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Mercredi 19 juin 2013 3 19 /06 /Juin /2013 16:55

 

 Qatar : les talibans afghans vont ouvrir un bureau à Doha

Nous partageons, nous, Français,  avec le régime du Qatar(...Pardon: " régime" est un substantif qui ne s'emploie que pour la Syrie, Cuba,la république bolivarienne du Venézuela, la Libye de Kaddhafi,  les pays qu'on disait "communistes"...etc...)...Disons donc:

...Nous partageons, nous, français (exactement: le gouvernement français, pas nous:Bandera Rossa ! )  avec le Qatar,  d'être favorables aux "rebelles"(sic) syriens.

 Voici une nouvelle qui va renforcer cette ligne commune:

 

Les rebelles talibans afghans vont ouvrir un bureau de représentation au Qatar destiné à établir des contacts avec le reste du monde, a annoncé mardi à l’AFP leur porte-parole.
"Le bureau va ouvrir aujourd’hui au Qatar", a déclaré Zabiullah Mujahid, porte-parole des rebelles en guerre depuis près de douze ans contre le gouvernement de Kaboul et ses alliés de l’Otan.

Doha, capitale du Qatar, s’est ainsi  imposée comme la solution la plus pratique pour accueillir la repésentation des islamistes afghans s’y sont installés depuis.



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Mercredi 19 juin 2013 3 19 /06 /Juin /2013 16:00
     70 ème anniversaire de la Libération de la CORSE

 

                                       EMILE REBOLI, par Léo MICHELLI
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Mercredi 19 juin 2013 3 19 /06 /Juin /2013 15:51

 

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Le Centre Méditerranéen de la Photographie Présente:

« Somos cubanos », 2008-2009

40 photographies argentiques en noir et blanc sous passe-partout 40X50 cm

Exposition:

SALLE MERLIN/ Centre culturel UNA VOLTA

Arcades du Théâtre, rue César Campinchi , 20200 BASTIA

Du 21 juin au 20 juillet 2013 Entrée libre.

vendredi 21 juin 2013 à 18h30 en présence du photographe Jean-François Baumard

Séance de dédicace du livre « Somos cubanos », Editions Le bec en l’air, Marseille.

 Le choix de la photographie pour Jean-François Baumard débuta avec le voyage qu’il entreprit à 19 ans aux Etats-Unis, en Amérique Centrale et en Asie. Cette année de voyage le mènera à L’Ecole Nationale Supérieure de Photographie d’Arles, où il est reçu en 1985. C’est là qu’il découvre l’oeuvre de Robert Frank qui marquera profondément son travail. Ses premières images sur New-York, Barcelone, le Portugal et l’Italie seront primées au Festival Internationale de laPhotographie d’Arles et au Prix Moins-Trente. Elles seront ensuite publiées en 1998 dans un livre intitulé « VIF ». Parallèlement, il répond à plusieurs commandes d’auteurs, dont « Vendanges à Patrimonio», (Centre Méditerranéen de la Photographie), et prépare la sortie de son deuxième livre « Hammams », dans lequel il évoque à travers le thème du recueillement, celui de notre condition humaine. A partir de 2001, il se consacrera aux montages photographiques en débutant un projet sur les grandes métropoles méditerranéennes. En 2008, il entreprend un travail sur Cuba qu’il souhaite réaliser au cinquantième anniversaire de la Révolution. Il y parcourt plus de 16.000 kms et prend environ 1500 polaroïds. L’idée de ce projet était pour lui de saisir, à travers tout Cuba, un document qui serait à la fois un témoignage et une mémoire du peuple cubain. Le choix particulier du polaroïd, lui permet de préserver le caractère instantané et spontané, de prise directe avec la réalité, dans une relation qu’il ne souhaitait ni distante, ni étrangère. Après six années consacrées à ce projet, Somos Cubanos paraitra en octobre 2013 aux Editions du Bec en l’Air. Cet ouvrage comprend un ensemble de 80 photographies avec une préface de Michel Rocard et un texte de la poétesse Nancy Morejon.

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Mardi 18 juin 2013 2 18 /06 /Juin /2013 12:37

 

                                      MARE NOSTRUM-copie-1

Génocide en Syrie et manipulations médiatiques

Bahar Kimyongur
 
 
Les mercenaires du Front al Nosra ont attaqué le village isolé de Hatlah près de Dair Az Zor dans l'Est de la Syrie au seul motif qu'il est peuplé de musulmans chiites.
 
 Ce mercredi 12 juin, ils y ont massacré une soixantaine de villageois, jeunes, adultes et vieillards.
 
 Les médias occidentaux ont présenté les tueries de Hatlah comme un "affrontement avec des rebelles".
 
 Or, les villageois ont été massacrés chez eux. Les femmes et les filles ont été prises comme butin de guerre. Leurs maisons ont été incendiées.
 
 
La vidéo ci-dessous ne laisse aucun doute sur les motivations des barbares qui ont rayé Hatlah de la carte:
 
 
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Mardi 18 juin 2013 2 18 /06 /Juin /2013 12:19

                                                                         

 

Ces 17 et 18 juin 2013 se tient le G8 (Allemagne – Canada- Etats-Unis- France- Italie- Japon- Royaume-Uni- Russie)  "Sommet de la faim".  Pour montrer tout l’intérêt que la France porte à ce fléau, le gouvernement envoie… notre ambassadeur…

258 000 morts en Somalie entre octobre 2010 et avril 2013. Morts de faim…


En 2003 : 850 millions de personnes souffraient de faim dans le monde. En 2009, le cap du milliard d'affamés était franchi. Et depuis.


La flambée des prix suffit à faire plonger dans l'indigence alimentaire des pans entiers de l'humanité.


Pour le capital, l'agriculture est une devenue une excellente affaire.


Les multinationales capitalistes ne se contentent plus des semences ou matériels agricoles.   La maitrise des terres est au centre de leur démarche, aux dépens des peuples et des paysanneries locales.


Quelques exemples :


En Roumanie : Les investisseurs "achètent des terres bon marché sur lesquelles ils produisent à moindre coût alors que les prix des matières premières agricoles flambent et en plus ils encaissent les subventions", résume la responsable de l'association roumaine EcoRuralis, elle ajoute : « 5ème pays de l'UE en surfaces agricoles plus de la moitié, les "terres noires" soit 700.000 hectares environ, particulièrement fertiles, sont aux mains d'investisseurs étrangers».  Le plus souvent, il ne s'agit pas "d'achat" de terres mais plutôt de location longue durée: "les contrats sont flous, les paysans en comprennent souvent mal les termes. On leur promet des achats de matériels, ils cèdent leurs terres pour 10 ou 20 ans à 100 euros l'hectare. Comme subvention de la PAC (Politique Agricole commune européenne), l'investisseur va encaisser en moyenne 130 euros/ha.  Carlo Benetton, l'italien du textile, propriétaire de  70 00 hectares, a empoche 180 euros par hectare de  subventions européennes.


En Hongrie : Avec la subvention européenne, les plus "malins" empochent près  de 264 000 euros par an pour 1000 hectares. A cela s’ajoute l’exonération d'impôts pendant au moins cinq ans sur le revenu des exploitations.

On n’est jamais si bien servi que par soi même : 58% des députés Hongrois ont des terres !


En Pologne : Au cours des trois dernières années, le prix de la terre en Pologne a augmenté de 25%. 

Un groupe d'investissement suédois vient d'annoncer, la vente des 6.700 ha qu'il exploitait depuis 13 ans en Pologne à 250 km de Varsovie, estimant avoir réalisé "une opération substantielle au cours de la décennie".


En Ukraine : Le prix des terres en Ukraine s’élève aux alentours de 360 à 505 euros par hectare. En comparaison, le prix moyen de terres arables par hectare en France est de 4 580 euros.


