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CHANTS REVOLUTIONNAIRES

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26 janvier 2009 1 26 /01 /janvier /2009 09:11

                                                                            

Ces témoignages qui accusent l’armée israélienne de crimes de guerre

Exécutions sommaires, tirs contre des civils, humiliations. L’armée israélienne est en accusation. Reportage.

Bande de Gaza, Envoyé spécial.

C’est à l’est de Jabaliya. Un grand hameau qui s’appelle Ezbet Abed Rabbo. Peut-être faut-il plutôt écrire « s’appelait ». On est à quelques kilomètres de la frontière avec Israël. On peut d’ailleurs distinguer la ville de Nahal Oz, en contre-bas. Au début de l’offensive terrestre, les chars israéliens ont déboulé. Il ne reste plus que des amas de béton de part et d’autre de la petite route. Et de la souffrance dans les cœurs des habitants. C’est à peine imaginable. C’est un tsunami humain a dit quelqu’un. Le mot est juste. Mais parce qu’il est humain, il est volontaire. Le pouvoir israélien, via son bras armé, a sciemment - c’est à dire politiquement - décidé de détruire et de tuer les Palestiniens. Il ne s’agit plus ni de bavures ni d’effets collatéraux ni de situation de guerre. Lorsque le jour commence à tomber, le décor est encore plus impressionnant. A la lueur des braseros que les Palestiniens allument pour s’éclairer et se chauffer on distingue des formes brutes, agressives. Des cubes renversés et aplatis. De la terre remuée, rendue meuble pour éviter toute nouvelle construction. La carcasse d’une ambulance, visiblement écrasée, raconte toute seule le mépris de la vie et des conventions internationales. Le vent qui souffle fait grelotter. Le froid n’explique pas tout. On se sent soudain seul, écrasé par ce qui vient d’arriver, désarmé devant ces familles décimées, anéanties. La barbarie est de retour. A moins qu’il ne faille avoir une lecture biblique : « Il (dieu, ndlr) détruisit ces villes, toute la plaine et tous les habitants des villes, et les plantes de la terre » (Genèse, chapitre XIX, verset 25).

En mars dernier lors d’une énième incursion dans la bande de Gaza, l’armée israélienne avait fouillé les maisons puis avait continuer son chemin, vers Jabaliya. La famille Abed Rabbo (d’où le nom du lieu), occupait l’ensemble des petits immeubles qui se trouvaient là. Quand l’offensive a commencé, les Abed Rabbo étaient sur leurs gardes, mais pas plus inquiets que ça. Ce qui peut sembler étrange pour qui ne vit pas le quotidien de ces Palestiniens, soumis au bon vouloir des Israéliens. En mars dernier, par exemple, ils avaient fait une incursion dans la bande de Gaza en passant par le hameau. Ils s’étaient contentés d’une fouille des habitations et avaient passé leur chemin. « C’est pourquoi tout le monde pensait que ça allait être la même chose cette fois-ci », explique Khaled, 30 ans. Lui se trouvait avec sa famille au rez-de-chaussée d’un immeuble dans lequel vivaient 27 personnes. Le 7 janvier, en milieu de matinée, les Israéliens sont arrivés. Ils ont installés un poste militaire. Les chars se sont mis en position derrière des buttes de sable alors que par hauts-parleurs ils intimaient l’ordre aux gens de sortir.

« Comme nous habitions au rez-de-chaussée, nous sommes sortis les premiers », raconte Khaled, la voix tremblante. « J’étais avec ma femme, nos trois filles et ma mère. J’avais un drapeau blanc. Sur le char, il y avait deux soldats. L’un mangeait des chips, l’autre du chocolat. On est resté comme ça pendant plus de 5 minutes, alignés. Personne ne nous disait rien. On ne savait pas quoi faire. Soudain un soldat est sorti du char. Il était roux et portait les papillotes des religieux. Il a tiré sur ma petite fille de 2 ans, Amal. Ses intestins sont sortis de son ventre. Puis il a visé en rafale celle de 7 ans, Sohad. Ma femme s’est évanouie. Il a tiré sur ma mère ». Summum du vice chez ce soldat, il n’a pas tué Khaled. Une ambulance se trouvait à proximité. « Ils ont fait descendre le chauffeur puis ont écrasé le véhicule avec un char », soutient Khaled Abed Rabbo. Les deux petites filles, Amal et Sohad, sont mortes. La troisième est grièvement blessée. Avec son frère et sa femme, Khaled les emmène, ainsi que la mère. Ils prennent la route non sans essuyer les tirs de snipers embusqués dans les maisons qui jouaient à leur faire peur en visant à côté. « Au rond-point, un homme a voulu nous aider avec sa carriole. Il s’appelait Hadnan Mekbel. Les Israéliens l’ont tué ainsi que son cheval. » Khaled sort son portable et montre ses filles dans un linceul. La troisième est dans un hôpital en Belgique. Elle est tétraplégique. Sa femme est dans un état de choc psychologique permanent Khaled ne peut pas oublier. Il revient tous les jours devant sa maison détruite. « C’est toute ma vie, mes souvenirs. Je vois mes enfants jouer autour de moi », dit-il. « C’était la maison du bonheur ».

Une maison disparue, brisée par la dynamite israélienne comme le raconte un voisin, Mohamed Abed Rabbo, membre de la famille, qui, lui aussi, a perdu son habitation, en face de celle de Khaled, de l’autre côté de la route. « Les Israéliens ont voulu nous faire évacuer », raconte-t-il. « J’ai tenté de parlementer pour rester mais ils n’ont pas voulu. Ils ont dit qu’ils avaient ordre de faire sauter la maison. » Les soldats ne les ont même pas laissés prendre des affaires. « Ils nous a dit : « Vous partez vers Jabaliya. Si quelque chose tombe, vous ne le ramassez même pas. Vous ne vous retournez même pas. » Encore une réminiscence de la Genèse et de la femme de Loth, transformée en statue de sel, parce qu’elle s’était retournée. Quand ils sont arrivés à l’intersection de la route, ils ont entendu une explosion : leur maison n’était plus qu’un souvenir.

