Blog de la section du Cap Corse du PCF

Le président de La Poste, Jean-Paul Bailly a annoncé officiellement le projet de transformer l’établissement public en société anonyme dès janvier 2010. Plusieurs syndicats y voient un « artifice destiné à donner le change ».
En terme clair, c'est de privatisation dont il s'agit, le marché étant juteux.
Présenté au gouvernement dans les prochains jours, ce radical changement de la Poste en société anonyme pourrait, selon Jean-Paul Bailly, «être effectif en janvier 2010» et «l’augmentation de capital pourrait intervenir en janvier 2011».
Le gouvernement avait lui-même introduit l’idée d’un changement de statut et d’une ouverture des capitaux de l’établissement à hauteur de 10% à 20%, en s’appuyant sur la transposition en droit français de la directive européenne, qui impose la libéralisation totale du courrier au 1er janvier 2011.
Mais pour le syndicat Sud-PTT, "cette société anonyme publique, n’est qu’un artifice destiné à donner le change et prêt à évoluer à tout moment comme France Télécom dont les dérives managériales ont coûté quelques milliards à la collectivité".
"La partie s’engage", a estimé Didier Rossi, administrateur FO, rappelant que son syndicat avait proposé il y a quelques semaines de s’appuyer sur l’article 11 la constitution modifiée pour lancer l’idée d’un référendum sur l’avenir de La Poste, car l’entreprise publique "appartient au patrimoine national, c’est la France et les Français". Selon lui, « c’est devenu une question politique, ce n’est pas une question qui relève du management de La Poste ».
La principale crainte des syndicats de La Poste concerne les menaces qui pèsent selon eux sur l’emploi des 280.000 postiers, dont 60% de fonctionnaires, les autres relevant du droit privé.
Face à cette privatisation menaçant directement les missions de service public, cinq syndicats de La Poste (CGT, Sud, CFDT, FO et la CFTC) ont déjà convenu d’organiser une "journée d’action nationale" à la rentrée contre le changement de statut. Ils se réunissent le 2 septembre pour en définir les modalités.
La pétition lancée par la fédération CGT des télécommunications contre la privatisation de La Poste a d’ores et déjà recueilli 40 000 signatures depuis la mi-juillet. Nous l’avions signalée sur notre site.
Dans notre Cap Corse, on lutte pour le maintien du Service Public, qui permet la viabilité des communes rurales.
A Pino, une manifestation, réunissant, « clients » (comme dit la direction de la Poste, que le mot « usager » terme qui sous-entend « des services publics »semble gêner et qui préfère donc le terme de « clients »), élus, comme Y.Stella de Morsiglia , M.Boncompagni d’Olmeta di CapiCorsu, ou François Mazotti, maire de la commune, par exemple, a affirmé avec vigueur sa volonté du maintien du bureau de poste de Pino à Pino, alors que la « réorganisation de la Poste »(sic)projette un rattachement à Luri (avant suppression définitive ?).
Ainsi que l’a déclaré François Mazotti, [Le bureau de poste] « est vital pour notre commune, pour son avenir, pour l’économie locale » avant d’insister sur la volonté des usagers de ne pas relâcher la pression.