Blog de la section du Cap Corse du PCF
Retraites : La nouvelle réforme de 2008 passe par...2007
Les Français n’en démordent pas ! Malgré les campagnes incessantes et malsaines visant à les convaincre que la retraite à 60 ans est désormais un luxe, 80% d’entre eux déclarent pourtant vouloir partir à cet âge.
Il appartient à tous les citoyens et citoyennes de mettre celles et ceux qui vont solliciter leur voix en 2007, au pied du mur.
Depuis 15 ans : la régression
En 2003, la réforme FILLON a été imposée. Elle faisait suite aux lois et décrets Baladur-Veil de 1993 et à la tentative, mise en échec par les luttes sociales, du plan Juppé de 1995.
Ces mesures ont eu essentiellement 2 conséquences : l’allongement de la durée de cotisation (40 ans et à terme 42 au lieu de 37,5) et la baisse du pouvoir d’achat par l’indexation des retraites sur les prix au lieu des salaires et l’augmentation des prélèvements (CSG).
La possibilité de partir à 60 ans à taux plein est ainsi restreinte et le taux de remplacement du salaire par la pension servie, a diminué.
Aujourd’hui, les attaques se concentrent contre les régimes spéciaux. Ces régimes découlent de l’histoire (début du 20ème siècle) notamment pour tenir compte des contraintes et des conditions de travail dans les services publics. Ils ont aussi servi de référence pour obtenir le droit à la retraite solidaire pour tous, concrétisé à la Libération en 1945. Ils constituent encore aujourd’hui des repères positifs et d’importants pôles de résistance. Ils sont les résultats d’engagements impératifs de l’Etat à l’égard des salariés des services et entreprises publiques.
Une attaque contre tous les régimes
En vérité, les salariés relevant de ces régimes représentent aujourd’hui 4,6 % de l’ensemble et seront 1,5% dans 10 ans. A qui fera-t-on croire qu’en arasant leur retraites on règlera le problème du financement des 98,5 restant ?
Ces attaques s’amplifient à un moment ou les privatisations et les démantèlements des services publics sont à l’ordre du jour. La rentabilité financière est sensée devenir la norme pour satisfaire l’appétit des actionnaires au détriment des usagers et des salariés. Elles préparent l’échéance de 2008 étape programmée par la loi Fillon pour réduire à nouveau le régime général : retraite à 65 ou 67 ans, et recul du niveau des pensions pour tout le monde !
M Sarkozy a cette perspective dans ses cartons. Quant au projet socialiste il ne fait que reprendre les orientations élaborées par le gouvernement Jospin très en deçà des exigences de financement parce qu’il refuse de redonner à la protection sociale ce que les profits financiers lui volent.
Cette orientation est couverte et impulsée par les institutions Européennes. La commission, le conseil mais aussi le parlement de Strasbourg, par consensus entre la droite et le parti socialiste européen, prennent prétexte de l’allongement de la durée de la vie, de l’augmentation du nombre des retraités pour porter leurs coups. Ils prétendent qu’il faut tout remettre en cause : les retraites coûteraient trop chers pour la rentabilité du capital qui ne trouve son compte que dans une « concurrence libre et non faussée ».
Des solutions de financement existent
Il est tout à fait possible de restaurer le droit pour tous et toutes (La situation des femmes est là aussi la pire !), à une retraite pleine et entière à 60 ans avec 37,5 annuités validées. Aujourd’hui, la durée moyenne des carrières du privé est de 37 années et si la question du sous emploi des seniors se pose c’est au patronat qui les licencie avant la retraite et au gouvernement qui encourage qu’en revient la responsabilité.
Les quatre points de PIB supplémentaires nécessaires pour financer les retraites d’ici 2040 - chiffres du COR(1)- sont largement assurés par le doublement des richesses crées dans le même temps. A condition toutefois que les actionnaires du CAC 40 et les marchés financiers ne s’accaparent pas ces richesses au détriment de la Sécurité Sociale et des caisses de retraites. Et cela est l’affaire du gouvernement qui doit renoncer à l’allègement des charges sans effet sur l’emploi (20 Milliards d’€) et percevoir sur les profits financiers une cotisation au même taux que celles prélevées sur les salaires.
Une politique de création d’emplois y compris par une modulation incitative des cotisations des entreprises, des salaires augmentés, des services publics modernisés et développés est de nature à dynamiser une croissance saine et à garantir une politique sociale de qualité.
C’est un choix de société
L’avenir de notre système de retraites, la qualité de vie des millions de retraités que compte désormais notre pays, dépend essentiellement de la solidarité dans la résistance et dans la mobilisation y compris dans les urnes- des salariés du public et du privé, des jeunes et des seniors, des actifs et des retraités eux-mêmes.
Le Parti Communiste Français, qui vient d’éditer une brochure « Retraite à 60 ans, un enjeu de civilisation » (2) propose d’en débattre à tous ceux et celles qui veulent s’inviter à la table de la nouvelle réforme qu’on nous promet.
C’est d’un choix de société qu’il s’agit. Il ne peut se faire sans nous
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1) Conseil d’orientation des Retraites
2) Fédération de Haute Corse du PCF, 11 Bd C.Campinchi, BASTIA, ou PCF2B@wanadoo.fr…ou Direction Nationale du PCF 2, place du Colonel Fabien, PARIS