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CHANTS REVOLUTIONNAIRES

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26 juin 2014 4 26 /06 /juin /2014 08:07

 

                                                                      MARE NOSTRUM-copie-1

 

                                  GAZA

                 Gaza sang

jeudi 26 juin 2014 

Une petite Palestinienne de deux ans a succombé à ses blessures suite au dernier bombardement israélien sur Gaza.

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26 juin 2014 4 26 /06 /juin /2014 07:32

                                                                                 MARE NOSTRUM-copie-1

 

 

meeyer-luxembourg.jpg

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

La nouvelle a secoué les camarades espagnols : une figure historique du PC espagnol et d'Izquierda Unida a annoncé sa démission de son poste de député européen, après l'annonce d'un « scandale » financier qui l'a éclaboussé ainsi que trois autres députés espagnols.

 

Sic transit gloria mundi. Il y a un mois, Willy Meyer était réélu pour la deuxième fois consécutive à son siège au Parlement européen, en tant que tête de liste de la « Gauche plurielle » (Izquierda Plural) menée par IU et qui obtenait près de 10 % des voix.

 

Pester contre la « domination de la finance » …

 

puis participer à un fonds de pension en SICAV pour les députés européens !

 

En l'espace d'une journée, Willy Meyer vient sans doute de clôturer sa carrière politique vieille de plus de trois décennies, lui qui occupait encore hier des postes de membre du Comité exécutif du PCE et de la direction fédérale d'IU, en tant que secrétaire à l'international.

 

Meyer met un terme à une longue carrière dans les salons feutrés des Parlements : député provincial d'Andalousie de 1987 à 1991, député national entre 1996 et 2000, et enfin député européen depuis dix ans (2004) sous la bannière d'Izquierda Unida.

 

Mais il a fallu moins de 24 heures pour contraindre Meyer à la démission, sous pression de la direction nationale d'IU, comme de sa fédération d'Andalousie qui exigeaient « une explication convaincante ou la démission immédiate ». Il n'y avait plus d'autre choix que se démettre.

 

Pourtant Willy Meyer n'a rien commis d'illégal, c'est bien ce qui rend le scandale dans lequel il est englué d'autant plus susceptible de soulever l'indignation des citoyens espagnols.

 

Le député d'IU a en effet participé activement à un fonds de pension volontaire des députés européens géré sous la forme d'une SICAV enregistrée au Luxembourg. Un fonds à très haute rentabilité, et à très faible taxation, de l'ordre de 0,01 %.

 

Meyer prétend ne jamais avoir su que la contribution volontaire qu'il apportait pour sa retraite s'intégrait à un circuit contribuant à des mécanismes d'évasion fiscale, profitant de l'existence de paradis fiscaux au sein même de l'Europe.

 

L'explication ne fut pas jugée convaincante par l'organisme dirigeant suprême d'IU, convoqué hier de toute urgence.

 

Ce qui a contraint, en présence du coordinateur d'IU Cayo Lara et du secrétaire-général du PCE, José Luis Centella, Willy Meyer à démissionner de son poste de député européen et de « toute responsabilité politique ».

 

Willy Meyer n'est pas le seul député européen éclaboussé par le scandale. Au moins trois autres noms sont sortis : ceux du député de droite (PP) Miguel Arias Canete, administrateur de la SICAV, de la député centriste (UpyD) Rosa Diez et de la socialiste Elena Valenciano.

 

Toutefois, la position de Meyer était de loin la plus intenable, révélant une hypocrisie, un hiatus entre discours et pratique, mettant en péril l'avenir même de la formation Izquierda Unida.

 

Lui qui a construit sa campagne de 2014 sur l'indignation face au « règne de la finance » et à la corruption « du système bi-partisan PP/PSOE », sur des propositions (utopiques) de « taxation des revenus financiers » à l'échelle européenne, est pris à son propre piège.

 

Une tête pensante du PGE déboulonnée ...

 

mais un départ susceptible d'accélérer la liquidation de l'organisation communiste

 

La démission de Meyer ne concerne pas seulement nos camarades espagnols. Meyer était bien plus que cela, en tant que membre du Comité exécutif du PGE (Parti de la gauche européenne).

 

Il représentait depuis la fondation du PGE, en 2004, une des têtes pensantes – avec les allemands Lothar Bisky et Gregor Gysi, le français Francis Wurtz ou l'italien Fausto Bertinotti – de ce projet de transformation des Partis communistes révolutionnaires en formations de gauche réformistes, euro-compatibles.

 

Depuis son élection au Parlement européen, Willy Meyer a incarné toutes les ambiguïtés – piur ne pas dire hypocrisies – de la ligne IU sur l'Europe : euro-constructif, Meyer a relayé pendant des années la ligne de réforme de l'UE au sein d'IU, avant d'infléchir, de radicaliser son discours lors de la dernière campagne … sans jamais remettre en cause ni l'Euro, ni l'UE, ni même l'OTAN.

 

Le retrait de la vie politique de Meyer représente un coup dur pour le projet liquidateur, réformiste du PGE. Toutefois, son instrumentalisation pourrait paradoxalement renforcer la liquidation de l'organisation communiste en Espagne.

 

Les médias dominants – qui ont tout fait pour mettre en avant les Indignés, avec leur représentation politique officielle, le mouvement sociétal-populiste « Podemos » – utilisent le scandale pour discréditer le « communiste » Meyer, et le « parti » Izquierda Unida.

 

Une campagne intégrée au dénigrement de tout ce qui est lié à l'héritage communiste, et tout ce qui est organisation partisane structurée autour d'une idéologie.

 

Au sein même d'IU, la démission de Meyer ouvre un espace à des courants liquidateurs prêts à utiliser également le score de Podemos pour proclamer la nécessité de « l'élargissement d'IU » à toutes les forces politiques, de la remise en cause de la forme-parti, d'une idéologie figée (communiste) qui empêche l'expression d'une « gauche plurielle ».

 

Le PGE est en crise, au-delà de sa recomposition. La course à la droitisation touche les Tsipras, Gysi, Vendola, toujours plus prêts à la compromission avec la social-démocratie, la défense de l'Union européenne, la liquidation de l'organisation communiste.

 

Le « scandale Meyer » ne fait qu'ajouter à la confusion. Au-delà de la vérité sur le personnage, l'hypocrisie mise à jour, il ne préfigure rien de bon pour la continuité d'un parti communiste en Espagne.

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25 juin 2014 3 25 /06 /juin /2014 20:54

 

 

source: Jean Almeras

 

 

 

 

 

 

ean Alméras a partagé la photo de Que d'la bonne.  
minute amitié
So
Photo : minute amitié :) So
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25 juin 2014 3 25 /06 /juin /2014 15:08

                                                              CERVEAU

 

 

Publié le 25 Juin 2014 par Descartes

Le « dialogue social » avec lequel le pouvoir a cherché – et largement réussi – à endormir les syndicats commence maintenant à atteindre ses limites. Le mécontentement devant une politique qui ne laisse pas de perspectives s’est d’abord manifesté par une résignation maussade, puis par un vote de rejet dans les urnes. Et maintenant, les conflits commencent.

Mais tous les conflits ne se valent pas. Les deux grands conflits en cours, celui des cheminots et celui des intermittents, sont deux exemples admirables pour observer comment notre petit monde politico-médiatique réagit de manière singulièrement différente selon que les conflits. Pour les cheminots, c’est le langage du rejet : on condamne une CGT décidément trop « ringarde » et « passéiste » pour accepter « la réforme » ; on affiche un mépris de bon ton pour des cheminots décidément trop bêtes et crispés pour comprendre que la réforme a été conçue dans leur intérêt et que le statut du cheminot – juré, craché – n’est nullement menacé ; on se désole publiquement sur les « usagers pris en otage » (1) et, figure imposée, on invoque le « modèle allemand » de la Deutsche Bahn, dont on ne sait pas très bien comment il fonctionne mais qui doit être merveilleux puisqu’il est allemand.

