Vendredi 9 mai 2008


L’alliance pro - impérialiste Sinioura-Hariri-Joumblatt-Geagea face à la Résistance libanaise, qui contrôle une grande partie de Beyrouth                  

vendredi 9 mai 2008.

 
  Pour la troisième journée consécutive, les violents affrontements ont opposé les partisans de l’opposition et ceux du gouvernement vendredi dans les rues de Beyrouth. Ces combats ont déjà fait au moins 11 morts et plus de 20 blessés, selon des représentants des autorités, alors que les miliciens de l’opposition ont pris le contrôle de plusieurs quartiers de la capitale alors que les affrontements se multipliaient dans plusieurs parties du pays.

Jeudi soir, des responsables de la sécurité libanaise avaient fait état de quatre morts et huit blessés, ce qui laisse supposer que la plupart des victimes ont été recensées au cours de la nuit. Des dizaines de magasins et de voitures ont été endommagés dans ces violents accrochages.

Selon LBC-TV, une chaîne pro-gouvernementale, Saad Hariri et Walid Joumblatt étaient assiégés dans leurs résidences dans l’ouest de Beyrouth et des responsables de la majorité ont appelé à une réunion d’urgence des parlementaires dans un village de la montagne au nord-est de Beyrouth. Une roquette a atterri sur la grille de la résidence fortement gardée de Saad Hariri dans le quartier de Koreitem.

Fouad Siniora serait également retranché avec plusieurs de ses ministres dans son bureau du centre de la capitale libanaise sous la protection renforcée de l’armée et de la police.

Une réunion des chefs de la diplomatie de la Ligue arabe au Caire aura lieu dans deux jours pour discuter de la crise, a annoncé Hossam Zaki, porte-parole du ministère égyptien des Affaires étrangères.

Parallèlement, les dirigeants du Qatar et de la Syrie ont eu des entretiens à propos du Liban à Damas. Selon l’agence de presse officielle syrienne, ils sont convenus que le conflit au Pays du Cèdre était une affaire intérieure et exprimé l’espoir que les parties impliquées trouvent une solution par le biais du dialogue.

Signe de l’effondrement des organisations favorables au gouvernement de Fouad Siniora, les hommes du Hezbollah et ceux de son allié du Amal ont pris le contrôle de la chaîne "Futur" du principal leader sunnite Saad Hariri. La chaîne a cessé d’émettre dans la matinée sur ordre du Hezbollah.

Les bureaux du quotidien appartenant à Saad Hariri qui se trouvent dans la banlieue proche ont également été incendiés par des hommes de l’opposition, selon des images diffusées par la télévision. L’armée a été déployée autour des locaux du quotidien et ceux de la chaîne de télévision.

Les troupes libanaises ont évacué le personnel de la chaîne dont les locaux sont situés dans le quartier de Kantari dans l’ouest de Beyrouth tandis que des hommes armés se massaient près de la chaîne exigeant sa fermeture et en menaçant de la détruire, a déclaré un des responsables de la chaîne de Hariri.

Dans le quartier côtier de Ramlet el-Bayda, les soldats sont également intervenus dans les locaux du quotidien "al-Mustaqbal" appartenant également à Saad Hariri et où a éclaté un incendie. L’armée a bouclé le secteur pour permettre aux pompiers de circonscrire le sinistre.

(Vendredi 09 mai 2008 - 13h50)

***

Le Hezbollah a pris vendredi le contrôle d’une grande partie de Beyrouth, dont des organes de presse pro-gouvernementaux, au troisième jour d’une campagne de désobéissance qui tourne à la confrontation majeure avec le gouvernement de Fouad Siniora.

D’après des sources proches des services de sécurité, le bilan des trois jours d’affrontements entre combattants des deux camps est d’au moins dix morts et 20 blessés.

Rappelant les heures les plus sombres de la guerre civile qui a déchiré le pays de 1975 à 1990, le bruit sourd des grenades et le craquement des armes automatiques ont continué de résonner durant la nuit tandis que des groupes de jeunes gens armés de fusils d’assaut sillonnaient les rues de la capitale encombrées des carcasses noircies de voitures incendiées.

En fin de matinée, le Hezbollah et ses alliés contrôlaient la totalité de Beyrouth-Ouest à l’exception du quartier de Tarek al-Djadidi, où des combattants pro-gouvernementaux étaient cependant en discussion pour rendre les armes, a dit un responsable de la sécurité.

