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CHANTS REVOLUTIONNAIRES

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27 février 2015 5 27 /02 /février /2015 08:55

                                                                             MARE NOSTRUM-copie-1

26 février 2015
Les 25 réformes structurelles que le gouvernement grec a promis à Bruxelles
Les 25 réformes structurelles que le gouvernement grec promet à Bruxelles

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

Plus dure sera la chute. La colère grande à SYRIZA, où certains dénoncent une trahison, une capitulation face à la Troïka. Qu'en est-il ? Le projet de réformes structurelles envoyé par le Ministre de l'Economie grec donne une réponse : les Grecs vont encore souffrir

Répondre à d'immenses aspirations populaires, satisfaire de maigres promesses sociales se chiffrant néanmoins en milliards, le tout sans toucher aux privilèges des armateurs, du clergé, de l'armée, en respectant les engagements européens et en payant toute la dette. Comment faire ?

La réponse : en s'engageant non seulement à continuer les plans d'austérité précédents mais à aller plus loin dans les « réformes structurelles » exigées par l'UE.

De l'engagement auprès du peuple grec à celui auprès des dirigeants européens

Un petit jeu pour mesurer, en quelques jours, l'ampleur des reculs. Le 11 janvier, le ministre de l'Economie Varoufakis déclare devant l'Eurogroupe : « le peuple grec nous a donné un mandat fort pour mettre un terme au cycle de l'austérité qui a causé d'immenses dégâts sociaux et économiques.

Le nouveau gouvernement s'est engagé à ramener l'espoir, la dignité et la fierté aux citoyens grecs et à mettre en place un programme général pour traiter les racines de la piètre performance socio-économique de la Grèce ».

Le 16 janvier, les mandataires ne sont plus les mêmes : « la tâche du gouvernement est de mettre en place les réforme profondes dont la Grèce a besoin pour stopper les forces combinées de la déflation et de la spirale négative de la dette, de retrouver une croissance portée par l'investissement et de maximiser la valeur actuelle nette des remboursements de la dette à nos créanciers ».

« Notre gouvernement sera le plus réformateur de l'histoire grecque »

Dès le 11 janvier, Varoufakis mettait les choses au clair : « son gouvernement a été élu pour stabiliser, réformer, ramener la croissance en Grèce », réaffirmait ses engagements : « garder des finances publiques saines », « réaliser des réformes structurelles », « favoriser l'investissement ».

Il allait plus loin : « notre gouvernement sera le plus réformateur de l'histoire grecque moderne, parmi les plus enthousiastes réformateurs d'Europe ». De l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace.

Dans ce document, point par point, Varoufakis rassurait les dirigeants européens : les privatisations ? « Notre gouvernement est tout sauf dogmatique, nous allons évaluer chaque projet au cas par cas. Tout ce qui a été dit dans les médias sur la privatisation du port du Pirée est très loin de la réalité. En fait, c'est tout le contraire, l'investissement étranger sera favorisé ».

Le salaire minimum ? « Ce sera progressif après septembre, avec consultation du patronat et des syndicats … pour ne pas pénaliser la compétitivité en échange le gouvernement s'engage à des réformes, ainsi dans la sécurité sociale avec la réduction des cotisations salariales ».

La ré-embauche de fonctionnaires ? « Elle sera limitée à 2 013 cas .. et se paiera par des économies dans d'autres postes de dépenses publiques ».

Trois promesses : respecter les engagements, rigueur budgétaire, payer la dette

On pourrait continuer. Le 16 février, Varoufakis affirme à la Troika ses trois engagements : « (1) réaffirmation de notre engagement à respecter les termes de notre accord de prêt avec tous les créanciers ; (2) aucune action qui ne menace de grever le budget actuel, ou a des implications sur la stabilité financière ; (3) aucune action visant à diminuer la valeur des prêts contractés ».

L'accord conclu avec l'Europe pour étendre les prêts européens sur 6 mois prévoyait en contre-partie l'adoption de « réformes structurelles » à proposer du côté du gouvernement grec. Poursuite des plans d'austérité de la Troïka, sous un autre nom, en somme.

A quoi ressemblent alors les « réformes structurelles » proposées par le gouvernement grec ? 7 pages très denses, 66 points dans 14 domaines. Quand le gouvernement Tsipras annonce qu'il sera « le plus réformateur de l'histoire grecque », cela se vérifie.

La plupart des engagements restent encore très vagues dans la « réforme fiscale structurelle », la « stabilité financière », « les politiques de croissance », et la « réponse à la crise humanitaire ».

Cela ne dit pas tout mais les réformes fiscales et les politiques de croissance occupent 2 pages, celles sur la stabilité financière 1 page … la réponse à la crise humanitaire, quelques lignes !

Sur quels engagements concrets le gouvernement grec va partir pour les prochains mois ? Le gouvernement multiplie les déclarations – y compris dans son plan – sur la lutte contre la corruption, l'évasion fiscale, les trafics, cela reste hypothétique.

25 réformes structurelles (sans nuance) promises par le gouvernement grec

Sur le concret, on peut résumer en 25 points :

1 – AUGMENTATION CIBLEE de la TVA ? : La « rationalisation de la TVA » dit Varoufakis, avec refonte des taux de façon « à maximiser les revenus sans pénaliser la justice sociale ». Le gouvernement souhaite « limiter les exemptions » (pas les supprimer) et « éliminer les décomptes non-raisonnables » (quels sont ceux raisonnables?) ;

2 – SPENDING REVIEW dans le PUBLIC : « Révision et contrôle des dépenses publiques » (spending review) : dans l'éducation, la santé, le transport, l'administration locale, les aides sociales. Le « spending review » a été l'instrument utilisé par le gouvernement social-libéral italien actuel pour imposer une « austérité juste » (sic).

3 – AMELIORER l'EFFICACITE des ADMINISTRATIONS : « Améliorer drastiquement l'efficacité des administrations locale et centrale en ciblant les promesses budgétaires, par des restructurations de la gestion et la ré-allocation des ressources mal distribuées ». Réforme de l’État, économies budgétaires, restructurations rationnelles, on connaît..