Charles Beigbeder, le fondateur de Poweo, qui est aussi à la direction du MEDEF, a vendu sa société mais il reste directeur. Il  crée la société Agro génération en 2007 et se lance dans la spéculation en louant des milliers d'hectares en Ukraine. Gagner le plus possible d'argent et le plus vite possible en réalisant des bons coups, voilà la devise. Il dispose de 45000 hectares et espère atteindre rapidement 100 000 hectares, qu’il loue à 15000 petits propriétaires, les fermages sont payés en nature. Le groupe emploie des salariés agricoles payés environ 180 euros par mois. Il vient de fusionner avec son concurrent Harmelia, détenu par le fonds américain SigmaBleyzer. Cette opération va créer une entité louant plus de 120 000 hectares de terres en Ukraine, soit un des cinq plus gros producteurs de céréales du pays. « C’est ça le capitalisme, cette entreprise avait besoin de grandir! », explique Charles Beigbeder, et un du responsable du groupe ajoute « aider à résoudre les problèmes du monde tout en réalisant un gros retour sur investissement »… Ah, les philanthropes !


En Ukraine les retours sur investissement sur 10 ans sont évalués entre 10 et 40% par an…  pour l’Afrique c’est de l’ordre de 400% …


Les capitalistes préparent ainsi de nouvelles famines  et des migrations de population. Ce qui n’empêche pas le G8, de leur confier l’organisation d’une aide alimentaire…à titre gracieux le « bénévolat » (Danone, Monsanto etc...) 


Balayons le capitalisme de la planète.

 

Source : site "Communistes"

 

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Mardi 18 juin 2013 2 18 /06 /Juin /2013 12:12

 

 

                                                                         MARE NOSTRUM-copie-1

 

INVESTIG'ACTION

 

Une ministre belge confirme :

Al Qaïda est notre allié indirect en Syrie
Bahar Kimyongur

 |

17 juin 2013

A

Des milliers d'Européens se rendent en Syrie pour combattre le gouvernement de Damas et à fortiori le peuple syrien. La ministre belge de l'intérieur Madame Joëlle Milquet s'est engagée à aider les familles des jeunes Belges embrigadés par les recruteurs terroristes.

Ce jeudi soir à l'émission « Face à l'info » d'Eddy Caekelberghs, la ministre nous a donnés la confirmation que l'Etat belge a abandonné nos jeunes à leur sort mais qu'il serait ferme à leur égard en cas de retour chez nous.

En d'autres termes, nos concitoyens enrôlés dans les bataillons d'Al Qaïda sont utiles et efficaces là où ils se trouvent tant qu'ils servent notre guerre contre la Syrie.

 

 
Le journaliste Eddy Caekelberghs a invité quatre intervenants pour parler des jeunes Belges partis en Syrie : une maman anonyme dont les deux garçons se trouvent sur le front, le député MR (libéral) Daniel Ducarme, la ministre de l'intérieur Joëlle Milquet et moi-même.

Jointe par téléphone, la ministre s'est taillée la part du lion avec une intervention ininterrompue de 12 minutes sur un total de 30 minutes de débat.

Pour saboter l'échange d'idées, Mme Milquet a misé sur le procès d'intention, m'envoyant une petite phrase assassine sur mon prétendu soutien au régime d'Assad. 

Nous n'épiloguerons non pas sur ce procédé déloyal et mesquin de la ministre mais sur le bilan de son inaction en matière de rapatriement de nos jeunes concitoyens égarés sur le chemin de Damas.

 

N'allons surtout pas déranger Al Qaïda !


Dans son intervention radiophonique, Madame Milquet a implicitement reconnu que ses officiers de liaison en poste en Turquie ont brassé du vent. Du vent parce que, d'après elle, pour retrouver les jeunes Belges, l'on ne peut aller au delà de Bab el Hawa, littéralement la Porte du Vent en arabe, le principal poste-frontière turco-syrien situé dans la province du Hatay.

Rappelons tout de même que Bab el Hawa est aux mains de Jabhet al Nosra, c'est-à-dire de la section syrienne d'Al Qaïda. Les bataillons terroristes syriens et étrangers les plus cruels y font la pluie et le beau temps. Al Qaïda détient ainsi un point de passage situé en territoire turc, c'est-à-dire dans une zone sous contrôle de l'OTAN et à fortiori des Etats-Unis. Mais on ne peut rien faire, paraît-il.
En d'autres termes, Madame la Ministre et ses alliés européens, étasuniens et turcs laissent faire Al Qaïda au nom de la guerre contre la Syrie.
Passons.
Passons et citons la ministre :

"J'ai été voir longuement le ministre de l'intérieur turc, le chef de la sûreté de l'Etat turc. J'ai vu Monsieur Erdogan. J'ai vu le ministre de la justice. J'ai redonné aussi (au-delà de ce que nos services ont fait) les photos que j'avais eues des mamans et les numéros de téléphone pour qu'ils tentent de les localiser, les différents éléments... Ils étaient apparemment sortis par Bab El Hawa. [Ils] devraient se situer plus ou moins dans le Nord de la Syrie.
Ils (les Turcs Ndr) ont dit et promis qu'ils mettaient tout en œuvre pour pouvoir les localiser s'ils se retrouvaient en Turquie. (...) L'ambassade est au courant. Elle est prête à aller jusqu'à la frontière. (...) les autorités (turques NDR) [peuvent] retrouver un des deux ou les deux (enfants de la maman invitée à l'émission Ndr) s'ils se trouvent sur le sol turc. Mais évidemment, ils ne peuvent pas entrer en Syrie."

Evidemment, souligne-t-elle. Bein voyons. Entrer en Syrie ? Quelle idée ! Des criminels venus du monde entier, des violeurs, des coupeurs de route et de gorges, des malfrats à la petite semaine, quelques romantiques révolutionnaires, des aventuriers attirés par l'odeur du sang, des Talibans afghans, daghestanais, yéménites ou bosniaques, des journalistes français, britanniques ou israéliens, des fondations caritatives salafistes, le sénateur US républicain John McCain, des agents arabes de la CIA, du Mossad, les députés koweïtiens Abdel Halim Mourad et Adel al Mawada, le prédicateur génocidaire Adnan Arour et bien d'autres chefs de guerre religieux bref toutes les composantes de la Croisade anti-syrienne passent par la Turquie pour pavaner en Syrie. Mais d'après la ministre Milquet, les autorités turques ne peuvent "évidemment" pas entrer en Syrie. Croit-elle vraiment que nous allons avaler cette fable ?

Madame Milquet devrait d'abord nous expliquer ce que faisaient alors les quelques dizaines d'agents turcs capturés par l'armée arabe syrienne à Idlib, Lattaquié, Raqqah et Alep et qui serviront bientôt de monnaie d'échanges lorsque l'Etat turc aura calmé ses ardeurs guerrières contre la Syrie. Ne sait-elle donc pas que tous les chefs rebelles influents du Nord de la Syrie sont des agents turcs en puissance placés sous le commandement et la protection directe de l'armée turque ? Pendant plus d'un an, l'ex-chef de la soi-disant Armée syrienne libre (ASL) Riyad Assaad ne pouvait même pas accorder d'interview à la presse sans l'autorisation préalable du ministre turc des affaires étrangères Ahmet Davutoglu.

D'autre part, l'Etat turc sait exactement où se trouvent les 9 otages chiites enlevés à Azaz ainsi que les deux évêques chrétiens Mgr Paul Yazici et Mgr Youhanna Ibrahim. Les familles des victimes passent d'ailleurs par la Turquie pour contacter les ravisseurs. Autrement dit, le trousseau de clés jalousement gardé par Erdogan permettrait la libération de biens des otages en Syrie, y compris nos jeunes embrigadés par les maffias sectaires qui rêvent de convertir la Syrie en un califat wahhabite.

Madame la ministre parle à plusieurs reprises de la guerre de Syrie comme s'il s'agissait d'un différend entre Damas et Ankara, comme si notre pays n'avait pas contribué au pourrissement de la situation en Syrie en votant des sanctions économiques, en encourageant la surenchère militaire, en durcissant les pressions sur l'axe de la résistance pro-palestinienne dont la Syrie est le pivot.

Quoiqu'en pense Madame la Ministre, l'engagement de nos concitoyens dans cette guerre n'est ni plus ni moins un engagement de la Belgique en tant qu'Etat dans la guerre de Syrie. Et disons-le encore plus franchement : la moindre négligence de la Belgique en la matière est un signe de complicité de nos autorités avec le djihadisme anti-syrien.


