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CHANTS REVOLUTIONNAIRES

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25 novembre 2010 4 25 /11 /novembre /2010 10:19

Alain Juppé, incarnation d’une République en putréfaction

Abus de confiance, prise illégale d’intérêt, recel d’abus de biens sociaux, promesse d’arrêter la politique puis de se cantonner à la ville de Bordeaux… Et il revient comme si de rien n’était : énorme coup de gueule !

 

Regardez cette magnifique Une du site britannique Metro : Un criminel français pourrait jouer un rôle clé dans la défense du Royaume-Uni ! C’est le camarade RichardTrois qui a débusqué la chose sur le Post : « Emotion outre-manche. Au lendemain du remaniement et à quelques jours du sommet de l’Otan qui s’ouvre ce vendredi à Lisbonne, les journaux britanniques découvrent que le nouveau ministre de la Défense français, Alain Juppé, est un « criminel condamné. » (…) Le député conservateur Patrick Mercer, colonel de l’armée britannique, s’est dit « choqué » par le choix d’Alain Juppé, rapporte le quotidien. En effet, selon le nouvel accord franco-britannique de défense, une partie des troupes britanniques, dont les paras et les SAS, pourrait être placée sous commandement français, et donc sous l’autorité du ministère de la Défense. Le Daily Mail rappelait dès lundi 15 que le gouvernement français comptait désormais parmi les siens un personnage condamné en 2004 à 18 mois de prison avec sursis à l’exécution et à un an d’inéligibilité. Un rappel salutaire qu’aucun journal ou média français n’a fait avant ces parutions britanniques. » Bien vu, RichardTrois : les confrères ne se sont pas bousculés pour rafraîchir la mémoire (courte) de leurs lecteurs. Pour notre part, nous ne nous étions pas privé d’appeler un chat un chat, en l’occurrence Alain Juppé un repris de justice, fournissant le lien de notre article d’août 2006, Au secours, Juppé revient !, qui reprend par le menu les turpitudes de l’individu.

Inéligibilité à vie !

C’est finalement le pire dans cette histoire : Juppé passe en France, grâce à la complicité des médias aux ordres de l’establishment, pour un homme respectable. Or de notre point de vue – et de celui des Anglais -, il ne l’est nullement et l’indulgence dont il bénéficie est injustifiable. A l’heure du discrédit qui frappe la classe politique dans l’opinion, nettoyons les écuries d’Augias sans trembler ! Un politique se doit d’être exemplaire et nous militons ardemment en faveur de l’inéligibilité à vie pour les cas avérés de dilapidation des fonds publics au service d’une cause personnelle ou partisane – ce qui revient finalement à peu près au même : celui qui tape dans la caisse pour le bénéfice de son organisation politique en sera récompensé par l’avancement de sa carrière et jouira ainsi des gratifications qui l’accompagnent. Et voilà donc ainsi Juppé réélu maire de Bordeaux par ces crétins d’électeurs, puis appelé à nouveau à des fonctions ministérielles, qui plus est en tant que ministre d’Etat, numéro deux du gouvernement selon le protocole, quand bien même sa malhonnêteté avérée lui a valu condamnation par la justice. C’est ça l’UMP, c’est ça la France !

A ceux qui trouvent notre colère outrancière – « populiste » ? -, un extrait de l’article d’août 2006, qui prend toute sa saveur à l’heure du énième retour et reniement de Juppé - il avait juré qu’il ne reviendrait pas au gouvernement et resterait maire de Bordeaux à temps plein  : « En 1998, Juppé est mis en examen pour « abus de confiance, recel d’abus de biens sociaux, et prise illégale d’intérêt », en tant que Secrétaire général du RPR, parti chiraquien qui donnera naissance à l’UMP, et maire adjoint aux finances de Paris. C’est l’affaire des emplois fictifs. En 2002, voici ce qu’il déclare, évoquant l’hypothèse d’une « peine infamante » : « j’abandonnerais la politique. C’est une question d’éthique personnelle, je suis passionné, ambitieux d’accord, mais je ne suis pas Mellick ou Balkany ». (…) Le vendredi 30 janvier 2004, le tribunal de Nanterre condamne le « porteur de sombrero » du président de la république à 18 mois de prison avec sursis et 10 ans d’inéligibilité. Le principal fautif reste intouchable dans son bunker judiciaire de l’Elysée [Jacques Chirac, NdA]. Mais Juppé prend donc 10 ans d’inéligibilité, ce n’est pas rien ! Il faut dire qu’il est convaincu de détournement d’argent public, on a déjà vu faute plus vénielle. Pour la bonne bouche, un extrait du jugement : « Que la nature des faits commis est insupportable au corps social comme contraire à la volonté générale exprimée par la loi ; qu’agissant ainsi, Alain Juppé a, alors qu’il était investi d’un mandat électif public, trompé la confiance du peuple souverain. » Bigre. Mais pas d’affolement excessif, la cour d’appel de Versailles ramène en 2004 sa période d’inéligibilité à… un an ! Un revirement judiciaire et une clémence qui tombent sacrément bien. Mais il est tout de même condamné à 14 mois de prison avec sursis. Sans doute cette peine n’est-elle pas assez « infamante », puisqu’Alain Juppé revient dans la politique : le conseil municipal de Bordeaux a démissionné en bloc pour lui permettre de reprendre son fauteuil de maire. Il a annoncé hier officiellement sa candidature aux élections municipales partielles d’octobre prochain. Mais attention ! Son retour ne concerne que la politique locale. On peut le croire : ce type-là n’a qu’une parole. »

« Vite, la révolution citoyenne ! »

L’illustration Le come-back de Juppé provient de Tropical boy.

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25 novembre 2010 4 25 /11 /novembre /2010 10:10

Sarkozy, l’homme qui pétait les plombs à l’oreille des journalistes

                                                                          site:     http://www.plumedepresse.net

 

Mediapart et L’Express ont révélé l’incroyable coup de sang qui s’est emparé de Nicolas Sarkozy, répondant « en off » à des journalistes à propos du scandale Karachi et concluant sa saillie d’un hallucinant « Amis pédophiles, à demain ». Ce n’est pas la première fois que le chef de l’Etat perd ainsi ses nerfs, que ce soit pour se lancer dans une violente diatribe islamophobe ou pour insulter les journalistes. Ces emportements pathologiques révèlent bien une personnalité déséquilibrée, dénoncée dès avant la présidentielle. Rappel.