4 – COUPER DANS les DEPENSES PUBLIQUES : « Identifier des mesures par une spending review dans chaque ministère et la rationalisation des dépenses non salariales ». Soit couper désormais dans les dépenses publiques, des ministères, sans toucher directement les salaires

5 – LIMITER les DEPENSES de SANTE : « Contrôler les dépenses de santé tout en améliorant la livraison, la qualité des services médicaux, et en garantissant un accès universel ». Pour réaliser cette mission impossible, faire plus en dépensant moins, le gouvernement sera « aidé par l'OCDE », connu pour pester contre les systèmes de santé publics trop coûteux …

6 – LUTTER contre les RETRAITES ANTICIPEES : Travailler à « l'unification du système de retraites, en éliminant les failles dans le système, les incitations qui conduisent à une augmentation excessive des retraites anticipées, en particulier dans les banques et le secteur public ». En pointant les abus réels, au nom de l' « égalité » et de la lutte contre les privilèges cela signifie faire accepter un recul de l'âge de départ à la retraite.

7 – REALISER DES ECONOMIES sur les CAISSES de RETRAITE : « Consolider les caisses de retraite de façon à réaliser des économies ». Comment, sans toucher aux pensions, ni aux personnels des caisses ?

8 – Un REVENU (très) MINIMIMUM GARANTI … contre les RETRAITES avant 65 ANS : « aider les employés entre 50 et 65 ans y compris par un revenu minimum garanti, afin de lever les incitations à prendre des retraites anticipées ». Autrement dit, plutôt un revenu minimum pour tous à 500 € qu'une retraite à 1 000 € !

9 – HAUSSE DE LA PRODUCTIVITÉ dans le PUBLIC sans HAUSSE SALARIALE : « Réformer la grille des salaires dans le secteur public, avec pour but de 'décomprimer la distribution des salaires' via des gains de productivité et des politiques de recrutement appropriés sans réduire les paliers salariaux actuels, mais en s'assurant que la facture des salaires dans le secteur public n'augmente pas ». Cela signifie, travailler plus (intensément), embaucher guère plus (voire moins), sans gagner plus !

10 – REDUIRE les AVANTAGE SOCIAUX Dans le PUBLIC : « Rationaliser les avantages non-salariaux, pour réduire la dépense globale dans le secteur public, sans mettre en péril le fonctionnement du secteur public, en accord avec les pratiques de l'UE ». Réduire les dépenses dans les services publics, comment, sans dégrader le service ?

11 – MAXIMISER la MOBILITE dans le SECTEUR PUBLIC : Promouvoir des mesures comme « l'amélioration des mécanismes de recrutement, encourager les nominations managériales au mérite, processus juste pour maximiser la mobilité des ressources humaines et autres dans le secteur public ».

12 – S'ENGAGER auprès des BANQUES BIEN GEREES : La Grèce est engagée « auprès des banques qui sont gérées sur des principes commerciaux/bancaires sains »

13 – ASSURER la STABILITE du SECTEUR BANCAIRE avec la BCE : « Utiliser le Fonds de stabilité financière héllénique et s'assurer, en collaboration avec la BCE, la Commission européenne et le SSM, pour s'assurer qu'il joue son rôle consistant à assurer la stabilité du secteur bancaire et ses prêts aux banques commerciales, tout en respectant les règles européennes de concurrence ».

14 – RESPECT des PRIVATISATIONS déjà réalisées : S'engager à « ne pas revenir sur les privatisations déjà actées. Là où le processus de contrat a été lancé, le gouvernement respectera le processus, conformément à la loi »

15 – MISSIONS de SERVICE PUBLIC dans les FIRMES PRIVATISEES : Préserver la « fourniture de biens publics fondamentaux par les firmes/industries privatisées » en conformité avec la « législation européenne » ;

16 – ENCORE PLUS DE PRIVATISATIONS : « Analyser les privatisations qui n'ont pas encore été lancées, avec en vue d'améliorer ses termes afin de maximiser les revenus à en tirer par l’État, améliorer la concurrence dans les économies locales, promouvoir la reprise économique nationale et stimuler les perspectives de croissance ;

17 – PLUS de PARTENARIATS PUBLIC-PRIVE : Adopter une approche « au cas par cas, avec l'accent mis sur les concessions sur le long terme, les partenariats public-privé et les contrats qui maximisent non seulement les revenus gouvernementaux mais aussi les perspectives d'investissement privé ».

18 – De l'EMPLOI TEMPORAIRE bon marché sur le dos des CHOMEURS : « Etendre et développer le schéma actuel qui accorde des emplois temporaires aux chômeurs »

19 – HAUSSE graduelle du SMIC … contre FLEXIBILITE : Lancer une « nouvelle approche intelligente des négociations salariales collectives qui balance besoins de flexibilité et justice. Cela inclut l'ambition d'augmenter les salaires minimum tout en préservant la compétitivité et les perspectives d'emploi .. l'ampleur et le timing des changements sur le salaire minimum sera fait en consultation avec les partenaires sociaux et les institutions européennes et internationales »

20 – DEVELOPPER la CONCURRENCE LIBRE et non-FAUSSEE : Supprimer les « barrières à la concurrence »,

21 – LUTTER contre la BUREAUCRATIE : Introduire des actions pour « réduire le fardeau administratif de la bureaucratie », dont « une législation qui interdit les administrations publiques de demander des documents que l'Etat possède déjà ».

22 – DEMANTELER les PROFESSIONS REGLEMENTEES : « Poursuivre les efforts pour lever les restrictions disproportionnées et injustifiées dans les professions réglementées, dans le cadre de la stratégie générale pour frapper les intérêts corporatistes » ;

23 – LIBERALISER le MARCHE de l'ENERGIE, respect des DIRECTIVES de l'UE : « Aligner la législation du marché du gaz et de l'électricité avec les bonnes pratiques et la législation de l'UE ».

