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Blog de la section du Cap Corse du PCF

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NEPAL: de la monarchie à la République

NEPAL : la république succède à la monarchie !




Décidément il se passe beaucoup de choses sur le toit du monde en ce moment.


Coincé entre l’Inde et la Chine, le Népal qui jouxte la région chinoise autonome du Tibet, vient d’abolir la monarchie qui sévissait depuis 239 ans.

Les résultats définitifs de cette consultation nationale pour désigner les représentants qui composeront l’Assemblée constituante ne sont pas encore connus mais, d’après les résultats partiels, la tendance ne semble faire aucun doute, d’autant que le processus était enclenché depuis novembre 2006, un accord étant intervenu entre tous les partis népalais et la guérilla dite « maoïste » pour que cesse la lutte armée et qu’un gouvernement de coalition soit constitué pour préparer l’instauration d’une République multipartite. 

La victoire reviendrait aux anciens guérilléros et à leur formation, le parti communiste népalais maoïste (il existe également un parti communiste marxiste-léniniste) et plusieurs autres partis politiques associés dans le gouvernement.

Ces guérilléros que les Américains, après le 21 septembre 2001 considéraient (comme les FARC) comme de dangereux terroristes : ils les comparaient à Al Qaïda ou aux Kmers rouges.

Ce qui leur permettait de financer et d’encadrer l’armée népalaise du roi Gyanendra dont l’accession au pouvoir, après l’assassinat du roi Birendra en juillet 2001, d’une bonne partie de la famille royale a fait beaucoup jaser sur les cimes comme dans les vallées.

Un roi de la dynastie des Shah, s’il vous plaît, incarnation de Vishnou sur terre ! Inutile de préciser que la loi ne saurait s’appliquer à une telle divinité que manifestement les Népalais n’appréciaient guère.

Il faut dire que si le pays est mythique pour ses sommets, ses paysages, sa culture, ses traditions…il est l’un des plus pauvres pour 71% qui vivent dans l’absolue pauvreté, essentiellement de l’agriculture tout en possédant moins d’un demi hectare, qu’on y voit casser des cailloux pour vendre le gravier pour ½ $ par jour, que le travail des enfants est généralisé…pour 4 $ par mois, que deux Népalais sur trois sont illettrés, que la corruption et les castes hiérarchisées et hermétiques font aussi partie du décor, que le servage existait encore il y a quelques années.

Un évènement historique

Un semblant de démocratie parlementaire était apparu en 1990. Mais le roi a mis bon ordre à cela, en 2002 et nommé un gouvernement à sa dévotion, appliquant des politiques très libérales. Tout y est privatisé, même l’eau.

La violence sociale est la conséquence logique de cette situation, de la corruption et de l’incompétence du roi et de son entourage qui croyaient leur pouvoir éternel sur des sujets résignés.

C’est sans doute ce qui explique que les insurgés se réclamant du maoïsme aient trouvé un écho aussi favorable parmi les déshérités sans la moindre perspective d’évolution sociale et qui ont été sensibles aux projets de développement (routes, ponts, électricité, santé, écoles…) préconisés par les communistes népalais qui ne sont pas forcément en osmose avec leurs homologues chinois qui s’écartent un peu trop des principes à leurs yeux.

Curieusement, les Etats-Unis adoptent une attitude beaucoup plus réaliste aujourd’hui, c’est qu’il ne faut pas se couper d’un nouveau gouvernement, d’un nouveau régime dans cette partie du monde assez stratégique pour leurs visées sur l’Asie et la Chine en particulier.

Surtout juste à côté du Tibet où quelques abcès de fixation ne sont pas faits pour leur déplaire.
L’ancien président J. Carter qui avait envoyé au Népal 62 observateurs pour ces élections, souhaite «que les Etats-Unis reconnaissent la nature non terroriste de l’engagement des maoïstes.»

S’il pouvait se montrer aussi convaincant vis-à-vis de la situation en Colombie où la résistance armée dure depuis 40 ans, ce que refuse de reconnaître le gouvernement d’Uribe, il ferait tout autant œuvre utile.

Je me demande la tête qu’a dû faire Ménard quand il a appris que «le drapeau rouge flottait sur Katmandou» !

Plus sérieusement, l’avenir n’est écrit nulle part. Mais comment ne pas souhaiter bon vent à la nouvelle République ?

 

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