Blog de la section du Cap Corse du PCF
A propos du sommet fondateur de l’ Union pour la Méditerranée réuni dimanche 13 juillet à Paris,
le PC
F a déclaré :
Premièrement, les chefs d’ Etats, que Nicolas Sarkozy va recevoir avec tous les honneurs, sont loin d’être tous des démocrates. Le Président tunisien Ben Ali dirige un régime de répression systématique contre tous les opposants, progressistes en particulier, y compris les défenseurs des libertés qu’ils soient juristes, avocats voire journalistes... Le Président syrien Bachar El Assad conduit une politique brutale de harcèlement de toutes les personnalités et organisations d’opposition notamment de gauche. D’autres gouvernements n’ont guère plus de respect pour les libertés et les droits civils et politiques. Il ne peut y avoir de perspective positive pour les échanges en Méditerranée sans l’affirmation et le respect concret de valeurs démocratiques communes et des règles élémentaires d’un Etat de droit.
Deuxièmement, cette Union pour la Méditerranée reposera sur la zone de libre-échange très néo-libérale déjà instituée en 1995 dans le cadre du « partenariat » euro-méditerranéen. De graves révoltes populaires de la faim dans les 3 pays du Maghreb, depuis plusieurs mois, montrent les dégâts sociaux provoqués par les politiques conduites dans ces pays mais aussi ceux d’un partenariat qui n’a fait qu’accentuer les fragilités économiques et sociales de ces derniers. Il est consternant que le projet d’ Union pour la Méditerranée ne tienne aucun compte, réellement, de cette situation très préoccupante.
Troisièmement, il ne peut y avoir d’ Union digne de ce nom en dehors des peuples eux-mêmes. Mais les Européens construisent actuellement à la fois une Europe de libre circulation pour les capitaux et les marchandises et une Europe fermée aux migrants qui se voient criminalisés, réprimés et refoulés. On voit l’indignation légitime suscitée par les naufrages tragiques en pleine mer de ceux qui veulent malgré tout quitter la misère et une vie sans avenir.
L’ Union pour la Méditerranée de Nicolas Sarkozy est mal partie. Le Parti communiste français attend de la France, qui préside actuellement l’ Union européenne, un sursaut de responsabilité. Une Union pour la Méditerranée est incompatible avec le mépris de la dignité humaine. L’exigence démocratique, la garantie des libertés essentielles, l’arrêt des répressions, la libération de tous les prisonniers politiques en Tunisie, en Syrie notamment, doivent figurer en tête de l’agenda des discussions. Les 27 doivent aussi s’engager à jouer immédiatement un rôle en faveur d’une paix juste au Proche-Orient, conforme aux résolutions de l’ ONU, qui puisse permettre d’en finir avec la colonisation des terres palestiniennes. Il faut redéfinir les conditions et les moyens de la coopération et des échanges dans tous les domaines et refonder le rapport euro-méditerranéen.
u cursinu rossu