Khaled ne comprend plus rien. « Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter un tel sort ? », demande-t-il. « Les Israéliens ont détruit toute ma vie. Pourtant, il ne réclame pas vengeance. Il n’en appelle pas à la loi du Talion. « Je veux que le monde entier juge cet acte, pas moi », assure-t-il. « Je demande la paix pour tout le monde. J’espère que mes enfants seront les derniers morts. Nous sommes un peuple qui aime la vie ».

Salah Abou Alima, 45 ans, aimait aussi la vie. Jusqu’à ce jour terrible où des obus de chars se sont abattus sur sa maison, à Bet Lahiya. Allongée sur son lit à l’hôpital Shifa de Gaza city, elle se souvient de l’apocalypse, de son mari et de son fils de 14 ans décapités, du phosphore blanc qui tombait en billes de feu et qui l’a touché elle aussi, comme nous avons pu le constater. « J’ai vu le corps de mon mari et ceux de mes trois enfants s’enflammer », dit-elle. « Il y avait de la fumée partout. L’odeur était terrible. On suffoquait ». Elle se souvient aussi de son fils Ali, 5 ans, le visage brûlé, qui tentait de s’échapper. « J’ai essayé de m’enfuir avec ma fille de un an qui criait « maman, maman ». Mes vêtements ont commencé à brûler ». Un autre de ses fils, Mahmoud, 21 ans, a tenté de leur venir en aide. Il a sorti les corps morts, les a placés dans une carriole. Il sont partis pour tenter de fuir l’enfer. « Les Israéliens nous ont arrêtés. Ils ont pris les corps, ont creusé un grand trou et les ont jetés dedans. Puis, avec un bulldozer ils les ont recouverts ». Un autre fils, Omar, 18 ans, portait sa petite sœur dans ses bras. « Elle était morte mais il ne le voyait pas. Les Israéliens ont voulu qu’il la laisse alors ils lui ont tiré dans le bras ». C’est ensuite le conducteur du tracteur qui les emmenait qui a été abattu par une autre patrouille israélienne. « Je veux les voir brûler car ils ont brûlé mon cœur », lance Salah Abou Alima à l’encontre des Israéliens. « Mes enfants n’étaient pas des combattants, mon mari non plus. Ma maison n’existe plus. Ils ont tout détruit ».

Il était 6H du matin dans le quartier de Tal al Hawa, de Gaza city. L’offensive militaire était lancée. Les habitants entendent les chars israéliens s’approcher. Comme tout le monde, Tamer Al Khalede, 27 ans, ne dort pas. Il tente de se faire une idée de la situation en écoutant attentivement ce qui se passe dans la rue. « On a entendu crier « ne me tuez » pas. Il y a eu des tirs et puis plus rien ». le jeune homme n’en saura pas plus. Quelque minutes après les soldats entrent dans l’immeuble. « Ils sont venus avec un voisin qui parlait hébreu pour nous dire de descendre dans la rue », précise Tamer. « Les hommes ont du donner leur carte d’identité. Ils nous ensuite mis totalement nus devant les femmes et les enfants ? Ils avaient des chiens qui sont venus nous renifler ». Ils ont ensuite été enfermé dans une pièce pendant 24 heures. « Les Israéliens étaient cachés dans les immeubles et ils tiraient dans la rue. Les ambulances ne pouvaient même pas approcher ». C’est Abou Amir qui accompagnait les soldats, puisqu’il parlait hébreu, dans chaque appartement. « Ils cherchaient s’il y avait encore du monde et en profitaient pour détruire les appareils ménagers, voler les téléphones portables, les ordinateurs, l’argent qu’ils trouvaient, et même les bijoux des femmes ».

Israël peut-il, va-t-il échapper à la justice internationale ? Plus les témoignages se multiplient plus les crimes de guerre apparaissent, monstrueux. Bernard-Henri Lévy, bien calé dans le char israélien qui le transportait - comme il l’a raconté si fièrement - n’a sans doute rien vu. La fenêtre de tir derrière laquelle il se trouvait était trop petite. Un des porte-paroles franco-israélien de l’armée israélienne, le colonel Olivier Rafowitz, qui se répandait complaisamment sur les plateaux de télévision français, va-t-il poursuivre ses activités en toute impunité ? Pour la première fois, les autorités israéliennes semblent s’inquiéter des suites possibles. Des directives ont été données à des officiers de haut-rang pour qu’ils évitent de voyager en Europe où ils pourraient être inculpés. Quant au premier ministre, Ehud Olmert, qui a osé prétendre qu’il pleurait lorsqu’il voyait des enfants morts, il a donné le signal : « Les commandants et les soldats envoyés à Gaza doivent savoir qu’ils seront totalement protégés face à tous les tribunaux et qu’Israël les aidera ». Khaled Abed Rabbo, Salah Abou Alima et Tamer al Khalede, eux, ne veulent que la justice mais toute la justice.

Pierre Barbancey ( L'HUMANITE)


   Ci-dessous: Le reportage sur la manifestation du samedi 24 janvier  

                                                                     


envoyé par oumma

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25 janvier 2009 7 25 /01 /janvier /2009 15:44

                                                                                  



L’université Al-Aqsa reprend les cours à Gaza malgré les dégâts.                                     
( Ziad Medoukh )

Malgré quelques dégâts –obus, roquettes et missiles- qui ont touché l’université Al-Aqsa, le département de français et le Centre de la paix; nous avons décidé de reprendre les cours après trois semaines  d’arrêt causée par la  guerre menée par l’armée israélienne contre la Bande de Gaza et sa population civile.

Notre université est la première de Gaza qui décide de reprendre les cours et les activités assez rapidement, il y a une volonté de la part de l’administration, le corps enseignant mais surtout des étudiants de défier la situation actuelle et continuer leur éducation.

C’est vrai qu’il y a beaucoup de professeurs et d’étudiants qui ont perdu leurs familles, leurs proches et leurs maisons lors de cette agression israélienne contre Gaza, mais la vie continue chez nous malgré les pertes et malgré les dégâts.