« Vous êtes un pédophile, j’en ai l’intime conviction, j’ai vu les services secrets mais je ne vous dirai pas lesquels, j’ai vu quelqu’un mais je ne vous dirai pas qui c’est, et c’était oral. Mais j’en ai l’intime conviction, vous êtes un pédophile ! » , a donc lancé à un journaliste, selon L’Express, Nicolas Sarkozy vendredi 19 novembre – mais l’affaire n’a été révélée qu’aujourd’hui. Il était venu s’entretenir « en off » avec quelques confrères en marge du sommet de l’Otan à Lisbonne. « En off » signifie que les journalistes sont censés ne pas reprendre les propos qui leur sont tenus, ce qui donne ensuite dans la presse des formulations du type « une source proche de l’Elysée ». Mais cette fois, le pétage de plomb est si manifeste que l’hebdomadaire – dont aucun représentant n’a assisté à la scène mais qui précise sur Le Post avoir « vérifié l’information » – décide de transgresser l’interdit et sort l’information à 17 h 37 exactement, sans doute enhardi par le fait que Mediapart l’ait devancé.

Le récit est un peu plus précis : « un journaliste ose poser une question sur Karachi. Le président commence relativement calmement, reprenant presque mot pour mot le communiqué de presse envoyé précédemment par Claude Guéant  dans lequel il est dit que «Nicolas Sarkozy est victime d’une rumeur malveillante et d’allégations calomnieuses qui ne reposent sur aucun commencement de preuves». Le président ajoute que «la presse raconte n’importe quoi». Mais quand il lui est rappelé que son nom figure notamment dans des documents montrant qu’il a donné son aval à la création d’une société-écran luxembourgeoise par laquelle transitaient les commissions, il «pète les plombs» selon de nombreux journalistes présents en s’adressant à celui qui a osé lui poser la question. «Qui vous a dit ça? Vous avez eu accès au dossier ?  Charles Millon a une intime conviction. Et si moi j’ai l’intime conviction que vous êtes pédophile ? Et que je le dis en m’appuyant sur des documents que je n’ai pas vus…» «Survolté», «hors contrôle», le président ne s’arrête plus. Sa diatribe dure une dizaine de minutes, pendant lesquelles à plusieurs reprises, il reprend la comparaison. Finalement, il clôt son intervention, tourne les talons et s’en va en déclarant : «Amis pédophiles, à demain.» Les journalistes français se regardent interloqués, notamment les «journalistes diplomatiques», qui n’ont pas l’habitude des dérapages du président. Dix minutes plus tard, l’entourage de Nicolas Sarkozy revient, conscient de l’énormité du discours, et insiste lourdement: «C’était du off, rien que du off». Le micro du président était toutefois branché à une console. Plusieurs journalistes ont la possibilité de faire fuiter les sons, ils préfèreront «les écraser» : «Tout le monde est off ou personne n’est off», nous ont expliqué certains d’entre eux. » Conclusion identique chez L’Express : « La conversation a été enregistrée sur le circuit interne du sommet. Après le debriefing, l’Elysée a fortement insisté, dès lors que la conversation était off, pour que les bandes soient totalement effacées… L’Elysée qui dément les propos relatés : « Jamais le président de la République n’a insulté un journaliste en le traitant de pédophile », conteste son entourage ». Ben voyons.

              

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25 novembre 2010 4 25 /11 /novembre /2010 09:58

