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CHANTS REVOLUTIONNAIRES

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7 avril 2010 3 07 /04 /avril /2010 07:44

 

vendola ferreroL’Italie après les élections régionales: droitisation du pays, une opposition qui ne s’oppose pas, les communistes marginalisés…



Le bilan de 20 ans de liquidation communiste s’approfondit.

 

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

On votait en Italie les 28 et 29 mars 2010 dans 13 régions sur 20. La droite au pouvoir a fait mieux que résister. Elle conquiert 4 régions : la Calabre, la Campanie (Naples), le Piémont et le Latium (Rome), tout en conservant la Lombardie et la Vénétie. La Gauche conserve 7 régions, plus petites, dont l’Emilie-Romagne, la Toscane et les Pouilles.

 

Le mécontentement social, marqué par de nombreuses et massives manifestations, ne s’est pas traduit par un vote sanction contre le gouvernement de Berlusconi.

 

Certes l’abstention progresse de 8% et atteint 37%, un record dans un pays où le vote était encore obligatoire il y a peu. Mais elle ne profite pas à la gauche.

 

Les régionales montrent une nouvelle étape dans la droitisation de l’Italie.

 

C’est déjà perceptible dans l’atmosphère entourant le débat public. La nouvelle présidente de région du Latium, Renata Polverini, ancienne syndicaliste jaune (UGL) et candidate du parti de Berlusconi, surnommée par la presse « le panzer » (sic) fête sa victoire par un salut fasciste. La ligue du Nord réclame la mairie de Milan et son leader Bossi nargue la gauche : « Ils vont encore se demander pourquoi les ouvriers ne votent pas pour eux! ».

 

Mais on doit prêter attention aussi au rééquilibrage et à la restructuration sociale qui s'opèrent au sein de la droite.

 

Le parti de Berlusconi, le Peuple de la Liberté (PdL), arrive en tête avec 26,7%. Mais il est en recul, tant en chiffres relatifs (- 9% par rapport aux européennes de 2009/ - 11% par rapport aux législatives de 2008) qu'en chiffres absolus (1 million de voix en moins par rapport aux régionales de 2005).

 

La Ligue du Nord est le seul véritable gagnant du scrutin. Sur les 13 régions, elle progresse de 5,7% à 12,3% entre 2005 et 2010 et gagne 1,5 million de voix malgré l’abstention.

 

Dans le Nord du pays, elle arrive largement en tête en Vénétie (35,15%), doublant son nombre de voix, et remporte la région. Elle talonne le PdL en Lombardie (26,20%). Elle devient la troisième force dans le Piémont (16,74%).  

 

Elle atteint aussi 13,67% dans l’Emilie-Romagne « rouge » (centre).

 

La progression de la Ligue du Nord a été décisive pour que la droite gagne le Piémont et asseye son hégémonie en Vénétie et en Lombardie, trois régions économiques clés.

 

Cette progression de la Ligue à droite invite à se défaire de l'analyse simpliste de l'hégémonie de la droite en Italie comme simple effet de sa mainmise sur les média. La force de la Ligue du Nord (et dans une moindre mesure de Berlusconi et de son PdL) est d'avoir constitué un « bloc social inter-classiste », réunissant le patronat, d’abord le petit patronat, les artisans et des franges importantes de la population ouvrière dans un même projet de société : un projet anti-Étatique, anti-centraliste, anti-européen (depuis peu car la Ligue était la plus européiste des formations italiennes – Europe des régions oblige), anti-libéral et xénophobe.

 

Paradoxalement, la Ligue du Nord est la seule formation italienne à analyser la société en termes de classe et d'alliances de classe.

 

 

Faiblesse de la gauche: délibérée?

 

 

Malgré le résultat des élections, Berlusconi est en difficulté dans la bataille des idées. Des oppositions importantes se manifestent devant l'intensité et le degré des attaques du gouvernement contre le monde du travail (dernière acte en date: la remise en cause des conventions collectives), contre la démocratie et la Constitution elle-même.

 

On pouvait penser que la « gauche » parlementaire, représentée par le Parti Démocrate, avait un boulevard devant elle pour ces élections.

 

A défaut de s'être effondrée, elle s’est affaissée: 27% des voix soit 5 points et 2 millions de voix en moins qu’en 2005.

 

La « gauche » s’est gardée d’aborder les sujets de fond dans la campagne, quitte à alimenter l'abstention des couches populaires. Elle a fait attention à ne pas rendre trop visible l’étendue du consensus qui la lie au pouvoir de Berlusconi.

 

Où est l’opposition en effet du PD sur les sujets suivants :

 

·                     Le travail ? La fameuse Loi 30 (2003) généralisant la précarité s'appuyait sur le consensus DS (démocrates de gauche, prédécesseurs des Pd)/Forza Italia à l'époque et a été pérennisée par le gouvernement Prodi.

 

·                     Les privatisations ? A titre d'exemple, faut-il rappeler que Bersani, actuel leader du Pd, a présidé l'ouverture du capital de l'ENEL (L'EDF italien) en 1999 (sous le gouvernement d'Alema)?

 

·                     Le bouclier fiscal ? Au moment du vote du bouclier fiscal en octobre 2009, 22 députés Pd se sont mystérieusement volatilisés du Parlement, permettant l'adoption du projet de loi à 270 voix pour et 250 contre.

 

·                     Les institutions ? La fin de la Première République historique en 1993-1994 n'a pu être possible que grâce à l'appareil du PDS (ex-PCI), la remise en cause de la Constitution et des institutions par Berlusconi et la Droite bénéficie de la complicité de l'appareil actuel du Pd malgré les objections timides du Président de la République, Giorgio Napolitano.

 

·                     L’Europe ? Entre le parti de l'ex-président de la Commission européenne Romano Prodi et la droite, l'identité de vues est quasi parfaite.

 

·                     La politique étrangère ? Entre Massimo D'Alema qui a participé activement à la guerre en Yougoslavie et Silvio Berlusconi qui engage les troupes italiennes en Irak, il n'y a pas 'l'épaisseur d'un papier à cigarette'.

 

Qui finit par incarner l'opposition sur ses questions?

 

  • L'extrême-droite surtout la Ligue du Nord sur l'Europe mais aussi sur le travail ! Ainsi, ironiquement c'est vers le ministre de l'Economie proche de la Ligue, Giulio Tremonti, qu'il fallait se tourner fin 2009 pour trouver une critique ferme de la droite berlusconienne sur la précarisation du travail, et un éloge tout hypocrite de la stabilité de l'emploi.

 

  • Des « personnalités » de gauche comme le juge Antonio di Pietro (le juge de l’opération « Mani Pulite » du début des années 1990 – figure de probité, perçu comme garant des institutions) ou encore l'humoriste Beppe Grillo, proche du Pd, qui avait préparé son entrée en politique avec une critique acerbe des conséquences de la précarité sur les travailleurs italiens (avec son livre Esclaves Modernes) ont créé leurs partis. Proposant une analyse critique de la société – même limitée – , ils atteignent 8,7% (L'Italie des Valeurs de Di Pietro) et 1,7% (le Mouvement 5 étoiles de Grillo).

 

Alors que le capital parvient à canaliser le vote des travailleurs en colère vers des voies de garage, le Pd continue sa fuite en avant vers le centre.

 

Rappelons que le Pd est principalement issu de l’ancien appareil du PCI, recyclé en Pds puis Ds (démocrates de gauche), avant de fusionner avec une frange de la Démocratie chrétienne dans un Parti démocrate à référence américaine.

 

Désormais, le Pd lorgne vers le Centre, et vers l'Union de la Démocratie Chrétienne, refondée par Casini (5-6%) et se préoccupe de primaires pour 2012.

 

Une sorte de « compromis historique » du pauvre, qui fermerait par la petite porte 20 ans de liquidation du communisme en Italie.

 

 

Les communistes en péril d'extinction, à quand le bilan de la liquidation perpétuelle du communisme en Italie?

 

 

federazionesinistra Les deux partis, qui ont conservé une référence communiste, la Parti de la refondation communiste (PRC) et le Parti des communistes italiens (PdCI) enregistrent un résultat en forme de déconfiture. Ils ont fait le choix de se présenter ensemble sous la bannière d’une coalition (avec des organisations anecdotiques) dénommée « Fédération de la gauche ».

 

Cette dernière atteint péniblement 2,8% des voix, le plus bas historique des organisations communistes en Italie.

 

En 2005, le PRC avait obtenu 5,6% et le PdCI 2,6%. Le recul est de 1,3 million de voix. Même sur les européennes de 2009, le recul est de 300.000 voix sur la liste PRC-PdCI.

 

Les communistes sous l'étiquette Fédération de Gauche ne dépassent la barre des 5% qu'en Toscane (5,3%) et en Ombrie (6,9%). Ailleurs, leur score ne dépasse pas les 4%, même dans les Marches ou en Ligurie (3,9%). Dans des régions industrielles à tradition communiste, les communistes tombent dans l'insignifiance électorale: en Lombardie (2%), en Vénétie (1,6%), dans le Piémont (2,6%), dans le Latium (2,7%), en Emilie-Romagne (2,8%).

 

Dans le Sud, le parti survit dans les Pouilles (3,3%) ou se maintient sous assistance respiratoire en Campanie (1,6%) : humiliation suprême pour le secrétaire général du PRC Paolo Ferrero qui se présentait justement dans cette dernière région et y obtient le plus faible score de toutes les listes communistes/Fédération de gauche.

 

A nouveau, les communistes italiens sont contraints à un débat existentiel, l’échec électoral reflétant les orientations toujours hésitantes de leurs organisations.

 

Pour ces régionales, les deux partis ont décidé de mettre en retrait leur identité communiste derrière une notion de « fédération de gauche » (incluant une « gauche européenne »). On peut imaginer que des électeurs communistes ne s’y sont pas retrouvés.

 

Dans 11 régions sur 13, ils ont choisi de s’apparenter avec le Pd dans des « blocs » à vocation majoritaire. Cela a permis de sauver quelques sièges mais au prix d’une confusion avec les compromissions du Pd.

 

L’échec aux régionales fait ainsi écho à la débâcle de l’Arc-en-ciel aux législatives de 2008. Cette coalition, à l’initiative de Fausto Bertinotti, alors secrétaire du PRC, diluait les partis communistes dans un ensemble mêlant des écologistes et un courant de « gauche » du Pd dans une stratégie prévoyant le ralliement au Pd. Résultat : 3% contre 12% aux législatives précédentes (pour ces partis séparément) et l’exclusion pour la première fois depuis le fascisme des communistes du Parlement.

 

Pourtant l’expérience de l’Arc-en-ciel et la ligne stratégique qui y a conduit ont été récusées au congrès du PRC de juillet 2008. Les dirigeants sortants Bertinotti et Vendola ont dû alors céder la main. Une partie de l'appareil liquidateur a quitté le parti et rejoint Vendola pour fonder « Gauche et Liberté » (aujourd'hui « Gauche, Ecologie et Liberté »).