24 – DEVELOPPER les BONS ALIMENTAIRES : Répondre aux besoins … « nés de la montée de la pauvreté absolue par des mesures non-pécuniaires fortement ciblées (ex : bons alimentaires) »

25 – UN REVENU MINIMUM GARANTI pour TOUS … sans DEPENSES SUPPLEMENTAIRES : Évaluer « le schéma de Revenu minimum garanti en vue de l'étendre nationalement », ce qui doit se faire « sans aucun impact fiscal négatif »

Les dirigeants européens n'ont pas sauté au plafond, ils ont considéré le document comme « un bon point de départ ». Un bon point de départ pour continuer à faire payer plus le peuple grec jusqu'à l'agonie, les faire payer une dette indue pour soutenir l'Euro de la misère.

Combien de temps va encore durer l'agonie du peuple grec, sa duperie fondamentale ? Combien de temps avant de poser la seule et vraie question : remettre en cause l'euro et l'UE, refuser de payer la dette, faire payer les riches en Grèce comme ailleurs.

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26 février 2015 4 26 /02 /février /2015 12:37

 

 

 

POSTE CENTRALE DE BASTIA  A VENDRE !

Lors du conseil municipal de Bastia, le groupe communiste a questionné le maire sur sa décision de préempter une parcelle bâtie de 2904 mètres carrés, située au 34 rue César Campinchi. Dans sa réponse, M. Gilles Simeoni a indiqué qu’il s’agit de l’ensemble immobilier sur lequel est bâti l’Hôtel des postes dont le propriétaire Orange envisage la vente pour un montant de 3 470 000 euros. Le maire a précisé que son intention est d’y installer un palais des congrès.

Cette décision du maire, figurant sur une longue liste de 84 autres (de simple administration et de faible valeur financière, qui vont de la location ou de la mise à disposition gratuite de locaux de la ville jusqu’à la signature de conventions) serait passée à la sauvette sans l’intervention du groupe communiste. Si le document indiquait bien les références cadastrales de la parcelle bâtie et son montant, il ne mentionnait pas l’Hôtel des postes et le choix d’y implanter un palais des congrès.

Une décision de cette importance, qui, en premier lieu, concerne l’avenir d’un service public essentiel, de nombreux emplois, des activités liées pour une bonne part de ce quartier central de la ville, aurait nécessité une information détaillée à l’initiative du maire lui-même. Manifestement, le choix de M. Gilles Simeoni n’était pas celui de la transparence et encore moins celui de la démocratie participative. L’opposition municipale a eu raison de refuser d’accorder au maire un droit de préemption pour des biens de cette importance stratégique et financière sans autorisation préalable du conseil municipal.

Les élus communistes alertent les salariés de la Poste et d’Orange, les usagers, la population sur la menace de délocalisation d’un service public majeur qui est au cœur de la vie d’un vaste quartier et de la cité elle-même. Ils les appellent à intervenir pour empêcher ce mauvais coup.

Francis Riolacci

Toussainte Devoti

conseillers municipaux de Bastia

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25 février 2015 3 25 /02 /février /2015 23:26

                                                                         CERVEAU

 

 

 

                       " De l’horrible danger de la lecture "

Philippe Pivion salue la réédition de quelques textes de Voltaire

Quelle bonne idée : Garnier Flammarion réédite en format de poche des œuvres de grands classiques tels Chamfort, Balzac, Plutarque et Voltaire. Rien de nouveau ? Si ! Il s’agit de textes parfois oubliés, mais dont l’actualité est saisissante malgré les siècles passés. Ce sont des morceaux de littérature décapants, des petits joyaux d’intelligence qui pétillent sous nos yeux. De quoi se réconcilier avec des classiques dont parfois l’écolier ou l’étudiant fut lassé.

Ce sont des écrivains contemporains qui présentent ces textes et la confrontation est riche. Analyses, introduction, explications permettent au lecteur de se projeter dans l’œuvre, d’en saisir les subtilités et de la resituer dans le contexte.

Il en est ainsi de Voltaire introduit par Edouard Launet. Les morceaux rassemblés sous le titre éponyme De l’horrible danger de la lecture constituent un recueil de pure jouissance. Le lecteur se régalera de la causticité du défenseur de Callas, de son ironie et de son mordant qui font bien défaut aujourd’hui. Il se délectera du Discours aux Welches, monument dénonçant la bêtise des peuples supérieurs, il jubilera avec le Dialogue du chapon et de la poularde truculent échange sur les mœurs humains, et s’interrogera en lisant Nos crimes et nos sottises.

Ces textes nous passionnent car ils dénoncent ce qui indigne toujours aujourd’hui ; ce qui réjouit et montre que tant que les peuples ne se mêlent pas de l’Histoire, les dirigeants font leurs choux gras de cette passivité.

Critique parue dans L’Humanité des débats du 16 décembre.

De l’horrible danger de la lecture. Voltaire Editions Garnier Flammarion. 6 euros.

 

                          source:lafauteadiderot.net

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25 février 2015 3 25 /02 /février /2015 23:15

 

                                                                    cerveau animé

 

 

Réflexions suite aux événements de janvier…
Par Amar Bellal
Pertinence de l’expression « 5 millions de musulmans en France » ?

Il me semble important surtout dans la période actuelle d’arrêter d’utiliser l’expression « 5 millions de musulmans en France ». Ce chiffre est d’ailleurs régulièrement repris par l’extrême droite pour faire peur et donner une lecture communautariste des rapports sociaux. Comment ce chiffre de 5 millions a-t-il été établi ? Cela ne vient pas de l’INSEE car ce type de recensement n’est pas autorisé dans notre République (et c’est tant mieux) C’est en fait l’estimation de la totalité de tous les immigrés d’Afrique du nord et d’Afrique noire, et de tous leurs descendants se trouvant sur le sol français : au total ça fait bien 5 millions, en tenant compte du pourcentage de musulmans en fonction des origines par pays. C’est d’une violence symbolique sans nom pour tous ceux (nombreux) qui sont athées, ou ne pratiquent pas, ou simplement les musulmans qui veulent avant tout être reconnus comme citoyens français, et qui se retrouvent ainsi catégorisés par leur propre parti comme « musulmans » avant tout. L’inversion des situations est parfois une bonne pédagogie : imaginons que des églises soient vandalisées et qu’un parti publie un communiqué de condamnation en concluant : « les 55 millions de chrétiens français aspirent à vivre leur foi avec ouverture et paix... », cela choquerait ceux qui se verraient ainsi désignés d’office comme « chrétiens ». Au-delà de ces aspects, c’est une question politique : elle engage une vision de la société, le regard qu’on porte sur les jeunes issus de l’immigration, ce qui suppose de ne pas alimenter nous-mêmes les stéréotypes qu’on prétend combattre. Appliquer une telle simplification, qu’on n’oserait jamais appliquer pour les chrétiens, est une forme de discrimination.

