf d’un montant de 140 M€, pourrait se retrouver dans une position délicate dès l’an prochain.

Cela m’amène naturellement à rappeler qu’en termes d’adaptation la SNCM a connu à ce jour deux plans sociaux l’un en 2003 après l’ouverture à la concurrence sur Toulon, un second après la privatisation scandaleuse, à propos de laquelle il serait légitime de demander une commission d’enquête parlementaire,privatisation réalisée en 2005 par le gouvernement Villepin Sarkozy avec à la sortie 450 postes supprimés.

Il est également nécessaire de comprendre, non pas que les « Marseillais » comme le dit avec mépris le directeur de la CFF, mais tous les salariés de la SNCM ont des raisons d’être inquiets quand on leur promet une troisième étape dans une fourchette de 300 à 600 suppression d’emplois selon les scénarios.

J’en conclue que l’activité internationale de CFF ne suffit plus malgré les avantages que procure le pavillon italien second registre propice au dumping social et commercial comme aux placements dans les paradis fiscaux. La vérité commande de dire ici que le directeur de CFF devant la Commission du développement a indiqué que la localisation de la holding LOZALI découlée de la seule volonté d’une « famille corse qui a fait le choix de s’installer à Genève ».

Toutefois, le combat « anti monopole public »,que son patron mène pour sa part depuis 15 ans, oppose souvent les travailleurs d’un même secteur et d’entreprises différentes au nom de la concurrence et beaucoup plus pour le profit sans que le patronat n’en assume jamais les conséquences sociales, c’est bien connu.

C’est donc aux pouvoirs publics d’imposer les règles, de garantir l’emploi et les droits des salariés quel que soit leur employeur, de préserver le service public dans l’intérêt général. C’est pour nous un principe intangible qui fait que nous nous opposerons aux licenciements à la SNCM et à la CMN comme à la CFF.

Nous pensons également que les conditions qui doivent prévaloir pour chaque candidat à la DSP doivent reposer sur un règlement d’appel d’offres imposant la transparence des sociétés candidates, la production de comptes consolidés, l’obligation de cabotage sous pavillon français premier registre, une durée minimale de 12 ans pour permettre l’amortissement et le renouvellement des navires.

Sinon comme nous l’avons jusqu’ici c’est la directive Bolkestein qui s’applique avec tous les dangers inhérents à cette course à la réduction des coûts de main d’œuvre, puis de sécurité et ou de protection environnementale.

J’attire votre attention sur le fait que la réglementation européenne (35 77 92) en matière de cabotage a exclu le pavillon italien second registre du droit à prester le service et que la directive services 2006 est venue confirmer la notion de pays d’accueil en lieu et place de la notion du pays d’origine.

De sorte qu’en matière de respect des règles sociales et fiscales les principes qui doivent s’appliquer pour la desserte de la Corse sont celles définies par le code du travail français, les conventions collectives et la francisation des navires pour les obligations fiscales.

C’est pour cette raison, entre autres, que la SNCM produit des comptabilités analytiques séparées pour la DSP et le service du Maghreb.

Cette mise au point est d’autant plus nécessaire que la croisade engagée par la direction de CFF conduit à ce que sur son site commercial une pétition,adressée également à l’aide du listing passagers, contestele droit à la CTC de redéfinir sa politique.

Cette façon de procéder n’est pas surprenante elle est conforme au harcèlement judiciaire contre la CTC, dont l’acte emblématique reste l’enveloppe vide déposée lors du premier appel d’offres en 2002 afin d’engager une référé précontractuel dans la foulée.

Depuis la logique concurrentielle a été poussée à fond en laissant croire qu’il est possible de voyager sinon gratuitement, à tout le moins avec des tarifs qui ne reposent sur aucun fondement économique rationnel sinon ceux du dumping commercial.

Cette situation ne peut perdurer.Aucun système économique en effet ne peut survivre dans de telles conditions où le coût de service est facturé en moyenne à un prix inférieurà son coût de production.

La guerre commerciale doit cesser comme le débat que nous avons eu en novembre 2009 le laisser envisager quand chacun s’accordait à reconnaître que la clause d’adaptation ne suffirait pas à rétablir les équilibresfinanciers et à pérenniser la continuité territoriale dans son ensemble.