 

Une ligne de réaffirmation des positions communistes, notamment dans les entreprises, a été adoptée et une nouvelle direction élue.

 

Mais ce nouveau cours de renaissance communiste n’a pas été pas poursuivi de façon conséquente. Rapidement, la nouvelle direction du PRC, menée par Paolo Ferrero, a réintégré en son sein des partisans de la ligne antérieure. En juillet 2009, elle a choisi de lancer la « Fédération de la Gauche », à mi-chemin entre une alliance électorale et une nouvelle organisation parallèle aux partis communistes et destinée à les dépasser. Un peu comme l’Arc-en-Ciel mais en partant de plus bas encore.

 

Après le nouvel échec des régionales, deux lignes vont s’affronter à nouveau.

 

Malgré le désaveu, certains dirigeants entendent déjà poursuivre, dans la voie de la recomposition politique, la constitution d’un pôle de gauche, à la fois autonome du Pd mais lié à lui, en continuant à effacer le caractère communiste de leurs organisations. Est déjà avancée l’idée de se regrouper, toujours dans une sorte de « fédération », de « Front », avec les liquidateurs du PRC d’hier et leur nouveau Parti « Gauche écologie et liberté » (Ces derniers ont obtenu 3,2% et Vendola a été reconduit comme président des Pouilles à la tête de la coalition animée par le Pd).

 

De nombreux communistes, comme au congrès de 2008, appellent au contraire à une véritable reconstruction d’un Parti communiste. Le courant « Ernesto » du PRC porte ce point de vue comme une partie de la direction du PdCI.

 

Au-delà du maintien et du retour aux symboles, le nom, l’emblème de la faucille et du marteau, il s’agit aussi de sortir du minestrone idéologique, de remettre l’accent sur l’organisation communiste.

 

Les résultats électoraux montrent que l'effacement de l'identité communiste ne paie pas. L'audience électorale des communistes semble proportionnelle au maintien de l'identité, des symboles et du nom communiste.

 

Ce que représente le PCI en Italie n'est pas mort.

 

Mais le problème va au-delà des combinaisons électorales. Le manque est criant d’une d'une force politique ouvrière, orientée vers la lutte, organisée et enracinée dans les quartiers et les entreprises, d’une force politique républicaine, laïque, démocratique face à l’agonie de la démocratie italienne.

 

Ce qui manque en Italie, c'est un véritable Parti Communiste Italien, tel qu'il a pu exister avant 1991. Le Parti de la « refondation » communiste n’a pas cherché, sous insieme-pdci-prc-uomini-con-bandiere Bertinotti, à refonder le PCI. Bertinotti ou Vendola sont arrivés aujourd’hui au bout du « dépassement des partis ».

 

La nouvelle direction du PRC, celle du PdCI vont-elles à leur tour se  p erdre dans des calculs politiciens et une vision électoraliste à court terme ?

 

Les communistes conscients de cette réalité se battent pour l’unité des communistes. Ils doivent réussir, sinon le risque, c’est l'extinction du mouvement communiste organisé en Italie, pour le plus grand préjudice des travailleurs et de la démocratie elle-même.



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7 avril 2010 3 07 /04 /avril /2010 07:38

                                                    MARE-NOSTRUM.jpg                                                     mardi 6 avril 2010



Les choses prennent un tout autre sens ici (…) On doit en tirer la vraie leçon, c’est qu’on doit se battre contre toutes les formes de répression et d’oppression, en tout lieu et en tout temps.
(Mohammed Barakeh, dirigeant du Parti Communiste d’Israël)



Le 10 mars dernier commençait le procès politique du secrétaire général du Hadash (Front Démocratique pour la Paix et l’Egalité) et dirigeant du Parti Communiste d’Israël, Mohammed Barakeh.


Au-delà de ce procès, l’enjeu est important car ce sont les libertés d’expression et de manifestation qui sont menacées. Par ailleurs, avec ce procès, l’entité sioniste cherche à intimider les militants pacifistes, musulmans, juifs et chrétiens de cette Palestine, maintes fois rejetée et bannie.


Personnalité dangereuse du fait de sa lutte pour la paix, Barakeh a déjà été à plusieurs reprises menacé de mort et contraint à limiter ces mouvements. Cela ne l’a pas empêché de participer aux manifestations contre les nouvelles colonies.


La solidarité avec le dirigeant communiste s’exprime déjà en Israël et en Palestine. Dès le premier jour du procès, plusieurs dizaines de militants pacifistes dont des membres éminents de Hadash – les députés Dov Khenin, Afou Agbaria et Hanna Swaid – se sont rassemblés au Tribunal de Tel-Aviv pour manifester leur indignation et leur colère.


Barakeh avait dernièrement participé à un hommage rendu aux victimes de la Shoah à Auschwitz, en tant que membre d’une délégation de la Knesset.

Ainsi, attaqué par les sionistes – pour qui un arabe, de surcroît communiste, ne peut s’associer aux commémorations de l’Holocauste – comme par les milieux islamistes – qui confondent antisionisme et antisémitisme, Barakeh avait néanmoins refusé de céder à ces menaces et avait prononcé dans l’ancien camp d’extermination un discours vibrant, tourné vers le présent comme vers un avenir qui s’assombrit, concluant ainsi : « Les choses prennent un tout autre sens ici (…) On doit en tirer la vraie leçon, c’est qu’on doit se battre contre toutes les formes de répression et d’oppression, en tout lieu et en tout temps. »

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6 avril 2010 2 06 /04 /avril /2010 15:21

   

                                                   huma-ferrat

Hors-série spécial en hommage à Jean Ferrat

Avec les contributions de Michel Drucker, Jean-François Kahn, Bernard Pivot, Jean Ristat, Edmonde Charles-Roux...

Les grands entretiens de Jean Ferrat dans l'Humanité, l'Humanité Dimanche et les Lettres françaises.

Les réactions de Georges Moustaki, Isabelle Aubret, Francesca Solleville, Allain Leprest...

Et également, des photos exceptionnelles, ses textes et de nombreuses interviews...

En bonus, un DVD de l'émission télévisée Discorama, de Denise Glaser.

 

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6 avril 2010 2 06 /04 /avril /2010 13:35

                                                     MARE-NOSTRUM.jpg

 

L'histoire que la presse israélienne ne peut pas (encore) raconter

 Mondialisation.ca, Le 5 avril 2010

Le Monde - 2010-04-03

La lecture de la presse israélienne ressemble ces derniers jours à un véritable jeu de piste. Dans l'édition du 1er avril du Yediot Aharonot, le plus gros tirage quotidien, un encadré intitulé "Ce que les services secrets ne veulent pas que vous sachiez" conseillait de taper sur un moteur de recherche Internet les mots "journaliste, israélien, censure" pour en savoir plus sur une histoire dont les médias étrangers ont parlé mais que les journalistes locaux n'auraient pas le droit d'aborder. Poisson d'avril ? Pas du tout. Quelques jours plus tôt, c'est le tabloïd Maariv qui se livrait aux mêmes contorsions, dans un bandeau où était écrit en lettres rouges : "Du fait d'un ordre de censure, nous ne pouvons pas vous dire ce que nous savons. Pour cause de paresse, d'apathie et de foi aveugle dans l'institution militaire, nous ne savons rien."

Ces allusions sibyllines renvoient à l'affaire Anat Kamm, un nom encore méconnu en Israël mais qui promet de défrayer la chronique dans les prochaines semaines, voire dès le 12 avril. Ce jour-là, la justice israélienne statuera, à la demande de plusieurs médias, sur l'interdiction de publication qui pèse sur cette histoire. Une prohibition devenue largement désuète depuis qu'un blogueur, aux Etats-Unis, suivi par une agence de presse juive américaine et la propre station en arabe de Radio Israël ont dévoilé tous les détails, générant un trafic énorme sur Internet. Donc voici : journaliste de 23 ans, Anat Kamm est assignée à son domicile de Tel-Aviv depuis trois mois. Elle est poursuivie pour trahison et espionnage et encourt une peine de quatorze ans de prison pour avoir transmis à un enquêteur du quotidien Haaretz des documents "top secret" qu'elle se serait procurés durant son service militaire.

En novembre 2008, ce journal avait publié un article, autorisé au préalable par la censure militaire, qui accusait l'armée israélienne d'avoir délibérément enfreint une décision de la Cour suprême limitant les liquidations extrajudiciaires (assassinats ciblés) de combattants palestiniens, pratique courante durant la seconde intifada, aux cas où ceux-ci ne pouvaient pas être arrêtés. Haaretz avait cité un ordre écrit, datant de mars 2007 et signé du général Yaïr Naveh, alors commandant de la région Centre - celle-ci englobe la Cisjordanie -, qui autorisait les troupes à ouvrir le feu sur des militants du Djihad islamique, même s'ils ne représentaient aucun danger apparent. Quelques mois plus tard, l'un d'eux était tué par des soldats israéliens dans des échanges de tirs, selon la version officielle.

"Faire un exemple"

L'auteur de l'article, Uri Blau, qui était en Chine au moment de l'interpellation d'Anat Kamm, n'a pas remis les pieds en Israël depuis cette date. La direction d'Haaretz, qui redoute une arrestation, a jugé préférable de le muter à Londres. Les avocats d'Anat Kamm de leur côté s'efforcent de négocier avec le bureau du procureur pour éviter un procès - dont la date a été fixée au 14 avril. Cette perspective ainsi que l'exil forcé d'Uri Blau inquiètent le milieu médiatique israélien. "L'armée israélienne veut faire un exemple", dit un journaliste sous réserve d'anonymat. Elle soupçonne Anat Kamm d'avoir photocopié des centaines de documents sensibles et redoute donc que Blau ait à l'avenir les moyens de publier des dizaines d'autres enquêtes embarrassantes. Aux journalistes et aux soldats , l'armée dit très clairement : "Regardez ce qui peut vous arriver si vous fouinez un peu trop".

 

http://laconscience.nuxit.net/

     http://irakiennes.blogspot.com/

     http://nasr-moqawama.blogspot.com/

    http://poesie-du-vecu.blogspot.com/

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6 avril 2010 2 06 /04 /avril /2010 13:17
  NOTES DE LECTURES
Mémoires d'un arnarchiste juif, Samuel Schwarzbard

   22 janvier 2010 : Stepan Bandera, héros leader de l’indépendance ukrainienne auquel on attribue la responsabilité du massacre de milliers de Juifs durant la   Deuxième   guerre   mondiale, est élevé à la dignité   de « Héros de l'Ukraine » à titre posthume par le président Viktor Iouchtchenko.