La Ligue de défense juive frappe encore


La Ligue de défense juive frappe encore

L’impunité jusqu’à quand ? Des grands médias, seule La Croix en a parlé, relayant une dépêche AFP : « Une exposition du photographe Kai Wiedenhöfer sur des personnes mutilées à Gaza, fermée dimanche en raison d’une manifestation d’un groupe pro-israélien, va rouvrir mardi dans les locaux du musée d’Art moderne de la Ville de Paris, a-t-on appris lundi auprès du musée.  Ouverte le 15 novembre, l’exposition a fermé dimanche en début d’après-midi après l’arrivée d’un groupe qui distribuait des tracts pro-israéliens, selon le musée qui a précisé que le groupe n’avait pas été identifié. La distribution de tracts a été revendiquée lundi dans un communiqué par le collectif Europe Israël et le site Drzz.fr, qui ont indiqué qu’une trentaine de personnes y avaient participé, dont des militants de la Ligue de défense juive (LDJ). » Simple distribution de tract ? Ce n’est pas le son de cloche de l’association France Palestine solidarité, dont le président, Jean-Claude Lefort, député honoraire (élu communiste de 1988 à 2007 à l’Assemblée) adresse une lettre ouverte au ministre de l’Intérieur : « La Ligue de défense juive (LDJ) vient de se livrer à nouveau, ce dimanche, à des actes de pure violence extrême contre, cette fois, le Musée d’art moderne de la Ville de Paris qui accueille une exposition du grand photographe Kai Wiedenhöfer. Cette exposition résulte d’un séjour et d’un travail de trois mois, sur place, du célèbre photographe après les tragiques événements de Gaza. Elle donne à voir des aspects effroyables - aussi bien humains que matériels - de l’offensive israélienne qui s’est abattue contre les populations de cette bande de terre palestinienne durant l’hiver 2008/2009. Ce reportage a été récompensé par de nombreux Prix internationaux. Ces distinctions n’ont pas empêché le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) de manifester, le 15 novembre dernier, son «indignation» contre ce qu’il qualifiait d’«acte de militantisme politique que ne devrait pas accepter le Musée d’art moderne de Paris, qui est sous la responsabilité de la ville de Paris». Coïncidence ? Six jours après cette attaque contre la liberté de création et d’expression, une bande de voyous se réclamant de la LDJ, encagoulés pour certains, a voulu détruire cette exposition, au risque d’endommager les œuvres de Picasso et de Matisse accrochées à proximité. Les vigiles du Palais de Tokyo ont fort heureusement réussi à s’interposer, mais le musée a été fermé et l’accès à l’exposition également. Ce n’est pas acceptable. Ce n’est pas la première fois que la LDJ mène ce type d’opération commando destructeur et aveugle mettant en cause des œuvres d’art notamment. Et ce n’est pas la première fois que nous signalons que ce groupe extrémiste a été dissous, en raison de ses actes extrémistes violents d’un autre âge, aussi bien en Israël qu’aux Etats-Unis. Faut-il vous rappeler que, le 7 avril 2002, l’un de ces voyous, qui se livraient à une «ratonnade», avait grièvement blessé d’un coup de poignard un commissaire de police ? Des complicités lui avaient permis de se réfugier en Israël. Là-bas, cinq ans plus tard, le même homme avait tué un père de famille palestinien de 35 ans de vingt-quatre coups de couteau… »
L’événement qu’évoque là Jean-Claude Lefort a été abordé par une auditrice de France Inter en avril 2009, interrogeant la ministre de l’Intérieur d’alors, Michèle Alliot-Marie, qui a fait mine de ne pas être au courant (pensez donc, un commissaire de police poignardé en pleine jounée à Paris et elle ignore tout de l’affaire ?). Le présentateur de la radio avait alors volé à son secours et l’on était passé à une autre question… Nous en avions alors tiré un billetCensure en direct sur France Inter : on ne parle pas des extrémistes juifs ! Nous y posions « la question de la tolérance dont bénéficient en France des groupes juifs d’extrême droite tels que le Betar ou la Ligue de défense juive (LDJ), cette dernière organisation étant interdite aux États-Unis et même en Israël, classée comme raciste et terroriste. Comment expliquer la mansuétude de l’État français à leur égard, quand la justice a pourtant condamné à plusieurs reprises leurs militants pour des actes de violence ? » Quelques-unes de leurs exactions sont développées dans ledit article, auquel nous vous renvoyons. Lefort tente donc aujourd’hui à son tour sa chance, demandant au successeur d’Alliot-Marie-qui-n’est-jamais-au-courant-de-ce-qui-la-dérange : « De diligenter une enquête sur les conditions dans lesquelles, après le communiqué du CRIF, ces individus, faute de pouvoir obtenir l’interdiction de cette exposition, ont cru pouvoir l’interdire eux-mêmes. Ils doivent être sanctionnés fermement par la justice de notre pays. Ces malfrats de la politique nuisent évidemment à la communauté dont ils se réclament et dont ils ternissent terriblement l’image. Votre collègue Michèle Alliot-Marie, lorsqu’elle était ministre de la Justice et Garde des Sceaux, a demandé incroyablement aux parquets de poursuivre des militants pourtant pacifistes et antiracistes pour «provocation publique à la discrimination». [Lire L'attentat judiciaire de Michèle Alliot-Marie, interdisant le recours au boycott, dans notre Kiosque permanent à la date du 22 novembre] Si les nervis, violents et racistes, de la LDJ n’étaient pas poursuivis, votre gouvernement tout entier serait légitiment soupçonné de pratiquer au minimum un intolérable «deux poids deux mesures» ; de décider, au vu de l’ensemble des «actions radicales» menées systématiquement par ce groupuscule, de dissoudre la LDJ, qui, depuis longtemps, ne devrait pas avoir pignon sur rue dans notre pays. Il est temps, plus que temps, que cette décision s’impose. » Pourquoi cette organisation, que l’on voit parader ci-contre durant une manifestation, ses oriflammes jaunes ornés d’un poing sur une étoile de David fièrement brandis au vent, bénéficie-t-elle de la coupable indulgence des autorités françaises ? Après Alliot-Marie, Hortefeux hérite du mistigri. Pour le même blackout ?
Retrouvez dans nos archives les autres articles de la rubrique Proche-Orient.
A' lire aussi:
  1. Hortefeux, Ciotti : contre le sursaut citoyen, la pathétique défense des xénophobes d’Etat
  2. Copé répand encore sa propagande éventée: journalistes, faites votre travail!


Mercredi 24 Novembre 2010


http://www.plumedepresse.net


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25 novembre 2010 4 25 /11 /novembre /2010 09:46

 

 

Sur l'article "Pour un contrat, une union populaire inédite" dans l'HQ du 25 novembre 2010 ...

 

 Celui de .....

                    Maurice Faure, ancien secrétaire de la Section de Romans(Drôme)

 

 

........La faillite du libéralisme ( liberté totale du capitalisme), de la nocivité et de la responsabilité de la finance dans la crise?.......(HQ)

 

-1 Selon moi le libéralisme s'en est pas bien tiré, une fois de plus.

 

.......Dire clairement quelles politiques les partis de gauche entendent mettre en oeuvre ensemble.....(HQ)

 

-2 Pour l'instant c'est un rêve généreux. Je pense qu'il serait plus utile que chaque parti fasse connaître ses propositions, tout particulièrement le Parti Communiste Français, en tant que tel, et non en se diluant dans des alliances pleines de dangers et sans consistance.

 

.....Un contrat soumis au suffrage universel. Un contrat entre les partis de gauche.........(HQ)

 

-3 Faut il interpréter ce passage comme un appel à un candidat unique de la gauche à l'élection présidentielle, pendant que rien n'est dit sur la nocivité de cette élection, sur la nécessité de construire une autre république ?

 

  

 

 

 

 

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25 novembre 2010 4 25 /11 /novembre /2010 09:36

Les jardins secrets de nos grands patrons

 

Sous ce titre, la revue financière « Capital » nous raconte  que «les grands patrons dans leurs splendides villas d’Ile-de-France viennent cultiver leur potager, goûter les joies simples de la campagne ou admirer leurs collections de tableaux ou de voitures de course.

 

*Benjamin de Rothschild dans sa propriété de Seine et Marne, estimée à 3,5 millions d’euros, entrepose des dizaines de voitures de courses sous un énorme chapiteau.

 

*François Pinault, de PPR, accumule les sculptures contemporaines monumentales dont certaines pèsent plus de 75 tonnes dans sa propriété de 150 hectares dans les Yvelines . « Cela laisse encore de la place pour le potager, le milliardaire  et son épouse sont parait-il, amateurs d’oseille bio ».

 

*J.Claude Decaux, le publiciste qui a placé ses 3 fils aux manettes des abribus et des Vélib, vient se mettre au vert dans ses deux superbes propriétés des Yvelines estimées à 3 et 4 millions d’euros.

 

*Le milliardaire breton Vincent Bolloré se contente lui d’une petite maison de campagne à Rambouillet.

 

*Les héritiers de Bich (des stylos BIC) on conservé en souvenir de leur père un manoir du 15ème siècle dans l’Oise.  Sur une corniche de l’église du village on peut voir le logo Bic sculpté dans la pierre.

 

On aura compris que ces manoirs « tout simples » ne représentent pas grand-chose par rapport aux immenses fortunes de leurs propriétaires.