                                   [...]

                          source:      lafauteadiderot.net

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25 février 2015 3 25 /02 /février /2015 22:55

                                            CHRONIQUES DU FASCISME

 

source: http://www.kapitalis.com/ 

Jihad sexuel: Daêch facture 500 dollars une nuit avec une jeune fille vierge

21 février 2015
Jihad Nikah
 

Une femme irakienne peut être vendue jusqu’à 20.000 dollars US… Et une nuit passée avec une jeune fille vierge coûte entre 200 et 500 dollars, rapporte une Ong britannique.

Le groupe terroriste de l’Etat islamique (EI, Daêch) ratisse très large dans sa recherche de fonds pour financer ses guerres. Son argent sale comprend aussi les revenus générés par ses réseaux étendus de prostitution.

C’est ce qu’a révélé, cette semaine, le Centre pour les droits civiques et des minorités (Centre for Civilian Rights and Minority Rights, CCRM), une Ong britannique, dans un rapport sur la situation humanitaire en Irak.

Détaillant ce que le CCRM a découvert dans ce pays, Mark Lattimer, haut responsable de l’ONG britannique, a expliqué que, dans un pays en proie à la guerre civile comme l’Irak, il n’y a pas que les combattants, armes à la main, qui payent un lourd tribut. Il y a également les femmes dont on ne parle pas – ou pas assez.

Hier, vendredi 20 février 2015, au micro de la radio française ‘‘France Inter’’, Mark Lattimer a parlé «des femmes irakiennes, ces victimes silencieuses d’assassinats, d’enlèvements, de viols, de trafics en tous genres et de ventes comme esclaves sexuelles.»

 

Selon lui, «les Irakiennes sont des proies faciles. Elles sont les victimes les plus vulnérables du chaos actuel que connaît ce pays: elles sont délibérément utilisées comme armes de guerre, pour rapporter de l’argent ou briser le moral de l’ennemi. En Irak, le phénomène des enlèvements de jeunes filles n’est pas nouveau, mais, avec l’irruption de l’organisation terroriste de l’Etat islamique, il a tout simplement explosé, passant carrément à un stade industriel.»

«Très souvent, ajoute Mark Lattimer, les femmes irakiennes sont kidnappées pour obtenir des rançons. C’est ainsi que Daêch a réalisé de très gros chiffres d’affaires à Mossoul. Depuis 2 ans, le groupe terroriste organise des campagnes planifiées d’enlèvements de femmes. Ce que nous avançons dans notre rapport est très bien documenté, constaté et vérifié par toutes les Ong qui ont pu avoir accès à la région. Actuellement, selon les estimations les plus basses, il y a au moins 3.000 femmes qui sont prisonnières des jihadistes, dans le nord du pays. Une femme irakienne peut être vendue jusqu’à 20.000 dollars US… Et une nuit passée avec une jeune fille vierge coûte entre 200 et 500 dollars.»

C’est cela le jihad! C’est cela le califat! C’est cela la barbarie jihadistes!

Marwan Chahla

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25 février 2015 3 25 /02 /février /2015 16:39

 

Michel costume

 

A Bastia, Stéphanie aurait du y aller quand même!

24 Février 2015

A un an d’intervalle voila une volteface qui a du piquant. La secrétaire départementale de l’UMP de retour de Paris, où elle s’est ouverte de ses déconvenues locales avec le président Nicolas Sarkozy, affirme à juste titre que sa formation mérite mieux à Bastia.

Elle n’est pas tendre avec ses amis Jean Louis Milani et Michel Rossi auxquels elle reproche d’avoir préféré un accord sans étiquette avec des candidates proches de Gilles Siméoni plutôt que de porter leur propre bannière en lui faisant une place à l’occasion de ces élections.

Le parachutage sur Bastia ne l’effrayant pas ces départementales devaient être selon son analyse le tour de chauffe des territoriales pour une reconquête du pouvoir. A fortiori du pouvoir unique construit sur les cendres des départements dont elle a voté la disparition à l’Assemblée de Corse.

Sa déception doit être à la hauteur de son engagement sans retenu au moment des municipales quand entre les deux tours tout ce beau monde UMP se précipitait dans une alliance contre nature pour faire tomber la citadelle radicalo-communiste et la dynastie Zuccarelli.

Elle a du enrager de voir Jean louis Milani aux côtés de Laurent Marcangeli, dans un meeting mémorable, fustiger la gauche et saluer les performances du parlementaire UMP ajaccien pour la conquête d’Ajaccio.

A dire vrai la cellule UMP de Bastia fait pale figure et les militants se plaignent de cette absence de candidats dans les 4 cantons de la ville. Pour la clarté, certains disent que Stéphanie aurait du y aller quand même.

                                         Michel Stefani

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25 février 2015 3 25 /02 /février /2015 16:21

                                                                    departementales-

                                                      CANTON D CAP CORSE

                                                                              cap-corse la carte 

Le binome MICHEL STEFANI/JULIE BOCCHECIAMPE

 

                                                

      RECEPTION PAR LES MAIRIES  DES COMMUNES SUIVANTES

 

                              Samedi 28  février    

        

                 à 10H30: mairie d'OLMETA DI CAPICORSU

                 à  14h30 mairie d'OLCANI

                 à  16 h    mairie d'OGLIASTRO

                 à 17 H 30 mairie de CANARI

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25 février 2015 3 25 /02 /février /2015 15:38

 

                                                                    MARE-NOSTRUM-copie-1

 

 

source:politis

Par Lena Bjurström24 février 2015
Le vent de colère des femmes turques

Après le meurtre sauvage d’une étudiante, des milliers de personnes ont manifesté en Turquie. Une vague de colère qui s’est rapidement abattue sur le gouvernement conservateur, accusé de légitimer ces violences.