Madame Milquet découvre que la rupture avec Damas empêche le contact avec nos jeunes


Poursuivons le décryptage du discours de Madame la ministre :

Le gros problème au niveau de la localisation téléphonique, c'est que pour les localiser, vous devez avoir un lien évidemment avec l'opérateur national qui est évidemment l'opérateur syrien et par rapport à des personnes en lutte avec le régime, il y a un danger et un problème de collaboration. (...)
La Turquie soutient l'opposition et l'armée libre syrienne (ASL) (...) Il y a aussi parfois ce problème de technologie. Moi, j'avais demandé si, à partir de la Belgique, on pouvait localiser via les numéros belges. Mais ce n'était pas possible parce que nous avions besoin du lien avec l'opérateur syrien (...).

Madame Milquet sous-entend que si nous avions eu un lien avec l'opérateur téléphonique syrien donc avec les autorités syriennes, nous aurions pu retrouver les enfants belges. Mais qu'attend-elle donc au nom de la sauvegarde de nos enfants et de leurs victimes syriennes pour rétablir la ligne avec Damas ?

Madame Milquet poursuit sur un aveu d'impuissance :

On est un peu hélas dépendant (notre compétence s'arrêtant à la sortie de la frontière) des services turcs qui pourtant nous ont assurés, et je pense qu'ils sont sincères sur la manière avec laquelle ils ont mis cela dans leurs banques (de données Ndr) et leurs différents signalements lorsqu'ils sont à la frontière (...) Nous n'avons plus d'ambassade en Syrie. (...) Nous avons un gros problème d'accès au territoire (...).

Nous nous passerons de tout commentaire sur la candeur de Madame la ministre concernant la sincérité du gouvernement turc à laquelle elle croit, elle aussi, avec sincérité. Notons juste qu'en ce moment même, des centaines de milliers de manifestants turcs doutent de la sincérité d'un régime qui depuis deux semaines, utilise la matraque, les gaz, les balles en plastique, les menaces, la prison et la torture et affiche un mépris total face aux doléances du peuple.

Ceci étant, si l'on suit le raisonnement de Madame la ministre, on arrive à la conclusion que la réouverture de notre ambassade en Syrie nous offrirait une opportunité pour retrouver nos enfants. En voilà une excellente idée ! Pourquoi pas si l'on peut sauver la vie de Belges partis en Syrie et celle des Syriens victimes des Belges.

La vice-présidente du groupe socialiste européen, Madame Véronique de Keyser a eu le courage de proposer de reparler avec le président syrien après avoir exigé son départ avec acharnement (Le Vif, 19 avril 2013).

Aujourd'hui même, une autre voix lucide du paysage médiatique belge, le journaliste Vincent Braun de La Libre a plaidé en faveur d'une résolution pacifique du conflit syrien. La conclusion de son éditorial est sans appel : "Il faut impliquer l'Iran dans la résolution de ce conflit".

La sagesse de ces paroles se situe en parfaite opposition avec le radicalisme et l'extrémisme de notre politique étrangère laquelle n'a d'égal que le radicalisme et l'extrémisme des volontaires belges partis en Syrie.

"Oui Madame la Ministre, oeuvrons pour la paix et la réconciliation et nos enfants reviendront peut-être sains et saufs" a-t-on envie de lui dire si la fin du conflit syrien eut été sa réelle intention.


Pendant ce temps, la fabrique du terrorisme tourne à plein régime

Au début du mois d'avril 2013, le Centre international pour l'étude de la radicalisation (ICSR) du King's College de Londres annonçait que 140 à 600 jeunes ont été recrutés par des cellules djihadistes actives dans des pays européens comme la France, l'Angleterre, la Belgique, le Danemark ou les Pays-Bas.

Trois semaines plus tard, le spécialiste européen de l'antiterrorisme Gilles de Kerchove évoquait la présence de 500 djihadistes européens en Syrie (Martine Gozlan, Marianne, 25 avril 2013).

Le 21 mai 2013, Georges Malbrunot, le journaliste du Figaro estimait à 800 le nombre de djihadistes européens actifs en Syrie.

Aujourd'hui, d'après de nouveaux éléments d'enquête, les Européens seraient entre 1.500 et 2.000, soit deux à trois fois plus que les estimations publiées il y a trois semaines à peine (Pierre Beyleau, Le Point, 14 juin 2013).

Ils sont sans doute bien plus nombreux à partir en Syrie.

Vu l'ampleur du phénomène, une question s'impose : N'est-il pas pour le moins suspect que des apprentis sorciers rêvant de commettre à Damas des attentats semblables à ceux de Madrid, Londres ou New York puissent se rendre aussi massivement en Syrie sans être inquiétés dès leur départ ?

Imagine-t-on un seul instant ce que feraient les polices européennes si des prédicateurs actifs en Europe mobilisaient des légions musulmanes pour aller égorger les Juifs d'Israël ?

Que le Mossad se rassure, la Maison des Saoud et l'émir du Qatar, grands sponsors du djihad en Syrie, ne sont pas prêts de trahir leur alliance avec Tel Aviv.

Quant aux terroristes européens, conformément aux directives qui leur parviennent de Riyad ou Doha, ils préfèrent de loin verser le sang de musulmans sunnites, chiites ou alaouites que de s'en prendre à l'Etat hébreux.

Mais sait-on jamais, si un jour, Al Qaïda se mettait à acheminer des djihadistes en Israël ce qui, à ce jour, n'est jamais arrivé, il est certains que nos gouvernements neutraliseraient les jeunes volontaires européens avec une violence extrême. Le Mossad userait sans détour de son droit d'ouvrir le feu sur des suspects dans les aéroports occidentaux comme il l'a très souvent fait durant les années 70 et 80.

Nous sommes dès lors en droit de nous demander pourquoi l'Occident est si laxiste quand nos jeunes partent en Syrie et si ferme quand ils en reviennent.

La décision du bourgmestre d'Anvers Bart de Wever de radier de son registre de population les candidats djihadistes de retour de Syrie illustre bien cette stratégie d'accompagnement passif et de confinement du djihadisme en Syrie.

Monsieur De Wever, Madame Milquet et nombre de leurs homologues européens espéraient sans doute que la guerre internationale contre la Syrie par djihadistes interposés allait conduire à l'implosion du pays, gage de réussite de la théorie du chaos constructif permettant de remodeler les nations selon nos intérêts à court terme.

Mauvais calcul. Etant donné la connectivité complexe du corps politique et social syrien avec les lignes de fracture qui traversent notre monde multipolaire, toute tentative de déstabilisation de ce pays hautement inflammable ne conduit pas à son implosion mais bien à son explosion.

Si Madame Milquet nous avait écoutés dès le début du conflit, nous aurions peut-être pu sauver la vie de nombreux Syriens et de nombreux Belges.

Aujourd'hui, elle peut encore se rattraper. Mais pour cela, nous pensons qu'elle doit impérativement se concerter avec ses homologues européens et les convaincre à :

- promouvoir un message de paix en Syrie, le dialogue intercommunautaire en Europe et lutter contre la désinformation et la propagande sectaire qui contribuent à la radicalisation de nos jeunes

- lever toutes les sanctions européennes qui pèsent contre la Syrie et normaliser nos relations avec le gouvernement de Damas

- présenter nos excuses au peuple syrien pour avoir laissé les djihadistes européens contribuer à la destruction de leur pays et pour avoir armé les terroristes actifs en Syrie

- contraindre nos agents syriens de la Coalition nationale des forces de l'opposition et de la révolution à saisir la chance offerte par la Russie et le gouvernement syrien de résoudre pacifiquement le conflit.

- poursuivre légalement les vétérans belges qui ont commis des crimes de guerre, de génocide ou des crimes contre l'humanité en Syrie et assurer un accompagnement psychologique adapté aux volontaires belges non terroristes,

Nous cesserons de penser que Madame Milquet roule pour Al Qaïda le jour où elle militera concrètement pour la paix et contre le terrorisme en Syrie.


Voici l'enregistrement audio de l'émission Face à l'info du jeudi 13 juin 2013 animée par Eddy Caekelberghs


 

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Lundi 17 juin 2013 1 17 /06 /Juin /2013 15:38

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  Quelques éléments de réflexion sur le projet de co-officialité

 

    Parler corse, dans la situation de forte diglossie qu'a créée le rattachement de la Corse à la nation française, ce n'est pas seulement, nous le savons tous, établir une communication verbale équivalente à ce qu'on aurait dit en français; c'est établir souvent en même temps une reconnaissance réciproque, le partage d'une identité, une sorte de complicité. Chacun a pu faire cette expérience que le passage du français au corse et vice versa a une fonction qui dépasse la simple transmission de l'information. L'usage du corse joue ce rôle de réducteur de distance, de rapprochement, de communion qu'exprime bien la chanson du groupe A Filetta :

"Machja n'avemu un altra, ghj'hè a nosta lingua viva".

