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Blog de la section du Cap Corse du PCF

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L'alternative en Corse: adresse aux Corses

                                       
           Les Etat généraux de l'alternative en Corse

 Les dirigeants du Parti communiste français, les élu(e)s du groupe communiste républicain et citoyen à l'Assemblée de Corse (1) ont tenu une conférence de presse à Ajaccio pour présenter leur démarche. Elle s'inscrit au lendemain des élections européennes, dans le contexte particulier à la Corse afin d'élaborer une alternative et de constituer une majorité en capacité de le mettre en oeuvre.

   Après le retrait du PADDUC, avec le changement du mode de scrutin des régionales, au regard de l'aggravation de situation économique et sociale, nous avons décidé de nous inscrire dans une démarche d'élaboration démocratique et citoyenne afin de répondre à la forte attente de nombreux progressistes, femmes et hommes de gauche qui s'interrogent sur les prolongements concrets à donner au Front de gauche. 
 
  Dominique Bucchini, les élu(e)s du groupe communiste républicain citoyen, les deux fédérations du PCF sont donc à l'initiative avec cet objectif de travailler indissociablement à l'élaboration du projet politique dont la Corse a besoin et à la construction de la majorité qui donnera les moyens de le mettre en oeuvre avec succès.
 
  Ce travail permettra d'unir le plus largement possible pour battre la droite qui détient le pouvoir en Corse depuis 25 ans sans interruption. Par conséquent, il y a urgence à agir pour sortir la Corse de l'ornière. C'est à cela que nous pensons quand nous voulons donner, à travers une démarche populaire et citoyenne, les bases les plus solides au rassemblement. L'adresse aux Corses (2), que nous vous présentons aujourd'hui, a cette ambition. Elle est la première étape d'une série d'initiatives publiques dont le temps fort aura lieu à la mi novembre à Corté avec des Etat généraux de l'alternative de gauche en Corse.
 Ce calendrier et cette proposition ne sont pas à prendre ou à laisser.
 Ils permettent simplement d'engager ce travail d'élaboration politique et de voir en marchant ce que pourraient être des espaces partagés d'élaboration d'un projet politique nouveau. Les acteurs potentiels de ce rassemblement, auxquels nous nous adressons, ne sont pas seulement les militants ou les soutiens de tel ou tel partis politiques, ce sont aussi les citoyens, les acteurs engagés du monde social, les électeurs ou les abstentionnistes de toute sensibilité qui ont un besoin urgent d’ouvrir des perspectives à leur vie et à leurs combats.
 Lutte contre les inégalités, droit du travail et formation, sécurité de l’emploi et protection sociale, services publics, démocratie et droits nouveaux des salariés, défense des missions publiques, écologie et nouveau mode de développement, avenir de la planète, droits et libertés, Europe… Voila les pistes qui fournissent matière à ce travail comme à de possibles luttes contre la cherté de la vie, les bas salaire, la précarité, la pénurie de logements sociaux, la dérive affairiste et mafieuse significatives de la profonde dégradation de la société insulaire... Toutes les forces de gauche et écologistes qui se déclarent prêtes à ouvrir, face à la droite UMP, une perspective de transformation sociale sont donc directement intéressée et invitées. Le rassemblement souhaité par notre peuple suppose indissociablement unité et cohérence de projet. Il est donc indispensable d’agir pour résorber les décalages existants et de le faire en ayant comme fondation à toute construction les réponses aux attentes sociales et populaires. Contre les mauvais coups de la droite, par les luttes et le débat politique, nous voulons faire bouger les lignes, bousculer les forces qui veulent continuer leur chemin comme si la Corse était effectivement protégée de la crise, dans une situation économique et sociale sereine. À tous, nous disons qu’il y a mieux à faire dans l’intérêt de notre peuple. Nous ne voulons ni de murs intangibles ni de rassemblements factices ou artificiellement tactiques. Nous voulons construire du solide pour notre peuple, pas à pas et dans la durée, en élaborant de manière transparente un projet commun antilibéral. Nous abordons la perspective des élections régionales dans cet esprit qui n'est ni celui du renoncement à la majorité ni celui de l’alignement derrière la force dominante à gauche. Le travail autour de ces ambitions sera, nous en avons la conviction, la voie la plus féconde d’un élargissement réussi et durable du Front de gauche pour changer de politique dans le pays et dans l'immédiat pour construire une majorité régionale déterminée à mettre en œuvre une politique bien ancrée à gauche véritablement favorable à la Corse.
                                                        TC

(1) Maxime Nordée, Gille Larnaud, Jean Pierre Fabiani, Serge Gori, Yves Liedo, Dominique Bucchini, Michel Stefani, René Fini, Josette Risterucci. Paul Antoine Luciani, Maria Guidicelli, Ange Rovere et Francis Riolacci étaient excusés.