Dans la matinée, des hommes fidèles au Hezbollah avaient pris le contrôle de la chaîne de télévision pro-gouvernementaleÿ Future News, qui appartient au dirigeant de la coalition au pouvoir Saad al Hariri, et obtenu l’interruption de ses programmes, a déclaré à Reuters un responsable du bureau de la chaîne à Beyrouth. Des hommes en armes ont également fait irruption dans les locaux du journal Al Moustakbal, appartenant aussi à Hariri.

D’après des responsables des services de sécurité, les membres du Hezbollah, accompagnés de combattants du mouvement allié Amal, ont pris le contrôle de plusieurs bureaux du Courant du Futur de Hariri dans la partie occidentale de Beyrouth. Ils les ont remis à l’armée libanaise, qui tente de jouer un rôle neutre dans la crise.

Les combattants du Hezbollah ont également resserré leur emprise sur les axes routiers menant à l’aéroport international de Beyrouth, pratiquement paralysé depuis mercredi. La compagnie aérienne nationale Middle East Airlines a annoncé le report de tous ses vols prévus d’ici samedi.

"Le Hezbollah domine la majeure partie de Beyrouth-Ouest", souligne Paul Salem, directeur du Carnegie Middle East Center à Beyrouth. "Cela affaiblit le gouvernement et le Courant du Futur", ajoute-t-il.

Les violences ont débuté lorsque le gouvernement a déclaré que le réseau de communication* mis en place par le Hezbollah constituait une atteinte à la souveraineté nationale.

Jeudi, cheikh Sayyed Hassan Nasrallah, avait accusé en réponse le gouvernement de lui avoir "déclaré la guerre". Pour le Hezbollah, unique milice à avoir été autorisée à conserver ses armes après la fin de la guerre civile pour lutter contre l’occupation israélienne dans le sud du pays, ce réseau parallèle de communications fait partie intégrante de ses structures de sécurité.

Israël s’est retiré en 2000 et le sort de l’appareil militaire du Hezbollah est depuis au coeur de la crise politique libanaise.

Saad al Hariri a répondu à Nasrallah en proposant un plan de sortie de crise qui qualifierait de "malentendu" la décision prise par le gouvernement de démanteler le réseau de communications du Hezbollah.

Le Hezbollah, selon sa chaîne de télévision Al Manar, a immédiatement rejeté cette proposition, précisant qu’il s’en tenait aux conditions fixées par Nasrallah.

A New York, le Conseil de sécurité des Nations unies a lancé un appel "au calme et à la retenue" dans une déclaration politique n’ayant pas valeur contraignante. A Ryad, l’Arabie saoudite a réclamé de son côté la tenue d’une réunion d’urgence des ministres arabes des Affaires étrangères pour discuter de la crise.

(Vendredi, 09 mai 2008 - 12h30) Al Oufok

par BANDERA ROSSA publié dans : pcfcapcorse communauté : Un PCF de lutte des classes !
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Jeudi 8 mai 2008

 

             Réfugiés de la faim                 

 La nuit était noire, sans lune. Le vent soufflait à plus de 100 kilomètres à l’heure. Il faisait se lever des vagues de plus de 10 mètres qui, avec un fracas effroyable, s’abattaient sur la frêle embarcation de bois. Celle-ci était partie d’une crique de la côte de Mauritanie, dix jours auparavant, avec à son bord 101 réfugiés africains de la faim. Par un miracle inespéré, la tempête jeta la barque sur un récif de la plage d’El Medano, dans une petite île de l’archipel des Canaries. Au fond de la barque, les gardes civils espagnols trouvèrent les cadavres de trois adolescents et d’une femme, morts de faim et de soif.

La même nuit, quelques kilomètres plus loin sur la plage d’El Hierro, un autre rafiot s’échoua : à son bord, 60 hommes, 17 enfants et 7 femmes, spectres titubants à la limite de l’agonie (1).

 

A la même époque encore, mais en Méditerranée cette fois-ci, un autre drame se joue : à 150 kilomètres au sud de Malte, un avion d’observation de l’organisation Frontex repère un Zodiac surchargé de 53 passagers qui – probablement par suite d’une panne de moteur – dérive sur les flots agités. A bord du zodiac, les caméras de l’avion identifient des enfants en bas âge et des femmes. Revenu à sa base, à La Valette, le pilote en informe les autorités maltaises, qui refusent d’agir, prétextant que les naufragés dérivent dans la « zone de recherche et de secours libyenne ». La déléguée du Haut Commissariat des réfugiés des Nations unies Laura Boldini intervient, demandant aux Maltais de dépêcher un bateau de secours. Rien n’y fait. L’Europe ne bouge pas. On perd toute trace des naufragés.

