Blog de la section du Cap Corse du PCF
Par BANDERA ROSSA
Film à voir
It's a free world
de Ken Loach
Certains retournent leur veste par opportunisme. Ou par simple lassitude. Pas lui. L'Anglais Ken Loach ne faiblit pas. Il hait toujours, plus que jamais, les tièdes qui, au nom de la raison d'Etat, de la raison tout court, rendent tolérable l'injustice. Ken, lui, croit encore aux jours meilleurs, voire aux lendemains qui chantent. S'il n'en reste qu'un, ce sera lui : le dernier des Mohicans. On devrait le protéger, telle une espèce rare. Le cloner, même...
Après une ballade irlandaise (Le vent se lève) qui lui a permis d'obtenir - enfin - la Palme d'or de Cannes, en 2006, le voilà revenu à l'actualité, aux urgences... Dans It's a free world, il nous parle de ces esclaves modernes que des profiteurs vont chercher aux quatre coins du monde pour qu'ils effectuent, parfois au péril de leur vie, des travaux sous-payés que personne, sinon eux, n'accepterait de faire. La mode, actuellement, c'est l'Europe de l'Est : la main-d'oeuvre la moins chère et la plus disciplinée, semble-t-il.
Mais tous ces Polonais, ces Ukrainiens que l'on voit dépenser des fortunes pour gagner l'Angleterre promise rejoignent, dans l'esprit de Ken Loach, les immigrés mexicains dont il a évoqué le triste sort dans Bread and roses. Ou les ouvriers du rail anglais de The Navigators, qu'il a filmés dans leur lutte contre la privatisation. It's a free world est donc du Loach classique. Du Ken pur jus. A un détail près, mais de taille : il filme, cette fois, une héroïne antipathique. Un monstre parmi les monstres...
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