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CHANTS REVOLUTIONNAIRES

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30 août 2014 6 30 /08 /août /2014 08:36

                                                                            ECOLE-PUBLIQUEjpg-copie-1.jpg

 

 

source:RESEAU ECOLE DU PCF                

Pour nos enfants, nous voulons le meilleur : NOUS VOULONS L’ÉGALITÉ !

Un projet pour l’école, c’est un projet pour la société. Nous voulons combattre les inégalités, en finir avec la concurrence généralisée et construire des réponses collectives aux défis de l’avenir. Nous voulons l’école de l’égalité !

Le savoir est un pouvoir. Maîtriser des connaissances complexes, c’est ce qui permet de maîtriser son travail, d’être un citoyen actif dans la démocratie, bref, de ne pas subir et de choisir sa vie. L’école n’a pas à faire le tri entre ceux qui auront ce pouvoir et les autres. Au contraire, elle doit donner à tous les moyens de s’approprier des savoirs complexes.

Il est temps d’en finir avec l’école de la sélection. Est-ce bien une affaire de « mérite », si ce sont toujours les mêmes qui accèdent aux plus grandes écoles et qui, par la suite, accaparent le pouvoir dans la société ? Non ! C’est simplement le signe qu’il faut changer l’école, pour qu’elle cesse de reproduire et d’aggraver les inégalités.

Tous les enfants sont capables d’apprendre. On dit que certains enfants ne sont pas faits pour l’école… mais c’est l’école qu’il faut changer pour qu’elle fasse réussir tous les enfants : nous voulons l’école de l’égalité !

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30 août 2014 6 30 /08 /août /2014 08:30

 

                                                                          cerveau animé

 

 

ISIS-CIA-cooperation.jpgArabie saoudite, Turquie, Koweït : les alliés des États-Unis financent et soutiennent le groupe djihadiste de l'EIIL/ISIS !


Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Quand est évoquée la question du financement, des soutiens des djihadistes de l'EIIL/ISIS (Etat islamique de l’État et du Levant), la réponse semble « complexe », « obscure », rétive aux explications « simples ». Or, même s'il subsiste des zones d'ombres, des noms reviennent systématiquement : ceux des alliés des USA.



Cela fait des mois que l'ex-Premier Ministre irakien Nouri al-Maliki accuse directement l'Arabie saoudite et le Qatar du financement des fondamentalistes islamistes de l'EIIL. Des dénonciations qui ont rencontré les démentis des autorités saoudiennes, le mépris des puissances occidentales.



Il faut pourtant prêter une oreille au « faucon » John McCain, en février 2014, à la Conférence de sécurité de Munich : « nous remercions Dieu pour les Saoudiens, le prince Bandar et nos amis qataris ».



isis-mccain.jpgEn mai 2013, John McCain s'était rendu en Syrie pour rencontrer ces « combattants de la liberté », posant sur une photo où on retrouvait, outre le Général Idris de l'Armée syrienne libre, des guerriers des factions islamistes d' « Al Nosra » tandis que l'EIIL revendique depuis cette photo comme preuve de sa légitimité, plusieurs de ces combattants présents ayant depuis rejoint le groupe.



La politique états-unienne n'a pas été uniforme depuis le début de la guerre civile en Syrie, des dissensions se sont faits jour sur les modalités du soutien aux rebelles – direct ou indirect, tout azimut ou ciblé, intervention armée ou coopération avec d'autres puissances dans la région (Iran).



Une chose est sûre, trois pays reviennent systématiquement quand on évoque le soutien aux islamistes d'Irak et de Syrie – l'Arabie saoudite, le Koweït et la Turquie – trois alliés incontournables des États-Unis dans la région.



L'Arabie saoudite, l'épicentre du djihadisme



20140620-Latuff_Saudi-and-ISIS.gifLe premier au banc des accusés est l'Arabie saoudite, pointé par les gouvernements irakien, iranien et syrien mais aussi par son « meilleur ami/ennemi », le Qatar.



Première question, celle du financement. Bien que les Saoudiens aient toujours dénié tout soutien financier aux guérillas islamistes, on sait désormais que les deux principaux bailleurs de fonds de la rebellion syrienne, en rivalité par ailleurs, sont le Qatar et l'Arabie saoudite.



On sait également que les dits « modérés » (mais qui est modéré dans ce conflit ?) ont depuis longtemps perdu le contrôle au profit des dits « extrémistes », les groupes liés à Al-Qaeda en tête.



Dans ce cadre, la rivalité entre Qataris et Saoudiens portaient sur l'identité des groupes islamistes à soutenir, le Qatar auraient favorisé plutôt le « Front al-Nosra » tandis que les Saoudiens privilégiaient l' « EIIL » ou la nouvellement formée « Armée de l'Islam » (JAI).



Or, en février dernier, une rencontre à Washington entre les services de renseignement alliés des Etats-unis – Jordanie, Turquie, Qatar, Arabie saoudite – débouchait sur une affirmation de la nécessité de cesser de financer, d'armer les groupes « extrémistes » plutôt que les « modérés ».



Le premier pays visé était l'Arabie saoudite dont le chef des services de renseignement, le prince Bandar bin Sultan venait, peut-être sur sollicitation américaine, d'être congédié. Un aveu du bien-fondé des suspicions irako-irano-syriennes, inavouables publiquement bien sûr.



De quoi s'attarder sur la personnalité du prince Bandar bin Sultan, et son rôle dans la préparation militaire de la rébellion. Belliciste et influent, résolu mais aussi incontrôlable, le prince Bandar a fini par agacer les Etats-unis qui ont demandé sa mise sur la touche.



Pourtant, jusque-là, la collaboration des services saoudiens avec la CIA avait fonctionné à plein, comme dans les camps d'entraînement des djihadistes en Jordanie.



Ou encore dans la « rat line », un approvisionnement d'armes libyennes jusqu'en Syrie via la frontière turque, avec des financements saoudiens, et l'action d'agents de la CIA américaine et du MI-6 britannique, une opération coordonnée par le directeur de la CIA, David Petraeus.



La « rat line » a été divulguée au moment de l'attentat contre le consulat américain à Benghazi, en septembre 2012. Elle était contenue dans une annexe classifiée secrète à un rapport du Département d'Etat sur l'événement.



Toutefois, les doubles objectifs de l’État saoudien, les plans secrets de soutien aux islamistes radicaux du prince Bandar ont refroidi les États-Unis.



L'influence de ce dernier auprès des cercles dirigeants néo-conservateurs et des groupes pétroliers est notable, profitant de sa charge d'ambassadeur aux Etats-unis de 1983 à 2005 pour tisser son réseau, lui qui fut un ami personnel de Ronald Reagan, George Bush (père et fils) ou encore Dick Cheney. Il fut pendant longtemps la face publique du « lobby saoudien » à Washington.



Pourtant, le prince Bandar n'a jamais caché ses intentions. Ainsi, en juillet dernier, le prince Bandar a parlé franc jeu avec le président russe Poutine, après avoir menacé à demi-mot les JO de Sotchi d'attentats terroristes :



« Ces islamistes tchétchènes (...) sont comme ceux que nous contrôlons en territoire syrien, ils ne bougent pas sans que nous nous coordonnions. Nous les utilisons contre le régime syrien, mais ils n'auront pas d'influence dans l'avenir politique du pays ».



Sur le terrain, les forces militaires de l'EIIL sont composés de combattants de toute nationalité, mais avant tout saoudiens selon diverses estimations.



En 2007, les Etats-unis avaient déjà estimé que 45 % des combattants étrangers en Irak étaient saoudiens. Selon un institut de recherche basé aux Emirats arabes unis, l'INEGMA, 4 000 combattants saoudiens et 1 500 des Emirats seraient présents dans les rangs de l'ISIS.



De quoi éveiller quelques doutes chez les responsables américains, en coulisses bien sûr. En 2009, Hillary Clinton avait signé un mémo secret – révélé par Wikileaks – spécifiant que :



« l'Arabie saoudite représente une base de soutien financier capitale pour Al-Qaeda, les Talibans (…) les donateurs d'Arabie saoudite constituent la source la plus importante de financement des groupes terroristes sunnites dans le monde ».



Faut-il rappeler que 15 des 19 responsables directs des attentats du 11 septembre 2001 étaient Saoudiens, l'immense majorité des financements d'Al-Qaeda venait d'Arabie saoudite, tout comme son idéologie « wahhabite » dont s'est inspiré Ousama Ben Laden.



Aucun « terroriste », pas un sou ne venaient alors d'Iran, de Syrie ou d'Irak.



Le Koweit, et les autres pays du Golfe : la plaque-tournante du financement



Toutefois, pour ce qui concernerait le financement, il faudrait voir d'abord du côté des riches fortunes des pays du Golfe : Qatar, Émirats arabes unis et surtout Koweït.



Présenter ce financement comme « indirect » peut prêter à sourire quand on sait l'imbrication intégrale et même l'identité entre grandes fortunes et familles princières dans les Emirats.



Selon un rapport du think tank libéral Brookings Institution – financé partiellement par le Qatar – le Koweit est désormais devenu « une plaque-tournante du financement de la myriade de groupes rebelles en Syrie », chiffrant le montant des aides à plusieurs centaines de millions de $.



Utilisant la législation extrêmement laxiste du Koweit, une dizaine d'hommes de l'affaire de l'émirat auraient fait transiter des millions de $ via la Turquie ou la Jordanie pour financer la rebellion tandis que des membres de la minorité chiite au Koweit soutiendraient, eux, le régime d'Assad.



Le rapport de la Brookings Institution souligne que la collecte de fonds pour les rebelles syriens est devenue à partir de 2011 enjeu de rivalités entre tribus et clans, notables cléricaux ou politiques, poussés par les partisans du salafisme.



Des campagnes furent menées expliquant qu'on pouvait « avec 800 $ acheter une roquette », ou « équiper un soldat avec 2 500 $ », les noms de riches donateurs, parlementaires ou dignitaires religieux comme Jaman Herbach, Walid al-Tabtabai, Hadjaj al-Ajmi ou Abd al-Rahmane al-Anizi, représentent ces financements ouvertement proclamés pour les djihadistes syriens.



Les stratégies des donateurs koweitiens allaient du financement de la création de brigades salafistes regroupées dans « Jahbat al-Asala wa al-Tanmiya », du renforcement de groupes islamistes dont « Ahrar al-Sham » (soutenu par Shafi al-Ajmi) ou « Jabhat al-Nosra » (financé par Ghanem al-Mutairi).