L’éducation est un élément sacré pour les Palestinien, la poursuite des cours fait partie de la résistance non violente et populaire de notre peuple contre les attaques, l’agression israélienne ainsi que  toutes les mesures de l’occupation israélienne qui s’est retirée de la Bande de Gaza grâce avant tout à cette résistance populaire remarquable.

La vie reprend  lentement dans la Bande de Gaza, il  y a une volonté de montrer la capacité de ce peuple courageux, patient et résistant de reconstruire l’espoir avant les bâtiments détruits.


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ASSAWRA, liste de diffusion dédiée à l'Intifada ...

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25 janvier 2009 7 25 /01 /janvier /2009 15:35

1959-2009 : Que reproche-t-on à Cuba ?

La révolution cubaine est devenue un point de crispation pour de nombreux communistes et même pour certains une attache (un fardeau ?) dont il faudrait se débarrasser. Est-il pourtant si difficile d’avoir un point de vue et une parole communistes, non dilués, sans céder aux préjugés rabâchés par l’ensemble de la classe politique et des médias ?

Est-il si difficile de se dégager de tout modèle, de tout passif, sans renoncer pour autant à l’internationalisme ? Est-il si difficile de pratiquer une solidarité lucide, critique, exigeante et respectueuse ?

Le cinquantième anniversairede la révolution cubaine donne déjà lieu à une avalanche de haineet de mensonges. Comment se positionner ?

Faudrait-il, sous prétexte que ce ne serait pas notre affaire (folie !) ou que notre conception de la société nouvelle différerait, se taire ?

Cela nous condamnerait à un nouvel affaiblissement de nos marqueurs, à de nouvelles dilutions de nos valeurs, à abandonner « l’utopie » à une poignée de militants associatifs, spécialistes de la solidarité, hors parti… dont ils se sentent orphelins. Au cours des derniers mois, j’ai enchaîné des dizaines de conférences sur Cuba, sur le Che. J’ai pu mesurer combien est grande l’attente ’un parti qui se réapproprie et/ou réinvente l’internationalisme.

D’un parti qui conjugue à la fois la réflexion (sur la spécificité du socialisme cubain, fruit d’une histoire nationale, sur ses blocages, ses insuffisances, etc.) et en même temps l’engagement solidaire, les yeux grands ouverts. Est-il si difficile d’affirmer notre désaccord avec les atteintes à telle ou telle liberté et de reconnaître que, sans Cuba, on ne parlerait pas aujourd’hui de « socialisme du XXIe siècle » dans une Amérique latine qui s’émancipe ? Ne ratons pas le coche. La recherche de nouvelles voies, de nouvelles réponses, auxquelles j’adhère, ne sauraient nous ramener à déserter les combats constitutifs de notre identité.

Est-il si difficile de comprendre que l’échec du projet états-unien stratégique de zone de libre-échange continentale doit beaucoup aux idées et aux initiatives de Fidel Castro et de Raul ? Que reproche-t-on à Cuba ? D’avoir résisté à une douzaine de présidents nord-américains (le dernier en date ayant appelé le peuple cubain à l’insurrection en octobre 2007). D’avoir enduré les pires épreuves, des sanctions inhumaines, sans abdiquer sa souveraineté, son indépendance nationales.                     


De consacrer 29,4 % de son budget à l’éducation nationale (6 % aux États-Unis). D’être différente du « modèle occidental ». De refuser de nous ressembler et de céder aux chantages de l’européo-centrisme. De maintenir un État-nation fort. D’être réintégrée dans le giron latino-américain. De croire encore au socialisme, long processus historique dont Cuba n’est pas au bout.

Malgré l’érosion du consensus politique, les carences des contre-pouvoirs au parti unique, l’étatisation encore excessive, Cuba vit un contexte général de changements. 70 % des Cubains d’aujourd’hui sont nés après 1959 et expriment des besoins renouvelés et incontournables de confrontations d’idées, d’épanouissement de l’individu…

Que reprochent finalement à Cuba ceux qui rêvaient de révolution en 1968 et qui sont aujourd’hui rangés des voitures ? De ne pas avoir trahi.

(*) Coordinateur de l’ouvrage : Che plus que jamais. Éditions Atlantica.

Par Jean Ortiz, universitaire (*)

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25 janvier 2009 7 25 /01 /janvier /2009 10:39


            LA CRISE, CE N'EST PAS POUR TOUT LE MONDE

                                                         
     La conseillère personnelle[conseillère en quoi? en démolition du droit du travail?] de Laurence Parisot, (présidente de cette organisation philanthropique qu'on appelle le Medef  et qui s'oppose aux augmentations des salaires à cause de "la conjoncture défavorable" (sic)), Rosine Lapresle, toucherait 300 000 euros annuels, soit 25 000 euros par mois pour un emploi à mi-temps, selon des informations révélées par l'Express.fr mercredi 21 janvier.


Ce salaire correspondrait, ramené à un temps plein, au double des salaires les plus élevés du Medef (le poste de président étant bénévole). Interrogée par l'Express, Rosine Lapresle répond que ce qu'elle perçoit "est au minimum inférieur de 19,6 % en raison de la TVA".

Au sein de l'institution patronale, le sujet est tabou.

Dans son livre Enquête sur le patronat, le journaliste Guillaume Delacroix raconte que Christian Baffy, alors trésorier du Medef, avait jugé "de son devoir d'obtenir des éclaircissements sur le rôle véritable de Rosine Lapresle [...] au Medef .

Il écrit également que l'une des raisons du licenciement de Jacques Creyssel, directeur général, en juillet 2008, tient à la question des honoraires de la conseillère.
   