27 mai 2006 : des cérémonies à la mémoire du Général Simon Petlioura sont organisées par l’État ukrainien en plein Paris avec un dépôt de gerbe au cimetière du Montparnasse, là où il est enterré, mais aussi sur la tombe du Soldat inconnu à l’occasion du 80ème anniversaire de son assassinat par Samuel Schwarzbard.

Les tentatives de réhabiliter les responsables des pogromes qui frappèrent les Juifs, notamment en Ukraine, se multiplient dans une relative indifférence. Les mémoires inédites de Samuel Schwarzbard invitent plus que jamais à revenir sur cette page d’histoire pour mieux lutter contre le retour de ce révisionnisme au service du nationalisme. 

Témoin et acteur des grands cataclysmes du début du 20e siècle, enfant miséreux du Yiddishland, Samuel Schwarzbard a dix-neuf ans lors de la révolution de 1905, presque trente quand il s’engage dans l’armée française sans renier son internationalisme, et quelques années de plus lorsqu’il file vers la Russie à l’aube de la révolution des soviets. Anarchiste au sein de la Garde rouge, il combat sans relâche les ennemis de la Révolution.

Parfait héritier du judaïsme prophétique le plus radical, il est convaincu qu’il faut lutter sur un double front : la révolution sociale partout où cela est possible et l’autodéfense juive. De retour en France, il entre dans l’Histoire en assassinant Simon Petlioura, responsable des massacres qui ont ensanglanté les communautés juives d’Ukraine. Son procès devient celui des pogromes et enflamme l’opinion mondiale 

Ses écrits, traduits et rassemblés pour la première fois à partir d’archives dispersées à travers le monde, évoquent de façon saisissante, à la manière d’une épopée, la boucherie des tranchées, le souffle qui parcourut l’Ukraine libertaire, les tentatives d’y construire une société nouvelle et le destin d’un homme hors du commun.

mars 2010, 300 pages, 22 euros
ISBN : 978-2-84950-251-8
             Editions Syllepse @effraie.org
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6 avril 2010 2 06 /04 /avril /2010 13:02

                                           FIDEL ET LE CHE - 2

            Que dire ? Par quoi commencer ? Faudrait-il en premier lieu se justifier ? Ou démonter les montagnes de mensonges et omissions qui nourrissent le conditionnement ?

 

            Faire appel à l’Histoire et à ses heures révolutionnaires, avec le Che en avant ? Dire des faits et des chiffres incontestables et pourtant inconnus ? Dire l’instruction, la culture du peuple cubain ? Dire que ce peuple est tout le contraire d’un peuple apeuré et abruti ? Dire un système de santé inédit sous cette latitude ? Dire la solidarité internationaliste, singulièrement envers Haïti ?

 

            Dire qu’aucun enfant ne fait la manche dans la rue ? Que les livres sont à la portée de tous ? Qu’il n’y a ni torture ni mauvais traitements, hors Guantanamo ?

 

            Que d’après WWF, voici le seul pays engagé sur la voie du développement durable ? Que d’après l’UNICEF, « Cuba est un exemple dans la protection de l’enfance » ? Dire des chiffres, ceux de la mortalité infantile et de l’espérance de vie, les comparer avec ceux des voisins, y compris les plus développés ?

 

            Dire une Histoire pendant laquelle le terrorisme fut à sens unique, de Miami vers La Havane ? Dire le blocus et ses effets, et son énorme coût ?

 

            Dire toute l’injustice de ceci et que seuls les Etats-Unis, les Îles Marshall, Palau, et Israël, s’opposent à la dénonciation de cet embargo immoral ?

 

            Dire que 5 antiterroristes cubains croupissent dans les geôles étatsuniennes à la suite d’un procès inique dénoncé, entre bien d’autres, par 10 Prix Nobel ?

                                                      cinco-1-.gif

 

            Dire que Fidel n’est pas celui que vous croyez ?

 

            Faut-il d’abord exiger de chacun qu’il se place dans le contexte d’un pays du Sud débarrassé du colonialisme du Nord à grands frais, et qu’il se souvienne que sur cette planète chaque jour on meurt de faim et de misère, mais pas à Cuba ?

 

            Dire qu’il ne suffit pas d’entendre tout cela, mais qu’il faut en tirer des conséquences ?

 

            Dire qu’il faut peut-être changer de lectures ?

 

http://www.legrandsoir.info/Discours-du-Ministre-des-Affaires-Etrangeres-de-Cuba-au-Conseil-des-Droits-de-l-Homme-de-l-ONU.html

 

http://francecuba-lillemetropole.org/component/option,com_frontpage/Itemid,1/

 

                                                              CUBA-50JPG.jpg

            Prendre deux risques : celui d’apparaître comme terriblement incomplets auprès des companeros, et celui de se heurter aux haussements d’épaules entendus de quelques autres ?

 

            Ou s’arrêter là en indiquant que ce mercredi, vous pourrez entendre Ernesto Ley Pino et Leyde Rodriguez Hernandez, respectivement Premier Secrétaire et Conseiller Politique de l’Ambassade de Cuba en France, lors d’une rencontre organisée par France Cuba Lille Métropole il y a quelques semaines. Que vous pourrez entendre « La Semaine à Cuba » et d’autres reportages, le tout partagé avec nous par Radio Habana ?

 



"l'heure de l'mettre"
radio campus lille 106,6
en direct sur www.campuslille.com

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6 avril 2010 2 06 /04 /avril /2010 08:16
PRISONNIERS POLITIQUES ET TORTURE : COMPARONS CUBA AVEC... LA COLOMBIE - Azalea Roble

123037_Orlando_Zapata_Tamayo.jpg
Face à l'hypocrisie criminelle du Parlement européen : comparaisons entre Cuba et la Colombie… au sujet des prisonniers politiques et des tortures
Dans un communiqué contre Cuba qui circule actuellement sur les blogs créés par la CIA, imprégné de mensonges jusqu’à la moelle et signé par des « intellectuels », il est écrit que Zapata Tamayo [photo] a été « brutalement torturé », ce qui est un mensonge crasse… mais peut-être est-ce parce que ces gens-là ne savent pas ce que signifie être « brutalement torturé », et devons-nous le leur rappeler...

diomedes_carvajalino.jpg
Diomedes Meneses [photo] : brutalement torturé par l’État colombien. Avec un couteau, les militaires de l’État colombien lui ont arraché un oeil, puis l'ont laissé sur une chaise roulante. Et maintenant, l’établissement pénitentiaire continue de le torturer, laisse la gangrène lui dévorer une jambe, lui refusant toute assistance médicale tandis que son corps pourrit littéralement et lui dévore la vie (1). Ça, c’est de la torture ! Il est criminel que ces signataires contre Cuba se laissent aller à une telle désinformation et fassent passer leurs actions anti-cubaines pour de l’« humanitarisme », alors qu'en réalité, l’humanité leur importe peu.
L’oligarchie mondiale a déclenché une attaque haineuse contre Cuba ces derniers jours : une attaque médiatique, diplomatique et économique. L’oligarchie mondiale entretient contre Cuba une haine impérissable et marquée au fer rouge dans le cuir de ses intérêts. Il est assez normal que l’oligarchie voue une haine mortelle à Cuba, et plus particulièrement au système social dont jouit l’île, puisque Cuba est parvenue à consolider la seule révolution contemporaine de l’Amérique latine. En d'autres termes, Cuba est le seul pays d'Amérique latine à avoir atteint, grâce au courage de son peuple, mais aussi à des facteurs circonstanciels, historiques et contextuels, une réelle indépendance.
Les autres pays latino-américains continuent de vivre avec des structures d'État qui obéissent à un ordre mondial clairement néo-colonial, sous un régime capitaliste dans lequel ils sont considérés comme des « pays-entrepôts », destinés au pillage dévastateur et à l’appauvrissement qui en résulte. Quelques pays jouissent d'un gouvernement progressiste, inspiré par les idées bolivariennes et socialistes, mais les structures d’un système exclusif tel que le capitalisme n’ont pas encore changé substantiellement. Cuba demeure le seul pays émancipé d’Amérique latine, après une révolution triomphante, consolidée par des années de résistance aux assauts des USA, de l’UE et de l’autoproclamé « monde libre » dans sa globalité.
Et ce n’est pas faute de courage, ni d’amour, ni de sacrifices, que les autres peuples n’ont pas réussi la révolution que Cuba a accomplie… C’est parce que les oligarchies locales et l’ingérence étrangère systématique ont entretenu le despotisme des États répressifs en Amérique latine, à coup de massacres et de terrorisme d’État : toute velléité de revendication sociale des peuples a été contrée de manière criminelle. Les exemples sont nombreux...

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La révolution nicaraguayenne a été assassinée dès sa naissance, par ceux qui craignaient une révolution sur les terres continentales et dont les intérêts économiques et hégémoniques auraient été affectés par la consolidation de l’émancipation du peuple du Nicaragua : ils ont bombardé le Nicaragua pendant cinq ans et injecté la Contra (paramilitarisme) [photo] que la CIA finançait avec l’argent du narcotrafic (Iran-Contra).
Tout comme elle finance aujourd’hui ses opérations cachées et des génocides contre tous les peuples qui tentent de se libérer : la CIA entretient l'État colombien criminel (au moyen de plans systématiques d’extermination de l’opposition, comme le plan « LASO » ou le plan « Baile Rojo »); l’oligarchie colombienne et les multinationales utilisent cet État comme instrument de leur pillage, faisant taire les résistances et les revendications sociales; et l’argent du narcotrafic, cogéré par l’oligarchie paramilitaire de Colombie et la CIA, finance les massacres contre la population colombienne (en plus de l’argent public provenant des impôts prélevés sur le peuple, des sommes doivent être levées rapidement pour mener certaines opérations de terrorisme d’État, et la gestion du narcotrafic permet de les obtenir).
De son côté, la CIA utilise l’argent du narcotrafic pour financer ses opérations cachées contre les autres peuples qui cherchent à se libérer:
  • Coups d’État (le cas le plus récent en étant celui du Honduras),
  • Déstabilisation et financement du paramilitarisme contre le processus d’émancipation du Venezuela,
  • Paramilitarisme contre la résistance au Honduras,
  • Réactivation de la terreur paramilitaire au Pérou (en particulier dans les zones de grand intérêt pour les entreprises minières),
  • Infiltration de Maras et d’organisations visant la désintégration sociale en Amérique centrale, coordonnées au Guatemala par les sanguinaires PAC de Ríos Montt (2), etc...
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La gestion du narcotrafic est clairement une affaire de la CIA et, tant en Colombie qu'au Mexique, les intérêts du narcotrafic sont gérés par des mafias locales en rapport étroit (quand elles n'en font pas directement partie) avec les gouvernements eux-mêmes, et dont l'objectif est de neutraliser la revendication sociale par la terreur et d'assurer militairement le contrôle des ressources pour le grand capital, les intérêts du narcotrafic représentant une partie de ses revenus et servant de combustible au terrorisme d’État local et à l’exportation du paramilitarisme, sous les auspices de l’agence terroriste numéro un dans le monde, dont le siège est à Washington. Ainsi, tout ce qui se passe, s’installe ou se développe dans une région latino-américaine a un effet direct sur une autre région.
Au milieu du pillage perpétré par les multinationales et l’oligarchie locale, et avec tout l’appauvrissement criminel que cause ce pillage … il est normal que l'existence d'un exemple vivant d’un autre système social possible soit considéré avec haine par les pilleurs : Cuba est le « mauvais exemple »… Les pilleurs savent que l’existence de Cuba révolutionnaire est une vitamine d’espoir pour tous les peuples d’Amérique et du monde.