Pour les intermittents, ce n’est pas du tout la même chanson. Là, pas de dénonciation de « prise en otage », de syndicats crispés sur leurs avantages, de lamentation sur « ces travailleurs qui ne comprennent pas la réforme ». Au contraire, les stars médiatiques, les ministres et les journalistes sont du côté des grévistes, se vantent publiquement de « comprendre » la justesse de leurs revendications, et se cachent derrière les syndicats de salariés sur le mode « vous comprenez, ils ont signé, alors on ne peut pas ne pas étendre l’accord ». Même le « modèle allemand » n’a pas la côte. Alors que Le Monde prêche d’habitude sur le thème « nous sommes les seuls à faire ainsi en Europe, c’est pas normal », cette fois ci on arrive à la conclusion inverse. Le grand journal du soir titre en effet – et en une, s’il vous plait : « Intermittents : une exception française à réinventer ». Autant il est essentiel pour le grand quotidien des classes moyennes de « réformer » la SNCF sur le modèle de la Deutsche Bahn et des directives bruxelloises, autant il est indispensable de « réinventer » une « exception française » pour les intermittents. Les cheminots sont des infâmes privilégies défendant les intérêts catégoriels, les intermittents sont des pauvres victimes de la précarité qu’il est essentiel de protéger au nom de la « culture ». Surprenant, n’est ce pas ?

Pas tant que ça, en fait. Du moins pour ceux de mes lecteurs qui gardent en tête la grille de lecture que j’ai souvent proposé sur ce blog. Pour le dire schématiquement : le statut du cheminot est une conquête sociale d’une partie de la classe ouvrière, alors que le statut des intermittents est non seulement un régime largement utilisé par les classes moyennes, mais surtout une subvention déguisée à une consommation – la consommation dite « culturelle » - dont elles sont les premières à profiter. Il n’aura d’ailleurs échappé à personne qu’alors que la grève des cheminots est traitée dans la page « social » du journal, celle des intermittents l’est dans la page « culture ». Cela donne une idée de la manière dont les rédacteurs voient le conflit. Pour le rédacteur – et pour le lecteur de Le Monde, le régime chômage des intermittents ne relève pas du social, mais du culturel. La réforme de la SNCF – contre laquelle se battent les cheminots – ne fait pas partie du débat sur les transports, alors que la réforme de l’assurance chômage – contre laquelle se battent les intermittents – fait partie de la culture.

En fait, le régime d’assurance-chômage des intermittents n’a de régime d’assurance que le nom. Les systèmes d’assurance chômage ont été construits pour mutualiser le chômage conçu comme un risque. De la même manière que l’assurance de votre voiture mutualise le risque d’accident de la route. Le mécanisme repose sur l’idée que l’accident touchera aléatoirement certains assurés. Ceux-ci verront alors le dommage réparé à partir des cotisations payées par l’ensemble des assurés. Mais il faut comprendre qu’un système assurantiel ne fabrique pas en lui même de la richesse. Le coût des sinistres est globalement le même que si chacun devait les supporter individuellement. Ce que le système assurantiel fait, c’est de réduire les incertitudes. Au risque de supporter l’ensemble des dommages en cas d’accident, l’assuré substitue la certitude de payer une prime mensuelle beaucoup plus faible mais régulière.

Mais un système assurantiel repose sur une hypothèse fondamentale : l’accident doit arriver aléatoirement. On ne peut plus parler « d’assurance » l’accident qu’on prétend assurer n’est plus un « risque » mais une « certitude ». Imaginez que vous vouliez assurer votre voiture non pas contre un accident de la route, mais contre l’épuisement de votre réservoir d’essence – c'est-à-dire, vous doteer d’une assurance qui vous payerait le plein lorsque votre réservoir serait vide. Vous voyez bien que cela ne peut marcher : puisque le réservoir de tous les assurés sera vide un jour ou l’autre, le système ne pourrait marcher que si vos primes sont… équivalentes à ce que coûtent les pleins d’essence des cotisants. En d’autres termes, l’assurance n’a plus aucun intérêt puisque vous pourriez tout aussi bien payer votre carburant. C’est pour cette raison que les systèmes d’assurance chômage sont mal adaptés pour couvrir les métiers où le chômage « intermittent » n’est pas un risque, mais une certitude. Or, c’est précisément ce qui arrive pour les intermittents du spectacle. Selon les chiffres publiés (2), sur les 250.000 salariés cotisant au régime des intermittents en 2011, 108.000 – soit un peu moins d’un sur deux – ont été indemnisés. On ne peut donc parler d’un « risque » touchant aléatoirement une minorité des ayant-droit. Il faut parler plutôt d’un système d’étalement du revenu, c’est à dire, un système qui « lisse » les revenus, prélevant à la saison faste et servant un revenu lors de la saison maigre.

Ou du moins on pourrait en parler d’étalement si le système était à l’équilibre, c’est à dire, si l’ensemble des cotisations couvrait les prestations servies. Mais c’est très loin d’être le cas : pour 250 M€ de cotisations encaissées, le régime verse 1,3 Md€ de prestations. Plus révélateur : en moyenne, la rémunération nette avant impôt d’un intermittent est constituée à 57% par les salaires, et à 43% par les indemnisations (pour un revenu médian net de 25.300 €, soit le double du SMIC). Ce n’est donc ni une assurance – pas de risque aléatoire – ni un étalement des revenus – la somme des revenus perçus n’étant pas égale aux cotisations versées. C’est purement et simplement un système de soutien des revenus de la profession par transfert venant de l’ensemble des cotisants du régime général.

En fait, le régime des intermittent est une subvention déguisée aux professions dites « culturelles » par le biais d’une fraude « banalisée » par la corporation. Celle qui consiste pour un employeur de se mettre d’accord avec son employé pour que celui-ci travaille « légalement » pour un salaire donné le temps d’ouvrir les droits au chômage, puis de continuer à travailler « au noir » pendant le délai ou les allocations lui sont versées, l’employeur couvrant simplement la différence entre l’allocation et le salaire. Et à la fin le travailleur et l’employeur se partagent les bénéfices tirés du système. Cette fraude existe marginalement dans tous les métiers, mais les caractéristiques intrinsèques du travail des intermittents du spectacle – horaires variables, travail de préparation réalisable à domicile, etc - rendent le contrôle particulièrement difficile, ce qui a permis à ce type de fraude de devenir massive (3), à l’avantage des employeurs mais aussi des employés, et au prix du creusement de la compensation servie par le régime général.

Il serait donc parfaitement rationnel de réformer le régime des intermittents pour supprimer la subvention cachée. A ceux qui hurleraient qu’on « tue la culture », je réponds qu’on pourrait la remplacer par une véritable subvention, dont on pourrait apprécier le montant et la destination. Une solution dont les « professions culturelles » n’en veulent surtout pas. Pourquoi ? Parce que la subvention cachée les arrange, dans la mesure où elle est versée à tout le monde sans évaluation et sans contrôle. Alors qu’une véritable subvention serait visible, et donc évaluable, contrôlable, et pourrait donc être plus précisément fléchée. Or, c’est précisément ce que les soi-disant « acteurs de la culture » n’en veulent pas. Les défenseurs des intermittents nous rabattent les oreilles sur le thème « on va tuer la culture ». Mais ce discours oublie convenablement qu’on ne parle pas du régime des « intermittents de la culture » mais des « intermittents du spectacle ». On fait comme si « spectacle » et « culture » étaient synonymes. Mais un spectacle est-il toujours « culturel » ? Est-il normal de subventionner des inepties comme « Plus belle la vie » (4) au nom de la « culture » ? Transformer la subvention cachée en subvention visible aurait l’inconvénient pour le métier concerné d’ouvrir le débat sur ce qui est « culture » et ce qui ne l’est pas, et plus grave, entre ce qui dans la « culture » doit être subventionné et ce qui doit être laissé à l’appréciation – et donc à la bourse – du spectateur. Un débat potentiellement fatal à toute une série de manifestations hâtivement libellées comme « culturelles » mais qui méritent fort mal ce nom, n’étant guère que des animations dont le contenu « culturel » est fort discutable (5). Derrière le conflit des intermittents se cache une question bien plus intéressante, celle de ce que doit être une politique culturelle, ce qu’elle doit ou non subventionner, et pourquoi.

