Blog de la section du Cap Corse du PCF
samedi 31 janvier 2009, par
Les autorités ont saisi le numéro devant paraître samedi 31 janvier, de l’hebdomadaire "Attarik Al-Jadid" (la nouvelle voie), organe d’un parti de l’opposition légale, pour "violation du Code de la presse", selon l’agence de presse officielle TAP.
Selon l’agence, le journal "a enfreint les articles 63 et 73 du Code de la presse qui interdisent la publication des actes de procédure pénale".
L’hebdomadaire, organe du mouvement Ettajdid (Le Renouveau), une des huit formations de l’opposition légale, rapportait l’interrogatoire d’un dirigeant du mouvement de protestation sociale survenu l’an dernier dans le bassin minier de Gafsa (sud-ouest tunisien).
Condamné en première instance à 10 ans de prison ferme, le prévenu, Béchir Laâbidi, enseignant, doit comparaître mardi prochain devant la Cour d’appel, en même temps qu’une trentaine de co-inculpés.
Le directeur de la rédaction de l’hebdomadaire, Adel Chaouch, s’est déclaré "surpris" par cette mesure : "Nous nous sommes fiés à la lecture de plusieurs avocats selon lesquels, une fois la procédure de première instance achevée, nous avions le droit de publier les interrogatoires", a-t-il expliqué à l’Associated Press.
Il a noté que la direction du journal avait porté devant la justice "une affaire en urgence" pour faire opposition à la saisie. "On attend le verdict, peut-être que nous étions dans le tort", s’est-il résigné.
La veille, le parquet avait engagé des poursuites judiciaires contre la journaliste dissidente Sihem Ben Sédrine pour lancement d’une radio "sans autorisation légale".
Des poursuites judiciaires ont été engagées contre l’opposante et journaliste tunisienne Sihem Ben Sédrine qui a récemment lancé une radio "sans autorisation légale", a-t-on appris vendredi 30 janvier de source gouvernementale à Tunis.
Selon la même source, les poursuites engloberont "toute autre personne" dont l’implication serait révélée par l’enquête. Les autorités reprochent à Mme Ben Sédrine d’avoir exploité un appartement au centre de Tunis pour entamer depuis lundi dernier la diffusion de la station "Radio Kalima" sans avoir obtenu d’autorisation à cet effet.
"Le juge d’instruction en charge de l’affaire s’est rendu sur les lieux où il a saisi les équipements et les instruments servant à la production et la diffusion illégale de la radio", selon un communiqué officiel.
Sihem Ben Sédrine, connue pour ses vives critiques du régime du président Ben Ali, édite un journal en ligne de même nom, mais qui est inaccessible en Tunisie.
Les locaux de la radio sont encerclés depuis le début de ses émissions, selon des sources associatives. Reporters sans frontières (RSF) a condamné "fermement le blocus des locaux de la jeune radio indépendante", une "entrave à la liberté de la presse" qui "traduit la volonté de réduire au silence Kalima". Les autorités tunisiennes accusent de leur côté Sihem Ben Sédrine et l’ancien dirigeant de RSF Robert Ménard "d’acharnement coutumiers et de propagande mensongère" à l’égard de la Tunisie.