Selon la Brookings Institution, tous les groupes financés par les Koweïtiens collaborent avec les mouvements d'Al Qaeda, d'abord le Front al-Nosra, ensuite l'EIIL.



Les Etats-unis ont d'ailleurs ciblé et gelé les avoirs il y a une semaine de trois individus pour financement de l'EIIL – ainsi que d'al-Nosra – qui se révèlent être Mohammed al-Ajmi, Hadjadj al-Ajmi et Abd al-Rahmane al-Anizi, des noms déjà mentionnés et connus des observateurs.



Le Qatar – tout en finançant des analyses qui dédouanent l'émirat, accusant ses voisins saoudiens et koweïtiens – dénie toute implication dans le financement, bien que l'on sache qu'il ait été le premier bailleur de la rébellion islamiste syrienne, avec 3 milliards de $ dépensés de 2011 à 2013.



Cette somme aurait servi avant tout à financer les islamistes du « Front al-Nosra », tandis que le Qatar aurait alimenté un réseau de trafic d'armes permettant d'armer notamment les rebelles en missiles anti-aériens.



La Turquie, base logistique des rebelles islamistes



6_172014_b4-pipes-turkey-isi8201.jpgEt la Turquie dans tout cela ?



Que ce soit pour le transport d'armes, les voies d'acheminement des rebelles, ou le transfert de fonds, tous les acteurs évoquent une voie royale :la frontière longue de 800 km entre la Turquie et la Syrie, qu'un journaliste turc a qualifié « d'autoroute à deux sens pour les djihadistes ».



Un simple coup d’œil à une carte révèle que les « rebelles syriens » contrôlent – en dépit de leurs revers face aux troupes syriennes gouvernementales – toujours le nord de la Syrie, le long de la frontière turque, ce qui laisse l'hypothèse lourde d'une base arrière turque pour les rebelles.



Une institution confirmée par nombre d'observateurs qui soulignent que les djihadistes utilisent les camps de réfugiés comme camps d'entraînement, traversent la frontière pour se soigner, se reposer ... ou simplement prendre un verre de thé et manger un kebab dans le sud de la Turquie.



C'est par exemple le témoignage d'un combattant d'ISIS interviewé par le journal turc « Yurt », évoquant « le soutien dont son organisation reçoit d'Ankara, sans lequel ils n'auraient pas autant de combattants, et ne contrôleraient pas tous ces territoires ».



Interviewé au cœur de l'Anatolie, il ajoute que lui et ses compagnons sont traités ici des blessures reçues en Turquie. Certains sont soignés dans des hôpitaux publics et privés à Ankara, Istanbul et Izmir. Selon les observateurs, 3 000 militants d'ISIS se trouveraient en Turquie à l' heure actuelle.



Le Washington Post insistait récemment sur la « répression tardive des combattants islamistes (12 août 2014), rappelant que « dans les étales poussiéreuses du marché, parmi les boutiques de baklava et les kebab, les habitants mentionnent des combattants islamistes qui achetaient leurs uniformes et les derniers portables Samsung ».



« Tandis que les djihadistes blessés de l'EIIL et d'Al-Nosra étaient soignés dans les hôpitaux turcs (…) les riverains indiquent que Reyhanli et les autres villes turques frontalières étaient devenues des étapes pour les combattants et les armes destinées à alimenter les rebelles syriens. »



Ce secret de polichinelle ne pouvait plus être caché après que le 1er janvier 2014, un camion rempli d'armes et de munitions à destination de la Syrie était arrêté à Adana, près de la frontière. Les policiers qui ont divulgué des photos de la prise, le procureur public d'Hatay qui a tenté de mener l'enquête ont tous été démis de leurs fonctions, l'affaire a été classée sans suite.



Ce camion appartenait à l'IHH (la Fondation turque pour les droits de l'Homme et l'aide humanitaire), une organisation de charité islamique – à laquelle est liée le fils du Président Erdogan –, paravent pour le financement de groupes djihadistes comme en Syrie, avec des livraisons d'armes avérées au moins à partir de septembre 2012.



L'implication des services de renseignement turcs, le MIT, est directe selon le journaliste turc Cengiz Candar pour qui l'organisme est l' « accoucheur » du groupe djihadiste.



Son rôle indirect semble indiscutable tant la porosité de la frontière turco-syrienne ne peut s'expliquer que par un laissez-faire (ou plutôt laissez-passer) coupable.



Certains combattants kurdes syriens dénoncent le fait que des officiers turcs aient participé à des interrogatoires de leurs militants capturés par ISIS.



Le journal turc Aydinlik a révélé, lui, que des anciens membres des Forces spéciales avaient été envoyés en Syrie pour épauler ISIS, avec une base logistique pour cette opération dans la ville de Konya, en Anatolie centrale.



Certains officiers des renseignements occidentaux – cités dans The Telegraph, le 14 avril 2014 – estiment que c'est le MIT turc qui serait à l'origine de l'attaque au gaz sarin du 21 août dernier, cherchant à provoquer l'entrée en guerre des Etats-unis.



Selon les autorités turques, il y aurait plus de 1 000 combattants turcs dans les rangs d'ISIS, soit un dixième de leurs forces. Difficile de croire que les services de renseignement turcs auraient manifesté une telle incompétence face à ce flot de combattants ayant résidé sur leur sol, traversé leurs frontières, étant de leur nationalité.



Enfin, un dernier élément troublant, accablant, ce sont les autres sources de revenus d'ISIS : d'abord le trafic de pétrole revendu dans la région.



Là encore, ce n'est guère un surprise, ce pétrole est revendu essentiellement à la Turquie, qui pomperait 1 500 tonnes par jour, soit 4 % de sa consommation, à prix cassés. Selon le député turc d'opposition, Ali Ediboglu, les rebelles d'ISIS auraient vendu pour 800 millions de $ de pétrole au gouvernement turc.



Il peut subsister des zones d'ombres sur qui est derrière la subite émergence de l'EIIL. Elles ont trait au degré d'implication des pays occidentaux – et de leurs services secrets. Mais le rôle des plus proches alliés des Etats-unis dans cette rébellion nous en apprend beaucoup sur son instrumentalisation au service des desseins impérialistes dans la région.

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30 août 2014 6 30 /08 /août /2014 08:02

                                                                    cerveau animé

 

 

 

Les États-Unis et l’OTAN prévoient le déploiement de troupes au sol et des exercices navals de grande envergure contre un « ennemi sans nom »
Mondialisation.ca, 29 août 2014


Le monde est à une dangereuse croisée des chemins.

L’alliance militaire occidentale est dans un état de préparation avancé et la Russie aussi.

Cette dernière est présentée comme l’« agresseur » et une confrontation militaire opposant les États-Unis et l’OTAN à la Russie est envisagée.

La législation du Sénat étasunien nommée « The Russian Aggression Prevention Act » (RAPA) (Loi sur la prévention de l’agression russe) a « mis les États-Unis sur la voie d’un conflit militaire direct avec la Russie en Ukraine ». 

Toute guerre américano-russe est susceptible de dégénérer rapidement en guerre nucléaire, puisque ni les États-Unis ni la Russie ne seraient prêts à admettre la défaite. Les deux ont des milliers d’armes nucléaires pouvant être utilisées immédiatement et s’appuient sur la Contreforce, une doctrine militaire chargeant leurs soldats de détruire préventivement les forces nucléaires de l’ennemi en cas de guerre. (Voir Steven Starr, Global Research 22 août 2014)

La loi sur la prévention de l’agression russe (RAPA) est l’aboutissement de plus de vingt ans de préparatifs de guerre des États-Unis et de l’OTAN consistant à encercler militairement la Russie et la Chine:

Dès l’instant où l’Union soviétique s’est effondrée en 1991, les États-Unis ont poursuivi sans relâche une stratégie d’encerclement de la Russie, tout comme ils l’ont fait avec d’autres pays perçus comme des ennemis, notamment la Chine et l’Iran. Ils ont amené dans l’alliance de l’OTAN 12 pays d’Europe centrale, tous d’anciens alliés de Moscou. La puissance militaire étasunienne est maintenant directement aux frontières de la Russie.  (Steven Kinzer, Boston Globe, 3 mars 2014, c’est l’'auteur qui souligne.)

Le commandant en chef de l’OTAN en Europe, le général Philip Breedlove (ci-dessous à droite) (AFP/John Thys)

Le 24 juillet, en consultation avec le Pentagone, le commandant général de l’OTAN en Europe, Philip Breedlove, a appelé à « stocker suffisamment d’armes, de munitions et autres approvisionnements sur une base militaire en Pologne afin de soutenir un déploiement rapide de milliers de soldats contre la Russie ». (RT, 24 juillet, 2014.). Selon le général Breedlove, l’OTAN a besoin de « provisions et de capacités sur place, ainsi que d’une base prête à accepter rapidement des forces de remplacement ».

« Il a l’intention de recommander la mise en place de fournitures – des armes, des munitions et des boîtes de rations – au quartier général pour permettre un afflux soudain de milliers de troupes de l’OTAN ». ( Times, 22 août 2014, c’est l’auteur qui  souligne.)

Le « scénario de blitzkrieg » de Breedlove doit être présenté au sommet de l’OTAN au Pays de Galles au début  septembre, selon le Times de Londres. Il s’agit d’un « copier-coller » de la Loi sur la prévention de l’agression russe, laquelle charge le président Obama de

« (1) mettre en oeuvre un plan visant à augmenter l’appui des États-Unis et de l’OTAN aux forces armées de la Pologne, de l’Estonie, de la Lituanie, de la Lettonie, et d’autres États membres de l’OTAN;

(2) charger le représentant permanent des États-Unis auprès de l’OTAN de se pencher sur la possibilité de baser définitivement des forces de l’OTAN dans ces pays (S.2277 – Congrès 113e (2013-2014) »

De manière plus générale, les deux parties impliquées dans de vastes jeux de guerre favorisent un scénario d’escalade militaire.

La structure des alliances militaires parrainées par les États-Unis joue un rôle crucial dans la planification de la guerre. Nous sommes face à une force militaire redoutable impliquant une alliance mondiale de 28 États membres de l’OTAN. Les États-Unis et l’OTAN ont établi au-delà de la « région de l’Atlantique », un réseau d’alliances militaires bilatérales avec les pays « partenaires » contre la Russie, la Chine, l’Iran et la Corée du Nord.