Au-delà des élu(e)s que nous sommes, garants du bon usage de l’argent public, l’usager qui est également contribuable peut à ce titre s’interroger sur la pertinence, non pas de « la double peine » mais du double financement de la DSP et de l’aide sociale.

Le trafic s’est donc développé considérablement au départ de Toulon au détriment de celui de Marseille, sur les services passagers dans un premier temps, puis sur le fret avec des ferries dont ce n’est pas la vocation initiale.

L’écrémage du fret a pris de l’ampleur avec un transfert de 20 % au détriment des délégataires. Or, la desserte par cargos de l’ensemble des ports insulaires avec sur Marseille Bastia et Marseille Ajaccio deux navires dans les deux sens chaque jour, un navire sur Propiano et Porto Vecchio trois fois par semaines, a forcément un coût plus élevé.

De fait le mètre linéaire sur la DSP peut atteindre les 93 € alors que les compagnies, en trafiquant sur l’unique ligne de Toulon Bastia, voire deux avec Toulon Ajaccio, peuvent se contenter, ce qui proportionnellement est prohibitif, d’un tarif à 40 €.

On peut raisonnablement considérer que sans cet écrémage de la DSP les 111 M€, versés en six ans au titre de l’aide sociale aux compagnies maritimes, les 40 M€ d’excédents, à l’amélioration de la desserte et à la baisse des tarifs comme nous le demandions.

De plus il serait instructif d’établir un bilan carbone sachant l’importance des moyens nautiques mobilisés, leur vétusté pour certains, pour finalement, tous opérateurs confondus, aboutir à une occupation des capacités offertesde 30 % en passagers et 50 % en fret.

Cette sur dimension des capacités, un passager transporté pour trois places offertes, induites par la concurrence débridée et son double financementpar la CTC, ne doit pas paradoxalement conduire à ignorer la spécificité de la desserte.

Ainsi, pour une meilleure maîtrise, les pics de trafic, la forte saisonnalité,le remplissage inversement proportionnels selon le sens de traversée, doivent être réétudiés dans le cadre du service public parce qu’ils contribuent à augmenter les recettes des délégataires et à diminuer les compensations versées par l’OTC sans toucher à la qualité des prestations.

La CTC n’est effectivement pas la seule collectivité régionale confrontée à ce type de phénomène. A titre d’exemple, les coefficients de remplissage des trains régionaux sont en moyenne de 30 % sur le continent. Pour autantles régions recherchentune amélioration du service public, non le contraire avec l’ouverture à la concurrence.

Car la question essentielle est bien celle-là. C’est pourquoi nous n’évacuerons aucun aspect du débat. Le président du Conseil général de Corse du Sud nous invitait récemment à le faire sérieusement.

Il avait raison sauf qu’on ne peut se contenter d’accabler les travailleurs du port de Marseille sans interpeller leurs employeurs pour renégocier, pourquoi pas, des aménagements spécifiques à la continuité territoriale.

Cette réflexion est également valable face à un autre argument,apparemment de bon sens, qui consiste à dire « après tout il n’y a qu’à transférer tout le fret sur Toulon »alors que cela est impossible au moins pour deux raisons la ville serait engorgée très souvent, l’infrastructure de parking des remorques et les postes à quai seraient rapidement à saturation pour une bonne exécution du service.

J’ajoute que ce choix serait critiquable au moment du Grenelle de l’environnement car les salariés du port de Marseille et les cheminots ont arraché le maintien en activité de la gare de Miramas pour le développement du ferroutage.

Alors il est vrai que sur Toulon CFF et Moby France ont réduit le nombre d’embauches de dockers à un chiffre si modeste qu’on peut se demander comment s’opère le saisissage sur leurs navires et à ce compte s’interroger sur l’avenir même de la profession en Corse sans parler de la sécurité.

Monsieur le président vous avez récemment donné votre accord pour une étude de faisabilité d’une compagnie régionale. Pour nous, l’enjeu stratégique se situe à l’inverse dans une démarche garantissant la présence de l’Etat plutôt que son désengagement.

En ce sens je vous propose d’étendre le champ de l’étude à cet objectif parce que la SNCM compagnie nationale au service de la Corse c’est déjà 750 emplois, les carnets de commandes remplis pour 150 entreprises, le financement de l’école d’apprentissage maritime et dans l’ensemble 35 M€ de retombées économiques.