Dans la vision de nos élites « culturelles », la est devenue synonyme de loisir et de sensualité. Elle apparaît comme réaction contre ce qui est obligatoire, institué, rationnel. C’est particulièrement flagrant dans l’opposition qui est faite traditionnellement entre la culture et l’éducation – au sens de l’instruction. Ce qui est enseigné à l’école, par définition, n’est pas de la « culture ». C’est évident pour les sciences : on entend souvent des personnes qui se considèrent « cultivées » se vanter, à la table du déjeuner mais dans les émissions « culturelles » de nos médias, d’être « nuls en maths » sans la moindre honte, et même avec une certaine fierté. Mais cette attitude s’étend à l’ensemble des disciplines scolaires : dans le monde « culturel », on insiste souvent sur son statut de « cancre » à l’école, signe d’une « liberté d’esprit » indispensable dans le monde de la « culture ». La « culture » est devenue le lieu du loisir, du libertaire, du permissif, du sensuel. L’éducation, elle, est le lieu du travail, de l’institué, du mérite mesurable, du rationnel. On comprend alors pourquoi la sacralisation de la « culture » au sens languien du terme à partir des années 1980 coïncide avec la défénestration de l’éducation. L’instituteur est le professeur sont perçus comme des fonctionnaires tatillons et poussiéreux à qui on oppose la liberté et le plaisir que seules peuvent donner les « activités créatives ». La « culture » est devenue l’épitomé des valeurs « libérales-libertaires », une école sans mérite et sans examens – que l’école, la vraie, devrait imiter, n’est ce pas ? – un lieu de travail sans patrons et sans chefs, et le tout payé par des subventions. La « culture » est une profession, certes. Mais une profession où l’on accède sans diplômes et tout se fait par entregent et copinage (6). Il n’y a qu’à voir le nombre de « fils de » et de « filles de » sans le moindre talent qui gagnent fort honorablement leur vie. Croyez-vous vraiment que si Nicolas Bedos ou David Hallyday n’était pas le fils de son père il aurait autant de contrats ?

Et la question qui se pose donc est : pourquoi devrions nous tous, citoyens et contribuables, payer tout cela ? Je pose ces questions volontairement de manière provocatrice, mais le fonds y est. Tout le monde voit l’intérêt à ce que la collectivité consacre des moyens aux écoles, aux routes ou aux hôpitaux. Dans chacune de ces dépenses, il est possible d’évaluer le résultat et le comparer à l’argent investi. Mais pourquoi la collectivité devrait-elle donner de l’argent aux théâtres, aux cinémas, aux chaînes de télévision ? Pourquoi ce qui n’est finalement qu’un loisir devrait être pris en charge par la collectivité, et non par ceux qui aiment cela ? Pourquoi devrais-je payer pour que des inepties genre « plus belle la vie » voient le jour ? Et pourquoi mon voisin devrait payer pour que je puisse entendre du Mozart ?

La solution ne peut reposer que dans une hiérarchisation de ce qu’on appelle « la culture ». Il y a des expressions culturelles que la collectivité doit encourager, non pas au nom de grands principes abstraits mais pour la raison bien pragmatique qu’une République est plus efficiente lorsque ses citoyens ont accès à ce que l’humanité a fait de mieux au cours de son histoire. Permettre aux citoyens de toutes conditions d’accéder à ce patrimoine devrait être l’alpha et l’oméga de la politique culturelle. Quant à soutenir la création… je suis nettement plus réservé. La création est par essence une question d’élites, quelque soient les discours qu’on s’applique à répéter pour le cacher. Tout simplement parce que la création implique une rupture, et pour comprendre cette rupture il faut connaître ce qu’il y avait avant (7). Or, les élites ont de quoi financer leur « culture ». Si un artiste, si un spectacle sont si peu intéressants qu’on ne trouve pas suffisamment de monde pour payer le billet à son juste prix pour avoir le plaisir de les contempler, pourquoi faudrait-il que l’Etat le fasse ? En quoi le goût d’un fonctionnaire du ministère de la culture serait-il plus sûr que celui des gens qui payent leurs plaisirs avec leur propre argent ?

Les élites peuvent payer mais, assez naturellement, préfèrent que ce soit d’autres qui le fassent. D’où leur réaction quand on essaye de toucher aux subventions, cachées ou non, dont bénéficie non pas la culture en général – il n’y a qu’à voir ce qu’est devenue la politique de diffusion culturelle, dans l’indifférence générale – mais leur « culture ». Ces subventions qui financent les loisirs des classes moyennes tout en fournissant des emplois pour leurs enfants. C’est pourquoi les intermittents peuvent compter sur le soutien indéfectible des classes moyennes et des élites politico-médiatiques acquises à leurs intérêts. La SNCF sera, vous pouvez compter là dessus, réorganisée sur la ligne fixée par Bruxelles. Mais « l’exception française » que constitue le régime des intermittents perdurera. Ce n’est pas écrit dans les étoiles, mais dans les rapports de forces.

Descartes

(1) On remarquera que le mot « usager » est banni de la communication de nos anciens services publics convertis aujourd’hui à la logique d’entreprise pour être remplacé par le mot « client ». Il y a une seule exception à ce principe : lorsque les personnels se mettent en grève, le mot « usager » revient en force.

(2) Source : Pole Emploi 2013, publiées par « Le Monde » daté du 21 juin 2014.

(3) Pour ceux qui se réclament l’héritage de Marx, le fait que dans le conflit des intermittents le patronat soit corps et âme du côté des travailleurs devrait tout de même inviter à la prudence. Comment expliquer qu’une réforme qui réduit les droits sociaux et les rémunérations des travailleurs ne trouve pas grâce aux yeux des patrons exploiteurs ? Comment expliquer que ceux-ci se fendent – à l’exemple d’Oliver Py – d’articles et d’interviews demandant au gouvernement de donner satisfaction à leurs employés ? C’est à se demander si les intermittents du spectacle sont véritablement « exploités »… peut-être sont-ils plutôt capables de récupérer la totalité de la valeur qu’ils produisent ? Dans ce cas, on comprend mieux leur intérêt commun avec leurs employeurs.

(4) Le Monde, toujours lui, nous explique que « l’équipe de « Plus belle la vie » s’est mis en grève par solidarité avec les intermittents ». Le fait que le régime des intermittent permet de réduire les coûts de production audiovisuelle de l’émission en question n’est certainement qu’une coïncidence.

(5) Les manifestations qui ont ponctué l’année 2013 au prétexte de « Marseille, capitale européenne de la culture » suffiraient à donner des dizaines d’exemples. Je n’en prends qu’un : la « caravane de la transhumance », qui a fait défiler dans les rues de Marseille des moutons guidés par des bergers et suivis par des « gardians » a cheval, le tout précédé par « une déesse grecque en robe noir debout sur deux chevaux noirs ». Si quelqu’un est capable de justifier le rapport de cette chose avec la « culture »…

(6) En d'autres termes, le paradis des classes moyennes.