                                                                 femmes-turques.jpg          

Elle s’appelait Özgecan Aslan. Sauvagement assassinée, cette étudiante de 20 ans est devenue le visage de la colère des femmes turques, qui sont descendues par milliers dans les rues, tout au long de la semaine dernière. Son meurtre a été le crime de trop, le déclic politique. Car chaque année, plusieurs centaines de femmes sont tuées en Turquie.

Selon Bianet, une agence indépendante qui tient tous les ans un compte de ces crimes, en s’appuyant sur les rapports de médias locaux et nationaux, au moins 281 femmes sont mortes de la main d’un homme en 2014, et 1134 au cours des cinq dernières années.

« Le phénomène n’est pas nouveau, les féminicides sont un problème très sérieux en Turquie. Mais le meurtre d’Özgecan Aslan se distingue des autres, car il n’a pas été commis par un de ses proches », note la chercheuse italienne Lea Nocera, auteure de « La Turchia Contemporanea » (Ed. Carocci). En effet, selon Bianet, environ 70% des assassinats de femmes sont le fait d’un membre de leur famille.

« Ces femmes ont été, pour nombre d’entre elles, tuées pour « l’honneur », explique Étienne Copeaux, chercheur au CNRS, On parle de « töre », un mot qui renvoyait initialement à la « tradition », la « coutume », et qui est passé dans le langage courant pour désigner le « crime d’honneur », une vendetta familiale contre une femme qui aurait "fauté". Si un homme de la famille considère qu’une femme a compromis, ou peut compromettre, l’honneur familial, il se sent investi non seulement du droit mais du devoir de la tuer, où qu’elle se trouve. »

« Crime d’honneur », violences conjugales, 46% de ces femmes ont été tuées par leur mari, selon Bianet. Une sur cinq est morte après avoir rompu avec son compagnon, ou demandé le divorce.

Özgecan Aslan, un cas spécifique devenu emblématique
                                                                             
 

 

Özgecan Aslan, elle, n’était pas mariée, elle ne cherchait pas à divorcer. Étudiante, elle a été tuée par le chauffeur du minibus qui la ramenait chez elle, et par deux complices, après une tentative de viol. Brûlé, les mains coupées, son corps a été retrouvé dans le lit d’une rivière. femmes-turquesimage1-b3478.jpg

La mort de cette jeune étudiante n’est certes qu’une goutte d’eau dans le décompte macabre des assassinats de femmes en Turquie, mais par sa violence, il semble avoir réveillé les consciences autour d’un problème qui n’est pas nouveau. « C’est un cas spécifique qui a fait éclater une colère qui était déjà dans l’air, et qui est ainsi devenu emblématique de tout le reste », analyse Lea Nocera. Viols, assassinats, attaques… « Nous ne sommes pas en deuil, nous sommes révoltés », clamaient des affiches portées par les manifestants la semaine dernière. Descendus crier leur colère après la mort de la jeune femme, nombre d’entre eux s’en sont pris au pouvoir, dont le discours sur les femmes légitimerait ces violences. Une accusation récurrente des groupes féministes ces dernières années.

« On ne peut considérer le viol et le meurtre d’Özgecan [Aslan] indépendamment de la violence masculine, écrit le Collectif féministe d’Istanbul dans un communiqué, et un État qui légitime le viol et encourage les hommes en suggérant que la femme devrait garder l’enfant, ou en soutenant que la femme n’aurait pas dû porter de minijupe est responsable de la permanence des violences, meurtres et viols commis à l’encontre des femmes. »

Maternité, décence, morale

Le président Recep Tayyip Erdogan et les membres du parti conservateur au pouvoir, l’AKP, ont en effet multiplié les déclarations sur la place des femmes ces dernières années. Et leur définition de ce rôle tient en peu de mots : « Maternité », « Décence », « Morale ».

Recep Tayyip Erdogan déclarait encore en novembre dernier que l’égalité entre homme et femme était contraire à « la nature humaine ». Un mois plus tard, il assimilait la contraception à une « trahison », et réitérait son souhait de voir les femmes turques porter « au moins trois enfants ». Son ministre de la Santé estimait de son côté que les femmes « ne devaient pas mettre d’autre carrière que la maternité au centre de leur vie ».

Qui dit mère dit épouse, dans le langage du Président turc qui partage aussi cet avis à ce sujet. Lors de sa campagne l’année dernière, il s’était ainsi fendu de quelques conseils maritaux auprès de jeunes filles, leur recommandant de ne pas se montrer « trop difficiles » lors du choix d’un époux : « Mariez-vous lorsqu’on vous le propose. »


president-turc.jpg
                                                               Le président turc Recep Tayyip Erdogan, le 24 février 2015.

Crédits : MEHMET ALI OZCAN / ANADOLU AGENCY

Pour Lea Nocera, l’AKP rétropédale depuis des années sur les sujets de société, et en particulier sur les droits des femmes. Transformation du ministère de la Femme en ministère de la Famille, tentative de réduire le délai légal pour un avortement, fermeture de centres de planning familial, disparition d’espaces d’accueil pour femmes victimes de violences, ce sont, pour la chercheuse, autant de « petites touches » qui remettent en question les progrès accomplis durant les dernières décennies.

Loin d’être anecdotique, la multiplication des discours médiatiques sur un supposé rôle féminin « contribuent à construire l’image d’une femme pensée uniquement comme une partie de la famille et non pas comme un sujet porteur de droit », explique la chercheuse.