 

Quelques semaines auparavant, une embarcation où se pressaient une centaine de réfugiés africains de la faim, tentant de gagner les Canaries, avait sombré dans les flots au large du Sénégal. Il y eut deux survivants (2).

 

Des milliers d’Africains, y compris des femmes et des enfants, campent devant les clôtures des enclaves espagnoles de Melilla et de Ceuta, dans le Rif aride. Sur injonction des commissaires de Bruxelles, les policiers marocains refoulent les Africains dans le Sahara (3). Sans provisions ni eau. Des centaines, peut-être des milliers d’entre eux périssent dans les rochers et les sables du désert (4).

 

Combien de jeunes Africains quittent leur pays au péril de leur vie pour tenter de gagner l’Europe ? On estime que, chaque année, quelque 2 millions de personnes essaient d’entrer illégalement sur le territoire de l’Union européenne et que, sur ce nombre, environ 2 000 périssent en Méditerranée, et autant dans les flots de l’Atlantique. Leur objectif est d’atteindre les îles Canaries à partir de la Mauritanie ou du Sénégal, ou de franchir le détroit de Gibraltar au départ du Maroc.

 

Selon le gouvernement espagnol, 47 685 migrants africains sont arrivés sur les côtes en 2006. Il faut y ajouter les 23 151 migrants qui ont débarqué sur les îles italiennes ou à Malte au départ de la Jamahiriya arabe libyenne ou de la Tunisie. D’autres essaient de gagner la Grèce en passant par la Turquie ou l’Egypte. Secrétaire général de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, M. Markku Niskala commente : « Cette crise est complètement passée sous silence. Non seulement personne ne vient en aide à ces gens aux abois, mais il n’y a pas d’organisation qui établisse ne serait-ce que des statistiques rendant compte de cette tragédie quotidienne (5). »

 

Pour défendre l’Europe contre ces migrants, l’Union européenne a mis sur pied une organisation militaire semi-clandestine qui porte le nom de Frontex. Cette agence gère les « frontières extérieures de l’Europe ».

Elle dispose de navires rapides (et armés) d’interception en haute mer, d’hélicoptères de combat, d’une flotte d’avions de surveillance munis de caméras ultrasensibles et de vision nocturne, de radars, de satellites et de moyens sophistiqués de surveillance électronique à longue distance.

Frontex maintient aussi sur sol africain des « camps d’accueil » où sont parqués les réfugiés de la faim, qui viennent d’Afrique centrale, orientale ou australe, du Tchad, de la République démocratique du Congo, du Burundi, du Cameroun, de l’Erythrée, du Malawi, du Zimbabwe… 

 

Souvent, ils cheminent à travers le continent durant un ou deux ans, vivant d’expédients, traversant les frontières et tentant de s’approcher progressivement d’une côte. Ils sont alors interceptés par les agents de Frontex ou leurs auxiliaires locaux qui les empêchent d’atteindre les ports de la Méditerranée ou de l’Atlantique. Vu les versements considérables en espèces opérés par Frontex aux dirigeants africains, peu d’entre eux refusent l’installation de ces camps. L’Algérie sauve l’honneur. Le président Abdelaziz Bouteflika dit : « Nous refusons ces camps. Nous ne serons pas les geôliers de nos frères. »

 

Organiser la famine et criminaliser ceux qui la fuient

 

La fuite des Africains par la mer est favorisée par une circonstance particulière : la destruction rapide des communautés de pêcheurs sur les côtes atlantique et méditerranéenne du continent. Quelques chiffres.

Dans le monde, 35 millions de personnes vivent directement et exclusivement de la pêche, dont 9 millions en Afrique (6). Les poissons comptent pour 23,1 % de l’apport total de protéines animales en Asie, 19 % en Afrique ; 66 % de tous les poissons consommés sont pêchés en haute mer, 77 % en eaux intérieures ; l’élevage en aquaculture de poissons représente 27 % de la production mondiale. La gestion des stocks de poissons dont les déplacements s’effectuent tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des zones économiques nationales revêt donc une importance vitale pour l’emploi et la sécurité alimentaire des populations concernées.

