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Blog de la section du Cap Corse du PCF

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Les prouessesde Madame Christine Lagarde (suite)

Christine The Guard

 ou de la signification de classe des attaques contre la langue française

 

Le Baron Seillière, ex-président du MEDEF et actuel président de "Businesseurope", a fait des émules.

On se souvient que ce personnage, grand pourfendeur d'acquis sociaux en France et en Europe, a déclaré lors de sa prise de fonction officielle à Bruxelles qu'il n'utiliserait plus désormais en public que l'anglais, "langue de l'entreprise et des affaires".

On sait aussi qu'au printemps 2006, une série de syndicats, CGT, CFTC, CGC, ont donné une conférence de presse commune à l'Assemblée nationale sur le "droit de travailler en français en France": tant il est vrai que le grand patronat essaie déjà d'imposer le "tout en anglais" dans les grandes entreprises sises en France.

Eh bien la gangrène est montée d'un cran plus haut puisque Christine Lagarde, l'avocate d'affaire surnommée "l'Américaine" qui occupe le poste de ministre de l'Economie à Bercy, s'est récemment fait épingler par "le Canard enchaîné" pour sa propension à imposer... l'anglais comme langue de travail dans son ministère.

Cette même Lagarde s'était distinguée lors de son premier discours devant l'Assemblée nationale en attaquant non seulement les 35 heures, mais l'ensemble de la culture française jugée trop influencée par le marxisme; dans un style qui rappelle l'extrême droite patronale des années 30 vilipendant le "Front popu" et sa "semaine des deux dimanches" (les 40 heures), Lagarde déclarait en substance: "assez pensé, il faut retrousser les manches": bref, travaillez plus, ouvriers à la chaîne, caissières de Carrefour, enseignants de ZEP, infirmières surmenées, (même si votre pouvoir d'achat baisse, que votre actionnaire s'enrichit sur votre dos, que votre Etat-patron se saisit de tout gain de productivité pour supprimer des postes..) et surtout, ne pensez pas, c'est mauvais pour les profits des nouveaux maîtres d'esclaves!

C'est cette même Lagarde qui, violant la promesse de Sarkozy de ne pas abaisser au-dessous de 70% la propriété publique d'EDF, a été chargée par ledit Sarkozy de vendre 3% (pour commencer) des actions EDFpour renflouer la dette de l'Etat: l'idée ne lui viendrait évidemment pas de mettre à contribution les milliardaires qui planquent leur magot à l'étranger, qui délocalisent après avoir touché des subventions publiques et qui ont touché cet été d'énormes cadeaux fiscaux de notre "France en faillite" (dixit Fillon) !

Quoi d'étonnant à ce que ceux qui détruisent la France républicaine, ceux qui s'apprêtent à faire ratifier par le parlement un traité européen quasi-indentique au TCE rejeté par le peuple, ceux qui livrent l'université au MEDEF sous couvert de LRU, ceux qui démontent le CNRS, ceux qui se vantent de "détruire systématiquement le programme du Conseil national de la résistance" (dixit D. Kessler, grand patron ami de Sarkozy et éditorialiste de "Challenges", -prononcez "Tcheullendj'") n'aient que mépris pour leur langue maternelle, qui n'est après tout rien de plus que le jargon patoisant des Voltaire, Hugo et autres Christine de Pisan?

"Plutôt Hitler que le Front populaire", s'exclamaient en 1936 les journalistes du Comité des Forges, ce groupe présidé par François de Wendel, le dynaste dont le Baron Seillière et l'UIMM sont les dignes héritiers.

Plutôt la constitution supranationale et néolibérale, plutôt le viol du référendum de mai 2005, plutôt l'alignement complet de notre politique internationale sur Bush, plutôt l'arasement de la France issue de 68, de 45, de 36... et de 1789, plutôt l'assassinat de la langue d'Aragon, Césaire et Jaurès, que de renoncer à un seul euro des surprofits que le grand capital espère de la dissolution totale de la nation dans l'Europe du profit et de la mondialisation libérale!

Décidément, la lutte contre le "tout anglais" est partie prenante du combat général des travailleurs contre la destruction de tout ce que notre histoire a produit de meilleur.

                                    Georges Gastaud,  professeur agrégé de philosophie  

 

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