Blog de la section du Cap Corse du PCF
La France est un état laïque depuis 1905. Oublions à cette occasion, le statut de l'Alsace Moselle; encore récemment celui de Mayotte; celui de la Guyane (territoires français pour l'heure...).etc. Oublions aussi les discours anti-laïques et donc anti-républicains du Chanoine-Président (de la République) à Saint-Jean de Latran et à Er-Ryad.
Un lecteurs de Corse Hebdo ( numéro 445,-22 au 28 février de l’LC-H) s'oppose à l'entrée de la Turquie dans l'UE parce que le "Parlement" turc autorise le port du voile islamique à l'Université et que la Turquie reculerait ainsi vers l'obscurantisme". Ce n'est certes pas faux, mais on pourrait rétorquer que des états obscurantistes qui interdisent le divorce ou l'avortement, par exemple, il y en a dans l'UE sans que ceci semble déranger grand monde, et que le drapeau européen fait plus appel à des symboles catholiques qu'à la culture gréco-romaine censée avoir fondé l'Europe- et ceci en oubliant les apports juifs, musulmans et athées…Revenons au lecteur de La Corse Votre Hebdo et demandons-nous si en France, la laïcité s’applique à tous les niveaux de l’Enseignement Public ?
Eh bien non !Si les universités, en France, sont laïques et font partie du « service public de l’enseignement supérieur » (C. E., article L123-2) qui constitue le cinquième « niveau » du « service public national » de l’éducation (C. E., article L211-1), elles ne figurent pas dans le champ d’application de la loi du 15 mars 2004 sur les signes religieux à l’école. Cette loi, qui interdit « le port de signes ou tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse ». et qui est devenue l’article L141-5-1 dans le Code de l’Éducation (C. E.) s’applique dans les quatre premiers niveaux du service public national de l’éducation (de l’école maternelle au lycée) .Elle n’est donc n’est pas étendue au cinquième niveau, l’enseignement supérieur (universités, établissements publics d’enseignement supérieur) bien que « le service public de l’enseignement supérieur soit « laïque et indépendant de toute emprise politique, économique, religieuse ou idéologique » (C.E., article L141-6).
La commission Stasi qui avait préparé la loi du 15 mars ne s’est pas prononcée majoritairement pour son extension à l’Université qui ne fut donc pas incluse dans le champ d’application de la loi ; mais chaque Conseil d’Administration d’Université avait la possibilité de voter cette loi dans son règlement intérieur. C’est pourquoi, des universités firent voter en C.A l’article L141-5-1 du Code de l’Éducation dans leur règlement intérieur. La laïcité est donc peu appliquée dans les universités par méconnaissance de cette possibilité ou parce qu’un rapport de force favorable n’y a pas encore été construit pour voter l’article L141-5-1 qui permet d’enseigner et d’étudier dans la situation apaisée qu’apporte la laïcité, et non sous la pression agressive des intégristes , et pas seulement musulmans !
Il n’est donc nullement interdit, et on peut raisonnablement le regretter, à l’adepte d'une confession religieuse de manifester son appartenance religieuse par différents signes, de suivre des cours et de passer des examens.
Rappelons donc, pour terminer, à tous ceux qui voient dans la Turquie islamiste (sic), un danger potentiel, la célèbre parabole de la paille et de la poutre ( Evangile selon (Saint-)Luc).