 

Et pendant ce temps

 

-8 millions de Français vivent au dessous du seuil de pauvreté avec moins de 950 euros par mois

      

-la moitié d’entre eux ont moins de 773 euros mensuels.

                               

 

                               www.sitecommunistes.org

 

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25 novembre 2010 4 25 /11 /novembre /2010 08:08

 

 «Je crois que les gens comme moi devraient payer plus d’impôts. Notre situation est meilleure qu’elle ne l’a jamais été.»

                   Warren Buffett, ultra-milliardaire  états-unien

                              

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25 novembre 2010 4 25 /11 /novembre /2010 08:03

 

                                                                                                MARE NOSTRUM-copie-1

 

 

1444578_3_0715_des-affrontements-se-sont-produits-entre-les.jpg


A Rome, des échauffourées ont marqué de nouvelles manifestations contre la réforme des universités voulue par le gouvernement Berlusconi. Un groupe de protestataires a notamment tenté d'envahir le Sénat, réussissant à franchir les barrières de sécurité entourant le Palazzo Madama (siège de la chambre haute), avant d'être repoussés par les forces de l'ordre au terme de nombreux accrochages. Les étudiants ont ensuite essayé de forcer un cordon de sécurité lors d'un sit-in devant la chambre des députés, où se déroulait l'examen de la réforme de l'université proposée par la ministre de l'éducation, Mariastella Gelmini .

Les manifestants ont lancé des œufs et des fumigènes vers l'entrée de la chambre haute, aux cris de "Démissions, démissions !" Des violences qualifiées d'"inacceptables" par le président de la chambre des députés, Gianfranco Fini. Un autre rassemblement d'étudiants, dans le centre de Rome, s'est terminé par des affrontements avec la police, d'où plusieurs contestataires sont ressortis légèrement blessés. Selon le quotidien La Repubblica, plusieurs d'entre eux se sont également retrouvés devant le Palazzo Grazioli, la résidence de Silvio Berlusconi, l'appelant à quitter son poste.

"Non aux coupes", "Rendez-nous notre avenir", affichaient les banderoles des étudiants, alors que le texte doit être voté jeudi. La réforme de l'université prévoit notamment la fusion des établissements les plus petits, l'entrée dans les conseils d'administration d'experts externes au monde académique, et réduit le mandat des recteurs. Ses détracteurs estiment qu'elle vise surtout à faire des économies, par exemple via le non-renouvellement des contrats à durée déterminée de dizaines de milliers de chercheurs.

Mercredi 17 novembre, des dizaines de milliers d'étudiants avaient déjà défilé contre ce projet de loi, au milieu d'une centaine de cortèges répartis dans tous le pays. Confronté à la crise économique, le gouvernement italien a déjà adopté plusieurs lois en deux années de mandat, qui doivent couper 9 milliards d'euros de budget et supprimer 130 000 emplois dans l'éducation nationale, sur la période quinquennale 2009-2013.

 

Par valenton rouge -
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25 novembre 2010 4 25 /11 /novembre /2010 07:53
                                                                                            MARE NOSTRUM-copie-1
                               La situation géographique du Portugal n'exclut pas ce pays de l'espace méditerranéen
 
           

greve geralSuccès historique de la journée de grève générale animée par la CGTP au Portugal contre le plan d'austérité PS/UE: 3 millions de grévistes, la plus grande grève de l'histoire du pays


Article AC pour  http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

 

Quand le 30 septembre dernier, la CGTP, syndicat organiquement lié au Parti communiste, appelait seule à la grève générale, elle mettait en avant la mise en échec immédiate des plans du gouvernement, sur une ligne politique conséquente se plaçant au-dessus de l'unité syndicale sur le plus petit dénominateur commun.



Le premier ministre socialiste José Socrates venait de présenter la troisième mouture de son plan d'austérité PEC (Plan de stabilité et de croissance) concerté avec la Commission européenne de son compatriote José Manuel Barroso. Au programme: une baisse du salaire des fonctionnaires de 5%; le gel de toutes les pensions;recul de l'âge de départ à la retraite de 65 à 67 ans; des coupes dans les allocations sociales; une augmentation des impôtsles plus injustes comme la TVA qui passe de 21 à 23%; une privatisationentamée (Chemins de fer, Poste) ou achevée (gaz, électricité, télécoms, secteur aérien etc.) des secteurs-clés de l'économie.



Malgré le refus initial de la direction de l'UGT socialiste, la pression de sa base a poussé à contre-coeur les dirigeants de l'UGT dans la bataille. Sur les positions d'un syndicat lié au Parti communiste,qui s'est toujours battu pour l'union et le rassemblement, mais par le haut.


 

Cette unité syndicale est une première depuis la grève générale de 1988.



Deux mois plus tard, le travail sur les lieux de travail dû avant tout aux militants de la CGTP et, plus particulièrement, au travail d'animation et de mobilisation mené par les communistes et relayés par leur journal, Avante, a payé.




La plus grande journée de grève de l'histoire du pays: autant de grévistes... que d'actifs au Portugal lors de la grève historique de 1988




Il ne fait aucun doute que cette journée de grève générale est la plus grande journée de grève de l'histoire du pays.



D'après les deux centrales syndicales, plus de trois des quatre millions de salariés que compte le pays se sont mis en grève, soit un taux global remarquable de 75% de grévistes.



A titre de comparaison, cette grève ne peut que dépasser la grève générale historique de 1988, puisqu'à l'époque le pays comptait autant de salariés qu'il n'y eut ce 24 novembre 2010 de grévistes.



La grève a par ailleurs suivie aussi massivement dans le public que dans le privé, puisque si parmi les grévistes, un million sont salariés du secteur public, les deux autres millions sont des salariés du privé qui ont bravé intimidations et chantages pour exprimer leur colère.




Dans le public, adhésion massive et un pouvoir battu symboliquement dans les transports sur le service minimum




Dans les activités qui constituent le cœur de la fonction publique, l'administration centrale, la santé et l'éducation ont battu des records d'adhésion à la grève.Le secrétaire-général de la Fenprof, branche enseignante soeur de la CGTP, a qualifié la journée de mobilisation « grève la plus massivement suivie de l'histoire du mouvement syndical enseignant », des centaines d'établissements scolaires ayant fermé leurs portes. Dans la santé, des dizaines d'hôpitaux ont atteint des taux de grévistes de 100% tandis que le syndicat des Infirmiers comptabilise 78% de grévistes.