Dans le même esprit, il me semble nécessaire de préciser à propos des groupements économiques de coopérations transfrontalières (GECT) prévus par l’UE qu’ils doivent être voulus par les régions concernées et surtout financés par elles.

Car en définitive l’enjeu stratégique dont il est question relève bien d’une responsabilité qui découle du principe républicain de traitement équitable des citoyens sur l’ensemble du territoire national comme de la solidarité nationale dont dépend la dotation de continuité territoriale pour laquelle il faut exiger la ré-indexation.

Le constat que nous faisons aujourd’hui, huit ans à peine, après l’ouverture à la concurrence nous conforte dans nos analysesd’alors : les règles du marché capitalistes sont destructives en général, la crise mondiale tant à le démontrer, appliquées à la desserte aérienne et maritime de la Corse, elles ne pouvaient conduire à l’eldorado économique et social que d’aucuns promettaient.

C’est pourquoi en conclusion je voudrais insister sur la nécessité d’affirmer une volonté politique claire pour obtenir de l’Etat et de l’Union Européenne la sécurité juridique nécessaire à une réelle et durable prise en compte de la spécificité de la desserte de continuité territoriale entre le continent et la Corse.

Michel Stefani

Chambre régionale des Comptes (CRC)

Office des transports de la Corse (OTC)

Collectivité territoriale de Corse (CTC)

Obligations de service public (OSP)

Délagation de service public  (DSP)

Société Nationale Corse Méditerranée (SNCM)

Compagnie Méridionale de Navigation (CMN)

Corsica Ferries France (CFF)

 

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30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 16:13

Malgré tous leurs crimes, les Israéliens bénéficient du soutien indéfectible de la France

Les bonnes raisons de Sarkozy de veiller à la sécurité d’Israël
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Par Mohamed Bouhamidi 

Le projet de l’Union pour la Méditerranée (UPM) touche de près notre pays et le président Sarkozy vient d’exprimer son attachement à cette idée. Il l’a rappelé devant/et à l’occasion du quarantième anniversaire de la Chambre de commerce franco-arabe. Il faut reconnaître que cette chambre est bien discrète et que, sans l’intervention du Président, elle aurait fêté son anniversaire dans la quiétude médiatique. Aucune autre information n’est venue vanter le bilan de cette certainement honorable institution. Le contexte général de crise qui ébranle le système financier européen et les difficultés économiques actuelles donnent pourtant à l’initiative du président Sarkozy quelque intérêt supérieur aux obligations protocolaires. Nous n’allons pas chicaner sur la nature ni la profondeur de cette crise mais les conséquences sont bien différentes selon qu’elle soit une crise passagère du système bancaire ou une crise globale du système capitaliste. Nous en aurons le cœur net bien assez tôt avec les effets qu’auront les réajustements en Grèce et en
Irlande et les austérités préventives de l’Espagne, de l’Italie et de la France. Le thème général et le contenu du discours – les relations franco-arabes – du président Sarkozy nous livrent une des clés de son intérêt pour cette institution et pour sa vocation à encourager le commerce. Il a noté que le blocage du processus de paix «empêche non seulement deux peuples, le peuple israélien et le peuple palestinien, de vivre normalement, côte à côte, en paix et en sécurité mais de surcroît il freine les efforts de développement de toute une région… La paix, ce n’est pas uniquement l’absence de conflit mais une condition pour le progrès économique et social, qui est lui-même déterminant pour lutter contre l’extrémisme. C’est un ensemble». Cette idée que le conflit israélo-palestinien plombe les perspectives de la région ne s’exprime pas pour la première fois. D’autres analyses avaient souligné aussi bien en Europe qu’aux Etats-Unis qu’à un moment donné les appétits sionistes pour la terre allaient contrarier les intérêts généraux des grandes puissances occidentales dans le monde arabe. Nous serions dans une sorte de redite de l’affaire algérienne dans laquelle la défense aveugle des intérêts de huit mille gros et moyens colons avaient entraîné la perte tout à la fois d’un million de pieds-noirs et de territoires essentiels au statut de grande puissance de la France s’ils lui étaient restés associés. Ce modèle algérien restera pour longtemps un étalon de l’échec ou de la réussite coloniale. Malgré tout, l’échec du modèle colonial français en Algérie restera lié à l’incapacité de la France ou à l’impossibilité de réaliser l’extermination du peuple algérien (si vous ne l’avez pas fait, lisez vite le livre d’Olivier Lecour Grandmaison : Coloniser, exterminer) ou de réussir le nettoyage ethnique des zones de colonisation en repoussant les populations indigènes vers les terres désertiques ou semi-désertiques du Sud algérien.

