Blog de la section du Cap Corse du PCF
Samedi 2 juin, l’assemblée régionale du PCF s’est tenue à Corte dans une salle de l’UFR de droit de l’Université de Corse Pascal Paoli. Michel Stefani, secrétaire de la Région Corse du PCF et de la fédération de Haute-Corse présidait la réunion, avec D. Bucchini, président du groupe communiste à l’Assemblée de Corse et Yves Lledo, secrétaire de la fédération de Corse du Sud.
Le texte des travaux des différents ateliers est distribué aux camarades ne disposant pas d’Internet.
Notre journée de travail s’est ouverte avec une minute de silence en hommage à notre camarade Ange Stromboni, ancien résistant, décédé mercredi dernier.
Le débat est lancé par une question fondamentale : Quels objectifs se fixer, jusqu’au Congrès pour travailler à une alternative aux méfaits du capitalisme, dont les éléments les plus spectaculaires sont aujourd’hui la crise financière et alimentaire qui agresse principalement les pays pauvres ?
Suit l’analyse de la défaite électorale des partis communistes dans l’Italie voisine, où ces partis avaient renié leur identité communiste (Ceci explique-t-il cela ?) et le constat que la déroute de la gauche réformiste italienne est le 11° échec de la social-démocratie en Europe. En France la situation est marquée par l’omniprésence d’un président, porte-drapeau des capitalistes et distributeur de cadeaux fiscaux à ces derniers, et qui procède au démantèlement de tous les acquis sociaux, comme en rêvait le MEDEF.
Notre défi, alors que PS et LCR entretiennent la confusion, est de faire barrage à la politique de la droite et de la mettre en échec.
En Corse, les initiatives contre la vie chère(nous avons le carburant le plus cher de France_le litre de sans plomb à 1,56 E. à Corte le jour de cette réunion, par exemple), les compagnies aériennes dites low coast, les difficultés rencontrées par les hôpitaux, le manque de logements sociaux….etc.…etc..
Les progrès du PCF aux municipales(« les candidats communistes ont fait mieux que résister »_Michel Stefani), sont dus bien souvent à l'opiniâtreté des camarades, qui ont, par ailleurs, contribué largement à la victoire de la gauche ou à la progression des listes de gauche, dans une île que la droite dirige par défaut et où les nationalistes de Corsica Nazione n’ont pas enregistré de progrès significatifs.
Il nous revient d’ouvrir le débat sur les questions économiques et sociales, ainsi que sur celles de l’indépendance et des principes. Il s’agit donc de construire une véritable alternative à gauche, où dans notre île, les élus pourraient tenir un grand rôle soutient Michel Stefani. Et ainsi se réparera le congrès, souhaite-t-il.
Le débat fut-il la hauteur de ce vœu. ? En tous cas, il fit contrasté.
Les différentes interventions portent sur le vocabulaire à employer, la force et le sens des mots à utiliser dans la bataille, des camarades s’interrogeant sur le bon usage du vocabulaire .Un langage clair, dit-on.
Elles portent sur l’Europe (« A-t-on le droit d’en discuter dans le Parti ? » demande un camarade qui affirme que sortir de l’Europe serait selon lui positif électoralement) ; sur l’illisibilité du Parti, et pas seulement au niveau des media, sur le capitalisme…
Les questions de fond qui formeront l’ossature du Congrès (Faut-il encore un Parti Communiste ? Quel Parti pour transformer la société) sont abordées.
Y a –t-il encore UN parti communiste français(PCF) ou doit-on parler d’un Parti DES communistes de France(PCF)-et peut-être est-ce la seule transformation acceptable du nom, alors que l’effacement de l’idée communiste, le reniement des fondements théoriques et le sabotage de l’organisation conduisent à la liquidation du Parti s'interroge la Section du Cap corse qui demande un bilan de la mutation .
D’autres camarades se demandent si on doit continuer de parler de ce qu’on était, affirmant que mutation et stratégie du dernier congrès ont amené le Parti à être un parti d’élus, alors que nous sommes toujours en capacité de faire bouger les choses. En Corse, nous apparaissons comme les défenseurs du centralisme et nous n’apportons pas de réponses régionales. L’Europe sera-t-elle un levier comme l’affirment les ateliers ? Non.
Enfin, la pire des choses serait d’abandonner notre identité.
Mais d’autres se demandent comment assumer notre patrimoine en changeant les choses, car le problème est de savoir de quelle manière nous pouvons être une force de notre temps.
Seront également évoqués la loi littoral, les questions posées par le PADDUC (question posée par Maria Giudicelli à la CTC) et la volonté de Camille de Rocca Sera, président UMP de la STC de « désanctuariser » la Corse pour l’ouvrir davantage aux appétits capitalistes, alors que les entreprises en Corse reçoivent déjà plus de 100 millions d’E. d’aide qui abondent leur trésorerie.
La journée s'est terminée par un appel, aux communistes de Haute-Corse, à participer à la manif en faveur des sans-papiers qui a lieu ce mardi à Bastia, et par une conférence de presse.
Cette journée ne clôture pas les débats, au contraire: Ceux-ci doivent se prolonger dans chacune de nos fédérations, et se traduire par une contribution que les communistes de Corse présenteront au 34° congrès.
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