 

La plupart des Etats de l’Afrique subsaharienne sont surendettés. Ils vendent leurs droits de pêche à des entreprises industrielles du Japon, d’Europe, du Canada. Les bateaux-usines de ces dernières ravagent la richesse halieutique des communautés de pêcheurs jusque dans les eaux territoriales. Utilisant des filets à maillage étroit (interdits en principe), elles opèrent fréquemment en dehors des saisons où la pêche est autorisée. La plupart des gouvernements africains signataires de ces concessions ne possèdent pas de flotte de guerre. Ils n’ont aucun moyen pour faire respecter l’accord. La piraterie est reine. Les villages côtiers se meurent.

 

Les bateaux-usines trient les poissons, les transforment en surgelés, en farine ou en conserves, et expédient du bateau aux marchés. Exemple : la Guinée-Bissau, dont la zone économique abrite un formidable patrimoine halieutique. Aujourd’hui, pour survivre, les Bissagos, vieux peuple pêcheur, sont réduits à acheter sur le marché de Bissau – au prix fort – des conserves de poisson danoises, canadiennes, portugaises.

Plongés dans la misère, le désespoir, désarmés face aux prédateurs, les pêcheurs ruinés vendent à bas prix leurs barques à des passeurs mafieux ou s’improvisent passeurs eux-mêmes. Construites pour la pêche côtière dans les eaux territoriales, ces barques sont généralement inaptes à la navigation en haute mer.

 

Et encore… Un peu moins d’un milliard d’êtres humains vivent en Afrique. Entre 1972 et 2002, le nombre d’Africains gravement et en permanence sous-alimentés a augmenté de 81 à 203 millions. Les raisons sont multiples. La principale est due à la politique agricole commune (PAC) de l’Union européenne.

 

Les Etats industrialisés de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) ont payé à leurs agriculteurs et éleveurs, en 2006, plus de 350 milliards de dollars au titre de subventions à la production et à l’exportation. L’Union européenne, en particulier, pratique le dumping agricole avec un cynisme sans faille. Résultat : la destruction systématique des agricultures vivrières africaines.

 

Prenons l’exemple de la Sandaga, le plus grand marché de biens de consommation courante de l’Afrique de l’Ouest. La Sandaga est un univers bruyant, coloré, odorant, merveilleux, situé au cœur de Dakar. On peut y acheter, selon les saisons, des légumes et des fruits portugais, français, espagnols, italiens, grecs, etc. – au tiers ou à la moitié du prix des produits autochtones équivalents.

 

Quelques kilomètres plus loin, sous un soleil brûlant, le paysan wolof, avec ses enfants, sa femme, travaille jusqu’à quinze heures par jour… et n’a pas la moindre chance d’acquérir un minimum vital décent.

Sur 52 pays africains, 37 sont des pays presque purement agricoles.

Peu d’êtres humains sur terre travaillent autant et dans des conditions aussi difficiles que les paysans wolof du Sénégal, bambara du Mali, mossi du Burkina ou bashi du Kivu. La politique du dumping agricole européen détruit leur vie et celle de leurs enfants.

 

Revenons à Frontex. L’hypocrisie des commissaires de Bruxelles est détestable : d’une part, ils organisent la famine en Afrique ; de l’autre, ils criminalisent les réfugiés de la faim.

 

Aminata Traoré résume la situation : « Les moyens humains, financiers et technologiques que l’Europe des Vingt-Cinq déploie contre les flux migratoires africains sont, en fait, ceux d’une guerre en bonne et due forme entre cette puissance mondiale et de jeunes Africains ruraux et urbains sans défense, dont les droits à l’éducation, à l’information économique, au travail et à l’alimentation sont bafoués dans leurs pays d’origine sous ajustement structurel . Victimes de décisions et de choix macroéconomiques dont ils ne sont nullement responsables, ils sont chassés, traqués et humiliés lorsqu’ils tentent de chercher une issue dans l’émigration. Les morts, les blessés et les handicapés des événements sanglants de Ceuta et de Melilla, en 2005, ainsi que les milliers de corps sans vie qui échouent tous les mois sur les plages de Mauritanie, des îles Canaries, de Lampedusa ou d’ailleurs, sont autant de naufragés de l’émigration forcée et criminalisée (7).  »

 

Jean Ziegler

 

Ecrivain, professeur à l’université de Genève. Rapporteur spécial de la commission des droits de l’homme des Nations unies pour le droit à l’alimentation. Auteur de La Faim dans le monde expliquée à mon fils, Seuil, Paris, 2000.