De ce point de vue, le passage à la co-officialité, dont je ne sous-estime pas la portée (je laisse de côté l'accompagnement institutionnel et les glissements de compétence et de statut) me paraît poser problème. Pour trois raisons :

L'une qui ne concerne pas le corse mais le français. La Constitution de 1958 dit "la

langue de la République est le français"; il ne dit pas la langue de la nation, mais la langue de la République, c'est à dire d'un régime politique, et pour tout dire d'un principe d'organisation de la société qui assure à tous la liberté, l'égalité et la fraternité. Or en mettant à parité le corse et le français dans tous les actes publics et officiels il réduit le français à n'être plus que la langue d'un territoire; un territoire partagé avec d'autres langues. Ceci vaut pour toutes les langues régionales.

La seconde concerne les Corses, je veux dire les habitants de la Corse. Je crains que pendant longtemps, la co-officialité ne crée plus de tensions que d'apaisements en multipliant les malentendus, les mal-entendants et les mal-disants. Et qu'elle transforme la pratique du corse en un enjeu politique et partisan, ce qu'il avait cessé d'être depuis maintenant quelques décennies.

La troisième concerne le corse. A moins qu'on ne fasse un effort sérieux pour donner à chaque mot du vocabulaire administratif un équivalent corse qui respecte l'esprit de la langue, je crains qu'on ne renforce la tendance, qu'on constate depuis des années, en particulier dans les médias, à une pidginisation du corse sans bénéfice pour la langue.

J'aurais préféré que les crédits qu'on va mettre à traduire à perte de vue des textes administratifs dans un corse appauvri soient employés à soutenir la création littéraire et artistique en langue corse et à renforcer l'enseignement du corse à l'école.

 

               Georges RAVIS GIORDANI, ethnologue et anthropologue 

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Dimanche 16 juin 2013 7 16 /06 /Juin /2013 11:58

                                                                             MARE NOSTRUM-copie-1

 

Syrie et la guerre de l’information - Le syndrome irakien

Jean Geronimo
  La Syrie est au cœur d’une guerre d’influence héritée de la transition post-communiste du nouvel ordre international et médiatisée par des rapports de puissance. Cette guerre « tiède » [2], forme actualisée et désidéologisée de la Guerre froide, opposant l’axe arabo-occidental à l’axe eurasien prend, désormais, une tournure décisive.

Un point de non retour a été atteint, suite à l’islamisation croissante de l’opposition armée, plus ou moins prévisible et dénoncée par Moscou depuis le début du conflit. Pour V. Poutine, cette montée de l’Islam radical est allègrement alimentée par l’ingérence de puissances étrangères, n’hésitant pas à violer les règles westphaliennes de souveraineté nationale et voyant dans la crise syrienne un prétexte de revenir « dans le jeu ». La construction du point critique par la coalition arabo-occidentale, dans le but de déstabiliser le régime syrien, a été jusque là méticuleusement poursuivie – via la formation, l’armement et le soutien des « rebelles » depuis l’étranger, parfois dans le cadre de « camps » installés à proximité de la frontière syrienne. Moscou redoute, désormais, une extension du « printemps islamique » jusqu’à sa périphérie sud.

Dans cette optique, instrumentalisée par les parties en conflit, l’information a un rôle politique clé.

Rôle politique de l’information, via son formatage de l’opinion publique

L’appel à l’aide de Damas à la Russie pour une couverture plus « objective » de l’actualité syrienne semble, de ce point de vue, logique. Il s’agit, notamment, d’élargir le pluralisme des sources de l’information, unilatéralement orientée jusqu’à présent contre « celui qui massacre son peuple » – selon le slogan médiatique, repris en Occident. Car, comme tout Etat témoin du « scénario » irakien de 2003 (puis libyen de 2011), la Syrie sait parfaitement qu’une stratégie de désinformation patiemment construite peut justifier une intervention militaire au nom d’une vision de la démocratie à géométrie variable et, surtout, au profit d’objectifs de puissances globales ou régionales ambitieuses, donc prédatrices.

Omrane Al-ZohbiLe mardi 23 avril 2013, le ministre syrien de l’Information, Omrane al-Zohbi (photo), en visite à Moscou, a ainsi déclaré devant les députés à la Douma (chambre basse du parlement russe) : « Vous n’ignorez pas que des dizaines d’agences d’information et de chaînes de télévision participent à une véritable guerre de l’information contre nous. Dans le même temps, les chaînes de télévision syriennes n’ont pratiquement pas accès aux satellites » [3]. Selon les dirigeants syriens, la désinformation médiatique internationale sur l’évolution de la crise s’insère, désormais, dans une stratégie plus globale de délégitimation puis de renversement du régime – au risque d’une régionalisation du conflit, tant redoutée par Moscou.

En fait, l’information quotidiennement diffusée sur la « révolution » syrienne est, à l’origine, « produite » par l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH [4]), étrange ONG basée à Londres et dirigée par un farouche opposant au président Assad, proche des fameux « frères musulmans ». Cette curieuse situation, politiquement très orientée, nous amène à nous interroger sur la fiabilité de cette « information » structurellement anti-Assad et régulièrement reprise par les médias occidentaux, sans aucun contrôle. Depuis le début de cette crise, la Russie a fort justement contesté la légitimité de cette douteuse ONG, comme source quasi-exclusive de l’information sur la Syrie.

Au final, cette évolution a fini par conditionner l’opinion publique occidentale contre le méchant « dictateur syrien », pour reprendre l’expression relayée par nos médias. Et une conséquence programmée de cette stratégie informationnelle a été de justifier les divers soutiens extérieurs à l’opposition « rebelle », comme étape préalable à une ingérence politico-militaire de plus en plus forte donc, à terme, potentiellement décisive. Au nom du « droit au bonheur » des peuples souverains, justifiant une guerre de « libération ». Pourtant, comme le reconnaît le président de la commission d’enquête de l’Onu sur la Syrie, Paulo Pinheiro : « La majorité des rebelles est très loin de penser à la démocratie. Ils ont d’autres inspirations » [5]. Fin d’un rêve...

La manipulation de l’information permet, notamment, de répandre des rumeurs nuisant à l’image du président Assad, dont celle récurrente depuis plus de 2 ans et déjà couronnée de succès en Irak, de « l’utilisation d’armes chimiques » par le régime. Pour l’Amérique d’Obama, c’est « une ligne rouge » à ne pas franchir et pour l’opposition anti-Assad, une réelle « opportunité » politique. Cet avertissement d’Obama peut, en effet, inciter l’opposition syrienne à mettre en œuvre une stratégie manipulatoire, destinée à persuader l’opinion publique mondiale du franchissement effectif de cette ligne interdite, qui précipitera l’intervention américaine. Et, a priori, ce scénario est en train de se réaliser.

Par la voix du secrétaire du Conseil de sécurité russe Nikolaï Patrouchev, qui reconnaît, à ce jour (le 6/05/2013), l’absence de preuves irréfutables sur l’éventuel emploi de gaz interdits, la Russie pose la bonne question : « Vu la situation actuelle des dirigeants syriens, ont-ils ou non intérêt à utiliser cette arme ? Je pense qu’il s’agit d’une voie suicidaire, et les autorités de Damas n’ont aucun intérêt à l’emprunter » [6]. Un mois plus tard, le mardi 4 juin 2013, la Commission d’enquête sur les violations des droits de l’Homme en Syrie souligne la culpabilité partagée des deux parties au conflit dans l’emploi des armes chimiques [7].