Mais c'est dans le secteur des transports que le succès de la grève est apparu le plus patent.



Tous les ports maritimes et l'immense majorité des ports de pêche étaient fermés ce mercredi. L'intégralité des vols prévus ce 24 novembre (500 vols) ont également été annulés.



Dans le secteur ferroviaire, le pouvoir a essuyé une défaite symbolique majeure sur la question du service minimum.Si à Porto, malgré un taux de 90% de grévistes chez les conducteurs de métro, un service très limité a pu être maintenu; à Lisbonne, le service était nul sur toutes les lignes.



Pour ce qui est des chemins de fer inter-cités, les niveaux de service minimum n'a également pas pu être atteint, avec à peine un train sur dix assuré.




Dans le privé, taux de grévistes record avec la classe ouvrière comme force motrice de Renault à Saint-Gobain




Mais c'est dans le privé, secteur où travaillent les deux-tiers des grévistes, que cette grève est réellement historique. Avec un rôle moteur joué par les bastions de l'industrie portugaise, et des taux entre 80 et 100% dans les grandes concentrations du pays, la classe ouvrière portugaise a joué le rôle de force d'entraînement dans cette journée de conflit.



La grève a eu un fort impact dans presque tous les secteurs industriels: dans l'automobile, dans les usines du groupe Auto-europa ainsi que de Renault et de Mitsubishi; dans lamétallurgie, aux Chantiers navals de Viana do Castelo et de Lisbonne, à l'Arsenal d'Alfeite, aux usines des groupes Jado Iberia, Camo et Sacti; dans le verre, à Saint-Gobain; dans la céramique, à Atlantis, Cinca et Lusoceram; mais également dans le textile, dans le secteur agro-alimentaire etc.



Même dans le tertiaire, la grève a été suivie de manière inédite tant dans le secteur bancaire que dans le commerce, en particulier les super et hyper-marchés.




Pour le Parti communiste Portugais, cette grève générale n'est pas un point d'arrivée mais une étape dans une longue lutte qui ne fait que commencer




pcp.jpg Le Parti communiste portugais (PCP), qui a fortement contribué au succès de la lutte en concentrant en période de campagne électorale pour les présidentielles de janvier 2011 l'essentiel de ses forces vers cette grève du 24 novembre, a rendu un communiqué analysant cette journée de lutte et offrant une perspective politique au mouvement. Paradoxe qu'apparent pour un Parti communiste sur des positions de lutte, aucune référence au moment électoral dans la suite du mouvement qui se résoudra, pour lui, avant tout dans la rue:



« Cette grève générale n'est pas un point d'arrivée, mais une étape dans une lutte exigeante et prolongée que la situation nationale rend nécessaire. Après la réalisation de cette Grève générale, plus rien ne sera comme avant. Le gouvernement et les partis qui soutiennent sa politique ainsi que le Président de la République qui la parraine ont été sanctionnés de façon claire et sans appel et ont reçu un sérieux avertissement, alors qu'a été exprimée une ferme exigence de rupture vis-à-vis de la politique qu'ils défendent.



La Grève générale a manifesté puissamment la disposition des travailleurs et du Peuple portugais à mettre en échec la poursuite de la politique actuelle, et à jouer un rôle déterminant dans la rupture et le changement dont le pays a besoin.



Le PCP a soutenu cette Grève générale, parce qu'il est avec la lutte des travailleurs, parce qu'il s'engage pour l'augmentation des salaires, le développement de l'appareil productif, fait le choix des investissements et des services publics. Le PCP a été et est avec la lutte des travailleurs car leur lutte est une lutte pour un pays de progrès, de justice sociale, pour un Portugal souverain et indépendant.



Renouvelant son engagement de toujours avec cette lutte, le PCP réaffirme aux travailleurs et au peuple portugais qu'ils peuvent compter sur le PCP. »



En Grèce comme au Portugal, se manifeste la raison d'être du Parti communiste: impulser et animer les luttes, ouvrir une perspective politique partant de celles-ci, dans laquelle les scrutins électoraux ne sont que des moments et des étapes, et non un débouché à ces luttes!

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25 novembre 2010 4 25 /11 /novembre /2010 07:45

 

 

par Jorge Martin

 

arton1508Le 13 septembre dernier, la Centrale des Travailleurs de Cuba (CTC) annonçait une série de mesures qui vont sérieusement affecter l’économie du pays. La plus frappante de ces mesures est la suppression de 500 000 postes dans le secteur public d’ici mars 2011, dans le cadre d’un plan de suppression d’un million de postes. Dans la mesure où 85 % des travailleurs cubains, soit 5 millions, sont employés dans le secteur public, cela reviendrait à supprimer 20 % des emplois de ce secteur, dont 10 % au cours des six prochains mois.

Le communiqué de la CTC souligne que ces travailleurs devront être embauchés en dehors du secteur public, grâce à une augmentation des licences accordées aux auto-entrepreneurs et aux entreprises familiales, à la location à des travailleurs – avec option d’achat – de locaux et entreprises d’Etat. Des travailleurs pourront aussi prendre le contrôle de petites entreprises en les gérant sous forme de coopératives.

Suppressions d’emplois 

Par le passé, les travailleurs licenciés recevaient l’intégralité de leur salaire de base jusqu’à ce qu’ils soient affectés à un autre poste. Mais désormais, cette allocation de 100 % ne sera versée que le premier mois, après quoi les travailleurs concernés ne toucheront que 60 % de leur salaire de base, et ce pendant une période qui dépendra de la durée de leur dernier emploi : pendant un mois pour ceux qui ont travaillé pendant 19 ans ; pendant deux mois pour ceux qui ont travaillé entre 20 et 25 ans ; pendant trois mois pour la tranche de 26 à 30 ans, et pendant 5 mois pour tous ceux qui ont travaillé plus de 30 ans.

En outre, les salaires des travailleurs du secteur public seront liés à la productivité. Cette mesure avait déjà été annoncée par Raul Castro. Mais toutes les entreprises ne l’avaient pas mise en oeuvre à cause de la grave crise économique que traverse l’économie cubaine.