(7) Bien sûr, on peut trouver « jolie » une sculpture de Murakami sans connaître Michel-Ange. Mais faire croire aux gens qu’on leur donne accès à la culture parce qu’on leur montre des choses qu’ils trouvent jolies, c’est dévaluer la culture elle même. La culture implique un processus d’accumulation, qui commence avec les sculptures préhistoriques et aboutit à Murakami. Accéder à la culture, ce n’est pas regarder Murakami, mais comprendre comment on y est arrivés.

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25 juin 2014 3 25 /06 /juin /2014 06:37

                                                                     CERVEAU

 

 

Irak, Libye, Iran, Ukraine : Guerres des élites contre les peuples
Mondialisation.ca, 20 juin 2014


La plupart des experts de l'’évolution historique ont tendance à percevoir une nouvelle guerre mondiale par le déploiement à grande échelle de moyens militaires visant la défaite, la destruction ou l'’asservissement d’un des belligérants. Bien que l’'idée d’un tel scénario sinistre ne peut certainement pas être exclue, il y a des raisons de croire, cependant, que la fameuse Troisième Guerre mondiale dont on parle tant pourrait être d’un type différent : plutôt entre classes qu’entre pays.

Vue sous cet angle, la troisième guerre mondiale se déroule déjà, et elle fait rage depuis des années : la guerre unilatérale néolibérale, transfrontalière de l’économie d’austérité qui est menée par la classe transnationale de l’oligarchie financière contre l’écrasante majorité des citoyens du monde, les 99%.

La mondialisation du capital et l’interdépendance des marchés mondiaux a atteint un tel niveau que des affrontements militaires de grande envergure comme ceux des première et seconde guerres mondiales pourraient conduire à une catastrophe financière pour tous. Sans surprise, le réseau des élites financières transnationales, qui choisissent souvent depuis les coulisses les politiciens et les gouvernements, semblent être opposés à une autre guerre internationale qui pourrait paralyser les marchés financiers à travers le monde.

Cela explique pourquoi les récentes agressions impérialistes ont souvent pris la forme d’interventions de type « soft-power » : révolutions de différentes couleurs, coups d’état « démocratiques », guerres civiles provoquées, sanctions économiques, etc. Bien sûr, l’option militaire demeure lorsque les stratégies de changement de régime « soft-power » échouent ou s’avèrent insuffisantes.

Cependant, même dans ce cas, tous les efforts sont faits (par les grandes puissances capitalistes) pour rendre ces interventions militaires « contrôlées » ou « gérables », c’est-à-dire limitées à un niveau local ou national. Alors que les guerres « contrôlées » ont tendance à protéger les fortunes des profiteurs de guerre et les bénéficiaires des dépenses militaires (principalement le complexe sécurité-militaro-industriel et les grandes banques), ils ne provoquent pas de paralysie des marchés financiers internationaux.

Cela explique aussi pourquoi les grandes puissances mondiales comme la Chine, la Russie, l’Inde et le Brésil ont tendance à ne pas s’opposer plus fermement aux politiques d’intimidation des États-Unis. Les cercles oligarchiques de ces pays ont plus en commun avec leurs homologues des États-Unis et d’autres pays capitalistes qu’avec leurs compatriotes. «  Qu’ils élisent domicile à New York ou Hong Kong, Moscou ou Bombay, les super-riches aujourd’hui constituent de plus en plus une nation à part entière », fait remarquer Chrystia Freeland, rédactrice de Reuters, qui côtoie les élites à travers le monde.

Il est donc logique de penser qu’une alliance de fait existe entre les membres de cette « nation » mondiale des super-riches, qui contribue à faciliter les plans impérialistes de changement de régime. Par exemple, lorsque la Russie est menacée par les Etats-Unis et leurs alliés européens, les oligarques russes ont tendance à collaborer clandestinement avec leurs homologues de classe à l’Ouest, sapant ainsi la résistance de la Russie à une ingérence des puissances occidentales.

Un bref regard sur les opérations récentes de changement de régime dans des pays comme l’Irak et la Libye, d’une part, et l’Ukraine et l’Iran, d’autre part, peut aider à comprendre quand et où les puissances impérialistes ont recours à une action militaire directe pour provoquer le changement (comme en Irak et en Libye), et où et quand ils ont recours plutôt à des tactiques de « soft-power » pour les mêmes objectifs, comme en Ukraine et en Iran. Deux raisons ou considérations principales peuvent être identifiées quant au choix des impérialistes dans les moyens ou tactiques à mettre en oeuvre.

La première est liée aux écarts entre classes dans les pays ciblés. Grâce à une vaste (et souvent scandaleuse) privatisation des biens publics dans l’Ukraine et l’Iran, on a vu émerger des cercles d’oligarques financiers assez riches dans ces deux pays.

Ces magnats pro-occidentaux ont tendance à collaborer avec les forces interventionnistes de l’étranger ; ils sont essentiellement des agents de changement de régime de l’intérieur, en collaboration avec les forces impérialistes de l’extérieur. C’est ce qui explique (au moins partiellement) la raison pour laquelle les plans de changement de régime dans ces deux pays se sont appuyés principalement sur le « soft power » et les révolutions de couleur au lieu d’une intervention militaire directe.

En revanche, l’Irak de Saddam Hussein et la Libye de Mouammar Kadhafi n’avaient pas de classes riches influentes et connectées au niveau international. Ni Saddam, ni Kadhafi n’étaient des parangons de vertu ou des champions de la démocratie, mais ils ont joué le rôle de ce qu’on appelle parfois de « dictateurs éclairés » : ils ont mis en oeuvre des programmes sociaux étendus, maintenu un fort secteur public, se sont opposés à la privatisation des services publics tels que la santé et de l’éducation, et conservé les industries « stratégiques » telles que l’énergie et la finance sous la propriété et le contrôle de l’État.

Ensemble, ces politiques ont empêché l’émergence d’élites financières puissantes comme celles qui ont émergé et se sont développées en Iran ou en Ukraine. Cela signifie, entre autres, que la « puissance douce » et/ou la tactique de la révolution de couleur, qui dépendent fortement d’alliés autochtones ou locales, à savoir la bourgeoisie dite compradore, n’avaient pas de bonnes chances de succès dans ces pays – d’où le recours au « hard-power » ou intervention militaire/occupation directe en Irak et en Libye.

La deuxième considération impérialiste dans le choix entre tactiques « soft » ou « hard » est celle de savoir si la guerre déclenchée pourra être contrôlée et gérée au niveau local ou national, ou si elle peut échapper à tout contrôle et se transformer en un conflit régional et/ou mondial.

Dans le cas de l’Ukraine, par exemple, une agression militaire directe aurait certainement impliqué la Russie, et serait très probablement devenue mondiale, avec des conséquences désastreuses sur le plan économique/financier, échappant au contrôle des puissances impérialistes – d’où le choix d’employer le « soft-ppower » et/ou le coup d’état « démocratique » en Ukraine.

Une préoccupation similaire pour l’Iran – qu’une guerre totale pourrait échapper à tout contrôle – explique aussi pourquoi les plans de changement de régime dans ce pays ont (pour l’instant) porté principalement sur des sanctions économiques et d’autres tactiques de « soft-power », dont la « révolution de couleur » baptisée verte de 2009.

En revanche, c’est le « hard power » ou la force militaire brute qui a été choisie pour un changement de régime en Irak et en Libye, choix basé sur la quasi-certitude que ces guerres allaient pouvoir être contrôlées avec un certain succès et ne pas se transformer en un conflit régional ou mondial.

Le cas de l’Ukraine

La crise récente et en cours en Ukraine montre clairement comment les élites financières transnationales ont tendance à éviter les guerres internationales cataclysmiques, de l’échelle de la Première ou Seconde guerres mondiales, en faveur de guerres contrôlables et souvent entre classes via des sanctions économiques et autres tactiques de « soft power ».