Alors, qui manipule qui ? Retour, obligé, vers le passé…

La construction médiatique du « seuil critique » d’intervention

Dés septembre 2011, le site de Bernard-Henri Lévy affirmait, sans aucune preuve rappelle l’Agence France-Presse, que « des tueurs d’Assad [ont] lancé dans la région d’Al Rastan, non loin de la ville rebelle de Homs, des opérations aériennes avec utilisation de gaz toxiques » [8]. Le 12 mars 2012, la menace se précise, selon le rapport annuel présenté au Sénat américain par le directeur du renseignement national, James Clapper. Ainsi, il y est indiqué que « La Syrie développe avec succès un programme de recherche sur les armes chimiques, elle augmente ses stocks de gaz moutarde, de sarin et de gaz neuroplégique VX. Nous estimons que Damas possède également des bombes, des missiles et des obus d’artillerie pouvant servir de vecteurs d’armes chimiques ».

Et Klapper de confirmer, à nouveau comme il y a un an, que « Les Etats-Unis et leurs alliés surveillent les stocks d’armes chimiques » [9] redoutant, sans doute, la perte de contrôle par Damas des armes chimiques, au profit des « terroristes ». Certains experts craignent également un possible emploi des armes chimiques, « en dernière extrémité » par Damas. Dans tous les cas, il semble évident que l’arme chimique sera le signal déclencheur privilégié d’éventuelles frappes américaines ciblées sur le territoire syrien. En Syrie, insiste un peu plus tard le Figaro, le 22 juillet 2012, « les armes chimiques sont sous surveillance » [10]. On redoute alors le pire. Soit, mais pour qui ?

En décembre 2012, le fameux OSDH accuse le régime syrien d’utiliser des armes chimiques à Homs et, en mars 2013, dans les environs d’Alep et de Damas [11]. Bien que très vague, l’information est rapidement diffusée, sans aucune vérification et la moindre suspicion. Plus surprenant, les israéliens s’y mettent à leur tour, le 15 mars 2013. Le chef du renseignement militaire israélien, le commandant Aviv Kochavi, tire alors la sonnette d’alarme. Avec d’étranges certitudes et une certaine « impatience », Kochavi assure que les troupes gouvernementales syriennes s’apprêtent à employer des armes chimiques contre les insurgés : « Assad n’a pas encore donné l’ordre approprié, mais il s’y prépare déjà » [12]. Le 23 avril 2013, le renseignement militaire israélien dénonce un « passage à l’acte » du régime syrien. Ainsi, selon un responsable de ce service, le général de brigade Itai Brun, cité par le quotidien Haaretz : « D’après ce que nous avons compris, le régime [syrien] a eu recours à des armes chimiques meurtrières dans un certain nombre d’incidents, il s’agit probablement du gaz sarin » [13]. On remarquera que le discours israélien – à l’instar des autres discours accusateurs – s’appuie sur de pures hypothèses, mais sur aucune preuve concrète. Etonnant, tout de même, pour une structure de sécurité mondialement réputée...

Le 26 avril 2013, les Etats-Unis affirment (enfin !) avoir des preuves de l’usage d’armes chimiques en Syrie, selon le Washington Post se référant à une lettre de la Maison Blanche lue par le chef du Pentagone Chuck Hagel à Abu Dhabi (Emirats arabes unis). Ainsi, selon la missive, « Les Etats-Unis ont la preuve que des armes chimiques, dont le gaz sarin, ont été utilisées en Syrie à une faible dose ». Par précaution, la missive rappelle que ces informations doivent être vérifiées avant d’en tirer les conséquences politiques (jg : on devine lesquelles), selon Hagel : « Nous ne sommes pas en mesure de confirmer l’origine de ces armes, mais nous supposons que tout recours aux armes chimiques en Syrie provient du régime d’Assad (jg : c’est une présomption de culpabilité). Nous devons disposer de l’ensemble des faits et des informations. Certaines incertitudes concernant le lieu, la nature des armes et les auteurs persistent » [14]. Troublant aveu.

Le 10 mai 2013, après d’autres rumeurs, la Turquie entre enfin dans la ronde, par l’intermédiaire de son premier ministre Recep Tayyip Erdogan, avouant détenir (encore !) la preuve de l’utilisation de gaz de combat par Damas. Dans une interview à la chaîne de télévision américaine NBC, Erdogan, omettant (volontairement ?) de citer les détails concernant le lieu et la date d’emploi de ces armes, affirme : « Des blessés, victimes d’armes chimiques, figurent parmi les personnes placées dans nos hôpitaux. Il ne fait aucun doute que le régime [de Bachar el-Assad] utilise des missiles et des gaz de combat ». Surtout, il affirme – surprenante révélation ! – que « la ligne rouge » autorisant les Etats-Unis à intervenir pour renverser le président Assad « avait été franchie depuis longtemps » [15]. Tout devient clair.

Enfin, pour couronner le tout – et cela n’est pas surprenant, même plutôt « logique » – la Grande Bretagne, par l’intermédiaire de son chef de la diplomatie, William Hague (photo), a alimenté le 20 mai cette diatribe anti-Assad : « On voit apparaître de plus en plus de témoignages convaincants sur le fait que le régime syrien a utilisé et continue d’utiliser des armes chimiques. Nous avons des échantillons physiologiques provenant de Syrie, confirmant l’utilisation de Sarin, même s’ils ne disent rien de l’ampleur de cet emploi ». Selon le diplomate, « notre supposition est que selon toute vraisemblance ces armes sont utilisées par le régime syrien » – « suppositions » régulièrement reprises par les diplomaties occidentales, dont américaine et française. Hague a, pour conclure, ajouté qu’il « n’existait aucune preuve du fait que l’opposition en utilise » [16]. Voilà qui est dit. Pourtant, à ce jour, il n’y a toujours pas de preuve concrète et irréfutable incriminant Assad mais seulement, des suppositions. Comme une réactivation du « syndrome » irakien, subordonné à un objectif politique latent – très inquiétant.

Face à la multiplication des accusations, O. al-Zohbi dénonce un « mensonge éhonté », destiné à faire pression sur le régime syrien. Pour lui, il s’agit aussi d’une question morale et humanitaire : « la Syrie n’utilisera jamais (d’armes chimiques), pas seulement parce qu’elle respecte la législation internationale et les règles d’une guerre, mais en raison de problèmes humanitaires et moraux » [17]. La position syrienne a, au moins, le mérite d’être claire et, en définitive, d’intégrer un engagement moral.

Redoutant une instrumentalisation politique, Moscou a averti que ces multiples rumeurs incontrôlables ne devaient pas servir « d’alibi » pour une intervention militaire en Syrie. Pour l’émissaire du président russe au Moyen-Orient, Mikhaïl Bogdanov, cette stratégie de désinformation doit cesser : « s’il y a des preuves sérieuses sur l’utilisation d’armes chimiques en Syrie, il faut les montrer immédiatement et ne pas les dissimuler » [18]. Moscou redoute une tentative de répéter le « modèle libyen ». Cela explique – en association avec la Chine – son opposition systématique aux résolutions proposées à l’ONU par la coalition arabo-occidentale. Une raison majeure est que ces résolutions sont potentiellement manipulables, donc suspectées de préparer une intervention et, dans une première étape, de chercher à créer une zone d’exclusion aérienne – prétexte à un « couloir humanitaire ».

Comme une étrange impression de « déjà vu ».

La « bombe » politique de C. Ponte, (trop) vite neutralisée...

Dans ce contexte très tendu, le 6 mai 2013 a été un véritable choc. Les rumeurs redondantes sur l’emploi « prouvé » d’armes chimiques par le « sanguinaire » Assad sont alors en effet brutalement remises en cause, par Carla Del Ponte [19], membre de la commission d’enquête indépendante de l’Onu sur les violences en Syrie. Avec un certain courage et contre le consensus médiatique, C. Ponte a même retourné l’accusation contre les vertueux « rebelles » : « Il existe des suspicions fortes et concrètes, mais pas encore de preuve incontestable, de l’emploi de gaz sarin, sur la base de la manière dont les victimes ont été soignées ». Puis, la magistrate suisse précise que « Le gaz aurait été utilisé par les rebelles et non par les forces gouvernementales » [20]. Un discours, cohérent, précis et nuancé – très loin des certitudes de la pensée unique – et surtout, une information plus « équilibrée ». Enfin...

Très (trop ?) vite, les conclusions de C. Ponte ont été à leur tour démenties quelques heures plus tard par la Commission d’enquête internationale indépendante sur la Syrie. Cette Commission précise, en effet, que son enquête « n’a pas atteint des résultats permettant de conclure que des armes chimiques ont été utilisées par les parties au conflit » [21]. Avec une certaine légitimité, on peut se demander pourquoi l’enquête n’a pas été poursuivie ? Retour à la case départ.

