Blog de la section du Cap Corse du PCF
Tollé syndical après le feu vert à la fusion GDF-Suez

( Lundi, 03 septembre 2007 )
Le feu vert donné au projet de fusion entre GDF et Suez a provoqué lundi une véritable levée de boucliers parmi les organisations syndicales, qui dénoncent la privatisation de Gaz de France, la création d'un grand groupe concurrent direct de EDF et s'inquiètent de l'avenir des salariés de Suez-Environnement. Voici les principales réactions syndicales:
Maurice Marion, porte-parole de la fédération CGT des mines et de l'énergie (FNME-CGT, majoritaire dans ce secteur):
"En 2004 Sarkozy avait promis que GDF ne serait pas privatisé. Aujourd'hui, il livre l'entreprise clé, coffre fort et compte en banque en main aux intérêts des actionnaires de Suez (...) L'éclatement du groupe Suez risque d'avoir des incidences sur l'emploi et de le patronat et les privatisations
fragiliser l'entreprise."
La CGT s'inquiète également de la création d'un "nouveau groupe mis directement en concurrence avec EDF", avec le risque, selon M. Marion, d'une "guerre ouverte au niveau national, au détriment du service public, et de l'emploi au sein des deux entreprises".
La CGT compte mobiliser contre cette fusion et lance une pétition nationale demandant "l'arrêt du processus".
Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière:
"La privatisation de l'entreprise publique Gaz de France" est une "opération guidée, non par la logique industrielle et les droits des usagers, mais pour répondre à des critères financiers et de concurrence."
Pour M. Mailly, la fusion entre GDF et Suez va en outre "mettre face à face un groupe privé et une entreprise publique EDF. Qu'adviendra-t-il dans ces conditions des 50.000 salariés communs dans les distributions entre GDF et EDF?"
"Le découpage du groupe Suez risque, par ailleurs, de fragiliser une activité -l'eau- et ses 60.000 salariés", a estimé M. Mailly, qui regrette "un mauvais coup pour les salariés et les usagers".
François Chérèque, secrétaire général de la CFDT:
"La CFDT a toujours dit que cette fusion Gaz de France-Suez avait du sens au niveau industriel, à une condition: qu'on ne démantèle pas Suez... et c'est fait."
"On est en train d'abandonner l'environnement de Suez, c'est l'eau, c'est les déchets. C'est un enjeu énorme au niveau environnemental, et on va mettre ça à la Bourse, aux prédateurs financiers", a-t-il encore constaté, regrettant que "l'engagement (...) fort vis-à-vis des 60.000 salariés de Suez" de ne pas "couper l'entreprises en morceaux" n'ait pas été tenu.
Jacques Voisin, président de la CFTC:
"Encore une fois les salariés sont devant le fait accompli et encore une fois on a oublié de penser à ceux qui allaient être concernés, notamment par Suez Environnement."
A l'issue d'un entretien avec Nicolas Sarkozy, il s'est demandé quel était l'avenir des salariés de Suez environnement et des 50.000 salariés des services commerciaux communs à EDF et GDF, ainsi que les conséquences pour les usagers.
"Ce que nous attendons du président de la République c'est que sur les réponses il ait l'occasion de vraies concertations, d'interroger les partenaires sociaux, d'attendre l'avis des partenaires sociaux avant toute décision hâtive."
UNSA-Energie:
Cette organisation syndicale "condamne avec la plus grande vigueur le projet de fusion de Gaz de France avec Suez". Pour elle, "il s'agit là d'une insupportable privatisation d'un bien public décidée de manière doctrinaire".
Selon l'UNSA, "la création de ce grand groupe énergétique privé menace le service public, l'emploi, l'aménagement du territoire, l'égalité tarifaire, la sécurité". "Par ailleurs, l'idée de créer artificiellement un concurrent à EDF est proprement absurde et dangereuse", estime le syndicat qui y voit "une machine de guerre contre EDF".