Exercices navals importants des États-Unis et l’OTAN

Les préparatifs de guerre sont toujours accompagnés et précédés par d’importants exercices militaires.

Les exercices navals de guerres multiples des États-Unis de l’OTAN seront menés au large des côtes de la Floride dans le cadre de l’opération FLEETEX, à laquelle participeront les États-Unis, le Canada, l’Allemagne et la Turquie.

Le principe sous-jacent de ces jeux de guerre est une « guerre mondiale ». Les quatre États membres de l’OTAN longent des couloirs maritimes stratégiques contiguës aux zones maritimes russes, à savoir la mer et le détroit de Béring (États-Unis), l’océan Arctique (Canada), la mer du Nord (Allemagne) et la mer Noire (Turquie).

Les jeux de guerre de la Floride sont fondés sur l’intégration et la coordination multinationales des opérations navales contre un ennemi sans nom :

FLEETEX est un ensemble d’exercices navals de guerres multiples visant à promouvoir l’intégration de la force et à tester de nombreux ensembles de compétences de combat. Des navires de la marine canadienne, allemande, turque et étasunienne participeront aux exercices. Cette visite portuaire et FLEETEX font partie d’une série d’exercices de formation à laquelle SNMG2 participera lors de son déploiement à l’ouest de l’Atlantique. C’est la première fois depuis plusieurs années qu’un groupe de travail de l’OTAN mène des opérations transatlantiques en Amérique du Nord. Ces événements offrent de multiples possibilités de formation au plus haut niveau des opérations maritimes.

FLEETEX comprendra des scénarios de défense aérienne et sous-marine, de tirs réels et de manoeuvres de navires, conçus pour offrir un entraînement de combat haut de gamme et une précieuse expérience grâce à une formation en groupe de travail intégré. SNMG2, CSG8 et les Forces canadiennes s’entraîneront ensemble comme une seule force afin d’apprendre à travailler comme une unité cohérente en réaction à divers scénarios de menace.

Les navires SNMG2 actuellement déployés en Amérique du Nord comprennent le vaisseau amiral des États-Unis, l’USS LEYTE GULF (CG 55), le navire allemand  FGS NIEDERSACHSEN (F 208), et le navire turc TCG KEMALREIS (F 247). (SNMG2 is in Florida to prepare for Fleetex 18 août 2014, c’est l’auteur qui souligne.)

Jeux de guerre en mer Noire

Il est à noter que FLEETEX est l’un des divers jeux de guerre navale des États-Unis et de l’OTAN contre un ennemi sans nom. En juillet, l’OTAN a mené des exercices navals en mer Noire, dans une région contiguë à la frontière maritime de la Russie.

L’exercice « Breeze » de l’OTAN, organisé officiellement par la Bulgarie, a eu lieu du 4 au 13 juillet avec la participation de navires de guerre de la Grèce, de l’Italie, de la Roumanie, de la Turquie, du Royaume-Uni et des États-Unis.

Le scénario sous-jacent était la « destruction de navires ennemis en mer et l’organisation de la défense aérienne de groupes navals et d’infrastructures côtières ».

Les exercices « visaient à améliorer la compatibilité tactique et la collaboration entre les forces navales des États membres de l’alliance [...] “(Voir Atlantic Council, voir aussi Russia, U.S. ships sail in competing Black Sea exercises, , Navy Times, 7 juillet 2014)

Les exercices de l’OTAN en mer Noire en juillet ont ironiquement commencé  exactement le même jour que ceux de l’« ennemi sans nom » [la Russie], impliquant sa flotte de la mer Noire en Crimée comprenant environ 20 navires et avions de guerre :

La Russie a clairement indiqué qu’elle n’apprécie pas la présence de l’OTAN en mer Noire. La marine russe a fait savoir qu’elle suit les exercices avec des avions de reconnaissance et des navires de surveillance.

« L’aviation de la flotte de la mer Noire prête une attention particulière  au croiseur lance-missiles USS Vella Gulf, lequel dirige les exercices ‘Breeze’ bien qu’il ne soit pas formellement le vaisseau amiral de ces exercices », a indiqué à NTV une source de la marine russe. (Ibid.)

Déploiement de forces terrestres en Europe de l’Est

Depuis 2006, les États-Unis accroissent leur arsenal en Pologne, à la frontière occidentale de la Russie (Kaliningrad). Le déploiement des forces étasuniennes en Pologne a débuté en juillet 2010 (à 40 miles (64 km) de la frontière) et vise à enseigner aux forces polonaises à utiliser des missiles Patriot fabriqués aux États-Unis. (Stars and Stripes, 23 juillet 2010.)

Récemment, le Pentagone a annoncé au début août le déploiement en Ukraine de troupes étasuniennes et de forces de la Garde nationale dans le cadre d’une opération de formation militaire. Les États-Unis et l’OTAN envisagent également d’autres déploiements de forces terrestres (tel que décrit par le général Breedlove de l’OTAN) en Pologne, en Lettonie, en Estonie et en Lituanie, ainsi qu’en Géorgie et en Azerbaïdjan à la frontière sud de la Russie.

Ces déploiements prévus dans l’ébauche de la Loi sur la prévention de l’agression russe font également partie d’une stratégie « défensive » de l’OTAN dans le cas d’une « invasion russe » :

L’annexion de la Crimée par la Russie et le conflit dans l’est de l’Ukraine ont alarmé la Lettonie, l’Estonie et la Lituanie, qui, comme l’Ukraine, sont des anciennes républiques soviétiques avec des minorités russophones.

Les 28 dirigeants de l’OTAN devraient discuter de plans visant à rassurer la Pologne et les pays baltes lors d’un sommet au pays de Galles les 4 et 5 septembre.

Au cours d’une brève visite en Lettonie lundi, Angela Merkel de l’Allemagne, a promis que l’OTAN défendrait les États baltes, mais que des troupes de combat permanentes ne seraient pas envoyées.

« Tout les pays, y compris les États baltes et la Pologne, doivent renforcer leur infrastructure [...] afin de pouvoir accueillir des troupes supplémentaires pour des formations et des situations de crise », a déclaré à Reuters le ministre de la Défense de la Lettonie, Raimonds Vejonis.

Pour la Lettonie cela signifierait des investissements dans la base d‘Adazi pour des troupes terrestres, dans la base aérienne de Lielvarde ainsi que dans la base navale de Liepaja, a-t-il dit, ajoutant qu’il espérait que l’OTAN contribue aux dépenses.

La Lettonie et la Lituanie dépensent respectivement seulement 0,9 et 0,8 pour cent du PIB pour la défense, mais se sont engagées à atteindre l’objectif de l’alliance, soit 2,0 pour cent d’ici 2020.

« Il n’y a pas de menace militaire directe pour le moment, mais nous devons développer nos forces armées, nous devons créer des infrastructures, nous devons être prêts à accueillir des représentants des pays de l’OTAN si jamais il y avait soudainement une agression militaire », a déclaré le ministre. Les Baltiques et la Pologne ont besoin d’accroître leurs infrastructures militaires. (Reuters 22 août 2014.)

Déploiements à la frontière sud de la Russie avec l’Azerbaïdjan et la Géorgie

Le déploiement à la frontière sud de la Russie sera coordonné vertu d’une entente de trois pays signée le 22 août  2014 en Turquie, en Géorgie et en Azerbaïdjan:

 Suite à la réunion trilatérale entre les ministres de la Défense azerbaïdjanais, turc et géorgien, Tbilissi a annoncé que les trois pays sont intéressés à préparer un plan visant à renforcer leur capacité de défense.

« Les représentants des gouvernements de ces trois pays commencent à penser à élaborer un plan pour renforcer leur capacité de défense », a déclaré M. Alasania. Il a ajouté que c’est dans l’intérêt de l’Europe et de l’OTAN, « parce que cette voie de transit [Kars-Tbilissi-Bakou] est utilisée pour transporter la cargaison de l’alliance en Afghanistan », a-t-il dit.

M. Alasania a également noté que ces actions ne visent personne. (Voir Azeri News, 22 août 2014, c’est l’auteur qui souligne.)

La Russie et le « virage asiatique » d’Obama

En Extrême-Orient, les frontières de la Russie sont également menacées par le « virage asiatique » d’Obama.

D’un point de vue militaire, le « virage asiatique » consiste à étendre les déploiements militaires des États-Unis dans la région Asie-Pacifique, ainsi qu’à exploiter la participation des alliés de Washington dans la région, dont le Japon, la Corée du Sud et l’Australie. Ces pays ont signé des accords bilatéraux de coopération militaire avec Washington. En tant qu’alliés des États-Unis, ils doivent s’impliquer dans les plans de guerre du Pentagone à contre la Russie, la Chine et la Corée du Nord :

Le Japon et la Corée du Sud font également partie d’un grand projet militaire étasunien impliquant la mise en place à travers le monde de systèmes de missiles et de forces militaires à déploiement rapide, comme l’avait prévu l’administration Reagan. (Mahdi Darius Nazemroaya,  Alliance militaire mondiale: encercler la Russie et la Chine, Global Research, le 5 octobre 2007)

Cette stratégie d’encerclement militaire du Pentagone exige à la fois un processus décisionnel militaire centralisé (Pentagone, USSTRATCOM) ainsi que la coordination avec l’OTAN et les différents commandements régionaux des États-Unis.

Alors que la Russie relève formellement de la compétence du Commandement des Forces des États-Unis en Europe (USEUCOM), les plans de guerre étasuniens concernant la Russie sont coordonnés par le quartier général du Commandement stratégique des États-Unis (USSTRATCOM) à Omaha, au Nebraska, lequel est en liaison non seulement avec le USEUCOM, mais aussi avec le Commandement des États-Unis dans le Pacifique (USPACOM) et le Commandement du Nord des États-Unis (USNORTHCOM), lesquels joueraient un rôle stratégique clé en cas de guerre avec la Russie.

 

Source: historyfuturenow.com

Accord militaire entre les États-Unis et l’Australie

Le 12 août, les États-Unis et l’Australie ont signé un accord militaire permettant le déploiement des troupes étasuniennes en Australie. Cet accord fait partie du « virage asiatique » d’Obama :

Les États-Unis et l’Australie ont signé un accord mardi [12 août] qui permettra aux armées des deux pays de s’entraîner ensemble et de mieux travailler conjointement lorsque des marines et des pilotes étasuniens sont déployés à l’intérieur et à l’extérieur du pays.