Au lendemain du putsch du 22 février à Kiev, qui a renversé le président dûment élu Viktor Ianoukovitch et porté au pouvoir le régime issu du coup d’Etat et soutenu par les Etats-Unis, les tensions entre la Russie et les puissances occidentales étaient si fortes que de nombreux observateurs ont averti de « l’imminence d’une IIIème guerre mondiale ».

Bien que les tensions et le danger de grands affrontements militaires entre les deux parties persiste, ils ont considérablement diminué depuis le début mai, lorsque le président russe Vladimir Poutine a cédé dans le bras de fer avec les puissances occidentales en annonçant le 7 mai que la Russie respecterait l’élection présidentielle en Ukraine, et travaillerait avec celui qui sera élu – en l’occurrence le milliardaire oligarque Petro Proshenko.

Malgré la poursuite de la répression brutale contre les militants autonomistes dans les provinces du sud-est/est de l’Ukraine, les manoeuvres diplomatiques sans relâche menées par les représentants des élites financières des États-Unis, l’Europe, l’Ukraine et la Russie ont néanmoins réussi à éviter un clash militaire entre les parties américaines et russes.

Qu’est-ce qui a changé entre toutes les menaces antérieures de sanctions massives et/ou d’actions militaires contre la Russie et l’accalmie relative et les « solutions diplomatiques » d’aujourd’hui ?

La réponse, en un mot, est que les puissants intérêts économiques au sien de la finance internationale, le commerce et les investissements (c’est à dire les élites financières en Russie, l’Ukraine et le noyau des pays capitalistes) ne peuvent tout simplement pas risquer une nouvelle guerre mondiale incontrôlable. Certes, les grandes banques et les complexes militaro-industriels influents ont tendance à prospérer sur les guerres perpétuelles et les tensions internationales. Mais ils ont aussi tendance à préférer des guerres « gérables », « contrôlables » au niveau local ou national (comme celles en Irak ou en Libye, par exemple) aux grandes guerres cataclysmiques régionales ou mondiales.

Ce n’est pas un secret que l’économie de la Russie est devenue de plus en plus liée à l’économie Occidentale (principalement en raison de la puissance économique et du comportement de ses oligarques transnationaux), et elle est également devenue de plus en plus vulnérables aux fluctuations du marché mondial et aux menaces de sanctions économiques. C’est ce qui explique, dans une large mesure, les gestes conciliants du président Poutine destinés à atténuer par des moyens diplomatiques les hostilités sur la crise en Ukraine.

Ce qui est moins connu, cependant, c’est que les économies occidentales sont vulnérables aussi à des sanctions de la Russie, si la Russie décide de se venger. En fait, la Russie possède de puissants armes économiques pour exercer des représailles, si nécessaire. Les effets économiques de sanctions réciproques pourraient être très douloureux pour un certain nombre de pays européens. En raison de l’interconnexion de la plupart des économies et des marchés financiers, des sanctions en représailles pourraient aggraver de façon significative l’économie de l’Union européenne, déjà fragile, et même l’économie mondiale :

Des sanctions sur les exportations russes affecteraient sévèrement l’UE. L’Europe importe 30% de son gaz de la société d’Etat russe Gazprom. La Russie est également le plus gros client de l’Europe. L’UE est, de loin, le premier partenaire commercial de la Russie et représente environ 50% de toutes les exportations et importations russes.

En 2014, les échanges commerciaux entre l’UE et la Russie s’élèvent à environ 360 milliards d’euros (491 milliards de dollars) par an. Le total des exportations de la Russie vers l’UE, principalement de matières premières comme le gaz et le pétrole, s’élève à environ 230 milliards d’euros, tandis que les importations de la Russie de l’UE s’élèvent à environ 130 milliards d’euros, principalement de produits manufacturés et de denrées alimentaires. L’UE est également le plus grand investisseur dans l’économie russe et représente 75% de tous les investissements étrangers en Russie. [1]

La Russie peut aussi exercer des représailles contre l’Occident et ses menaces de geler des avoirs d’individus et de sociétés russes en gelant les avoirs de sociétés et d’investisseurs occidentaux :

En cas de sanctions économiques occidentales, les législateurs russes ont annoncé qu’ils adopteraient un projet de loi pour geler les avoirs des entreprises européennes et américaines qui opèrent en Russie. De l’autre côté, plus de 100 hommes d’affaires et hommes politiques russes sont prétendument visés par l’UE d’un gel de leurs avoirs européens.

Outre Alexey Miller, chef de l’entreprise publique Gazprom, le PDG de Rosneft, Igor Setchine, est apparemment aussi sur la liste des sanctions. Rosneft est la plus grande compagnie pétrolière au monde et, en tant que tel, a des partenaires dans le monde entier, y compris en Occident. Par exemple, la société américaine Exxon-Mobil a un projet d’exploration de pétrole de 500 millions de dollars avec Rosneft en Sibérie, et Exxon-Mobil est déjà en partenariat avec le géant pétrolier russe pour exploiter les réserves de pétrole de la mer Noire. [2]

La Russie a d’autres armes économiques à sa disposition pour infliger des dégâts aux économies américaine et européenne. Par exemple, en réaction aux menaces de gel des actifs par les Etats-Unis et ses alliés européens, la Russie a liquidé (fin Février et début Mars 2014) plus de 100 milliards de dollars d’avoirs en bons du Trésor américains.

L’escalade de telles menaces imprudentes de geler les avoirs des gouvernements « hostiles » pourrait bien toucher la Chine, avec des conséquences désastreuses pour le dollar américain, puisque « La Chine détient environ 1,3 mille milliards de dollars en bons du Trésor américain et est le premier investisseur parmi les gouvernements étrangers ». [3]

Ce degré élevé d’interconnexion économique et financière explique pourquoi – avec le soutien de Washington et l’accord de Moscou – les diplomates européens de Berlin et de Bruxelles se sont précipités à Kiev pour une Table Ronde de Discussions et pour ouvrir la voie à la pseudo élection présidentielle du 25 mai, donnant ainsi une légitimité au régime issu du coup d’Etat, et évitant la perspective d’une escalade mutuellement destructrice de sanctions économiques et/ou d’actions militaires.

La comparaison avec l’Irak et la Libye

Les changements de régime en Libye (2011) et en Irak (2003) au moyen d’interventions militaires tendent à étayer l’argument principal de cet essai selon lequel, dans le cadre des objectifs de changements de régime, les puissances impérialistes ne recourent à l’action militaire directe que lorsque

a) les opérations militaires peuvent être contrôlées ou limitées dans le pays ciblé, et

b) en absence d’alliés locaux importants ou puissants dans le pays ciblé, c’est-à-dire des forces oligarques riches liés aux marchés mondiaux et, par conséquent, à des forces externes de changement de régime.

Kadhafi et Saddam gouvernaient avec un poing de fer, mais ils avaient maintenu de solides secteurs publics et des industries et services largement nationalisés. Cela est particulièrement vrai dans le cas des industries stratégiques comme l’énergie, la banque, les transports et les communications, ainsi que des services sociaux essentiels tels que la santé, l’éducation et les services publics.

Ils l’ont fait non pas tant par conviction socialiste (même s’ils prétendaient parfois être les champions du « socialisme arabe »), mais parce que, dans leurs luttes antérieures contre les régimes rivaux d’aristocraties, ils ont appris que le contrôle des économies nationales par une gestion bureaucratique de l’État, avec un État-providence fort, était plus bénéfique à la stabilité et la continuité de leur domination que le développement de forces économiques débridées et/ou l’émergence de puissances industrielles et financières dans le secteur privé.