N.Sarkozy, qui,  nous fait la grosse voix sur ces patrons qui ne mériteraient pas leur faramineux revenus, est-il bien au courant? Comme il se mêle de tout , de la pédagogie à appliquer aux enfants de trois ans, futurs délinquants,   à la gestion  des malades mentaux criminels,en passant par le traitement de la question palestinienne,  il ne peut ignorer ce fait! 
Mais que fait-il alors?                               
                                                   

                                                                                                                                  
                                                                                                                              u cursinu rossu

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25 janvier 2009 7 25 /01 /janvier /2009 10:13

                               « Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux ». (La Boêtie)

                       MANIFESTATION DE BASTIA  le 29 janvier
 
  Les huit confédérations syndicales de salariés, l'association de Haute-Corse des DDEN (Délégués Départementaux de l'Education Nationale) appellent ensemble à une journée nationale interprofessionnelle de grèves et de manifestations pour l’emploi, le pouvoir d’achat, la Sécurité sociale, la relance économique,contre les suppressions de postes dans l'Education Nationale, contre la femeture des bureaux de La Poste dans le Cap Corse…


                                                       



                                        en réponse à  Guillaume
: 
       


DEVANT LE PALAIS DE JUSTICE DE BASTIA
                         à 10 Heures


                                                                                               

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24 janvier 2009 6 24 /01 /janvier /2009 13:18


TV d’Occident : pas de cadavres donc pas de crime !

DAOUD Kamel ( Le Quotidien d’Oran)                                        

Lorsqu’on tue un Juif, cela s’appelle l’Holocauste, lorsqu’on tue un Américain, cela s’appelle du terrorisme, lorsqu’on tue un Africain, cela s’appelle une épidémie, lorsqu’on tue un Afghan, cela s’appelle une erreur ou un Taliban, lorsqu’un Japonais meurt c’est un suicide et lorsqu’on tue un Arabe ou un Palestinien, cela s’appelle la « crise au Proche-Orient ».

Ainsi et pour parler de la guerre contre Ghaza aujourd’hui dans ses TV, l’Occident essuie d’abord ses lunettes, toussote puis se lance au front, tout en restant chez lui pour éviter les balles et les cadavres. Ainsi, tous les téléspectateurs ont remarqué qu’on ne parle pas de « la guerre contre Ghaza » mais de « la guerre à Ghaza » comme l’ont relevé les nôtres. Sont mis sur le même pied d’égalité, une armée suréquipée et des groupes de défense sous armés qui défendent leur quart de pays là où il n’existe même pas encore. Le statut d’Etat est reconnu à la Palestine seulement lorsqu’on lui fait la guerre. Par ailleurs, dans toutes les TV de l’Occident, l’usage est le même : on ne dit pas massacres mais « événements ».

On ne montre pas les images des cadavres mais les images des chocs psychologiques des habitants de Sdérote, victimes d’un 11 septembre quotidien à base de pétards. Le zoom est plongeant sur une voiture calcinée là où on filme de très loin les volutes de fumées noires des bombes interdites sur la bande de Ghaza et ses habitants jouant les seconds rôles. Pour les journaux TV, l’usage de l’effacement est plus pernicieux tout en étant tout aussi ridicule : les cadavres sont masqués par le chiffre du bilan quotidien et le bilan sera gommé par un long commentaire sur les allées et venues du négociateur israélien, ses escales égyptiennes et sur les possibilités d’un cessez-le-feu ou d’un accord à long terme.

Un correspondant est contacté à Tel-Aviv et qui parlera « d’un hôpital probablement touché » - notez la réserve - là où trois secondes plus tard on rapporte que le SG de l’ONU lui-même l’affirme. Même l’image de Ban Ki Moon est nettoyée : on prend soins dans le JT de dire qu’il a condamné les immenses pertes civiles et la violence injustifiée mais lorsqu’on le montre, on sert la phrase soft où il explique de vive voix qu’il espère la fin de la guerre très proche. Le seul signe de douleurs que vous pouvez voir sur les TV de l’Occident ces jours-ci, ce n’est pas sur le visage des vrais Palestiniens, mais sur les trois secondes de consternation du présentateur TV. L’Occident ayant une règle juridique et policière connue : il n’y a pas crime quand il n’y a pas de cadavres et puisque les cadavres de Ghaza ne sont pas visibles, c’est que la guerre qui leur est faite n’est pas un crime.

Les arguments sont les mêmes où que vous zappiez : « cette guerre nous a été imposée » par les roquettes du Hamas (Personne ne parlera de la mise en cage de toute une population et de l’encouragement fait à ce mouvement pour disqualifier le Fatah en le ridiculisant avec des miettes à chaque négociations de paix), ni des colonies, ni de la généalogie de cette « crise ». Le second argument est celui des « pertes civiles inévitables ». Ghaza étant surpeuplée, on ne peut pas larguer une bombe sans servir les voisins du « terroriste » visé. Les « terroristes du Hamas » se réfugient derrière les civiles, disent-ils, là où nous disons que les civils n’ont plus que les « terroristes » pour se réfugier derrière eux et pour les défendre. Dans un sous pays fermé de toute part, on accuse presque les civils d’être là où il ne faut pas.

Ainsi, après la guerre des images verdâtres en « fluo » lors des bombardements de Bagdad, celles en infrarouge filmées en Afghanistan, celles par satellite filmées au Liban, on a aujourd’hui droit aux images sitcom filmées à partir de chez soi pour parler de Ghaza. TPS est pour nous cryptée mais l’histoire est claire, là où pour les Occidentaux TPS est claire là où le reste du monde est cypté.

Kamel Daoud - Le Quotidien d’Oran - http://www.lequotidien-oran.com/?news=5114136

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24 janvier 2009 6 24 /01 /janvier /2009 13:12

                                                                   
Italie : communistes à la recherche de l’unité. Interview de O.DILIBERTO (PdCI)

Nous publions ci-dessous une interview de Oliviero Diliberto, secrétaire du Parti des communistes italiens (PdCI), publiée dans le quotidien Il Manifesto du 10 janvier.

Diliberto appelle les dirigeants du Parti de la Refondation communiste, le PRC, dont le nouveau secrétaire général Ferrero, à unir leurs listes à celle du PdCI et à créer les conditions d’une réunification du mouvement communiste en Italie.

Pas de réponse positive, pour l’instant, du côté de la direction du PRC, confrontée à des débats internes houleux et à une entreprise de division interne.