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La misère en Amérique latine afflige tous les peuples pillés et appauvris : Cuba, parce qu'elle jouit d'un système différent, ne souffre pas de ces maux.
Dans l’autoproclamé « monde libre » (le monde qui subit le système capitaliste), un enfant de moins de dix ans meurt de faim toutes les 7 secondes. Aucun de ces enfants n’est cubain.
Selon la FAO, 842 millions de personnes souffrent de malnutrition chronique. Aucune d’entre elles n’est cubaine. Dans le « monde libre », 200 millions d’enfants vivent et dorment dans les rues; aucun d’eux n’est cubain.
En Amérique latine et dans la Caraïbe, on compte 228 millions de pauvres, dont 102 millions en situation de complète indigence, soit 42% de la population en état de pauvreté et 20% dans l’indigence totale. Aucun d’entre eux à Cuba. (CEPAL. Sources actualisées au vu du dernier rapport du CEPAL et des prévisions de l’OCDE pour 2010, selon lesquelles 39 millions de personnes supplémentaires tomberont dans la pauvreté en 2010 (3))
Chaque jour, quelque 35.000 enfants meurent dans le monde pour des raisons totalement évitables (UNICEF, rapport sur l’Etat mondial de l’enfance en 2009).

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Cuba, en dépit du blocus auquel elle est soumise, présente un indice de santé égal à ceux du "premier monde" (“un taux de mortalité infantile de 4,7 pour mille enfants nés vivants, et 26 des 169 municipalités cubaines présentent une mortalité infantile nulle" (Unicef))… et ce, parce qu’il y a une volonté, une décision politique, et surtout parce que le système cubain ne donne pas la liberté d’accumuler et de capitaliser dans des grands monopoles. C’est l’accumulation capitaliste qui empêche la majorité de subvenir à ses besoins les plus vitaux, comme c'est le cas dans le "monde libre".
En Amérique latine, des dizaines de milliers de personnes meurent chaque année faute d’assistance médicale, sauf à Cuba : Cuba est le pays qui compte le nombre le plus élevé de médecins par habitant dans le monde et à Cuba, la médecine n’est pas une marchandise mais un droit humain.
Actuellement, il meurt chaque année près de deux millions d’enfants dans le monde, uniquement faute d’eau potable et d'hygiène adéquate. Aucun enfant ne meurt à Cuba pour cette raison. (4)
Néanmoins, les faiseurs d’opinion tentent sans cesse de dévaloriser et de détruire le système cubain, en mentant systématiquement et en cachant, évidemment, les chiffres exposés ci-dessus (que des organismes comme l’UNICEF ont pourtant dû reconnaître).
À propos de Cuba, les médias de masse ne nous parlent que de supposés "prisonniers politiques"... Regardons dans le détail : la liste de ceux qui sont considérés comme des "prisonniers politiques", la plus gonflée de ces listes, n’atteint même pas les 50, parmi lesquels des personnes payées par la CIA pour promouvoir la désintégration sociale, des délinquants de droit commun qui ont frappé des femmes et des personnes arrêtées pour avoir placé des bombes dans des hôtels, ni plus ni moins.
C’est impressionnant de voir comment le "monde libre" parle sans cesse des « prisonniers cubains », et paraît ne pas voir les milliers de prisonniers politiques mexicains, péruviens, nigérians, colombiens, parce que ce sont tous des prisonniers dont les médias de masse préfèrent ne pas parler… Ce traitement criminel des médias de masse contre les prisonniers politiques fait partie de la guerre médiatique : on s'efforce de cacher que dans les pays dont les régimes sont favorables au pillage des multinationales, il y a des milliers et des milliers de prisonniers politiques …
Dans les régimes amis des USA et de l’UE, qui sont traités par les médias de masse comme des "démocraties exemplaires", tous ceux qui s’opposent à la spoliation sont emprisonnés, quand ils ne disparaissent pas quotidiennement... Et tandis que l'on tait la souffrance de milliers de prisonniers politiques sous les régimes vraiment dictatoriaux et tortionnaires comme au Nigeria ou en Colombie, la situation de 50 personnes emprisonnées à Cuba pour des délits de droit commun, ou pis, pour avoir reçu de l’argent de la CIA et pour avoir commis des attentats ayant fait des victimes à Cuba, est grossie et faussée.
José Manzaneda, coordinateur de Cuba Information, le résume ainsi : "Les gouvernements des pays les plus puissants et les plus riches du monde s’appuient sur cet "argument" pour faire pression sur le gouvernement cubain et forcer des changements dans l’Île en faveur de leurs intérêts politiques et économiques …Il faut rappeler qu’aucun des soi-disant "dissidents" n’a été condamné pour délit d’opinion, mais en raison de sa collaboration directe avec le gouvernement des États-Unis (…). Les soi-disant "dissidents" cubains seraient frappés de peines bien supérieures pour leurs délits dans n’importe lequel des pays cités (5) (…) Il a été prouvé que tous avaient reçu, directement ou indirectement, des fonds du gouvernement des États-Unis et qu'ils avaient collaboré avec la politique de guerre contre leur pays (…) Les délits des soi-disant "dissidents" n’ont donc rien à voir avec la liberté d’expression, mais avec la collaboration avec une puissance étrangère ennemie.

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Les prisonniers politiques condamnés au silence : ne souffrent-ils pas, ne sont-ils pas humains ? Pourquoi les rendre invisibles ?
7.500 prisonniers politiques en Colombie (6) sont complètement effacés par les médias de masse … Ce sont des syndicalistes, des étudiants, des maîtres d’école, des paysans, des écologistes, tous du peuple, emprisonnés en majorité sur la base de grossiers montages judiciaires et condamnés pour "terrorisme" … Le nombre de prisonniers politiques en Colombie est scandaleux, et leurs conditions de vie sont infrahumaines, puisque l’État colombien est l’un des principaux États tortionnaires du monde (OMCT). Mais la sous-évaluation médiatique de ces milliers de prisonniers politiques a eu raison même de l'esprit des personnes de « gauche », qui ne cherchent pas à savoir ce qu’il advient d’eux.
Le terrorisme d’État en Colombie a fait disparaître plus de 50.000 personnes (7). La terreur d’État a déplacé de leurs terres plus de 4,5 millions de personnes, en faisant appel aux militaires et à leur bras paramilitaire, et les terres vidées de leurs habitants et de leurs revendications ont été offertes aux multinationales et à l’industrie agroalimentaire.
Un "cadavre utile" pour réactiver la campagne de haine contre Cuba; la haine de l’équité dans un monde où 2.000 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté
Selon l’ONU, la pauvreté a atteint en 2009 des limites insoupçonnables, 2 milliards de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté. Et même dans les pays riches comme les USA et l’UE, le système d’exclusion engendre aussi des millions de pauvres, puisque, selon l’étude, 35 millions de personnes vivent dans la pauvreté aux États-Unis, et plus de 60 millions de personnes sont en dessous du seuil de pauvreté en Europe. Dans le monde, 1 milliard 200 millions de personnes souffrent tous les jours de la faim, dont 350 millions d’enfants. Tout cela en raison de la répartition injuste de la richesse, puisque notre planète dispose de ressources suffisantes pour subvenir aux besoins de tous …

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Les 2% de personnes les plus riches possèdent plus de la moitié de la richesse totale de la planète, tandis que l’ensemble des plus pauvres de la population adulte du monde dispose d’à peine 1 pour cent de la richesse pour survivre. Selon un rapport de l’Institut mondial de recherche sur le développement économique de l’UNU (UNU-WIDER), "la richesse est essentiellement concentrée en Amérique du Nord, en Europe et dans les pays à hauts revenus de l’aire Asie-Pacifique (Australie et Japon)". "La population de ces nations possède 90% du total de la richesse mondiale". (8) [Campagne Amnesty International : Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les Droits de l'Homme sont violés]
À Cuba, la mort d’Orlando Zapata Tamayo (9) a offert à la propagande anti-cubaine le prétexte rêvé pour une intensification de l’agression économique, diplomatique et médiatique que subit l’île en permanence. Maintenant, après 50 ans de recherche d'un martyr, qu'ils n’ont jamais trouvé parce que la Cuba révolutionnaire respecte les droits de l’homme (contrairement aux gouvernements répressifs de la région, cyniquement appelés"démocraties"), ils ont enfin leur "cadavre utile". Avec leur désinformation et leur lavage de cerveau systématique, la corporation anti-cubaine et la CIA ont poussé à la mort le prisonnier de droit commun Orlando Zapata Tamayo, pour disposer d'un cadavre à transformer en "cadavre d'un dissident", et pouvoir ainsi armer la guerre médiatique, économique et diplomatique contre Cuba.
La mort est toujours triste, et le plus triste de tout cela est qu’Orlando Zapata Tamayo a été poussé à la mort par ceux-là mêmes qui maintenant l'exploitent
Il est probable que l’homme, manipulé et sacrifié, ne s’est pas rendu compte de la réalité imminente de sa mort, ni que sa mort allait être utilisée de manière aussi vile qu’aujourd’hui, où il est devenu le "martyr" de ceux qui l’ont assassiné par induction … Dans un enregistrement téléphonique, on découvre la conversation cynique entre deux petits chefs des mercenaires cubains de Miami qui agissent à Cuba, payés par la CIA. Dans la conversation entre Yaniset Rivero, membre de l’organisation contre-révolutionnaire "Directoire démocratique cubain,"dont le siège est à Miami, et Jean Charles González Leiva, son agent à Cuba, il est évident que la vie d’Orlando Zapata Tamayo ne les préoccupe pas, leur véritable souci n'est pas que la mère accompagne son fils, mais de pouvoir l’utiliser pour une conférence de presse; la conversation fait froid dans le dos, je vous invite à l’écouter dans une vidéo (10).