                                  Adresse aux Corses

                        Madame, mademoiselle, monsieur,

 Pendant les vacances, la crise continue : elle rogne le pouvoir d’achat des familles, sert d’alibi aux licenciements et au blocage des salaires, ralentit l’économie et, en particulier, la construction (déjà très limitée) de logements sociaux, augmente la pauvreté et la précarité, alimente la peur du lendemain. Les ultralibéraux dirigent l’Europe et la France. Ils dictent leurs choix aux territoires. Et l’Exécutif de la Collectivité territoriale de Corse met en œuvre leurs orientations stratégiques. Ils ignorent la dureté de la situation sociale, les 19 000 familles insulaires qui ne disposent que de 880 euros mensuels pour vivre, les licenciements programmés à La Redoute, le chômage partiel imposé à Corse Composites Aéronautiques, la situation très préoccupante des hôpitaux corses, le prix de l’essence qui a encore augmenté, l’immense majorité des familles corses ( 80% au moins) que leurs faibles revenus rendraient éligibles aux logements sociaux si ceux-ci existaient en nombre suffisant, les dizaines d’emplois menacés dans le secteur de la vie scolaire, les retraites de misère, les quartiers urbains en difficulté et les zones rurales en voie de désertification, l’insuffisance de formation professionnelle, la « révision générale des politiques publiques » qui n’est rien d’autre que la destruction programmée, méthodique et implacable de pans entiers du secteur public…
L’Ump voudrait faire oublier tous ces drames, mais elle ne peut pas camoufler ses responsabilités. Car ces inégalités, ces difficultés aggravées ne doivent rien au hasard. Elles sont le produit d’un système, elles résultent de choix politiques qui visent à enrichir les plus riches et, par voie de conséquence, conduisent à appauvrir les plus pauvres. Ces décisions contraires à l’intérêt général, ces choix de droite, nous les avons combattus sans faiblesse, conformément aux engagements pris devant vous, en 2004, au début de notre mandat à l’Assemblée de Corse. Avec Maria Guidicelli, Josette Risterucci et Michel Stefani, nous avons voté, sans la moindre complaisance, contre tous les dispositifs qui visaient à « désanctuariser la Corse » pour la spécialiser dans le tourisme haut de gamme, à contourner la loi littoral, à mettre les territoires insulaires en concurrence, à subir les déréglementations, à démanteler les services publics, à fragiliser les emplois de la Sncm, de la Cmn, de la Ccm, d’Air France…Nous avons soutenu toutes les luttes sociales, posé avec force la question de la précarité et de la pauvreté. Nous avons exigé des moyens nouveaux pour la mise en œuvre du programme exceptionnel d’investissement. Il n’est pas surprenant que la droite ait refusé le débat sur le Padduc à l’Assemblée de Corse : elle savait que son projet serait rejeté ! Dans la foulée, elle a bricolé (avec quelques autres) un mode de scrutin antidémocratique, dans l’espoir de disposer à l’avenir d’une large majorité de sièges même si elle ne devait recueillir qu’une toute petite majorité de voix. Pour ce qui nous concerne, nous avons publié, en préparation à ce débat finalement avorté, un document (1) qui contient des orientations fondamentalement différentes. Nous vous proposons d’y réfléchir avec nous et d’agir pour construire une véritable alternative de progrès. Comme en d’autres temps, il faut organiser la Résistance, réunir des forces neuves et préparer les changements qui s’imposent. L’expérience récente du rassemblement réalisé au sein du Front de Gauche est très encourageante pour l’avenir. Il ne s’agit pas, en effet, de changer simplement de majorité régionale. Il faut impérativement changer de politique. Il faut apporter des réponses adaptées aux attentes populaires et aux aspirations de la jeunesse, en utilisant pleinement les compétences de l’Assemblée territoriale et en mobilisant les forces vives de Corse pour arracher à l’échelon national les solutions qui relèvent de son niveau. Pour débattre des enjeux et du contenu du changement, nous vous proposons des rencontres publiques qui se tiendront, durant trois mois, dans toutes les microrégions de Corse. Nous proposons, en outre, que ces rencontres permettent de désigner des délégués en vue de l’organisation d’ « Etats Généraux de l’Alternative » qui auraient lieu mi-novembre, à Corte. Je souhaite vivement que vous soyez très nombreux à venir réfléchir, échanger et construire avec nous. Ce sera la meilleure manière de nous préparer, ensemble et dans l’action, à l’échéance de 2010.

                              Dominique BUCCHINI Le 15 juillet 2009

 (1)PADDUC : "Pour un véritable développement durable" disponible dans les fédérations.
Tel :Haute-Corse: 04 95 31 60 01 / Corse-du - Sud: 04 95 50 71 00
ou sur http://vociaiaccini-ubloggu.elunet.fr/index.php/

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