Depuis la défaite de la ligne liquidatrice au congrès de juillet 2008 en effet, ses tenants, dont Nicky Vendola, élu de la région des Pouilles, soutenu par Fausto Bertinotti, mènent un véritable travail de sape au sein du PRC.

Dans sa complexité, avec ses différences, la situation de nos camarades italiens ne peut que nous instruire.

Vivelepcf – traduction par AC

 

Diliberto: « réunissons-nous, le temps presse »

 

L’association « Pour la gauche »[1] est née. Les partisans de Vendola toutefois éloignent l’idée d’une scission d’avec le Prc. Oliviero Diliberto, est-ce donc aussi l’hypothèse de l’unité des communistes Prc-Pdci aux européennes qui s’éloigne?

Je n’entre pas dans les débats internes au Prc, que j’observe avec respect mais aussi avec une certaine appréhension, étant donné que leur issue aura des conséquences pour toute la gauche. Notre ligne est simple : pendant ce temps nous essayons de réunir les deux partis communistes. C’est amusant de voir que ceux qui veulent unir toute la gauche ne souhaitent pas la réunification des deux partis communistes, les deux forces les plus proches politiquement. Bien sûr, je ne souhaite pas la scission : je voudrais que tout Rifondazione s’unisse avec nous.

 

Votre ligne est celle du congrès du Pdci. Mais celui du Prc, houleux, a voté pour aller aux européennes avec son propre logo : c'est là une autre ligne politique, distincte. Pour en changer, ne devraient-ils pas convoquer un nouveau congrès?

Un autre congrès serait une farce, un suicide. Est-ce bien raisonnable de continuer à discuter de nous-mêmes alors que Berlusconi transforme radicalement le visage de la démocratie italienne? Et alors que le Pd est tiraillé entre quatre ou cinq lignes différentes en son sein, y compris en ce qui concerne les alliances? Nous devons mettre en place une force en mesure de répondre à l’exigence  qui vient de la base, d’une vraie opposition. Le mois d’octobre – les manifestations du 11, du 25 et celle, immense, du 30 sur l’école – nous met devant un problème qui est aussi une occasion unique : celle d’être à la hauteur de la demande de luttes qui vient de notre peuple. Partons de l’unique élément dont nous sommes sûrs : l’arc-en-ciel[2][2] a été un fiasco. Celui qui veut retenter l’expérience vit en dehors du monde. Il n’y a pas d’espace politique entre les communistes et le Pd. Nous avons pu le vérifier même avec le vote des siciliens : à Catane le Pdci seul a fait un meilleur score que l’arcobaleno. Et je parle de Catane parce que c’est la ville de Claudio Fava, le porte-parole national de la Gauche Démocrate.

Nous avons lancé notre proposition : maintenant c’est à Rifondazione d’agir. Arriver à la veille des européennes sans un projet politique signifie refaire une alliance électoraliste. Donc, perdre à nouveau. Si l'on désire refaire l’arc-en-ciel, de manière explicite ou déguisée, nous irons seuls.

Ferrero dit : on en parle en février

Je respecte et je comprends l’agitation interne au Prc. Je ne veux pas non plus poser de problèmes à Ferrero. Mais le temps presse. J’invite donc les camarades de la majorité du Prc à donner une réponse. Il y a des moments où les groupes dirigeants doivent prendre leurs responsabilités.

 

J’insiste: mais le Prc a fait le choix, au Congrès, d’y aller avec son propre logo.

La politique va de l’avant, elle ne s’arrête pas aux congrès. Et tout de même l’idée de se présenter aux européennes sous deux logos aussi semblables est grotesque. Imaginons qu’ensuite s’ajoute un troisième parti de gauche avec son logo…

 

A propos : pensez-vous à revenir ensemble à « la faucille et au marteau »?

Le problème est moins graphique que politique. Et de toute façon, si je lançais ce type de proposition maintenant, je me disqualifierais. Le Pdci envisagera sans a priori toutes les hypothèses…

 

Claudio Grassi, numéro deux du Prc, dit : « nos listes sont ouvertes… »

Justement, nous envisagerons sans a priori toute hypothèse, sauf celle de demander aux communistes italiens d’y aller sous le sigle de Rifondazione, évidemment. Grassi le sait bien.

 

Pour le Prc et le Pdci, se remettre ensemble après dix ans, n’est-ce pas vouloir revenir en arrière?

Non, beaucoup de choses se sont passées depuis. C'est tout un cycle politique de dix ans qui s’est achevé en 2008 avec le désastre de l’arc-en-ciel. Maintenant, nous pouvons regarder de l’avant. Mais avant tout, nous devons vérifier si la majorité du Prc veut cette réunification.

 

L’actuelle majorité du Prc a soutenu le secrétariat de Bertinotti et de Giordano. Un parcours politique franchement éloigné du votre : je pense au choix de la non-violence, de la Gauche Européenne, au rapport avec Cuba…

Mais aujourd’hui dans la majorité il y a deux groupes déterminants qui ne partagent pas ces choix.

 

Celui qui dit que la ligne du Prc est globalement celle du courant Essere Communisti[3][3] a-t-il raison?

J’étais seulement en train de dire qu’on est en train de redistribuer les cartes. Et le secrétariat de Ferrero ne peut pas s’inscrire dans la continuité de celui de Bertinotti. De toute façon, ce qui nous unit l’emporte largement sur ce qui nous divise. Et avec ce qui se passe en ce moment, on ne va pas se mettre à couper les cheveux en quatre…

 

A la gauche du centre-gauche, vous aviez la « tendance culturelle » la plus unitaire. Pourquoi aujourd’hui vous ne croyez pas à la possibilité d’une alliance avec le Pd?

Ce centre-gauche n’existe plus. Le choix du Pd a creusé un fossé avec la gauche. Ce n’est pas dit que les choses restent comme ça pour toujours mais, pour demain, un rapport éventuel avec le Pd passe par la défaite des dirigeants actuels. Aux prochaines législatives nous évaluerons la situation au cas par cas, en fonction de nos programmes respectifs.  


Parmi ceux qui veulent l’alliance avec le Pd il y a votre minorité actuelle.