 

Notes

 

(1) Cf. El País, Madrid, 13 mai 2007 ; la nuit est celle du 11 au 12 mai.

(2) Le Courrier, Genève, 10 décembre 2006.

(3) Le 28 septembre 2005, des soldats espagnols ont tué cinq jeunes Africains qui tentaient d’escalader la clôture électrifiée entourant l’enclave de Ceuta. Huit jours plus tard, six autres jeunes Noirs étaient abattus dans des circonstances similaires.

(4) Human Rights Watch, 13 octobre 2005.

(5) La Tribune de Genève, 14 décembre 2006. NDLR : voir cependant le travail réalisé sur cette question par United et Migreurop : « Des morts par milliers aux portes de l’Europe ».

(6) Ce chiffre exclut les personnes employées dans l’aquaculture. Cf. Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), La situation mondiale des pêches et de l’aquaculture, Rome, 2007.

(7) Aminata Traoré, intervention au Forum social mondial, Nairobi, 20 janvier 2007.

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Jeudi 8 mai 2008

Volte-face sur la hausse du gaz                                   

 Le gouvernement renonce à une troisième hausse des tarifs du gaz depuis le début de l’année, pourtant annoncée hier. Les tarifs du gaz pour les particuliers se chauffant au gaz ont déjà augmenté deux fois cette année : de 4% début janvier et de 5,5% fin avril.

A gouvernement impopulaire, retrait de mesures impopulaires. Alors que la Commission de régulation de l’énergie avait proposé une hausse de 1,5% au 1er juillet des tarifs du gaz, soit la troisième depuis le début de l’année, volte-face du gouvernement."Il n’y aura pas d’augmentation pour le consommateur" a afirmé le ministre de l’Ecologie Jean Louis Borloo. La CRE avait pourtant annoncé mardi que les tarifs d’utilisation des canalisations de gaz augmenteraient de 5,6% au 1er juillet, et estimé que cette augmentation devrait être répercutée sur les tarifs aux consommateurs, avec une hausse de 1,5%.

Interrogé lors de la séance des questions à l’Assemblée nationale sur l’éventualité que le gouvernement avalise cette demande, le ministre a expliqué que la hause du tarif "d’utilisation des 130.000 kilomètres de canalisations qui doit être payé par GDF", serait payée finalement par les "entreprises et actionnaires". "Il n’y aura donc pas d’augmentation pour le consommateur et l’utilisateur", a affirmé Jean-Louis Borloo.

La décision d’augmenter une troisième fois cette année le tarif du gaz, après des hausses de 5,5% le 30 avril et de 4% le 1er janvier, est du ressort du ministère de l’Economie. "Il nous appartiendra, pour la date prévue du 1er juillet, de décider si on met en oeuvre" cette hausse, avait dit auparavant Christine Lagarde.

Luc Chatel, porte-parole du gouvernement, a défendu que "le gouvernement a pris en compte la donne pouvoir d’achat. Pendant 18 mois, il n’y a pas eu de hausse de prix du gaz", a-t-il ajouté. "Ensuite il en a tenu compte en limitant la hausse."

L’INDECOSA MONTE AU CRENEAU

L’association de consommateurs de la CGT (Indecosa), a de son côté jugé que les hausses du gaz traduisaient "surtout" un "désengagement de l’Etat et la fin programmée de la maîtrise publique du prix de l’énergie". "Il est commode d’invoquer l’augmentation du coût des canalisations sans s’intéresser à la stratégie de Gaz de France de prendre des participations directes dans des gisements gaziers", ajoute l’association de consommateurs, qui demande "une véritable transparence des prix".

Estimant que "les critères sociaux et politiques qui fixaient le prix de vente du gaz vont être progressivement remplacés par des critères purement économiques et financiers", l’Indécosa juge "intolérable de voir le marché régner sans partage sur les relations entre fournisseurs et consommateurs".

 

par BANDERA ROSSA publié dans : pcfcapcorse communauté : Un PCF de lutte des classes !
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Jeudi 8 mai 2008

Devant  l'Assemblée Nationale, intervention de Michel VAXES, Député communiste et républicain

Département des Bouches du Rhône, Groupe de la gauche démocrate et républicaine

 

... débat sur les langues régionales

mercredi 7 mai 2008 – 1ère séance

 EXTRAITS....

[...]

Ce débat trop longtemps repoussé s’impose enfin.