Le communiqué de la CTC reprend également l’idée – déjà formulée par Raul Castro – qu’il faut réduire les « dépenses sociales excessives », et qu’il faut éliminer les « subventions excessives » et les « primes injustifiées ». Cela semble annoncer une vaste restructuration du système de protection sociale, les allocations et les droits devant être soumis à des conditions et des critères plus restrictifs. Cela se traduira probablement par la suppression du système de « carnets de rationnement » donnant accès à tous les Cubains à un panier de biens hautement subventionnés, surtout de la nourriture. Quant à l’extension des licences d’auto-entrepreneurs, elle légalisera de facto une situation où, pour joindre les deux bouts, de nombreux Cubains ont été forcés de recourir au marché noir.

« Auto-entrepreneurs »

Pour la première fois, des petites entreprises privées seront autorisées à embaucher des salariés, en payant des cotisations sociales. L’Etat cubain espère ainsi accroître ses recettes fiscales de 400 %. Il y a déjà 170 000 auto-entrepreneurs légaux – et probablement autant sur le marché noir.

Les salaires cubains sont relativement bas. Mais le logement, l’éducation, les transports et la santé y sont gratuits ou hautement subventionnés, de même que les aliments concernés par les « carnets de rationnement ». Le problème, c’est que ce salaire social ne permet plus aux Cubains de vivre correctement, de sorte qu’ils doivent faire une bonne partie de leurs courses en pesos convertibles (CUC), qui s’échangent au taux de 1 contre 24 pesos cubains – sachant que les salaires sont payés en pesos cubains.

Les magasins CUC sont tenus par l’Etat et vendent des marchandises plus chères, ce qui permet à l’Etat de récupérer les devises fortes que les Cubains obtiennent soit par le biais de l’argent expédié de l’étranger, soit au moyen d’activités légales, semi-légales ou illégales tournées vers les touristes.

Une autre mesure annoncée récemment prévoit le prolongement de la durée de location de terrains aux investisseurs étrangers : de 50 à 99 ans. Cette mesure est justifiée par la nécessité d’apporter « de meilleures garanties et une meilleure sécurité aux investissements étrangers », en particulier dans le secteur du tourisme. Par exemple, des sociétés canadiennes projettent déjà de construire des hôtels de luxe avec terrain de golf, etc.

Cuba et le marché mondial

Les mesures annoncées par le gouvernement, qui font suite à d’autres du même ordre, risquent d’accroître les inégalités, de développer l’accumulation privée, de miner l’économie planifiée et d’ouvrir un puissant processus de restauration du capitalisme. Toutes ces mesures sont la conséquence de la grave crise économique que traverse Cuba, depuis deux ans.

L’économie cubaine est extrêmement dépendante du marché mondial. Elle en subit de plein fouet les mouvements. Ainsi, les prix du pétrole et de la nourriture ont massivement augmenté en 2007-08. Or Cuba importe 80 % de la nourriture qu’elle consomme (essentiellement des Etats-Unis). Dans le même temps, le prix du nickel – que Cuba exporte – est tombé de 24 dollars à 7 dollars la livre, en 2010. La récession mondiale a également affecté l’industrie du tourisme et les envois d’argent de Cubains résidant à l’étranger. A tous ces facteurs s’ajoutent les dévastations provoquées par trois ouragans, en 2008, dont le coût total est estimé à 10 milliards de dollars.

Pour ses revenus en devises fortes lui permettant d’acheter des biens sur le marché mondial, Cuba dépend désormais lourdement de ses exportations de services médicaux (essentiellement au Venezuela). Cette source de revenu s’élève à 6 milliards de dollars par an, soit trois fois plus que les revenus générés par le tourisme.

Tous ces facteurs combinés, auxquels s’ajoute le blocus américain, dessinent le tableau d’une économie cubaine sans base solide et très dépendante du marché mondial. Cela rappelle qu’il est impossible de construire le socialisme dans un seul pays – non d’un point de vue théorique, mais dans le langage froid des faits économiques. Si c’était impossible en Union Soviétique, ça l’est encore moins dans une petite île située à 150 kilomètres de la plus grande puissance impérialiste au monde.

Quelle position devons-nous prendre vis-à-vis des propositions du gouvernement cubain ? Il est exact qu’en elle-même, l’ouverture de petites entreprises n’est pas une mesure négative. Une économie planifiée n’a pas besoin de nationaliser tout, jusqu’au dernier salon de coiffure. Dans la transition vers le socialisme, il est inévitable que des éléments de capitalisme coexistent avec la planification de l’économie. En soi, cela ne constitue pas une menace – à condition que l’Etat contrôle les secteurs clés de l’économie, et que l’Etat et l’industrie eux-mêmes soient fermement contrôlés par la classe ouvrière.

Quelle est la situation concrète, à Cuba, de ce point de vue ? Premièrement, les bases de l’économie cubaine sont extrêmement fragiles. Deuxièmement, Cuba se situe à proximité de l’impérialisme américain. Troisièmement, après des années de gestion bureaucratique, les entreprises publiques sont dans un piteux état. Enfin, les salariés cubains n’ayant pas le sentiment de contrôler les entreprises où ils travaillent, ils ne s’intéressent pas aux questions de productivité et d’efficacité. Il y a un sentiment général de malaise et de mécontentement qui constitue le plus grand danger, pour la révolution cubaine. Tout le monde s’accorde à dire que la situation actuelle ne peut pas continuer, que « quelque chose doit changer ». La question centrale est : que faire ?

La voie chinoise ?

L’idée que les problèmes de l’économie cubaine pourraient être résolus grâce au développement du secteur privé est une idée fausse et dangereuse pour l’avenir de la révolution.

A la différence des réformes des années 90, les nouvelles entreprises privées seront désormais autorisées à embaucher de la main d’oeuvre salariée. Cela va créer une couche substantielle de petits capitalistes légaux. On parle de 250 000 nouvelles licences, qui s’ajouteront aux 170 000 existantes. Inévitablement, cette couche sociale développera des intérêts et une psychologie propres.

Un gouffre s’ouvrira entre les secteurs privé et public. Dans une situation où l’Etat n’est pas en mesure de produire des biens industriels et manufacturiers de bonne qualité, le secteur privé aura tendance à se développer au détriment du secteur public. Deux tendances contradictoires et mutuellement exclusives se développeront. Tôt ou tard, l’une devra l’emporter sur l’autre. Laquelle ? En dernière analyse, le secteur qui l’emportera sera celui qui attirera le plus d’investissements productifs, et, sur cette base, réalisera les meilleurs niveaux de productivité et d’efficacité. Le relâchement des restrictions sur les investissements étrangers ouvrira la voie à une augmentation rapide du capital investi dans le secteur privé – d’abord dans le tourisme, puis dans d’autres secteurs clés.