En fait, on a l’impression d’un traitement à deux vitesses des rumeurs sur l’emploi des armes chimiques, selon qu’elles incriminent ou pas le régime syrien. Les nombreuses rumeurs anti-Assad sur cette question n’ont presque jamais été remises en cause, alors qu’elles étaient le plus souvent assises sur de simples « impressions », dans une optique évidente de manipulation – en vue d’accélérer le seuil critique d’intervention. Dans le même temps, la demande de Damas (très précise, donc facilement vérifiable) adressée à l’ONU d’enquêter sur l’éventuel emploi d’armes chimiques par l’opposition, le 19 mars 2013 dans la région d’Alep, a été longtemps occultée. Cela a conduit Moscou à dénoncer un « frein » à la poursuite d’une enquête politiquement gênante. Ainsi, selon Vitali Tchourkine, délégué permanent de la Russie auprès de l’Onu : « Nous exhortons [l’Onu] à renoncer à toute tentative de faire traîner sous différents prétextes la demande formulée par les autorités syriennes d’enquêter sur une utilisation éventuelle d’une arme chimique dans une banlieue d’Alep (nord de la Syrie) ». En outre, le diplomate russe a souligné que le secrétariat des Nations unies n’avait pas fait preuve « de suivi, ni de transparence » lors de l’examen de cette demande [22].

De manière étrange – curieuse coïncidence – les rumeurs chimiques anti-Assad ont repris de plus belle à l’approche de la future Conférence internationale sur la Syrie (prévue courant juillet) et à la veille de la réunion des chefs de diplomatie de l’UE sur l’avenir de l’embargo (28/05/2013). Ainsi, par l’intermédiaire de deux de ses journalistes, le Monde du 27 mai 2013 rapporte que les forces syriennes utilisent des « gaz toxiques » aux alentours de Damas et que ces derniers en auraient, eux-mêmes, constaté les effets [23]. Au final, on peut penser que cette « information » a été politiquement décisive, dans la mesure où d’une part, l’Europe a décidé de lever prochainement l’embargo sur les armes et que d’autre part, la conférence sur la Syrie, « Genève 2 », – porteuse d’une solution négociée, donc consensuelle – semble fragilisée, tant dans sa portée que dans sa légitimité : on ne négocie pas avec un « dictateur » qui « gaze » son peuple.

Pour cette raison, toute décision issue de cette conférence pourra être définie comme illégitime par l’opposition anti-Assad. Une véritable aubaine...

Une ligne rouge « incontestablement » franchie ?

Comme si, en dernière instance, au nom d’une présomption de culpabilité relayée par une opinion publique conditionnée et parce que de puissants intérêts sont en jeu, l’information (politiquement correcte) devait être consciemment orientée contre le « dictateur » Assad – créant, par ce biais, une redoutable asymétrie. L’objectif implicite est d’accélérer son élimination et d’éviter ainsi une solution négociée, gênante pour les éléments les plus « radicaux » de l’opposition, dont la seule chance d’accéder au pouvoir passe par une victoire militaire, c’est à dire par l’écrasement dans le sang du régime syrien – quel qu’en soit le coût. Cette hypothèse est reprise par le chef de la diplomatie russe, Serguei Lavrov : « On a l’impression que la Coalition nationale, et notamment ses sponsors régionaux, mettent tout en œuvre pour empêcher le lancement d’un processus politique et provoquer une intervention militaire en Syrie » [24].

Au regard de leur statut et à l’instar du Kosovo, les conclusions de C. Ponte sur la Syrie dépassent le stade de la simple rumeur et mériteraient d’être approfondies – d’autant plus qu’elles apportent une dose pluraliste à l’information. Le 2 juin 2013, la saisie d’un « lot de gaz toxique sarin » par l’armée syrienne lors d’une opération contre les « rebelles » dans la ville de Hama est venue renforcée les conclusions de l’experte de l’ONU [25]. Alors, pourquoi chercher, à tout prix, à les étouffer ?

Le mercredi 5 juin, le chef de la diplomatie française, L. Fabius, porte le « coup de grâce ». Sur la base d’échantillons analysés en laboratoire, il accuse le régime syrien d’avoir utilisé à plusieurs reprises du « gaz sarin » : « Nous n’avons aucun doute sur le fait que les gaz ont été utilisés (…). La conclusion du laboratoire est claire : il y a du gaz sarin ». Selon le responsable français, il s’agit d’une « ligne qui est franchie incontestablement ». Et la sentence, au regard des affirmations précédentes, était prévisible : « Nous discutons avec nos partenaires de ce qu’il va falloir faire et toutes les options sont sur la table » [26]. Dont, probablement, l’option militaire...

Le « syndrome » irakien, au cœur d’une terrible guerre de l’information – levier d’un nouveau « soft power ».

Jean Geronimo

[1] http://fr.rian.ru/world/20120227/193510504.html : « Printemps arabe : éviter une répétition du scénario libyen », Moscou, 27/02/2012 – RIA Novosti.

[2] Ce concept est développé dans le post-scriptum « Les Révolutions arabes, et après ? – A la recherche d’un Printemps russe » de la seconde édition enrichie de mon livre « La pensée stratégique russe », 2012, Sigest.
[3] http://fr.rian.ru/world/20130423/198152213.html : « Guerre de l’information : Damas compte sur l’aide de Moscou », Moscou, 23/05/2013 – RIA Novosti.

[4] OSDH : Organisation basée à Londres et représentée par un seul homme (Rami Abdelrahman), opposant politique au régime syrien. Il opère dans un studio londonien sous haute protection des services de sécurité britanniques. Ses informations, nourries par de mystérieux coups de fils, sont reprises sans aucun contrôle par AFP, CNN, CBS, BBC… De manière systématique, il incrimine le régime syrien et glorifie l’Armée Libre Syrienne (ALS).

[5] http://fr.rian.ru/world/20130530/198426810.html : « Syrie : la majorité des rebelles ne veulent pas une démocratie », P. Pinheiro, Moscou, 30/05/2013 – RIA Novosti.

[6] http://fr.rian.ru/world/20130506/198236249.html : « Armes chimiques en Syrie : aucune preuve incontestable », Moscou, 6/05/2013 – RIA Novosti.

[7] http://fr.rian.ru/world/20130604/198467453.html : « Syrie : les deux parties ont utilisé des armes chimiques », Moscou, 4/06/2013 – RIA Novosti.

[8] Rapporté par : http://www.monde-diplomatique.fr/2012/09/AMADO/48102 : « Syrie, champ de bataille médiatique », A. Amado et M. de Miramon, sept. 2012 – Le Monde Diplomatique.

[9] http://fr.rian.ru/world/20130312/197776088.html : « La Syrie possède des armes chimiques et biologiques, selon les USA », Washington, 12/03/2012 – RIA Novosti.

[10] http://www.lefigaro.fr/international/2012/07/20/01003-20120720ARTFIG00...;: « Les armes chimiques sont sous surveillance », G. Malbrunot, 20/07/2012 – LeFigaro.fr.

[11] http://www.mondialisation.ca/gaz-sarin-en-mains-rebelles/5334115 : « Gaz sarin en mains « rebelles », S. Cattori, 6/05/2013 – Mondialisation.ca.

[12] http://fr.rian.ru/world/20130315/197804511.html : « Syrie : l’opposition contrôle les deux tiers du pays », A. Kochavi, 15/03/2013 – RIA Novosti.

[13] http://fr.rian.ru/world/20130423/198151299.html : « Syrie : Damas aurait utilisé des armes chimiques », I. Brun, 23/04/2012 – RIA Novosti.

[14] http://fr.rian.ru/world/20130426/198175316.html : « Syrie – armes chimiques : les USA affirment disposer de preuves », 26/04/2013 – RIA Novosti.

[15] http://fr.rian.ru/world/20130510/198264823.html : « Erdogan affirme avoir des preuves de l’usage d’armes chimiques par Damas », Ankara, 10/05/2013 – RIA Novosti.