« Cet accord à long terme permettra d’élargir et d’approfondir la contribution de notre alliance à la sécurité régionale », a déclaré mardi le secrétaire étasunien à la Défense Chuck Hagel. Il a décrit l’alliance américano-australienne comme le « socle » de la stabilité dans la région Asie-Pacifique.

Depuis 2011, le nombre de marines là-bas est passé d’environ 250 à plus de 1100. Le ministre australien de la Défense, David Johnston, a déclaré que le territoire du nord a hâte que le nombre de marines atteigne la limite de 2500. (Moscow Times, 12 août 2014.)

L’annonce de l’accord entre les États-Unis et l’Australie coïncide ironiquement (12 août), avec celle de Moscou voulant qu’il procéderait à des exercices navals dans les îles Kouriles du Pacifique (revendiquées par le Japon) :

 « Des exercices impliquant des unités militaires de la région ont commencé. Les unités ont été déployées dans les îles Kouriles », a déclaré à l’agence de nouvelles Interfax le colonel Alexander Gordeyev, un porte-parole du district militaire de l’Est de la Russie. (Ibid.)

Les dangers d’une troisième guerre mondiale

Bien que cette nouvelle confrontation Est-Ouest ait été qualifiée à tort de « nouvelle guerre froide », aucune des garanties en vigueur durant la guerre froide ne prévaut. La diplomatie internationale s’est effondrée. La Russie a été exclue du Groupe des Huit (G-8), redevenu le G-7 (Groupe des sept). Contrairement à la guerre froide, il n’y a pas de « dialogue Est-Ouest » entre les superpuissances en compétition dans le but d’éviter une confrontation militaire. Le Conseil de sécurité des Nations Unies est pour sa part devenu un porte-parole de facto du Département d’État étasunien.

Les États-Unis et l’OTAN ne seront toutefois pas en mesure de gagner une guerre conventionnelle contre la Russie puisque une confrontation militaire risque de conduire à une guerre nucléaire.

Dans l’ère post-guerre froide, les armes nucléaires ne sont plus considérées comme des « armes de dernier recours » comme elles l’étaient en vertu de la doctrine de la guerre froide de « destruction mutuelle assurée » (DMA). Bien au contraire. Le Pentagone décrit les armes nucléaires comme étant « sans danger pour la population civile environnante, car l’explosion est souterraine ». En 2002, le Sénat étasunien a donné le feu vert à l’utilisation d’armes nucléaires dans le théâtre de guerre conventionnelle. Les bombes nucléaires font partie de la « boîte à outils militaire » pouvant être utilisées avec des armes conventionnelles.

Lorsque la guerre devient la paix, le monde est à l’envers. Par une amère ironie du sort, Washington présente maintenant les armes nucléaires comme des « instruments de paix ».

En plus des armes nucléaires, l’utilisation d’armes chimiques est également envisagée.

Les méthodes de guerre non conventionnelle sont également envisagées par les États-Unis et l’OTAN, y compris la guerre financière, les sanctions commerciales, les opérations secrètes, la cyberguerre, la géo-ingénierie et les technologies de modification de l’environnement (CNMOD). Mais la Russie possède aussi d’importantes capacités dans ces domaines.

Les hauts dirigeants occidentaux sont impliqués dans une entreprise criminelle menaçant l’avenir de l’humanité

Le calendrier de guerre contre la Russie a été établi. L’événement de l’OTAN au pays de Galles les 4 et 5 septembre 2014 est d’une importance cruciale.

Nous sommes face à un scénario de Troisième Guerre mondiale, qui sera l’objet du sommet de l’OTAN au pays de Galles, organisé par le premier ministre britannique David Cameron. L’ordre du jour de cette réunion a déjà été décidé par Washington, l’OTAN et le gouvernement britannique. David Cameron a adressé une lettre aux chefs d’État et chefs de gouvernement des pays membres de l’OTAN avant le sommet. Selon lui :

« En réaction aux gestes illégaux de la Russie en Ukraine, les dirigeants [des pays de l'OTAN] doivent examiner lors du sommet la relation à long terme de  l’OTAN avec la Russie. Le premier ministre veut en outre utiliser le sommet pour rassurer ses alliés en Europe de l’Est et décider comment l’OTAN maintiendra une présence robuste dans cette région dans les prochains mois, en s’appuyant sur les travaux déjà en cours dans l’Alliance. » (Voir PPM writes to NATO leaders ahead of NATO Summit Wales 2014.)

Il est essentiel de saper la « chronologie militaire », soit :

  1. bloquer par des pressions politiques et des manifestations la tenue du prochain sommet de l’OTAN les 4 et 5 septembre au Celtic Manor Resort, à Newport au pays de Galles (image de droite). Le but de cette rencontre de l’OTAN, est de « fabriquer un consensus politique » en faveur d’une guerre contre la Fédération de Russie, ce qui pourrait mener le monde vers une Troisième Guerre mondiale. Il est donc essentiel de briser ce « consensus politique »;
  2. En plus des 28 États membres de l’OTAN, représentés par leurs chefs d’État et chefs de gouvernement respectifs, des représentants des pays « partenaires » de l’OTAN seront également au sommet. Dans l’ensemble, les gouvernements de 60 pays seront présents. Il est donc crucial de lancer une vaste campagne antiguerre internationale dans ces 60 pays, afin de bloquer le sommet de l’OTAN au pays de Galles;*
  3. bloquer l’adoption de la «Loi sur la prévention de l’agression russe » (RAPA) au Congrès étasunien, en faisant pression sur les sénateurs et les membres du Congrès. Il faut comprendre que le texte du communiqué du sommet de l’OTAN (dont l’ébauche existe déjà) est largement similaire à celui de la RAPA, actuellement bloquée au niveau du comité. Que la loi soit adoptée ou non, c’est sa substance qui importe, car elle ouvre la voie à l’établissement d’un « consensus politique »;
  4. lancer aux États-Unis et dans tous les États membres de l’OTAN un débat et un important mouvement de protestation antiguerre;
  5. saper la légitimité du programme militaire des États-Unis, de l’OTAN et d’Israël par une contre-propagande visant la couverture des grands médias;

L’opinion publique mondiale doit être mise au courant de ces plans de guerre imminente.

Passez le mot.

Michel Chossudovsky

Note

Pour plus de détails: Sommet des chefs d’État et de gouvernement des pays de l’OTAN – Newport, pays de Galles (Royaume-Uni) – 4 et 5 septembre 2014

 


Traduction : Julie Lévesque pour Mondialisation.ca

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30 août 2014 6 30 /08 /août /2014 06:50

                                                                        MARE NOSTRUM-copie-1

 

 

 

 

tsipras1.jpgLe président de SYRIZA Tsipras en visite au mont Athos pour rassurer l’Église sur ses privilèges fonciers et fiscaux !



 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Alexis Tsipras, leader du parti grec SYRIZA, était en visite du 7 au 9 août au mont Athos, lieu sacré de l'orthodoxie, qui dispose avec ses vingt monastères d'un « statut spécial » en Grèce. Le symbole d'une Église grecque arc-boutée sur ses privilèges, ses abus, son hypocrisie.



Ceux qui voient encore en Tsipras un leader de « gauche radicale » en Grèce ont eu du mal à en croire leurs yeux. Comment ? Lui, la figure montante du « PGE » (Parti de la gauche européenne) et de SYRIZA au Mont Athos ?



La « sainte montagne », lieu saint de l'orthodoxie mais aussi passage obligé pour les futurs gouvernants de la Grèce, halte de prestige pour les « Grands » de ce monde : de Poutine aux oligarques russes, de la famille royale britanniques aux armateurs grecs.



Le mont Athos : Une étape dans la normalisation de SYRIZA, un pas obligé pour tout « honnête » Premier Ministrable



La « normalisation » est en marche, une étape de plus dans la route vers le pouvoir.



Après les assurances envers les dirigeants de l'UE, du FMI, de l'OTAN sur sa volonté de « sauver l'Euro et l'UE », de restaurer la « stabilité sociale » en Grèce, il s'agit maintenant de rassurer les piliers de l'ordre social en Grèce : le patronat, l'armée et maintenant l’Église.



Tsipras a pourtant fort à faire tant l'identité « de gauche », progressiste en Grèce se lie à l'anti-cléricalisme, le ressentiment face à une Eglise au rôle contre-révolutionnaire depuis deux siècles, alliée des régimes dictatoriaux, nantie de privilèges dignes de l'Ancien régime, jouant avec l'Armée la vieille mélodie du 'sabre et du goupillon'.



Alors, que retiendra-t-on de Tsipras au Mont Athos ? M.Tsipras tient à insister qu'il nti'est venu sur ce mont sacré regroupant 20 monastères intégrés à une « république théocratique du Mont Athos » que sur invitation personnelle de la communauté monastique.



Il est néanmoins accompagné de ses deux conseillers aux affaires religieuses Yannis Amanatidis et Makis Lykopoulos, ainsi que de Nikos Pappas, son bras droit. On voit mal ce que ces trois personnes influentes dans la ligne politique (et ici religieuse du parti) auraient à faire dans une simple « visite de courtoisie ».



En décembre, il était prêt à taxer les croyants … en août, il évoque son « respect pour l'Eglise » !



La visite de Tsipras fait suite à une délégation de la communauté monastique à Athènes avec le leader de « gauche » en décembre.



Il y a huit mois, Tsipras aurait évoqué l'hypothèse non d'une nationalisation des biens du clergé, mais d'une taxe sur tous les croyants, comme cela est le cas en Allemagne. Les moines avaient alors encouragé M.Tsipras à mûrir sa position et à venir les rencontrer à Athos.



Tsipras a mûri sa position. Selon ce qu'en rapporte la presse, il aurait cité Nietzsche et Héraclite, devisé sur Dieu et l'homme, la vocation monastique. Au diable les préoccupations mondaines, les taxes foncières non acquittées, les exonérations fiscales maintenues, la laïcisation de l'Etat.



Tsipras aurait par la suite manifesté « son profond respect pour l'Eglise grecque », pour ensuite trouver bien des points communs entre les moines d'Athos et son parti : des valeurs d' « honnêteté (sic) et de respect », les mêmes idéaux « d'égalité et de solidarité ».



L'abbé (bien-nommé) Philotheos lui a rendu la pareille, confiant tout le bien qu'il pense de son attitude auprès des moines, lui confiant : « On suit votre parcours, nous prions pour que la Grèce, les Grecs puissent avoir de bons gouverneurs ». Amen.