Quand le passé colonisateur refait surface
La réalité historique est que cette contradiction entre les intérêts particuliers des gros colons et les intérêts généraux de la France et des petits pieds-noirs est apparue lorsque la résistance du peuple algérien a surmonté les épreuves de la guerre totale commencée par Mitterrand et Guy Mollet et poursuivie par de Gaulle- notamment à partir des manifestations de décembre 1960 qui ont ruiné tous les espoirs d’un renoncement à l’idée d’indépendance. La conscience de cette contradiction n’était pas totalement absente avant ces manifestations de décembre 1960 ou juste après le 1er Novembre. Elle n’était pas la conscience des acteurs politiques et n’avait donc pas de poids. Elle était totalement absente de la conscience pied-noir qui ne s’est même pas interrogée non sur l’injustice du code de l’indigénat et du statut d’inférieurs des indigènes – c’était trop demander à leur racisme –  mais sur la possibilité éternelle du maintien permanent des indigènes à leur botte. Croire en cette possibilité d’influence de la conscience des injustices sur les conditions faites aux opprimés relève de l’angélisme. Pourquoi Sarkozy est-il parvenu à cette conscience que le déni d’un Etat palestinien est nuisible aux perspectives alléchantes d’une région arabe apaisée pour espérer mettre de son côté les atouts de l’argent arabe ? Certainement pas à cause de la résistance et de la lutte du peuple palestinien. Et certainement pas à cause d’un engagement arabe pour la cause palestinienne.


Les dessous d’un soutien au colonisateur israélien
En dehors du nassérisme et du projet national arabe baathiste - à l’origine anti-ottoman -profondément ancré dans l’histoire syrienne et irakienne, pas une fois la colonisation israélienne et les malheurs des Palestiniens n’ont empêché les grandes puissances de faire de très bonnes affaires avec les monarchies ou les républiques monarchiques arabes. Bien au contraire, contrats pétroliers et contrats d’armements fabuleux se sont succédé jusqu’à ce contrat évalué entre soixante et cent milliards de dollars passé entre l’Arabie saoudite et les Etats-Unis. Mieux, l’empire américain comme les grandes puissances européennes, anciens et nouveaux colonisateurs réunis, ont étendu leur totale domination sur la région et assurant la normalisation discrète ou tapageuse entre les pays du Golfe et Israël. Plus personne n’entend parler du Comité El Qods créé pour défendre cette ville de la judaïsation prévue de très longue date et le silence de ce comité est d’autant plus assourdissant aujourd’hui. Pourquoi se préoccuper alors de pays arabes consentants à la colonisation israélienne et déjà acquis à l’idée d’une nécessaire alliance avec Israël pour contrer l’Iran ? L’idée de cette alliance ne leur est même pas désagréable et ils trouveront bien un argumentaire religieux pour juger licite le commerce avec Israël, comme ils ont trouvé l’argumentaire religieux pour la poignée de main à Madrid entre un chef religieux sunnite et Shimon Peres, sans même la justification d’une rencontre entre deux religieux, Peres n’étant pas rabbin. Mieux, sur deux agressions, celle de 2006 contre le Liban et celle de 2008 contre Ghaza, Israël a trouvé une large et presque ouverte compréhension arabe. Les deux grains de sable de la région, la résistance libanaise et celle des internés de Ghaza, la plus grande prison à ciel ouvert de l’histoire de l’humanité ne suffisent pas à la naissance d’une conscience de «l’impossible compatibilité» des appétits des colons sionistes insatiables avec les intérêts «bien compris» du capitalisme dans la région. La France elle-même et le président actuel ayant mis le zèle que nous connaissons à soutenir l’agression sur le Liban (combien de temps vous faut-il ? a demandé Sarkozy, ministre à l’époque, à un ministre israélien). Sarkozy devenu président n’a pas changé. Il réitère le même discours destiné aux personnalités arabes du commerce : «Aussi attaché que je le suis à la sécurité d’Israël, je reste profondément convaincu que la véritable sécurité pour Israël, c’est l’existence d’un Etat palestinien souverain, démocratique, moderne, qui s’engage sur le droit à la sécurité imprescriptible d’Israël.» Vous avez bien lu : «… qui s’engage sur le droit à la sécurité imprescriptible d’Israël». L’intérêt bien compris d’Israël est d’avoir à ses côtés un Etat palestinien qui est engagé par la sécurité d’Israël. L’Etat harki qu’on demande aux Palestiniens est en réalité en voie de mise en place.