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La CIA et la corporation de la mafia cubaine de Miami voyaient Zapata comme un "indispensable" : quelqu’un qui leur était plus utile mort que vivant, puisque mort, il devenait le "martyr" souhaité. En 50 ans, les antirévolutionnaires du monde n’avaient pas pu mettre en avant une mort lors d'une grève de la faim à Cuba (pas comme en Espagne, en Colombie, aux États-Unis, au Pérou … etc., etc. ..), et maintenant cette mort paraît les "combler" parce qu’ils peuvent étayer leurs mensonges sur Cuba par un mort réel, bien que ce mort ait péri dans des circonstances très différentes de celles que répandent les médias de masse (mais la vérité est un "détail" : la désinformation donnera à sa mort les caractéristiques voulues par la guerre médiatique contre Cuba).
José Manzaneda résume ainsi cette affaire lamentable : "Contrairement à ce que proclament les médias, Zapata ne faisait pas partie du groupe de 75 personnes arrêtées à La Havane en mars 2003 pour leurs liens avec le gouvernement des États-Unis. Ce gouvernement n’a pas inscrit son nom sur la liste de soi-disant prisonniers politiques présentée à la Commission des Droits de l’Homme de l’ONU. C’est en prison qu’il a été recruté par Oswaldo Payá et Marta Beatriz Roque, représentants de la contre-révolution cubaine la plus fidèle à Washington. Sa famille a commencé alors à recevoir de l’argent d’organisations de la mafia de Miami, comme la Fondation nationale cubano-américaine, financée par le gouvernement des États-Unis et responsable de la mort de nombreux civils dans des actions terroristes menées à Cuba (…) Elles l’ont poussé à arrêter cette grève de la faim pour exiger des choses impossibles (un téléphone et une cuisine dans sa cellule), commencée le 18 décembre 2009. Bien qu’il ait toujours refusé de recevoir une assistance médicale, il a été traité et soigné contre sa volonté dans divers hôpitaux du pays. Un an auparavant, en mars 2009, il avait été opéré d’une tumeur au cerveau. Les mensonges publiés dans les médias sont innombrables, mais la version selon laquelle il serait mort parce que le directeur de la prison aurait refusé de lui donner de l’eau pendant 18 jours est particulièrement scandaleuse. Il est finalement décédé le 23 février 2010 dernier d'une pneumonie bilatérale. De cette manière, la soi-disant "dissidence" cubaine, méprisée par l’immense majorité du peuple de Cuba pour son caractère mercenaire, a obtenu une complicité médiatique et diplomatique sans précédent et un martyr autour duquel elle peut articuler sa stratégie de survie." (11)

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Cette affaire révèle le caractère ignominieux de ces groupuscules coordonnés par la CIA, dont le membre-terroriste le plus mémorable, Posada Carriles, a assassiné 73 personnes dans l’attentat contre l’avion cubain en 1976, à La Barbade. La nouvelle campagne de propagande calomnieuse contre le système social et le gouvernement cubains bénéficie d’un espace infini dans les médias de masse : tous consacrent à l'affaire un temps proportionnel aux intérêts économiques bénéficiaires de la calomnie contre Cuba, seul pays réellement indépendant d’Amérique latine.
Ainsi, les médias avancent-ils des informations tendancieuses et feignent l'humanité dans leur attaque de désinformation à l'encontre de Cuba, cette même humanité qu’ils refusent aux milliers de prisonniers politiques, torturés et assassinés dans les autres pays du monde. Dans le cadre de cette agression orchestrée par la CIA, de multiples blogs ont été créés afin de manipuler l’opinion publique contre Cuba.
Le Parlement européen et son double jeu : tandis qu’il condamne Cuba, il soutient les "démocraties" les plus génocidaires de la planète
Le gouvernement espagnol lui-même et son président ont contribué activement à l’attaque : "Et d'ici, nous devons exiger du régime cubain qu’il rende leur liberté aux prisonniers de conscience et qu’il respecte les droits de l’homme." Discours de Zapatero.
Les médias ressassent inlassablement : "Le Parlement européen a approuvé une résolution qui condamne la mort du dissident cubain Orlando Zapata. Le texte approuvé par les deux grands groupes, le parti populaire et le parti socialiste, critique la détérioration des droits de l’homme dans l’île" (TV espagnole) … et les grands titres font écho à l’éternelle désinformation à laquelle se plie le Parlement européen, qui ne s'est jamais renseigné sur les raisons pour lesquelles Tamayo faisait la grève de la faim : il exigeait un téléphone et une cuisine dans sa cellule, ce qui ne sont pas des exigences à caractère social ou humaniste, visant à obtenir un mieux pour la majorité; ce sont des revendications égoïstes, des revendications pour lesquelles aucun prisonnier, en aucun endroit du monde, n'aurait obtenu gain de cause … mais il en ressort qu'en refusant de satisfaire à ces caprices, le gouvernement cubain a pratiqué la "torture" … alors que les mêmes médias négligent la véritable torture qui se pratique dans les prisons d'autres lieux du monde.
Il y a même eu des "intellectuels et des artistes" espagnols pour signer un communiqué dont le texte est un modèle aberrant de désinformation contre Cuba. Je reproduis ici une partie de la lettre impossible à signer tant elle contient de mensonges, un par ligne :
"Pour l’élargissement immédiat et sans conditions de tous les prisonniers politiques détenus dans les prisons cubaines; pour le respect de l’exercice, de la promotion et de la défense des droits humains dans n’importe quelle partie du monde; pour la dignité et le courage d’Orlando Zapata Tamayo, injustement emprisonné et brutalement torturé dans les geôles castristes, mort des suites d'une grève de la faim dénonçant ces crimes et l'absence de droits et de démocratie dans son pays; pour le respect de la vie de ceux qui courent le risque de mourir comme lui pour empêcher le gouvernement de Fidel et de Raúl Castro de continuer d’éliminer physiquement ses critiques et ses opposants pacifiques, en les condamnant à des peines allant jusqu’à 28 ans de prison pour "délit" d’opinion; pour le respect de l’intégrité physique et morale de chaque personne; nous signons cette lettre, et exhortons à la signer tous ceux qui ont choisi de défendre leur liberté et celle des autres ». (12)
Dans leur communiqué contre Cuba, imprégné de mensonges jusqu’à la moelle et signé par « des intellectuels », il est écrit que Tamayo a été "brutalement torturé" … ce qui est un mensonge crasse … mais peut-être est-ce parce que ces gens là ne savent pas ce que c’est d’être "brutalement torturé" et devons- nous le leur rappeler …. La simple comparaison entre Cuba et la "démocratie" préférée de l’Espagne et de l’UE (celle qui torture systématiquement des milliers de prisonniers politiques, dans le cadre du plan de "pacification" et de sauvegarde des intérêts des multinationales … je parle de l’État colombien), met en lumière cette hypocrisie complice.
Il faut dire à tous ceux qui feignent l’humanisme que s’ils ont réellement un brin d’humanité dans leurs motivations et s'ils croient réellement faire quelque chose contre la « torture » en salissant Cuba et en répandant des mensonges à son sujet, si ce qu’ils veulent, c’est agir contre la torture, il vaut mieux le faire contre la torture réelle et non pas en suivant la désinformation macabre. Par exemple, ils pourraient se mobiliser en masse pour Diomedes Meneses, brutalement torturé par l'État colombien : Avec un couteau, les militaires de l’État colombien lui ont arraché un oeil, puis l'ont laissé sur une chaise roulante. Et maintenant, l’établissement pénitentiaire continue de le torturer, laisse la gangrène lui dévorer une jambe, lui refusant toute assistance médicale tandis que son corps pourrit littéralement et lui dévore la vie. Ca, c'est de la torture. (13) Il est criminel que ces signataires contre Cuba acceptent une telle désinformation.

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Ils pourraient aussi se mobiliser pour cet autre cas de torture avec sévices :
Le prisonnier politique colombien Carlos Iván Peña Orjuela [photo] subit la torture que constituent la disparition et l'assassinat de membres de sa famille, sans doute la torture la plus atroce jamais imaginable. Le prisonnier politique colombien Carlos Iván Peña a subi des pressions de la part de fonctionnaires de la police judiciaire de la SIJIN pour qu'il témoigne contre des paysans innocents de la région du Magdalena Medio et devant son refus, la police a fait disparaître son frère cadet, emprisonné sa compagne et menacé d'assassiner également son fils de 6 ans. (14)
La disparition forcée et l'homicide de Omar Daniel Rodríguez Orjuela, âgé de 25 ans, frère cadet du prisonnier politique Carlos Iván Peña Orjuela, s'est produite le 29 janvier dans la ville de Bogotá. Deux semaines plus tard, le 15 février 2010, Mme Yolanda Cañón, également de la famille du prisonnier politique, a été arrêtée ; c'était elle qui s'occupait du fils de Carlos Iván Peña, un enfant de 6 ans à peine ... L'agent de la SIJIN Juan Carlos Celis Torres a averti le prisonnier politique, après la disparition et l'assassinat de son frère et après l'emprisonnement de sa compagne, que s'il persistait à refuser de “collaborer”, les détentions et les agressions contre sa famille se poursuivraient. Textuellement : “Je t'ai demandé de collaborer, mais tu ne veux pas collaborer et donc (…) je dois aller la capturer et en plus, j'ai d'autres petits cadeaux pour toi …”.
C'est avec une profonde tristesse que le prisonnier politique Carlos Iván Peña Orjuela déclare que tant son frère assassiné que Yolanda Cañón étaient les seules personnes qui lui rendaient visite en prison et que maintenant, il craint principalement pour la vie de son fils.
L'humanité rendue invisible de Diomedes : torturé par l'État colombien, qui lui a arraché un oeil avec un couteau
Il est révoltant que Ana Belén, Víctor Manuel Almodóvar et d'autres signataires de la calomnie contre Cuba ne bougent pas le petit doigt pour les prisonniers politiques torturés en Colombie, et viennent maintenant avec cette histoire fausse selon laquelle Zapata Tamayo aurait été "torturé"... Un tel mensonge est inhumain... Reste à voir s'ils vont se mobiliser pour Diomedes Meneses, avant qu'on l'ampute d'une autre partie de son corps, ou pour Carlos Iván Peña, pour éviter l'assassinat de son petit garçon de 6 ans … Ou pour les milliers de prisonnières politiques en Colombie, mères d'enfants qui se trouvent dans l'indigence la plus complète …
Ou bien se peut-il que le fait que des militaires et des policiers du régime colombien (le mot “régime” est ici bien trouvé) aient arraché un oeil à Diomedes Meneses avec un couteau ne soit pas de la torture ? Ou bien Diomedes ne serait-il pas un être humain ? Ou bien se peut-il qu'il ne soit pas intéressant de sauver et de défendre Diomedes Meneses, parce qu'en le rendant visible, on mettrait au jour le cloaque qu'est la dictature colombienne... qu'en Espagne on présente comme une "démocratie" alors qu'on ne cesse d'insulter Cuba et de mentir à son sujet ?