La lutte entre ces deux tendances ne sera pas gagnée au moyen de discours et d’exhortations, mais avec du capital et de la productivité. Ici, le poids écrasant du capitalisme mondial sera décisif. L’économie planifiée n’est pas menacée par quelques barbiers ou chauffeurs de taxi, mais par la pénétration de l’économie cubaine par le marché mondial – et par ces éléments de l’appareil d’Etat qui, sans le dire publiquement, préfèrent une économie de marché à une économie socialiste planifiée.

Soyons clairs : de nombreux économistes cubains soutiennent les mesures en question parce qu’ils sont favorables à l’abandon de l’économie planifiée dans son ensemble. Ils sont partisans de l’introduction de mécanismes de marché à tous les niveaux et d’une ouverture de tous les secteurs de l’économie aux investissements étrangers. En d’autres termes, ils sont favorables au capitalisme. Ces gens défendent la « voie chinoise », bien qu’ils préfèrent désormais parler de la « voie vietnamienne », étant données les innombrables critiques dont la Chine fait l’objet, à Cuba. Mais cela ne change rien au fond de leur point de vue.

Le capitalisme cubain ne ressemblerait ni à la Chine, ni au Vietnam, mais plutôt au Salvador ou au Nicaragua après la victoire de la contre-révolution. Le pays retomberait rapidement dans une situation semblable à ce qui existait avant la révolution de 1959 – une situation de misère, de dégradation et de dépendance semi-coloniale. Toutes les conquêtes de la révolution seraient détruites.

Corruption et bureaucratie

« Mais on ne peut pas continuer comme avant ! », diront certains. C’est exact. Mais nous rejetons fermement l’idée que la source du problème réside dans la nationalisation des moyens de production. La supériorité d’une économie nationalisée et planifiée a été démontrée en URSS, par le passé. Et ce qui a miné les succès économiques de l’URSS, c’est la corruption, le gaspillage et la mauvaise gestion inhérents à un régime bureaucratique. A la fin, la bureaucratie stalinienne a décidé de se transformer en classe propriétaire des moyens de production, et le capitalisme a été restauré.

Fidel Castro a déjà dénoncé les problèmes de bureaucratisme et de corruption qui existent à Cuba. Plus récemment, Estaban Morales, du Centre d’études des Etats-Unis à l’Université de la Havane, s’est exprimé sans détour sur cette question. Dans un article publié sur le site internet de l’Union Nationale des Ecrivains et Artistes Cubains (UNEAC), il écrivait : « Il ne fait aucun doute que la contre-révolution avance, petit à petit, à certains niveaux de l’Etat et du gouvernement. Il est clair que des dirigeants et officiels se constituent un trésor de guerre en prévision de la chute de la révolution. Certains ont sans doute tout préparé pour transférer les biens publics dans des mains privées, comme ça s’est passé en URSS. »

Estaban Morales explique que le problème du marché noir et de la corruption ne réside pas, au fond, dans la vente illégale, par des Cubains ordinaires, de produits qu’on ne trouve pas sur les étalages des magasins – mais plutôt du côté de ceux qui les fournissent, et qui souvent occupent de hautes positions dans l’appareil d’Etat. Morales ajoute que la corruption, à tous les niveaux de la bureaucratie, est plus dangereuse que les soi-disant « dissidents », lesquels n’ont aucune base de soutien dans la population. « S’ils sont affectés par l’ambiance de défiance à l’égard de la direction du pays, s’ils sont témoins de l’immoralité qui règne dans la gestion des ressources (alors qu’elles sont officiellement le bien de tous), et ce au beau milieu d’une crise économique dont nous ne sommes pas encore sortis, les mêmes Cubains qui ne prêtent aucune attention au discou rs des dissidents n’en seront pas moins affaiblis dans leur résistance politique », écrit Morales.

Peu après la publication de son article intitulé : Corruption : la vraie contre-révolution ?, Estaban Morales a été exclu du Parti Communiste, malgré les protestations de sa section locale. L’article a été retiré du site internet de l’UNEAC.

L’une des principales menaces, pour la révolution, est l’absence d’une authentique démocratie ouvrière, c’est-à-dire d’une participation directe des travailleurs à la gestion de l’Etat et de l’économie. Cela génère démoralisation, scepticisme et cynisme. Cela mine l’esprit révolutionnaire du peuple. Combiné à une situation où les besoins fondamentaux ne sont pas satisfaits, où le pouvoir d’achat des salaires baisse et où la corruption des sommets de l’Etat est connue de tous, ce phénomène devient une menace contre-révolutionnaire de premier ordre.

Un autre exemple est le report du VIe Congrès du Parti Communiste, qui était censé se tenir l’an passé, alors que le Ve Congrès s’est tenu en 1997, soit un délai de 13 ans. Nombreux sont ceux qui partagent les inquiétudes d’Estaban Morales. Ils craignent, à juste titre, qu’une section de la bureaucratie prépare un mouvement décisif vers la restauration du capitalisme.

Que faire ?

Il est exact que lorsque des conditions défavorables l’exigent, il faut être prêt à faire un pas en arrière. Ici, il est courant de se référer à la Nouvelle Politique Economique (NEP) de Lénine, lorsque le régime bolchevik a dû faire des concessions temporaires aux paysans riches. Mais ce qui est inacceptable, c’est de confondre un repli tactique et une capitulation sur toute la ligne.

A l’époque de Lénine, les bolcheviks n’ont jamais pensé qu’il était possible de construire le socialisme dans les seules frontières d’une Russie arriérée et sous-développée. Lénine insistait sur l’idée que pour consolider les conquêtes de la révolution et avancer vers le socialisme, il faudrait que les travailleurs prennent le pouvoir dans un ou plusieurs pays capitalistes avancés d’Europe. Les trahisons de la social-démocratie européenne l’ont empêché, et c’est ce qui a rendu la NEP inévitable. Mais celle-ci était présentée comme un recul temporaire imposé par le retard de la révolution mondiale, et non comme un pas en avant.

Les bolcheviks plaçaient tous leurs espoirs dans le développement de la révolution socialiste internationale. Voilà pourquoi Lénine et Trotsky attachaient tant d’importance à la construction de la IIIe Internationale. De même, Che Guevara incarnait l’esprit internationaliste de la révolution cubaine. Il comprenait que la survie de la révolution dépendait de son extension au reste de l’Amérique latine.