Minorité qui – notez-le – contrairement à celle du Prc, qui a obtenu 48%, n’a fait que 13%. Leur choix est suicidaire, mais le suicide est le choix personnel de celui qui le commet.

 

Pourquoi tenez-vous tant à la faucille et au marteau? N’est-ce pas un symbole « exclusif », d’un passé lointain qui éloigne certains du parti, même incompréhensible pour les étudiants qui se mobilisent ces jours-ci?

Plutôt que cette politique mièvre où tous tendent à se ressembler, je crois que c’est mieux d’avoir une identité forte. J’invite tous à regarder ce qu’il se passe hors d’Italie. Quand les jeunes crient « un autre monde est possible » ils ne demandent pas une politique « réformiste » mais une société radicalement différente.  Peut-être ce sont des communistes qui s’ignorent. Nos chemins peuvent se rencontrer. Mais si même nous abdiquons l’idée de changer le monde, nous ne les rencontrerons jamais.

 
 Notes :

[1] Association créée par les partisans de Nichi Vendola en décembre 2008 destinée à servir de première étape vers la constitution d’un grand parti de la gauche

2 Coalition des quatre partis de la gauche italienne (Pdci, Prc, Verts, Gauche démocratique), mise en place pour les élections de 2008 qui a connu un sévère revers électoral

3 Courant de Claudio Grassi, oscillant entre acceptation tacite des choix bertinottiniens d’unité de la gauche (qui aboutit notamment à la scission de l’Ernesto) et posture critique au nom de la conservation de l’identité communiste. Sa politique d’alliance avec l’aile-gauche de l’ancien groupe dirigent (Ferrero) joua un rôle décisif dans la défaite des Bertinottiens et des Vendoliens.

                                                    par Vive le Parti Communiste Français

 


 

 

 

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24 janvier 2009 6 24 /01 /janvier /2009 12:59
                                                                                                         


1) Un inventaire à la Prévert en ce début d’année finalement bien conforme. Il ne manquait qu’un Tartuffe pour réveiller une indignation un peu lasse. C’est chose faite avec le témoignage, dans le dernier Journal du dimanche, de Bernard-Henri Lévy qui, après sept jours passés en Israël, peut affirmer tranquillement que les destructions de Tsahal dans la bande de Gaza sont moindres qu’à Grozny après les bombardements de l’armée russe. A hurler !

  in:  Les infos de France terre d’asile Janvier 2009

                                                                


2)

Tsahal  recrute en France Par Groupe La Paix Maintenant Mondialisation ça, 23 janvier 2009 Le Post

  Le saviez-vous? L'armée israélienne, celle qui vient de massacrer 1200 personnes à Gaza, recrute des auxiliaires en France.
   [On imagine les réactions indignées, s'il s'agissait du Hamas!!!  (U cursinu rossu)]

 "Vous vivrez des moments inoubliables" est-il précisé! Le flyer  ci-dessous, avec sa belle couleur kaki-verdâtre, est diffusé sur un présentoir, à la CIS, la Communauté Israélite de Strasbourg, à côté d'informations religieuses, plus conformes à la vocation du lieu. Alors que la CIS appelle à manifester contre le racisme et l'antisémitisme, demain à Strasbourg, elle auto-détruit ces belles intentions, en laissant ce genre de propagande militaire pour un Etat étranger à la disposition du public. Et pendant que le Préfet des Alpes Maritimes interdit une manifestation pour la Palestine, à Nice, la police des frontières d'Israël prépare son gala annuel à Paris, en un lieu tenu encore secret. Et les autorités gouvernementales ont le culot de prêcher, avec des politiques et des religieux, "la non-importation du conflit" ! Qui importe le conflit? Qui le communautarise? Qui joue avec le feu?

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21 janvier 2009 3 21 /01 /janvier /2009 16:36
                                            

GUERRE

mardi 20 janvier 2009, par Gideon Lévy

Ils ont pris position face à face : armés et prêts à avancer. Tendus vers la confrontation armée et prêts à donner leur vie pour leurs valeurs et leur foi. Deux peuples, deux nations, deux armées dans une rencontre inévitable : la guerre. Pardon, vous avez dit « deux armées » ? Vous avez dit « guerre » ? Alors ce n’est pas vrai. Dans notre histoire, la langue forge des faits à la place de la réalité.

C’est vrai : les mots ne tuent pas, mais les mots peuvent faciliter nettement le travail du tueur. Depuis l’aube de l’occupation israélienne dans les territoires, et cela remonte à longtemps – et peut-être en fait depuis la création de l’Etat, ou peut-être en fait depuis renouvellement de l’hébreu – la langue a été recrutée comme réserviste en service actif et n’a jamais retiré son uniforme. Guerre après guerre, lessivage après lessivage – les mots envoyés au front. Ils ne font pas couler le sang, il est vrai, mais ils rendent sa vision quelque peu plus légère, parfois même plus plaisante. Ils justifient, autorisent, purifient, nettoient, polissent ; bien souvent aussi, ils renforcent, excitent, enflamment, poussent, aiguillonnent, incitent, encouragent – le tout dans une langue standard.

Nettoyage à sec express : des mots qui enlèvent toutes les taches – résultat garanti. On nous a envoyés dans cette guerre, armés de ce que notre poète national avait écrit pour la fête de Hanoucca : « Plomb durci ». Dorénavant, lorsque les bambins des jardins d’enfants chanteront « Papa m’a allumé des bougies, avec le shamash comme un flambeau », ils se souviendront de cette guerre que plusieurs commentateurs ont déjà qualifiée de « guerre la plus juste de l’histoire d’Israël », pas moins.

« Juste », passons, mais « guerre » ? Le dictionnaire Abraham Even-Shoshan donne à lire à l’entrée « guerre » : « confrontation entre armées, conflit entre structures étatiques (peuples, états) dans des combats, avec armes et recours à la force ». L’ « Opération Litani » qui ne fut pas moins grande dans l’ordre des forces et qui dura trois mois, n’est pas considérée comme une guerre. De même, la seconde guerre du Liban n’a pris son nom officiel que six mois après qu’elle fut terminée.