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7 sociétés contrôlent 70% des médias de masse dans le monde
Le niveau d'influence et de contrôle des médias de masse est beaucoup plus important et sérieux que ce que l'on pense communément. Les médias de masse définissent notre idéologie, notre comportement, notre système de valeurs; l'industrie culturelle est la partie la plus importante de la superstructure destinée au maintien du système capitaliste. Jerry Mander, président du Forum international de la globalisation nous donne quelques informations : “7 sociétés contrôlent 70% des médias de masse dans le monde; en d'autres termes, 7 entreprises privées contrôlent la télévision, les satellites, les agences de presse, les réseaux de câbles, les revues, la radio, les périodiques, les maisons d'édition, la production cinématographique, les connexions à Internet, la distribution des films, tous les moyens de communication et de diffusion. C'est la plus grande concentration de propriété de toutes les industries, et cette industrie ne fait pas le commerce de choses mais de consciences; son objectif est de mettre des choses dans la tête des gens. Et c'est la façon dont les gens acquièrent bon nombre des idées avec lesquelles ils vivent (…) les 7 sociétés qui monopolisent l'industrie culturelle mondiale sont : Fox News, Time Warner, Disney, Sony, Bertelsmann, VIACOM et General Electric”.
(15)

Cette concentration de la propriété de l'industrie culturelle explique l'uniformisation de la pensée, l'adoption de valeurs qui normalisent l'acceptation du système capitaliste avec toutes ses aberrations d'exclusion; et, évidemment, ce monopole de l'industrie culturelle explique le fait systématique de l'agression contre Cuba : Cuba en soi véhicule des valeurs contraires à celles qui sous-tendent le capitalisme, et par sa seule existence montre qu'un autre système est possible, un système socialiste dont les valeurs tournent autour de l'être social, et non de l'accumulation de capital. Cet “humanitarisme” qui sert de couverture à la guerre contre Cuba doit être dénoncé; et si l'on compare la médiatisation de la désinformation à l'encontre de Cuba et le silence systématique sur les réalités ignominieuses dans d'autres parties du monde, on mesure alors l'immensité de l'hypocrisie.
Voici deux faits réels des plus importants contemporains du cas de Zapata Tamayo, et qui ont été complètement passés sous silence par les médias de masse :
  • L'assassinat systématique et la disparition de dirigeants sociaux, de professeurs et de syndicalistes au Honduras, après le coup d'État et l'instauration de la dictature, le 27 juin 2009, dirigée d'abord par Micheletti puis par Porfirio Lobo. On a compté plus d'une centaine d'assassinats, des dizaines de disparitions forcées et d'innombrables cas de torture. Claudia Larissa Brizuela, membre du Front national de résistance populaire (FNRP), opposé au coup d'État, a été assassinée le 24 février 2010, un jour après le décès de Zapata. Les médias de masse n'en ont pas touché un mot. (16)
  • Un autre cas scandaleux qui illustre la duplicité et la complicité des médias de masse, avec occultation de situations de génocide, réside dans les violations systématiques des droits de l'homme en Colombie, dont, pour la période contemporaine de l'affaire Zapata ,des bombardements avec morts d'enfants (17), l'aveu de 30.470 assassinats par des paramilitaires confessés (18), ainsi que l'aveu des liens de plusieurs politiciens avec les paramilitaires, et plusieurs assassinats politiques et disparitions, le plus récent étant celui de Jhonny Hurtado, éminent dirigeant social et défenseur des droits de l'homme du Bajo Ariari(Meta), qui avait dénoncé, fin décembre 2009, de graves violations des droits de l'homme dans la région. (19). "Il convient de noter que notre camarade a été à plusieurs reprises délégué par la communauté pour présenter les plaintes sur le thème des droits de l'homme et, lors de la récente visite dans la municipalité de la Macarena (Meta), de représentants de l'organisation Justice pour la Colombie, de parlementaires, de syndicalistes et d'autres personnalités anglaises, il a fait partie de la délégation de paysans, de dirigeants communautaires et de défenseurs des droits de l'homme qui ont fait connaître les violations des droits de l'homme perpétrées dans la zone", précise le communiqué émis par l'organisation paysanne des droits de l'homme du Bajo Ariari.

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Jhonny Hurtado avait dénoncé la découverte macabre de la plus grande fosse commune du continent américain. Cette fosse a elle aussi été passée sous silence par les médias de masse : elle contient les restes d'au moins 2.000 personnes; elle se trouve à La Macarena, dans le département du Meta. Depuis 2005, l'Armée, déployée dans la région, y a enterré des milliers de personnes, ensevelies dans l'anonymat.
Consolider le silence autour des génocides : tâche conjointe remplie par le silence médiatique et l'assassinat de ceux qui osent élever la voix contre la barbarie
On veut passer sous silence cette découverte, que l'on ne peut comparer qu'aux fosses nazies quant à sa dimension; les médias de masse, obéissants, n'en parlent pas … et pour consolider le silence, on assassine les personnes qui osent dénoncer, comme ce fut le cas de Jhonny Hurtado.
La population de la région, alertée par l'infiltration dans l'eau potable des chairs en putréfaction des cadavres, et frappée par les disparitions, avait déjà dénoncé l'existence de la fosse à plusieurs reprises en 2009, mais en vain … car le parquet ne lançait pas d'enquête. C'est grâce à la persévérance des proches des disparus et à la visite d'une délégation de syndicalistes et de parlementaires britanniques qui enquêtait sur la situation des droits de l'homme en Colombie, en décembre 2009, que l'on est parvenu à faire connaître ce crime horrible perpétré par l'armée.

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Le juriste Jairo Ramírez, secrétaire du Comité permanent pour la défense des droits de l'homme en Colombie, a décrit la scène épouvantable en ces termes : "Ce que nous avons vu nous a fait froid dans le dos. Une infinité de cadavres et en surface, des centaines de planches de bois de couleur blanche portant l'inscription NN, avec des dates allant de 2005 à aujourd'hui. Le commandant de l'armée nous a dit qu'il s'agissait de “guérilleros morts au combat”, mais les gens de la région nous parlent d'une multitude de dirigeants sociaux, de paysans et de défenseurs communautaires disparus". (20)
La délégation asturienne a dénoncé la volonté ostensible de modifier la scène du crime : “Personne ne protège le lieu. Personne n'empêche quiconque de dissimuler les preuves. Qu'un tracteur puisse entrer et entremêler les cadavres anonymes, les sortir et les emporter ailleurs”. (21) “Nous demandons aux institutions responsables de l'État colombien de mettre en oeuvre les mesures de précaution nécessaires pour protéger les informations déjà enregistrées dans les documents officiels, de prendre les mesures de précaution nécessaires pour sécuriser le périmètre afin d'empêcher la modification des lieux, l'exhumation illégale des cadavres et la destruction des preuves (… )il est fondamental de créer un Centre d'identification légiste à La Macarena afin de pouvoir individualiser et identifier pleinement les cadavres NN ici enterrés.” (22)
La découverte de cette fosse exceptionnelle, qui est le reflet d'un État criminel, a été presque totalement passée sous silence par les médias de masse… les intérêts économiques en Colombie “exigent” le maintien d'un régime criminel qui fait taire les revendications sociales… et par conséquent, le silence médiatique autour du génocide …s'impose. (23)
La mort et la souffrance importent peu aux médias de masse, à l'Union européenne et aux USA. Ce qui leur importe en réalité, ce sont les affaires, et leurs préoccupations sont fonction de leurs intérêts économiques … le caractère humanitaire est un déguisement : ils se soucient peu de Zapata Tamayo, pas plus qu'ils ne se soucient des torturés Diomedes Meneses et Carlos Iván Peña Orjuela, ni des morts honduriens et colombiens. Zapata Tamayo n'est utile que dans la guerre médiatique qu'ils livrent contre Cuba. Ils cherchent à annihiler le système cubain, ses valeurs et l'espoir qui irradie de sa révolution dans le coeur des autres peuples.
Cependant, face à tous les pièges ourdis par la CIA contre Cuba (paiement de mercenaires à Cuba pour provoquer la déstabilisation, comme les “dames en blanc”), le peuple cubain répond, comme on peut le voir dans cette vidéo qui, de toute évidence, n'a pas été diffusée par le monopole des médias de masse au niveau mondial. Voyez comment le peuple cubain conspue les “dames en blanc” mercenaires et défend sa révolution: http://www.youtube.com/watch?v=Flsj3-w7wjo&feature=player_embedded
Et dans cette autre vidéo, le lecteur pourra comparer ce que les médias de masse appellent la “répression à Cuba” avec la véritable répression que les médias ne dénoncent jamais comme “répression brutale” (images de répression en Europe, sans parler du Mexique ou de la Colombie, qui apparaissent brutales comparées aux images présentées comme la “ répression à Cuba”: http://www.youtube.com/watch?v=BHQvyifbRfw&feature=player_embedded

Azalea Roble

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NOTES


(1) Tortures infligées à Diomedes Meneses, et campagne :
http://www.comitedesolidarité.com/index.php?option=com_content&task=view&id=273&Itemid=1
http://colombia.indymedia.org/uploads/2009/03/campa_a_libertad_diomedes_internet.pdf

(2) PAC: “Patrouilles d'autodéfense civile”, les dénominations du paramilitarisme obéissent à leur fonction : perpétrer le terrorisme d'État de manière cachée, et à cette fin, ils adoptent des dénominations contenant des mots comme “défense”, “autodéfense”, “pacificateurs”, “paix”, etc.… Nous voyons que PAC et AUC (“Autodéfenses unies de Colombie”, paramilitaires en Colombie) obéissent à un modèle très comparable, dicté depuis les bureaux militaires des États-Unis ( École des Amériques, CIA, etc.…). Comble du cynisme, au Guatemala, l'État récompense aujourd'hui les PAC pour les massacres perpétrés qui ont fait 200.000 disparus et assassinés. Pour en savoir plus au sujet des PAC: http://business.highbeam.com/6111/article-1G1-90465361/compensan-los-victimarios-guatemala-entidades-defensoras
En 2002, le cabinet économique du Guatemala a créé un nouvel impôt pour l' “indemnisation”(!) des ex-PAC. Il s'agit de payer les assassins paramilitaires pour leur silence. Les fortes protestations des milieux sociaux et des droits de l'homme ont retardé ces “paiements”, mais les PAC maintiennent le Guatemala en alerte rouge en les réclamant, bien qu'elles continuent de tirer des revenus juteux des assassinats (les PAC coordonnent avec la police les Maras et leurs intérêts). http://business.highbeam.com/6111/article-1G1-90465361/compensan-los-victimarios-guatemala-entités-defensoras

(3) L'Amérique latine et la Caraïbe sont la région où règne la plus grande inégalité au monde en termes de répartition des revenus et des actifs tels que la terre, le capital, la santé, l'éducation et la technologie. Comme l'écrit Alicia Bárcena, secrétaire exécutive de la CEPAL, en octobre 2009 : “Il existe encore des niveaux inacceptables d'inégalité sociale et de segmentation dans notre région... Et on compte encore 181 millions de Latino-Américains pauvres et plus de 70 millions d'indigents". http://www.oei.es/noticias/spip.php?article5743

Selon le rapport de la CEPAL, “Panorama social de l'Amérique latine, 2009”, en Amérique latine, on compte un total de 189 millions de Latino-Américains qui vivent dans la pauvreté, 34% de la population totale de quelque 550 millions. Et on prévoit que "39 millions de personnes de plus tomberont en dessous du seuil de pauvreté en Amérique latine d'ici fin 2010", a indiqué l'OCDE dans son rapport "Panorama économique" publié au Portugal pendant le XIXe sommet ibéro-américain en 2009. http://www.eleconomista.es/mercados-cotizations/noticias/1737831/11/09/Treinta-y-nueve-millones-de-nuevos-pobres-en-America-Latina-en-2010.html Selon les estimations, l'Amérique latine compterait 228 millions de pauvres et plus de 70 millions d'indigents. Ces chiffres sont écrasants et derrière eux se cachent les tragédies humaines dont souffrent quotidiennement des millions de personnes : mort par dénutrition, malformations congénitales dues à la dénutrition, à la pollution des eaux, aux fumigations ; violence intrafamiliale, homicides, viols, prostitution adulte et infantile galopante, esclavage moderne, travail des enfants …violations systématiques des droits humains les plus élémentaires à l'alimentation, au logement, à l'éducation, à l'hygiène, à la santé et à une vie digne … tandis que quelques sociétés et familles oligarques monopolisent les gains et détruisent les cultures et les forêts.