La seule issue, pour la révolution cubaine, réside dans l’internationalisme révolutionnaire et la démocratie ouvrière. Le sort de la révolution cubaine est étroitement lié au sort de la révolution au Venezuela, en Amérique latine – et, en dernière analyse, à l’échelle mondiale. D’où la nécessité de soutenir pleinement les forces révolutionnaires qui luttent contre l’impérialisme et le capitalisme en Amérique latine et au-delà. Au lieu de faire des concessions aux tendances capitalistes, la révolution cubaine devrait se prononcer clairement pour l’expropriation des capitalistes et des impérialistes au Venezuela, en Bolivie, en Equateur, etc. N’oublions pas que c’est l’expropriation des impérialistes et des capitalistes qui a permis à la révolution cubaine d’avancer, après 1959.

On nous répondra qu’une politique internationaliste ne permettra pas de satisfaire les besoins immédiats du peuple cubain. Bien sûr que non ! Nous ne sommes pas des utopistes. Il faut combiner une politique révolutionnaire internationaliste avec des mesures concrètes pour s’attaquer aux problèmes de l’économie cubaine. Comment ? A notre avis, les mesures proposées ne sont pas une solution durable. Il se peut qu’elles compensent telles ou telles carences dans l’immédiat, mais au prix de générer de nouvelles et profondes contradictions à moyen et long termes.

Le peuple cubain a prouvé à de nombreuses reprises qu’il était prêt à faire de grands sacrifices pour défendre la révolution. Mais il est essentiel que tout le monde fasse les mêmes sacrifices. Non aux privilèges ! Il faut en revenir aux règles simples de la démocratie soviétique que Lénine défendait dans L’Etat et la révolution : tous les officiels doivent être élus et révocables ; aucun officiel ne doit être mieux rémunéré qu’un travailleur qualifié ; toutes les positions dirigeantes doivent être occupées à tour de rôle (« si tout le monde est un bureaucrate, personne n’est un bureaucrate ») ; pas d’armée séparée, mais le peuple en arme.

Che Guevara insistait sur l’importance de l’élément moral, dans la production socialiste. C’est évidemment correct, mais cela ne peut être garanti que dans un régime où les travailleurs contrôlent la production et se sentent responsables des décisions qui affectent tous les aspects de l’économie et de la vie sociale. Certes, étant données les difficultés de l’économie cubaine, un élément d’incitation matérielle sera nécessaire, et notamment des différentiels de salaires. C’était le cas, en Russie, au lendemain de la révolution. Mais il devrait y avoir une limite aux différentiels de salaires, qui devraient tendre à diminuer au fur et à mesure que la production se développe, et avec elle la richesse de la société. Mais la motivation la plus grande, c’est le fait, pour les travailleurs, de sentir que le pays, l’économie et l’Etat leur appartiennent. C’est la seule voie pour défendre la base socialiste de la ré volution cubaine – et de faire échec à la contre-révolution capitaliste.


Jorge Martin (septembre 2010)


©2002-2010 Journal communiste : La Riposte

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24 novembre 2010 3 24 /11 /novembre /2010 09:21

                                                                                           MARE NOSTRUM-copie-1

 

 Parti communiste contre Izquierda unida en Espagne (7): la plus grosse section des Asturies (Langreo) présentera bien des candidatures communistes aux élections locales

jpg_pcalangreo-2.jpgLa section de Langreo présentera finalement des candidatures communistes aux élections locales

 

Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Désormais, la lutte entre les deux projets antagonistes de renforcement du Parti communiste et de renfondation d'Izquierda Unida en Espagne – par l'intérêt qu'elle peut avoir pour nous autres, communistes français – sera suivie régulièrement par le biais de ce dossier spécial actualisé: Parti communiste contre Izquierda Unida en Espagne



D'après ce qui a été annoncé par le secrétaire du Parti communiste de Langreo, Ivan Suarez, la section du Parti de la ville Asturienne va commencer à constituer une candidature du Parti communiste des Asturies (PCA) et à élaborer un programme électoral communiste.



Voilà ce qu'a décidé le Comité local dans sa dernière réunion où a été nommée une commission des candidatures. Pour Suarez, « c'est le début d'une démarche qui, nous l'espérons, s'étendra à toutes les Asturies ».



Le dirigeant communiste a annoncé par ailleurs que d'ici peu serait entamée une collecte de signatures parmi les militants et sympathisants dans les Asturies et au-delà pour soutenir l'initiative.

 

 

 

« En tant que PCA de Langreo, nous n'avons pas fait autre chose que de suivre ce qui a été adopté par les assemblées locales et régionales »


 

Suarez a précisé à laRepublica.es aujourd'hui que le PCA de Langreo « a entamé une démarche de rassemblement avec des mouvements culturels, des associations de quartiers, des personnes du mouvement syndical et des gens de gauche, comme l'exige le PCE (Parti communiste d'Espagne), pour former ensemble un programme électoral et une candidature, comme par ailleurs cela s'est toujours fait ».



« Beaucoup seront surpris du fait que cette démarche a été accueille très postivement et, par ailleurs, nous faisons tout simplement ce que notre culture politique nous suggère d'être: un parti de masses », fait-il remarquer.



« Ici personne ne se bat pour son propre compte, c'est simplement ce que l'on attend de nous et ce, par ailleurs, que le Parti a toujours fait, porter ses orientations politiques jusque dans les institutions », précise le responsable politique de la section de Langreo, qui souligne que « la section du PCA de Langreo demande un peu de respect pour ses militants, puisque le nombre de ses militants ne cesse de s'accroître et qu'il se peut qu'elle soit une des villes en Espagne ayant le plus grand nombre d'adhérents d'Espagne (ramenés à la population de la ville) ».



« Si c'est mal faire mal les choses, ce que l'on fait, que quelqu'un vienne et le dise. Mais, je le répète, nous suivons les lignes et directives adoptées dans les organes souverains du Parti. Nous nous réunirons, nous parlerons et défendrons le PCA, le PCE et les communistes partout où nous nous trouverons, par profonde admiration pour ce parti, par engagement politique, par conviction, par tradition et non pas pour des sièges. Cela est réservé à une autre classe d'hommes politiques, nous ne voulons ni sièges, ni argent, ni postes, nous travaillons quotidiennement, honnêtement et ensuite nous faisons de la politique pour que cette société pourrie soit plus juste », a conclu Suarez.

 

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