Quelle que soit la motivation, le fait est que ni Saddam, ni Kadhafi n’ont toléré la montée d’élites financières puissantes avec des liens importants avec les marchés mondiaux ou les puissances occidentales. Sans surprise, dans ces deux pays, les figures de l’opposition et les forces qui ont collaboré avec les projets impérialistes de changement de régime étaient composés en grande partie soit des restes d’une époque royale et/ou tribale, soit de petits intellectuels expatriés et militaires déchus qui ont été forcés de vivre en exil.

Contrairement aux élites financières en Ukraine, par exemple, les forces de l’opposition en Irak et en Libye n’avaient ni les moyens économiques pour financer les forces du changement de régime, ni une base sociale/soutien dans leur pays d’origine. Ils manquaient aussi des liens financiers et politiques forts et fiables avec les marchés occidentaux et les institutions politiques.

Cela explique pourquoi les sanctions économiques et autres tactiques de « soft-power » (telles que la mobilisation, la formation et le financement de forces d’opposition) se sont avérées insuffisantes pour faire tomber les régimes de Saddam Hussein et Kadhafi et pourquoi l’impérialisme américain et ses alliés ont dû déployer le « hard-power » de l’action militaire/occupation pour atteindre cet objectif. En outre, comme mentionné plus haut, les puissances impériales interventionnistes étaient convaincus que (contrairement à l’Ukraine ou à l’Iran, par exemple) ces invasions militaires pouvaient être contrôlées et limitées à l’intérieur des frontières.

Le cas de l’Iran

La politique américaine de changement de régime en Iran ressemble davantage au modèle suivi en Ukraine qu’à celui suivi en Irak ou en Libye. Ceci est en grande partie due à (a) la crainte qu’une intervention militaire directe en Iran ne puisse pas être contrôlée ou limitée à ce seul pays, et (b) l’existence en Iran d’une oligarchie financière relativement bien développée et orientée vers l’Occident sur laquelle les États-Unis et ses alliés peuvent compter pour aboutir à une réforme et/ou un changement de régime de l’intérieur.

Bien-sûr, ces deux méthodes ne sont pas exclusives : soit la puissance militaire, soit le « soft power ». Il s’agit plutôt d’une question de dosage entre l’une et l’autre, en fonction des circonstances spécifiques. En effet, le projet impérialiste envers l’Iran depuis la révolution de 1979 inclut un certain nombre de tactiques (souvent concurrentes). Elles vont de l’incitation et le soutien à Saddam Hussein pour envahir l’Iran (en 1980), à la formation et le financement d’organisations terroristes de déstabilisation anti-Iranniennes, les menaces militaires constantes, aux efforts visant à saboter l’élection présidentielle de 2009 par la soi-disant « révolution verte », et l’escalade systématique de sanctions économiques.

Ayant échoué (pour l’instant) dans ces complots de « changement de régime » de l’extérieur, les États-Unis semblent avoir opté ces dernières années pour un changement de régime (ou réforme) de l’intérieur ; à savoir par la collaboration politique et économique avec les courants pro-occidentaux au sein des cercles dirigeants de l’Iran.

Ce qui semble avoir fait changer d’avis les États-Unis et ses alliés est l’émergence en Iran d’une classe capitaliste ambitieuse dont la priorité principale semble être de faire des affaires avec leurs homologues de l’Ouest. Ce sont en grande partie des oligarques iraniens riches qui sont littéralement là pour faire du business, pour ainsi dire ; pour eux, des questions telles que la technologie nucléaire ou la souveraineté nationale sont d’une importance secondaire.

Après s’être méthodiquement (et souvent scandaleusement) enrichis à l’ombre du secteur public de l’économie iranienne, ou en vertu des postes politiques/bureaucratiques qu’ils occupaient (ou occupent encore) dans l’appareil d’état, ces gens ont désormais perdu tout appétit pour des mesures économiques radicales nécessaires à l’autosuffisance économique afin de résister ou supporter le poids des sanctions économiques brutales. Au lieu, ils sont maintenant pressés de conclure des affaires et d’investir avec leurs alliés de classe transnationaux à l’étranger.

Plus que tout autre couche sociale, le président Hassan Rouhani et son administration représentent les intérêts et les aspirations de cette classe montante capitaliste-financière en Iran. Les représentants de cette classe détiennent le pouvoir économique et politique principalement par la très influente Chambre Iranienne de commerce, d’industrie, des mines et de l’agriculture (ICCIMA).

Les affinités idéologiques et/ou philosophiques entre le président Rouhani et les gens de pouvoir au sein de l’ICCIMA se reflètent dans le fait que, immédiatement après son élection, le président a nommé l’ancien chef de la Chambre de Commerce, Mohammad Nahavandian, un économiste néo-libéral éduqué aux Etats-Unis, et un conseiller de l’ancien président Hashemi Rafsanjani, comme son chef de cabinet.

C’est grâce à la Chambre de Commerce d’Iran qu’en Septembre 2013, une délégation économique iranienne a accompagné le président Rouhani à l’Organisation des Nations Unies à New York pour négocier des affaires/investissements potentiels avec leurs homologues américains. La Chambre de commerce d’Iran a également organisé un certain nombre de délégations économiques qui ont accompagné le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, en l’Europe pour des objectifs similaires.

De nombreux observateurs des relations américano-iraniennes ont tendance à penser que le dialogue diplomatique récemment lancé entre les deux pays, y compris des contacts réguliers dans le cadre des négociations nucléaires, a commencé avec l’élection du président Rouhani. Cependant, les faits montrent que les contacts en coulisse entre les représentants des élites financières dans et autour des gouvernements américain et iranien ont commencé bien avant l’élection de Rouhani. Par exemple, un article relativement bien documenté du Wall Street Journal a récemment révélé que :

Selon des fonctionnaires européens informés sur cette affaire, de hauts fonctionnaires du Conseil national de sécurité (US) avaient commencé à semer les graines d’une telle rencontre plusieurs mois auparavant – par une série de réunions secrètes et de conversations téléphoniques et l’implication de tout un assortiment de monarques arabes, d’exilés iraniens et d’anciens diplomates américains pour transporter clandestinement des messages entre Washington et Téhéran. [4]

L’article, qui montre comment le « réseau de communications complexe a contribué à propulser le récent rapprochement entre les États-Unis et l’Iran », révèle que les réunions, souvent tenues en secret, « se sont déroulées en Europe, principalement dans la capitale suédoise de Stockholm ». En passant par des voies diplomatiques internationales telles que l’Asia Society, l’Association des Nations Unies et du Council on Foreign Relations, « Les parties américaines et iraniennes se sont réunies dans des hôtels et des salles de conférence, à la recherche de formules pour désamorcer la crise sur le programme nucléaire de l’Iran et empêcher la guerre », souligne l’article. Les auteurs, Jay Solomon et Carol E Lee, ont également écrit :

L’Asia Society et le Council on Foreign Relation, non gouvernementale, ont organisé des tables rondes pour MM Rouhani et Zarif en marge de la réunion de l’Assemblée générale des Nations Unies en Septembre. Les deux hommes s’en sont servies pour expliquer les plans de Téhéran à des hommes d’affaires, anciens responsables gouvernementaux, universitaires et journalistes américains.

Obama a personnellement fait un geste envers Rouhani l’été dernier, peu après l’élection de Rouhani. Le président américain a écrit une lettre au nouveau président iranien, soulignant la volonté de Washington de régler pacifiquement le différend nucléaire. Rouhani a répondu en termes similaires.

Zarif, quant à lui, a renoué avec les responsables de la politique étrangère américaine de premier plan qu’il avait rencontrés lorsqu’il était ambassadeur de l’Iran à l’ONU dans les années 2000.