Épouse et mère plutôt que femme, la femme turque idéale tant vantée par l’AKP doit rester à sa place et éviter toute manifestation trop forte de sa personnalité. Elle ne doit donc « pas rire fort en public », selon le vice-Premier ministre Bülent Arinç, pour qui une Turque doit « savoir ce qui est décent et ce qui ne l’est pas ». Elle doit également éviter de se vêtir trop audacieusement. En 2013, le porte-parole de l’AKP avait ainsi commenté le licenciement d’une présentatrice de chaîne de télévision privée, pour cause de décolleté trop suggestif : « Sa robe n’était pas acceptable. Nous ne nous mêlons pas de la vie privée des gens, mais c’était trop. » La même année, Turkish Airlines interdisait à ses hôtesses les rouges à lèvres « trop voyants ».

 

La "provocation", quand la justice turque blâme les femmes

En Turquie, certains crimes sont davantage pardonnés que d’autres. A en croire les chiffres du ministère de la Justice, seul un tiers des arrestations pour assassinats et violences ont été suivies d’une condamnation, entre 2009 et 2014. « Même s’il y a une condamnation, elle est souvent allégée par les juges qui s’appuient sur la notion de « provocation injuste », toujours inscrite dans la loi malgré plusieurs réformes », dénonce Tuktu Ayhan, militante féministe. Selon l’article 29 du code pénal, une personne commettant une action sous l’influence de la provocation peut bénéficier d’une réduction de peine. Sans aucune définition précise, cette notion de « provocation » est donc brandie dans des cas de viols ou de crime d’honneur, le blâme contre la femme permettant d’atténuer la responsabilité de l’homme.

« L’AKP défend une vision conservatrice de la société, où la femme à une place définie, la maternité, et doit éviter tout comportement « provocateur », expose Lea Nocera, Si l’on suit l’idée d’Erdogan, en se promenant seule, en s’habillant librement, une femme « provoque ». Elle est donc partiellement responsable de ce qui peut lui arriver. »

L’idée d’une « provocation » féminine n’est certainement pas neuve, en Turquie comme ailleurs. Mais pour Tutku Ayhan, militante féministe turque, auteure d’un mémoire sur les féminicides, le discours du gouvernement est d’autant plus grave qu’il accrédite des pratiques toujours tolérées dans le pays, notamment par le système judiciaire facilitant les allègements de peine pour les hommes « provoqués » (Voir encadré).

Le corps des femmes, champ de bataille idéologique

Une justice peu équitable, des violences domestiques socialement tolérées, et, chaque année, le décompte macabre des femmes assassinées, pour Tutku Ayhan, la Turquie a encore beaucoup à faire en matière de droit des femmes, mais le pouvoir n’agit pas dans ce sens. « La violence masculine est quotidienne, insiste-t-elle, mais ce phénomène est nié par les autorités. Ils considèrent le cas d’Özgecan Aslan comme une exception, un acte isolé, et ne le lient pas à un vrai problème de société. »

Sommé de réagir à la mort de la jeune étudiante, Recep Tayyip Erdogan a certes dénoncé les violences faites aux femmes, « plaie ouverte » de la société turque, mais il a surtout déploré le crime d’un « scélérat » et une « rupture de la confiance de Dieu ». « Les femmes ont été confiées aux hommes par Dieu », a-t-il déclaré le 17 février. A ces derniers de les protéger. Quant aux féministes, elles « n’appartiennent pas à notre civilisation, à nos croyances et à notre religion », a-t-il ajouté.

Pour Lea Nocera, un tel discours est « dangereux ». « Les conservateurs portent l’idée d’une femme faible, qui doit être protégée. Un tel discours pourrait légitimer des "solutions" gouvernementales qui, au lieu d’affirmer l’égalité, enfermeraient les femmes », juge la chercheuse. Comme la généralisation de transports en commun non-mixtes, déjà évoquée il y a quelques années.

Mais les femmes turques pourraient bien ne pas se laisser faire. « Avant les manifestations de la semaine dernière, il n’y avait jamais eu un mouvement d’une telle ampleur autour des droits des femmes », affirme Tutku Ayhan. Sur les réseaux sociaux, le mot-clé #Sedeanlat (toi aussi raconte) invitant les femmes turques à exposer les violences dont elles ont été victimes a généré plusieurs milliers de témoignages, et reste très suivi. « Il y a une libération de la parole, des femmes qui ne se définissent pas comme féministes participent. Cela peut continuer », espère la militante féministe.

Pour Étienne Copeaux, chercheur au CNRS, un tel mouvement aurait été « inimaginable » il y a vingt ans : « Aujourd’hui, la société réagit, et la moindre action peut se répercuter dans toute la Turquie, par le biais des universités, des réseaux sociaux. » Résultat des progrès accomplis lors des décennies précédentes, les femmes turques sont habituées à leur liberté. « Les discours d’Erdogan suscitent donc de fortes réactions », souligne le chercheur.

Les conservateurs de l’AKP et leurs doctrines n’en restent pas moins soutenus au sein de la population, comme en témoignent ses réélections successives. Enthousiasmée par la mobilisation grandissante des femmes dans la rue comme sur les réseaux sociaux, la romancière féministe Elif Shafak ne crie pas victoire pour autant. « Tout comme la société dont elles sont issues, les femmes turques sont divisées, écrit-elle dans le Guardian, […] Désormais, le plus grand fossé s’étend entre celles qui prônent le silence et le statu quo, et celles qui refusent de se taire face à une violence de genre grandissante. » Et de conclure : « Le corps et le mode de vie des femmes se sont transformés en champ de bataille idéologique. »

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24 février 2015 2 24 /02 /février /2015 14:12

 

colère

 

 

Comment s'enrichit « Jeanne », le microparti de Marine Le Pen

Le Monde.fr | 31.01.2015 à 14h21 • Mis à jour le 06.02.2015 à 15h31 | Par Maxime Vaudano

Marine Le Pen dans le Doubs, le 23 janvier.

