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Blog de la section du Cap Corse du PCF

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"Que les bouches s'ouvrent!"(M. Thorez)_ 25: les idées dominantes

Les idées dominantes d'une époque n'ont jamais été que les  idées de la classe dominante.

                                                                                   Karl MARX               

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Nous pensons à travers les mots et mal nommer les choses ajoute au malheur du monde, disait Albert Camus.

Parler de l’argent, en lieu et place du Capital est une erreur. L’argent est un moyen de circulation, le Capital est un rapport social. Je comprends bien l’esprit de : « une grande campagne sur l’argent », mais l’esprit n’est pas la lettre. Je propose « une campagne contre le grand capital ». Nous avons cédé sur des notions aussi basiques que : capital, lutte des classes, impérialisme, à quoi nous préférons ‘mondialisation’. Lénine a pourtant écrit : « L’impérialisme stade suprême du capitalisme », il montre le monstre naissant du capitalisme financier, celui qui dévaste aujourd’hui la planète, après deux guerres mondiales catastrophiques. Il faut appeler un chat un chat et ne pas avoir peur de ‘faire ringard’. Nous cédons à la pression dominante, au langage dominant. Le langage dominant est le langage de la classe dominante. La puissance médiatique est telle que le langage dominant s’est infiltré dans la pensée, voire la mentalité des dominés, du parti. Je l’ai déjà écrit : la lutte des classes se joue dans les mots qui (inter)-disent la lutte des classes, donc en chacun de nous, c’est en soi, nous pensons à travers les mots, et les mots pensent à travers nous. Le mot devient un rapport social. Le mot Capital, plus que tout autre. C’est le titre de l’œuvre essentielle de Marx, dans laquelle il dénonce le rôle de l’argent, non pas comme moyen de circulation, mais comme fétiche, de la marchandise, voire de la société de consommation.

Sur une autre registre, puisque cela a été dit, et écrit aussi par nos dirigeants, le mot réussite, individuelle et collective, est plombé. C’est un mot de la classe dirigeante, de la compétition, de la sortie, de l’issue individuelle, dans les critères dominants voire de la domination. A mon avis il est trop connoté de l’esprit de réalisation conformiste. Je préfère mille fois le mot d’émancipation (individuelle et collective), l’émancipation vers plus de liberté, de justice, d’épanouissement, de réalisation de soi, avec ou sans les autres, sur des critères beaucoup essentiels, qualitatifs, du côté de l’être, de l’être bien dans sa peau, dans le peau sociale d’une sortie solidaire, humanisante, pour soi et tous, dans le même geste. Je préfère une école de l’émancipation à une école de la réussite, non pas que je nie les modes de succès et de réalisation de chaque-un, mais cela me semble réducteur.

Les sociologues, Pierre Bourdieu, ont pointé, la violence symbolique qui asservit les dominés dans les parcours scolaires, de cette violence ils doivent s’émanciper, individuellement et collectivement. Pour que ça change pour un, il faut que ça change pour tous. Kenny Arkana chante « changer le monde, commence par se changer soi-même », c’est à l’intersection de ce double mouvement que nous devons réfléchir, penser, nos dires et nos actes.

En résumé : le Capital c’est mieux que l’argent, comme signifiant ; l’émancipation c’est mieux que la réussite. Emancipation et Capital, pointent dans leurs sens les rapports sociaux ; réussite et argent les effacent.

Le 11 janvier 2008                                                                     
Jacques Broda,

Sociologue
Membre du PCF                                                                    
Fédération des Bouches du Rhône.






Lenine à son bureau
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