(4) Actuellement, presque deux millions d'enfants meurent chaque année faute d'eau potable et d'hygiène adéquate, rapport du PNUD 2009: http://www.undp.org/spanish/publications/annualreport2009/pdf/SP_FINAL.pdf

(5) http://www.cubainformacion.tv/index.php?option=com_content&view=article&id=14151%3Aiaplicamos-la-legislacion-de-otros-paises-a-los-qdisidentesq-cubanos&catid=39&Itemid=86

Le Code pénal des États-Unis prévoit une peine de 20 ans pour celui qui préconise le renversement du gouvernement ou de l'ordre établi, 10 ans de prison pour celui qui émet de “fausses déclarations” dans le but d'attenter aux intérêts des États-Unis, et 3 ans pour celui qui “entretient (...) une correspondance ou des relations avec un gouvernement étranger (...)”

Le Code pénal espagnol punit d'une peine de 4 à 8 ans ceux qui “ont entretenu des relations d'intelligence ou des relations de quelque nature que ce soit avec des gouvernements étrangers (...) dans le but de nuire à l'autorité de l'État ou de compromettre la dignité ou les intérêts vitaux de l'Espagne ”, et d'une peine de 10 à 15 ans ceux qui se sont rendus coupables (…) de tenter de destituer le Roi d'Espagne ou de supprimer ses pouvoirs.

La France punit d'une peine allant jusqu'à 30 ans et 450.000 euros d'amende “le fait d'entretenir des relations d'intelligence avec une puissance étrangère, (...)”. Les dénommés “dissidents” cubains recevraient des peines bien supérieures pour leurs délits, s'ils les commettaient dans l'un quelconque des pays cités et dans d'autres non mentionnés.

(6) Campagne pour la libération des prisonniers politiques en Colombie : http://www.arlac.be/A2009/2009/Tlaxcala.htm . La Campagne européenne 2009-2011 pour la libération des prisonniers politiques en Colombie a été lancée à Bruxelles, en Belgique. Ces prisonniers sont au nombre de 7500, pour la plupart des prisonniers d'opinion et des militants sociaux - quand ce ne sont pas des ouvriers, des paysans, des indigènes ou des étudiants qui luttent pour une Colombie digne, dans la paix et la justice sociale -. Les associations et les personnes du monde entier qui souhaitent soutenir la campagne pour la libération des prisonniers politiques en Colombie sont les bienvenues. Pour signer, cliquez sur le lien suivant : http://www.tlaxcala.es/detail_campagne.asp?lg=es&ref_campagne=14

(7) Terrorisme d'État, 50.000 disparus en Colombie : http://justiciaypazcolombia.com/50-000-personas-desaparecidas-en

(8) Une étude révèle que les 2 % de millionnaires dans le monde possèdent la moitié de la richesse mondiale : http://update.unu.edu/esp/archive/issue44_22.htm

(9) À propos de Zapata Tamayo :
http://www.cubadebate.cu/noticias/2010/03/02/orlando-zapata-tamayo-un-caso-de-manipulacion-politica-video/
http://www.rebelion.org/noticia.php?id=101143
http://www.kaosenlared.net/noticia/cuba-medios-occidentales-suicidio-orlando-zapata-tamayo

(10) Orlando Zapata Tamayo, victime de la manipulation politique. Conversation cynique entre 2 mercenaires : http://www.youtube.com/watch?v=gN6Sr78TDM0&feature=player_embedded#

(11) José Manzaneda : “Les mensonges publiés dans les médias sont innombrables, mais la version selon laquelle il est mort parce que le directeur de la prison aurait refusé de lui donner de l'eau pendant 18 jours est particulièrement scandaleuse. ” http://www.kaosenlared.net/noticia/orlando-zapata-delincuente-convertido-martir-estrategas-guerra-contra-

(12) Communiqué de désinformation circulant sur les blogs lancés par la CIA: http://www.kaosenlared.net/noticia/artistas-del-psoe-contra-cuba

(13) Pour adhérer à la Campagne pour la vie et contre la torture de Diomedes Meneses: http://colombia.indymedia.org/uploads/2009/03/campa_a_libertad_diomedes_internet.pdf , ou écrire à fcsppsantander@gmail.com

(14) Le prisonnier politique colombien Carlos Iván Peña Orjuela subit la torture que constituent la disparition et l'assassinat de membres de sa famille : http://www.kaosenlared.net/noticia/desaparicion-familiares-torture-contra-presos-politicos-alto-État-ge

(15) 7 sociétés contrôlent 70% des médias de masse dans le monde : http://www.youtube.com/watch?v=cObHaBvi-aU&feature=player_embedded#

http://www.kaosenlared.net/noticia/video-sobre-control-informacion-mundo-poder-mediatico-corporations-je

(16) Au sujet du Honduras, de la résistance populaire et de la vague génocidaire d'assassinats et de disparitions lancées depuis la dictature, avec recours au paramilitarisme, je recommande le journaliste Dick Emanuelsson, dont la couverture est constante, investigatrice et accompagne les communautés populaires honduriennes : http://dickema24.blogspot.com/ Au sujet de Claudia Larissa Brizuela : http://www.rebelion.org/noticia.php?id=101209

(17) Bombardements pour dégager des zones de haut intérêt économique pour les multinationales Muriel Mining, Anglo Gold et Glencore : http://justiciaypazcolombia.com/Muere-bebe-de-20-dias-de-nacido
http://www.kaosenlared.net/noticia/uribe-bombardea-indigenas-colombianos-objetivo-entregarle-tierras-mult
http://www.kaosenlared.net/noticia/video-bombardeo-pueblo-originario-alto-guayabal-colombia

(18) Rapport du 16.02.2010 Les paramilitaires avouent 30.470 assassinats: http://www.telesurtv.net/noticias/sections/nota/66984-NN/ex-paramilitares-colombianos-reconocen-haber-cometido-cerca-de--30-mil-500-asesinatos/

(19) Assassinat de Jhonny Hurtado: http://prensarural.org/spip/spip.php?article3738

(20) Antonio Albiñana, «Découverte en Colombie d'une fosse commune contenant 2.000 cadavres», Público.es, 26 janvier 2010.

(21) http://www.pachakuti.org/textos/hemeroteca/2010_1/fosas-poco-comunes.html

(22) http://www.rebelion.org/noticia.php?id=100450&titular="europa-no-puede-firmar-un-tlc-con-un-État-violador-de-los-derechos-humanos"-

(23) http://www.kaosenlared.net/noticia/alerta-medios-ocultan-mayor-fosa-comun-america-mientras-État-colombi

Plus au sujet de la fosse commune et de la terreur d'État en Colombie : http://www.rebelion.org/noticia.php?id=99507&titular=destapan-la-mayor-fosa-común-del-continente:-colombia-en-el-paroxismo-del-horror-clama-solidarité-

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Traduction : ARLAC


Source  en français : ARLAC
Source en espagnol : Rebelión
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6 avril 2010 2 06 /04 /avril /2010 08:12
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Écrit par Arnaud Bihel   

 

Les pauvres sont toujours aussi pauvres, et les très riches sont de plus en plus riches et nombreux. Dans sa dernière enquête sur Les revenus et le patrimoine des ménages publiée ce vendredi, l'Insee constate que « les inégalités en France s'accroissent par le très haut » : quand le niveau de vie de la grande majorité de la population stagne, celui des plus riches s'est accru de façon spectaculaire entre 2004 et 2007.

Pour cette enquête, l'Insee s'est particulièrement intéressée à deux catégories de population en France : les personnes pauvres, et les très hauts revenus. Analyse des tendances :

 

Une explosion du nombre de personnes riches...

Pour ces derniers, les années 2004 à 2007 ont été fastes. Les « très hauts revenus », ce sont les personnes se situant parmi les 1% les plus riches. Difficile toutefois de tirer des généralités. Car même dans cette tranche, où l'on gagne plus de 84 500 euros annuels, « l'hétérogénéité reste forte », explique l'Insee. Ainsi, parmi les « plus aisés » de ces très riches, 0,01% de la population (soit 5 800 personnes), le revenu s'étend entre 688 000 et 13 millions d'euros par an.

Mais la vue d'ensemble est claire : entre 2004 et 2007, le nombre de personnes dont le niveau de vie dépasse les 100 000 euros annuels a augmenté de 28%, et a gonflé de 70% pour ceux dépassant les 500 000 euros... « une explosion du nombre de personnes riches », constate l'Insee.

... qui s'enrichissent plus vite que les autres

C'est l'autre enseignement de l'enquête : cet enrichissement est dû en bonne partie au patrimoine à disposition, mais aussi à l'augmentation des revenus d'activité. Alors que la hausse de ces revenus d'activité a été de 9% en trois ans pour 90% de la population – un rythme un peu plus soutenu que l'inflation – elle a atteint près de 30% chez les très aisés, près de 40% chez les plus aisés. En résumé : plus on est riche, plus on a de chances de s'enrichir (voir graphique ci-dessus). Cette augmentation soutenue, sans commune mesure avec les autres tranches de la population, fait dire à l'Insee que « les inégalités augmentent par le très haut ».