Le pacte : Tsipras ne touchera pas aux privilèges de l'Eglise, en échange elle ne fera pas obstacle à son élection



La presse grecque ne s'est pas trompée sur le sens de cette visite « touristique » de Tsipras.Le leader de « gauche » sait qu'il ne peut être majoritaire si il s'aliène le vote des croyants (79 % des Grecs croient en Dieu).



Il sait que ce vote dépend du pouvoir social énorme de l’Église, qu'aucun premier ministre ne peut être élu sans recevoir la bénédiction de l'institution ecclésiastique.



D'où un pacte simple, tacite, forgé durant ce séjour : (1) – un gouvernement mené par SYRIZA ne remettra pas en cause les privilèges de l'Eglise, sa situation prédominante ; (2) – l'Eglise ne fera pas obstacle à l'accession au pouvoir de Tsipras, lui accordant sa bénédiction.



Ce type de marchandages politiciens, bradant l'héritage des luttes populaires pour l'émancipation de la domination cléricale, a indigné un certain nombre de militants mais aussi de cadres de SYRIZA, telle Hélène Portaliou, membre du Comité central, dirigeante du Parti à Athènes.



Elle a dénoncé dans son article « Alexis Tsipras au mont Athos » le fait que « notre dirigeant (Tsipras) est prêt à aller à la pêche aux voix qu'il espère ramener par la voie religieuse ».



Il a osé le slogan zapatiste « Tout est à tous, rien est à nous ici » … dans le temple des privilèges de l'Eglise grecque, riche et corrompue !



Une phrase du leader de « gauche » a particulièrement choqué. Louant le mode de vie monastique, Tsipras a repris le mot d'ordre zapatiste : « Ici, on peut dire que vous vivez sous ce slogan : 'tout est à tout le monde, rien est à nous' ! ».



Serait-ce à Athos, le socialisme du XXI ème siècle ? Cela pourrait prêter à sourire, si les « moines du Mont Athos » ne représentaient pas pour les travailleurs grecs tout ce qu'il y a de plus scandaleux dans la toute-puissance de l'Eglise grecque dans la société.



Rappelons : (1) qu'il n'y a pas de séparation en Grèce entre Eglise et Etat. C'est ce qui explique le voyage de Tsipras à Athos, hors de l'Eglise point de salut pour les dirigeants de Grèce dans un pays où la Constitution impose « le christianisme orthodoxe comme religion d'Etat ».



Cela signifie aussi que les prêtres grecs sont payés par l’État. Une facture qui s'élève à 200 millions d'euros chaque année.



(2)que l'Eglise est le premier propriétaire foncier dans le pays. Un patrimoine (sous-) évalué entre 1 et 2,5 milliards d'euros. Outre les bâtiments religieux, l’Église contrôle 130 000 ha de terres, des réseaux d'hôpitaux et écoles privés, et même des hôtels et restaurants de luxe.



(3)qu'elle bénéficie de privilèges fiscaux exorbitants. Quand on sait que l’Église n'a payé que 12 millions d'euros en 2012, on est loin du compte, au vu du patrimoine officiel. Il faut dire que, jouant de son influence sur le pouvoir politique, l’Église a continué à voir ses privilèges intacts.



En 2010, le gouvernement socialiste avait aboli la taxe de 35 % sur le denier du culte. En 2011, il avait exempté l’Église du paiement de la taxe sur la propriété foncière qui a touché tous les Grecs via la facture d'électricité.



(4)que les moines d'Athos sont un exemple de la richesse fraduleuse de l’Église. Que Tsipras puisse présenter les moines comme un modèle d' « honnêteté », un communisme théocratique en acte, c'est proprement incroyable, pour tout connaisseur de la Grèce.



Athos et l'argent, pour un Grec, c'est le plus grand scandale immobilier, de corruption, de vol du patrimoine public de ces dernières années.



En 2005, alors que les moins entament la rénovation onéreuse du monastère de Vatopedi, ils découvrent lors de fouilles des droits de propriété pluri-séculaires sur des terrains au Nord de la Grèce autour du lac de Vistonida.



Des terres de faible valeur que les moines – par l'entremise du pieux père Ephraim – s'empressent de troquer à l'Etat en échange de terrains publics à haut potentiel immobilier.



Les moines re-vendent immédiatement les terrains et dégotent une plus-value chiffrée entre 100 millions et 1 milliards d'€.



En 2011, le scandale éclate, père Ephraim est rattrapé par la justice : 200 millions d'€ sont retrouvés sur son compte en banque. Ce genre d'opérations de spéculation immobilière sous patronage ecclésiastique n'est hélas pas une exception en Grèce, où elles se chiffraient à plusieurs dizaines.



 

« Tout est à eux, rien est à nous : tout ce qu'ils ont, ils l'ont volé! ». Ce slogan qu'on connaît bien, chaque militant de gauche en Grèce l'entonne depuis des décennies face à une force qui a fait systématiquement obstacle au changement, et qui désormais est prêt à bénir Saint-Alexis.

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29 août 2014 5 29 /08 /août /2014 14:30

 

                                                                                cerveau animé

 

 

 

En lien avec l’actualité en Irak : qui sont les Yézidis ?

Par Ines Zebdi

Le monde découvre les Yézidis, qui forment une communauté religieuse mal connue et qui, victimes de persécutions de la part de l’Etat Islamique (EI), sont contraints aujourd’hui de fuir leur terre du Kurdistan, vers la Syrie notamment. Les Yézidis sont environ 700 000 et la quasi-totalité de cette communauté vit dans le Nord de l’Irak, dans les environs du mont Sinjar. Ils sont victimes d’une « épuration ethnique » depuis la mise en place de l’Etat islamique.

Du point de vue religieux, cette communauté est une branche musulmane non chiite, dispersée dans toute l’Asie mineure, mais c’est en Irak que les Yézidis sont les plus nombreux, au nord-ouest de Mossoul. Toutefois, la communauté compte aussi des adeptes en Turquie, en Iran, en Arménie, et en Syrie. Les Yézidis possèdent toutes les caractéristiques ethniques des Kurdes, notamment physiques et linguistiques, leur dialecte, le kurmandji, étant similaire à celui des Kurdes, et ils ne se distinguent d’eux que par leur croyance religieuse, même si le yézidisme ressemble à la religion que les Kurdes pratiquaient autrefois. Le Yézidisme puiserait ses origines aux XIIème et XIIIème siècles.

Selon une tradition orale yézidie, ce groupe serait originaire de Bassorah et de la région du bas-Euphrate en Irak, puis il aurait migré vers la Syrie et le Kurdistan, où il se trouve actuellement. Là, il se serait « kurdisé » et éloigné de l’islam orthodoxe. Plusieurs thèses s’affrontent sur l’origine ethnico-religieuse de cette communauté. Pour les Kurdes, ils sont les « Ayzâdi », ce qui les rattacherait à une origine kurde. Pour d’autres, le mot yazidi ou yézidi aurait son origine dans le proto-iranien yazatah, qui signifie ange ou être suprême. D’autres explications ont été avancées : ils seraient une faction des sabéens, ou leur religion serait une forme du Zoroastrisme, mais selon la thèse la plus répandue, les Yézidis se rattacheraient au calife omeyyade Yazîd ibn Mûawyia. Ce dernier, ayant renoncé au sunnisme, se serait ultérieurement incarné en Cheikh Adî, qui est considéré comme ayant redonné vie au mouvement yézidi. Ce personnage réunit auprès de lui quelques disciples et professa plusieurs doctrines, comme en témoignent ses écrits. A sa mort, ceux qui le suivaient ont été vus comme de véritables hérétiques aux yeux des musulmans.

La doctrine yézidie

La doctrine yézidie est aujourd’hui très éloignée de la pratique de l’islam, aussi bien chiite que sunnite. Pendant longtemps, le yézidisme fut perçu comme un « paganisme à prétentions islamiques », ce qui a déjà valu dans le passé à cette communauté d’être persécutée par certains musulmans. Les Yézidis se disent descendant d’Adam exclusivement, et non pas d’Adam et Eve, ce qui fait d’eux des êtres à part et qui exclut toute conversion : on ne devient yézidi que par naissance. Selon le mythe yézidi, le calife Yazid qui a donné son nom à la communauté aurait abandonné le sunnisme et le Cheikh Adi serait sa incarnation. Mais les sunnites sont très réservés quant à ce calife, et les chiites lui sont clairement hostiles, car il aurait réprimé la révolte des partisans d’Ali et tué Husayn, le petit-fils du Prophète Mahomet, à Kerbela, le 10 octobre 680 ; il serait également responsable du pillage de Médine, du bombardement de La Mecque, et de l’incendie de la Ka’ba. Cette haine des chiites s’est donc étendue aux Yézidis, accusés de se livrer à des débauches rituelles et de blasphémer le Coran ; ils sont d’ailleurs surnommés les « adorateurs du diable ».

Les traditions yézidies se transmettent essentiellement par voie orale, mais deux livres sacrés existent cependant : « Le Livre de la Révélation », et « Le Livre Noir ». Les Yézidis croient en un Dieu unique qui serait entouré de sept anges semi-divins, et la tradition voudrait qu’ils aient tous, sauf un, vécu sur Terre à l’époque du Cheikh Adi, considéré comme le véritable fondateur de la communauté. Parmi ces sept anges, l’un, le plus éminent, est surnommé « l’ange-paon » (Taous Malak). Le culte du paon remonte à l’époque des Assyriens et se retrouve dans plusieurs croyances. Or, d’après certains commentateurs du Coran, le diable aurait d’abord revêtu l’aspect d’un paon pour s’introduire au Paradis terrestre et tenter Adam et Eve. Pour les musulmans, les Yézidis adoreraient donc un ange qui serait en fait le diable. Selon la doctrine yézidie au contraire, le culte du paon serait un hommage rendu au mal réconcilié avec le bien, l’ange-paon ayant passé 7 000 ans à expier ses péchés en enfer, où ses larmes auraient réussi à en éteindre les flammes.

Du point de vue des rituels de culte, les Yézidis se tournent vers le Soleil et l’Etoile polaire pour prier, et il existe des périodes de jeûnes, des pèlerinages et des sacrifices qui rappellent l’islam. La circoncision est également pratiquée et le baptême est obligatoire. D’autres pratiques rappellent aussi le christianisme, comme la consommation rituelle de vin, et la fréquentation des Eglises à l’occasion des mariages. A cela s’ajoutent des éléments soufis, comme les danses extatiques, mais également druzes, par exemple le droit accordé aux femmes d’exercer des fonctions religieuses. Les interdits alimentaires portent sur la laitue et le porc.