Mme [Suzanne] DiMaggio de l’Asia Society dit qu’elle était parmi ceux à New York qui ont contacté Zarif peu après sa nomination au gouvernement de Rouhani. Vétéran de contacts informels entre les responsables iraniens et américains, elle a tenu de nombreuses réunions au cours des dix dernières années avec ce diplomate éduqué aux Etats-Unis sur les moyens de sortir de l’impasse nucléaire. [5]

Cela explique pourquoi le président Rouhani (et son cercle de conseillers pro-occidentaux) ont choisi Zarif comme ministre des Affaires étrangères, et pourquoi ils ont, peut-être imprudemment, placé tous leurs espoirs d’une reprise économique en Iran sur le rapprochement politique et économique avec l’Occident, c’est-à-dire sur le libre-échange et les investissements des États-Unis et d’autres grands pays capitalistes.

(Soit dit en passant, ceci explique aussi pourquoi l’équipe des négociateurs nucléaires du président Rouhani a été, bon gré mal gré, condamné à une position de faiblesse dans leurs négociations avec le groupe de pays P5 +1, et pourquoi les négociateurs iraniens ont renoncé à autant en échange de si peu.)

Conclusion et implications

Alors que les puissants bénéficiaires des guerres et dépenses militaires – les grandes banques (comme principaux bailleurs de fonds des gouvernements) et le complexe militaro-industriel sécuritaire – se développent sur les guerres et les tensions internationales, ils ont néanmoins tendance à préférer les guerres locales, nationales, limitées, ou « gérables » aux grandes guerres régionales ou mondiales qui, dans un mode cataclysmique, pourraient totalement paralyser les marchés mondiaux.

Ce qui explique en partie pourquoi, dans les cas de changement de régime en Irak et la Libye, par exemple, les États-Unis et leurs alliés ont opté pour une action militaire/occupation directe ; alors que dans des cas comme l’Ukraine et l’Iran ils ont (pour l’instant) évité une intervention militaire directe et comptent, au contraire, sur la tactique « soft-power » et révolutions de différentes couleurs.

Comme indiqué plus haut, ceci est largement du, d’une part, à la crainte qu’une guerre et intervention militaire en Ukraine ou en Iran puisse échapper à tout « contrôle » ; et d’autre part, à l’existence d’élites financières pro-occidentales suffisamment fortes et influentes en Iran et en Ukraine à qui on pourrait faire appel pour provoquer un changement de régime de l’intérieur, sans risquer une guerre catastrophique mondiale qui pourrait détruire avec tout le reste la fortune de la classe capitaliste transnationale.

Les pouvoirs interventionnistes ont pratiquement toujours appliqué la vieille tactique de diviser pour régner. Ce qui est relativement nouveau ici, c’est qu’en plus de l’emploi traditionnel de cette tactique (qui passe souvent par des questions controversées telles que la nationalité, l’origine ethnique, la race, la religion, etc), les exemples récents montrent qu’elle s’appuie de plus en plus sur les divisions de classe.

Le calcul semble être le suivant : lorsqu’un pays comme l’Iran ou l’Ukraine peut être divisé à travers des lignes de classe, et que des alliances peuvent être nouées avec les oligarchies riches des pays ciblés, pourquoi se lancer dans une attaque militaire qui pourrait d’une manière indiscriminée toucher aussi à nos propres intérêts et ceux de nos alliés locaux en même temps que ceux de nos ennemis ?

Lorsque des sanctions économiques ainsi que des alliances et des collaborations avec les oligarques locaux et économiquement puissants peuvent être utilisées pour réaliser des « coups d’etat démocratiques » ou une révolution de couleur quelconque (souvent par le biais d’élections bidons), pourquoi risquer une attaque militaire aveugle aux conséquences incertaines et potentiellement catastrophiques ?

Cela montre (entre autres choses) comment les politiques impériales d’agression ont évolué au fil du temps – des premiers stades de l’occupation militaire « brute » de l’époque coloniale aux tactiques modernes d’intervention, subtiles et furtives, sur plusieurs fronts. A la lumière des récentes aventures de la politique étrangère des États-Unis, on peut dire l’ancien modèle d’agression ouvertement impérialiste trouvait ses faveurs dans la politique étrangère militariste sans vergogne du président George W. Bush, alors que le nouveau modèle, insidieusement « sophistiqué » et furtif, est préféré par le président Barack Obama.

Alors que les champions de la faction ouvertement militariste de l’élite dirigeante des Etats-Unis critiquent Obama comme un président « frileux » ou « faible », le fait est que sa politique relativement discrète mais sournoise qui consiste à bâtir méthodiquement des coalitions – à la fois avec les alliés traditionnels des États-Unis et les forces oligarchiques ou compradores des pays ciblés – s’est révélée plus efficace (en termes de changement de régime) que la politique d’actions militaires unilatérales à la Bush-Dick Cheney.

Ceci n’est ni de la spéculation, ni simplement de la théorie : le Secrétaire d’Etat John Kerry l’a récemment clairement formulé dans le contexte de la politique de l’administration Obama envers l’Ukraine et l’Iran. Lorsque Gwen Ifill, sur la chaîne de télévision PBS, lui a demandé, le 30 mai 2014 :

« Selon vous, est-ce que le président s’attire des critiques parce qu’il est faible ou parce que sa politique paraît moins spectaculaire ? », Kerry a répondu :

« Franchement, je pense qu’on n’accorde pas assez de crédit au Président pour les succès obtenus en ce moment …. Je veux dire, si vous regardez ce qui s’est passé en Ukraine, le président a mené un effort pour essayer de l’unité entre l’Europe et les États-Unis, pour imposer des sanctions difficiles. L’Europe n’était pas enthousiaste mais elle a suivi malgré tout. C’était du leadership. Et le président a réussi, avec les Européens, à obtenir un effet à terme sur les choix qui se présentent au président Poutine.

« En outre, le président a renoué avec l’Iran. Nous étions dans une logique d’affrontement frontal où ils construisaient un système nucléaire auquel le monde entier est opposé. Mais le président a mis en place une série de sanctions qui ont réussi à amener l’Iran à la table des négociations. Nous sommes maintenant en pleine négociations. Tout le monde s’accorde pour dire que le régime de sanctions a eu son effet. L’arme – le programme nucléaire a été gelé et réduit. Nous avons maintenant repoussé le délai dans lequel l’Iran pourrait réussir (à fabriquer une arme). C’est un succès.

« Je pense donc que nous sommes aussi engagés, et même plus engagés qu’à tout autre moment de notre histoire, et je pense que les résultats sont là pour le prouver. »

C’est l’essence même de l’impérialisme rusé caractéristique de l’administration Obama, par rapport à l’impérialisme version attardée de l’administration Bush (Jr).

Ismael Hossein-Zadeh

Article original en anglais:

us imperialismWorld War III, Class Conflict and the History of Warfare. The Global Corporate Elites against The World’s People, publié le 14 juin 2014.

Traduction par VD pour le Grand Soir

Notes :

1. Gilbert Mercier, Ukraine’s Crisis : Economic Sanctions Could Trigger a Global Depression.

2. Ibid.

3. Ibid.

4. Wall Street Journal, US-Iran Thaw Grew From Years Of Behind-the-Scenes Talks

5. Ibid.

 

Ismael Hossein-Zadeh est professeur émérite d’économie (Université Drake). Il est l’auteur de Beyond Mainstream Explanations of the Financial Crisis (Routledge 2014), The Political Economy of US Militarism(Palgrave – Macmillan 2007), et the Soviet Non-capitalist Development : The Case of Nasser’s Egypt (Praeger Publishers 1989). Il a aussi contribué à Hopeless : Barack Obama and the Politics of Illusion (AK Press 2012).