En haut de l'échelle, les hommes

Chez ces très hauts revenus, le principal apporteur de ressources du ménage est un homme à 82% (contre 68% pour les 9 premiers dixièmes de la population). Pour Julie Solard, de l'Insee, ce chiffre met en avant « les inégalités salariales persistantes, et les difficultés d'accès pour les femmes aux postes à fortes responsabilités ». C'est ce que confirme une autre enquête, également publiée ce vendredi, sur les « très hauts salaires du secteur privé » : plus on s'élève dans la hiérarchie salariale, plus la proportion d'hommes s'accroît ; elle est de 55% dans l'ensemble du privé, de 78% parmi les « hauts salaires », et monte à 87% chez les « très hauts salaires ».

 

Plus de 8 millions de pauvres

A l'autre bout de l'échelle, la pauvreté reste bien ancrée en France. L'Insee remarque qu'elle stagne depuis le début des années 2000, après une longue période de réduction. A la date de 2007, le taux de pauvreté a même légèrement augmenté : il était de 13,4% - dépassant pour la première fois la barre des 8 millions de personnes pauvres – contre 13,1% en 2005. Les chiffres ne sont toutefois pas significatifs pour déterminer une vraie tendance, souligne Jean-Louis Lhéritier, de l'Insee. Ils placent la France à la 10è place européenne, une performance correcte qui est due, estime-t-il, « au système de transferts sociaux ».

Les immigrés, 3 fois plus pauvres que les autres

Et, pour la première fois, l'Insee a enquêté sur la pauvreté particulière aux immigrés en France. Pour constater que là encore les inégalités sont très fortes. Plus du tiers d'entre eux sont en situation de pauvreté. Le niveau de vie moyen des ménages immigrés est inférieur d'un tiers à celui des ménages non immigrés. Et les raisons structurelles (la taille des ménages est plus importante, le taux de chômage plus élevé) n'expliquent que la moitié de l'écart. Même à caractéristiques identiques (même sexe, âge, type de ménage, catégorie socioprofessionnelle...), d'importantes inégalités persistent. Le niveau de vie est alors de 19% plus faible pour une personne originaire du Maghreb, 17% si elle est née en Afrique.

 

Les effets de la crise, à suivre...

Reste, on l'aura remarqué, que tous ces chiffres s'arrêtent à la date de 2007. C'est à dire avant la crise de 2008. Quelles conséquences aura-t-elle eue, sur les plus riches et sur les plus pauvres ? Pour l'Insee, impossible à dire pour le moment. Des premières données sur l'année 2008 seront disponibles dans 3 mois, et seront forcément complexes, assure Jean-Louis Lhéritier.

Lequel a aussi soigneusement évité la polémique actuelle : certes, l'Insee a scruté les très hauts revenus. Mais la période étudiée, et le fait que certains prélèvements, comme l'impôt sur la fortune, ne sont pas pris en compte, « ne permettent pas de tirer des informations sur les effets du bouclier fiscal. »

 

 

LEXIQUE

 

Revenu : Pour comparer les niveaux de vie en prenant en compte les différences de composition des ménages, l'Insee calcule en terme « d'unités de consommation » (UC). Une personne seule vaut 1 UC, un couple 1,5 UC, un enfant de moins de 14 ans 0,3 UC. Le niveau de vie médian (qui sépare la population en deux moitiés égales) était en 2007 de 1510 euros par mois pour 1 UC, soit 3180 euros pour un couple avec deux jeunes enfants.

Pauvreté : La définition retenue dans cette enquête de l'Insee est la « pauvreté monétaire » dont le seuil, selon la norme européenne, correspond à 60% du niveau de vie médian, soit 908 euros par mois.

Immigrés : Un immigré, pour l'Insee, est une personne née à l'étranger et habitant en France. De nationalité étrangère à la naissance, elle peut désormais être française ou non. Si dans un ménage l'un des conjoints est né français, ce ménage n'est pas considéré comme immigré.

 

 

http://www.lesnouvellesnews.fr/index.php/civilisation-articles-section/34-civilisation-categorie/291-tres-riches-plus-riches
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6 avril 2010 2 06 /04 /avril /2010 08:04

 

Une «grande identité de vue» avec la CGT, syndicat majoritaire à la SNCM et à la CMN.

 Paul Giacobbi, président (PRG) du conseil exécutif de la collectivité territoriale de Corse (CTC), et Dominique Bucchini, président (PC) de l'Assemblée de la CTC, ont annoncé vendredi leur volonté de remettre à plat le système de subvention pour la desserte maritime publique de l'île, mis en place par la précédente majorité. «Il accentue le caractère déloyal de la concurrence, au détriment du service public», ont-ils estimé dans un communiqué commun.
Suite à cette annonce, la CGT a suspendu la grève commencée la veille à la SNCM et à la CMN. Le syndicat devrait être reçu d'ici à la fin de semaine au ministère des Transports. Il proteste contre l'arrivée d'un nouvel opérateur privé, l'italienne Mobylines, sur la ligne Toulon-Bastia. La compagnie a déjà annoncé son intention de réclamer les subventions au passager prévues

 

 

http://www.20minutes.fr/article/395720/Marseille-La-collectivite-de-Corse-appuie-la-CGT.php

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6 avril 2010 2 06 /04 /avril /2010 07:53

 

Saluto fascista di BossiQu'est-ce que la Ligue du Nord et comment la combattre



Article du 16 septembre 2009, republié après les élections régionales en Italie



par Domenico Moro (PdCI) et Fosco Giannini (PRC)*



Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



La capacité de la Ligue du Nord à capter le vote ouvrier, jusque dans les bastions de la gauche, est en hausse. Si nous voulons reconquérir des positions au Nord, nous devons comprendre ce qu'est la Ligue.



Le Parti de Bossi est un parti fasciste, mais avec de nombreux éléments nouveaux et différents.



Comme le fascisme, la Ligue vise à la subversion de l'ordre constitutionnel, par la mobilisation réactionnaire de masse insérée dans un bloc inter-classiste dominé par l'entreprise.



Comme le fascisme des origines, il est le représentant de la très petite, petite et moyenne entreprise, mais il fait le jeu également du grand capital financier.



Toutefois, alors que le fascisme prônait le nationalisme et le centralisme, la Ligue s'appuie, non seulement sur la xénophobie mais aussi sur le régionalisme et le localisme.



La Ligue est la fille des particularités et des déséquilibres historiques de la structure socio-économique italienne, qui présente une proportion plus importante de petites et très petites entreprises que dans les autres Pays avancés. Ce secteur, alimenté par les restructurations et externalisations des grandes entreprises, a pu prospérer seulement grâce au travail au noir (en particulier celui des immigrés), aux bas salaires et surtout à l'évasion fiscale. Aujourd'hui, cependant, la petite entreprise est incapable de faire face à la nouvelle concurrence internationale parce qu'elle n'a pas suffisamment de ressources pour innover, tandis que les grandes entreprises leur mettent tout le poids de la crise sur le dos, et que les grandes banques réduisent les crédits accordés.



Dans ce contexte, et face à l'absence de solutions collectives, la classe ouvrière des petites et moyennes entreprises (mais de plus en plus celle des grandes également) développe une solidarité “spontanée” avec leur entreprise, se réfugiant dans le seul cadre qui semble leur rester, le territoire local, où ils sont co-optés au sein du “bloc social des producteurs” leghiste.



Le ciment de ce bloc leghiste, ce sont la xénophobie et les taxes. Ce qui, toutefois, si on y regarde avec attention, n'est pas sans faiblesses et contradictions.



riserveLes immigrés, soumis au chantage et payés une bouchée de pain, font trop l'affaire des petites et moyennes entreprises pour que celles-ci les rejettent véritablement, et en effet Maroni [Ministre de l'Intérieur italien – dirigeant de la Ligue du Nord] a assuré que seraient exclus d'un éventuel arrêt de l'immigration pour les deux années à venir (demandé par les parlementaires de la Ligue) les saisonniers nécessaires au tourisme et à l'agriculture.



Mais le principal ciment utilisé par la Ligue est celui des taxes, qui se combine avec l'attaque contre le grand ennemi, l'Etat central. Ici la Ligue s'empare d'un problème important, l'insoutenable pression fiscale qui s'exerce sur les salarités et sur la grande partie des « partite IVA » [officiellement statut de travailleurs en free-lance – s'appuyant sur le numéro d'identification fiscale, la partie IVA – de fait condition de travailleur précaire touchant des millions de salariés en Italie] souvent des Romaladronatravailleurs salariés masqués et précaires. Toutefois, ici aussi, l'hypocrisie de la Ligue est évidente. L'existence d'une pression fiscale excessive et d'un haut niveau d'endettement public est due à deux raisons: l'évasion fiscale des entreprises, qui s'élève à 7% du PIB national (si elle était récupérée par l'Etat, elle annulerait le déficit public et générerait des excédents pour améliorer le système de sécurité sociale) et le financement des petites et grandes entreprises, « socialisation des pertes » inclus.



La Ligue, au contraire, attribue à la gestion centrale étatique de la fiscalité et des dépenses toute la responsabilité, et sur cette hypothèse a fait approuver le fédéralisme fiscal. La capacité régionale de lever des taxes aura, en revanche, des effets extrêmement opposés à ceux espérés par beaucoup. En premier lieu, comme c'est déjà démontré par la régionalisation de la santé, les dépenses auront tendance à augmenter, poussées par la demande de subventions des entreprises privées et par la prolifération de la couche politique locale, avec comme conséquence que la pression fiscale, évidemment pas à charge des évadés fiscaux mais toujours des salariés, augmentera. Ensuite, on s'exposera non seulement à l'approfondissement des équilibres et de la division entre Nord et Sud, mais on tombera dans l'erreur d'affronter la crise et le développement à un niveau seulement local et donc trop restreint.



La Ligue est une force désintégratrice et, dans le même temps, conservatrice et régressive, inadaptée à la phase historique de mondialisation et de crise. La Ligue cherche à maintenir une taille des entreprises insuffisante et l'anarchie du marché capitaliste dans sa forme la plus pure dans une période historique dans laquelle apparaît la nécessité d'un rôle nouveau pour l'État et surtout de politiques industrielles nationales.



Faire sauter le ciment du bloc leghiste, donc, cela veut dire en dévoiler les contradictions et la dangerosité et en renverser – en un sens classiste – les thématiques, reliant la réduction des taxes pour les salariés (y compris ceux masqués sous la dénomination de « Partite IVA ») à la défense du salaire et la lutte contre l'évasion fiscale et le travail au noir à la lutte contre le xénophobie. Mais, surtout, c'est sur la lutte contre le localisme et pour des politiques économiques coordonnées dans l'ensemble du Pays, que doivent se centrer nos propositions et notre propagande.



C'est seulement de cette manière que, face à l'échec de la bourgeoisie en tant que classe nationale, nous pouvons poser les bases d'un nouveau bloc social des travailleurs subalternes et d'un véritable parti « national », au sens progressiste du terme.



* Domenico Moro est économiste et membre du Comité Central du PdCI; Fosco Giannini, ancien sénateur, fait partie de la direction nationale du Parti de la Refondation Communiste et membre du courant de « L'Ernesto »

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