[16] http://fr.rian.ru/world/20130520/198347400.html : « Syrie : Londres dit avoir des preuves de l’usage d’armes chimiques par Assad », Londres, 20/05/2013 – RIA Novosti.
[17] http://www.liberation.fr/monde/2013/04/27/armes-chimiques-en-syrie-dam...;: « Syrie : le régime rejette les accusations sur l’utilisation d’armes chimiques », dépêche AFP, 27/04/2013 – Libération.fr.
[18] http://www.liberation.fr/monde/2013/04/29/armes-chimiques-en-syrie-oba...;: « Armes chimiques en Syrie : Obama dit son « inquiétude » à Poutine », dépêche AFP, 29/04/2013 – Libération.fr.

[19] C. Ponte est l’ancienne Procureuse générale du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY). En 2008, dans ses mémoires, elle a dénoncé le trafic d’organes dont auraient été (principalement) victimes des prisonniers serbes de l’Armée de libération du Kosovo (UCK). En 2010, et en dépit de pressions visant à étouffer « l’affaire », cette hypothèse de Ponte a été confirmée par le rapport Marty, impliquant dans ce « trafic » des dirigeants du Kosovo, dont l’actuel premier ministre, Hashim Thaçi.

Sources : http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2011-01-04-Kosovo : « Trafic d’organes au Kosovo : un rapport accablant », J.A. Dérens, 4/01/2011 – Le Monde diplomatique.

[20] http://fr.rian.ru/world/20130506/198233177.html : « Armes chimiques en Syrie : les rebelles dans le collimateur de l’Onu », Genève, 6/05/2013 – RIA Novosti.

[21] http://fr.rian.ru/world/20130506/198237683.html : « Armes chimiques en Syrie : l’ONU ne dispose pas de preuves formelles », Moscou, 6/05/2013 – RIA Novosti.

[22] http://fr.rian.ru/world/20130425/198165598.html : « Syrie/armes chimiques : Moscou prie l’Onu de ne pas tergiverser », New York, 25/04/2013 – RIA Novosti.

[23] http://www.rfi.fr/print/965255?print=now : « Deux journalistes du « Monde » témoignent de l’utilisation d’armes chimiques en Syrie », 27/05/2013 – RFI.

[24] http://fr.rian.ru/world/20130530/198428356.html : « La coalition de l’opposition veut provoquer une ingérence étrangère », S. Lavrov, Moscou, 30/05/2013 – RIA Novosti.

[25] http://fr.rian.ru/world/20130602/198452666.html : « Syrie : l’armée saisit un lot de gaz sarin dans la ville de Hama », Moscou, 2/06/2013 – RIA Novosti.

[26] http://fr.rian.ru/world/20130605/198474455.html : « Syrie : Paris accuse Damas d’avoir employé des armes chimiques », Moscou, 5/06/2013 – RIA Novosti.


* http://www.mondialisation.ca/la-syrie-et-la-guerre-de-linformation-le-...
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Par BANDERA ROSSA - Publié dans : pcfcapcorse - Communauté : Un PCF de lutte des classes !
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Dimanche 16 juin 2013 7 16 /06 /Juin /2013 11:52

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Pourquoi l’OMS ne publie pas son rapport sur l’Irak ?

source: Afrique-Asie

Christine ABDELKRIM-DELANNE

 

Face à la soumission de l’OMS au dictat de Washington, 58 scientifiques, professionnels de santé et avocats des droits de l’Homme ont écrit à l’OMS et au ministère irakien de la Santé pour leur demander la publication immédiate du rapport. Ils n’ont reçu aucune réponse.

Depuis la fin de la première guerre d’Irak (1991), les études, les reportages, les témoignages sur les effets des armes utilisées par les forces occidentales, dont l’uranium dit « appauvri » (UA) se comptent par dizaines. Les vétérans de Tempête du désert, qu’ils soient Américains, Français, Britanniques, Australiens ou autres, ont également dénoncé ces effets sur eux-mêmes et leur descendance depuis leur retour d’Irak en 1991. Depuis, la seconde guerre et l’occupation n’ont fait qu’aggraver la situation dans un Irak littéralement empoisonné. Aujourd’hui, c’est un rapport d’enquête de l’OMS réalisée en 2012 qui fait scandale. Non pour ce qu’il révèle, mais parce qu’il n’a pas été rendu publique.

Commencé en mai-juin 2012 et terminée en octobre de la même année, l’étude réalisée par l’OMS et le ministère irakien de la Santé, révèle un nombre croissant de malformations congénitales et de cancers chez les enfants. Elle a été menée à Bagdad, Diyala, Anbar, Sulaymaniyah, Babel, Bassorah, Mossoul et Hi-Qar, où 18 000 foyers ont été visités. Selon le journal britannique The Independent, un rapport aurait dû être publié en novembre 2012. En mars 2013, un représentant du ministère irakien de la Santé interviewé par la BBC, déclarait que « toutes les études publiées jusque-là par l’Irak apportaient la preuve d’une augmentation des malformations congénitales et de cancers chez l’enfant ». Le rapport caché montre, quant à lui, que ce problème de santé publique consécutif à l’utilisation d’armement toxique par les forces alliées, constitue un fléau majeur à venir pour les générations futures. Les gouvernorats de Ninive, Anbar, Bassorah et Najaf sont particulièrement touchés. Ce qui correspond aux régions où les munitions à l’uranium ont été massivement utilisées. D’autres études, évidemment rejetées par les États responsables, États-Unis, France et Grande-Bretagne en tête, ont montré des taux anormalement élevés de stérilité, de fausses couches ou de mortinatalité.

Face à l’attitude de l’OMS, 58 scientifiques, professionnels de santé et avocats des droits de l’Homme ont écrit à l’OMS et au ministère irakien de la Santé pour leur demander la publication immédiate du rapport. Ils n’ont reçu aucune réponse. Les signataires de la lettre étaient Irakiens, Iraniens, Libanais, Japonais, Européens, Australiens et Nord-Américains, des personnalités de tous ordres dont Noam Chomsky, Ken Loach, John Tirman. Selon le Guardian du 26 mai, Hans von Sponeck, ancien assistant du secrétaire général de l’Onu, « le gouvernement américain a essayé d’empêcher l’OMS de se rendre dans le sud de l’Irak ou l’uranium a été utilisé et a eu des conséquences graves sur l’environnement et les populations. »

On se rappellera qu’outre les conséquences de cette « sale guerre propre » les sanctions de l’Onu contre l’Irak après 1991 et jusqu’à la seconde guerre en 2003, ont tué, chiffres de la FAO, 576 000 enfants. Entre 2002 et 2005, les États-Unis ont tiré en Irak 6 milliards de balles et largué 2 000 à 4 000 tonnes de bombes sur les villes irakiennes, qu’elles ont empoisonnées avec leur composant d’uranium, de mercure, de plomb neurotoxique ou autres métaux toxiques. En 1991, la quasi-totalité des infrastructures comme les hôpitaux a été détruite, le reste le fut en 2003. Le pays se situe actuellement parmi les plus pauvres du monde en terme de santé publique alors qu’avant 1999, il figurait dans les premières places du classement OMS.

Pourquoi l’OMS ne publie pas ce rapport ? Pourquoi les États-Unis ne veulent-ils pas d’enquête dans les zones les plus touchées au cours des deux guerres ? Depuis plus de vingt ans, maintenant, les gouvernements américain, britannique et français nient, en dépit de toutes les preuves indiscutables présentées par les vétérans et l’Irak, l’utilisation par leurs armées de munitions à uranium et d’armes toxiques. Les armes à l’uranium sont aujourd’hui fabriquées par de nombreux pays et utilisées en Afghanistan, Palestine, Syrie. Ces États n’ont jamais été jugés, non plus, et malgré les plaintes déposées au niveau international, pour crime de guerre et crime contre l’humanité pour avoir bombardé en toute conscience et massivement les populations et les infrastructures publiques. L’embargo total proclamé par l’Onu sous la férule de Washington et ses locataires Bush père et fils, est également un crime contre l’humanité qui a tué plus d’un million de personnes et détruit totalement la société et l’économie irakiennes.

Et quand un juge d’instruction, comme Mme Bertella-Jeoffroy en France, a réuni suffisamment d’éléments, entendu tous les protagonistes, et devient dangereuse à l’issue d’une enquête minutieuse qui a duré près de vingt ans, le ministère français de la Justice trouve un prétexte pour la « muter », en claire, lui offrir un placard capitonné et la remplacer par un juge « à la botte » et qui ne connaît rien à un dossier lourd de plusieurs dizaines de milliers de pages.

