Blog de la section du Cap Corse du PCF
Répondre aux besoins et aux aspirations des retraité-e-s du XXIe siècle
L’allongement de la durée de la vie ne peut s’apprécier seulement en terme de coût.
L’allongement de l’espérance de vie résulte tout à la fois des acquis des luttes sociales, de l’amélioration des conditions de vie et du travail, du droit à la retraite,de l’accès généralisé aux soins grâce à la Sécurité sociale, des progrès de la science médicale. Cela a pour effet une transformation en profondeur du vécu de la retraite, de la place et du rôle des retraités dans la vie sociale et économique. Leur présence active est bénéfique pour notre société. Le paiement des pensions, la santé, le taux d’emploi des seniors, la dépendance des personnes âgées exigent des politiques et des mesures à hauteur des mutations en cours et du développement des besoins. Certes, tous les retraité-e-s ne sont pas logé-e-s à la même enseigne tant il est vrai “que la meilleurefaçon d’éviter la pauvreté durant la vieillesse est d’exercer un travail bien rémunéré pendant les années que dure la vie active”.
Cependant, dés aujourd’hui, le rôle social, économique,politique des retraités est largement sous-évalué, qu’il s’agisse de leurs dépenses quotidiennes, des investissements qu’ils réalisent (immobilier et loisirs, par exemple),de l’épargne dont certains disposent.
Leur contribution au développement économique et à la croissance est une évidence, qu’il s’agisse de l’aide – matérielle et temps libéré – qu’ils apportent à leur famille (enfants, petits enfants et parfois les parents pour les générations dites “sandwich”) en lieu et place de structures socioprofessionnelles défaillantes…de leur engagement associatif et citoyen. Les seniors participent avec discrétion et parfois esprit de sacrifice mais avec une grande efficacité à l’équilibre de notre société en crise. Elles et ils sont donc et seront de plus en plus producteurs de lien social et doivent être reconnu-e-s et considéré-e-s comme tels. Leur influence va s’accroître en tous domaines et cette mutation est en soi un enjeu. Pour les retraité-e-s, comme pour les salarié-e-s en activité,les femmes, les jeunes, rien n’est écrit d’avance. L’accès aux soins rendu plus difficile et plus coûteux .Les retraité-e-s ne sont certes pas les seuls à souffrir de la réforme de l’assurance maladie. Mais, à coup sûr, ils sont parmi ceux qui en subissent le plus durement les conséquences, en particulier en raison des contraintes liées à l’âge. Plus que d’autres, ils sont donc touchés par l’augmentation de la partie des dépenses de santé laissée à la charge des patients, l’augmentation importante des cotisations pour la couverture complémentaire de ces dépenses devient de plus en plus difficilement supportable pour beaucoup d’entre eux.
Le maintien à domicile doit devenir une mission des services publics. Le maintien à domicile est largement à la charge des familles, tant sur le plan organisation que sur le plan financier. C’est même devenu l’enjeu d’un authentique marché. C’est inégalitaire et donc inadmissible. Il suppose, qu’en situation de perte d’autonomie,les personnes accèdent à toutes les activités sociales : soins, transports, accès aux commerces, à la culture, aux moyens de communication… Cela interpelle tous les services publics qui ont jusqu’à présent apporté des réponses collectives aux droits universels. Cela ne permet pas de répondre aux besoins des personnes en perte d’autonomie. Il faut envisager des réponses individualisées, par exemple minibus à trajet variable, service public de taxi… Les personnes âgées ne peuvent parfois rester dans un logement classique, mais pourraient éviter l’hospitalisation si elles disposaient d’un logement social adapté. Le logement doit être un droit universel sous la responsabilité d’un service public. L’ensemble de ces services deviendra rapidement et massivement indispensable. En ce sens, ils doivent être pris en charge par la sécurité sociale sur prescription médicale.
La coordination des soins :
Les soins à domicile nécessitent des structures coordonnées de soins infirmiers, de kinésithérapie, médicaux… Ces réseaux de soins demandent des moyens de secrétariat… et doivent associer l’ensemble des intervenants : soignants, syndicats de soignants, collectivités territoriales, hospitaliers, association de malades …-
PROPOSITIONS DE MARIE-GEORGE BUFFET
* intégration de la gestion de l’APA à la Sécurité sociale, ce qui suppose la suppression de la CNSA
* revalorisation du montant de l’APA
l*création de nouveaux services publics pour l’aide au maintien au domicile des personnes âgées, dépendantes
* prise en charge à 100 % de l’hospitalisation en long séjour
* mise en réseau de toutes les institutions intervenant auprès des personnes âgées dans le cadre du service public, établissant ainsi une synergie au niveau local et de nature à permettre la création massive d’emplois, le recrutement et la qualification des personnels, l’émergence de nouveaux métiers, tout en offrant des services à des prix supportables.
* programme pluriannuel de construction, de création d’emplois et de formation nécessaires pour combler le déficit en structures d’accueil et en personnel qualifié
* l’amélioration des remboursements des dépenses de santé, notamment des prothèses dentaires, auditives et des lunettes est une urgence en terme de prévention
* déduction du revenu imposable des cotisations pour la couverture complémentaire des dépenses de santé
*Les centres de santé sont des structures publiques de médecine de ville doivent être le coeur de la coordination des soins, le nombre de place à l’hôpital.
*La relance de l’hôpital public
La logique comptable a conduit à réduire le nombre de lits d’hospitalisation de telle sorte que l’hôpital public n’est plus en capacité d’absorber les malades “imprévus”. Il faut créer en urgence des lits d’hospitalisation publique de courts, moyens et longs séjours pour prendre en charge toutes les personnes ne pouvant rester à domicile. Là aussi, en raison du montant insuffisant des pensions des retraité-e-s, la dépendance qui nécessite l’hébergement en établissement de retraite ou de longs séjours est trop souvent à la charge des enfants.
*La dépendance des personnes âgées
Il faut répondre aux besoins liés à la dépendance des personnes âgées. Cela pose la nécessité de mettre en oeuvre un véritable plan avec la sécurité sociale d’une ,politique de santé répondant à ces besoins spécifiques. Les moyens d’investissements de détection et de traitement des maladies connaissent d’importants progrès. Ils doivent être rendus accessibles au plus grand nombre et à tous les âges, ce qui suppose la mise en oeuvre d’une politique de santé qui rompe radicalement avec la maîtrise comptable des dépenses et qui fasse de la réponse aux besoins et de la prévention ,une priorité absolue.
*L’accompagnement de fin de vie
Permettre l’accompagnement de la mort à domicile pour toutes celles et tous ceux qui le souhaitent, justifie
le développement massif des unités mobiles de soins palliatifs sur tout le territoire. Leur mission ne se limite pas à traiter le malade mais aussi à travailler avec les voisins, avec les proches… Se pose aussi la question des funérailles qui doit sortir de la loi du marché ce qui suppose de remettre en cause la directive européenne de libéralisation des pompes funèbres. La perte d’autonomie, quel que soit l’âge auquel elle survient, doit être prise en charge au même titre et dans les mêmes conditions que n’importe quelle autre ,maladie par la Sécurité sociale, au titre de la solidarité intergénérationnelle. Elle suppose la prise des décisions que propose Marie-George Buffet.