Officiellement, il n'a rien à voir avec Marine Le Pen. La masse des témoignages récoltés par la presse à longueur d'enquêtes depuis plusieurs années ne laisse pourtant guère de doute : Jeanne, le microparti de la nébuleuse frontiste, dans le viseur de la justice, est bien la machine de guerre de la présidente du Front national, même si son nom n'apparaît nulle part dans ses statuts.

Créée à l'automne 2010 pour l'aider à succéder à son père, cette structure est au cœur du « système Le Pen », qui doit préparer sa candidature pour l'élection présidentielle de 2017. L'information judiciaire confiée en avril 2014 aux juges Renaud Van Ruymbeke et Aude Buresi a donné lieu, le 23 janvier, à la mise en examen de Frédéric Chatillon, un proche de Marine Le Pen, soupçonné d'être l'un des principaux bénéficiaires du système mis en place autour de Jeanne.

Si l'enquête n'a pas encore livré toutes ses conclusions, la seule étude des comptes de campagne du microparti, disponibles en ligne, permet de se faire une idée des mécanismes en jeu.

Des recettes par millions

Bien davantage qu'un simple microparti censé soutenir la carrière politique de Marine Le Pen, Jeanne manipule une manne financière qui n'a rien à envier aux grands partis de la vie politique française. En 2012, année présidentielle, le microparti était la quatrième formation politique en termes de rentrées financières, à 9,6 millions d'euros, derrière le PS, l'UMP et le PCF... mais devant le FN.

Chez Jeanne, l'argent ne provient pas des cotisations d'adhérents : elles s'élèvent à peine à 120 à 180 euros annuels au total. Ce n'est pas non plus une structure de recueil discret de dons, comme pouvait l'être Cotelec, le microparti de Jean-Marie Le Pen. Aucun don n'a été enregistré en 2013, contre à peine 11 500 euros en 2011.


L'essentiel des recettes provient des « produits d'exploitation », qui font de Jeanne une véritable PME au service de et servie par la galaxie frontiste. En 2011 et 2012, plus de 90 % des rentrées d'argent de Jeanne étaient constituées de la facturation des « services rendus aux candidats pour les campagnes électorales ». Essentiellement les « kits de campagne » (tracts, affiches, sites Web...) de 16 500 euros proposés – puis quasiment imposés – à l'ensemble des candidats du Front national (99 % des candidats aux législatives de 2012 y ont souscrit, selon l'ancien commissaire aux comptes de Jeanne).

Ces kits sont au cœur des soupçons des juges : fabriqués par la société Riwal, dirigée par Frédéric Chatillon, l'un des plus proches conseillers de l'ombre de Marine Le Pen, ils auraient été largement surfacturés aux candidats frontistes, qui les payaient grâce au financement public des campagnes électorales en cas de score supérieur à 5 %. En plus de bénéficier à Riwal, qui a réalisé, selon L'Obs, plus de 2 millions de marge en 2012, ce mécanisme a peut-être profité à Jeanne, qui aurait pris des marges au passage en tant qu'intermédiaire.

Les recettes de « Jeanne »

En 2011
L'intégralité des produits d'exploitation provient de la "facturation des services rendus aux candidats pour les campagnes électorales". Les recettes des cotisations d'adhérents (180 €) sont trop faibles pour apparaître sur le graphique.
Cotisations des adhérents : 0,0 %Produits financiers : 5,8 %Dons de personnes physiques : 0,6 %Produits d’exploitation : 93,6 % CNCCFP
 
En 2012
L'intégralité des produits d'exploitation provient de la "facturation des services rendus aux candidats pour les campagnes électorales". Les recettes des cotisations d'adhérents (150 €) sont trop faibles pour apparaître sur le graphique.
Cotisations des adhérents : 0,0 %Produits financiers : 5,7 %Dons de personnes physiques : 0,1 %Produits d’exploitation : 92,9 %Reprise sur provisionset amortissements : 1,3 % CNCCFP
 
En 2013
Les recettes des cotisations d'adhérents (120 €) sont trop faibles pour apparaître sur le graphique.
Cotisations des adhérents : 0,0 %Produits financiers : 4,0 %Dons de personnes physiques : 0,0 %Produits d’exploitation : 55,7 %Reprise sur provisionset amortissements : 40,3 % CNCCFP
 

Le reste des recettes de Jeanne vient pour l'essentiel des « produits financiers », qui correspondent à un autre volet des soupçons des juges chargés de l'instruction : pour financer leur fameux « kit de campagne » de 16 500 euros, les candidats frontistes aux législatives se sont quasiment tous vu proposer par le microparti un prêt standard de... 16 500 euros, avec un taux d'intérêt (6,5 %) bien supérieur à celui proposé par les banques.

L'occasion pour la « banque » improvisée Jeanne d'empocher au passage un joli pactole. Pour se justifier, l'état-major du FN explique qu'il s'agit là du seul moyen de contourner la réticence des banques à financer ses candidats.

Le fonctionnement présumé de Jeanne.

A quoi sert cet argent ?

En face de toutes ces recettes, le fonctionnement de la machine Jeanne ne pèse pas bien lourd : à peine 5 000 euros annuels de salaires (charges comprises) en 2013, 271 euros de loyers en 2012 (mais plus rien en 2013), et quelques milliers d'euros en déplacements.

La lecture des comptes nous apprend que les plus gros postes de dépenses sont :

  • la « propagande et communication », qui a coûté au microparti plus de 8 millions en 2012, lors de la campagne de Marine Le Pen, et seulement 630 000 euros en 2013 ;
  • les « autres charges externes », non détaillées, qui peuvent aller de l'achat de matériel à la location de salles, qui ont culminé à 730 000 euros en 2012.

Les dépenses de « Jeanne »

En 2011
Propagande et communication : 0,0 %« Charges externes » : 7,7 %Dotations aux amortissementset provisions : 6,4 %Autres : 85,9 % CNCCFP
 
En 2012
Propagande et communication : 86,6 %« Charges externes » : 7,5 %Dotations aux amortissementset provisions : 5,2 %Autres : 0,7 % CNCCFP
 
En 2013
Propagande et communication : 40,9 %« Charges externes » : 9,1 %Dotations aux amortissementset provisions : 28,2 %Autres : 21,8 % CNCCFP
 

Des dépenses qui pourraient servir à financer des frais courants, mais qui seraient surtout dédiées à l'achat des kits de campagne à la société Riwal, avant de les revendre aux candidats. Pas de quoi vider les caisses de Jeanne ; pourtant, le parti affiche chaque année un bilan déficitaire (près de 300 000 euros de pertes en 2013).