L’histoire de l’Irak de ces vingt dernières années figure sans aucun doute parmi les plus grands drames que l’on ait connus depuis la seconde guerre mondiale, l’un des plus grands scandales, aussi, et le crime contre l’humanité le mieux enterré de notre histoire contemporaine, Saddam Hussein ou pas, par toutes les forces politiques occidentales, Gauche ou Droite françaises, Démocrates ou Républicains américains, Travaillistes ou Conservateurs britanniques, confondues.

Christine Abdelkrim-Delanne

* http://afrique-asie.fr/menu/moyen-orient/5741-pourquoi-l-oms-ne-publie...
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Par BANDERA ROSSA - Publié dans : pcfcapcorse - Communauté : Un PCF de lutte des classes !
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Dimanche 16 juin 2013 7 16 /06 /Juin /2013 11:45

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Monsanto : massacre à la moissonneuse

Olivier BERLANDA

Avec le Monsanto Act, le géant de l’agro-alimentaire américain vient encore de franchir une étape dans la domination mondiale et la monopolisation agricole. Le savoir-faire de centaines de générations de cultivateurs sera demain effacé avec l’aide des gouvernements européens et nord-américains au profit d’un géant vert qui n’a rien d’amical. Chronique d’une inéluctable fin d’un monde : la mort programmée des paysans par une firme qui a sans doute le plus lourd pédigrée en matière de nocivité.

Depuis le 26 mars dernier, l’utilisation des OGM devient juridiquement intouchable aux États-Unis. L’amendement dit « Monsanto protection Act » à la loi américaine ( Plant Protection Act ) précise que « sur simple demande d’un cultivateur, exploitant ou producteur, le ministère de l’agriculture doit accorder une autorisation, ou une dérogation, même si l’autorisation a été précédemment annulée ou invalidée ».

En d’autres termes, cette loi ne permettra plus aux tribunaux américains de s’opposer à la vente ou à la plantation de plantes OGM même si elles n’ont pas été approuvées par la procédure officielle et même si elles font l’objet d’une suspension décrétée par un tribunal.

Monsanto devient en quelque sorte une exception à la règle universelle faisant du pouvoir judiciaire le garant de l’ordre public. En délivrant un chèque en blanc à Monsanto, les autorités étasuniennes jouent avec la santé de dizaines de millions d’Américains et menacent également l’Europe (par l’extension de cette loi à l’UE devenue partenaire des USA), et finalement la planète entière.

Décrire le géant multinational Monsanto peut s’apparenter à déboucher les égouts de l’Histoire récente et pas seulement dans le domaine de l’agro-alimentaire industriel et des pesticides, mais également dans des segments dans lesquels on ne s’attend pas du tout à trouver une société commercialisant des denrées alimentaires. Et la liste des activités nauséabondes paraît interminable…

En 1901, Monsanto a été initialement créée pour produire de la Saccharine vendue pour l’essentiel à une petite société en développement nommée Coca-Cola. Monsanto diversifie ses activités dès 1904 avec la production de caféine et de vanilline.

C’est en 1918 que débute la production d’aspirine : Monsanto en restera le premier producteur étasunien jusque dans les années 1980.

En 1940, Monsanto devient partenaire de l’armée des États-Unis, en effectuant des recherches sur l’uranium dans le cadre du projet Manhattan, qui vise la fabrication de la première bombe atomique. Parallèlement Monsanto crée « l’agent orange », désherbant hyper toxique, que l’armée des États-Unis perçoit comme une arme chimique potentielle. Monsanto développe donc son désherbant à usage militaire, qui sera employé par l’armée américaine lors de la guerre du Vietnam, en particulier entre 1961 et 1971 provoquant aujourd’hui encore de nombreux cancers, malformations congénitales et maladies diverses.

Ensuite on retrouve Monsanto dans ce qui se fait de pire : l’hormone de croissance bovine, les PCB hautement cancérigènes (désormais interdits), les insecticides et herbicides dont le tristement célèbre « Round-up » accusé entre autres d’être la cause de la mort de 60 % des abeilles aux USA, mais aussi en Europe ; ce phénomène particulièrement alarmant remet en cause tout simplement le rôle primordial des abeilles dans l’agriculture.

Via ses filiales, Monsanto est aussi un producteur d’aspartame, (succédané du sucre présent dans quasiment toutes les boissons allégées et dont certaines études vite démenties par les autorités sanitaires tendraient à prouver le caractère cancérigène.

Vous lisez bien ; l’aspartame que l’on retrouve dans vos sucrettes prises avec votre café du matin ou dans le soda « light » de vos enfants a été fabriqué par le même empoisonneur industriel qui a conçu le PCB, l’agent orange, le Round-up ou encore qui a collaboré à des recherches sur l’uranium qui a servi à vitrifier les habitants d’Hiroshima et de Nagasaki.

Le coup le plus réussi de cette firme est sans doute, pour l’instant, la céréale « round up Ready » savant mélange d’une plante génétiquement modifiée pour résister à l’herbicide total « round up « aussi commercialisé par Monsanto qui fait un coup de maître en vendant non seulement le poison mais également son antidote . Toutes les plantes sont détruites par Monsanto, sauf celles commercialisées par Monsanto. Le résultat est le suivant ; le maïs OGM fut suivi par le colza, le soja et même le coton « round up ready » qui dominent actuellement le marché étasunien, mais s’attaquent également aux pays émergents comme l’Inde, gros producteur traditionnel de coton) et l’Argentine, sans compter l’Europe qui devient de plus en liée à l’économie américaine. Aucune région ne semble échapper à la voracité du géant agro-chimique.

Par exemple, suite au tremblement de terre de 2010 à Haïti, Monsanto a annoncé la fourniture à titre gracieux de 475 tonnes de semences OGM aux paysans haïtiens.

Quoi de plus normal effectivement que de profiter d’une catastrophe naturelle de grande ampleur pour tenter de conquérir un marché jusque là basé sur l’agriculture traditionnelle.

Suite à cet élan de bienfaisance suspecte de la part de la compagnie, des milliers de paysans haïtiens ont manifesté contre Monsanto et dénoncé la volonté de la multinationale de détruire l’agriculture paysanne, la biodiversité, et de rendre les paysans locaux dépendants de ses produits.

Monsanto réalise des profits avec le blé et Haïti, comme d’autres, l’ont parfaitement saisi et se sont protégés de ce suicide agricole vers lequel la firme américaine a voulu les pousser.

En France, malgré l’interdiction de la culture à grande échelle des OGM, Monsanto a pourtant réussi à vendre des céréales modifiées par le biais de la nourriture pour le bétail qui n’est pas soumise à la même loi et qui finalement, va se retrouver indirectement dans le métabolisme des consommateurs que nous sommes. Votre santé n’a pas la même saveur qu’un bon bilan à présenter à Wall Street et puis si vous êtes atteint d’un cancer ou d’on ne sait quelle autre maladie, vous irez acheter les produits pharmaceutiques fabriqués par le groupe Monsanto, Bayer and Co., puisque toutes ses sociétés ont différentes adresses mais le même propriétaire Un peu comme le round up ready : on vous a vendu le poison et on vous vendra l’antidote.

Si la situation n’est pas désespérée, elle devient alarmante avec le « Monsanto Act » qui délivre un permis de nuire à l’agriculture traditionnelle et globale. Monsanto, nous l’avons vu, n’est pas issu de la dernière pluie en ce qui concerne la commercialisation de produits qui se sont avérés par la suite très nocifs, voire mortels. Ainsi il n’est pas impossible qu’un un jour cette firme sorte de son chapeau un lapin à huit pattes ou que demain les étalages de nos supermarchés soient remplis d’œufs cubiques pondus par des poules carrées génétiquement modifiées, nous laissant impuissants devant le constat que décidément il y avait quelque chose de pourri au royaume de l’agro-alimentaire. La mort des paysans, comme la disparition des abeilles, préfigurera l’ère du génétiquement manipulé : du précuit, du prémâché, du prédigéré, du précancéreux. Bref, le goût du cadavre dans la bouche.

http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Olivier_Berlanda.060613.htm

URL de cet article 20890
http://www.legrandsoir.info/monsanto-massacre-a-la-moissonneuse.html
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