Cette fois, nous avons été à la fois plus prompts et plus décidés. Les forces ne s’étaient pas encore lancées à l’aube, les avions n’avaient pas encore fini de bombarder une parade de fin de formation des policiers chargés du trafic, laissant derrière eux des dizaines de cadavres de jeunes gens ensanglantés, que déjà nous appelions cela une guerre. Une guerre qui n’a certes pas encore de nom, mais une guerre au terme de laquelle le Comité Gouvernemental des Cérémonies et des Symboles se réunira pour la couronner du nom approprié. Peut-être « Première Guerre de Gaza » ? Pas la dernière.

On peut douter qu’elle entre dans la définition du dictionnaire. Ce n’est à l’évidence pas « une confrontation entre armée » – car enfin quelle armée se trouve en face de nous ? L’armée des roquettes Qassam et des tunnels, qui a fui sans combat ? Et il est même difficile d’appeler cela un « conflit entre peuples et états, dans des combats », parce que les combats ne sont pas réellement des combats et qu’un des deux camps n’est pas précisément un état, à peine la moitié d’un peuple, il faut en convenir. Mais quand même une guerre. Qu’est-ce que ça change qu’un officier supérieur d’une unité de réserve soit cité dans « Haaretz » pour avoir dit : « C’était de l’entraînement de recrutement et un excellent exercice ». Pour nous, c’est une guerre. Cela faisait de longs mois que nous l’attendions, que nous espérions la « grande opération » à Gaza. Et voilà, quelle chance : une guerre nous est née.

Ce n’est pas un hasard. Nous avons engagé une « guerre » précisément parce que ce mot chargé sert un nombre incalculable d’objectifs. Nous avons dit « guerre », nous avons dit « bravoure et don de soi ». On y a ajouté la fermeté, la mobilisation et le deuil inévitable et vous avez l’arsenal verbal de la guerre. « La bravoure et le deuil », titrait, véhément, le journal gratuit « Israël aujourd’hui », la semaine dernière, dans une de ses éditions de combat.

Une guerre : parce qu’alors nous avons de nouveau renforcé le rôle de l’armée israélienne dans la société, réhabilité son statut et le statut de ses commandants. Après une guerre, il est possible aussi de distribuer des citations. Et à la guerre comme à la guerre, il y a aussi une « victoire ». Offrons à l’armée israélienne de gagner. Mais comment gagner ? Et gagner quoi ? Voyez, les objectifs de la guerre n’arrêtent pas de changer : un jour, il s’agit de faire arrêter les tirs de roquettes Qassam, et comme ça ne marche pas, on change d’objectifs et hop ! nous voilà passés à une guerre contre les tunnels et la contrebande. C’est peut-être aussi une guerre de pression sur l’Egypte, et bien sûr une guerre contre le Hamas mais dont l’essentiel vise et touche – quelle déveine – précisément la population civile sans secours dont le seul lien avec le Hamas, s’il existe, est d’avoir voté pour lui.

A la guerre, il faut aussi exagérer la puissance de l’ennemi. Pour commencer, on nous a gavés, des mois durant, d’informations sur le perfectionnement de son armement et comment il s’était doté de bunkers et de missiles en provenance de Téhéran et de Damas, et maintenant on appelle Ahmed Al-Jabari le « chef d’état-major du Hamas ». Le chef d’état-major de l’armée des roquettes Qassam à moitié vides. Et pourquoi avons-nous bombardé l’Université islamique à Gaza ? Parce que là résidaient les « Ateliers Rafael ([1]) Palestiniens », c’est comme cela qu’on écrit chez nous. Eux aussi disposent d’une « Autorité chargée du développement des moyens de combat » qui développe - le croirait-on - apparemment, un drone porteur de munitions et un missile capable de pénétrer les bunkers. En exagérant leur puissance, nous avons gonflé notre victoire en lui donnant un goût sucré.

A la guerre comme à la guerre, il est permis de se taire et de faire taire. La guerre permet de rappeler sous les drapeaux et d’unifier les rangs du peuple d’habitude plus intéressé par les vacances forfaitaires à Antalya. A la guerre, il nous est permis d’avoir des médias ressemblant davantage à une salle de briefing d’un porte-parole de l’armée israélienne. A la guerre, la propagande est permise. Et si c’est la guerre, alors c’est jusqu’au bout – des bombes au phosphore blanc dans les rues et l’artillerie contre les maisons refuges des habitants ; des centaines de femmes et d’enfants tués ; tirs contre les équipes de secours et les convois d’approvisionnement. C’est la guerre, non ?

La guerre fait fleurir les chants de bravoure. C’est vrai que des chansons comme après la guerre des Six Jours, nous n’en aurons plus. Arik Lavie ne chantera pas de nouveau les paroles de Yoram Tahar-Lev : « Nous sommes derrière Rafah, comme tu le voulais, Tal, face aux ennemis, nous sommes partis à l’assaut, celui qui tombait, tombait. Nous sommes passés au-dessus de ceux qui étaient tombés, nous avons couru de l’avant, Tal » (Tal, le général israélien Tal, commandait la division qui a pris Gaza – en 67). C’est vrai que nous ne rechanterons pas « Nasser attend Rabin, aye aye aye », ni « Sharm a-Sheikh, nous voilà chez toi une deuxième fois » mais des chansons, il y en aura aussi. Et dans cette guerre-ci, nous avons déjà eu droit à un plaisant rimailleur : « La direction du Hamas à Damas est isolée, la direction dans la Bande de Gaza est paralysée, le bras armé s’est dérobé, le Hamas crie à l’injustice [hamas en hébreu]. » Joli, non ?