Quel Etat palestinien et quelle indépendance ?
L’Autorité palestinienne sur tout le tableau de son action, de l’arrestation des militants palestiniens «extrémistes» à l’application des mesures décidées par les commissions sécuritaires mixtes, est entrée dans cette dynamique depuis longtemps. L’action du Premier ministre, Salam Fayyad, sorti de la très révolutionnaire et très subversive école du FMI, doit assurer le reste : les aides européennes doivent corrompre la conscience politique de l’ensemble des Palestiniens ou du moins du plus grand nombre de Palestiniens et donc ne plus être accaparées par les apparatchiks de l’Autorité et de l’OLP. C’est cela le sens de la lutte contre la corruption que mène Fayyad. Contre l’avis d’Israël qui préfère corrompre les appareils, Fayyad doit démocratiser la corruption selon les conceptions européennes et faire du maximum de Palestiniens des mendiants reconnaissants. A-t-on jamais vu des mendiants résister à quoi que ce soit ou faire une révolution ? Même la très spectaculaire annonce de proclamer un Etat palestinien indépendant n’est au fond que «du vent dans le chalut». Non seulement l’Etat palestinien a été en principe proclamé à Alger mais c’est exactement le genre de service qu’Israël attend de Mahmoud Abbas : entériner le rapport de force territorial et, en plus, lui donner les mains libres. Il pourra ainsi être à son tour encore plus unilatéral. C’est cela la signification de la mise en garde d’Israël contre cette perspective et elle n’est même pas destinée aux Palestiniens mais à «l’opinion internationale», une espèce de «regardez, les Palestiniens m’obligent à ne plus tenir compte de leur avis». La «menace» d’un Etat palestinien mené par Abbas se traduira par une confédération de bantoustans séparés par des colonies chargées de distribuer les aides alimentaires. Le modèle américain se sera alors accompli même sur la Terre sainte : après les réserves des Indiens d’Amérique, nous aurons les réserves des Arabes de Palestine. Le suivisme arabe, la reddition de l’OLP et de l’Autorité, et la résistance contrariée de Ghaza ne présentent pas de raisons significatives pour une «prise de conscience» de Sarkozy sur la contradiction possible entre un «intérêt général» et un déni des droits palestiniens à un Etat. Les difficultés connexes de la politique

israélienne sur l’UPM qui le gêne, et l’Egypte censée amener par son raïs une caution arabe à la présence d’un Etat au-dessus des lois et au-dessus du droit, qui se permet de juger du niveau d’armement qu’il peut tolérer chez les autres comme il entend le faire pour notre marine nationale et à qui Sarkozy donne le droit de l’agression préventive contre d’éventuelles menaces. Car le président Sarkozy a aussi fait cette déclaration dans un contexte particulier, celui de la réunion du sommet de l’OTAN à Lisbonne avec les changements du concept stratégique de cette organisation militaire qui ne nous étonnerait pas tellement si elle venait à intervenir un jour contre des révolutions populaires en Europe même. C’est en marge de cette réunion que Sarkozy nous a donné une des clés de son bonheur de voir la Russie rejoindre le bouclier antimissile : «La menace des missiles aujourd’hui, c’est l’Iran.» Il avait de quoi pavoiser ! La Russie dans le camp de l’OTAN, c’est la guerre tranquille assurée contre les peuples. De l’autre côté de l’Atlantique, des groupes de pression démocrates comme républicains veulent vite l’option de la guerre. Très vite. Le contexte particulier rejoint le contexte général : on ne connaît pas encore, dans l’histoire, une sortie d’une crise du capitalisme sans la guerre.  

 

                                                                http://www.latribune-online.com/

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