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25 juin 2014 3 25 /06 /juin /2014 06:28

                                                                                  Terreanim

source:

 
                                  inde:  Enfant au travail dans  un dépôt de charbon.

 

                                                                                        inde-copie-1.jpg

                                                                               

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25 juin 2014 3 25 /06 /juin /2014 06:19

                                                                    humanite2010 logo

 

 

Mardi 24 juin 2014

Monsieur le Ministre,

AFPSJe dois vous faire part au nom de notre Asso­ciation de notre conster­nation et de notre inquiétude face à l’attitude de la France ces tout der­niers jours.

Dans l’affaire de la mys­té­rieuse dis­pa­rition le 12 juin de trois jeunes colons dans le secteur « hyper sécurisé » et sous total contrôle israélien du Gush Etzion, la France ne s’est pas net­tement démarquée de la position israé­lienne qui en fait porter sans état d’âme et sans preuve la res­pon­sa­bilité sur le Hamas et qui n’a de cesse depuis cette date de mul­ti­plier de bru­tales opé­ra­tions de ratissage.

Ces opé­ra­tions se sont tra­duites à ce jour par six assas­sinats déli­bérés et des cen­taines d’arrestations, cadres du Hamas (dont le pré­sident du Conseil légis­latif pales­tinien) ou res­pon­sables de la résis­tance popu­laire et défen­seurs des droits de l’Homme. Elles sont sys­té­ma­ti­quement accom­pa­gnées d’exactions à grande échelle à l’encontre des civils : saccage des locaux « per­qui­si­tionnés » et vol de matériel comme à l’université de Bir-​​Zeit, des­truction de mobilier, vols d’objets per­sonnels… Ces opé­ra­tions, d’une ampleur jamais atteinte depuis 2002 en Cis­jor­danie, qui s’accompagnent de bom­bar­de­ments sur Gaza et du bou­clage de toute la Cis­jor­danie, avec para­chutage de troupes autour des villes, sont plus qu’une gigan­tesque punition col­lective. Elles relèvent d’une volonté de dévas­tation de la société pales­ti­nienne dont il est facile d’entrevoir les consé­quences dra­ma­tiques à terme.

Elles ont clai­rement pour objectif poli­tique immédiat la mise à mort du pro­cessus d’entente nationale pales­ti­nienne dont la France s’était félicitée.

Or tout se passe comme si une partie de la com­mu­nauté inter­na­tionale téta­nisée, et en tout cas la France, donnait son feu vert aux auto­rités israé­liennes pour un tel objectif. De même, il est grave que la France détourne son regard de la situation dra­ma­tique des détenus admi­nis­tratifs gré­vistes de la faim et semble avoir renoncé à toute inter­vention en leur faveur. Elle doit au contraire dénoncer le recours à la détention admi­nis­trative, pra­tique érigée en système par les auto­rités israé­liennes qui viole le droit huma­ni­taire et apparaît comme le symbole même de l’arbitraire.

C’est pré­ci­sément dans ce contexte que le groupe des pays occi­dentaux a cru devoir pré­senter une can­di­dature israé­lienne à la vice-​​présidence de la com­mission en charge de la déco­lo­ni­sation à l’AG de l’Onu. Cette can­di­dature a été jus­tement res­sentie que comme une pro­vo­cation par les tenants du droit inter­na­tional et nous apparaît en com­plète contra­diction avec les posi­tions constamment réaf­firmées de la France de condam­nation de la colo­ni­sation par Israël des ter­ri­toires conquis en 1967. Elle ne peut que conforter le gou­ver­nement israélien dans un jusqu’au-boutisme expan­sion­niste émi­nemment dan­gereux. Ce posi­tion­nement de la France est incom­pré­hen­sible et dan­gereux alors qu’elle avait salué le pro­cessus d’entente nationale et que monte aujourd’hui la déses­pé­rance d’un peuple humilié comme jamais. La France ne doit pas cau­tionner un jour de plus cette opé­ration militaro-​​politique des­truc­trice et mys­ti­fi­ca­trice qui menace de ruiner pour long­temps tous les efforts de paix et d’ajouter au chaos régional grandissant.

Au nom même de son atta­chement au droit qui lui fait condamner la colo­ni­sation israé­lienne, le gou­ver­nement français doit exercer sur son homo­logue israélien des pres­sions à la mesure de la gravité de la situation pour qu’il cesse cet achar­nement contre le peuple pales­tinien et se conforme enfin au droit huma­ni­taire et inter­na­tional. Il doit appuyer la démarche pales­ti­nienne de saisie du Conseil de sécurité pour arrêter un engrenage mortifère.

C’est ce que je vous demande aujourd’hui avec gravité. Je vous prie de croire, Mon­sieur le Ministre, en ma pro­fonde considération.

                                    L’Humanité le 24 juin 2014

 

Taoufiq Tahani, mardi 24 juin 2014

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25 juin 2014 3 25 /06 /juin /2014 06:14

 

 

 

 

                                                                      BARGHOUTI.jpg

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25 juin 2014 3 25 /06 /juin /2014 06:07

distribution des cartes

Publié le 24 Juin 2014

      du PS
le rêve de la droite et du PS

le rêve de la droite et du PS

Le projet de casse de la SNCF a été voté à l'assemblée nationale par 355 voix pour.

Il y a eu 168 contre, dont celles du Front de gauche

Une grande partie de la droite ne l'a pas voté parce que "pas asez libéral"

L'opposition était divisée sur le sujet : l'UDI (centriste) a voté pour et l'UMPcontre, sauf 21 élus qui se sont abstenus et 24 qui ont voté pour. 

Au regard des votes, Thierry Mariani, Xavier Bertrand, Nathalie Kosciusko-Morizet, Bernard Debré, Jacques Myard, Frédéric Lefebvre ou Henri Guaino peuvent soliciter leur entrée au Parti Socialiste.

Les 17 EELV ont voté pour. 

Courage et démocratie, le gouvernement ayant décidé d'utiliser la procédure dite « accélérée », qui réduit le nombre de navettes entre les deux assemblées, la réforme pourrait être adoptée définitivement avant les vacances parlementaires du mois d'août.

Le texte doit à présent être examiné par le Sénat, à partir du 9 juillet.

 

Chassaigne a du mesurer les dégats de son amendement, il a voté contre avec son groupe (moins deux abstentions).

Rédigé par Canaille Lerouge

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25 juin 2014 3 25 /06 /juin /2014 06:03

 

 

Jose FORT

 

 

Oui, trois fois oui, vous avez raison. Faut pas tout mélanger : les torchons et les serviettes, l’UMP et l’honnêteté, le PS et la gauche, les journaux télévisés et l’objectivité, le Medef et la CGT, les Français et les luttes syndicales dont ils profitent des résultats après avoir craché sur leurs auteurs, les plus révolutionnaires que moi tu meurs et les mous de la réplique, les bons et les gentils, les cons et les cons. Et, aussi et surtout, le football et la géostratégie. Les torchons, l’UMP … peut être, mais le foot ?

              Voici qu’à l’issue du premier tour de la Coupe du monde de football, les « grandes » équipes européennes s’apprêtent à embarquer pour rentrer chez elles avec leurs stars à des millions de dollars et à l’arrogance du fric trop vite acquis. Retour en Espagne, en Grande Bretagne, au Portugal, en Italie, en Russie… J’arrête, la coupe est pleine. Pendant ce temps, les latinos, même les plus petits comme l’Uruguay et le Costa Rica, font la loi sur les terrains. Certains membres de ces équipes ont déjà goûté l’argent roi. La plupart pourtant ont encore faim et ont conservé le goût du jeu, de l’épreuve, du défi. De là à dire que le foot illustre la lutte des classes à l’échelle internationale, il y a un pas que je serais prêt à franchir.

 

José Fort

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