Mais il n’y a pas que l’arrogance en chanson : le lessivage des mots fonctionne aussi très bien. « Il faut éloigner les maisons de la frontière », disait la semaine dernière un commentateur expert en questions militaires, pour expliquer ce qu’il y avait lieu de faire à Rafah du côté de l’axe Philadelphi. « Eloigner les maisons de la frontière », comme s’il d’agissait de ces maisons du vieux quartier de Sarona – où est maintenant le Krya, à Tel Aviv – qu’on a tenu préserver, et qu’on allait les mettre sur des rails pour les éloigner de quelques dizaines de mètres. Ce savant commentateur a-t-il jamais vu, ces dernières années, les maison de Rafah, face à Philadelphi ? La plupart sont, depuis longtemps déjà, dévastées. Des gens y habitaient, beaucoup de gens qui n’ont nulle part où aller. Maintenant se sont ajoutées à celles-là des centaines de maisons détruites, que nous avons aussi « éloignées de la frontière », comme il dit.

« Sauvez mon âme », m’a écrit cette semaine l’ancien député David Zucker dans un sms, « Ecoutez comment Avri Gilad et Jacky Lévy sont occupés à chercher un mot pour désigner subrepticement le fait de faire intrusion dans les maisons en en faisant sauter les murs. Il serait bon de traduire ce programme en allemand et souhaitable d’y mettre un lourd accent bavarois ». En attendant que ce mot de contrebande, soit trouvé, nous en avons déjà imaginé pas mal d’autres : nous avons « libéré » les territoires, « dégagé » les maisons, « contrarié » les terroristes et « maintenu l’ordre » ; nous avons établi une occupation avec une « administration civile », veillé à ne pas causer de « catastrophe humanitaire », emprisonné en « détention administrative », tué par la « procédure du voisin », assassiné par la « procédure d’ouverture du feu », tué de « hauts responsables du Hamas » ; un enfant de six ans tué est un « jeune garçon », un adolescent de 12 ans est un « jeune homme » et tous deux sont tenus pour des « terroristes ». Nous avons mis sur pied une « unité des [points de] passage » c’est-à-dire du système des checkpoints, nous avons tué des « [gens] armés », des « [gens] recherchés » et des « [gens] requis pour interrogatoire » qui tous étaient des « bombes à retardement ».

Maintenant, nous avons le « sms humanitaire » et le cessez-le-feu « humanitaire » et une « banque des cibles » qui est, elle aussi, charmante ; des « blessés de frayeur », il n’y a cela qu’en Israël – personne encore n’a été frappé de frayeur à Gaza, les « enfants du sud » ne vivent qu’à Sderot et les combattants du Hamas sont toujours des « terroristes ». Même les « militants du Hamas » n’ont pas droit à être qualifiés de « non impliqués » et leur destin est dès lors scellé. Tout facteur de la poste palestinienne, tout policier, tout expert-comptable du gouvernement et peut-être aussi tout médecin travaillant dans l’administration non-civile du Hamas, tous sont considérés comme « militants du Hamas » et il est dès lors permis et nécessaire de prendre les devants et de les tuer. La force aérienne bombarde et détruit des « cibles », parfois aussi des « constructions », jamais de maisons. Israël exige une « bande de sécurité » à Gaza et la sécurité, c’est toujours la nôtre, seulement la nôtre.

Seule ma collègue Amira Hass ose, avec un courage caractéristique, dire à propos des dizaines de milliers de nouveaux sans abris de Gaza que ce sont des réfugiés pour la deuxième et troisième fois dans leur vie, des « déracinés » – avec la lourde charge historique du mot. Sauf que ces déracinés-là n’ont, cette fois, nulle part où échapper à la terreur de la « guerre ».

Gideon Lévy
Haaretz, 16 janvier 2009

(Traduction de l’hébreu : Michel Ghys)

[1] D’après le nom de « Rafael » pour « Rafael arms development authority », l’autorité israélienne chargée du développement des armes et de la technologie militaire. (ndt)

 

              ASSASSINAT POLITIQUE

 

Le Post.fr : DANS QUEL PAYS AU MONDE POURRAIT-ON ASSASSINER UN MINISTRE DE L'INTERIEURSANS QU'IL Y AIT UNE REACTION INTERNATIONALE IMMEDIATE ?

souvenons nous du flot d'indignation lors des assassinats  au Liban( Le Post.fr )

m.l

                                                                          

Said Siam, qui était ministre de l’Intérieur dans le gouvernement du Hamas, a été assassiné en même temps que l’un de ses fils et un de ses frères dans un raid aérien sur le camp de réfugiés de Jabalya ce jeudi.

L’armée israélienne a reconnu avoir délibérément visé Said Siam et sa famille.

Dirigeant de premier plan, Siam était considéré comme faisant partie des cinq plus hauts responsables du Hamas dans la bande de Gaza.

En tant que ministre de l’Intérieur dans le gouvernement du Hamas, il était en charge des 13 000 membres de la police et des services de sécurité du Hamas dont beaucoup sont activement impliqués dans la résistance contre Israël.

Elu député du Hamas dans une circonscription de Gaza, Siam avait été nommé ministre de l’Intérieur en 2006 après que le Hamas ait remporté la majorité aux élections parlementaires.

Né dans un camp de réfugiés dans la ville de Gaza en 1959 (« Beach Camp »), il avait été enseignant jusqu’en 2003, période au cours de laquelle il a également été actif en politique.

Il a été arrêté à quatre reprises au cours de la première Intifada, entre 1987 et 1993.

Il a été expulsé par Israël en 1992 vers le Sud-Liban, et à son retour il avait été arrêté par les forces de sécurité palestiniennes [proches du Fatah]......

14 janvier 2009 - Al Jazeera - Vous pouvez consulter cet article à :
http://english.aljazeera.net/news/m...

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21 janvier 2009 3 21 /01 /janvier /2009 16:14

                                                                                          



"Le problème palestinien ne sera pas réglé par des tirs de roquettes ou des attentats-suicide. Il ne sera pas réglé, non plus, par Mahmoud Abbas. Sous couvert de « négociations de paix », le chef du Fatah se prépare à capituler face aux Israéliens et aux impérialistes. Le problème ne pourra être réglé que par la lutte révolutionnaire des masses pour renverser les régimes arabes pro-américains de la région – et pour y établir des gouvernements ouvriers et paysans
." (ALAN WOODS)


















                                                                                                   
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