"La France de Messieurs Sarkozy et Perben a renié sa parole"
La LDH demande de "respecter les droits" de Cesare Battisti
La Ligue des droits de l'homme (LDH) a demandé lundi aux autorités de "respecter les droits" de Cesare Battisti, l'ex-militant italien d'extrême gauche arrêté dimanche au Brésil.
"Condamné à perpétuité sans avoir été entendu par la justice italienne, il finira ses jours en prison, s'il est extradé, sans avoir pu se défendre et faire valoir ses droits", souligne la LDH dans un communiqué.
La LDH rappelle que "par la voix du Président Mitterrand, la France avait donné sa parole que ceux qui avaient rompu avec la violence ne seraient pas extradés". "Cesare Battisti a cessé toute action illégale depuis vingt-neuf ans et a toujours vécu paisiblement dans notre pays. Mais la France de Messieurs (Nicolas) Sarkozy et (Dominique) Perben a renié sa parole, elle a voulu livrer ceux qu'elle avait accueillis", affirme la LDH.
La LDH souligne par ailleurs que Cesare Battisti "n'a été condamné -sans aucune preuve matérielle- que sur la base de deux témoignages de 'repentis', qui ont acheté par leurs accusations d'importantes remises de peine pour les crimes qu'ils avaient commis".
"Et cela suffit à un gouvernement français pour aider à envoyer cet homme finir sa vie derrière les barreaux 'sans autre forme de procès'? La Cour européenne des droits de l'Homme, elle, a déjà répondu que refuser un vrai procès à un condamné par contumace, c'est violer la Convention européenne des droits de l'Homme", assure la Ligue des droits de l'homme.
"Messieurs Perben (alors garde des Sceaux) en 2004 et Sarkozy en 2007 ont fait cela en notre nom: trahir la parole donnée, refuser le droit au procès équitable en violation du droit européen des droits de l'Homme", affirme la LDH.