Par ailleurs, la société yézidie est organisée selon un système de castes, fondé sur la spécialisation religieuse et le lignage. Au sommet de ces castes se trouvent le prince des Yézidis, et le cheikh suprême.

L’évolution politique de la communauté

Pendant l’Empire ottoman. Le yézidisme a connu un développement important au Moyen Âge jusqu’au XIVème siècle, mais il a connu ensuite une décadence rapide, notamment à cause des persécutions et des massacres dont les fidèles furent victimes. En 1414, les princes musulmans rasèrent par exemple le sanctuaire du Cheikh Adi. Pendant l’Empire ottoman, leur situation a varié en fonction des époques. Dans un premier temps, les Turcs ont dû faire alliance avec les tribus yézidies et leur céder des terres afin de s’assurer de leur soutien. Mais une fois la domination ottomane installée au Kurdistan, les faveurs ont cessé, le yézidisme a connu un net recul et les persécutions ont été de plus en plus vives, avec assauts, pillages et enlèvements, redoublant même de violence au XIXème siècle. A cette époque, on considérait que tuer un Yézidi assurait une place au paradis. En 1892, le général ottoman Umar Wahbi ira jusqu’à menacer les Yézidis d’une extermination totale s’ils n’abandonnent pas leur religion pour l’islam. Ce général fut finalement révoqué et les Yézidis vécurent en paix jusqu’à la Première Guerre mondiale. Après le premier conflit mondial, les Yézidis d’Irak et de Syrie sont restés des soutiens des puissances européennes, mais ils ont été soumis à différentes politiques en fonction de leur situation géographique. En Turquie, la politique de turquisation et de répression des Kurdes a épargné les Yézidis, mais beaucoup ont migré vers le Sinjar et le Jabal Sim’ân, en Irak et en Syrie actuelles. Beaucoup de Yézidis vivant actuellement dans ces régions sont d’origine turque.

Les Yézidis d’Irak. C’est en Irak que les Yézidis sont parvenus à préserver une certaine autonomie. Les montagnes du Sinjar sont peuplées quasiment uniquement par les Yézidis, qui vivent encore à l’état tribal, comme la plupart des Kurdes, et ont pu jouir d’une complète liberté. Sous le mandat britannique, la région fut très calme et les rivalités internes au Kurdistan semblaient s’être atténuées, car l’administration était plus sévère que l’administration turque dans l’Empire ottoman, et il était plus difficile d’obtenir des armes. De plus, le gouvernement versait des pensions que les habitants étaient susceptibles de perdre en cas d’insubordination. Mais quand l’indépendance de l’Irak fut proclamée, l’Etat se montra moins clément vis-à-vis des communautés yézidies, qui commençaient à émettre des souhaits d’indépendance. Le gouvernement souhaitait qu’ils intègrent l’armée du pays, et suite à de nombreuses persécutions, les Yézidis se sont résignés en 1936 à fournir un « quota » de jeunes gens pour le service militaire. En 1969, ils avaient obtenu la reconnaissance du gouvernement irakien, avec un bureau de représentation à Bagdad, et l’inscription en tant que communauté religieuse (taïfa dinyyiah). Mais en 1974, le Kurdistan irakien obtient son autonomie, ce qui déclenche une certaine amertume chez les Yézidis, souhaitant eux aussi bénéficier d’avantages économiques. Ils se sont donc révoltés à nouveau en 1974, mais ce mouvement a été réprimé par l’armée.

Les Yézidis en Syrie. En Syrie, les Yézidis sont répartis sur une très vaste étendue et seraient environ 150 000. Au XVIIIème siècle, la communauté était assez importante pour peser dans le jeu politique : souhaitant se délivrer du joug ottoman, ils ont proposé à l’ambassadeur de France à Alep une alliance contre les Turcs. Au XIXème siècle, la communauté était déjà beaucoup moins dense, mais les Yézidis de Syrie n’ont pas été victimes de massacres comme l’ont pu être les Yézidis des pays voisins. La répression qu’ils ont subie était plutôt d’ordre économique et social. Longtemps, les membres de cette communauté ont été exploités par les sunnites et très touchés par la pauvreté. Les Yézidis irakiens, isolés du monde extérieur, avaient su garder une certaine cohésion, alors que les Yézidis syriens se sont fondus dans la population et sont plus dispersés géographiquement. La communauté n’a cessé de diminuer, du fait des migrations et des conversions à l’islam sunnite de plus en plus nombreuses.

Depuis l’arrivée de l’Etat Islamique dans le Nord-Est de l’Irak, les persécutions contre les Yézidis sont revenues à l’ordre du jour, de même que celles touchant les Chrétiens, ce qui les pousse à fuir. Chaque jour, des membres de la communauté sont tués et enlevés, et leurs lieux de culte, reconnaissables à leurs dômes surmontés de flèches, sont détruits. Plus de 35 000 Yézidis ont dû prendre la fuite par « le Corridor de Sinjar », une zone désertique montagneuse contrôlée par les Kurdes, et qui transite par le territoire syrien pour rejoindre la province kurde de Dohouk. Entre 10 000 et 15 000 Yézidis ont également trouvé refuge dans le nord-est de la Syrie. Face à cette situation humanitaire sans précédent, les Nations unies ont relevé au maximum le niveau de l’urgence humanitaire, en promettant des ressources supplémentaires. Des pays occidentaux se sont portés volontaires pour aider les populations menacées, et lutter contre l’Etat islamique. La Grande-Bretagne a ainsi annoncé la livraison de matériels militaires aux forces kurdes afin de les aider dans leur lutte contre les djihadistes. Les Etats-Unis et la France ont également promis de l’aide aux personnes déplacées, parachutant notamment de l’eau et des lampes solaires. La Commission européenne a annoncé elle aussi qu’elle était en mesure d’accorder 5 millions d’euros supplémentaires à l’Irak pour aider les communautés déplacées et les populations devant les accueillir. 

Bibliographie :

- Chabry Annie, Chabry Laurent, Politique et minorités au Proche-Orient : les raisons d’une explosion, Paris, Maison Neuve et Larose, 1984
- Nelida Fuccaro, The other Kurds, I.B. Tauris Publishers, London, 1999.
- John S. Guest, Survival among the Kurds : A history of the Yezidis, Kegan Paul, 1993.
- Droit et religions, Annuaire volume 7, année 2013-2014, Université d’Aix-Marseille, Faculté de droit et de science politique.

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28 août 2014 4 28 /08 /août /2014 11:22

                                                                             MARE NOSTRUM-copie-1

 

Par : Richard Labévière
Publié le : 28/08/14

 

 

C’est la cerise sur le gâteau d’une diplomatie à dominante fast-food :après avoir hurlé à l’unisson avec Cameron et Sarkozy « Bachar Dégage !», voilà que le président Obama demande la permission à son homologue syrien de bombarder les positions syriennes de l’Etat islamique d’Irak etdu Levant. Ce n’est plus un pied de nez de l’histoire, mais un furieuxcoup de pied aux fesses ! Cette péripétie ubuesque est l’aboutissementde 69 ans de diplomatie américaine dans sa gestion des réservespétrolières de l’Orient compliqué. A défaut d’une psychanalyseapprofondie, une telle contorsion schizophrénique réclame à tout lemoins quelques retours sur images…

 

UN PACTE FONDATEUR

Le Pacte du Quincy 1 est l’acte fondateur à partir duquel se construisent et se déconstruisent les postures successives du Département d’Etat (démocrate ou républicain) jusqu’à la dernière réconciliation avec la Syrie de Bachar al-Assad. Au sortir de la deuxième guerre mondiale, les Etats-Unis remplacent en Orient la Grande-Bretagne et dans une moindre mesure la France. Traumatisés par leurs difficultés d’accès aux matières premières vitales pour leur économie de guerre durant le deuxième conflit mondial, les Etats-Unis font de la maîtrise des ressources naturelles l’une de leurs priorités stratégiques nationales. Par conséquent, ce pacte fondateur s’articule sur cinq points :

-          La stabilité de l’Arabie saoudite fait partie des « intérêts vitaux » des États-Unis qui assurent, en contrepartie, la protection inconditionnelle de la famille Saoud et accessoirement celle du Royaume contre toute menace extérieure éventuelle.

-          Par extension la stabilité de la péninsule Arabique et le leadership régional de l’Arabie saoudite font aussi partie des « intérêts vitaux » des États-Unis.

-          En contrepartie, la monarchie garantit l’essentiel de l’approvisionnement énergétique américain.

-          Les autres points portent sur le partenariat militaire, économique, commercial et financier saoudo-américain ainsi que sur la non-ingérence américaine dans les questions de politique intérieure saoudienne.

Ce dernier aspect mérite explication. En effet, Washington va non seulement encourager le leadership saoudien sur l’ensemble du monde arabo-musulman, mais va aussi tirer le meilleur parti de l’idéologie wahhabite de la monarchie pétrolière et de sa diplomatie du chéquier qui - du Maroc jusqu’à l’Indonésie -, consiste à acheter les alliances sunnites et à « wahhabiser » la religion du Prophète. Dans ce contexte, les services américains vont abondamment instrumentaliser la Confrérie égyptienne des Frères musulmans (largement soutenue et financée par le roi Fayçal d’Arabie) contre Nasser, à l’encontre d’un Yémen à l’époque socialisant et de toutes autres expressions d’un nationalisme arabe soutenu par l’Union soviétique. Cette politique consiste à favoriser l’implantation des Frères - devenus le principal vecteur de l’islamisme politique -, dans l’Algérie socialiste de Boumediene et les territoires palestiniens contrôlés par une OLP, à l’époque marxisante et laïque. Le Hamas prendra ensuite le relais avec la bénédiction de Tel-Aviv et de Washington, avec le succès que l’on connaît… Cette instrumentalisation des « fous de Dieu » va culminer en Afghanistan durant la décennie 1979/89 où l’on verra les services américains participer activement, avec l’argent saoudien et le soutien opérationnel du Pakistan, à la fabrication d’une Al-Qaïda 2 engagée contre l’armée soviétique. Ce jeu d’apprenti sorcier va survivre à la chute du Mur et la même instrumentalisation de l’islamisme sunnite va se poursuivre dans les anciennes républiques soviétiques musulmanes, en ex-Yougoslavie, dans le nord-ouest de la Chine, en Afrique, sinon en Europe…

ECHEC A BEN LADEN ET AUX FRERES MUSULMANS

Même si la créature Ben Laden se retourne contre ses maîtres après la première guerre du Golfe (février 1991), les services américains continuent à garantir la promotion globale des Frères musulmans, du wahhabisme saoudien et de leurs sous-produits islamistes militants, de leurs composantes associatives et culturelles jusqu’aux groupes armés… Les attentats du 11 septembre 2001 n’y changent rien ! Même si elles représentent un sérieux dysfonctionnement de l’alliance américano-saoudienne, ces attaques traumatiques s’inscrivent dans la logique lourde du Pacte du Quincy et ce ne sont pas leurs 3000 victimes qui peuvent en altérer les intérêts fondateurs. Aux lendemains des attentats, Zbigniew Brzezinski - qui fut conseiller à la sécurité du président Carter, aujourd’hui conseiller de Barack Obama -, revendique fièrement la paternité de l’enlisement soviétique en Afghanistan et range les victimes du World Trade Center dans la colonne « pertes et profits » de la fin de la Guerre froide !