Les recettes de "Jeanne", de 2011 à 2013.

L'explication est simple : le microparti met chaque année de côté un demi-million d'euros dans ses « dotations aux amortissements et provisions », un poste des comptes censé anticiper les dépenses à venir l'année suivante. Un magot qui pourrait servir à Marine Le Pen de cagnotte en vue de l'élection présidentielle de 2017.

Tout cela est-il illégal ?

En soi, le montage mis en place autour de Jeanne et Riwal n'est pas illégal. Cependant, la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) et, derrière elle, les juges, s'interrogent sur plusieurs aspects potentiellement frauduleux :

  • Jeanne peut-il prêter de l'argent ?

Oui, rien de l'interdit, mais tout est question de mesure. La justice pourrait considérer qu'en industrialisant ce système de prêts, Jeanne s'est mis en contravention de la loi, qui « interdit à toute personne autre qu'un établissement de crédit d'effectuer des opérations de banque à titre habituel ».

La loi autorise bien une formation politique A à prêter de l'argent à un parti B, mais seulement si l'emprunt « relaie » un prêt bancaire consenti par A, avec les mêmes intérêts. Il était donc a priori interdit à Jeanne de puiser dans ses fonds propres pour consentir un prêt aux candidats frontistes.

L'autre problème vient du fait que les candidats frontistes ont déclaré les (gros) intérêts payés avec le remboursement du prêt comme frais de campagne, pour pouvoir se les faire rembourser par l'Etat. Indirectement, l'Etat a donc financé la gourmandise financière de Jeanne – à hauteur de 400 000 euros pour les seules législatives de 2012, selon l'Obs.

Marine Le Pen avait déjà ainsi tenté d'incorporer à ses comptes de la campagne présidentielle de 2012 les intérêts des prêts que lui avaient consentis le micro-parti de Jean-Marie Le Pen, Cotelec (319 000 euros pour un prêt de 4,5 millions) et Jeanne (19 000 euros d'intérêts pour un prêt de 450 000 euros). Elle s'était alors fait rappeler à l'ordre par la CNCCFP, qui rappelait que les prêts entre deux formations politiques ne doivent pas « procurer un enrichissement sans cause » au prêteur.

En revanche, pour l'instant, la CNCCFP n'a annulé aucun compte de campagne de candidat frontiste aux législatives pour ce motif, même si elle a rectifié plusieurs irrégularités.

  • Des prêts imposés ?

Selon Mediapart, certains candidats frontistes ont déclaré aux juges ne pas avoir été mis au courant du prêt qu'ils avaient souscrit auprès de Jeanne. Un tel contrat forcé, forcément paraphé avec une signature frauduleuse, relèverait du faux et usage de faux et de l'escroquerie. Les motifs retenus pour la mise en examen de Frédéric Chatillon, le 23 janvier.

  • Des contrats antidatés ?

Toujours selon Mediapart, l'entourage de Marine Le Pen aurait demandé à certains candidats d'antidater des conventions de prêt avec Jeanne qui n'avaient pas été signés dans les temps, c'est-à-dire pendant la campagne.

  • Des prestations surfacturées ?

De nombreux témoignages et éléments matériels suggèrent que le kit de 16 500 euros était largement surfacturé aux candidats (et donc à l'Etat, qui remboursait les frais de campagne des candidats dépassant les 5 %). Selon une enquête de l'Obs, certaines prestations étaient facturées jusqu'à cinq fois le prix du marché, ce qui aurait eu pour but d'accroître la marge de Riwal.

Cet article a été modifié le samedi 31 janvier à 20 h 45, corrigeant une imprécision de son auteur sur l'objet des dépenses courantes de Jeanne.
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24 février 2015 2 24 /02 /février /2015 10:07

 

 

              SNCM, la dernière tempête ?

 

 Elle fait partie du paysage insulaire, indissociable de l'histoire tourmentée des transports dans l'île, la compagnie placée en redressement judiciaire sera fixée sur son sort dans les prochaines semaines.

 

 INCHIESTA décrypte ce dossier phare par un reportage et un débat.

                        Mercredi à 20h40.

 
© AFP ILLUSTRATION -

 
Elle fait partie du paysage insulaire, ses bateaux, son nom, son histoire et sa descente aux enfers sont intimement liés à la Corse. 
Privatisée en 2006 dans des conditions troubles, la SNCM est désormais en redressement judiciare et attend de connaître le sort qui lui sera reservé. 

Sommée de payer plusieurs centaines de millions par la justice administrative ou la Commission Européenne, la compagnie s'enfonce lentement dans les abysses et n'en finit plus de perdre des parts de marché. 

Ses 1600 salariés vivent la boule au ventre, ses sous-traitants tentent déjà de trouver de nouveaux marchés. Tous savent que l'avenir de la compagnie est plus qu'incertain. Que les conséquences sociales et économiques seront sans précédent pour l'île et même au-delà.

Compagnie régionale, SEM, compagnie privée à 100% ? L'actionnaire principal Veolia via sa filiale Transdev (66%) est sur le départ. 
Quel avenir pour cette compagnie qui assure la Délégation de Service Public entre la Corse et le continent, et où l'Etat possède encore 25% des parts, la Caisse des dépôts CDC 33%?

C'est le thème d'Inchiesta : Un reportage de Pierre Nicolas puis un débat animé par Sébastien Tieri avec : 

Paul Giacobbi, président du Conseil exécutif de Corse 
Alain Mosconi, STC SNCM 
Frederic Alpozzo, CGT SNCM 

 
  INCHIESTA, mercredi 25 février à 20h40 sur ViaStella 

 

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