C’est un premier succès pour celles et ceux qui des décennies durant ont résisté à une conception réductrice des questions linguistiques. Une résistance qui renvoit fondamentalement à deux conceptions opposées de l’organisation sociale, l’une marquée par les logiques de domination, de hiérarchisation, l’autre par celles de solidarité, de partage, de respect mutuel, de tolérance.

Cette avancée marque l’évolution d’une opinion qui adhère plus largement à l’idée que l’universalité de la culture n’est nullement contradictoire à la diversité de ses sources et à  la spécificité des individus, des groupes, des nations dont elle est l’expression.

Le refus de toute hiérarchie normative a grandi, il exprime l’exigence renforcée d’une création permanente misant sur le respect et la valorisation de la diversité des expériences, des savoirs, de la fertilité créative des individus et des groupes qui font société.

Lorsque, sans susciter la moindre polémique, la Délégation générale à la langue française devient en 2002 la Délégation générale à la langue française et aux langues de France c’est de cette évolution qu’elle témoigne et c’est dans cette perspective nouvelle qu’il convient d’aborder sereinement le débat sur les langues de France, leur reconnaissance par la République, et leur place au sein de celle-ci.

Le plurilinguisme ouvre sur la richesse de la diversité humaine. Cette perspective doit conduire la France à accepter cette diversité linguistique historique et plus encore à en faire un atout. Il s’agit donc, non seulement de la défendre, mais surtout  de la promouvoir dans l’espace privé comme dans l’espace public.

Pour être sincère cette volonté appelle, au-delà de la nécessaire modification constitutionnelle, une loi qui donne aux langues de France un statut et définit le cadre de leurs promotions.  A défaut, c’est  une part de notre patrimoine culturel qui sera définitivement perdu.

Cette exigence, les parlementaires communistes l’ont depuis longtemps exprimée, elle a fait l’objet de deux propositions loi, l’une déposée le 27 Mai 1986, l’autre le 14 Octobre 1988 à l’initiative de Guy Hermier. L’interprétation par le Conseil Constitutionnel de la modification du 25 juin 1992 de la loi fondamentale leur interdit d’être examinées. Comme si l’acceptation par tous du Français comme langue de la République devait être exclusive de toute appropriation culturelle en matière linguistique.

Jusque ici, celles et ceux qui militent pour la reconnaissance et la promotion des langues de France ont été contraints d’apporter réponses à des questions qui pourtant ne devraient plus se poser.

Celles relatives à l’héritage culturel qu’il ne faut pas brader, mais au contraire en permanence revivifier.

Celles des bienfaits cognitifs et pédagogiques du bilinguisme que plus aucun spécialiste ne nie.

Celles qui soulignent que la langue du terroir permet de mieux comprendre le milieu local sa géographie et son histoire.

Celles qui témoignent de son utilité pour le français lui même face aux risques de la banalisation culturelle qu’induit une certaine conception de la mondialisation.

Celles qui montrent que ces langues ouvrent sur les espaces culturels voisins et participent, en conséquence, de la construction d’une culture commune à l’échelle européenne.

Celles qui rappellent que face à la diversité, il n’est pas de meilleur apprentissage de la tolérance que la prise de conscience de la diversité même de la culture française.

Celles de pur bon sens soulignant que la France ne peut sérieusement militer pour le respect de la diversité culturelle à l’échelle internationale en continuant de refuser cette diversité sur son propre territoire.

Mais au nom de risques présumés de replis identitaires, toute discussion sur la reconnaissance des langues de France  a été rejetée sans même voir que ce rejet était lui-même un repli, et qu'il risquait, par les déceptions et les frustrations qu'il provoque, de mener droit au péril que l'on dit vouloir éviter.

 

Le moment est venu de mesurer  ce qu’un effort national de revitalisation et de reconquête peut apporter au lien social et à l’essor culturel  de notre pays.

La pluralité linguistique fait partie de la réalité française depuis les origines de l'Etat, depuis que les Rois de France ont décidé d’annexer les territoires voisins.

L'indispensable diffusion d'une langue commune a conduit à considérer que l'espace public devait être le domaine de la seule langue nationale, l'usage des autres langues devant être réservé au seul usage privé.

Cette idée, d’apparente logique cherche par le biais d'arguments fallacieux à justifier le rejet ancien de tout ce qui n'est pas le français. Derrière ce rejet, on trouve au fond le vieux mépris pour le parler  des simples gens.