Après avoir beaucoup hésité, le président Obama finira par se décider - contre l’avis de plusieurs de ses diplomates et services spéciaux -, à tourner la page Al-Qaïda, estimant, qu’à terme, la promotion d’un islamisme sunnite global ne sert plus prioritairement des intérêts américains redéployés en direction de l’Asie Pacifique et de l’Asie centrale… Dans la nuit du 2 mai 2011, Oussama ben Laden est tué dans la ville d'Abbottabad au Pakistan dans une résidence fortifiée, surveillée par les services de renseignement américains depuis août 2010, à environ 50 kilomètres d'Islamabad et à moins de 140 kilomètres des régions tribales, lors d'une opération militaire menée au sol par une vingtaine de commandos de l'US Navy. Cette opération est intervenue dans le contexte très particulier de la montée en puissance des mal nommées « révolutions arabes ».

En neutralisant Oussama Ben Laden, la Maison Blanche cherche à éviter une convergence possible entre l’onde de choc qui se propage de la Tunisie, l’Egypte, la Libye, le Yémen à la Syrie et la nébuleuse Al-Qaïda. Dépassé par l’ampleur du mouvement, le Département d’Etat ressort son joker Frères musulmans, estimant que la Confrérie pourrait incarner une espèce de « révolution thermidorienne » et assurer une alternative politique crédible, non seulement en Egypte mais aussi en Tunisie et en Syrie. Les services américains déploient beaucoup de moyens et d’énergie pour favoriser l’accès des Frères aux pouvoirs vacants. Réussite éphémère : Rached Ghannouchi - le chef d’Ennahdha -, s’installe au pouvoir en Tunisie, tandis que Mohamed Morsi - le président du Parti Liberté et justice, émanation de Frères -, s’installe sur le trône de Moubarak. Après un an de pouvoir, les caisses sont vides, trente millions d’Egyptiens sont dans la rue et permettent à l’armée de reprendre le pouvoir. La Tunisie connaît elle-aussi une évolution qui marginalise progressivement les Frères musulmans.

JIHADISTES LOCAUX CONTRE JIHADISTES GLOBAUX

Mais l’hypothèque thermidorienne est levée ! Il faut trouver autre chose que les Frères pour assurer l’avenir du contrôle du Moyen-Orient et endiguer les velléités de renaissance d’Al-Qaïda en Syrie où la guerre civile se généralise à partir de l’automne 2011, risquant de déstabiliser toute la région. Les services américains vont faire un nouveau choix désastreux en misant sur des factions islamistes en faveur d’un « jihad local » contre leurs semblables, partisans du « jihad global ». Ce faisant, ils pensent se débarrasser du régime de Bachar al-Assad et « siphonner les effectifs d’Al-Qaïda en Irak », selon les propres termes d’un responsable local de la CIA… La Centrale pense pouvoir utilement jouer des différends de personnes et d’intérêts qui fragmentent la rébellion sunnite. Ses agents rencontrent à plusieurs reprises le chef de file des « jihadistes locaux » qui commande une organisation appelée Da’ech 3 , lui apportant renseignements, armements et soutiens logistiques.

Durant l’hiver 2011/2012, une partie conséquente des effectifs de Da’ech (Irakiens et Syriens) va s’infiltrer en Syrie pour prêter main forte à la rébellion qui s’amplifie contre le régime de Damas. Ces effectifs constitueront le front Al-Nosra (le secours, l’assistance ou l’appui). Il est intéressant de rappeler que le nom du groupe sera tiré de la dernière phrase d’une livre intitulé « L’appel à la résistance islamique mondiale » écrit par Abou Moussaab Alsouri (de son vrai nom Moustapha Al-Rifaï Sit Mariam), Syrien né à Alep en 1958, considéré par les GIA algériens comme l’une de leurs principales références. L’embryon d’Al-Nosra avait fait partie des « Avant-gardes combattantes », groupe dissident des Frères musulmans syriens qui devait déclencher la révolte armée contre des officiers syriens alaouites entraînant le siège, puis la répression de Hama en 1982. A la suite de ces événements, Alsouri a fui la Syrie pour rejoindre Abdallah Azam, le mentor de Ben Laden en Afghanistan.

Cet homme a joué un rôle très important pour regrouper tous les moudjahidines au sein d’Al-Nosra. Au départ, ce rassemblement adopte un profil bas et se concentre sur le combat contre le régime de Bachar al-Assad, ne voulant pas entrer en conflit avec les autres composantes de la révolte syrienne. Al-Nosra a comme émir désigné Abou Mohammad al-Julani. En avril 2013, Abou Baker al-Bagdadi, l’émir de l’Etat islamique d’Irak déclare la fusion de son organisation avec le pays de Cham et rappelle à l’ordre son second Al-Julani.

Celui-ci rejette la fusion et en appelle à Ayman al-Zawahiri pour lui faire arbitrer le litige. Le nouveau chef d’Al-Qaïda ne reconnaît pas la fusion et se prononce en faveur de Julani et de ses « jihadistes globaux ». Mais avec l’extension des opérations militaires en Syrie et la mainmise de Da’ech sur les puits de pétrole syriens, l’autonomisation financière favorise une augmentation substantielle de ses effectifs. L’organisation estime désormais qu’elle est capable de créer un Etat et de s’autoproclamer comme « direction du Jihad mondial » à la place de Zawahiri et d’Al-Qaïda… De fait, Al-Qaïda reste muette sur les derniers événements d’Irak malgré des appels réitérés de plusieurs groupes armés se sentant en rupture de référence théologico-stratégiques.

WASHINGTON OPTE POUR L’ETAT ISLAMIQUE

Cette situation aboutit à la prise de Mossoul le 9 juin dernier. A ce moment-là encore, les services américains estiment que cet événement leur permettra de peser à la fois sur la Syrie, l’Iran et le gouvernement pro-iranien d’Irak. La Maison Blanche réagit mollement à la prise de Mossoul par les « jihadistes locaux » qui font main basse sur les dépôts d’armes et les coffres bancaires de la deuxième ville d’Irak. Très encadrée par les services de renseignements turcs et les bailleurs de fonds saoudiens, la nouvelle situation résulte d’une convergence assemblant plusieurs acteurs composites et hétérogènes impliquant : une révolte populaire sunnite face à l’incurie de la politique de discrimination et de corruption du gouvernement de Nouri al-Maliki ; l’armée de la Confrérie Naqshabandi (appellation générique des groupes armés liés au parti Baath dirigé par l’ancien numéro deux du régime de Saddam Hussein - Ezzat Ibrahim al-Duri -); plusieurs grandes tribus sunnites ayant en leur sein de nombreux soldats et officiers de l’ancienne armée irakienne licenciés par l’administration militaire US; enfin, de nombreux citoyens sunnites excédés par la gouvernance de Maliki.

Dans un premier temps, la Maison Blanche minimise la portée stratégique de la prise de Mossoul et du tiers du territoire irakien en cherchant à se débarrasser de Maliki par la formation d’un gouvernement d’union nationale. Washington pense avoir la situation militaire en main : les services spéciaux gardent le contact avec les « jihadistes locaux », drones et forces spéciales sont installés à Erbil et Bagdad, la frontière jordanienne et la capitale irakienne sont sanctuarisés, tandis que les Iraniens ont massé des troupes suffisantes pour sécuriser leur propre frontière avec le nouvel Etat islamique. Mais les nouveaux amis de Washington s’avèrent vite incontrôlables : tribunaux islamiques, enlèvements, décapitations, etc. Le « jihadisme local » tourne à la barbarie et menace le nouvel agenda américain. Le président Barack Obama décrète que l’Etat islamique représente désormais « la première menace terroriste dans le monde ».

LE CALIFAT CHANGE LA DONNE

La proclamation du califat sur l’ancien territoire des deux premiers empires arabes (Omeyyade-Syrie et Abbasside-Irak), le dimanche 29 juin 2014, premier jour du mois sacré du Ramadan, finit de changer la donne. En se transformant en Califat, le nouvel Etat islamique menace désormais les lieux saints de l’Islam, La Mecque et Médine. Les Saoudiens et les autres monarchies du Golfe prennent peur. Avec l’aval de Riyad et des autres capitales du Conseil de coopération du Golfe, les forces armées américaines procèdent alors à leurs premiers bombardements aériens ciblant des sites stratégiques du nouvel Etat islamique dans la nuit du 2 au 3 juillet derniers. Ce genre d’opérations militaires peut s’avérer efficace lorsque l’ennemi est en mouvement, sinon en voie d’installation. Mais ayant investis villes, villages et oasis, en immersion dans les populations locales, les « jihadistes locaux » sont maintenant plus difficiles à déloger sans d’importants « dommages collatéraux ».

Les experts du Pentagone en sont désormais persuadés : des opérations au sol sont nécessaires. Il faut aussi prévoir de nouveaux bombardements visant la profondeur stratégique régionale de l’Etat islamique sur différents territoires syriens. Cette nouvelle approche militaire nécessite le soutien, sinon l’accord de Téhéran et de … Damas. Depuis mars dernier, Bouthaïna Chaabane - la conseillère de Bachar al-Assad -, ne cache pas que « Damas et Washington ont repris des contacts depuis plusieurs mois ». En juin dernier, celle-ci rencontre à Oslo le ministre norvégien des Affaires étrangères, l’ancien président Jimmy Carter et Jeffrey Feltman, le secrétaire général adjoint des Nations unies en charge des Proche et Moyen-Orient.