Si par le passé, les langues régionales se sont naturellement transmises grâce à l'espace privé c’est tout simplement parce que l'espace public, en dehors de celui réservé aux élites, n'imposait pas de choix linguistique. Mais aujourd'hui aucune langue ne peut se transmettre  en Europe sans le support de l'espace public.

Les pays qui nous entourent l'ont bien compris et la présence des langues à l'école, à la radio, à la télévision, dans la signalétique est devenue indispensable à leur pratique.

Quand sortirons nous enfin du mythe d'une société monolithique où toute différence est vécue comme une déviance et un danger ?

Les effets de ce mépris séculaire,  de cette méfiance affichée pour les langues de France  ont amené au cours du XXe siècle un déclin de plus en plus rapide de ces langues et conduit des populations entières au reniement d'une part d’elle-même, sans aucun  profit pour la cohésion nationale puisque les conflits qui traversent la société ne sont historiquement jamais d'ordre linguistique mais toujours économico-politiques avec ou sans habillage religieux.

En ce domaine comme dans tous les autres quand comprendrons nous enfin que ce qui crée la cohésion du corps social national autour de valeurs communes, ce sont les actes solidaires et l'attention respectueuse portée aux autres, personnes ou groupes, toujours singuliers ? Quand admettrons nous enfin que c’est le respect de la diversité des langues et des cultures dont ils sont porteurs, la promotion et le développement des échanges et des fécondations mutuelles entre ces cultures, qu’il est aujourd’hui devenu urgent de faciliter, d’encourager, de soutenir en mobilisant en leur faveur les moyens adaptés ?

La cohésion nationale repose tout à la fois, sur la cohabitation dynamique entre les diverses expressions de citoyens véritablement égaux et sur l'adhésion de tous à un projet collectif fondateur de citoyenneté. Et puisque le modèle civique français est fondé sur le lien politique et non sur le lien ethnique, cette adhésion suppose en retour l'acceptation par la collectivité nationale de ces héritages linguistiques et culturels divers.

Accepter l'idée de cette association étroite entre français et autres langues de France, implique que sur tous les points du territoire national, l'école et les médias prennent acte de leur existence. Le contraire reviendrait à considérer que l'universel leur est définitivement interdit et qu’il serait réservé au seul français.

A ce propos, en 1951 la loi Deixonne née de l’initiative d’André Tourné et des deux propositions communistes de 1948, l’une sur le breton, l’autre sur le catalan, a représenté, un incontestable progrès puisqu’elle reconnaissait la valeur des langues régionales et organisait leur enseignement. Elle n’en comportait pas moins des limites dans sa conception même et dans son champ d’application puisque n’étaient concernés que le catalan, la langue occitane, le basque et le breton auxquelles ont été fort légitimement intégré depuis, le Corse, l’Alsacien et les Créoles.

La reconnaissance de toutes ces cultures régionales, élément fondamental de la culture française, légitime un effort national de revitalisation et de reconquête. Cela suppose de mobiliser d’importants moyens en faveur du développement culturel régional.

L’état doit être le garant des langues de France et de leur statut. Dans les domaines qui sont de sa compétence directe, il doit aussi être l’acteur de cette reconnaissance. L’état doit assumer ses responsabilités en direction des médias et des institutions culturelles comme dans le domaine de l'enseignement.

A côté de l'État, les autres collectivités territoriales ont leur rôle à jouer dans l'accompagnement de la politique générale concernant les langues de France. Cela implique la mobilisation de ressources financières complémentaires, l'aide à la création, et d'une manière générale tout ce qui concerne l’expression à l'échelle locale, de la spécificité linguistique et culturelle.

Les institutions européennes sont elles aussi concernées. D'abord parce que certaines langues de France sont aussi transfrontalières, ensuite parce que la question des langues régionales se pose maintenant à l'échelle Européenne.

Au niveau mondial, les recommandations de l'ONU en matière de Droits de l'Homme, et celles de l'UNESCO en matière de préservation de la diversité linguistique et culturelle doivent être prises en compte dans l'élaboration de la loi.

Les parlementaires communistes soutiennent des propositions élaborées avec les associations qui militent pour la prise en compte de la diversité linguistique et culturelle dans notre patrimoine national.

S'il est peu pertinent de revendiquer une parité absolue entre le français et les autres langues, ces dernières doivent pouvoir avoir une place dans l'espace public qui leur permette d'être visibles et audibles. C'est la condition première de leur pratique.