La Maison blanche vient de demander le feu vert de Damas pour bombarder des bases de l’Etat islamique en Syrie. Trop content d’accepter, Bachar al-Assad peut se féliciter de voir celui qui voulait le « dégager », lui demander aujourd’hui son aide pour éradiquer les « jihadistes locaux », ceux-là même que Damas combat depuis ce même automne 2011…

Pour la sauvegarde et la promotion de leurs seuls intérêts, les Etats-Unis auront successivement joué en 69 ans - depuis la signature du Pacte du Quincy -, le wahhabisme saoudien, les Frères musulmans, Al-Qaïda et finalement les « jihadistes locaux » de l’Etat islamique d’Irak et du Levant. Eloquente, cette série de fiascos aboutit aujourd’hui à l’esquisse d’une nouvelle alliance américaine avec la Syrie et l’Iran. Les Européens et la France suivront. En deçà du dernier remaniement ministériel français, toute la question est maintenant de savoir comment Messieurs Hollande et Fabius vont manger leur chapeau avant de reprendre… le chemin de Damas !

1 Le Pacte du Quincy a été signé le 14 février 1945 sur le croiseur USS Quincy entre le roi Ibn Séoud, fondateur du royaume d'Arabie saoudite et le président américain Franklin Roosevelt, de retour de la conférence de Yalta. La durée de cet accord était prévue pour une durée de 60 ans. Il a été renouvelé pour une même période en 2005 par le président George W. Bush sans beaucoup intéresser nos grands experts médiatiques…

2Arundhati Roy (trad. Frédéric Maurin) : Ben Laden, secret de famille de l'Amérique, Gallimard, coll. « Hors série Connaissance »,‎ 2001, 32 p.

3 Acronyme de « Daoulah islamiya fi el Irak wal Cham », ce qui signifie l’Etat islamique en Irak et au Levant, Da’ech est le parapluie d’une multitude de composantes islamistes, idéologiquement se réclamant du « salafisme jihadiste », mais ayant des origines nationales et organisationnelles diverses : on y trouve des activistes venant d’Arabie saoudite, de Tchétchénie, de Libye, du Maroc, de Jordanie, etc. Un noyau dur est identifiable constitué de Syriens de Syrie et d’Irakiens d’Irak.

Par Richard Labévière

Source : Espritcors@ire>

http://www.espritcorsaire.com/?ID=429/Richard_Labévière/

 

commentaire:            

u-cursinu-rossu.jpgU Cursinu Rossu:       

Laurent Fabius compte-t-il changer de stratégie,

maintenant que nos maîtres états-uniens  ont modifé leur

approche?

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28 août 2014 4 28 /08 /août /2014 11:01

 

 

Clio

 

Clio, la muse de l'Histoire

 

source: http://www.une-autre-histoire.org/

Racisme pendant la guerre de 14 : la circulaire Linard

 

La circulaire Linard est un document confidentiel qui circula au sein de l’état-major et des commandants des régions militaires en août 1918.

Elle définit l’attitude à adopter vis-à-vis des troupes afro-américaines placées sous commandement français.

Ce qui n’était au départ qu’une note confidentielle (probablement inspirée par les Américains) destinée au bureau franco-américain de l’état-major des  armées fut répercuté par le chef de ce bureau, le général Vidalon, dans l’ensemble des régions militaires (ainsi qu’aux gouverneurs militaires de Lyon et de Paris) le 12 août 1918.

Quelques jours plus tard, les 23 exemplaires diffusés sont repris par le général Vidalon et brûlés (sauf l’exemplaire directement remis à Clémenceau et destiné au gouverneur militaire de Paris).

C’est bien évidemment l’état d’esprit exprimé dans cette circulaire qui a inspiré l’éviction d’Eugène Bullard de l’aviation française en novembre 1917 (à la demande des autorités américaines).

Elle permet, par déduction, d’imaginer ce que l’état-major français, ou du moins une partie de l’état-major pensait de ses propres troupes coloniales : une vision qu’il était évidemment impossible d’exprimer par écrit.

La circulaire sera dénoncée par le député Blaise Diagne dans une lettre du 16 novembre 1918 adressée au ministre de la Guerre.

Le député de la Guadeloupe Achille René-Boisneuf brandit la circulaire à l’assemblée nationale le 25 juillet 1919 et en donne lecture. Une résolution est immédiatement adoptée, qui condamne le racisme.

 

Le texte de la circulaire Linard

 

Mission militaire française près l’Armée Américaine

7 août 1918

Au sujet des troupes noires américaines

I. Il importe que les officiers français appelés à exercer un commandement sur des troupes noires américaines, ou à vivre à leur contact, aient une notion exacte de la situation des nègres aux États-Unis. Les considérations exposées dans la note suivante devraient donc leur être communiquées, et il y a un intérêt considérable à ce qu’elles soient connues et largement diffusées ; il appartiendra même aux autorités militaires françaises de renseigner à ce sujet par l’intermédiaire des autorités civiles, les populations françaises des cantonnements de troupes américaines de couleur.

II. Le point de vue américain sur la « question nègre » peut paraître discutable à bien des esprits français. Mais il ne nous appartient pas à nous Français de discuter ce que certains appellent un « préjugé ». L’opinion américaine est unanime sur la « question noire » et n’admettrait pas la discussion.

Le nombre élevé de nègres aux États-Unis (15 millions environ) créerait pour la race blanche de la République un danger de dégénérescence si une séparation inexorable n’était faite entre noirs et blancs.

Comme ce danger n’existe pas pour la race française, le public français s’est habitué à traiter familièrement le « noir », et à être très indulgent à son égard.

Cette indulgence et cette familiarité blessent profondément les Américains. Ils les considèrent comme une atteinte à leurs dogmes nationaux. Ils craignent que le contact des Français n’inspire aux noirs américains des prétentions qu’ils considèrent comme intolérables. Il est indispensable que tous les efforts soient faits pour éviter d’indisposer profondément l’opinion américaine.

Bien que citoyen des États-Unis, l’homme de couleur est considéré par l’Américain blanc comme un être inférieur avec lequel on ne peut avoir que des relations d’affaires ou de service. On lui reproche une certaine inintelligence, son indiscrétion, son manque de conscience civique ou professionnelle, sa familiarité.

Les vices du nègre sont un danger constant pour l’Américain, qui doit les réprimer sévèrement. Par exemple, les troupes noires américaines en France ont donné lieu à elles seules à autant de plaintes pour tentatives de viol, que tout le reste de l’armée, et cependant on ne nous a envoyé comme soldats qu’une élite au point de vue physique et moral, car le déchet à l’incorporation a été énorme.

Conclusion

I. Il faut éviter toute intimité trop grande d’officiers français avec des officiers noirs, avec lesquels on peut être correct et aimable, mais qu’on ne peut traiter sur le même pied que des officiers blancs américains, sans blesser profondément ces derniers. Il ne faut pas partager leur table et éviter le serrement de main et les conversations ou fréquentations en dehors du service.

II. Il ne faut pas vanter d’une manière exagérée les troupes noires américaines surtout devant les Américains. Reconnaître leurs qualités et leurs services, mais en termes modérés conformes à la stricte réalité.

III. Tâcher d’obtenir des populations des cantonnements qu’elles ne gâtent pas les nègres. Les Américains sont indignés de toute intimité publique de femme blanche avec des noirs. Ils ont élevé récemment de véhémentes protestations contre la gravure de la « Vie Parisienne » intitulée « L’enfant du dessert » représentant une femme en cabinet particulier avec un nègre. Les familiarités des blanches avec les noirs sont du reste profondément regrettées de nos coloniaux expérimentés, qui y voient une perte considérable du prestige de la race blanche. L’autorité militaire ne peut intervenir directement dans cette question, mais elle peut influer sur les populations par les autorités civiles.

Linard

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28 août 2014 4 28 /08 /août /2014 10:48

 

                                                                           cerveau animé

 

 

Documentaire sur Antonio Gramsci
francesebien 

La vie d’Antonio Gramsci est une vie de combats. Combat contre le fascisme, l’absurdité de la guerre et l’injustice. En 1926, alors secrétaire général du Parti communiste italien, il est arrêté par le régime fasciste.  À l’issue d’un procès où le procureur demandera que l’on « empêche ce cerveau de fonctionner », Gramsci est condamné à 20 ans de prison.

Depuis sa cellule, il poursuivra sous une autre forme son combat en faveur des classes subalternes en écrivant plus de 35 cahiers qui contiennent quelques-uns des concepts les plus novateurs du XXe siècle.

Le documentaire Antonio Gramsci, penseur et révolutionnaire, pénètre dans cette œuvre riche et passionnante en présentant les concepts gramsciens (hégémonie, bloc historique, Etat intégral, révolution passive…) qui sont aujourd’hui encore à travers le monde un instrument privilégié de transformation de la société. Car chez Gramsci la pensée et l’action sont inextricablement liées.

Avec la participation de : Alberto Burgio, Angelo d’Orsi, Fabio Frosini, Razmig KeucheyanGuido LiguoriDomenico Losurdo et André Tosel.

Vous pouvez commander en ligne le documentaire chez nos amis Les mutins de Pangée

T

Antonio Gramsci, penseur et révolutionnaire

FABIEN TRÉMEAU

Le sources de l’espoir 53′

Le refus de la défaite 52′

20 euros

Production : Éditions Delga, En attendant la suite et Les films des Trois Univers avec le soutien d’Archivio Audiovisivo del Movimento Operaio e Democratico, Casa Museo di Antonio Gramsci Ghilarza, Casa Natale Antonio Gramsci Ales et Terra Gramsci.

DVDCOVER 

 

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28 août 2014 4 28 /08 /août /2014 10:37

 

                                                     « J'aime l'entreprise »

                      

 

       Manuel Valls devant le Medef gattaz-valls 

 

 

 

                                                  

 


« Ce n’est pas une déclaration d’amour à l’entreprise qu’a fait Manuel Valls, c’est une déclaration d’amour au Medef et à ses exigences (...). C’est un discours qui tourne le dos à tous les combats de la gauche depuis des décennies et je crois qu’aucune femme, aucun homme de gauche ne peut se reconnaître dans le discours prononcé par Manuel Valls hier devant les patrons du Medef. »

       PIERRE LAURENT(université d’été du Parti )

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28 août 2014 4 28 /08 /août /2014 09:06

 

 

 

 

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