Si l'accès aux langues régionales à l'école doit demeurer du domaine du libre choix, facultatif, optionnel mais de droit disions nous dans notre proposition de 1988, car en effet l'institution a, elle, l'obligation, de rendre ce choix effectivement possible, par une offre généralisée, partout où l’une de ces langues est pratiquée, partout où une demande significative se manifeste. Cela implique :

-une information, complète et précise de toutes les familles.

-une véritable politique de recrutement d’enseignants de la maternelle à l'Université,

-Une politique dynamique de développement des filières bilingues à parité horaire, et de l'enseignement par immersion, dans l'Education Nationale comme dans le secteur associatif pour les élèves et les familles qui le souhaiteraient .

-une valorisation au niveau des examens et concours par l'ouverture d'épreuves bénéficiant de coefficients incitatifs.

-une vraie place pour les langues régionales dans l'enseignement supérieur et les grands organismes de recherche.

-un développement de l'enseignement pour adultes, qui correspond à une demande et peut fournir des compétences professionnellement utiles.

Enfin, une information minimale sur l'existence des langues et cultures régionales doit être offerte sur l'ensemble du territoire et intégrée dès le socle commun aux programmes de l'Education Nationale.

Si certains cahiers des charges de radios ou télévisions publiques prévoient la prise en compte des cultures "régionales", dans la réalité, celles-ci sont souvent cantonnées à la seule dimension folklorique. Les grands réseaux nationaux et pas seulement France3 doivent mettre plus de moyens et d’horaires à la disposition des producteurs d’émissions en langues régionales.  La création de chaînes de télévision publiques propres aux diverses langues régionales répondrait à la revendication commune des associations les plus représentatives de chacune de ces langues. Au moment ou les radios associatives émettant en langue régionale risque de voir leur financement asséché par la fin annoncée de la publicité dont une partie des recettes leur était destinée, il convient que des financements publics nouveaux et suffisants leur soient alloués.

La création en langue régionale doit être soutenue par une aide accrue du Ministère de la Culture en partenariat avec les collectivités locales afin de favoriser le contact et l'échange entre les créations et les grands lieux d'affichage culturel que sont par exemple les diverses manifestations nationales et régionales. Cette ouverture constitue le meilleur moyen de lutter contre la  ghettoïsation de ces langues et des cultures dont elles sont porteuses.

La mise en place d'une politique ambitieuse de prise en compte par la Nation de la diversité de ses pratiques linguistiques doit s'accompagner de la mise en place d'instances de contrôle indépendantes chargée de  faire respecter la loi, suivre l'évolution de sa mise en œuvre et évaluer les effets des mesures prises. Ses observations devraient faire l'objet d'un rapport annuel devant  la représentation nationale.

La cohésion sociale, garante de l’unité républicaine, suppose que notre République accueille enfin la diversité comme une richesse à partager entre tous. L’année 2008 est l’année des langues nous dit l’Unesco, profitons en pour prolonger ce débat par l’élaboration d’une loi sans laquelle nos échanges ne seraient que bavardages stériles. Une loi qui donne enfin aux langues de France leur vraie place dans la Nation. Voilà ce que nous réclamons !

 

Extrait d’un discours sur le colonialisme prononcé le 26 février 1986 par Aimé CESAIRE aux Etats Unis :

 

« …La négritude a été une révolte contre ce que j’appellerai le réductionnisme européen. Je veux parler de ce système de pensée ou plutôt de l’instinctive tendance d’une civilisation éminente et prestigieuse à abuser de son prestige même, pour faire le vide autour d’elle en ramenant abusivement la notion d’universel, chère à Léopold Sedar Senghor, à ses propres dimensions, autrement dit à penser l’universel à partir de ses seuls postulats et à travers ses catégories propres. On voit les conséquences que cela entraîne. Couper l’homme de lui-même, couper l’homme de ses racines, couper l’homme de l’univers, couper l’homme de l’humain et l’isoler en définitive dans un orgueil suicidaire sinon dans une forme rationnelle et scientifique de la barbarie…. »

 

 

 

par BANDERA ROSSA publié dans : pcfcapcorse communauté : Un PCF de lutte des classes !
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Jeudi 8 mai 2008

Mai 2008
l’Agence Nationale Pour l’Emploi publie en France une « offre » de niveau bac+2, pour un poste à Pondichéry (Inde)  payé entre 160 et 320 euros par mois.

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